Titre : Mission de protection

Genre : Aventure/Romance

Rating : K+

Résumé : Histoire inspirée de Princesse Mononoke. Lors d'une simple mission de Roy et Riza se retrouvent à courir la montagne avec un bébé afin de retrouver et protéger ses parents. Comme si cela ne suffisait pas, suite à une série d'événements, ils sont envoyés dans le passé et c'est là que les choses deviennent un peu plus compliquées...

Disclamer : FMA ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Tous possiblement.

Notes : Coucou ! Pour cette histoire je me suis beaucoup inspirée de Princesse Mononoke, un film d'animation japonais que j'adore. J'espère que cela vous plaira également :D Il y aura 5 chapitres et j'avoue que je me tâte toujours à faire un épilogue ou pas... je ne sais pas. En tout cas, j'en posterai un par semaine, le samedi. Bonne lecture !


Chapitre 1


Du village, la montagne semblait très proche et le sommet à portée de main. Pourtant, ils réalisèrent rapidement qu'il n'en était rien. Le temps était sec et un vent froid balayait les sentiers. La marche devint plus dure lorsqu'ils débouchèrent sur la prairie. Ils n'étaient plus protégés par les arbres. Riza arma aussitôt son Beretta avec méfiance. Ils étaient trop exposés. Quelques pas devant elle, Roy avait enfilé ses gants. L'endroit paraissait désert.

Il était à peine dix heures et cela faisait déjà deux heures qu'ils marchaient. Cependant, lorsqu'ils se retournaient, le village était toujours là, bien visible. Dans les mains du Lieutenant, la vieille carte prêtée par le maire du village tremblait sous le vent. La jeune femme suivait attentivement les indications fournies par le vieil homme. Il fallait qu'ils arrivent avant la nuit, c'était le plus important.

Roy lui jeta un coup d'œil et croisa son regard. Il était dans le même état d'esprit qu'elle.

Enfin, après une heure de grimpe, la village disparut au détour d'un chemin.

« Lieutenant ? Voulez-vous faire une pause ? Il faut nous économiser un peu. »

Elle eut envie de répondre non, mais il avait raison. Ils ne savaient pas ce qu'ils trouveraient là-bas.

Deux jours auparavant, une mission de protection leur avait été confiée. C'était assez rare pour les inquiéter. Lorsqu'on leur confiait ce genre de missions, ce n'était jamais bon signe.

Il s'agissait de la protection d'un alchimiste assez peu connu et pour cause, il vivait replié dans les montagnes de l'ouest avec sa femme. Récemment, il avait accepté de tenir une conférence sur son alchimie à Central et depuis les problèmes se multipliaient. Il avait échappé de justesse à un enlèvement et l'armée avait aussitôt décidé de le placer sous protection. L'équipe de Roy était parti dans l'heure pour Gaillac, le petit village le plus proche de son habitation.

Les militaires dépêchés sur place leur avaient expliqué la situation et ils apprirent ainsi qu'un groupe suspect avait été repéré en ville la veille. Roy avait envoyé ses hommes sur leur piste et était parti avec son Lieutenant vers le domicile de l'alchimiste. Il était plutôt inaccessible et selon eux, il y avait peu de chance que les kidnappeurs l'aient déjà atteint. Ils devaient se préparer un minimum avant. Roy avait le soutien des habitants et un chemin tout tracé sur sa carte. Aucun guide n'était disponible, mais que ce soit Riza ou lui, ils avaient malheureusement déjà vécu ce genre de situation. Ils connaissaient les jours d'errance, la faim, le froid. Ils ne connaissaient cela que trop bien.

Inquiet, il s'assit sur un rocher en bordure de sentier, pensif. Riza resta debout près de lui et lui tendit bientôt une gourde. Il la prit sans rien dire, la remerciant d'un regard. La pause ne dura pas longtemps. Ils étaient tous deux préoccupés.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent pour manger, ils étaient en plein cœur d'une immense forêt d'arbres géants. Encore une fois, la pause ne dura pas longtemps, juste le temps d'avaler un sandwich.

Le sentier était à moitié recouvert par les racines et ils devaient sans cesse faire attention pour ne pas trébucher. Ils se suivaient de près et plus d'une fois, l'un dut rattraper l'autre.

