Cette fic est une réponse au "défi humour" de Miss MPREG. Après lui avoir demandé si c'était possible, je l'ai toutefois adapté à ma sauce, à savoir que : cette fic se passe dans le monde de FF7 (Époque Crisis Core), que la pièce que les personnages vont devoir jouer s'inspire du conte des frères Grimm et non pas du film de Disney (Même si j'en conserve un ou deux éléments) et enfin que même si elle est en grande partie humoristique, mon cerveau est du genre à se dire : ok pour le crack, mais alors faut le traiter sérieusement ! Donc, vous aurez des moments drôles, d'autres moins drôles, tout ça, tout ça ET la pièce ne débutera pas avant le 4ème chapitre. (Parce qu'en plus du reste, j'aime prendre mon temps. :p)
Actuellement, j'en suis au 6ème chapitre et celle-ci devrait faire entre 12 et 15 chapitres au total. (Tout dépendra de si ces idiots se décident enfin à se tenir tranquilles ou non.)
Il y aura bien entendu du Angeal/Sephiroth et j'ai rajouté en bonus du Zack/Kunsel - qui n'était pas du tout prévu de base, mais qui est venu me tourner autours au fur et à mesure que je travaillais sur le plan de cette fic.
Voilà, voilà ! x)
1
— Vous pouvez répéter ?
Les trois Premières classes font face au bureau de Lazard qui, les mains croisées sur celui-ci, arbore un air des plus sérieux quand il s'exécute :
— Le Département du SOLDAT a été choisi pour jouer une pièce de théâtre à l'occasion de l'anniversaire du vice-président.
Un silence dans la pièce. Un silence lourd, pendant lequel ses trois meilleurs éléments se demandent si on n'est pas en train de se payer leur tête. Puis Angeal se racle la gorge et, croisant les bras, questionne :
— Permission de refuser ?
— Le vice-président a obtenu l'accord du président. Il est d'ailleurs prévu qu'il y assiste lui aussi et je ne crois pas qu'il appréciera que vous lui fassiez faux-bond.
— Ah !
— Le SOLDAT n'est pas seulement constitué de nous trois, rappelle Sephiroth. Je ne vois donc pas pourquoi…
— Il tient à ce que vous ayez les premiers rôles, le coupe Lazard, dont l'expression ne s'est toujours pas dégradée d'un iota.
Et comme Sephiroth ouvre de nouveau la bouche pour faire valoir son point, il ajoute :
— Tous les trois.
Puis son regard se porte en direction de Genesis et il s'étonne que celui-ci n'ait pas encore explosé. Un doigt porté à ses lèvres, il semble songeur, comme si cette idée, finalement, ne lui déplaisait pas. Ce dont il se sent plutôt soulagé. Des trois, il est celui dont il craignait le plus la réaction.
— Mais pourquoi nous ? questionne Angeal, chez qui la pilule a beaucoup de mal à passer.
Lazard a un geste vague de la main.
— Les caprices des puissants… vous savez ce que c'est.
Et si sa réponse ne fait ni plaisir à Angeal, ni même à Sephiroth, tous deux semblent toutefois se résigner à leur sort.
Repoussant ses lunettes sur le haut de son nez, Lazard – dont l'expression continue d'être la gravité même et ce malgré la tempête qui se joue à l'intérieur de lui – devine qu'ils l'écharperaient s'ils connaissaient la vérité. Il savait que parier avec Rufus était une mauvaise idée, une très mauvaise idée, mais le jeune homme l'a vraiment poussé à bout, sur ce coup. Qui plus est, l'idée que ce soit plutôt ses Turks qui auraient à se donner en spectacle pour son anniversaire lui avait fait oublier toute prudence. Enfin, ça lui servira de leçon pour la prochaine fois.
D'autant que je suis certain qu'il a triché. C'est humainement impossible de boire autant et de tenir encore debout.
Parce qu'en ce qui le concerne, il avait déjà roulé sous la table depuis longtemps, ce qui en faisait l'un des moments les moins glorieux de sa vie.
