Hey !
Et après un long moment d'attente, voilà un nouvel OS ! Toujours dans le même univers que le précédent, du coup. Il est plus court, mais il était drôle à faire (Et grave à Yu, j'ai encore tout plein d'idées. Et merci à iel pour la correction !)
EDIT : Grooos oublie de ma part, mais du coup le thème de cet OS était Canicule !
Merci à Robotfan et Mijoqui pour les reviews, encore une fois !
(TW en fin de page)
Bonne lecture !
Résumé : Des idées, Demyx en a souvent. Mais des bonnes, Van se permet de douter.
Rating : K+
Genre : Humour/Surnaturel
Univers : UA Moderne - Canine.
Personnages : Demyx, Vanitas, Axel, Ienzo
Pairing : Demitas, Vanienzo. (Et autres, possiblement)
Fausse bonne idée
.
Le truc cool avec la chaleur écrasante de l'été, c'est les volets. Parce qu'ils sont fermés toute la journée. Et qui dit volets fermés dit ombre. Et dit aussi, implicitement, que Demyx peut se trimbaler comme bon lui semble dans tout l'appart. Une insomnie ? Il galope dans les couloirs. Un petit creux vers quatre heures ? Il vient siroter sa poche de sang au salon. Il veille jusqu'à onze heures du mat' - et ne s'en couche que plus tard. Le canapé est son domaine.
Bien sûr, il y a toujours quelques brins de lumière qui passent, qu'il évite habilement, ses bras plongés dans son sweat.
Mais il fallait bien que ça arrive.
Ce n'est pas tant la faute d'Ienzo. Le garçon n'a pas encore l'habitude. Et puis, il n'avait pas vu la trogne de Demyx sur l'accoudoir. Il a la respiration légère quand il somnole, le musicien. Même pas un petit sifflement qui lui sort par le nez. Et cette averse brusque dans la rue, le vent frais qui se faufilait sous le volet. Il voulait juste aérer.
Il fait tellement chaud.
xoxoxox
– Ta faute. T'aurais pas dû t'endormir au salon.
Vanitas est formel, Demyx savait le risque qu'il encourait.
– Mais j'pouvais pas savoir qu'il ouvrirait les volets !
– D'une, lui il pouvait pas savoir que t'étais là.
– Il aurait pu se retourner.
– Il avait pas de raisons de le faire. De deux, si Dem. Il fait vingt-six aujourd'hui, on allait pas s'enfermer pour tes beaux yeux.
– J'ai pas vérifié la météo hier.
– Voilà. Ta faute.
Le blondin croise les bras sur une moue mécontente. Le genre de tête qui donne envie de lui ébouriffer les cheveux. Ou de lui donner une pichenette sur le nez. Mais ça, c'est plus le truc d'Axel.
– Gna gna gna.
Le vampire grogne. Il se gratte frénétiquement le bras. Van voudrait bien l'ignorer, mais ça lui fait pitié de le voir qui geint dans sa chambre comme une âme en peine, alors il lève son cul de son fauteuil.
– Il doit rester de la crème pour l'eczéma, attends-moi là.
– C'est pas de l'eczéma, c'est une brûlure.
– C'est rouge, ça fait des boutons et ça gratte, c'est de l'eczéma.
– C'est juste le soleil qu'a asséché ma peau.
– Et tu sais comment on appelle ça ? De l'eczéma.
– C'est mon bras, je sais mieux que toi.
Quand il revient, le tube en main, le musicien a toujours pas fini de se gratter. A ce rythme, il va finir le bras en sang. Enfin, si c'est possible. Est-ce que Demyx peut saigner ? Van s'est jamais posé la question. C'est pas comme si le bestiaux se blessait jamais, pourtant. Il se cogne à tous les coins de portes. Pas très habile, pour une terrible créature de la nuit.
– Tiens.
– Non.
Le corbeau hausse les épaules.
– Si ça t'amuse de te gratter toute la journée, écoute.
Il lui jette le tube.
– C'était une manière subtile de t'faire comprendre que je voulais que tu m'la mettes.
– Pas maintenant, on a plus de capotes.
– La crème.
Il sait. Apparemment, la blague lui est passée au-dessus de la tête.
