Chapitre 14 : Rotten to the core
Ça me plaît terriblement que B. soit le mâle Alpha par excellence !... J'avoue, l'idée me grise. Et flatte également mon orgueil : je suis la femelle Alpha, dans ce cas. Celle qui est parvenue à retenir ses faveurs.
Sa paume sur ma fesse dans les files d'attente, sirotant un soda de l'autre.
Le regard envieux des autres femelles...
Mâle Alpha, lui, s'en cogne comme de son premier coït.
A la Wammy's, on surnommait B. "Corvus". A cause de ses cheveux et parce qu'il appréciait se vêtir de noir.
B. disposait de deux territoires de prédilection : la vaste paillasse sous l'escalier central en intérieur, le chêne centenaire en extérieur.
Lorsqu'il s'y trouvait, gare au premier qui osait pénétrer le périmètre !... Et la règle valait aussi bien pour les pensionnaire que pour les éducateurs.
Le lieu était à fuir de toute urgence lorsqu'il l'occupait.
B. était souvent allongé sous la paillasse, casque musical sur les oreilles.
Il a fallu des mois pour que je sois autorisée à l'y retrouver, la nuit.
On y a même fait l'amour plusieurs fois.
C'était terriblement excitant de se laisser aller lorsque le gardien assigné la nuit s'éloignait de l'endroit et se retenir au moment où il se trouvait dans les parages !... Souvent, B. appliquait son index sur mes lèvres, venant le dévorer, lèvres comprises, l'instant d'après, une fois le "danger" écarté.
Je me souviens la fois où cet imbécile heureux de S. - Seth - a instigué une descente dans le périmètre territorial de B. Il s'était adjoint l'aide de quelques camarades, fanfaronnant, se vantant de l'exploit avant même d'y avoir procédé !...
Ils avaient convenu de profiter d'une pause pour s'y risquer, pensant l'endroit désert...
C'est là que B. a surgi, lèvres retroussées, poussé à quatre pattes, les troussant comme le ferait le meilleur chien des enfers !... Le groupe de quatre filait, coursé par un B. grognant de rage, se déplaçant aussi rapidement qu'eux voire davantage, avec une dextérité peu commune, négociant les virages sans même chasser du train !...
L'un d'eux eut tant la trouille qu'il se fit dessus !...
Et en prime, ils écopèrent d'une sanction car ils avaient été jugés responsables d'avoir ennuyé un camarade.
"Tu leur as foutu une trouille bleue !..." riais-je, blottie contre l'animal en question.
"C'était le but, Girl !..." se marrant. "Si je ne défends pas mes espaces, ils finiront par me marcher dessus !..."
J'ignore de quelle manière le bruit s'est mis à courir dans les couloirs... car nous étions, malgré tout, aussi discrets que précautionneux, ne nous affichant jamais en public.
Quoi qu'il en soit, ce matin-là, j'ai pu percevoir certains regards, des murmures...
Ça a fini par se savoir, d'être même de notoriété.
Dès que le bruit a enflé, B. a été convoqué en haut lieu plusieurs fois.
Mais ils manquaient de preuves. Et s'ils espéraient en disposer, B. les démontait dans les règles de l'art.
B. connaissait les ficelles subtiles de la manipulation et n'hésitait pas à exercer le chantage sur éducateurs/pions.
Watari lui-même eut droit à plusieurs doigts d'honneur et même une bonne main au paquet de la part de B. !...
Plus l'autorité était élevée, plus B. se permettait des gestes irrévérencieux !... Le menu fretin ne lui était pas digne d'intérêt.
"Quel démon..." soupirait le grand fondateur tandis que L. examinait la dernière copie de Backup.
"Hmm... ses résultats sont en hausse, Watari. Quel fabuleux cerveau, vraiment..." admiratif, ayant presque envie d'aller s'y frotter, long frisson déplacé lui remontant l'échine.
"B. finira par nous jouer de vilains tours, L. Je crains que jamais il n'accepte le rôle que nous lui avons assigné." se laissant tomber dans son fauteuil avec une certaine lassitude.
L. leva la copie qu'il tenait au bout du pouce et de l'index. "Celui d'être ma copie ? Non, probablement jamais."
Leur conversation de la veille revient à l'esprit du détective. B. lui avait clairement signifié que son cerveau était englué de sirop de glucose... Et que lui, B., n'était affamé que de sexe et de fraises.
"Que comptes-tu offrir pour stimuler mon appétit, L. ?..."
"B., ne gâche pas ainsi les attentes que nous plaçons en toi. S'il te plaît."
"Je ne serais jamais la puce savante de Watari, L."
Le détective pencha la tête sur le côté, mains ramenées sur ses genoux repliés. "Est-ce ainsi que tu me vois ?..."
Il ouvrit un paquet de fraises tagada, y puisant généreusement. "Jusqu'à preuve du contraire, tu reproduis avec une fidélité exemplaire les numéros appris. Alors oui, B., tu es bien la puce savante de Wat'." sur un ricanement mesquin.
"N'as-tu jamais eu envie de servir la justice, B. ?..."
"Quelle justice ? La tienne ou celle de Wat' ?"
"Je puis t'assurer que nos visions à ce propos sont absolument similaires, B."
"Ecoute-moi bien, L. : je ne suis le remplaçant de personne, ni même la copie, pigé ? J'en ai rien à foutre de vos petits arrangements de mes deux."
B. ouvre un œil alors que la clé tourne dans la serrure. Il consulte brièvement l'heure. 2 h 43. Putain... Girl...
Je me déleste de l'essentiel dans le séjour ouvert sur la cuisine, enfilant une tenue légère avant de me diriger jusqu'à la chambre.
