Prologue
Les nuages couvraient le ciel étoilé. La rue principale, éclairée seulement par quelques vieux lampadaires, était presque déserte en cette nuit d'automne. Seul un gros chien noir trottait sur le trottoir, la langue pendante comme s'il avait couru un marathon avant d'arriver dans cette rue. Son poil était en bataille, ses yeux écarquillés, et ses pattes semblaient être trop lourdes pour avancer. Et pourtant il continuait.
Jusqu'à ce qu'il flaire quelque chose qui le figea sur place. Telle une statue, une patte en l'air, il resta en apnée pendant quelques secondes le temps de comprendre l'odeur qu'il avait sentie. Un mélange de fumée et de poussière.
Et en moins d'une seconde il bondit en avant, son impulsion presque assez forte pour le faire tomber. Mais il resta sur ses pattes et accéléra la cadence jusqu'à sa destination. A peine l'eu-t-il atteinte qu'un hurlement déchirant perça la nuit. Plus que de la tristesse, un désespoir profond provenant des entrailles de l'animal semblait faire écho dans l'obscurité.
Face à l'animal, une maison à moitié en ruines laissait échapper une fine colonne de fumée, et de la poussière était en suspens tout autour, comme si le temps s'était arrêté. Le seul mouvement était celui du chien, qui avançait lentement dans l'allée vers la porte d'entrée, et commençait à grandir de façon anormale, se dressant sur ses pattes arrière. La silhouette prit une forme de plus en plus humaine jusqu'à ce qu'à la place du gros chien noir se trouvait un jeune homme d'une vingtaine d'années. Ses longs cheveux bouclés lui donnaient un air noble, et il aurait pu être l'homme le plus séduisant au monde si son visage n'était pas tordu par la panique et le chagrin.
Ses jambes fonctionnaient toutes seules, le rapprochant toujours plus vers les décombres de la maison. D'une main tremblante, il poussa lentement la porte qui était coincée en travers de l'encadrement. L'entrée semblait avoir accueilli une tornade. Plus rien n'était à sa place. La petite table sur laquelle on avait autrefois déposer un bouquet de roses était renversée, le vase brisé sur le sol un peu plus loin et les fleurs éparpillées. Un miroir qui d'ordinaire pendait sur un mur était par terre, deux impacts entrelaçant de longues fissures à travers, le cadre cassé. La petite armoire à clés moldue que Lily avait offert un jour à sa meilleure amie pour qu'elle puisse mettre de l'ordre au milieu du chantier que faisait son mari avait atterrie dans le couloir qui desservait les autres pièces de la maison.
L'homme se tenait droit au milieu de l'entrée. Il pouvait voir tout ce qui s'était passé en regardant simplement son entourage. Les impacts des sorts qui avaient été lancés, les objets en travers pour ralentir la progression des assaillants. Il pouvait encore sentir dans l'air la panique qu'avait ressentie la victime.
Il se baissa lentement, saisissant entre ses doigts une des rares roses encore entières qui gisait sur le sol. Il se redressa en la serrant fort dans sa main, l'observant avec intensité, comme si elle allait soudain tout résoudre et lui ramener ce qu'il avait perdu.
James.
Lily.
Et maintenant…
Il devait en avoir le cœur net. Relâchant la fleur, elle retomba par terre, perdant ses pétales. L'homme avançait dans le couloir, vérifiant les pièces une par une, avant de monter les escaliers, vérifiant à chaque pas que rien n'allait le faire tomber.
Il vérifia en premier la plus grande chambre. Rien ne semblait avoir bougé comme si la pièce ne faisait pas partie de la maison détruite. Des photos moldues étaient encadrées à certains endroits de la pièce. Le lit était encore fait, tout était à sa place. Le livre qui avait été terminé la veille, posé sur la table de chevet, un panier à linge qui débordait, des boucles d'oreilles posées à la hâte après la soirée de la veille sur la coiffeuse…
Un bruit étranglé le fit immédiatement sortir sa baguette et se retourner vers le palier. Lentement, très lentement il revint sur ses pas, sortit de la chambre et se dirigea vers l'autre. Le bruit avait semblé venir de là-bas. Alors la baguette levée il hésita une seconde par peur de découvrir ce qu'il y avait de l'autre côté.
