Bonjour !
Non, vous ne rêvez pas, je ne suis pas morte et il y a bel et bien une suite à Target (et à Drowned, bien entendu et autre chose que je prépare… )
Je vais encore m'excuser pour cette longue attente… Depuis le début d'année, la reprise du boulot me prend tout mon temps et toutes mes pensées, si bien que je rentre chez moi claquée et honnêtement, je n'arrivais plus à taper un mot ou très rarement.
Ça s'est terminé que j'ai fait un burn out mi-juin, et là je sors de deux semaines d'arrêt de travail. Du coup, j'ai profité de ce temps de repos pour moi, pour faire une coupure franche avec mon travail et mes supérieurs que je ne pouvais plus encadrer et pour me remettre à écrire ! Un retour à l'essentiel, à cette passion que je ne veux pas laisser s'éteindre de nouveau…
Voilà quelques explications sur ma superbe vie de merde ces derniers temps ! XD
J'ai lu tous vos commentaires sur le dernier chapitre et je vous remercie infiniment pour vos si beaux compliments, votre impatience à lire la suite de ma fiction de timbrée !
Je vais essayer de ne pas vous décevoir et j'espère vraiment, vraiment, que ce 7ème chapitre vous plaira…
Pour ceux et celles qui ne me pardonneraient pas, j'en profite pour dire que vu que c'est les soldes, j'ai fait le plein de tomates ! Allez-y, déchaînez-vous, c'est pour moi ! XD
Je vous souhaite une très bonne lecture, et on se retrouve très vite pour la suite de Target, de Drowned et cette fois, je tiendrais parole !
Petit rappel des règles : Les scènes hard, choquantes, dures et autres synonymes de tout cela seront reconnaissables par le premier et dernier mot en gras.
Le son qui vous accompagne : Crazy – Madilyn Bailey et Leroy Sanchez
TARGET
Chapitre 7
« Quel temps de chien… » grommela Shikamaru, le menton dans la paume de sa main, en visualisant les trombes d'eau qui s'abattaient sur Konoha depuis une bonne heure.
« Et tu penses vraiment que ton Roméo va venir ? » renchérit Kiba d'un ton cynique, celui-là même qui me révulsait à un tel point qu'un frisson me parcourut le dos.
Les poings sur les hanches, je me détournais de la fenêtre et de ma contemplation extérieure, où des seaux d'eau semblaient être jetés du toit du commissariat tant il pleuvait. Excédé par mon abruti de collègue et son attitude toujours aussi détestable, je fis claquer ma langue contre mon palais. Quel plaisir tirait-il à me chercher constamment des poux sur la tête ? N'avait-il pas des dossiers en attente ? Des rapports à rédiger ? Ou tout simplement quelque chose à faire de plus intéressant ? À croire que son passe-temps favori, à savoir me provoquer à toute heure et sur tous les sujets primait sur le pourquoi de sa présence dans ce bureau.
« La ferme, Kiba. C'est pas '' mon Roméo '' putain. Lâche-moi avec ça. »
Il ricana stupidement et je sentis venir la seconde vague de sa bêtise légendaire. Parce que oui, dès lors que sa débiteuse à conneries était lancée, Kiba ne savait plus s'arrêter.
« Peut-être qu'il n'a pas aimé jouer aux auto-tamponneuses avec toi, hier à la fête foraine ? » me lança-t-il de nouveau. « Ou peut-être qu'il t'a refoulé parce que tu ne sais pas t'y prendre ? »
Une veine apparut sur ma tempe, démontrant que la fine lisière entre le calme et l'explosion était en passe d'être franchie. Je n'aimais pas ses insinuations, ni cette intonation mièvre pleine de sous-entendus obscènes, et même si oui, je traînais derrière moi un passé sulfureux avec de nombreuses aventures d'une nuit à mon compteur, Sasuke Uchiha représentait bien plus que ça à mes yeux. Je ne pouvais encore le définir avec clarté, mais c'était bien plus qu'une banale histoire de sexe.
Mon regard assassin ne dissuada pas Kiba puisqu'il continua à me lancer des piques plus pointues les unes que les autres et le sourire mesquin que je vis naître aux coins de ses lèvres et son dernier tacle à l'apogée de la vulgarité rompirent définitivement le fil très fragile de ma patience.
« C'est pas compliqué pourtant, un trou reste un trou… Non ? »
Ni une, ni deux, je fis le tour de mon bureau et fondis sur lui en allongeant le bras pour le soulever de sa chaise, sous l'œil exaspéré de Shikamaru. J'eus juste le temps d'attraper son col, mais une nouvelle fois, comme un ange gardien volant toujours à son secours, Sakura se mit entre nous deux, le sauvant ainsi d'un coup de poing que j'aurais eu toute la peine du monde à retenir. D'une poigne forte et sans équivoque, elle frappa Kiba sur la tête avec un dossier cartonné, et m'en colla un autre brutalement contre mon torse. Son regard de jade fut d'un froid polaire quand elle nous mitrailla tour à tour, et elle ne cacha pas son agacement lorsqu'elle nous réprimanda.
