En cette fin de mois d'Août, un jeune garçon découvrait un monde qui lui était totalement inconnu. Du haut de ses onze ans, Harry venait d'apprendre qu'il était un sorcier. Oui, un sorcier. Lui qui, jusqu'à présent, était connu comme le monstre de sa famille. Enfin… Peut-être devrions nous revenir au début... Elevé par son oncle et sa tante depuis ses un an, l'adolescent avait perdu ses parents. Longtemps, il avait cru que ceux-ci étaient morts dans un accident de voiture dont il était le seul survivant. Son oncle lui avait répété encore et encore que son père n'était qu'un alcoolique qui avait tué sa famille et que lui, seul survivant, avait été abandonné devant leur porte. Ils avaient eu la bonté de ne pas le mettre à l'orphelinat et de le garder chez eux. En échange, Harry travaillait dans la maison depuis son plus jeune âge. Il faisait toutes les corvées ménagères, s'occupait du jardin et des repas. Tout cela sous prétexte de payer pour son logis et sa pitance. Logis qui se résumait à un placard sous l'escalier et une pitance qui n'était que le stricte minimum : du pain et de l'eau. Et encore, quand il avait de la chance. Il lui arrivait de passer plusieurs jours sans manger. Et ajouté à cela, il était régulièrement puni par son oncle. Les raisons étaient diverses et variées : Il ne terminait pas ses corvées, il brûlait un peu le repas, il respirait un peu fort… Avec de la chance, il finissait juste enfermé dans son placard. Mais parfois, il était également battu. Résultat d'une telle vie, Harry Potter, onze ans, était petit et maigre. Il ressemblait plus facilement à un enfant de neuf ans. Pourtant, depuis quelques jours, tout avait changé. Plusieurs lettres qui lui étaient adressées avaient commencé à arriver à la maison, toujours intercepté par son oncle pour l'empêcher de les lire. Mais finalement, un homme gigantesque avait fini par débarquer à la maison. Il se présenta sous le nom de Rubeus Hagrid et il était venu chercher l'enfant, lui annonçant toute la vérité sur son histoire. Le fait qu'il était un sorcier, tout comme ses parents. Que ceux-ci avaient été assassinés par un mage noir au nom interdit. Et qu'en Septembre, il allait intégrer la grande école de Poudlard. Alors oui, aujourd'hui, Harry était heureux. Sa vie changeait et il allait quitter cette famille où il ne connaissait que la faim et la souffrance.
Arrivé au chemin de Traverse, après avoir récupéré de l'argent à la banque et acheté sa baguette magique, Hagrid le laissa devant une boutique de vêtements. C'était ici qu'il pourrait faire faire ses uniformes pour l'école. Le géant lui dit qu'il allait terminer les achats pendant ce temps. Laissé donc seul, Harry entra dans la boutique. Toujours très pâle et la respiration difficile, il remarqua la présence d'un autre adolescent dans la pièce. Un jeune garçon blond au maintien fier et droit. Il avait tout d'un enfant de famille aisée, sûrement un héritier de famille riche, voire même de famille de grands sorciers. Harry sentit très rapidement la différence entre eux, lui qui était vêtu des vieux vêtements de son cousin, là où le blond portait des vêtements élégants et riches. Ils devaient avoir le même âge, pourtant l'autre garçon était plus grand que lui. Le petit brun se sentit directement intimidé. Certes, il avait appris que le monde sorcier connaissait son nom et le voyait comme un héros, mais il ignorait de quelle façon ce garçon allait agir avec lui. Ni même s'il allait le reconnaître. Il préféra donc se faire discret et attendre silencieusement qu'on vienne s'occuper de lui pour ses uniformes. Cependant, le garçon blond avait remarqué sa présence et aussi son malaise apparemment. Il restait à distance, comme s'il refusait de l'approcher de peur d'attraper sa maladie. Pourtant, il lui parla au lieu de l'ignorer.
- Est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il.
Bien que surpris par la question, Harry lui répondit en baissant la tête.
- Oui je vais bien… Il faut juste… que je m'habitue… C'est la première fois…
Il luttait pour contrôler sa respiration. Il avait l'impression d'être écrasé par quelque chose depuis qu'il était arrivé sur le chemin de traverse. Pourquoi l'air était-il si lourd ici ? Était-ce un effet de la magie ? Ou bien était-il juste tombé malade sans s'en rendre compte ? C'était possible. Cela faisait plusieurs jours qu'il n'avait pas grand-chose dans l'estomac. Il devait être un peu faible.
En le voyant baisser la tête pour lui répondre, le jeune garçon sembla satisfait. Il appréciait de voir que le brun était capable de remarquer la différence de rang social entre eux. Il devait être moins idiots que les autres, qui ne faisaient pas attention à ce genre de chose ou qui s'en fichaient.
C'est la première fois que tu viens ici? Est-ce que tu viens d'un pays étrangé, ou bien de chez les moldus? Dans tous les cas, ta vie va changer ici. Et cela commence dès aujourd'hui. Certes, ces robes de sorciers sont loin d'être de la meilleure qualité, mais elles sont signe d'un nouvel avenir fructueux pour les pauvres sorciers qui ont vécu chez ces ignorants de moldus. Alors profite en, achète ce dont tu as besoin…. Mais si tu te sens mal, les toilettes sont là-bas, alors ne vomis pas sur le plancher. Il n'est peut être pas des plus propres, mais autant éviter d'empirer les choses.
Le garçon s'écoutait parler. Il n'était vraiment pas compliqué de voir qu'il était sûr de lui, qu'il devait sûrement avoir tout ce qu'il voulait. Oui, un vrai petit prince. C'était comme ça que Harry le voyait. Pourtant, il écouta tranquillement ce qu'il lui disait. Il pourrait sûrement en retirer quelques informations. Il n'avait pas tort. Avoir ces robes étaient signe de nouvelle vie pour lui, loin de sa famille moldue. Et même s'il était mal, il n'avait pas envie de vomir. Il se sentait juste oppressé. Et stressé aussi… En écoutant le jeune garçon, il commençait à s'angoisser. Il ne connaissait rien du monde sorcier, absolument rien. Et on le voyait comme un héros. Que se passerait-il si jamais il n'était pas à la hauteur ? Son stress ne l'aida pas à calmer sa respiration qui se fit plus difficile. Mais il ferma les yeux et serra les dents, se forçant au calme. Il y parvenait bien chez les Dursleys, il y parviendrait ici. Mais bon, ici il y avait cette impression d'écrasement. Il lui fallut un petit moment avant de reprendre le contrôle, sa respiration restant quand même un peu agitée. Il posa alors une question à son interlocuteur.
- Je suppose que tu ne pourras pas répondre à ma question, puisque tu sembles avoir grandi dans ce monde depuis toujours mais… l'air du monde sorcier est il toujours aussi lourd ?
Il venait, par cette question, de confirmer au blond qu'il venait bien du monde moldu. Il ne savait pas comment l'autre allait le prendre, s'il allait lui répondre ou juste le regarder de haut et le nier totalement. Bon certes il avait l'habitude de ce genre d'attitude envers lui, mais au moins il aurait essayé. Mais avec un peu de chance, le garçon pourrait lui apprendre quelques petites choses pendant qu'ils obtenaient leurs tenues pour l'école. Ce dernier l'observait, intrigué. Il haussa d'ailleurs un sourcils en entendant sa question.