Là, je laisse mon regard s'accoutumer à la pénombre ambiante avant de me glisser sous la couette, me serrant contre son corps.
"T'as... des heures d'arrivée pas possibles, Girl..."
Collée à son dos, main caressant son torse remarquablement bâti, tête entre ses omoplates, je me laisse bercer par sa respiration lente.
Je sais pertinemment qu'il revient d'un long courrier et qu'il doit être prodigieusement décalqué.
Dans quelques jours, ce sera son anniversaire... je voulais être présente.
J'apprécie la chaleur que dégage son corps.
"Tu choisis mal... ton moment..."
"Je sais."
Il passe cependant la main en arrière, caressant ma cuisse à l'aveugle. "Quoi que... je pourrai bien être foutu de la lever..." sur un sourire audible.
Je dégage une partie de la tignasse épaisse, me frayant un chemin jusqu'à l'oreille. "Je n'en doute pas une seule seconde..."
"A condition, bien sûr, que tu me stimules bien..."
Je descends la main jusqu'au sexe, allant le saluer sur le bas de pyjama. Il en geint direct.
"Comme ça ?..."
"C'est... pas mal... pour un début..." se laissant cajoler, se dressant à mesure qu'il connecte ses pensées sur des thèmes érotiques.
J'égratigne des dents le cartilage de son oreille, m'emparant du membre érigé à travers le tissu fin.
Il finit par se tourner sur le dos, s'offrant en totalité à mes caresses et attentions.
Je glisse une jambe entre les siennes, continuant à l'attiser, d'une pleine paume à présent.
Je câline son cou, m'offrant là les baisers qu'il me refuse.
Il glisse plusieurs doigts dans la raie de mes fesses. J'en ai le souffle coupé.
Il capte la moindre variation en moi.
Puis il entreprend de me caresser et ce qu'il découvre achève de l'exciter. Il caresse, appelant d'autant plus d'humidité. Je dodeline de la tête, vouée à lui, l'appelant par sa lettre initiale.
"Girl, Girl, Girl..." s'en pinçant la lèvre, flatté de ce qu'il est capable de déclencher chez moi.
L'effet se répercute vitesse grand V sur lui et je passe sous le large élastique pour l'empoigner.
"Giiiiirl !..." souffle littéralement coupé, s'érigeant d'autant plus.
Son corps entier semble s'enflammer et les sensations lui deviennent aiguës.
"Putain... oh putaiiiiin... Girl..."
Ça, c'est le signe oral tangible que l'excitation grimpe.
Il se cambre et se tend sur le matelas.
Je n'en mène pas plus large et il se débarrasse fissa de ce qui l'entrave, jetant le bas de pyjama dans un coin de la pièce.
Puis il vient me chevaucher, belle prune suintante venant chercher entre mes cuisses, fouillant, massant, s'y comprimant.
Nous ne sommes plus que plaisir lancinant, bouches ouvertes sur des sons qui ne laissent aucun doute quant à notre degré d'excitation.
Il me laisse le chevaucher de bonne grâce, respiration folle, donnant dans des rauques qui roulent dans la gorge, avide, tendu.
Puis nous basculons sur les flancs et il me pénètre, bougeant des hanches, laissant les sons organiques emplir la pièce.
L'orgasme ne tarde pas sur un : "GICLE !..." crié.
C'est généreux, ça nous secoue l'un l'autre, sur ce lit dévasté.
"Prenez place, Mr Boyd." l'invitant à s'asseoir sur l'un des deux sièges devant le vaste bureau en bois exotique.
"Le 3 juillet..."
"Ma date d'anniversaire !..." le coupe B.
"Hem... en effet... je disais donc : le 3 juillet, nous offrons un grand meeting. Plusieurs engins seront à l'honneur, dont le 777X pour son vol inaugural."
"Ouais, je kiffe." avec un sourire expressif, se permettant de triturer un porte-plume posé sur le devant du bureau.
"Nous souhaiterions vous confier le pilotage du 777X durant ce meeting."
"Pour tout vous dire, j'avais déjà piloté le 787 Dreamliner lors de son vol inaugural pour mon précédent employeur."
"Bien. Je vous épargne donc le discours concernant les risques du vol en basse altitude puisque vous y avez été déjà initié."
"Généralement, en cette saison, la météo est clémente. Le seul danger reste un péril aviaire. Mais encore une fois, je pense que vous mettrez tous les moyens en œuvre pour nous éviter une catastrophe."
"Absolument, Mr Boyd." lui serrant la main.
777X est beaucoup plus large d'envergure : 64,82 m au sol et 71,75 m dans les airs, du fait de ses ailes repliables, contre 60,10 m pour le 878 Dreamliner. Une différence de taille !... Sur le train arrière, 777X possède un jeu de pneumatiques en sus. 188 tonnes contre 118 tonnes pour le 787 Dreamliner.
Plus l'envergure est importante, plus l'avion est compact à piloter.
B. dispose d'un bon mois pour se préparer. Et il dévore tout ce qu'il peut sur le sujet, effectuant des simulations de vol autant de fois que possible.
OK. 777X paré.
B. doit tenir compte du poids à vide, ce qui fera se lever, à une demi-seconde près, les deux trains d'atterrissage en même temps. L'effet doit être joli, aérien.
B. compulse, coupe de fraises à portée de doigts et de bouche.
"Tu viendras m'applaudir, Girl ?"
"Tu en doutes ?..." m'installant à ses côtés, avant-bras en appui sur son épaule, glissant un doigt gourmand le long de ses lèvres pleines.