Rien n'aurait pu le préparer à ce qu'il vit.
Rien ne pourra jamais effacer cette image de sa tête.
Gisant sur le sol, une femme agonisait, se vidant de son sang très lentement, les yeux dans le vague, ses longs cheveux bruns teintés de rouge à la lumière du feu qui brulait dans un coin de la pièce. Sa femme.
« Aguamenti ! »
Le sort était dirigé vers le petit cheval à bascule en bois qui brulé lentement. La lumière disparut, ne laissant que les rayons de la Lune éclairer la pièce. Sous l'effet du choc par la vision d'horreur devant lui, il détourna les yeux et analysa la chambre, mais il n'y avait plus rien. Juste un tas de verre, de bois, de plumes et de tissus.
« Sirius… »
Le soupir qu'avait laissé échapper la jeune femme captura son attention. Les yeux écarquillés de peur et de choc, les mains tremblantes, il tomba à genoux à côté d'elle. Ses bras agir d'eux-mêmes, s'enroulant autour de ses épaules, tirant sa femme contre lui. Il la berça, essayant du mieux qu'il pouvait de rester fort.
« Lizzie, je suis désolé. Je suis désolé… » Répétait-il telle un mantra.
L'état de son épouse était grave. Trop grave pour la soigner, et il le savait. Elle se vidait de son sang, de longues et profondes coupures traversaient son torse, et les tremblements intenses, sans doute dus à une exposition prolongée au sortilège Doloris, se faisaient de moins en moins forts, par manque d'énergie.
« Ariana… Où est Ariana ? » Demanda-t-il, la voix chevrotante.
Le début d'un faible sourire apparut sur le visage de la jeune femme.
« Remus… Sécurité… » Souffla-t-elle avant de lentement fermer les yeux.
« Non… Non ! Elisabeth, reste avec moi. » Supplia Sirius.
Il embrassa la femme qu'il aimait sur le dessus de la tête, là où les cheveux n'était pas humides de sang, avant de sentir les tremblements qui parcouraient le corps d'Elisabeth s'arrêter. Un sanglot passa ses lèvres, et des larmes coulèrent le long de ses joues, tombant sur le corps inanimé de son épouse.
Son chagrin était trop fort. Il allait exploser. Rien ne pourrait jamais contenir toutes ses émotions. Il se sentait dévasté par la perte de la seule femme qu'il avait aimée en colère contre ce monde qui lui avait pris les personnes les plus chères qu'il avait soulagé que sa fille, Ariana, soit en sécurité avec un de ses amis enragé par la façon dont sa femme avait été laissée pour morte, agonisant jusqu'à la dernière seconde et trahis par celui qu'il avait appelé son ami…
Peter. Le nom lui traversa l'esprit comme un éclair, lui faisant redresser la tête brusquement. Ses traits étaient tendus, déchirés entre le chagrin et la rage. Il devait le retrouver. Il devait retrouver ce lâche, cette vermine. Ce traître.
Il serra une dernière fois le corps inerte d'Elisabeth dans ses bras avant de la redéposer délicatement sur le parquet, là où se tenait auparavant le berceau de leur fille. Sirius sortit sans un regard un arrière, les yeux remplis de détermination.
Sa fille était saine et sauve avec Remus.
Il n'avait plus qu'une mission à présent.
Vous l'attendiez ? La voilà.
Oui, vous ne rêvez pas, Innocence revient après avoir pris le temps de se refaire une petite beauté.
J'ai beaucoup hésité entre reprendre la suite de l'ancienne fic ou reprendre tout depuis le début. Et avec vos conseils, et vos petits mots forts sympathiques, j'ai finalement écouté la petite voix dans ma tête qui me disait que si je continuais simplement ce que j'avais déjà fait avec toutes les erreurs etc, je n'aurais jamais été totalement satisfaite de mon bébé (parce que oui, ma fic c'est un peu comme mon bébé).
Du coup, je n'en dirai pas plus, je vous laisse digérer ce prologue et dites moi ce que vous en pensez en review :)
