Rated M pour la violence et les contenus pour adultes. Certains passages peuvent faire ressurgir des traumatismes ou être désagréable pour les lecteurs sensibles. à lire en connaissance de cause.
TW mère abusive.
J'ai encore des fautes à corriger, je m'excuse d'avance !
Bonne lecture !
L'enfant aux yeux du Démon. La petite fille frêle jouait dans le jardin. Ses petites mains confectionnaient tant bien que mal un objet précieux. Des corbeaux la regardaient, perchés sur leur branche. L'un d'eux poussa un cri, battant des ailes. L'enfant leva la tête, afficha un large sourire et plissa les yeux de joie « c'est une poupée du bonheur ! C'est pour ma maman, pour qu'elle soit heureuse à nouveau ! » se réjouit la fillette.
Une femme passa sur le chemin bordant le jardin et tout en serrant son enfant près d'elle, elle lui chuchota. « C'est l'enfant du démon, tu ne dois jamais l'approcher. Je plains Era, sa pauvre mère »
Son chuchotement n'était pas assez bas, et la petite avait tout entendu. Elle baissa les yeux vers sa poupée et la serra contre elle. Elle était habituée à entendre ce genre de choses, mais elle ne les comprenait pas. Elle ne comprenait pas ce qu'elle avait fait de mal, elle ne savait pas pourquoi elle était une méchante fille. Elle savait seulement qu'elle était mauvaise, et que sa mère était malheureuse à cause d'elle. Mais elle faisait tout son possible pour réparer, et sa poupée allait tout arranger.
Après quelques minutes, la petite fille brune entra en poussant la grande porte de la maison.
- Maman ? Appela l'enfant doucement, n'osant pas faire trop de bruit.
La petite fille se dressa sur la pointe des pieds, dans la pièce sombre, et vit sa mère assise sur une chaise, les yeux dans le vide, ses clavicules transperçant presque sa peau fine. L'enfant s'approcha, le pas hésitant.
- Maman ? Je t'ai fait une poupée du bonheur…
La femme assise sur la chaise tourna la tête, horrifiée, elle se leva brusquement, l'enfant sursauta et fit un pas en arrière.
- Mais quelle horreur ! scanda la femme.
Era arracha la poupée des mains de l'enfant, et la poussa, cette dernière tomba du haut de sa petite taille, directement sur ses fesses. Elle avait les larmes aux yeux.
- Tu n'es qu'un démon ! Quelle est encore cette sorcellerie ! Tu voulais me faire du mal c'est cela !
- Non ! Non, maman ! C'est une poupée du bonheur ! C'est pour que tu puises enfin être heureuse !
- Tais-toi ! Hurla la femme, le visage déformé par la colère. Tu n'es pas normal, tu n'aurais jamais dû naitre ! Voilà ce qui m'aurait rendu heureuse !
La petite fille commença à sangloter.
- Tu es l'enfant du démon, tes yeux en sont la marque. Tu n'es qu'une erreur ! Era jeta la poupée au feu sous les cris de l'enfant impuissante. Maintenant sort d'ici, ou c'est toi que je jette au feu !
La petite fille décampa dans le jardin, les joues recouvertes de larmes, le regard terrifié, elle se réfugia sous un buisson. Elle posa la tête dans ses bras, les genoux pliés contre elle, et resta comme ça longtemps, si longtemps qu'elle ne se souvenait plus depuis combien de temps elle était sorti. Les deux corbeaux étaient descendus de leur arbre et s'étaient blottis contre elle. Le petit corps de l'enfant tremblait de froid et de sanglots. « Je ne suis pas un démon… Je ne suis pas méchante… Pourquoi ma maman est comme ça ? Pourquoi est-ce qu'elle ne m'aime pas ? ».
Après de longues heures, la petite fille sortie de sa cachette et essaya de pousser la grande porte. Mais elle n'y parvint pas, elle tenta d'appeler sa mère mais seul le silence de la nuit lui répondit.
L'enfant baissa la tête, défaite. Elle retourna dans son buisson et sorti une grande couverture de sa cachette. Encore une fois, elle passerait la nuit dehors, avec sa couverture et ses amis corbeaux.
La fille du démon. La jeune fille cuisinait silencieusement un plat pour sa mère, espérant la voir enfin rentrer. Une fois qu'elle eut terminé, elle se dû se rendre à l'évidence, et posa le plat sûr la table.