« Vous êtes incorrigibles, vous deux… On est une équipe bordel, arrêtez vos gamineries ! »
« C'est lui le problème ! » m'emportais-je. « S'il arrêtait de manquer de respect à Sasuke et de me chercher pour le moindre truc, on n'en serait pas là ! C'est pas un trou, ok ?! C'est quelqu'un de bien, alors ferme ta gueule Kiba. Mais qu'est-ce que tu peux bien y comprendre, toi qui collectionnes plus de râteaux que de conquêtes ? T'es un handicapé de l'amour mec ! »
« Pourquoi tu t'énerves comme ça Naruto ? Ça va, c'est pas parce que t'as loupé le coche de ta baise party que c'est foutu pour toujours… J'essayais juste d'être compatissant, j'te jure, vraiment ! »
Son sourire goguenard remettait clairement sa parole en doute, mais heureusement pour lui, Sakura lui servait encore de bouclier. Mon irritation était à son comble. Un mot de plus, et j'aurais pu commettre un meurtre.
« Ok, ok, STOP ! » hurla-t-elle, si fort que même les mouches cessèrent de voler. « Bouclez-la ! Tous les deux ! La Cible, ça vous dit quelque chose ou vous vous en fichez ? Pendant que vous beuglez comme des dégénérés, il court toujours lui, et peut-être qu'il est même en train d'étriper quelqu'un à l'heure qu'il est ! Mettez vos querelles de côté deux minutes et reconcentrez-vous putain ! Ces dossiers, ce sont ses quatre premières victimes. Et je vous rappelle qu'ils ont tous un nom, un visage, une histoire. Si vous ne voulez pas faire un effort pour vous, faites-le au moins pour leurs familles qui sont dans la souffrance et qui attendent des réponses ! Bande d'idiots ! »
Ses mots durs résonnèrent dans la salle et nous clouèrent le bec à tous. Elle avait raison Sakura. Nous nous comportions comme deux abrutis alors que nous avions bien mieux à faire que de nous chamailler pour des futilités. La tête basse, je finis par le relâcher et restais muet, honteux de m'être donné en spectacle devant tous nos collègues qui nous fixaient comme des bêtes de cirque. Ce n'était pas digne du capitaine que j'étais et encore moins de ces personnes, assassinées avec une férocité jamais vue.
« Désolé… » murmurais-je en saisissant la pochette timidement.
« Naruto, il faut vraiment que tu apprennes à ne pas réagir au quart de tour. Vous allez vraiment finir par vous mettre sur la gueule un jour. C'est ce que tu veux ? » continua Sakura sur un ton bien plus tempéré, mais restant ferme. « Et toi Kiba, t'as que ça à foutre franchement ? Tout le monde sait que tu as en travers de la gorge la promotion de Naruto, mais c'est ton supérieur que tu le veuilles ou non. Il serait temps que tu l'imprimes, comme le fait qu'il peut te coller un avertissement au cul d'ailleurs ! Arrête de le provoquer tu veux ? »
« Ça va ! » s'indigna Kiba en levant les mains. « Je pensais pas que son Ro-… que ce gars avait tant d'importance. Désolé, ça ne se reproduira plus… Capitaine. »
Il n'y avait aucune sincérité dans ses mots, c'était perceptible, clair comme de l'eau de roche, mais je décidais de mettre un terme à nos enfantillages. En revanche, je lui fis comprendre à travers un coup d'œil glacial que je ne lui ferais plus aucun cadeau.
Pour clore définitivement le sujet, je finis par retourner à mon bureau sans piper mot et ouvris la pochette marron pour tomber nez à nez avec la photographie de l'une des victimes de La Cible. Quatre victimes. Quatre dossiers en tout qui contenaient chaque cliché du légiste et qui attestaient de la barbarie de notre homme, que Sakura termina de distribuer.
« On connaît l'identité de ces quatre personnes, pourquoi tu veux qu'on remette le nez dedans ? » demanda Kiba lorsqu'il déplia le sien.
Sakura acquiesça d'un mouvement de tête.
« Oui, c'est juste, nous savons qui ils sont. Mais nous avons traité leurs cas séparément jusqu'à maintenant, sans se demander si ces personnes étaient reliées entre elles. Plus j'y pense et plus je me dis que si La Cible les a choisi, c'est qu'il doit y avoir une très bonne raison. »
« Pourquoi ? Ce type est taré. Il lui manque juste des cases. Pourquoi tu penses qu'il n'a pas frappé au hasard ? » poursuivit Kiba en feuilletant les pages d'un air désintéressé.