Qu'on vienne pas lui dire qu'il manque d'humour après ça.
– Puis t'façon c'est pas comme si j'pouvais tomber enceint, hein.
– Même, y a les MST.
Qui sait dans quelles sombres caves sordides Dem va tremper son biscuit quand il sort à trois heures du matin. Puis avec tous les types qu'il a eu le temps de se taper, possible qu'il porte en lui des virus disparus depuis plusieurs centaines d'années.
– J't'ai déjà dit que je pouvais pas en avoir !
– Ça c'est toi qui le dit.
– C'est vrai ! C'est un truc d'humain les maladies.
– L'eczéma aussi c'est un truc d'humain.
– C'est pas de l'eczéma !
Bien. Qu'il nage dans son déni, Van est trop occupé pour le contredire. Il doit, genre, ouvrir un classeur plein de notes qu'il a jamais touchées. Il sait qu'il en relira pas la moitié avant les partiels, mais il est jamais trop tard pour attaquer les révisions de la bonne conscience.
Même quand Demyx se cale pépère sur ses genoux.
– Eh ?
– Quoi ?
– Ma crème ?
– Elle est sur le lit.
– Mais tu me la mets ?
– T'as deux bras et des doigts au bout.
– S'il te plait.
Van se permet encore un soupir. Et l'autre qui le regarde avec ses yeux bleus, là. Est-ce qu'ils rougissent quand il boit du sang ? Il a jamais fait gaffe. Faut dire aussi, l'angle de vue est pas idéal pour matter ses mirettes. Quand Demyx mord, il a sa touffe blonde en plein sous le nez.
Bon.
– Donne.
– Yes !
Le sourire victorieux du vampire lui ferait presque regretter son choix, tiens.
– Tu fais doucement hein ? Ça fait mal.
– Evidemment, t'arrêtes pas de gratter.
– C'est pas ma faute si ça gratte.
Vanitas lui ferait bien remarquer que ça ne gratterait pas, s'il avait pas passé la matinée à siester sur le canapé du salon. Mais il veut pas gaspiller sa salive.
Alors il empoigne le tube, et il se contente du minois d'un Demyx ravi de l'attention qu'on lui porte.
Un vrai gosse, celui-là.
xoxoxox
– Et tu… Ça va mieux, ton bras ?
La toute petite voix d'Ienzo porte à peine jusqu'à ses oreilles, mais Demyx n'a pas besoin de mots. Il capte sa détresse à son air infiniment désolé. Le pauvre. Ça fait deux fois qu'il l'expose au soleil - et encore, pour la première, il ne pouvait pas savoir quelle terrible erreur il faisait. Ça doit lui peser lourd sur la conscience. Toute cette culpabilité…
Il serait soulagé si on lui donnait l'occasion de se racheter, hein ?
Van n'apprécierait pas le sourire qui étire les babines du musicien. Mais Van est très occupé à relire des fiches pleines de mots dans sa chambre. Et il a explicitement dit qu'il ne voulait pas être dérangé.
– Ça commence à guérir.
Le soleil s'est couché depuis un moment, il n'a plus rien à craindre. Alors il se prélasse sur le canapé, se tourne et se retourne comme un matou incapable de choisir sa position. Il jette de bref coups d'œil vers son petit interlocuteur.
– Ça va mettre longtemps à... partir ?
A partir. Est-ce qu'il sait de quoi il parle, au moins ? Sûrement que non. Il a entendu Demyx hurler, mais il n'a rien vu des petits boutons rouges sur sa peau. Il pourrait tout aussi bien lui faire croire qu'il a perdu tout son bras - enfin, il aurait pu, s'il ne se grattait pas toutes les deux minutes.
– Bah ça dépend.
– C'est-à-dire ?
– Ça va pas disparaître en claquant des doigts.
– Tu vas la garder à vie ?
Sa voix, tellement fébrile.
N'empêche, s'ils lui avaient tout bien expliqué depuis le début, comme Demyx l'avait suggéré, le lettreux flipperait pas comme au dernier jour de sa vie. C'est la faute à Van ça. Gna gna gna mauvaise idée, gna gna gna risque de partir, gna gna gna laisse mon petit ami tranquille. Eh bien voilà. Maintenant, son petit ami culpabilise.