Cela faisait des jours qu'elle ne l'avait pas croisé.
La jeune femme sortie dans le jardin. Elle s'assied, les jambes croisées sur l'herbe et ferma les yeux. Un corbeau vint se poser sur son épaule, elle sourit, ses paupières toujours closes.
- Bonjour, veille amie. J'en suis toujours au même point, et tu es toujours fidèlement présente à mes côtés.
Depuis seize ans, la jeune femme avait vécu comme cela. Dans la haine. Personne ne lui parlait dans le village, les regards qu'elle croisait étaient emplies de peur, de haine, de dégout. Elle recevait des pierres, les villageois crachaient au sol quand ils la croisaient, ils la bousculaient. Elle n'était en sécurité nulle part. La femme qu'elle appelait mère la haïssait, la battait, la traitait comme une moins que rien. Elle ne comprenait pas. Elle n'avait pas demandé à être différente, à être si étrange. Elle ne se sentait pas normale, elle se détestait. Si seulement elle avait été une fille normale, elle aurait été digne d'amour, elle n'aurait pas rendu sa mère triste. Des larmes coulèrent sur les joues de la jeune femme.
Soudain elle entendit la porte d'entrer claquer. Elle se leva d'un bon, essuya ses larmes d'un revers de la main et entra dans la maison. Sa mère était entrée avec un homme.
C'était le compagnon de sa mère, il vivait avec elles depuis deux années maintenant. Elle se rappelait qu'il avait un fils bien plus jeune qu'elle. Arend? Elle ne souvenait plus, mais elle n'avait pas le droit de l'approcher.
La jeune femme aux cheveux bruns avait peur de l'homme, et faisait tout pour ne pas se retrouver seule avec lui. Fréquemment, ils partaient tous les deux, la laissant seule, oubliant de prévoir assez de nourriture pour elle. Il lui été déjà arrivé de ne pas pouvoir manger pendant plusieurs jours. Sa mère passa devant elle sans un mot, se contentant d'afficher une mine de dégoût devant le plat posé sur la table. La jeune fille baissa les yeux et retourna dans le petit jardin.
Plus tard ce soir-là, la jeune femme rentra du jardin, il était tard. En fermant la porte, elle se figea. L'homme était là, assis sur une chaise. Il tenait un verre d'alcool, et arborait un sourire carnassier, son visage était effrayant à la lueur des bougies. La jeune fille baissa le regard et tenta d'éviter l'homme assis en face d'elle.
- Tu as bien grandi, lança l'homme, de sa voix de prédateur. Tu es une femme maintenant. Cela fait un moment que je voulais te le dire, mais j'ai l'impression que tu m'évites, petite.
La jeune fille frémit, et songea à fuir, elle se dirigea vers la porte mais l'homme se leva brusquement et la poussa contre un mur, la bloquant de son corps.
- Laisse-moi! Supplia la jeune fille.
- Ferme là. Tu es bien plus belle que ta mère à présent, et bien plus intéressante. Arrête de te débattre. L'homme enfuit son visage dans le cou de la jeune fille et commença à passer ses mains sous sa chemise.
- Non ! Hurla la jeune femme. Soudain, l'homme se retrouva projeté en arrière, avec une telle force que son crâne heurta violemment la table. Un effroyable bruit de craquement retentit dans la pièce vide, et le corps de l'homme tomba lourdement sur le sol.
La jeune fille ouvrit la bouche sous le choc, ses yeux s'emplir de larmes et ses jambes ce dérobèrent sous son poids. Elle porta ses mains tremblantes sur sa bouche, aucun son ne voulait en sortir.
La mère de la jeune femme descendit les escaliers à toute allure, affolée, alarmé par les bruits qu'elle venait d'entendre. « qu'est-ce qu'il se passe ! Mon amour ? »
Un cri, déchirant, inhumain sorti de la gorge d'Era quand elle vit le corps de l'homme qu'elle aimait au sol, une mare de sang pourpre se répandant sur le parquet.
- Qu'as tu fais ! Hurla la femme, tremblante.
- Mère, je ne sais pas ce qui s'est passé ! Il a… Il a …
La femme détailla la jeune fille en face d'elle, remarqua sa chemise déchirée, ses cheveux défait, et hurla:
- Toi, toi ! Tu n'es qu'une trainée, l'engeance du démon ! Tu l'as séduit et tu l'as assassiné ! Monstre ! Démon !