Le vent était inexistant dans la forêt et l'air humide. D'après leur carte faite main, il y avait des zones marécageuses non loin et c'était le repère de bons nombres d'animaux sauvages. Cette forêt était un tel dédale que peu osaient s'y aventurer. Le passage qu'ils empruntaient actuellement était le plus fréquenté, mais personne ne s'y enfonçait plus profondément. Ils entendaient les craquements des branches non loin d'eux et le frémissement des feuilles malgré l'absence de vent.

Ce n'est que trois bonnes heures plus tard qu'ils ressortirent de la forêt. Il restait deux cols à franchir avant d'arriver chez l'alchimiste. Ils commencèrent la longue ascension et le soleil descendait dans le ciel lorsqu'enfin, ils arrivèrent au passage du premier col.

L'étape annoncée par le maire se profila et au détour d'un chemin, ils tombèrent sur la cabane dont il avait parlé. Sans hésiter, ils se dirigèrent vers elle et vérifièrent sans un mot qu'elle était bien vide.

L'endroit était sombre et poussiéreux. Il y avait seulement une cheminée en pierres en face de l'entrée avec deux lits de chaque côté.

Chacun posa son sac sur un des lits et Riza sortit leur repas du soir.

« Avez-vous froid Lieutenant ? »

Elle nia. Elle portait encore son manteau et ils étaient bien équipés.

« Je ne vais pas allumer le feu alors, je ne voudrais pas que nous nous fassions repérer. »

Elle opina et lui tendit sa ration. Ils mangèrent en silence. Chacun d'eux devinait très bien ce que l'autre pensait. Ils étaient inquiets quant à la tournure des évènements. Les kidnappeurs avaient une longueur d'avance sur eux et ce n'était pas pour les rassurer.

« Personne n'a utilisé ce chalet depuis un moment », informa Riza devant le tapis de poussière qui recouvrait le sol.

Ils pouvaient voir leurs traces de pas dedans.

« Non, en effet. Mais ils ont pu passer par un autre chemin après tout.

- Celui-ci est le plus rapide d'après les villageois, nous les rattraperons peut-être. »

Elle tentait d'être positive et il lui sourit.

« Oui, vous avez raison. Inutile de nous inquiéter pour l'instant. Essayons plutôt de dormir. »

Il se laissa tomber sur le lit et toussa devant le nuage de poussière qui s'éleva. Riza ne put retenir un sourire devant son air surpris.

Finalement, ils décidèrent de secouer leurs draps et couvertures dehors. Lorsqu'ils revinrent, Roy s'allongea, les mains derrière la tête. Son regard fut vite attiré par des mouvements sur sa droite. Riza était en train de s'étirer consciencieusement. Elle ne voulait surtout pas avoir de courbatures le lendemain.

« Vous devriez faire pareil, Colonel », dit-elle après une longue expiration.

Il grommela quelque chose et ne bougea pas. Elle leva les yeux au ciel. Il pouvait être tellement immature parfois.

Après la journée qu'ils avaient eu, ils ne tardèrent pas à s'endormir. Riza avait le sommeil très léger et même si elle savait que peu de personnes s'aventuraient au milieu de la montagne au beau milieu de la nuit, elle se réveilla plusieurs fois. Elle entendait le vent souffler, la cabane craquer et la respiration apaisée de Roy. Tout allait bien et elle se rendormait aussitôt.

Le lendemain matin, elle fut la première debout et elle était déjà prête à partir quand Roy émergea enfin. Ce n'était pas faute d'avoir tenté de le faire sortir de son lit pourtant. Il grogna en se levant et s'assit difficilement.

Elle sourit, amusée, et lui tendit une tasse de café.

« Merci », grommela-t-il en la prenant.

Elle savait que sans sa première tasse de café, il était inefficace. Il but sans un mot et soupira longuement en reposant la tasse.

Riza la récupéra et referma le thermos. Il lui fallut une dizaine de minutes avant d'être prêts à repartir. Dehors un vent froid soufflait sur la montagne. Ils avancèrent rapidement et passèrent le second col dans la matinée. Ils avaient encore une forêt à traverser afin d'atteindre le chalet au pied d'une montagne.