- L'air? Lourd? Non, je ne sens rien d'inhabituel… De plus, la magie est partout dans le monde. Certes, elle est peut être un peu plus concentrée ici car il y a une concentration d'êtres magiques, et que cette partie du monde est cachée aux moldus….. Mais normalement tu es capable de faire de la magie, avec la même puissance, que ce soit ici ou chez les moldus.
Répondit le blond en fronçant les sourcils. Il n'avait jamais entendu parlé d'une sorte de mal-être chez ceux qui venaient de chez les moldus. Bon, ce n'était pas comme s'il en connaissait beaucoup non plus. Peut-être que c'était dû au fait que l'autre était un sang-mêlé, voire un sang de bourbe. Cela pourrait être logique que les sangs purs supportaient mieux les concentrations magiques par rapport à ceux qui avaient vécu parmi les moldus. Ses parents approuveraient certainement sa théorie quand il leur en parlerait. Alors qu'il était plongé dans ses réflexions, le blond entendit l'autre lui parler à nouveau.
- Au fait… Je m'appelle Harry.
- Je m'appelle Malfoy. Draco Malfoy. Et…. Vue que tu as l'air malade, tu comprendras que je ne te serre pas la main. Je n'ai pas très envie de te toucher et prendre le risque d'attraper ce que tu as.
Oui, Draco Malfoy était un garçon un peu hautain et se voyait mieux que tout le reste. Après tout, en quelques minutes il avait rabaissé les moldus, critiqué les vêtements de la boutique, la propreté de l'endroit et était presque insultant envers Harry. Mais pourtant, malgré tout cela, il continuait de lui parler, ne l'ignorant pas simplement. Et le petit brun ne semblait pas s'en offusquer. De toute façon, il avait l'habitude qu'on lui parle bien plus mal et de façon encore plus insultante. Il se contenta d'hausser les épaules en offrant un petit sourire à Draco.
- Ce n'est pas grave… Ce n'est pas comme si cela me changeait…
La couturière arriva à ce moment et s'approcha de Harry. Elle l'examina rapidement et lui prit ses mesures pour pouvoir lui faire ses uniformes. Le jeune garçon se laissa faire en silence puis la regarda repartir vers l'arrière boutique. À nouveau seul, il se tourna à nouveau vers Draco, restant toujours à distance par respect pour lui.
- Je suppose donc qu'il va me falloir m'habituer… Je ne connaissais pas l'existence de votre monde. Et je n'ai aucune connaissance des bases à connaître… Je ne sais même pas ce qui peut m'attendre à Poudlard…
A peine eut-il terminé sa phrase, que Draco se lança. Il lui parla de Poudlard, du directeur de cette dernière, des professeurs, des maisons. Harry l'écoutait en silence. Il apprit ainsi que, du point de vue du blond, le directeur était un vieux gâteux que les gens voyaient comme l'un des plus grands sorciers du moment. Surtout parce qu'il avait arrêté un autre sorcier un peu extrémiste dans son jeune temps. Mais qu'à côté de cela, c'était un incompétant. Il apprit également l'existence des quatre maisons ainsi que les qualités qui leur correspondaient. Cela poussa le petit brun à se demander quelle maison accepterait de l'accueillir. Il ne voyait pas beaucoup de qualité en lui-même. Qu'est-ce qu'il arriverait s'il n'était accepté dans aucune maison ? Il ne voulait pas retourner chez les Dursleys… surtout pas.
- Les quatres maisons… j'avoue ne pas savoir laquelle voudra de moi… Qu'est ce qui se passe si on ne correspond à aucune d'entre elles ? On est renvoyé ?
En entendant cette question, Draco ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire amusé. En voilà une réflexion amusante.
- Renvoyé? Bien sûr que non. Tout le monde est admis dans une maison. C'est toujours Poufsouffle qui prend ceux que les autres ne veulent pas. Et de ce que j'en ai entendu, c'est loin d'être la pire.. Certes, ils ne sont pas aussi géniaux que les Serpentards, mais on peut dire qu'ils sont la deuxième meilleure.
Renvoyé, mais quelle idée. Enfin, il avait bien compris que Harry ne connaissait rien du monde magique. Alors on ne pouvait pas trop lui en vouloir.
- Si tu veux connaître les bases, il y a plein de livres que tu pourrais lire, et de toute façon il y aura d'autres élèves comme toi, qui ne connaissaient pas le monde magique. Pour nous c'est normal, alors pas besoin de stresser par rapport à ça….
Harry sourit en entendant le conseil de Draco. C'était en effet une bonne idée. Il pourrait s'acheter des livres s'il lui restait de l'argent après l'achat des fournitures. Et en même temps, vu la montagne d'argent qu'il avait vu dans son coffre, il avait les moyens. C'était d'ailleurs une chose à laquelle il aurait du mal à s'y faire. Lui qui n'avait jamais rien eu, voilà qu'il se découvrait avec plein d'argent. C'était déstabilisant. Il était tellement habitué à ne rien avoir, que l'idée de dépenser cet argent pour s'acheter quelque chose ne lui venait même pas à l'esprit. Il se reconcentra sur le blond et lui offrit un petit sourire.
- Merci du conseil Draco. Je regarderai pour m'acheter des livres supplémentaires en plus de mes fournitures.
Il vit alors ce dernier avoir un mouvement de recul. Et lui-même eut un petit sursaut. Hagrid venait d'entrer dans la boutique et pas de façon très discrète. En même temps, au vu de sa corpulence, pouvait-il seulement être discret ? Mais peu importe, le petit brun lui sourit et le rejoignit.
- Hagrid, je pense que c'est bon pour mes uniformes. Est ce qu'il me reste un peu d'argent ? J'aimerai acheter quelques livres supplémentaires ?
Dire que Draco était surpris de voir Harry discuter ainsi avec ce géant était un euphémisme. Mais qui était ce jeune garçon pour être accompagné par ce golem ? Un être des bois ? Tout à ses réflexions, les deux adolescents se dirent au revoir et se séparèrent donc, se souhaitant de se revoir à Poudlard. Une fois sorti de la boutique, Harry retourna à la librairie pour se trouver des livres. Il avait toujours une respiration haletante, mais elle était plus discrète, comme s'il la contrôlait un peu mieux. Il reçut également une magnifique chouette blanche de la part de Hagrid, cadeau d'anniversaire, qu'il nomma Hedwige. Et quand les derniers achats furent terminés, Hagrid le ramena chez les Dursleys avec la promesse que ce n'était que pour une dernière journée. Il reviendrait demain pour l'emmener à la gare. A peine rentré, les Dursleys l'envoyèrent dans sa chambre avec interdiction d'en sortir avant demain. L'adolescent profita donc du reste de sa journée pour lire ses livres. De toute façon, ce n'est pas comme s'il avait autre chose à faire. Il remarqua cependant qu'il se sentait mieux. Sa respiration était beaucoup plus facile et il ne se sentait plus oppressé. Était-ce vraiment le chemin de Traverse qui l'avait mis dans cet état ? Il lui faudrait voir comment cela serait quand il arriverait à l'école. S'il ressentait les mêmes désagréments, cela voudrait en effet dire que c'était la concentration de magie qui lui apportait ces inconforts. Et si c'était le cas, cela l'angoissait. Comment pourrait-il étudier correctement s'il se sentait si mal à chaque fois ? Enfin, il verrait cela bien assez tôt.