« Parce qu'il est méticuleux… et intelligent. » affirmais-je, sûr de moi. « J'ai le même pressentiment. Ce n'est pas un amateur, il n'a laissé aucune empreinte derrière lui. Rien. Pas un cheveu, pas un poil, que dalle. Il fait bien trop attention aux détails pour agir à l'aveuglette comme le ferait quelqu'un qui tuerait pour la première fois. Et ces cercles qu'il creuse dans leur peau, c'est plus qu'une signature, c'est un message. Son surnom vient de là. Des cibles, voilà ce que ces personnes sont pour lui. Il les connaissait. Ces gens ont croisé sa route dans le passé, c'est une certitude. Il s'est déchaîné sur eux, pour moi, c'est suffisamment barbare et ignoble pour prouver que ces crimes sont personnels et qu'il n'en est pas à son premier coup d'essai. »
Mais qui étaient-ils pour La Cible ? Pour l'heure, je n'en savais encore rien. Parce que rien n'avait encore de sens.
Le dossier que j'avais entre les mains contenait la photo d'un homme, prise par le médecin légiste dès son arrivée à la morgue. Il avait les cheveux gris, mais il semblait pourtant avoir dans nos âges, ou à peine plus, si l'on se fiait aux traits de son visage. Même si je l'avais déjà lu et relu des dizaines de fois, les mots utilisés dans le rapport d'autopsie m'interpellaient toujours autant.
« Présence de contusions multiples sur la face et la boîte crânienne. »
« Déplacement et enfoncement de la mâchoire. »
« Lacérations profondes des veines sur les deux poignets et au creux des coudes. »
« Lésions internes par arme blanche sur l'ensemble du corps ayant entraînées la mort. »
Et pour cause, cet homme avait été massacré par un cloueur. Mais ce furent ceux reçus dans les yeux qui le firent succomber à ses blessures. Les projectiles d'un diamètre et d'une longueur conséquents les perforèrent et les crevèrent irrémédiablement et puisque les pointes traversèrent les orbites pour toucher le cerveau, ce fut par une hémorragie cérébrale qu'il trouva la mort, finissait d'étayer le rapport du légiste.
Je n'imaginais pas la souffrance qu'il avait dû endurer avant de mourir, mais les diverses photographies parlaient d'elles-mêmes et me donnaient froid dans le dos, et ce, même si les horreurs commises par La Cible étaient devenues mon quotidien depuis un mois.
« Kabuto Yakushi… » marmonnais-je en parcourant des yeux le visage terne et sans vie de cet homme, allongé sur la table de la morgue.
Atterré par une telle démonstration de violence, je me pinçais les lèvres en les regardant une par une, comme si ces images venaient d'atterrir entre mes mains pour la première fois. De toutes les affaires traitées tout au long de ma carrière, celle de La Cible était de loin la plus monstrueuse.
« Trouver un lien entre eux, c'est pour ça que je suis retournée chercher ces dossiers et que je vous ai réuni. » répondit Sakura. « Et figurez-vous qu'après les avoir regroupés, j'ai trouvé quelque chose d'intéressant. »
Je relevais la tête et fronçais les sourcils, intrigué.
« Ibiki Morino, Zabuza Momoshi, Kisame Hoshigaki, Kabuto Yakushi… » énuméra-t-elle en épinglant une photo d'eux sur un tableau en liège. « Vous voulez savoir quel est leur point commun ? »
Elle se retourna vers nous, les mains sur ses hanches rondes, l'air espiègle et visiblement fière de sa petite découverte, mais bonne joueuse, elle nous laissa mariner quelques instants avant de cracher le morceau.
Mes yeux passèrent d'une image à une autre sans réellement comprendre où elle voulait en venir.
« Bah… C'est des mecs ? » tenta bêtement Kiba.
Sakura soupira sèchement en le regardant de travers.
« Bon sang… Vous passez votre temps à reluquer toutes les gonzesses qui passent devant vous, ou les mecs pour ton cas, Naruto, et vous ne voyez pas l'évidence ? Je vous pensais plus physionomiste que ça les gars. Sérieusement, y'en a pas un qui vous dit quelque chose ?! » s'exclama-t-elle en levant les mains au ciel.
Chacun d'entre nous se creusa la tête pour faire ressurgir un souvenir d'une éventuelle rencontre dans nos locaux, mais ce fut finalement pour Shikamaru que la connexion sut être la plus instantanée.
« Attends voir… Ce Momoshi, là… C'est pas un client de chez nous ça ? » demanda-t-il en lissant ses poils de barbe sur son menton.
« Bingo ! » se réjouit ma collègue. « En fait, ces types ont tous un casier judiciaire, ils ont tous eu des démêlés avec la justice au moins une fois, mais d'après mes premières recherches, ils n'ont effectué que de petites peines. Ce n'est qu'un début de piste, mais ça voudrait peut-être dire que… »
« Que La Cible traque des criminels. » terminais-je à la place de mon amie, alors que l'excitation et l'adrénaline parcouraient à présent mes veines.
Enfin une piste, enfin quelque chose de concret à se mettre sous la dent et qui nous conduirait peut-être vers La Cible.
Sakura opina du chef dans un sourire triomphant.
« Oui, ça m'en a tout l'air. Mais ce n'est pas tout ce que j'ai trouvé… Vous n'êtes pas au bout de vos surprises… »
J'avais toujours considéré Shikamaru comme la véritable tête pensante de notre unité, mais Sakura m'impressionnait également par sa perspicacité et elle le démontrait brillamment en énonçant le résultat de ses investigations. Totalement gagné par ma soif de savoir, je pris place confortablement dans ma chaise de bureau en attendant cette suite que je me languissais d'entendre, les bras en croix.