Je me hisse sur le corps de B. de bon matin. "Bon anniversaire, Beyond..."
Il émerge en souriant, main allant se caler dans le creux de mes reins.
L'envergure du 777X est effectivement impressionnante... comment un truc aussi lourd peut-il seulement s'arracher du sol ?...
B. demeure sage ; privilégiant un angle d'attaque neutre pour éviter un cabrage, pas de montée spectaculaire, on joue la sécurité avant tout.
L'appareil répond bien aux sollicitations.
Mais B. en est moins fondu que du 787 Dreamliner qui demeure son avion fétiche !...
Il fait atterrir mollement le monstre sur la piste trempée après un bref orage.
Mission accomplie. Et dans la foule, j'applaudis les prouesses aérienne de mon mec.
"L'horreur. Un véritable fer à repasser !..." se marre B. au volant, sur le chemin du retour. "Dès lundi, je demande qu'on me rende mon Dreamliner !..."
Ouais. Pas convaincu donc mais il en fera de la pub autour de lui, pour le bien de la grande nation américaine.
"Beau travail, Mr Boyd. Nous ne manquerons pas de verser une prime sur votre salaire de ce mois."
Pas la peine de remercier, c'est un dû.
"Il a été décelé plusieurs points préjudiciables à la certification."
"Tu m'étonnes..."
"En attendant, vous retrouverez le Dreamliner, Mr Boyd."
"Cool."
B. observe, d'un air détaché, son jet d'urine claire éclabousser la faïence de la cuvette - le garçon possède une bonne hygiène, ne rend jamais les installations dégueulasses et se lave toujours les mains en quittant les lieux. Bref, B. est un "bonheur domestique". Les seules fois où ses bonnes pratiques ont été mises à mal, c'était lors d'épisodes bien délirants en institut - bordel, il avait envie de pisser depuis trois bonnes heures et comme les gardiens n'obtempèraient pas, il a résolu de se faire dessus. Fort heureusement, on lui a accordé un brin de toilette après l'incident. Voyons le bon côté... cons comme ils étaient ils auraient pu l'y laisser macérer durant la nuit !...
Il est également arrivé à B. d'uriner volontairement sur les affaires de personnes qui ne lui revenaient pas - le cartable de Larry, le canapé de Watari à la Wammy's, en plus de s'y être branlé. Oui, certains articles l'inspirent, que voulez-vous...
Je le rejoins sur le canapé, venant nicher contre lui tandis qu'il lit un magazine sur l'aviation civile.
"Dis... tu crois que L. bandait mou ?..."
La question tombe comme un cheveu sur la soupe, ce qui le fait éclater de rire. Mais elle demeure suffisamment instructive pour qu'il s'y penche avec un certain sérieux, posant son magazine sur le côté.
"D'après ce qu'on dit... trop de sucre impacterait le processus. Et comme L. en était gavé... Tiens, tu te rappelles les fois où je me descendais un pot de confiture entier ? Ben après, je peux te garantir que j'avais plus envie de pioncer que de bander !..."
"Vous êtes des petites choses fragiles, vous, les hommes..."
"T'as pas idée." sur un sourire.
"Et toi, c'est quoi ton secret pour bander si dur ?..."
"Une excellente partenaire !..." riant. "Nan, sérieux, ça change tout. Avec toi, j'peux bander même en étant complètement décalqué !... Sauf les fois où je manque de motivation et que l'appel de l'oreiller est plus fort que celui du cul."
"Tu... penses parfois à moi durant les vols ?..." index zigzaguant sur son torse.
"Ouais. L'effet de l'hypoxie(*), j'imagine." moqueur.
"Enfoiré."
B. émerge, engourdi de sensations qui lui parviennent avec un temps de retard jusqu'au cerveau.
Le trouvant dressé, je le caresse.
Il glisse un bras derrière sa tête sur un soupir, tignasse hirsute.
Il apprécie particulièrement lorsque ma main descend le long de la hampe pour tout caresser de lui.
"Enjoy it, Girl ?..."
"Yeah."
J'observe du coin de l'œil cette merveille outrancière.
"C'est comme ça tous les matins, je note..."
"Encore heureux ! Un mec qui se réveille tous les matins avec la gaule et la vessie pleine, c'est un mec en parfait état de fonctionnement !..."
"Ça doit être vachement pratique pour pisser..."
"Oh, tu sais chacun sa technique." amusé. "Le mieux c'est d'attendre que ça passe mais là j'avoue que tu n'aides pas." sans pour autant me demander de cesser.
"Te fait pas dessus quand même..."
"Aucun risque avec une trique pareille, Girl. C'est bien étudié pour ne pas se mélanger les pinceaux."
"Tu veux que... j'arrête ?..."
"J'ai demandé quelque chose, Girl ?" allant caresser mon dos sous le haut fin.
Je glisse plus bas, laissant mes lèvres courir le long de la jolie hampe dressée. Il en geint.
Je monte tout en haut, le titillant, y allant de lèvres serrées sur le renflement sensible.
"Oooooh... putaiiiiin..."
Il en spasme des cuisses.
Je bute contre la couronne, petits mouvements enveloppants, pointe de la langue allant chercher le frein.
"Giiiiiiiiiiiirl !..." se tendant d'un seul tenant.
J'accompagne le tout d'allées et venues lentes.
"J'vais... pas être... long, Girl."
Effectivement, au bout d'un petit moment de traitement, la verge se durcit à bloc, les testicules remontent ; les meilleures seconde sont celles-ci, juste avant l'éjaculation, selon B.
A la Wammy's, je retrouve B. qui fume sous le grand chêne centenaire, observant la façon dont les volutes quittent ses lèvres pleines.