Enfin, le jour de la rentrée arriva. Et c'est avec une impatience mêlée à une petite angoisse, que Harry suivit Hagrid jusqu'à la gare avec toutes ses fournitures d'école. Incapable de dormir tellement il avait hâte de découvrir ce monde, il avait bouquiné presque toute la nuit, aussi bien les livres pour apprendre les bases du monde sorcier que ses manuels de cours. Il avait déjà appris pas mal de choses et certaines matières lui semblaient très intéressantes. Il espérait que les professeurs seraient bons eux aussi. Cependant, malgré tous les renseignements qu'il avait obtenus, il lui fallut malgré tout suivre une famille sorcière pour parvenir jusqu'à la voie 9 ¾, là où le Poudlard Express attendait les élèves. Il resta un instant en admiration devant la magnifique locomotive rouge. De plus, il se sentait bien. Il n'était pas oppressé et respirait normalement. Peut être que cette gare, même si elle était cachée des moldus et remplie de sorciers, n'était pas trop remplie de magie pour le mettre mal à l'aise. Ou alors ça allait mieux. Enfin, encore une fois il lui faudrait attendre d'être à Poudlard pour être sûr. Harry finit par grimper dans le train et se trouva un wagon où il s'installa tranquillement. Il s'étira et sortit un livre pour s'occuper. Il ignorait combien de temps durerait le voyage alors autant s'occuper et commencer à lire ses manuels de cours. L'espace d'un instant, il pensa à Draco, se demandant s'il le verrait avant d'arriver à Poudlard.
Justement, du côté de Draco, ce dernier marchait dans les couloirs du train. Il cherchait un wagon tranquille où s'installer. Il n'avait pas vraiment envie de passer tout le voyage avec une personne qu'il ne connaissait pas. Et s'il pouvait éviter Crabbe et Goyle un moment ce ne serait pas mal. Bien qu'ils soient ses gardes du corps, ils n'avaient que deux neurones dans la tête. Donc niveau conversation ce n'était pas le top. Pendant sa recherche d'une cabine vide, il repensait aux consignes de son père. Il voulait qu'il fasse le maximum pour se rapprocher et devenir ami avec Harry Potter, le survivant. Il comprenait en effet les avantages que cela pourrait leur apporter à lui et à sa famille. Toute à ses pensées, il finit par repérer une tête connue dans un wagon. Il sourit et y entra donc, faisant sursauter l'occupant solitaire.
- Mais qui voilà, le petit énergumène qui était accompagné d'un golem au chemin de traverse.
Harry, qui en avait presque lâché son livre, sourit en voyant que l'intru n'était autre que Draco. Il se détendit et le regarda s'installer sans même lui demander son avis, pas vraiment dérangé par son attitude. Au moins, avec lui il savait à quoi s'attendre. Il avait rapidement compris comment était le blond. Et puis il le connaissait au moins un peu. Ce serait plus facile.
- Bonjour Draco. Je profitais du voyage pour continuer de lire. J'ai suivi ton conseil et je me suis trouvé un livre très intéressant sur l'histoire du monde magique.
Alors qu'il parlait, Harry passa sa main sur son front pour dégager un peu les cheveux qui lui tombait sur les yeux. De part ce mouvement, Draco put remarquer une étrange cicatrice sur son front. Il en fut un peu intrigué. Elle avait vraiment une forme é s'interrogeait sur la façon dont il avait pu se faire une cicatrice aussi particulière. Cela rendait ce petit "mystère" intéressant, de son point de vue.
- C'est bien que tu aies écouté mon conseil, j'ai très souvent raison. Et donc, tu en apprends beaucoup?
Oui, encore une fois Draco se vantait un peu. Certains pourraient facilement s'énerver devant une personne comme lui. Pourtant, Harry s'en amusa pour sa part. Il ne ressentait pas vraiment de méchanceté derrière les paroles du blond. Ce dernier était juste… comme ça. Et puis, sa famille avait déjà fait bien pire.
- Oui, j'ai appris beaucoup de choses. Je regrette de ne pas avoir su tout cela plus tôt. J'ai hâte d'en apprendre encore davantage.
Lui répondit-il en souriant. Draco sourit légèrement et ses yeux revinrent sur la cicatrice qui ornait le front du petit brun.
- Ta cicatrice, comment as-tu fait pour qu'elle ait cette forme? C'est assez inhabituel. D'habitude une cicatrice est plutôt inesthétique, alors qu'ici, elle est presque marrante.
- Oh tu sais, je n'ai rien fait de particulier. Je l'ai depuis toujours. On ne choisit pas la forme que prennent les différentes blessures qu'on peut se faire.
L'espace d'un instant, Harry avait eu peur que sa cicatrice ne dévoile son identité. Mais apparemment, cela ne fut pas le cas. Les sorciers connaissaient son nom, mais ne semblaient pas savoir à quoi il ressemblaient ni même qu'il avait une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Cette information avait dû être étouffée. Il n'avait pas donné son nom de famille à Draco et il savait que ce dernier le découvrirait une fois arrivé à l'école. Mais il souhaitait pouvoir devenir ami avec lui naturellement et pas juste parce qu'il était le héros du monde sorcier. Mais les paroles suivantes de Draco le mirent mal à l'aise.
- Au fait, vu que tu ne connais rien au monde magique, je suppose que tu n'as jamais entendu parler d'Harry Potter, le grand héros. Il devrait avoir notre âge, et allait à Poudlard cette année. Mes parents veulent que je devienne ami avec lui. Enfin, je suis à peu près sûr que les trois quarts des parents d'élèves présents et à venir ont dit la même chose à leurs enfants.
C'était justement ça qui inquiétait le petit adolescent. Pour l'instant, Draco était naturel avec lui et il ne souhaitait pas que cela change. Lui parlerait-il différemment une fois qu'il saurait qui il était ? Harry n'était pas sûr de vouloir cela. Pour une fois qu'il pouvait discuter avec quelqu'un sans que son cousin de s'en mêle et ne le fasse fuir. Bien sûr, il lui dirait la vérité avant d'arriver à Poudlard, pour ne pas le prendre en traître. Mais avant cela, il avait besoin de savoir à quoi s'attendre. Il avait certes l'habitude d'être blessé ou laissé de côté, mais cela n'empêchait pas de s'y préparer mentalement.
- Et… Tu l'imagines comment ce Harry Potter ? Vu que c'est un héros, quelle image tu vois en pensant à lui ?
Draco prit un instant pour réfléchir à la question. Il ne l'avait jamais vraiment imaginé, étant donné qu'il n'en avait jamais eu le besoin. Logiquement, si un bébé était capable de faire disparaître le plus grand sorcier de magie noire connu, il devait certainement être fort. Mais était-ce juste sa magie qui était forte, ou cette dernière lui avait également donné un corps fort? Il aurait certainement dû poser la question à son parrain, Severus Snape. Après tout, il avait eu vent que ce dernier connaissait les parents de ce Harry Potter, avant leur mort. Mais cela ne l'avancait pas vraiment sur la question.
- En fait, je n'en sais rien, je ne me suis jamais posé la question. Je suppose que sa magie doit être puissante, vu qu'a à peine 1an il a vaincu un puissant mage noire. Mais physiquement…..Je ne sais pas vraiment comment il pourrait être. Je suppose que cela pourrait être n'importe qui…. Tant que ce n'est pas un Weasley, je m'en fiche pour être honnête. Aussi bien physiquement que dans ses manières.
Il réfléchit encore. Comment aurait pu être élevé un "héro" comme lui?
- Mmh… Je suppose que vu qu'il est un héros pour les sorciers, il a dû être hyper gâté, et hyper protégé toute sa vie… Peut-être même qu'on lui a donné la grosse tête. Je veux dire, cela semble logique non? Pourquoi quelqu'un qui serait un héros pour le monde sorcier, n'aurait pas été choyé, chouchouté et adoré? … Donc soit il a un corps parfait comme le mien, soit il a été gavé comme un petit cochon toute sa vie et est à présent bien gras et dodu.