« Résumons. Jour un, le 18 juillet dernier. C'est le jour où un premier corps est découvert, le premier attribué à la Cible, celui de Kisame Hoshigaki, quarante-deux ans. Un mois avant cela, on venait le chercher pour des faits d'actes de cruauté envers des animaux. Une enquête pour le moins bâclée puisqu'il n'a obtenu qu'une peine d'un an de prison avec sursis et une interdiction de détenir des animaux pendant cinq ans… Après ça, il n'a plus fait parler de lui, jusqu'à ce que son cadavre soit trouvé par des SDF dans un squatte de la ville, déchiqueté par des chiens errants. Quelle ironie, vous allez me dire n'est-ce pas ? Mais ce n'est pas ce qui l'a tué. Ce sont des blessures postmortem. En réalité, on lui a cassé les deux jambes et les deux bras ; pour être plus exacte, ses membres ont subi une torsion jusqu'à ce qu'ils se brisent, et cela va de même pour… son cou... À moins d'être fichu comme un bodybuilder, et encore, je ne pense pas que ça soit l'œuvre d'un homme à proprement dit, mais plutôt celui d'un mécanisme barbare… L'enquête se poursuit, mais quoi qu'il en soit, on lui a rompu les os. C'est ça, la cause de sa mort. Et bien sûr, pas d'empreintes, pas de témoins… »
Sakura remua ses lèvres teintées d'un rose pâle, les pressa l'une contre l'autre en feuillant son carnet de notes à paillettes. Sa jovialité s'était estompée et elle abordait désormais un air bien plus grave, elle qui était si joyeuse en temps normal. Mais sa réaction ne pouvait être que classique, au vu de la lecture de ces actes abominables qui ne faisait que débuter. Elle se racla brièvement la gorge pour chasser son malaise et continua en essayant de paraître la plus détachée possible, comme la grande professionnelle qu'elle était alors que nous l'écoutions tous avec attention sans avoir envie ou besoin d'intervenir tant elle avait planché consciencieusement sur ces dossiers.
« Puis nous avons le second, Zabuza Momoshi, trente-cinq ans. Une semaine avant son décès, il a été interpellé pour avoir sollicité des relations sexuelles d'un prostitué. De plus, une arme à feu et sachet de cinq grammes de cocaïne avaient été retrouvés lors de la fouille de son véhicule, ce qui a conduit à sa garde à vue puis à une comparution immédiate devant un tribunal. Il aurait dû en principe écoper de six mois fermes pour détention de stupéfiants et pour port d'arme illégal, ainsi que de 200 000 yens d'amende pour les faits d'achats d'actes sexuels, mais selon le rapport, il y a eu des vices de procédure qui ont conduit à son acquittement. Le 29 juillet, des éboueurs retrouvèrent son corps dans une benne à ordures, lardé de coups de couteau et il avait… » Sakura émit une courte pause, puis toussota avant de poursuivre d'une petite voix, de plus en plus mal à l'aise. « La crosse d'un pistolet enfoncée dans l'anus et… le... le pénis fendu en deux… »
Évidemment, comme tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à La Cible, j'avais eu connaissance de ces détails, mais je ne pus m'empêcher de me frotter fortement les yeux avec mon pouce et mon index, tout en m'imaginant cette scène fatale à Zabuza Momoshi, quand bien même je ne le souhaitais pas. Nous restions cependant tous silencieux, chacun dans nos pensées, pendant que Sakura tournait une page de plus pour expliquer le cas suivant.
« Kabuto Yakushi, trente-deux ans… Arrêté pour deal et possession de drogues. Cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, GHB, crack… Et j'en passe. Ce type était également connu dans le milieu du grand banditisme. Mais étant donné qu'il était le neveu d'Orochimaru, et ce nom ne doit pas vous être inconnu, toutes les affaires où il trempait ont été étouffées. Sous sa protection, il n'a pas fait plus d'une semaine de détention. Kabuto Yakushi a été découvert mort dans son véhicule le 5 août dans une casse automobile, le corps et les yeux perforés par des clous de charpente de 20 centimètres de long pour un diamètre de 6,5 millimètres. Le cerveau a été sévèrement atteint d'après le légiste, il est décédé d'une hémorragie interne. Comme pour les deux autres affaires, ni traces, ni fibres n'ont été détectées sur les lieux du crime. Je me doute que son oncle doit aussi être à la recherche du coupable, mais pour l'heure, il n'y a eu aucun mouvement de nos indics qui démontrerait une quelconque découverte dans ce sens. Et pour le dernier cas, il y a une disparité et c'est peut-être la seule incohérence depuis le départ. Ibiki Morino n'a pas un casier judiciaire aussi fourni que les trois autres malgré son physique hors normes, digne d'un général de l'armée. À quarante-huit ans, il n'a eu que des déboires durant sa jeunesse : interpellations pour des vols, des bagarres, ce genre de chose, mais rien qui n'a capté particulièrement mon attention. Et depuis, c'est le calme plat. Mais je ne serais pas digne d'avoir mon titre d'enquêtrice si je m'étais contentée de ces résultats-là. » annonça-t-elle avec un soupçon de fierté dans la voix.