Heureusement, le blondin a une excellente idée pour arranger la situation.
– Nan, quand même. Mais c'est comme vous quand vous vous blessez. Ça va plus ou moins vite selon la taille de la brûlure, le temps que j'ai passé au soleil et tout.
Silence. Enfin quelqu'un qui ne le contredit pas pour parler d'eczéma.
– Et c'est comment, là ?
– Bah, c'est-à-dire que j'ai pris l'soleil de plein fouet, donc c'est pas terrible.
Tellement de honte dans son joli regard d'eau planqué sous sa mèche.
– S'il y a quelque chose que je peux faire…
Dem serre les lèvres. Ne pas sourire. Pas tout de suite.
– Oh, bah y a bien quelques trucs qui peuvent aider.
Et soudain, tout plein d'espoir, son regard. Ça y est, il a ferré le poisson. Maintenant, il va doucement le ramener vers la rive.
– En soit, ça marche comme pour les humains. Plus j'me repose, plus vite je guéris. Puis y a plein d'autres éléments qui jouent, genre le sommeil et la nourriture.
Il perçoit le faible mouvement de tête d'Ienzo. Un regain d'énergie. Pour peu, il culpabiliserait presque. Mais c'est trop tentant. Et puis, au final, il règle deux problèmes d'un coup de croc. Celui de sa soif et de la mauvaise conscience du gris.
– Tu veux que j'aille te chercher une poche ?
– Mm, ce serait chouette. Mais c'est pas ce qu'il y a de mieux. En vrai les poches, c'est un peu...
– Oh oui, c'est vrai. Les pommes de terre crues.
– C'est ça.
Allez. Il peut trouver tout seul. Ça marchera encore mieux si l'idée vient de lui.
– Il y a peut-être un groupe sanguin qui te ferait du bien ?
– Mm, y a le A négatif, mais y a que Van qu'a ce rhésus ici et il me file à bouffer tous les trente-six du mois, donc c'est mort.
Il s'est renseigné. Ienzo est un O positif acceptable. Pas un met rare, mais ça reste bon. Pas comme le B qu'il lui reste au fond du frigo. Ça, il s'en passera. En plus, le garçon grignote beaucoup de petites cochonneries - à commencer par les bonbons dont il perçoit d'ici la délicieuse odeur. Il sera sucré.
L'air de rien, Dem s'étale sur le canapé.
– Je pourrais peut-être...
Ienzo se racle la gorge.
– Il te faut beaucoup à boire ?
– Bah, l'équivalent d'une poche ?
Il a tendance à prélever plus que ce dont il a besoin quand il boit à la source. Mais ça, les humains qu'il mord ne peuvent pas s'en rendre compte. Sauf quand il va trop loin.
Une brève pensée pour Xigbar.
– Si c'est juste ça, tu pourrais...
Les mots ont du mal à sortir de sa bouche. Il sait qu'Ienzo n'est pas bien bavard, mais quand même. Il est à deux doigts d'y arriver.
– Enfin, si je discute avec Van, il acceptera peut-être de te faire boire ?
Non.
Enfin, il adorerait. Mais non, définitivement.
– C'est mort
Clairement, ni Axel, ni le gentil petit chaton face à lui ne peuvent rivaliser contre le noiraud. Lui, c'est un met de roi. Sûrement l'équivalent de ces œufs de poisson que les humains aiment tant. Mais les œufs de poissons, eux, ils sont faciles à manger. Pas besoin d'avoir leur accord.
Et Vanitas ne donnera jamais son accord pour ça.
D'autant que si Ienzo lui pose la question, il va capter la magouille. Et il ne va pas aimer. Vraiment pas aimer.
– Si c'est moi qui demande-
– Il va croire que c'est moi qui t'envoie.
– Oh. Il est à ce point...
– Chiant ? Ouais. Il me laisse même pas avoir d'humain de compagnie.
Alors que quand c'est les humains qui ont des animaux dans leur maison, il trouve ça normal. Demyx ne comprendra jamais cette logique. Mieux vaut un gentil petit gamin qui court dans l'appart qu'un lapin dans une cage, non ? En plus, les enfants ont cet avantage non négligeable de faire caca dans des toilettes. Pas besoin de changer leur litière.