Bien sûr, il n'imaginait pas combien il avait tort. Après tout, pourquoi quelqu'un qui serait un héros pour le monde sorcier, aurait-il été envoyé dans une famille abusive? Il n'y aurait aucune logique derrière ce genre de décision. A moins d'être un incompétent finis.
Harry l'écouta en silence. Et ce qu'il entendit lui fit assez mal. Pas parce que c'était ce que imaginait Draco sur lui. Mais cela devait être ce que TOUT le monde devait penser de lui. Qu'il avait été élevé comme un prince, qu'il aurait la grosse tête, qu'il serait surement arrogant, voire même énorme. Cela lui fit étrangement pensé à son cousin. Oui, la description était assez correcte à ce niveau là. Et niveau magie… oh mon dieu, comme le monde sorcier allait être déçu…
- Et si je te disais… que ce que tu imagines en ce moment est tout le contraire ? Si je te disais que Harry Potter n'est qu'un moins que rien. Qu'il n'a jamais connu une enfance heureuse ? Qu'il est laid, maigre et sans aucune estime de lui ?
Harry tourna la tête vers la fenêtre, observant le paysage qui défilait devant ses yeux. Il avait perdu son sourire et ses yeux étaient maintenant plus ternes. Lui, chouchouté et protégé ? Hyper gâté et avoir la grosse tête ? Lui qui avait grandi dans un placard à balais jusqu'à l'âge de 10 ans, qui n'avait jamais mangé à sa faim, qui avait été battu pour un oui ou pour un non et qui faisait TOUTES les corvées de la maison. Dans quelle illusion le monde sorcier l'avait-il imaginé ?
- En plus, on dit que c'est un héros… mais en quoi en est il un ? Parce qu'il a vaincu un mage noir à l'âge de 1 an? Tu crois vraiment que c'est lui qui a fait ça ? Tu crois vraiment que c'est possible ? N'est ce pas plutôt ses parents qui auraient fait quelque chose en essayant de le sauver ou que la magie serait juste intervenue ? Ce n'était qu'un bébé… Franchement, comment ce serait possible ?
Harry finit par ramener ses jambes contre son torse, passant ses bras autour et posant sa joue sur ses genoux. Il redevint silencieux, essayant de calmer l'angoisse qui commençait à le prendre.
Draco l'écouta et l'observa en silence. Les paroles d'Harry n'auraient pu être que des hypothèses, mais au vu de sa réaction physique, il y avait visiblement plus derrière… Est-ce que ce garçon qu'il avait rencontré par hasard, ce Harry, était LE Harry Potter? La coïncidence serait énorme, mais cela restait plausible, surtout en voyant comment il réagissait en parlant de ce fameux héros. Si c'était vraiment le cas… Tout d'abord, Draco était vraiment exceptionnel pour se faire accidentellement copain avec le fameux héros dont tout le monde parle, à croire que la magie était de son côté. Une autre preuve de sa supériorité. Pour la suite… Draco esquissa un petit sourire hautain.
- S'il est vraiment comme tu dis, et alors? Mon parrain était laid, maigre, sans aucune estime de lui, et n'a pas eu une enfance heureuse, et pourtant maintenant, c'est un maître des potions et il est très puissant. Il est peut être toujours laid et maigre, mais il a travaillé dur et il est super cool. Si ce "héros" est si nul que ça, il peut changer et devenir quelqu'un de génial. Il faut seulement en avoir l'ambition. Après, s'il n'a aucune envie de changer et veut rester dans sa médiocrité, ce sera sa propre faute. La volonté, ça peut être un puissant atout.
Quant à ses théories sur comment il avait pu vaincre un mage noir, il devait avouer qu'il n'avait aucune idée de comment il aurait pu faire à cet âge… Effectivement, peut-être que les parents avaient fait quelque chose, mais quoi? Échanger leur vie pour protéger leur enfant? Mais si ce genre de chose marchait, ce ne serait pas le seul cas connu, non?
- Je ne sais pas comment il est parvenu pour le vaincre, mais il a réussi, et tout le monde est reconnaissant, ça c'est un fait. Personne ne se demande comment exacterment, ils sont juste contents. S'il a vraiment eu une enfance de merde, autant en profiter pour être gâté par les autres. Tant qu'il ne prend pas la grosse tête après, je suppose que ca peut être acceptable
Harry parvint doucement à se calmer en écoutant les paroles de Draco. Oui, s'il essayait il pourrait sûrement devenir meilleur. Après tout, sa famille était derrière lui maintenant. Il était dans le monde sorcier, loin de cette famille qui le détestait. Il pouvait donc oublier cette peur et pensait à autre chose. Il était un sorcier et il allait dans une nouvelle école. Il voulait découvrir ce nouveau monde et devenir un grand sorcier. Il voulait rendre ses parents fiers. Mais il aurait peut-être besoin d'aide.
- Je ne sais pas si j'y arriverai tout seul… Et je ne sais pas si j'aurai de l'aide…
Façon subtile de répondre que, oui c'est moi LE Harry Potter que tu cherches. Et qu'il avait besoin d'aide. Il était dans un monde totalement inconnu, qui le voyait d'une façon totalement opposé à ce qu'il était et qu'il n'était pas sûr de parvenir à s'en sortir tout seul. Pouvait-il compter sur Draco ? Il n'en savait rien, mais il voulait y croire. Qui sait après tout ? Cette amitié serait-elle sincère ou intéressée ? Dans l'immédiat il s'en fichait, il aviserait plus tard. Il finit par se rasseoir correctement et regarda Draco, retrouvant un petit sourire qui ressemblait plus à un automatisme de défense qu'à un vrai sourire.
- On en a encore pour combien de temps ? J'ai hâte d'arriver et de voir à quoi ressemble notre école. Je me demande comment seront les professeurs. J'ai aussi hâte de voir des créatures magiques. J'ai pu lire quelques petites choses et j'aimerai vraiment les voir en vrai. Quand je pense que les moldus ignorent tout de leurs existences et qu'ils croient que ce ne sont que des contes de fées.
Finalement, son sourire se fit plus naturel au fur et à mesure qu'il parlait, se mettant à rêver de tout ce dont il parlait. Comme un enfant quoi, ce qu'il était techniquement. De son côté, Draco l'écoutait en souriant. Il sentait en lui une flamme de fierté. Il était parvenu à rencontrer Harry Potter par pur hasard. Et il savait qu'il avait gagné des points en étant sympa avec lui à la boutique de vêtements et en l'étant encore maintenant. D'une certaine façon, il était un peu son bienfaiteur.
- On en a pour quelques heures de route. D'ailleurs nous devrons nous changer avant d'arriver. On doit porter la robe de sorcier. Je ne sais pas vraiment ce qu'il y a comme créature magique, à part des fantômes, si on considère qu'ils en sont… Et pas vraiment étonnant, pour les moldus. Ils ne voient que ce qu'ils veulent. C'est facile de les berner.