"T'es pas en cours, Girl ?"
"Non." me posant à ses côtés, laissant mon regard parcourir son corps.
Il le note immédiatement. "Quoi ? T'as la dalle ?"
"Tu... viens me retrouver ce soir ?..."
"Nan, meilleure idée : on baise sous la paillasse ce soir."
J'entrouvrais la bouche de surprise.
C'était bien avant que l'on teste le bureau de Watari...
"Quoi ? Tu flippes, Girl ?"
"Le gardien ?..."
Petit rire de gorge pendant qu'il écrasait le mégot contre le tronc de l'arbre. "J'connais sa ronde et ses pauses clopes par coeur, t'as pas à t'en faire. Alors... je viendrai te chercher, Girl." quittant les lieux.
J'étais en chemise de nuit, anxieuse, faisant mine de travailler encore alors que ma camarade de chambre fermait les yeux.
B. gratta à la porte sur les coups de 23h30.
J'ouvris et il m'attrapa par la main pour me guider à travers les couloirs sombres, prenant les escaliers, se fiant aux mouvements de la lampe torche du gardien, descendant les marches du vaste escalier central. J'avais le palpitant qui cognait si fort et si vite !...
Enfin sous la paillasse. Là, une couverture sur laquelle je pensais m'allonger mais il me retint de le faire. "Tu veux rire, Girl ? J'te baise debout !... On n'a pas le temps pour le confort." défaisant son jeans pour s'extirper. Il m'attrapa d'une paume de la fesse, soulevant la chemise de nuit sous laquelle je ne portais rien, sa bouche vint se coller à la mienne pour un baiser étourdissant - ce devait être la première fois qu'il me gratifiait d'un tel baiser ! Mais c'était évidemment pour me faire démarrer plus rapidement...
Il avait ciblé précisément ce qui me plaisait et il s'en servit, me caressant les seins du revers des doigts, sur le tissu, appréciant de sentir les pointes réagir fortement au contact, tandis que j'étouffais mes geignements contre son épaule.
Ce faisant, il se frottait contre moi, sexe déjà dur et prêt à rendre.
M'acculant contre le mur, il profita d'un rayon de lumière pour ouvrir et enfiler la capote puis se diriger en moi, s'y engouffrant de moitié, comme à son habitude.
"Haaaaan... Giiiiiirl... putain, je... ban... gicle !..."
C'est arrivé si vite et ses attentions furent si ciblées que j'en jouis instantanément moi aussi.
Quelques minutes plus tard, nous entendions le gardien descendre les marches du vaste escalier. B. appliqua son index sur mes lèvres, souriant en m'enjoignant de faire silence.
Ma respiration était vive de peur qu'on nous découvre.
Le gardien passa son chemin, allant à l'extérieur s'offrir une cigarette, au clair de lune, nous laissant le temps de filer.
Les souvenirs me ramènent à la Wammy's. A ce matin où B. est venu gratter à ma porte.
Une fois entré, il a posé le challenge : "T'as dix minutes pour me faire gicler, Girl."
J'ai commencé à le caresser devant mon lit, descendu pantalon et boxer sur ses chevilles, faisant de cette verge ce que bon me souhaitait, la dressant en moins d'une minute, belle, gorgée, outrancière.
Une main tenait le sweat remonté de B., l'autre œuvrait, n'omettant rien de lui : hampe, gland, testicules.
Je le fis rapidement dodeliner de la tête, sur des "putain !..." à la pelle ; signes tangibles de son excitation croissante.
"Kiiiiffe... Girl..."
Au bout de cinq minutes de traitement, ses jolies cuisses spasmaient déjà d'appréciation.
J'adorais sentir, deviner, visage enfoui entre ses omoplates, comme tout se préparait à l'orgasme ; testicules remontant jusqu'au maximum, hampe se découpant de plus en plus distinctement, gland commençant à suinter.
"T'y es... presque, Girl..." glissant un regard sur le réveil non loin. "Putain... qu'est-ce que tu branles bien, sans déconner..." bougeant légèrement des hanches, contractant pour plus d'effet.
Encouragée, j'accélérai.
"Putaiiiiiiin... oui, c'est... booon !... T'arrêtes pas !... Ça... ça monte..."
A la septième minute, la verge se gonfla à bloc, les testicules étaient elles aussi durcies et remontées ; point de non-retour.
"Je... giiiiicle !... Haaaaaaan ! Put..."
Je fis en sorte de diriger les jets contre son ventre, évitant à mon lit d'être souillé.
Il demeura un instant tremblant sur ses appuis, totalement secoué par la puissance de cet orgasme.
"T'es bon pour la douche..."
"Pas le temps, je vais faire ça au gant."
Puis, à ma grande surprise, il vint se coucher, sous la couette, avec moi, venant trouver du repos.
"Que je te nique ou que tu me branles, le résultat est spectaculaire, Girl." sur un sourire presque tendre.
Le monstre faisait tomber ses défenses. Je me glissais derrière lui pour le caresser, embrassant ce dos moite.
Il se retourna pour prendre ma bouche dans un baiser affirmé.
"Au moins... j'ai droit à un câlin..."
"Tu m'as... rincé, Girl." sur un sourire comblé. "Putain, j'ai... cours de maths..."
"C'est pas la première fois que tu sèches, nan ?"
"Je devais faire une démonstration. J'y ai bossé toute la nuit. Putain..." finissant par revenir m'embrasser, glissant une main entre mes jambes pour constater mon humidité. "T'as kiffé, on dirait, Girl..."
Ça allait agréablement dégénérer lorsque la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas sur un Quillsh Wammy en rogne !...