– Un humain de compagnie ?
– Bah ouais. Genre, si j'avais mon propre humain, je pourrais le mordre quand je veux. Il ferait des trucs pour moi, genre, me masser les pieds et en échange je lui donnerais des hamburgers et des dragibus.
Bon. Vu la tête d'Ienzo, l'idée passe moyen. Il va devoir revoir son argumentaire, s'il veut ranger Van à son avis. Et s'il proposait de le partager ? S'il avait son propre humain, il pourrait lui dire de sortir les poubelles.
– Tu veux dire que tu veux un esclave ?
Dem redresse la tête.
– Un esclave ?
Le mot lui dit un truc. C'est celui que le corbeau utilise quand il engueule Axel parce qu'il laisse toujours la vaisselle aux autres. Ouais, c'est ça, un esclave qu'il gueule.
Ça s'appelait comment déjà, en roumain ?
– Un être humain qui t'appartienne.
Son regard s'illumine.
Ce serait parfait.
– Ouais ! C'est ça que je veux !
Un petit bonhomme juste pour lui.
– Merci Ienzo, t'es vraiment un pote !
Il lui donne un grande tape dans l'épaule avant de se lever. Un esclave. Génial.
Maintenant qu'il a les bases, il va devoir faire quelques recherches.
– Mais c'est-
– T'inquiète, je gère pour la suite. J'vais chercher des infos sur Google !
xoxoxox
Ce qu'il y a de bien - ou pas - avec Demyx, c'est qu'il est surprenant. Et pas surprenant comme ces mecs qui débarquent avec des fleurs à la fac, non. D'ailleurs, la prochaine fois que Riku lui fait le coup, Van songera sérieusement à le renvoyer à son célibat. Se trimbaler avec un bouquet de roses dans les couloirs de l'Université, plus jamais.
Mais le vampire, il joue dans une autre catégorie.
– Un esclave.
– Ouais ! Ce serait trop cool ! C'est genre comme un chat mais en plus gros, et en plus ça peut faire la vaisselle. Bon j'ai cherché sur Leboncoin et j'ai rien trouvé à part des tenues sexy chelou, mais faut encore que je r'garde sur Ebay.
Bien. Il va devoir lui expliquer qu'un esclave, c'est pas un chat capable de faire les tâches ménagères. Et vite.
– C'est non.
– J'ai pas fini !
– C'est mort Dem, pas d'esclave ici.
– Mais j'ai fait des recherches !
– Je veux pas savoir.
Cette idée est aussi morte que les gens que Demyx a connus et aimés du temps où il était humain.
– Ça grandit mais en vrai ça prend pas tant de place que ça. Il faudra juste qu'on pose un matelas par terre pour qu'il dorme, et-
– On achète pas un être humain, Demyx. J'te l'ai déjà expliqué.
– Mais j'en prendrai un qui a pas de parents !
– Non !
Il serait foutu de les zigouiller lui-même. Quoi qu'il y a sans doute assez d'orphelins sur cette terre pour ne pas avoir à en arriver à de telles extrémités, mais dans le doute, il préfère pas y penser.
De toute façon, l'orphelinat signalerait sa disparition.
– Et si on en prend un noir ?
Un… Vanitas tique.
– Un noir ?
Demyx a pas dit ça. Il a mal entendu.
– Bah tu sais, comme les gens au cinquième, là.
Il y a quiproquo quelque part. Forcément.
– Tu t'enfonces.
– Mais ça s'est fait pendant super longtemps ! J'ai cherché, y en avait plein à une époque. Les gens venaient les chercher sur des bateaux, on les vendait et après-
– Ça a été aboli.
– Ah bon ?
– Il y a des centaines d'années.
En théorie. En pratique, Van manque d'énergie pour une longue discussion sur les inégalités sociales.
– Et on peut pas le rétablir ?
– Certainement pas.
– Merde. J'aurais dû empêcher ça.
Oui. Enfin, non. Surtout pas.
Il faut qu'il arrête avec cette idée d'humain domestique, et vite. Ça pourrait très mal se finir.