Les deux adolescents continuèrent de discuter tranquillement, Harry se détendant progressivement au fil de la conversation. Draco sourit en le remarquant. Il devait avouer qu'il appréciait sa compagnie. Pourtant, une question le taraudait toujours. Comment le héros du monde sorcier aurait-il pu finir dans une maison où il n'aurait pas eu une vie heureuse ? Qui était l'incompétent chargé de sa sécurité pendant toutes ses années ? Si cela avait été son parrain, ce ne serait jamais arrivé. Alors qu'ils discutaient, ils furent rejoints dans le wagon par Crabbe et Goyle. L'espace d'un instant, Harry eut peur des deux garçons. Ils étaient grands et costauds. Ils lui rappelaient son cousin. Mais Draco le rassura rapidement en lui disant qu'ils n'attaquaient que si on le leur disait. Ils passèrent donc le reste du voyage ensemble à discuter, même si les deux costauds semblaient totalement à l'ouest. Au moment de se changer, le petit brun s'isola dans les toilettes, gêné de le faire devant les autres. A l'approche de Poudlard, le petit brun commença à ressentir la même sensation d'oppression qu'au chemin de Traverse et sa respiration commença à se faire plus lourde et saccadée. Cela venait donc confirmer sa théorie. Les lieux qui concentraient beaucoup de magie le faisaient réagir. Il commença d'ailleurs à se demander s'il devait s'en inquiéter. Il essaya de contrôler sa respiration mais ce n'était pas évident. Il s'inquiéta même de ce que ce serait une fois qu'il serait au cœur de l'école. En attendant, il fit un sourire à Draco pour le rassurer, lui assurant qu'il allait bien et que ça allait passer.
Le train finit par s'arrêter et ils purent descendre. Ils eurent alors droit à un voyage en barque où ils purent admirer le château et, enfin, ils y entrèrent. Toujours écrasé par l'atmosphère du château, Harry se concentrait sur sa respiration et attendait la suite des événements. Il luttait pour ne pas s'écrouler et parvenir à rester debout, mais il espérait que ce ne serait pas trop long. Il allait rapidement avoir besoin de s'asseoir.
Etant juste à ses côtés, Draco remarqua bien que le petit brun ne semblait pas aller si bien que ça. C'était étrange quand même. Peut-être était-ce dû au fait que sa magie était puissante. Et comme il avait vécu chez les moldus aussi longtemps, cela provoquait une réaction en arrivant ici. Le blond n'avait jamais entendu parler de ce genre de phénomène. Mais les sorciers aussi puissants ne couraient pas non plus les rues. Il regarda autour de lui avant d'attraper la main d'Harry.
- Concentre-toi sur ma main. Et accroche toi à moi si tu sens que tu vas flancher.
Après tout, il était LE Harry Potter. Il ne pouvait pas flancher devant tout le monde dès les premières minutes à Poudlard. La réputation d'un sorcier était très importante. Un héros qui se montrait faible dès le début aurait potentiellement plus de mal par la suite, et vu qu'il ne savait rien du monde magique, cela pouvait vite dégénérer si la personne n'avait pas un mental d'acier. Ce grand héros dont tout le monde parlait avait visiblement un gros manque de confiance en lui. Draco était peut être une peste qui aimait rabaisser les autres, mais il n'était pas assez mauvais pour pousser quelqu'un à bout. Son parrain lui avait raconté combien il s'était fait emmerder à l'école, et lui avait expliqué l'importance d'être fort, mais également qu'il y avait des limites à ne pas franchir. Harry Potter allait se faire bouffer tout cru. Il lui avait dit qu'il avait besoin d'aide. Comment refuser d'aider le grand héros, qui plus est, un grand héros dont il appréciait sincèrement la compagnie jusqu'à présent?
De son côté, Harry fut surpris de sentir la main de Draco se glisser dans la sienne. Il se tourna vers lui et sourit en l'entendant. Il acquiesça de la tête et serra donc sa main, se concentrant sur cette dernière. Elle était son point d'ancrage dans cet inconnu. Dans l'immédiat, il savait qu'il pouvait faire confiance au blond. Et il espérait sincèrement qu'il serait placé dans la même maison que lui. Mais il avait des doutes. D'après ses lectures, il avait appris les caractéristiques des différentes maisons et il se demandait vraiment s'il correspondrait à Serpentard.
Après quelque minutes, on les fit finalement entrer dans la grande salle et Harry prit le temps d'observer le plafond magique, souriant. Il était émerveillé par la beauté des lieux. Il se sentait toujours oppressé par la magie qui l'entourait. Il avait l'impression d'être écrasé et qu'en même temps, c'était comme si quelque chose voulait sortir de lui. Mais la main de Draco, toujours dans la sienne, l'aidait à garder pied. Alors il tenait bon. Il tiendrait le coup.
La répartition commença alors avec un vieux chapeau qui se mit à chanter. Il chantait les quatre maisons et leur histoire, puis semblait encourager les maisons à s'unir. Une fois le chant terminé, les enfants furent appelés les uns après les autres et le chapeau placé sur leur tête. C'est ainsi que ce dernier les envoya chacun dans une maison.. Draco passa avant Harry et, comme il l'avait prédit, alla direct à Serpentard. Le brun attendit encore son tour et il s'avança quand son nom fut prononcé, essayant d'ignorer les murmures sur son passage. Oui il était Le Harry Potter, on avait compris. Il s'installa donc sur le tabouret et sursauta quand il entendit la voix du choixpeau dans sa tête. Ce dernier sembla hésiter sur sa place et Harry serra les dents, inquiet. Et si vraiment il n'avait pas sa place dans une des maisons ? Mais finalement…
- Je pense que tu seras en sécurité là bas. D'ailleurs, je te conseille de parler à ton directeur de maison dès que possible au sujet de ta santé. Crois moi, c'est important. SERPENTARD !
Harry soupira de soulagement, ne se rendant pas compte des regards surpris des gens. Ben oui, il ignorait qu'il était le premier Potter à ne pas aller à Gryffondor. Et pire encore, il était le premier Potter à aller dans la maison ennemi. Mais lui, il s'en fichait pour l'instant. Il se releva donc et se dirigea vers sa nouvelle maison, rejoignant Draco. Et enfin, il put s'asseoir. Et ça lui fit du bien, ses jambes menaçaient vraiment de le lâcher à tout moment.
De son côté, Draco était fier comme un paon. Il aimait penser que c'était un petit peu grâce à lui qu'Harry Potter avait été accepté à Serpentard. Certes, c'était le choixpeau qui décidait, mais il avait entendu dire que ce dernier prenait également en compte l'avis de l'élève. Alors peut-être qu'il avait effectivement aidé à sa venue dans cette maison? Draco lui sourit lorsque le brun vint s'asseoir à ses côtés.
- Bienvenue dans la meilleure maison de Poudlard.
Tous les autres Serpentards l'accueillirent chaleureusement, et on pouvait voir qu'ils étaient tous fiers d'avoir cette vedette dans leur maison. C'était bien une preuve que les Serpentards étaient les meilleurs.
Les élèves n'étaient pas les seuls à être surpris, même le directeur et la plupart des professeurs semblaient l'être en voyant qu'Harry se trouvait à Serpentard. Le professeur Snape observait discrètement Harry. Lui-même était surpris. L'enfant ressemblait comme deux gouttes d'eau à son harceleur, mais peut-être était-il différent, s'il avait été admis dans sa maison. Une chose était sûre, il devait le garder à l'œil.
Alors qu'Harry observait encore la grande salle et les reste des élèves, Draco lui montra la table des professeurs. Enfin, l'un des professeurs en particulier.
- C'est le professeur Snape, notre directeur de maison
Puis il continua en murmurant.
- Et mon parrain. Tu verras, il est super cool.
Harry observa un instant le professeur en question. D'ailleurs, leurs regards se croisèrent puisque celui-ci le regardait également. Se sentant rapidement intimidé, le petit brun baissa rapidement la tête et se tourna à nouveau vers son ami.