Oui, j'aurais dû me méfier. Il y a des années qu'il ne s'était pas donné la peine de venir jusqu'à mon bureau.
Surtout pour l'entretenir de quelque chose qui sortait complètement du cadre de son Département. Et pour ne rien arranger à sa blessure d'ego, il se découvre facilement manipulable par ce sale gosse qui semble savoir où appuyer pour l'obliger à prendre des décisions stupides.
Je suis sûr qu'il a quelque chose derrière la tête. M'humilier, c'est certain, mais il y a forcément quelque chose d'autre.
Le problème étant qu'il ne voit pas de quoi il peut s'agir et que ça l'énerve autant que ça l'angoisse. Enfin, ce n'est pas comme s'il pouvait reculer. Surtout pas après qu'il ait accepté de signer ce stupide papier stipulant que lui, Lazard, devrait donner sa démission si l'idée lui venait d'annuler la représentation en question.
Comme si j'allais accepter ça !
Rufus a d'ailleurs lui aussi signé le même papier – dont ils possèdent à présent tous deux un exemplaire –, mais dans son cas, c'est à son poste de vice-président qu'il aurait dû renoncer s'il avait refusé d'humilier ses Turks. Ce qui, bien sûr, aurait dû allumer chez lui toutes les sirènes d'alarme possibles et inimaginables, mais il était à ce point énervé contre son demi-frère qu'il avait négligé le caractère plus que suspect de la chose.
Il ne signerait jamais un papier comme celui-ci s'il n'était pas certain de s'en sortir vainqueur. Quel imbécile ! Comme si je ne le connaissais pas suffisamment !
Et comme s'il était lui-même un novice en matière de manipulations.
— Quand vous dites que nous aurons les premiers rôles, commence Genesis, qui se décide enfin à prendre la parole. Avez-vous déjà décidé à qui reviendra celui du héros ?
Redescendant sur terre, Lazard met plusieurs secondes à comprendre la question. Et c'est avec un haussement d'épaules qu'il avoue :
— Pas encore, mais je pense plutôt laisser le hasard en décider.
Ce qui semble désoler Genesis.
— Vraiment, directeur ? Vous ne me donnez pas tellement l'impression d'être très investi.
— Et toi j'ai l'impression que tu as décidé de t'y investir un peu trop, lui fait savoir Angeal, qui connaît bien la lueur qu'il peut voir briller dans le regard de son ami d'enfance. Ça te plaît tant que ça de te ridiculiser devant le président et son fils ?
— Oh, allons Angeal ! Pour ceux qui n'ont pas le talent des grands acteurs, ce sera forcément un moment difficile à passer, mais en ce qui me concerne, je compte bien les époustoufler. (Puis, redressant le dos et l'air de ceux qui sont déjà certains de leur triomphe, il ajoute :) Par ailleurs, directeur, si vous n'avez encore rien décidé à propos de la pièce que nous jouerons, je peux vous proposer une interprétation personnelle de Loveless avec laquelle je peux vous assurer que…
— Merci, le coupe Lazard. Mais c'est déjà décidé.
Angeal et Sephiroth poussent un soupir de soulagement discret, avant de voir leurs expressions se détériorer de nouveau comme Lazard, au terme de quelques secondes d'un silence presque dramatique, avoue :
— Nous jouerons Raiponce.
Un nouveau silence s'abat sur la pièce, au cours duquel chacun a le temps de rassembler les quelques souvenirs qu'il a du conte en question. Pour Angeal et Sephiroth ça se résume à très peu de choses en dehors de l'image d'une femme aux longs cheveux prisonnière d'une tour, mais Genesis, déjà plus féru de littérature, s'exclame :
— Mais il y a deux rôles féminins dans les principaux !
— Et nous sommes trois hommes, grogne Angeal. De mieux en mieux.
Les sourcils froncés et l'expression de ceux qui ne sont pas certains de leurs connaissances du sujet, Sephiroth questionne :
— L'héroïne… et la sorcière, c'est bien ça ?