Cependant, lorsqu'ils aperçurent la forêt, ils furent inquiets. Elle était immense et ils apercevaient à peine la montagne au loin. Or, le maire avait été catégorique. Ils ne rentraient pas dans la forêt s'ils n'étaient pas sûrs de la traverser avant la tombée de la nuit. Ils évaluèrent la situation, penchés sur la carte. Plusieurs options s'offraient à eux : soit ils entraient dans la forêt, soit ils faisaient demi-tour pour retourner au chalet passer la nuit, soit ils contournaient la forêt par le nord pour atteindre le prochain refuge. Cela leur ferait perdre une journée. Ils refusèrent de faire demi-tour et après discussion, s'enfoncèrent dans la forêt.

Une boussole à la main, Roy tenait le cap tandis que Riza guettait leurs arrières. Ils glissaient sur les racines des arbres et avaient l'étrange impression de tourner en rond. La forêt ne laissait pas passer les rayons du soleil et elle s'assombrit encore plus au moment du coucher du soleil. Ils ne devaient pas être loin du bout, mais ils étaient incapables de savoir combien de temps de marche il leur restait. La fatigue commençait à se faire ressentir et Roy jetait de plus en plus de regards vers Riza.

« Tout va bien ? finit-elle par demander.

- Oui, et vous ? »

Elle comprit qu'il s'inquiétait pour elle et lui sourit.

« Oui, tout va bien Colonel. Sortons de cette forêt. »

Il approuva, lui rendant son sourire, et ils se remirent en marche.

La nuit venait de tomber quand la forêt s'éclaircit et en quelques pas, ils se retrouvèrent dans une étendue d'herbes.

Soulagés, ils se sourirent. Le chalet ne devait plus être qu'à quelques kilomètres de là. Ils devaient longer la montagne vers le nord et normalement, ils tomberaient dessus.

Riza décréta qu'ils avaient besoin d'une pause et ils mangèrent leur repas du soir non loin de là. Puis, ils se remirent en route, motivés. Ils arriveraient bientôt chez Amane Djun, l'alchimiste contrôleur du temps.

C'était la conférence au sujet de ses recherches qui avaient provoqué les événements qui suivirent. Visiblement, ses résultats étaient impressionnants et ils faisaient des convoitises.

Revigorés, ils avancèrent rapidement et enfin, le chalet se profila au loin. Il était situé au milieu d'une plaine, au pied de la montagne. Un ruisseau la traversait et un grand jardin potager s'étendait à côté.

De la lumière filtrait par les fenêtres et ils furent prudents. Riza garda son beretta, prête à faire feu. Ils firent le tour de la maison avant de se décider à rentrer. Tout avait l'air tranquille, peut-être trop.

En effet, sitôt entrés, ils réalisèrent que quelque chose n'allait pas. D'abord, malgré la lumière allumée, l'endroit était désert. Ensuite, ils y avaient plusieurs signes de lutte dans la pièce. Ils comprirent rapidement que les kidnappeurs étaient certainement arrivés avant eux. Riza se dirigea vers une porte et entra prudemment. Elle sécurisa la pièce et tiqua.

Il y avait quelque chose d'étrange. Elle fut incapable d'identifier quoi, mais certains détails ne collaient pas. Fronçant les sourcils, elle revint dans le salon et fit le tour de la pièce. Soudain, Roy la rejoignit un morceau de tissu à la main. Il lui tendit et elle prit le bavoir sans comprendre. Ils relevèrent le regard en même temps et la panique les gagna. Ils avaient un enfant.

Riza serra les poings à cette pensée. Cependant, un détail lui revint. Elle retourna dans la chambre et l'inspecta. Elle finit par se pencher sous le lit et récupéra un sac caché.

« Qu'est-ce que vous avez trouvé Lieutenant ? questionna Roy derrière elle.

- Ce sont des affaires pour bébé. Si les kidnappeurs veulent utiliser sa famille comme moyen de pression, ils auraient dû prendre des affaires pour le bébé, non ? »

Roy fronça les sourcils et ils firent le tour du chalet. Le style était plutôt minimaliste hors les affaires du bébé étaient là. De plus, elles n'étaient pas forcément à portée de vue, mais dissimulées.

« Vous pensez... » demanda Roy sans oser finir.