Elle déballa d'un énième dossier cartonné quelques photographies qu'elle nous tendit ensuite.
« Ça a été classé secret défense, et j'ignore pourquoi, mais la seule chose pour laquelle Ibiki Morino a été sérieusement soupçonné, c'est d'avoir délibérément crashé le jet privé qu'il pilotait il y a huit ans. Soupçonné car seul survivant, mais relaxé faute de preuves. Il… Il a été dépecé. Et… ses restes ont été retrouvés calcinés par des randonneurs dans la forêt du mont Myôboku. Le 13 août dernier. Et pour le cinquième homme… Il va falloir attendre, mais je parie qu'il possède lui aussi un passé trouble… »
Shikamaru se leva pour me passer le cliché du petit avion et je détaillais attentivement la carcasse pulvérisée qui s'était abîmée en mer. Les doutes m'envahirent instantanément : personne n'aurait pu survivre à un tel choc. Mais cet Ibiki Morino était bel et bien sorti indemne de cette collision. Pourquoi cette affaire était-elle top secrète ? Qu'avait-elle de si spéciale ?
« Qu'avait révélé la boîte noire, à l'époque ? Ça a forcément dû enregistrer les dernières données de l'avion avant l'accident. » demandais-je.
Sakura secoua la tête.
« Je n'ai pas les accréditations pour accéder au dossier complet. Et comme je l'ai dit, c'est classé secret défense. Mais apparemment, aucune boîte noire n'a été découverte à bord. »
Ma mine se rembrunit. Un avion qui percute la mer, des boîtes noires qui disparaissent et le seul survivant de ce drame que l'on accuse et que l'on retrouve mort huit ans plus tard, plus un dossier inaccessible… Pourquoi tous ces mystères ? Que cherchait-on à nous cacher ? Et quel était le rapport avec La Cible, s'il y en avait un ?
Je me creusais la tête, alors que j'avais la réponse à cette question. Bien sûr qu'il y avait un rapport. La Cible ne choisissait pas ces personnes au hasard… Tout était relié, d'une façon ou d'une autre…
« Qui étaient les victimes ? » interrogeais-je de nouveau.
Sakura haussa les épaules en secouant une nouvelle fois la tête.
« Je ne sais pas... »
Je m'adossais à ma chaise en poussant un long soupir, une main frottant ma barbe de trois jours. C'était un véritable labyrinthe auquel s'ajoutait des éléments de plus en plus troublants et nous n'avions que peu d'indices en notre possession, pour ne pas dire aucun. Outre l'affaire Morino, je devais bien admettre que La Cible me mettait sérieusement à l'épreuve et que ce type était d'une intelligence remarquable. Réussir à assassiner autant de monde dans un délai aussi court et sans laisser de trace… Cela relevait presque du surnaturel, mais il s'agissait pas d'un fantôme… La Cible était bien réelle. Et ces meurtres en série aussi. Il y avait forcément une faille quelque part… Cet homme n'était pas Dieu, il avait obligatoirement commis une faute et elle était là, sûrement sous nos yeux.
« Bon, très bien. Ça suffit pour aujourd'hui. » annonçais-je en me redressant. « Shikamaru, tu peux essayer de te renseigner sur ce crash ? On doit savoir qui sont les victimes. Si on te demande quelque chose, dis simplement que ça a un lien avec une affaire en cours. On a besoin d'avoir des réponses et si l'omerta règne toujours, j'en informerai le Commandant Yamato pour qu'il agisse. Il saura obtenir ce que l'on veut savoir. Kiba et Sakura, penchez-vous sur la vie de ces quatre hommes, je veux tout connaître dans les moindres détails. Et faites le forcing pour le cinquième. Pas question d'attendre des plombes, qu'ils se magnent au labo, je veux que cette affaire soit leur priorité. Il faut absolument qu'on court-circuite La Cible avant qu'il ne commette un autre meurtre. »
Mes collègues approuvèrent d'un hochement de tête et tous commencèrent leur mission individuelle, galvanisés par l'importance de cette quête de vérité.
Sakura rassembla soigneusement les dossiers qu'elle venait de nous présenter, mais je les lui pris des mains.
« Je vais étudier ça chez moi. Beau travail Sakura. Tu t'es donnée du mal, j'apprécie. »
Un adorable rougissement colora ses joues et nous nous sourîmes simplement avant que je ne m'éclipse. Mais alors que je m'enfermais dans la cage d'ascenseur avec les quatre pochettes sous le bras, Sakura accourut dans ma direction. Elle s'arrêta face à moi et je dus bloquer les portes avant qu'elles ne se referment.