"B. Sors immédiatement de ce lit." fixant B. comme s'il le crucifiait.
B. eut un petit sourire devant l'audace de celui qu'il considérait comme un vieillard, se tournant lentement vers lui.
"Putain, Wat'... tu vois pas qu'elle a besoin que je la saute ?..."
"Assez, B. Quitte ce lit."
Nouveau sourire chez B. "Tu fais chier, Wat'."
"B." ferme, bras croisés, attendant.
B. soupira et descendit la couette d'un geste du bras, offrant sa nudité - il ne portait qu'un t-shirt - à la vue du fondateur.
Watari cligna puis détourna les yeux sur un froncement de sourcils.
B. ricana et sortit du lit, debout devant Watari. Vache ! Ils avaient tous les deux une taille similaire et je pris la mesure de ce duel au sommet entre ces deux pointures !...
La vision était de toute beauté ; B. à moitié nu vs le patriarche old school. Détonnant !
"Bah, qu'est-ce que tu croyais, Wat' ? Qu'on faisait du tricot ?" amusé par l'écœurement évident du fondateur.
"Habille-toi et va immédiatement animer ce cours, B."
"T'es rude quand même, Wat'. J'sais pas si tu te souviens mais on est bien décalqué quand la baise a été bonne..."
"Assez, B." le jaugeant avec mépris.
"J'sais pas si je suis foutu de l'animer, ce putain de cours, tu vois, Wat' ?..."
"Je ne veux pas le savoir. Tu assumes tes responsabilités, B."
"C'était quand la dernière fois que tu t'es vidé les couilles, Wat' ? C'était avec une pute ?" sur ce sourire particulièrement pervers qui anime B. dans de tels moments, récupérant son boxer et son pantalon pour les enfiler, se reboutonnant.
J'ai rien compris. C'est allé tellement vite !... Putain, pour un homme vieillissant, Watari a conservé ses réflexes ! Une prise bien sentie a envoyé B. valdinguer sur le lit voisin, lui faisant heurter le crâne contre le montant en bois avec violence.
"En tant que fils, tu me fais honte, B."
Si Quillsh avait pour lui l'expérience, B., lui, jouissait de la fougue de la jeunesse. Il se redressa lentement pour aviser celui qui venait de le mettre à terre. Je m'attendais à ce qu'un rire de Shinigami déchire entièrement la pièce mais B. se contenta d'un ricanement à vous donner froid dans le dos.
Crachant avec précision sur les vernis de Watari, B. se leva, essuyant sa bouche d'un revers.
"Garde tes boniments pour toi, espèce de connard ! Tu n'es pas mon père. T'es le putain d'enfoiré qui m'a spoilé, biens et fortune !"
La voix de B. tonnait dans la pièce, baignée d'une colère sans précédent, faisant s'arrêter les pensionnaires dans le couloir, la porte étant demeurée entrebâillée.
"Ah tu veux en venir aux poings ?" montant sa garde.
"Tu es pathétique, B." le toisant avec mépris.
"Le jour où tu crèveras aussi misérablement que L., j'irai cracher sur vos tombes à tous les deux !"
"Pour la dernière fois, B. : termine de te vêtir et va animer ce cours."
B. lui présenta un majeur dressé à chaque main. "Tu peux te les enfoncer bien profond, fils de pute !"
"Très bien. Je vais demander à L. de te remplacer."
Le regard de B. switcha. A présent, il n'avait plus que deux cartes à jouer : bondir jusqu'au niveau de provocation supérieur et se faire piquer la vedette par L. ou faire bonne figure.
Dans de tels moments, l'iris de l'œil de la mort crépitait de rage.
"Ton choix, B. Vite." inflexible.
La mâchoire de B. était si serrée que le muscle masséter sautait.
"Très bien. L. s'en chargera."
"Nan. C'est bon. J'y vais." récupérant son sweat, nous lançant un dernier regard à l'un et l'autre, glissant sur une ultime provocation. "Tu restes là pour t'occuper de Hope, Wat' ? J'te préviens, elle déteste quand c'est fripé et que ça bande mou."
"Hors de ma vue. Et tâche de bien te comporter à l'avenir."
"Hahahaha ! Y'a que toi pour croire à de telles conneries, Wat' !..." quittant la pièce.
Watari s'installa en bord de mon lit. "Hope."
Je soupirais. J'aurai préféré que B. me baise plutôt que d'avoir à affronter un serment à la sauce Quillsh...
"Tu n'en as sans doute pas conscience mais B. se sert de toi pour nous atteindre, L. et moi."
Je reniflais.
"A aucun moment B. n'a nourri de réels sentiments à ton égard, son seul but étant de nous provoquer. Tu vaux mieux que cela, Hope."
"Vous vous trompez, M. Wammy."
"Fais nous confiance, Hope. Nous connaissons le fonctionnement de B. et combien il est néfaste pour tous ici et pour toi, plus particulièrement."
Je serrai les dents, serrant la couette dans mon poing. Lâche l'affaire, Quillsh... je suis déjà pourrie.
Je me redresse sur un coude, envisageant le bel iris cramoisi. "Il est vraiment beau..."
B. tourne le visage vers moi, souriant, levant la main pour caresser quelques mèches du revers des doigts. "T'es la seule à kiffer. T'es frappée, Girl. Et j'y suis pas pour grand-chose, dans le fond."
Je me recouche à ses côtés. "Je me demande de quelle manière ça va se terminer entre Watari et toi."
"Par un crime de sang, j'imagine." agitant les doigts comme s'il fouillait déjà dans les organes alors que le corps demeurerait encore chaud.