Elle opina et ils reprirent leur recherche. Ils se concentrèrent sur la chambre et firent plusieurs fois le tour avant qu'ils ne repèrent une imperfection dans une latte du plancher.

« De l'alchimie... » souffla Roy, en posant ses mains dessus.

Des éclairs bleus illuminèrent la pièce et des pleurs se firent entendre. Riza s'agenouilla près de lui. Délicatement, elle récupéra le bébé dans ses bras. Cela semblait l'apaiser quelques secondes, mais il recommença bien vite à pleurer. Elle le berça doucement et releva la tête vers son Colonel.

« Je ne savais pas qu'ils avaient un enfant...

- Nous ne connaissons même pas le nom de sa femme, rappela Riza. Il doit tenir à son intimité.

- C'est loupé, grommela Roy. Ils ne sont pas partis il y a bien longtemps je pense. »

Ils se jetèrent un œil et leur regard coula vers le bébé. Qu'allaient-ils bien pouvoir faire de lui ? Roy soupira. Ils devaient se lancer à leur poursuite. Si ces hommes avaient enlevé Amane et sa femme, ils devaient certainement se servir d'elle comme moyen de pression. Néanmoins, ils ne pouvaient pas laisser le bébé ici seul. Cela, ils en avaient tous les deux conscience.

« Nous allons sécuriser la maison. Nous passerons la nuit ici et repartirons demain matin. Le maire a dit qu'ils se dirigeraient sûrement vers le village d'Omaï. Nous ferons ça. »

Riza opina sans un mot. Il ferma les volets et les portes, les scellant avec l'alchimie, tandis que Riza préparait de quoi nourrir le bébé.

Un silence se répandit dans la pièce lorsqu'enfin, elle put lui donner son biberon.

« Il s'appelle Ewen », informa le brun en revenant vers elle.

Le bébé rouvrit les yeux à l'attente de son prénom.

« Hey, souffla Riza. C'est nous qui allons prendre soin de toi Ewen. Nous allons retrouver tes parents. »

Le bébé ferma à nouveau les yeux, continuant de boire son biberon.

« L'avoir laissé comme ça est étrange, émit Roy.

- Ils pensaient peut-être qu'ils allaient le tuer, supposa Riza. Et puis, ils savaient que nous étions en chemin.

- C'est vrai... tout de même... »

Il soupira et caressa tendrement les cheveux noirs du bébé.

« Nous allons les retrouver », répéta Riza avec confiance.

Il sourit et se redressa.

« Oui, vous avez raison. Il y a une pièce d'eau et de quoi faire chauffer de l'eau. Si vous voulez vous rafraîchir Lieutenant, allez-y, je vais m'occuper d'Ewen.

- Merci. »

Elle lui passa délicatement le bébé et défit son sac. C'était l'occasion de faire un peu de lavage. Avec le feu dans la cheminée, les vêtements sécheraient assez vite.

« Ne vous embêtez pas Lieutenant, coupa Roy, devinant ses pensées. Je crois que nos hôtes involontaires sont beaucoup mieux équipés que nous. »

Riza fit le tour des placards, sortant les vêtements et équipements qui pourraient leur servir. En effet, ils n'avaient quasiment que des vêtements techniques. Ils n'eurent pas trop de soucis de taille et purent renouveler leurs affaires. Riza refit également le plein de réserve de nourriture et prépara des affaires pour le bébé. Emmener un bébé en randonnée à travers la montagne n'était pas le mieux, mais ils n'avaient pas trop le choix.

Lorsqu'ils se couchèrent cette nuit-là, ils eurent le réflexe de se tourner l'un vers l'autre. Il n'y avait qu'un lit dans la maison et ils avaient besoin de récupérer des forces, aussi ils n'avaient pas tergiversé et avaient décidé de dormir ensemble.

Roy avança sa main vers elle et rencontra la sienne. Elle noua ses doigts aux siens et ferma les yeux. Tout se passerait bien.

À l'aube, ils étaient réveillés. Ils prirent un bon petit déjeuner et Riza chargea son sac sur son dos. Ils avaient juste un sac pour deux à présent, Roy portant Ewen dans une espèce de sac à dos fait maison. Il réalisa bien vite qu'il était très bien conçu et très confortable. De plus, Ewen semblait habitué à ce mode de transport puisqu'il ne broncha pas une seule seconde.