« Naruto… Bonne chance avec Sasuke. »
Passer l'étonnement, son encouragement fit naître un sourire sur mes lèvres. Il était quasiment 18h00 et j'avais encore fort à faire avant de le retrouver. Avant de le revoir…
La chair de poule traversa intégralement mon corps comme un coup de foudre lorsque ses yeux noirs brûlants d'un feu ardent réapparurent dans mes pensées. Un magnétisme indiscutable me liait à lui ; je l'avais déjà dans la peau alors qu'il n'y avait rien entre nous, si ce n'était une sorte d'attirance envoûtante. J'essayais de cacher mon émoi, mais Sakura n'était pas dupe.
« Merci. » me contentais-je de répondre pour pouvoir fuir au plus vite son regard émeraude qui en disait si long.
Les portes se rabattirent sur moi et je me laissais glisser contre elles, partagé entre le souvenir des abysses sans fond de Sasuke, de sa bouche sur ma joue, de sa voix profonde et sensuelle et la cruauté inqualifiable de La Cible que je devais à tout prix arrêter avant qu'il ne soit de nouveau trop tard.
Effectivement, la météo n'avait pas menti.
Comme annoncé, le ciel bleu de ce début de journée laissa place aux cumulonimbus noirs chargés d'éclairs et la pluie tombait sans discontinuer lors de cette fin de journée.
Les essuie-glaces d'une fourgonnette blanche garée le long d'un trottoir allaient et venaient sur le pare-brise, raclant les filets d'eau qui dévalaient la surface vitrée en cascade et le bruit d'usure des balais ne sembla pas perturbé un seul instant le conducteur.
Le crâne contre l'appui-tête et les paupières closes, Sasuke écouta le clapotis des gouttes d'eau sur la carrosserie mélangé à la mélodie sombre d'une ballade instrumentale sortant des haut-parleurs du véhicule. La respiration calme, il faisait le vide à l'intérieur de lui, comme un soldat se préparant à partir au front pour faire la guerre, rassemblant dans ses pensées toute sa volonté à vaincre le mal par le mal. Parce que oui, il faisait aussi la guerre.
La guerre à la violence et à toutes ses formes, la guerre au mépris, à la haine, la guerre aux hommes sans valeur, aux tortionnaires, aux menteurs, aux âmes indigentes qui souillaient les êtres purs par plaisir… La guerre à ceux qui, pour se sentir plus grands, écrasaient les autres sous leurs pieds, la guerre à ceux qui raflaient des vies sans émettre un regret…
L'événement de ses dix ans l'avait façonné pour faire la guerre. Ces viols à répétition avaient figé son cœur et ils le transformèrent progressivement en pierre. Un cœur fossilisé, éteint depuis des années. Le lourd secret que le professeur Shimura lui avait ordonné de garder fit ensuite le reste, car le taire au fond de ses entrailles par peur des représailles, par honte, n'avoir personne à qui parler, à qui confier ses maux d'enfant ne purent qu'aggraver les choses. Fatalement. En l'intériorisant, sa souffrance sculpta sa personnalité ultra-complexe, son intelligence hors du commun et cela l'éleva si haut qu'il s'isola de ses semblables naturellement, car il ne pouvait comprendre les autres autant que les autres ne pouvaient le comprendre… Comme une histoire déjà écrite et dont il connaissait la fin, Sasuke marchait seul sur une route sinistre et tortueuse dont on ne revenait pas. Il s'était engagé sur cette voie, suivant le doigt qui lui intimait d'avancer sans crainte et écoutant le sifflement doucereux d'une petite voix à l'intérieur de son crâne comme un guide à travers un épais brouillard.
S'il en était la victime, il en était aussi devenu le bourreau, l'exécuteur. Danzô Shimura avait été l'élément déclencheur de toute cette folie. Mais d'autres facteurs aggravants se succédèrent et s'enchaînèrent à son corps, fissurant un peu plus sa coquille fragilisée par la violence de cet homme et générant de plus en plus de troubles… Jusqu'à ce que la corde cède. Lesté par ce poids trop lourd, Sasuke coula à pic et sombra dans cet océan d'idées noires.
Depuis ses dix ans, il faisait la guerre. Et en huit ans, rien n'avait changé.
Ce soir, il partait faire la guerre.
Après leur habituelle séance d'entraînement, Sasori et les membres de son équipe se retrouvaient derrière le gymnase, dans un petit renfoncement où personne ne pouvait les voir, pour fumer un joint ou deux, lesquels tournaient entre plusieurs mains jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à consommer. À peine abrités sous le toit, la pluie et la légère bise froide ne semblaient pas entamer leur joie de se retrouver après leur match amical et pour certains, de célébrer leur victoire, comme ce fut le cas pour Sasori. Même s'il se situait en contrebas de la route, séparée par un talus en pente, Sasuke entendit distinctement ses éclats de rire. Il ouvrit brutalement les yeux et la rage gonfla sa poitrine. Comment pouvait-il se désopiler si tranquillement alors que quelques heures tôt, il éclaboussait de toute la crasse qui sortait de sa bouche la mémoire de sa mère ?