– Mais du coup on a plus le droit d'acheter-
– Non.
Ok, il va devoir causer racisme avec Demyx histoire d'éclaircir deux trois points. Parce que là, le bonhomme a quelques dizaines d'années de retard sur la question.
– Et les handicapés ?
Rectification. Il va lui inculquer les bases.
xoxoxox
– C'est quoi ça ?
Il va le tuer. Pour de vrai, cette fois.
– Je sais que t'as dit non, mais-
– Tu le ramènes où tu l'as trouvé !
– Attends !
– Tout de suite !
– Mais écoute-moi au moins !
– Le temps que les flics arrivent jusqu'ici ? Merci mais non merci !
– Nan mais t'inquiètes, j'ai fait gaffe. Ils remonteront pas jusqu'à nous.
– Même ! Tu le ramènes à la maternité illico !
Il va l'attacher en plein soleil et le regarder geindre sans pouvoir se gratter la peau.
– Et qu'est-ce t'en sais que je l'ai trouvé à la maternité ? Qui te dit qu'il était pas abandonné dans une poubelle ?
– Tu l'as trouvé dans une poubelle ?
Grand silence.
– Non.
Il le regardera s'assécher lentement avant de shooter dans le tas de cendres qu'il aura laissé.
– Mais ça aurait pu.
– Ramène-le.
– Mais regarde-le ! Il est tout petit, il prend même pas de place !
– C'est pas le problème ! C'est un putain de kidnapping, Dem !
– Tout de suite les grands mots !
– T'as volé un gosse à l'hosto ! Comment tu veux qu'on appelle ça ?
– Arrête de crier, tu vas le faire pleurer !
Et il pissera dessus.
– Demyx.
– Bon, il se fait encore caca dessus donc il faudra acheter des couches. Et en parlant de ça tu vas pas aimer, mais il va falloir trouver un truc pour le canapé et pour les mauvaises odeurs. J'ai pas trop anticipé et-
– Je compte jusqu'à trois.
– Mais d'après Internet on a juste besoin de lait pour le nourrir. Le Yop c'est presque pareil et on en a plein le frigo.
– Et si vous êtes encore là à la fin du décompte, je brûle ta guitare.
– Ah non !
– Un.
Il peut lui faire son regard de chaton, Van sait où les allumettes sont rangées.
– S'il te plait.
– Deux.
Il part vers la cuisine, non sans profiter du long soupir misérable du blondin. Ça lui briserait presque le cœur, s'il ne crevait pas d'envie de le lui arracher.
Quand il revient, le salon est vide.
xoxoxox
– T'es nul.
– Je sais. Tu l'as déjà dit cinq fois.
– C'est parce que t'as pas l'air de comprendre à quel point t'es nul.
Si par nul, Demyx fait référence au fait qu'il lui a ordonné de ramener un enfant volé à l'hôpital, alors oui, Vanitas est très nul. Et il le vit bien.
Il le vivrait encore mieux, s'il n'avait pas passé la soirée à frotter les coussins du canapé.
– Tu peux pas faire ce que t'as fait, Dem.
– Pourquoi ?
– Parce que cet enfant a des parents et qu'on arrache pas un gosse à sa famille comme ça.
– Ils lui cogneront dessus plus tard, si ça se trouve.
– Tu voulais lui faire faire le ménage à ta place.
– C'est pas si horrible.
– Et boire son sang.
Le fossé qui sépare les idées de la morale du vampire l'étonnera toujours. Il comprend l'horreur dans la maltraitance infantile, mais peine à assimiler le problème que ses grands projets d'esclavagisme posent. Il a des connaissances pointues sur certains sujets, une aisance étonnante au sein de leur société, mais il lui manque les notions de vie les plus élémentaires. C'est... Déconcertant.
– C'est pas comme si ça faisait vraiment mal.
Certes, Van ne va pas dire le contraire. C'est d'autant moins sain de penser à mordre un gamin.
– Même.
– Puis j'ai soif moi.
– T'as encore de la réserve au frigo.
– Y reste que du B+.