- Non, mère ! Non ! Hurla la jeune femme en se relevant.
- La ferme ! Hurla la femme en assenant un violent coup dû revers de la main à la jeune fille qui tomba violemment. Sur le sol, dans le sang de l'homme gisant non loin d'elle, elle jeta un regard terrifié à sa mère.
- Tu n'es qu'un poison ! Tu n'aurais jamais du vivre . Tu as ruiné ma vie ! Tu es l'enfant d'une relation non consenti, je ne voulais pas que tu grandisses dans mon ventre ! Mais même les plantes n'ont pas pu t'expulser ! Tu es l'enfant du démon ! La jeune femme au sol écarquilla les yeux, le souffle coupé, des torrents de larmes sur ses joues. Rien n'y a fait quoi que j'essaye tu as survécu et tu grandissais dans mon ventre. Quand tu es née, avec tes yeux de démon ! Tu n'aurais jamais dû naitre ! Monstre ! Monstre ! Tu as ruiné ma vie, ta naissance m'a privée de la capacité d'enfanter ! Tu as éloigné les hommes de moi ! TU m'as isolé des autres ! Et quand je rencontre enfin… Tu l'as tué ! Mon Percy...Monstre ! La femme devenait de plus en plus agressive et incohérente, ses pupilles étaient dilatées, et des veines pulsaient sur son front. Tu n'es qu'une succube, une trainée ! La femme attrapa un couteau posé sûr la table. Plus jamais aucun homme ne posera le regard sur toi !
Rapidement, et d'un grand geste, la femme abattis la lame tranchante sur le visage de la jeune fille toujours au sol.
Cette dernière poussa un cri, et quand elle vit que la femme qu'elle appelait mère allait abattre un nouveau coup, elle voulut la repousser, mais une nouvelle fois, la situation lui échappa. Elle vit, impuissant, le corps de sa mère projeté et sa nuque se briser contre une chaise.
Le silence s'abattit sur la pièce. Le sang pulsait dans son crâne, son visage irradiait de douleur, elle ne parvenait plus à respirer correctement. Soudain, elle entendit quelqu'un frapper à la porte.
- Que se passe-t-il ? Era ? Percy ? Est ce que vous allez bien ?
Fuir. Il fallait qu'elle fuie, le plus rapidement possible. Ils la pendraient, ou pire, elle, l'enfant du démon. Elle entendait déjà les hommes essayer de forcer la porte, elle se dirigea en courant vers la porte du jardin, et sauta discrètement par-dessus la barrière. Elle entendit les hurlements d'une femme, puis la voix d'un homme « c'est l'œuvre de l'enfant du démon ! Quel massacre ! Elle ne doit pas être loin ! Il faut l'anéantir ! »
La jeune femme, le visage ensanglanté, détacha le cheval du compagnon de sa mère et sauta dessus, l'entrainant au grand galop avec elle. Levant la tête elle cru distinguer deux oiseaux la suivant dans la nuit. Elle entendit les cris des villageois, vis les torches et pu capturer une phrase « où que tu ailles nous te retrouveront, Enfant du démon, ton crime ne restera pas impuni ! »La jeune fille s'enfonça dans la forêt, son cheval l'emportant dans les abysses au grand galop.
Elle lui souffla de continuer, de ne pas s'arrêter. La blessure continuait de saigner, elle du garder son œil droit fermé, pour empêcher le sang de le noyer. Quand le soleil se leva enfin, le cheval s'arrêta, et fit comprendre à la jeune femme qu'elle pouvait descendre.
La jeune femme sauta du cheval, mais ses jambes défaillirent. Elle aperçu une femme sortir d'une maison qu'elle n'avait pas vu jusqu'alors.
- Jeune fille ! Que vous arrive-t-il ? Que faites vous ici ?
La femme arriva à son niveau, juste à temps pour l'aider à s'assoir sur le sol.
- Jeune fille, qui êtes vous ? Comment vous appelez vous ?
La jeune fille regarda la femme au dessus d'elle, et lui répondit péniblement, sa voix était presque inaudible, mais la réaction sur le visage de son interlocutrice lui montra qu'elle l'avait entendu :
- Je ne suis personne. Je n'ai pas de prénom.