"Et cette démo de maths alors, ça a donné quoi ?"
"Un peu moins vif que d'ordinaire mais j'ai tenu jusqu'au bout. Pour m'effondrer sur le bureau quand ils se sont tous barrés de la salle !..." riant.
"On n'a pourtant rien fait d'extraordinaire..."
"Parle pour toi ! Gicler debout après une nuit blanche, ça tient du marathon !..."
"J'ai kiffé votre face-à-face avec Watari." régalée. "J'adore ton art de l'insubordination, B."
"C'est pas devant un croulant pareil que je vais m'étaler. Je ne voulais pas que L. me pique la vedette, c'est tout."
"Dis, B... t'as déjà eu envie de moi en cours ?"
"Ouais."
"Au point d'avoir envie de t'empoigner ?..."
"Si c'est à ce point, je trouve une excuse pour migrer aux chiottes et m'y branler une paire de fois."
"Ça t'est déjà arrivé ?"
"Ouais. Quand ma bite cogite, j'suis infoutu de me concentrer sur quoi que ce soit d'autre." sur un petit rire.
"T'as toujours eu de l'appétit comme ça ?"
"Bah, j'suppose que c'est lié au fait que j'ai commencé jeune." sur un sourire carnassier.
"Et pourquoi je te fais kiffer comme ça ?"
"Tu t'es regardée, Girl ? Ton cul est à se damner, t'es vachement faite pour ton âge."
Il se redresse sur un coude, m'envisageant. "Et toi ?" sur un retour de question.
J'en souris. "Parfois, c'est si fort que j'ai... envie de m'empoigner l'entrejambe pour me caresser sous la table."
Large sourire en face. "Tu veux que j'te dise, Girl ? On s'est vachement bien trouvés, tous les deux."
"Je n'ai jamais prétexté quoi que ce soit pour aller me soulager aux chiottes, par contre."
"Tu préfères attendre et fantasmer ?"
"Oui. J'aime quand ça pulse tellement ça urge."
"Putain, si j'étais présent à ce moment-là, j'te la boufferai entière, ta p'tite chatte !..." s'en léchant les lèvres d'appréciation.
J'appelle pour la dixième fois au moins, laissant un message vocal cinglant, doublé de sms non moins éloquents. "Putain, ramène ton cul ici, enfoiré !"
En pleine barbecue party, dans la villa du père d'un ami, B. suit le tout avec ce sourire que je souhaiterai lui faire ravaler !
"Ben dis donc, elle en veut." lui fait remarquer Dick, secouant la main. "C'est Rachel, c'est ça ?"
"Ouais. Bah, elle attendra, hein. Elle n'a qu'à s'offrir un magazine intéressant pour se passer le temps."
"Sois cool, mon pote. Tu sais, elle t'adore, cette gamine."
"Ah mais je suis cool, Dick, je suis cool. J'ai pas dit que je n'irai pas la chercher à l'aéroport non plus. Je la fais juste... mariner."
"Comme ça, elle sera encore meilleure ?..."
"T'as tout compris." se resservant une Desperado.
Il se la ramène enfin, après trois heures d'attente !... Je suis verte de rage !...
"AH ENFIN !"
"Gueule encore un coup, Girl, et je te laisse passer la nuit dans le hall des arrivées." avec ce sourire qui se fout du monde.
"Enfoiré !"
A ma grande surprise, il se charge de mon bagage à main.
"Ouais, c'est la moindre des choses." dis-je.
"Ferme-la, Girl, ou je le réexpédie d'où il vient."
En route jusqu'au parking.
"Qu'est-ce que t'as foutu ? T'étais où ?"
"Chez des potes. Barbec. Tu voulais du rab, Girl ?"
Je soupire en croisant les bras.
"Tu pensais quand même pas que j'allais m'arracher de là-bas dès réception de ton premier SMS, Girl ?"
"Je te rappelle que je traverse l'Atlantique pour toi, B." rageuse.
"Ouais, je connais la musique : T'as un mec super aimant à Paris, blablabla..."
"J'en ai trois maintenant."
Grand éclat de rire qui fait se retourner un paquet de gens. Je ne sais plus où me mettre face au rire de cette moitié de Shinigami !...
"Ta gueule, connard, c'est pas marrant."
"Si, justement, Girl !... T'en as trois, putain ! Et pourtant t'arrêtes pas de venir te foutre dans mes pattes !... Franchement, tu la kiffes à ce point, ma bite ?"
"Inutile de revenir sur le sujet."
"T'es bandante, Girl. Sérieux, t'es bandante." oscillant entre la moquerie ouverte et la tendresse. "T'sais qu'un jour, ce connard de L. est venu me voir et..."
Il capte immédiatement mon intérêt et s'en félicite.
L. était effectivement venu trouver B. qui fumait à une fenêtre - chose strictement interdite, du reste !...
"Que lui trouves-tu, B. ?"
Petit sourire en face. "Tu peux pas piger, L."
"Explique-moi, dans ce cas." posant son dos voûté contre les lambris du couloir.
B. ricana. "Tu peux pas saisir ce qui nous lie, Girl et moi. Toute relation sociale te passe par-dessus la tête, L."
"Réalises-tu à quel point cette relation te place dans l'illégalité, B. ?"
"Plus que tu ne le penses, L. C'est ça qui est jouissif, tu vois ?"
"Tu empêches Hope de parvenir à un développement harmonieux de sa personnalité."
"Conneries. Ici, personne ne peut prétendre se développer harmonieusement, L. On est tous frappés." sur un petit rire, terminant sa cigarette.
"Je ne peux pas croire une chose pareille, B."