- Le professeur Snape… le choixpeau m'a dit de le voir dès que possible… que je devais lui parler de ma santé…
Il avait en effet toujours la respiration saccadée. Mais il se doutait qu'il devrait attendre la fin de la cérémonie et que les étudiants soient conduits à leur dortoir pour pouvoir faire cela. Quand la répartition s'acheva, le directeur fit un dernier discours et le repas apparut enfin. Harry observa les innombrables plats, ne sachant pas quoi prendre. Et surtout… il avait l'estomac quelque peu noué. Il avait faim. Mais en même temps, il y avait tellement longtemps qu'il n'avait pas eu un vrai repas qu'il ne savait pas comment ça allait se passer. Il observa un instant Draco et les autres élèves avant de se prendre un petit quelque chose. Il ne prit pas beaucoup de nourriture, picorant plus qu'il ne mangeait. Mais il devait reconnaître que les plats étaient très bons. Il s'arrêta rapidement de manger, l'estomac déjà plein. Et vu qu'il n'était déjà pas très bien à cause de la pression de la magie, il ne voulait pas en plus rajouter un mal de ventre et des nausées à cela. Il n'avait plus qu'à attendre que cela se termine.
Draco était d'accord avec Harry. Au vue de sa respiration, il serait bien de parler au professeur Snape. L'infirmière de l'école pourrait également l'examiner, mais il faudrait mieux d'abord en parler à leur directeur de maison. Cependant, le blond ne pensait pas que son ami pourrait le faire ce soir. Il devrait certainement attendre demain avant de pouvoir parler à son parrain. Il remarqua également que Harry ne mangeait pas beaucoup. Ce n'était pas vraiment surprenant s'il ne se sentait pas bien. Pourtant, le blond lui mit quelques morceaux de nourriture dans les poches.
- Même si tu n'as pas faim maintenant, met ca dans tes poches, tu les mangeras plus tard quand tu te sentiras mieux.
Harry, bien que surpris par son geste, le remercia en souriant. Il n'était pas sûr de vraiment les manger, mais au moins il en avait au cas où. Certains élèves posèrent des questions à Harry, curieux à son sujet. Il ne savait pas trop quoi leur répondre. Il n'avait aucun souvenir de ce fameux jour où le sorcier noir l'avait attaqué et il n'avait pas vraiment envie de parler de sa resta donc vague tout en répondant poliment. Le reste du repas se passa dans la bonne humeur générale, puis il fut temps de rentrer dans les dortoirs. Le préfet en chef des Serpentard était chargé de montrer le chemin aux premières années. Draco le suivit donc, restant prêt d'Harry, et ils descendirent vers les cachots. Ils écoutèrent le préfet donner le mot de passe, et le passage secret s'ouvrit devant leurs yeux, laissant découvrir le foyer des Serpentards.
- Les garçons vont de ce côté, les filles, par là, dit le préfet.
Etant donné que leur foyer se trouvait sous l'eau, Draco se demandait si cela pouvait aider Harry à se sentir mieux. Il ne savait pas vraiment si cela pouvait aider sa condition. Dans tous les cas, il alla dans la direction indiquée, observant les chambres, avant de finalement en choisir une qui lui semblait convenable. Il y avait des lits à baldaquin tendus de soie verte et les dessus de lit étaient brodés d'argent. Les murs étaient ornés de tapisseries médiévales retraçant les exploits d'illustres Serpentard. De lourdes lanternes d'argent étaient accrochées au plafond, et le clapotis des eaux du lac de Poudlard contre les vitres se trouvait être très relaxant. Les chambres s'adaptaient aux désirs des élèves: le nombre de lits changeait selon leur volonté, permettant d'accueillir jusqu'à quatres élèves maximum dans chaque chambres.
- Je pense qu'ici, ce sera bien
Dit Draco, mettant ses affaires dans la chambre, avant de se tourner vers Harry.
- Qu'est-ce que tu comptes faire? Personnellement, je préfère ne pas partager ma chambre avec Craig et Goyle. Mais toi, tu peux venir si tu en as envie.
Harry, qui était toujours occupé à observer leur dortoir, sortit de sa contemplation et le rejoignit. Il avait pris le temps d'admirer leur salle commune. Malgré l'omniprésence de vert, la couleur était assez reposante et arrangée de façon harmonieuse. Il sentait qu'il serait bien ici. A son tour, il observa les chambres. Pour l'instant, il n'y avait qu'un lit dans la pièce. Mais Draco avait bien dit qu'il pouvait se joindre à lui s'il le désirait. Il sourit et n'eut pas besoin de le formuler à voix haute qu'un deuxième lit apparaissait déjà. Les affaires du brun firent également leur apparition au pied du lit. C'était donc ici que les deux adolescents dormiraient. Le petit brun pénétra dans la chambre et s'approcha en premier lieu de la fenêtre. Elle était ronde et donnait sur les fonds marins du lac. C'était sûrement une fenêtre magique. En tout cas, il pouvait voir les tréfonds du lac ainsi que la vie de celui-ci. Des poissons et d'autres créatures passaient par là. Harry sourit, trouvant cela très reposant. Il s'assit contre la fenêtre, sentant que cette place deviendrait rapidement son endroit préféré.
- C'est vrai qu'on est bien ici. On dirait presque un nid, ou un terrier. C'est agréable. J'y pense, je n'ai pas revu Hedwige depuis qu'on est arrivé. Ma chouette. Elle ne risque rien n'est ce pas ?
Harry était un peu inquiet. Il s'était très vite attaché à l'animal et il ne voulait pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. Mais Draco le rassura vite.
- Bien sûr que non. Les chouettes et hiboux sont envoyés dans la volière, tout en haut de la tour; Ils seraient malheureux dans les dortoirs, sinon. Et dans un sens, c'est normal que cela ressemble à un nid. Nous sommes des serpents.
Draco commença à ranger ses affaires. Il était plutôt du genre ordonné et n'aimait que ses vêtements soient froissés. Il prenait grand soin de ses vêtements préférés. C'était assez important pour lui. Harry l'imita assez rapidement, défaisant rapidement sa propre malle. Cependant, il le fit avec plus de discrétion. Parmi ses uniformes, il y avait les vieux vêtements de son cousin. Et il avait un peu honte de montrer ça à son ami. Il les rangea donc rapidement. Maintenant qu'il y pensait, il lui faudrait d'autres vêtements. Il ne pourrait pas porter constamment ses tenues d'école. Et il n'était pas question de faire honte à sa maison. Dès qu'il eut terminé de ranger ses affaires, le petit brun retourna s'installer à la fenêtre. Il posa son front contre la vitre, écoutant le bruit de l'eau et observant les créatures qui nageaient devant ses yeux. C'était calme et reposant. Il parvenait même à en oublier son inconfort.
- Tu te sens mieux ici? Je ne pense pas que tu pourras parler à Snape ce soir, mais demain ça devrait être bon. On doit encore recevoir nos emplois du temps d'ailleurs. Oh, et tu as vu la tête de Dumbledore quand le choixpeau a dit que tu allais à Serpentard? Il essayait de le cacher, mais il était super surpris, et pas dans le bon sens.
Draco ricana en y repensant. En même temps, beaucoup devait imaginer que leur héros national irait directement à Gryffondor. Mais non, le voilà parmi les verts et argents. Dans la maison la moins aimée de l'école. Harry se tourna vers lui en souriant légèrement.