— Je ne vais certainement pas jouer un rôle féminin ! s'agace Genesis, que l'idée ne semble plus autant enthousiasmer. Soyons clairs, je serais incroyable, mais il ne me sera pas possible d'exprimer mon plein potentiel si je dois…
— Navré, messieurs, mais j'ai peur que vous n'ayez pas le choix. Le président…
— Je vous en ficherais, moi, du président ! Si vous ne me donnez pas le rôle du prince, alors vous pouvez m'oublier !
— Et pourquoi est-ce que ce serait toi qui aurais le rôle du prince ? s'enquiert Angeal.
Et à Genesis de lui décocher un regard éloquent.
— Parce que je suis son meilleur acteur. Et puisque vous allez de toute façon vous ridiculiser, un peu plus, un peu moins, ce n'est pas très important.
— Mais biens sûr. (Se tournant vers Lazard, Angeal dit :) Directeur, je veux jouer le prince !
Un reniflement méprisant échappe à Genesis.
— Qu'est-ce que tu peux être gamin par moments, 'geal !
— Et c'est toi qui me dis ça ?
— Tu sais très bien que ce rôle m'irait comme un gant, mais toi, forcément, il faut que tu nous fasses un caprice !
Angeal ouvre et referme la bouche, d'abord trop outré pour répondre. Puis, se forçant à prendre sur lui – bien conscient du spectacle déplorable qu'ils offrent et ne voulant pas en rajouter une couche en s'énervant pour de bon – il questionne :
— D'accord. En dehors du jeu d'acteur, donne-moi une seule bonne raison qui justifierait que tu l'obtiennes ?
L'air très sûr de lui, Genesis vient se plaquer une main à l'emplacement de son cœur.
— Je suis beaucoup plus beau !
— Pardon ?!
— Messieurs, comme je vous l'ai dit, tente d'intervenir Lazard. Ce sera le hasard qui…
— Et un prince qui ne fait pas rêver, le coupe Genesis sans faire attention à lui. Excuse-moi, mais ça n'est pas vendeur !
— Un prince, c'est quelqu'un de droit et d'honorable, lui répond Angeal.
— Trouve autre chose, Angeal.
— D'accord : je suis beaucoup plus musclé !
Et à Genesis de soupirer et de lever les yeux au ciel.
— Les muscles ne font pas tout, tu sais ?
— Et la beauté physique non plus !
— Oh la la, et bientôt, tu vas commencer à me parler de la beauté du cœur et…
— Mais est-ce qu'un prince n'est pas avant tout un héros ? intervient doucement Sephiroth. Et puisque je suis un héros…
— Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! explose Genesis.
Angeal soupire et peut entendre Lazard en faire de même de son côté. Le regard des deux hommes se croise, rendant le premier honteux de son comportement. D'accord, la situation n'a rien d'agréable et Genesis est – comme à son habitude – insupportable, mais ce n'est aider personne que de se montrer aussi gamin que lui. Se reprenant donc, il se racle la gorge et dit :
— Puisqu'il est impossible de nous départager, je crois que le directeur a raison : laissons le hasard en décider.
Ce qui a au moins le mérite de ramener le silence dans la pièce – Genesis le fixant comme s'il était fou à lier, tandis que Sephiroth se contente de hausser les épaules. Lazard lève les mains au ciel, comme pour remercier quelques divinités de bien avoir voulu ramener la paix dans son bureau.
— Je sais que la situation est compliquée, leur dit-il en sortant un petit sac en toile d'une de ses poches. Et croyez bien qu'elle l'est autant pour moi qu'elle l'est pour vous, mais…
— Parce que vous allez jouer vous aussi, bien sûr, le coupe Genesis, en croisant les bras.
Et à Lazard de lui faire un petit sourire navré.
— Tu sais bien que je ne suis pas un militaire. Les combats en première ligne ne sont pas pour moi. (Et avant que Genesis ne puisse s'insurger contre son esquive, il ouvre le petit sac et le pose sur son bureau.) Ne vous inquiétez pas, j'ai obtenu que la représentation se fasse uniquement devant un cercle d'intimes. En dehors du président et de son fils, il n'y aura que quelques membres de leur famille.