"Ah ouais ? Tu le croiras peut-être lorsque plusieurs d'entre nous souhaiterons se venger, L."
"Jamais vous n'oserez vous retourner contre moi, B."
"Ah, tu crois ?! On en crève tous, L. !"
"Ne fais pas de ton cas une généralité, B."
"Putain, achète-toi des yeux, L. ! T'es clairement le mec à abattre !"
L. en demeura estomaqué un moment, fixant B. comme s'il était le démon.
"T'es vraiment à chier niveau relations humaines, L."
L. renifla. Ce n'était pas faux. Mais L. s'en passait parfaitement. Les contacts physiques, à l'exception de quelques rares personnes, lui étaient désagréables. Seuls Watari et B. semblaient échapper à cette règle.
"Je pensais que... tu m'aiderais à comprendre le monde, B..."
"En quel honneur, L. ? Je ne te dois rien. Rien qu'une revanche." appuyant son épaule contre l'ébrasement de porte, mains fourrées dans les poches de son jeans.
"C'est triste, B."
"Comme ton cul, L."
J'admire son profil pendant qu'il conduit. Il a toujours été beau garçon... racé du fait de son métissage parsi. De longs cils, une tignasse hirsute. Mon ventre commence ses incroyables loopings...
"On a toujours été proches."
"Ouais." souriant, main allant vagabonder sur ma cuisse. "... et tu veux que j'te dise ?... T'as vachement plus de potentiel que A. Avec A. je ne serai pas arrivé à la moitié de ce que j'obtiens de toi, petite pute. Tu me fais kiffer grave."
"T'as eu du bol que je ne reprennes pas un vol retour." toujours fâchée d'avoir dû poireauter des heures durant !...
"Hahahaha ! T'en aurais pas été cap', Girl. Pas avant que je t'ai baisée plusieurs fois !... Eh ouais, retour sur investissement oblige !..."
"Connard." me marrant vu qu'il n'a pas totalement tort.
"J'connais chacune de tes grimaces de p'tite pute. Pas la peine de tricher avec moi, Girl."
Nous arrivons enfin dans le parking souterrain dans lequel B. gare son 4X4.
Dans l'ascenseur, à nous envisager avec un petit sourire.
"J'te baise dès qu'on arrive ou t'as besoin d'aller vider ta vessie avant ?..."
"Retour de question."
"Ah haaaa !... Surprise, Girl !..."
Nous entrons dans l'appartement.
Je lui fais face derechef. Mon attitude affiche clairement mes ambitions et il en sourit, carnassier.
"Tu bandes ?..."
"Tu sais bien qu'elle réagit toujours au quart de tour avec toi." m'attrapant par la nuque pour m'appliquer un baiser plein et débordant.
Je descends la paume sur l'entrejambe renflée, massant là, commençant à lui arracher les premières salves de "putain !...", signe que son excitation fait un bond.
Il se frotte contre moi sans la moindre pudeur, s'érigeant au maximum.
Ses doigts viennent me chercher, souriant de ce qu'il y trouve, m'envisageant un bref instant. "T'es vraiment ma p'tite pute préférée, Girl."
Inutile de prétendre vouloir regagner la chambre ; le vaste canapé est là pour nous accueillir. Nous y échouons, nous défaisant à la hâte, animés par une excitation grandissante. Son extrémité me trouve enfin, fouillant à merveille, éveillant des sensations folles que nous geignons sans retenue.
"Putain... j'avais presque... oublié à quel point... t'étais... bonne, Girl..."
Il me laisse la place et je le maintiens par la base pour laisser son gland fureter entre mes plis, appelant là toujours plus de moiteur.
Puis nous adoptons un rythme, nous appelant.
Nous sommes tant excités que le moindre contact nous électrise.
Soudain, une vague folle grimpe en nous, nous faisant vibrer des pieds à la tête.
Son regard vairon est totalement dévié, sous ses paupières abaissées de moitié, et son corps entier soubressaute sous moi. Et ça dure... et ça se succède. Il demeure lui-même étonné par la puissance de cette première série d'orgasmes, souriant avant que ses traits ne se froissent dans un nouvel élan charnel. "Ooooooh... putaiiiiin... Girl... trop b... putain... j'sais pas quel... point t'as... stimulé mais woooow... oooooh... ouais... encore..."
Son rire l'entrecoupe, un rire bien rauque de Shinigami à la dérive.
Quel plaisir pour l'un et l'autre lorsque l'orgasme s'étale ainsi, rendant nos sexes sensibles au moindre attouchement.
Affalés sur le canapé, nous regardant avec le sourire. "Putain de... bonne..."
"C'était..." sur un petit soupir qui ne va pas tarder à en redemander.
Ce matin, je pars à l'assaut de B. et comme à l'ordinaire la réponse est immédiate !...
Je le caresse de la paume, le laissant s'ériger à loisir.
"T'aimes, hein, la tenir comme ça dans ta paume, Girl." sur un sourire audible.
"Hmm mmm. J'aime surtout sentir comme elle démarre au quart de tour..."
"Avec toi, toujours, Girl."
Nous laissons les sensations enfler.
Puis je le fais circuler, de l'extrémité, contre mes plis, appelant là une moiteur terrible.
"Oooooh... putain... ça... ça monte dans les... tours... Girl !... Kiiiiiiiiiffe !..." se tortillant de plaisir sous moi.
Le plaisir est tel que tout son corps en frappe littéralement.
L'orgasme à venir est très beau, vif.
Puis nous remettons ça, nous caressant immédiatement après, profitant des sensations restantes.
"Je suis impressionnée par la façon dont tu récupères rapidement..."