Il attrapa le sac du bébé et Riza le cala sous Ewen à un emplacement apparemment prévu pour cela.

« Nous y allons ?

- Oui », confirma Riza.

Roy inversa son alchimie, libérant le passage et ils sortirent prudemment. La carte dans les mains de Riza, la boussole dans celles de Roy, ils se tournèrent vers la montagne et empruntèrent le chemin qui serpentait jusqu'au sommet.

Régulièrement, Riza venait vérifier qu'Ewen allait bien. Le bébé était bien emmitouflé et avait fini par s'endormir sur le dos de Roy. Elle sourit tendrement et rassura son Colonel.

Ils firent une pause vers midi, quand le petit, qui venait de se réveiller, commença à pleurer. Riza sortit un pot de purée. Le bébé ne se fit pas prier. Assis entre les jambes de Riza, il ouvrit grand la bouche à chaque fois qu'elle avançait la cuillère.

Ils s'étaient arrêtés à l'abri du vent et ils virent le ciel s'assombrir de minutes en minutes. Roy prépara rapidement à manger pour eux et Riza changea le bébé avant de le rejoindre.

« Que faisons-nous ? questionna Riza, inquiète pour le temps et le bébé.

- Nous ne pouvons pas rester là de toutes façons, décréta Roy. Avançons un peu plus haut voir si nous ne pouvons pas trouver un abri. »

Elle opina et ils reprirent la marche. Bercé, Ewen gazouilla un moment avant de finir par s'endormir. Riza proposa à Roy de le porter mais il la rassura. Le bébé n'était pas si lourd et tant que cela lui allait de porter le sac à dos, ils continuaient ainsi.

Le temps resta relativement stable. Il s'assombrit lentement d'heures en heures et ils longeaient la crête de la montagne quand ils sentirent les premières gouttes. Riza tendit une sorte de bâche au-dessus d'Ewen. Ils poursuivirent leur marche alors que le bébé bafouillait des exclamations joyeuses. Heureusement il ne pleurait pas beaucoup et était très agréable à vivre pour l'instant.

Lorsque la nuit tomba, ils s'arrêtèrent à l'entrée d'une grotte et purent ainsi se mettre à l'abri. Ils étaient trempés et Riza récupéra aussitôt Ewen. Lui avait été assez protégé. Il sourit dans ses bras et attendrie, elle embrassa son crâne.

« Tu es un amour toi, souffla-t-elle. On va te faire prendre ton bain. »

Elle releva la tête vers Roy et il opina. Avec l'alchimie, il pouvait faire quelque chose. Il transmuta un saut et le remplit à la rivière non loin. Posant une main sur la roche, il créa une sorte de marmite et transvasa l'eau dedans. Puis, il alluma un feu en-dessous. Pendant ce temps, Riza avait sorti de quoi nourrir le bébé. Il finissait son petit pot quand Roy estima que l'eau était à température. Riza prépara des vêtements et une serviette propres. Elle sortit le savon et retira sa veste. Elle réalisa à cet instant qu'ils portaient toujours leurs vêtements humides.

« Retirez votre manteau Colonel, nous allons attraper froid ainsi. »

Il obtempéra et enleva son pull humide également. Son tee-shirt technique emprunté à Amane était sec heureusement. Il récupéra Ewen d'autorité, la laissant faire de même. Elle enleva son bonnet et détacha ses cheveux humides. Puis, elle enleva son pull également. Ils les étendirent juste au-dessus du feu. La marmite étant très chaude, Roy en avait créé une autre plus longue et surtout moins brûlante. Riza déshabilla Ewen et avant qu'il ne puisse se plaindre, l'immergea dans l'eau chaude. Il leva de grands yeux surpris vers elle et la jeune femme lui sourit.

« Tout va bien, fit-elle d'une voix douce en le promenant dans l'eau, une main dans son dos. Tout va bien Ewen. Tu prends ton bain pour être tout propre. »

Sa voix parut le rassurer et il recommença à gazouiller. Roy était assis à côté d'eux, les observant, attendri par cette scène.

Riza continua de parler au bébé, un grand sourire sur le visage. Roy ne pouvait la quitter des yeux. Elle finit par relever la tête vers lui.