- Oui, je me sens mieux. Mais j'irai quand même voir Snape demain. Et pour Dumbledore... Non, j'avoue ne pas avoir fait attention. Pourquoi ça l'a surpris ? En quoi ma maison le regarde ? Demanda-t-il.
- A mon avis il n'était pas le seul. J'ai entendu que tes deux parents étaient des Gryffondors. Et celui qui les a tués était un Serpentard. Mais bon, avant d'en être un, c'était surtout un puissant mage noir, lui répondit le blond en enfilant son pyjama. Ajouté à cela que notre maison n'est pas la plus appréciée. Comme quoi il y a plus de mauvais sorciers qui en sortent par rapport aux autres. Salazar Serpentard lui-même considérait que les sorciers non sangs purs ne méritaient pas son enseignement. Maintenant, les autres n'étaient pas non plus irréprochables. C'est aussi pour ça que nous devons nous serrer les coudes. Nous sommes seuls contre les autres. Nous devons faire front tous ensemble.
Le brun l'écoutait en silence. Il comprenait maintenant la façon dont les autres élèves l'avait accueilli parmi eux. Et il aimait bien l'idée d'avoir une maison aussi unie. Au moins, il n'aurait pas à surveiller ses arrières au sein de Serpentard. La fatigue commençant à se faire sentir, les deux adolescents s'installèrent chacun dans leur lit et se souhaitèrent la bonne nuit. Cette dernière se passa sans soucis. Harry était heureux. Il n'avait jamais dormi sur un matelas si agréable ou même eu la place de s'installer confortablement, sans avoir besoin de se replier sur lui-même. Il supposait que c'était ça le bien-être.
Le lendemain, il fut le premier à se réveiller. Il s'étira en baillant, réalisant qu'il avait passé la meilleure nuit de sa vie. Il lui fallut un petit moment pour se souvenir où il était et il ne put qu'en sourire. Il se leva doucement, silencieux pour ne pas réveiller son ami, et il revint s'installer à la fenêtre. Il y resta jusqu'à ce que Draco montre des signes de réveil. Le blond se redressa dans son lit. Il avait les cheveux décoiffés et cela lui donnait une tout autre image que celle qu'il montrait jusqu'à présent. Cela lui donnait même un côté trop mignon. Ce fut la pensée qui traversa Harry alors qu'il le regardait émerger. Ils se préparèrent ensuite chacun à leur tour. Autant le blond y mettait du temps, coiffant soigneusement ses cheveux tout prenant soin de bien choisir ses tenues. Le brun, pour sa part, se contenta d'enfiler son uniforme et de jouer un peu avec ses cheveux. Il ne chercha pas vraiment à les ordonner. Ils lui tombaient quelque peu sur la nuque, atténuant l'aspect nid d'oiseaux qu'il avait eu toute son enfance. Une fois tous les deux prêts, ils montèrent à la grande salle pour déjeuner. D'ailleurs, maintenant que Harry y pensait, il n'avait pas touché à la nourriture que Draco lui avait mis dans les poches la veille. Alors que les élèves mangeaient, les préfets leur expliquaient comment leurs journées allaient se dérouler. Les premières années devraient se rendre dans la salle de classe du professeur Snape pour que ce dernier leur fasse une présentation de leur maison et leur donne leur emploi du temps. Pendant tout ce temps, Harry picora plus qu'il ne déjeuna. Il découvrit quand même le jus de citrouille et reconnut que c'était assez bon. Mais son estomac n'était pas encore prêt à recevoir trop de nourriture. Ce que Draco remarqua également. Cependant, il préféra ne rien dire pour l'instant. De toute façon, son ami irait parler avec leur directeur de maison. Celui-ci prendrait donc les mesures nécessaires si besoin.
Le petit déjeuner terminé, les premières années se dirigèrent donc vers la fameuse classe de potion pour rentrer leur professeur. Un grand homme pâle et tout de noir vêtu les attendait, debout devant son bureau. Il laissa les enfants s'installer, remarqua rapidement le petit Potter. Il ne fut pas surpris de voir que son filleul lui avait déjà mis le grappin dessus. Lucius, son père, avait sûrement dû fortement insister sur ce fait. Snape prit un instant pour observer l'enfant, toujours surpris qu'il se soit retrouvé dans sa maison. Il le trouva étonnement petit et frêle par rapport aux autres. Ses parents étaient plutôt de taille moyenne pourtant. De plus, il avait l'air bizarre. Comme malade. En effet, Harry était à nouveau dérangé par la pression de la magie. Il faisait de son mieux pour contrôler sa respiration, mais il ne pouvait empêcher cette dernière d'être un peu haletante. Heureusement qu'il avait bien dormi, car c'était loin d'être reposant… Une fois que tous les élèves furent installés, Snape commença par leur distribuer leurs emplois du temps. Il n'avait aucune envie de faire cette présentation, mais en tant que chef de maison, il le devait.
- Je suis le professeur Snape, votre directeur de maison. On dit que tous les Serpentard pratiquent la magie noire, que nous ne parlons qu'à ceux dont l'arrière-grand-père était un célèbre sorcier ou d'autres bêtises de ce genre. Hé bien, il ne faut pas croire tout ce que l'on raconte. Certes, je ne nie pas le fait que nous ayons formé au cours des années plusieurs grands experts en magie noire, mais nous ne sommes pas les seuls : les trois autres maisons aussi . La seule différence, c'est que eux refusent de l'admettre. Il est aussi vrai que, jadis, la tradition voulait que nous n'acceptions que des élèves issus des plus grandes lignées de sorciers et de sorcières. Mais, aujourd'hui, beaucoup parmi nous ont au moins un parent Moldu. Nous ressemblons à notre emblème, le serpent : nous sommes sinueux, puissants et souvent incompris. À Serpentard, tout le monde se serre les coudes coûte que coûte, ce qui est loin d'être le cas à Serdaigle. Non seulement ils sont les plus gros bûcheurs qu'on n'ait jamais vus, mais, en plus, ils se livrent tous une guerre sans merci pour obtenir les meilleures notes. Ici, c'est différent: les Serpentard sont unis comme les doigts de la main. Les couloirs de Poudlard renferment bien des surprises pour les timorés, mais, grâce à la protection des Serpents dont vous bénéficierez, vous pourrez vous promener sans crainte dans toute l'école. Quand vous devenez un vert et argent, vous faites partie des nôtres. Vous faites partie de l'élite. L'honneur et les traditions des Serpentard sont des valeurs qui nous tiennent à cœur.
Il fit une petite pause pour observer les élèves. Il était à peu prêt sûr que la moitié était en train de dormir. Il n'hésita pas à faire tomber bruyamment un livre bien lourd sur son bureau pour en réveiller quelques-uns.
- Savez-vous ce que recherchait le grand Salazar Serpentard quand il choisissait ses élèves préférés? Les graines de la grandeur. Le Choixpeau vous a envoyé ici car vous avez le potentiel d'être grand, au sens le plus noble du terme. Vous remarquerez sans doute une ou deux personnes dans notre salle commune qui ne semblent pas correspondre à cette définition, mais évitez de vous poser trop de questions sur elles. Si le Choixpeau les a envoyées chez nous, c'est parce qu'il a décelé une pointe de grandeur chez elles aussi. Surtout n'oubliez jamais ça. Autre chose: Le Baron Sanglant est le fantôme des Serpentard. Essayez de vous en faire un ami : il acceptera peut-être d'effrayer certains élèves pour vous rendre service. Par contre, ne lui demandez jamais pourquoi ses vêtements sont tachés de sang: il déteste qu'on lui pose cette question. Vous devez aussi savoir que le mot de passe de notre salle commune change tous les quinze jours. Vérifiez donc régulièrement notre tableau d'informations. N'y faites jamais entrer un élève d'une autre maison et ne révélez jamais notre mot de passe. Aucun étranger n'y est entré depuis plus de sept siècles. A présent, veuillez poser vos questions. Et comprenez que je ne répondrai pas à quelque chose que j'ai déjà dit. Si votre cerveau est trop limité pour comprendre ce que je viens de dire, ce n'est pas mon problème.