"Avec toi, ça a toujours été le cas, Girl."
L'instant d'après, nous refaisons l'amour, ce qui débouche sur une autre jouissance, beaucoup plus profonde et diffuse, celle-là.
Puis nous nous câlinons pour ne pas rompre immédiatement le contact, chose assez inédite avec B.
"Tu veux un scoop, Girl ? J'me suis mis au surf, comme tout bon Californien qui se respecte."
"Et tu kiffes ?"
"Ouais, ça commence à devenir intéressant."
"Avec un coach ?"
"Nan, seul. J'ai maté quelques vidéos et j'imite."
"Tu me montreras ?..."
"Ouais."
B. fait monter la fermeture à rallonge de sa combinaison. Puis il récupère sa planche.
Je prends mon camp sur le drap de bain étendu à même le sable blond brûlant.
Il ne se débrouille pas mal du tout - comme dans tout ce qu'il entreprend !...
Mes souvenirs me ramènent à la Wammy's. A ce matin radieux de printemps. A ce vingt-quatre avril. Au moment où les rumeurs ont commencé à enfler.
"Quoi ? Tu délires, mon pote !..."
"Naaaaan ! Je le tiens de C. !..."
"C'est impossible !..."
"Ouais, je suis d'accord, personne n'est capable de détrôner L. !..."
"Pourtant... j'ai entendu Mr Melton en discuter avec Watari hier !..."
"C'est impossible, impossible ! T'as dû rêver !..."
J'écoutais d'une oreille de moins en moins distraite.
"Alors ça... t'y crois, toi ?..."
"Bah écoute... si Mr Melton le dit..."
"J'ai vraiment... du mal à y croire. Et même à l'admettre !..."
"Ouais, je m'y attendais pas, je ne pensais pas que ce soit possible..."
"La ferme, le voilà." s'écartant pour faire place à B.
Le caïd bouscula D. au passage, dans un acte purement gratuit.
Puis il vint se fixer à mes côtés, croquant dans une pomme, affichant ce petit sourire particulièrement sûr de lui.
"T'es au courant de quelque chose ?..."
"Ouais."
"Alors ?..."
"Mes dernières copies ont supplanté celles de L." avec une immense fierté.
J'entrouvrais la bouche.
"Girl, tu sors avec celui qui vient de foutre la raclée à cet enfoiré de L. !..."
"Comm..."
"J'ai conservé un double de la clé du bureau de Wat'." regard vairon au zénith. "Sale temps pour L. !..." sur un rire terrible de Shinigami, sons roulant au plus profond de sa gorge. "J'suis sûr que le vieux va tout faire pour trafiquer les résultats au profit de sa puce savante !..." serrant le poing dans sa poche.
Justement... le voilà qui arrive dans le couloir.
"B. Dans mon bureau."
B. se détacha du mur, poussant des hanches alors qu'il circule derrière Watari, faisant mine de l'enculer à son insu.
Dans le bureau :
"Prends place."
B. s'y vautre. "Bon, abrège, Wat', j'ai pas toute la journée."
A l'absolue surprise de B., Watari sortit les exceptionnelles copies de B., les étalant sur son bureau. "Tes derniers résultats sont tout à fait remarquables."
"Je t'ai dit d'abréger, Wat'." toujours dans la provocation qui lui était propre.
"Tu es parvenu à de meilleurs résultats de L., notamment en mathématiques et en sciences appliquées. Félicitations, B." presque sincère.
"Ça te fait chier dans le fond, hein, Wat' ?..." sur ce sourire de guerre.
"Il ne faudrait pas que ceci te monte à la tête. L. possède des capacités exceptionnelles."
"Surtout celle de te lécher les pieds, j'suis certain qu'il excelle dans l'exercice."
"Tu es imbuvable, B. Jamais tu ne posséderas le raisonnement de L."
"Je l'ai déjà niqué sur ses matières de prédilections. Ecoute-moi bien, Wat'..." se penchant en avant, coudes en appui sur ses cuisses, regard vairon se faisant terriblement dur. "... je vais persévérer. C'est que le début de votre chute à tous les deux. Je vais vous ridiculiser, L. et toi."
Watari déchaussa ses verres ronds pour les essuyer d'un tissu noble, peu impressionné par ce qui se jouait face à lui.
"Tu possèdes bien trop de tares pour y parvenir avec succès, B. Tes résultats demeurent très médiocres en philosophie et en histoire de l'art, par exemple."
B. serra le poing à s'en faire blanchir les jointures. "Je vais vous niquer. Tous les deux. Dans l'année qui vient. En commençant par toi, fils de pute qui m'a spoilé, biens et fortune."
"Qu'en aurais-tu fait, mon cher B. ? Tu aurais tout dilapidé. Tu ne possèdes aucune contenance."
"C'est mon problème, ça, Wat'. Tu piges ?!"
"Tu peux disposer, B. Désormais, nous nous assurerons tous ici que plus jamais tu ne feras de l'ombre à L."
B. se laisse tomber sur le drap de bain, récupérant ses verres teintés pour les places sur ses yeux, combinaison ouverte et descendue sur les hanches, se séchant sous le soleil californien.
"Jamais L. n'aurait pu se fabriquer une vie comme tu l'as fait."
"C'est sûr. Cet abruti ne savait que faire le beau devant ce connard de Wat'."
(*) Inadéquation entre les besoins tissulaires en oxygène et les apports du fait de l'altitude avec, pour conséquences pour le pilote notamment : ralentissement des fonctions cognitives, réduction de la vision périphérique et du champ visuel central, baisse d'acuité et de l'accommodation, altération de l'ouïe de l'élocution verbale.