« Vous pouvez prendre la serviette et je vous le donne ? »

Il opina et récupéra la serviette ainsi que le bébé. Elle l'enveloppa tout de suite et l'essuya doucement. Elle le créma et le rhabilla rapidement pour ne pas qu'il prenne froid.

« On dirait que vous avez fait ça toute votre vie... souffla Roy subjugué.

- Vous ne vous souvenez pas ? Je gardais souvent les enfants des voisins lorsque j'étais adolescente. Stuart avait juste six mois quand j'ai commencé.

- Je comprends mieux alors. C'est une chance Lieutenant.

- Ça c'est sûr », sourit-elle en portant Ewen à son visage pour l'embrasser.

Il gazouilla un peu plus, les faisant rire et Riza le garda contre elle tandis que Roy sortait de quoi manger. Après ça, ils se relayèrent pour faire une toilette sommaire avec l'eau chaude restante. L'un s'occupait du bébé, pendant que l'autre se lavait et vis versa.

Ils ne tardèrent pas à se coucher et Riza plaça le bébé entre eux. Il était bien couvert et leurs corps le protégeaient du vent qui pouvait s'immiscer dans la grotte.

« Tout va bien ? demanda Roy. Vous n'avez pas froid ?

- Non, souffla-t-elle emmitouflée dans son sac de couchage. Et vous ? »

Il nia et lui sourit. Puis leur regard se posa sur le bébé endormi.

« Nous redescendons dans la forêt demain, il fera meilleur. »

Elle approuva et un silence apaisé se fit. Ils ne dormirent que par intermittence cette nuit-là. À l'aube, ils se levèrent et repartirent après un rapide petit-déjeuner. Ewen dormait toujours. Ils firent une pause au milieu de la descente pour le nourrir et à midi, ils pénétraient dans une sombre forêt. Comme la précédente, il était très dur de se repérer à l'intérieur et mine de rien, ils commençaient à fatiguer. De plus, ils avançaient beaucoup moins vite avec Ewen.

Le bébé ne se plaignaient pas et ils se doutaient qu'il devait être habitué à crapahuter avec ses parents.

Ils ne restèrent jamais loin de l'orée de la forêt pour ne pas s'y perdre. Le soir venu, ils s'installèrent aux abords de la forêt et Roy tergiversa un moment avant d'allumer un feu. Cela les faisait repérer aussitôt mais d'un autre côté, le bébé avait besoin d'un bon bain. Il faisait moins froid ici mais ils ne disaient pas non à un peu d'eau chaude.

« Vous voulez le baigner ? questionna Riza en déshabillant Ewen.

- Vous restez près de moi ? »

Elle pouffa et acquiesça.

« Je suis toujours près de vous », assura-t-elle.

Il lui rendit son sourire. Il refit exactement les mêmes mouvements qu'elle la veille et Riza n'intervint que très peu.

« Vous êtes bon élève, taquina-t-elle en le voyant s'appliquer.

- Vous en doutiez ? rétorqua Roy avec un sourire espiègle.

- Non, mon père ne vous aurait pas gardé si cela n'avait pas été le cas.

- En effet », approuva le brun en lui tendant le bébé.

Elle l'enveloppa dans la serviette avant de lui redonner. Il l'essuya rapidement, le créma et l'habilla chaudement. Roy releva la tête vers elle, très fier. Cela la fit rire et elle récupéra Ewen, embrassant son front.

« Ça c'est un bébé tout propre », sourit-elle, attendrie.

Il gazouilla et remua les jambes.

« Quel âge a-t-il ? demanda Roy.

- Peut-être huit mois, émit Riza. Il est très éveillé je trouve mais je pense que ses parents l'emmènent partout avec eux, c'est normal. Il connait la vie en montagne. »

Elle le ramena contre elle, caressant son dos, et le bébé se calma un peu.

« Je vous laisse l'eau chaude d'abord, j'étais la première hier. »

Mustang fit mine de refuser mais il finit par accepter devant son regard. Pendant qu'il faisait une toilette rapide, elle était tournée de l'autre côté et préparait à manger, Ewen lové dans ses bras. Il était retenu par une ample écharpe ce qui lui laissait les mains libres.