Ce qui est loin de réjouir ses interlocuteurs, mais ceux-ci commencent à se faire à l'idée qu'ils n'ont pas le choix. Même Genesis semble s'être résigné à son sort et c'est d'ailleurs lui le premier qui se dirige vers le sac, pour y piocher l'un des trois papiers qui s'y trouvent pliés. Il le garde toutefois dans sa main, préfère attendre que ses amis l'aient imité avant de s'y intéresser. Puis, prenant une inspiration, il dit :
— À trois, d'accord ?
Et à ses deux amis d'approuver d'un hochement de tête.
— Un… deux…
La seconde d'après, c'est d'un même mouvement qu'ils déplient leur bout de papier. Genesis s'étrangle aussitôt, tandis que Sephiroth donne l'impression qu'il va tomber en dépression. Seul Angeal se pare d'un sourire rayonnant, de celui que l'on arbore quand la vie, enfin, daigne vous récompenser pour toutes les vacheries qu'elle vous a fait subir jusqu'ici.
— La sorcière ?! s'insurge Genesis. Est-ce que j'ai une tête à jouer la sorcière ?
— Tu aurais préféré Raiponce, peut-être ? questionne Sephiroth en lui tendant son papier, visiblement désireux d'échanger son rôle contre le sien.
Genesis hésite. Raiponce est certes un rôle féminin, mais ça n'en reste pas moins l'héroïne. Il lui semble donc que ce serait plus prestigieux de l'incarner elle, plutôt qu'une vieille mégère radine et kidnappeuse d'enfant. Néanmoins, quand son regard se porte sur Angeal et qu'il découvre l'expression de celui-ci, il décide plutôt d'être beau joueur et de profiter de l'occasion pour filer un coup de pouce à son ami d'enfance – même si celui-ci vient de le poignarder dans le dos en obtenant le rôle qu'il convoitait.
— Non, c'est bon. Garde ta Raiponce. Le sort a décidé de me lancer un défi et croyez-moi, je suis prêt à le relever : ma prestation sera grandiose, vous verrez ! (Puis, avec un sourire malin, il se penche vers Sephiroth et lui dit :) D'ailleurs, j'espère que tu es prêt pour ce qui t'attend. Le prince est censé tirer la princesse de son sommeil par un baiser dans cette histoire !
Sephiroth arque un sourcil, tandis qu'Angeal, qui redescend brusquement de son petit nuage, sent ses oreilles le chauffer d'un coup. Lazard rectifie :
— Je crois que tu confonds avec la Belle au bois dormant, Genesis.
L'expression de Genesis se fait encore plus maligne, presque narquoise, quand il répond :
— Oh, mais je sais bien. (Et, adressant un regard en coin appuyé à Angeal, il ajoute :) Moi !
Son ami le fusille aussitôt du regard. Sephiroth, lui, semble plutôt soulagé de la nouvelle et c'est après avoir adressé un dernier regard au bout de papier où s'exhibe le nom de « Raiponce » qu'il questionne :
— Combien de temps avons-nous pour nous préparer ?
Accoudé à son bureau, Lazard a croisé les mains devant son menton. Un petit tic nerveux vient faire tressauter l'un de ses sourcils.
— Une semaine.
— Vous vous foutez de nous ?!
De nouveau ulcéré, Genesis a le rouge de l'indignation aux joues.
— Une semaine pour répéter ? fait Sephiroth, qui espère avoir mal entendu.
Malheureusement pour lui – comme pour les deux autres –, Lazard n'est pas là aujourd'hui pour leur apporter de bonnes nouvelles.
— Une semaine pour répéter, construire le décor et confectionner les costumes.
Et comme les trois SOLDATs ne répondent rien, semblent, pour l'un, se retenir de l'étrangler, tandis que l'expression des deux autres s'assombrit, il redresse sa position et ajoute :
— J'ai peur, messieurs, qu'il ne nous faille mettre les bouchées doubles…