Pas le groupe sanguin préféré de Demyx, il sait. Il sait aussi que les pochettes de sang déjà prélevé depuis plusieurs jours ont pas un goût particulièrement agréable. Il comprend même, dans une certaine mesure, que leurs interdits soient ridicules à ses yeux, quand il voit Axel s'enfiler un demi saucisson sans culpabiliser.
S'il avait le temps pour une crise existentielle, Vanitas songerait sans doute qu'il est aussi naturel pour Demyx de tuer des humains qu'il est naturel pour eux de tuer des animaux. Mais il a pas l'énergie pour remettre en cause les grands principes de son existence. Il préfère laisser l'éploré se plaindre contre lui, sa tête blonde lovée contre son ventre alors qu'ils ignorent le vieux film pourri qui passe à la télé.
– Vous êtes pas logiques.
– Tu l'as déjà dit.
Il lui gratte la nuque. Maintenant qu'il n'a plus envie de lui frotter de l'ail sur le visage - quel effet ça aurait ? - il se sent d'humeur à le câliner.
– Mm.
La flemme du vendredi soir le berce délicieusement. Il laisse Demyx saisir sa main et enrouler ses doigts autour des siens comme de petits serpents. Le musicien est incapable de bouder plus d'une vingtaine de minutes.
– Et un chien ? J'peux avoir un chien ?
– Pour boire son sang ?
– Beukr ! T'es dégueulasse, Van !
Donc il ne mord pas les chiens. Il note.
– Pourquoi t'en veux un alors ?
– Bah j'sais pas, c'est chouette un chien. Ça a l'air cool dans les films.
– Ça prend de la place.
– Mais un petit. Genre, un chiot.
– Ça aussi, ça grandit.
– S'il te plait.
Van soupire. Mais c'est vrai qu'un chien, ce serait pas mal. Puis à quatre, ils devraient bien se démerder pour qu'il crève pas au bout de deux jours. Faudra qu'il voit avec les autres. Qu'il s'assure que personne ait d'allergie ou de connerie du genre.
– On verra.
– Pour de vrai ?
– On verra pour de vrai, oui.
Et voilà, il sourit. Il sourit beaucoup trop d'ailleurs, c'est mauvais signe. Il doit prendre ça pour un accord, une sorte de promesse qu'il lui ressortira la prochaine fois qu'ils aborderont le sujet. Et ils l'aborderont, le noiraud le sait. Zéro chance pour que Demyx oublie.
Une drôle de douleur lui titille le poignet. Le genre de tiraillement léger qui fait rougir la peau quand un félin joueur la mordille. Sauf que Vanitas n'a pas de chat. Juste un petit ami qu'il trouve en train de jouer avec son épiderme, sa grosse langue rose appuyée à l'intérieur de son bras.
– Qu'est-ce que t'essaies de faire ?
– J'envoie un message subtile.
Subtile son cul, oui. Pour un mec qui a largement dépassé la barre des cent ans depuis plus de cent ans, il a la délicatesse d'un éléphant qui se dandine sur un lac gelé.
Ses petits yeux implorants lui tombent dessus. C'est tout juste s'il ne l'entend pas supplier par les iris. Mais non, il n'a pas encore assez fumé pour ça.
– Van ?
Maintenant, il appuie son joli petit nez retroussé contre son bras. Et il l'essuie aussitôt en réalisant qu'il a ouvert sa peau de bave.
Le corbeau secoue la tête.
Allez.
– Juste pour ce soir.
– Yes !
Le cri de joie traverse l'appartement comme une grande victoire, et le blondin se redresse pour venir se coller contre lui, tout ronronnant.
– Eh, m'écrase pas non plus hein.
– Mais c'est plus pratique dans le cou.
– Mouais.
Il râle pour la forme, mais il laisse l'autre fourrer son museau de fouine sous sa tignasse charbonneuse. Allez, une exception. Pour cette fois. Si ça peut compenser sa déception du jour... De toute façon, il gagne au change.
Van passe doucement ses bras autour du bestiau, alors que la langue gourmande caresse son cou. Il ferme les yeux.
[TW : Racisme/Validisme.]
Voilà voilà.
Demyx s'enfonce mais promis, Vanitas va lui inculquer les bases. Mais il trouvera sans doute de nouvelles conneries à faire à côté.
A la prochaine !