Lorsque Roy revint, ils purent manger et après ça, ce fut Riza qui fit sa toilette. Elle en profita pour laver quelques affaires. Ils faisaient meilleur ici donc elle avait espoir qu'elles sèchent rapidement.

Le lendemain matin, une brume épaisse recouvrait la forêt et il régnait une drôle d'ambiance. Ils parvenaient à peine à distinguer les arbres. Ils s'y enfoncèrent cette fois afin de la traverser et furent stupéfaits du calme ambiant. Il n'y avait pas de bruits d'animaux, pas de vents, rien. Ils n'entendaient pas leurs pas sur le sol. Même Ewen était étrangement calme.

Riza sursauta soudain en percevant une présence. Il y avait quelqu'un ou quelque chose près d'eux, très prés. Son cœur cogna dans sa poitrine et elle sortit son arme. Elle voulut se retourner mais en fut incapable. Roy continuait d'avancer sans percevoir son malaise. C'était étrange, trop...

Un souffle chaud frôla sa nuque et une main se posa sur son épaule. Elle put se retourner et tomba nez à nez avec un immense loup blanc. Son corps refusa de bouger et la main insista un peu plus.

« ...za ! Riza ! »

Elle se redressa en sursaut et tomba sur Mustang, agenouillé devant elle.

« Vous faisiez un cauchemar. »

Essoufflée, elle se tourna vers la forêt et constata qu'il n'y avait pas de brume. Elle entendait les animaux, sentait le vent sur ses joues.

« J'ai fait un drôle de rêve... vraiment étrange. »

Il opina.

« Voulez-vous m'en parler ? »

Elle porta une main à son visage. Cela valait-il la peine ?

« Dans la forêt, nous nous sommes retrouvés face à face avec un immense loup blanc. Il faisait au moins ma taille. L'atmosphère était très étrange aussi... »

Il se tut et elle secoua la tête.

« Ce n'était qu'un rêve. Nous devrions repartir. »

Il approuva et ils se préparèrent silencieusement pour ne pas réveiller Ewen. Lorsque le bébé émergea, ils traversaient la forêt. Riza ne se sentait pas menacée comme dans son rêve et finit par l'oublier.

En chemin, ils furent surpris de repérer des ruines.

« Il y avait un village ici, nota Roy.

- En plein cœur de la forêt ? » s'enquit Riza.

Il haussa les épaules et curieux, ils s'y aventurèrent. La végétation recouvrait les ruines et Roy fut stupéfait de tomber sur une date.

« Lieutenant ? » appela-t-il.

Elle le rejoignit et se posta près de lui.

« 1910, lut-elle. Ça ne fait que quelques années...

- C'est la date de construction de la maison alors imaginez... Qu'est-ce qui a pu pousser ces gens à partir aussi rapidement.

- Ne restons pas là », souffla alors Riza.

Il croisa son regard et opina. Ils reprirent leur route et parvinrent de l'autre côté de la forêt le soir venu.

« Tiens, ça ne correspond pas totalement à la carte, nota Riza. Nous avons dû nous égarer un peu.

- Dormons ici, nous retrouverons notre chemin demain matin. »

Ils établirent leur campement et baignèrent Ewen comme chaque soir.

Alors que Riza s'asseyait sur son duvet, Roy se tourna vers elle. Elle l'interrogea du regard et lui sourit doucement.

« Qu'y-a-t-il Colonel ? questionna-t-elle en tressant ses cheveux.

- Je me disais juste que quitte à errer dans cette montagne, j'étais content que ce soit avec vous. »

Elle pouffa et secoua la tête.

« Ne vous y habituez pas trop. Plus vite nous aurons retrouvé Amane et sa femme, mieux se sera, dit-elle en jetant un regard tendre à Ewen. Ce bébé a besoin de ses parents », ajouta-t-elle en s'allongeant.

Roy sourit en la voyant poser une main sur le ventre d'Ewen. Il voyait bien qu'elle s'attachait à lui. Elle croisa son regard et devina ses pensées. Il avait raison sur ce point.

« Nous les retrouverons », assura Roy en posant sa main sur la sienne.

Elle lui sourit et ferma les yeux.


Voilà pour ce premier chapitre. J'espère qu'il vous a plu. La suite le week-end prochain !