Sa menace avait tout bonnement l'air d'être passée aux oubliettes. Mais Sasuke n'avait pas oublié, lui. Il était là, au rendez-vous, prêt à revêtir son rôle tristement connu sous le nom de La Cible.
18h00.
Le groupe commença à se dissoudre, et après quelques poignées de main, Sasori alla en sens inverse des autres, en direction d'un chemin fait de terre et de cailloux bordé par des champs d'herbes hautes. Sac à dos sur l'épaule, il pressa le pas pour rentrer chez lui. Son t-shirt de rechange ainsi que ses cheveux roux s'imbibaient d'eau et les gouttes ruisselaient en suivant les courbes de sa mâchoire ovale et le long de sa nuque. Sasuke n'eut pas besoin de bouger la tête pour le voir se fondre dans les fourrés, il ne voyait de toute façon que lui : le coupable, le mécréant.
« Ta mère est morte. Elle a sûrement dû se suicider en apprenant qu'elle avait mis au monde un monstre. »
Combattre ses pulsions était comme donner un coup d'épée dans l'eau. Il se laissait envahir par elles en toute conscience, convaincu de faire le bien en éliminant de la surface de la Terre ceux qui faisaient régner le mal.
Ce soir, comme cinq autres avant lui, il lui ôterait la vie. Ceci serait la seule manière d'obtenir réparation. Ceci serait la seule façon de lui pardonner.
Tel serait le prix à payer.
Sans plus attendre, Sasuke démarra la fourgonnette et longea la piste qu'empruntait Sasori pour gagner le bout du parcours qui rejoignait la route principale, cinq cents mètres plus loin. Rapidement, il effectua une marche arrière dans le chemin terreux suffisamment large pour son utilitaire afin de pouvoir être camouflé par la végétation ; les habitations ne se comptaient pas en nombre dans cette rue, mais il préférait être prudent. Un seul témoin oculaire suffirait à l'envoyer croupir à l'ombre jusqu'à la fin de ses jours. Mais il comptait bien sur une autre option que la perpétuité entre les quatre murs d'une prison, si toutefois il se faisait prendre... Comme pour beaucoup de choses, Sasuke ne laissait pas place à l'improvisation.
En regardant dans ses rétroviseurs, il ne vit nulle trace du rouquin. Mais il fallait agir vite, Sasori n'allait plus tarder.
Alors il habilla ses mains d'une paire de gants noirs, se coiffa de la capuche de son sweat tout aussi foncé que ses cheveux, puis prépara un tissu imbibé de chloroforme avant de sortir de sa place côté conducteur. Il ouvrit en amont les deux portes latérales du coffre, prêt à accueillir son futur hôte, et s'enfonça dans la flore luxuriante jusqu'à devenir totalement invisible des yeux de sa proie.
Et ce qui devait arriver arriva.
Ne se doutant pas du piège qui se refermait sur lui, mais néanmoins surpris de voir un véhicule stationné en bout de piste, coffre grand ouvert, Sasori s'avança quand bien même vers lui et voulut le contourner. Mais bien avant qu'il ne puisse le faire, une ombre sortit du champ à toute vitesse, le prenant par surprise. Ce ne fut qu'un choc dans son dos, une bousculade. Un bras vint s'enrouler autour de son cou et il n'eut le temps de réagir face au tissu imprégné d'une odeur forte écrasé contre son nez. Il tenta vainement de se débattre, se tortillant et jouant des coudes pour s'échapper, agrippant et tirant sur le vêtement de son agresseur pour qu'il le lâche, gémissant aussi fort qu'il le pouvait pour que quelqu'un l'entende et vienne lui porter secours... Mais très vite, le produit se diffusa dans ses poumons et tout devint flou. Son corps engourdi cessa sa lutte et il se laissa glisser contre celui qui venait de l'attaquer sciemment et dont il ne connaissait pas l'identité. Puis ce fut le noir total.
Au-dessus de son corps évanoui, Sasuke se redressa et reprit son souffle. Par-delà la beauté de ses traits, son teint de neige et son physique proche de la perfection, la froideur dans ses yeux abyssaux brisa ce portrait irréprochable et ensevelit sous une haine sans pareille le dernier espoir de faire machine arrière. Il devait le punir, lui infliger les pires châtiments. Il le méritait. Au nom de sa mère. Au nom de toutes les victimes qu'il avait brutalisées.
Nulle indulgence, nulle miséricorde.
Comme un grondement de tonnerre, le regard dur et les poings serrés, Sasuke lança les hostilités.
« Il est temps d'expier tes péchés. »
# Ne pourrais pas tenir mes engagements pour 19h00… J'ai un… empêchement. Comment puis-je me faire pardonner, Capitaine ? J'y tiens absolument. #
Assis droit comme un i dans mon canapé, cela faisait un bon quart d'heure que je relisais le SMS de Sasuke et mon cerveau découvrait en même temps que mon corps des phases inédites, celles que le commun des mortels devait certainement ressentir lorsqu'il se trouvait dans une pareille situation : la surprise, la déception, puis cette chose désagréable qui se collait à nos tripes jusqu'à nous faire mal, qui ressemblait à des milliers d'aiguilles que l'on vous insérait dans le cœur et que l'on nommait jalousie.
Sasuke ne viendrait pas. Il avait « un empêchement ».
Un empêchement. Donc, quelque chose à faire ou quelqu'un de plus important que moi à voir.
Quelque chose… Ou quelqu'un.
L'idée d'un quelqu'un d'autre me répugnait, mais la seconde d'après, je ne pus que me sentir stupide de bloquer sur ce mot, extrêmement bête de supposer ce que Sasuke avait absolument le droit de faire ou d'avoir. Après tout, il ne me devait rien, nous n'étions que des connaissances. Au final, je m'étais peut-être fourvoyé en imaginant cette histoire d'aimantation. J'aurais peut-être dû lui dire qu'il n'y avait pas de problème, que ça pouvait attendre, mais la réalité, c'est que ça ne pouvait pas attendre. J'avais besoin de le voir. Je voulais le voir. Ce fut ce qui me conduit donc à répondre avec franchise, quitte à paraître trop possessif ou trop pressant. De toute façon, je ne contrôlais plus cet aspect de ma vie depuis qu'il y avait mis les pieds.
# Vous m'offririez un verre chez vous dès que votre empêchement concédera à vous redonner votre liberté ? #
La réponse fut rapide et elle suffit à me rassurer. Je n'avais pas rêvé seul cette tension entre nous.
# Pour ne pas avoir tenu parole, laissez-moi plutôt faire la route pour vous rejoindre. Même à l'autre bout de la ville s'il le faut. Je le mérite bien. #
# Je n'aime pas vraiment l'idée de vous savoir dehors en pleine nuit, avec tout ce qu'il se passe… # lui répondis-je cependant, l'image de La Cible lui faisant du mal se superposant à mon message.
# Je dois comprendre que vous vous inquiétez pour moi ? ;) N'ayez crainte, il ne m'arrivera rien… J'ai un côté… persuasif. #
Ses yeux crépitants de braise se rappelèrent à moi, encore… Je pouvais aisément le dessiner dans mon esprit, nu et soumis à moi, ses cheveux éparpillés sur mes draps et suppliant en roulant des hanches pour que je le prenne sauvagement. Dans mon caleçon, mon sexe se réveilla à cette pensée érotique et mes doigts ne tardèrent pas à se faufiler sous l'élastique pour lui prodiguer quelques lentes caresses pendant que de l'autre main, je lui tapais ma réponse.
# Je m'inquiète, c'est vrai… Ok, venez quand vous voulez. Je serais sûrement dans ma salle de sport en train de transpirer pour éviter de penser à ce qu'il pourrait vous arriver sur le chemin, Monsieur le persuasif, mais s'il y a quoi que ce soit, appelez-moi. 10, allée du tourbillon. Appartement numéro 7. Je vous attends. #
Avec impatience, voulais-je rajouter avant de finalement l'effacer. Je ne voulais pas lui faire peur ou gâcher chose en étant beaucoup trop franc et direct. Mes intentions auraient été bien trop tournées vers le sexe et je ne souhaitais pas qu'il pense que cette nuit allait se terminer obligatoirement dans mon lit, bien que je le désirais plutôt deux fois qu'une et j'aurais été un menteur de prétendre le contraire.
Mais il m'allumait. Volontairement ou pas, mais il m'allumait.
# Ah oui… ? Hâte de voir ça. #
L'ombre de la jalousie s'atténua. Sasuke avait tout aussi hâte que moi de nous revoir, en fin de compte. Je ravalais douloureusement ma salive et passais ma langue sur mes lèvres asséchées par le désir qui montait crescendo dans mon estomac à la lecture répétitive de son dernier message.
Les bouffées de chaleur ne faisaient que s'accroître. Mes doigts se crispèrent autour de mon téléphone pendant que je m'affairais à calmer mon ardeur tendue contre ma paume, en lui infligeant une pression bien plus dynamique. Les formes de Sasuke emplirent chaque parcelle de mon crâne et derrière mes paupières fermées, je me le représentais dans les moindres détails tandis que, proche de la jouissance, mon corps entier s'arcbouta sous l'effet d'un plaisir débordant. Je voulais le voir. Je le voulais plus que tout. Il me rendait déjà fou. Complètement fou.
Je ne savais pas comment cette soirée allait se finir, je ne pouvais le prédire, mais dans quelques heures, Sasuke serait là, ici, chez moi, à quelques centimètres de ma peau qui appellerait sans aucun doute la sienne. Et sachant cela, elle ne pourrait que s'inscrire d'ores et déjà et toute évidence comme la meilleure de mon existence.
À suivre...
Helloooooo !
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?!
Oui, on se retrouve avec quelque chose de gore, j'avoue, mais la fin est pleine de promesses, ça aide à digérer cette lecture un peu hard non ? XD
J'espère vous dire à très bientôt avec Target, Drowned ou l'autre fiction que j'ai commencé tout doucement ! ;)
Prenez bien soin de vous !
Votre dévouée,
TLIOM