Harry avait bien écouté le discours du professeur tout en jetant un œil à son emploi du temps. Apparemment, les cours se passaient toujours en double avec une autre maison et se déroulaient sur deux heures. Quelques élèves posèrent leurs questions puis la réunion s'acheva. La classe se vida donc, mais Draco ne sortit pas. Au contraire, il alla directement voir le maître des potions avant de se tourner vers son ami, s'attendant sûrement à le voir faire de même. Mais le brun était plongé dans ses réflexions, les yeux toujours rivés sur son emploi du temps. Snape leva un sourcil, comprenant bien le message. Son filleul voulait lui demander quelque chose en rapport avec Potter. Il regarda donc ce dernier à son tour.
- Potter, avez-vous quelque chose à me dire, ou à me demander?
Harry se redressa, surpris d'entendre Snape lui parler. C'est là qu'il remarqua que les autres étaient partis. Il était tellement dans sa bulle qu'il n'avait pas vu la classe se vider. Il vit Draco près du professeur. Il ne l'avait pas abandonné. Il se força à se détendre et inspira profondément, émettant un sifflement suite à cette respiration un peu difficile.
- Lors de la répartition… le choixpeau m'a dit que je devais vous parler de ma santé… Mais…
Il hésita un instant. Il savait que s'il parlait de ce problème de pression qu'il ressentait, il risquerait de subir un examen complet et que sa vie chez son oncle et sa tante serait rapidement découverte. Il prit une seconde inspiration sifflante et se lança.
- J'aimerai vous demander de garder pour vous ce que je vais dire, mais je suis presque sûr que vous me répondrez que ce ne sera pas possible… J'ai grandi chez mon oncle et ma tante, des moldus. Et… disons les choses… ils ne m'apprécient pas. En fait… ils détestent tout ce qui n'est pas normal, selon leurs termes à eux bien sûr. Et moi… je suis le monstre qu'ils cachent au reste du monde… Je ne savais pas pourquoi, jusqu'à ce que j'apprenne l'existence du monde magique, quelques jours avant mon anniversaire. Et maintenant que je suis dans le monde magique, je me sens bizarre, comme écrasé par quelque chose. Quand j'étais du côté moldu, ça allait. Mais au chemin de traverse et ici à Poudlard, c'est vraiment dur. Je me sens comme pris dans un étau. Et en même temps, je sens quelque chose en moi… quelque chose qui… je sais pas… quelque chose qui a envie de sortir…
Il ne savait pas trop comment expliquer ce qu'il ressentait ni même si ce qu'il disait était compréhensible. Mais au moins, maintenant, c'était dit. Il regarda son professeur, attendant de voir la suite des évènements
De son côté, Snape l'écoutait en silence. Il ne le montrait pas, mais il sentait la colère monter en lui. Comment ça le gamin avait été placé chez son oncle et sa tante ? S'il comprenait bien le message, cela voulait dire qu'il avait été confié à Pétunia, la sœur de Lily, sa mère. Or, il connaissait cette femme. Ayant eu une enfance commune avec Lily, il avait bien remarqué la farouche jalousie de la sœur de cette dernière. Elle n'avait pas du tout apprécié qu'une sorcière fasse partie de sa famille. Et il ne serait pas vraiment surprenant qu'elle en soit venu à la haïr. Et apprendre que l'enfant Potter lui avait été confié n'était pas une bonne nouvelle. Qu'avait elle pu lui faire pendant toutes ses années ? Encore une fois, la petite silhouette du gamin l'interpella. Une chose était sûre, il allait devoir l'emmener à l'infirmerie pour lui faire un check-up complet. Au moins pour vérifier. Mais pour en revenir à son autre problème…
- Il semblerait qu'il ressente cette pression dans les endroits où la magie est concentrée, intervint alors Draco, expliquant davantage la situation.
Snape réfléchit quelques instants à ce qu'il allait répondre.
- Je peux demander à Madame Pomfresh, l'infirmière de l'école, de t'examiner, sans pour autant lui expliquer pourquoi. Après tout, tu es le fameux Harry Potter, le grand héros du monde des sorciers, dit-il avec un ton sarcastique, avant d'ajouter. Je pense donc que vouloir être prudent et vérifier ta santé ne devrait pas lui sembler suspect. Dans tous les cas, je ne tiens pas à te donner quelque médicaments que ce soit, étant donné que nous ne connaissons pas ta condition. Rejoignez moi ici à la fin de la journée et nous irons la voir.
Normalement, il aurait envoyé Harry tout seul à l'infirmerie, mais il devait le protéger. Et pour cela, il devait savoir ce qu'il pouvait bien avoir. Lily n'avait aucune condition particulière, à sa connaissance, donc si quelque chose clochait, cela venait forcément de son abruti de père.
- Très bien professeur. Je vous rejoindrai donc tout à l'heure. Merci Monsieur.
Harry avait bien noté le sarcasme sur son nom et en avait grimacé. Il ne savait pas comment le prendre mais il n'en dit rien. Il sortit ensuite de la classe avec Draco pour se rendre à leur premier cours. Le brun essayait de se faire le plus discret possible. Il n'aimait pas être le centre de l'attention, ce n'était pas dans ses habitudes bien au contraire. Mais maintenant, tout le monde savait qui il était. Il entendait les autres élèves murmuraient entre eux à son sujet. C'était assez désagréable, mais il n'y pouvait rien. Il se contenta de rester avec son ami. Pour cette première journée, les professeurs leur firent simplement une présentation de leur cours. Les "vraies" leçons ne commenceraient réellement que demain. Ils prirent donc le temps de répondre aux questions de leurs élèves, leur faisant parfois une petite démonstration quand c'était possible. La journée se déroula donc tranquillement et dans une ambiance relativement calme. En même temps, Harry n'était jamais seul. Il était toujours accompagné de Draco ainsi que de leurs deux "gardes". A la fin de cette journée, ils rejoignirent la grande salle pour le dîner. Encore une fois, le brun n'avala pas grand chose. Mais au moins, il mangeait. C'était déjà ça. Alors qu'il jetait un œil vers la table des profs, il remarqua que Snape l'observait avant de finalement lui faire un signe. Il comprit donc qu'il était l'heure de se rendre à l'infirmerie. Il se leva donc et se tourna vers Draco. Il aurait aimé qu'il l'accompagne, mais vu qu'il allait sûrement subir un examen médical complet, ce n'était sûrement pas une bonne idée.
- Bon, je te retrouve au dortoir Draco. A tout à l'heure.
Il lui sourit et rejoignit donc le professeur Snape pour aller à l'infirmerie. Arrivé sur place, l'infirmière, avec les explications brèves et minimes que lui donna le professeur de potion, commença donc l'examen. Harry se retrouva allongé sur un lit et cette dernière lui lança un sort de diagnostic. Un parchemin apparu et sur celui-ci s'inscrivit tous les problèmes dont souffrait le garçon. Et il se fait un peu trop long d'ailleurs. Au fil de sa lecture, Pomfresh fronçait les sourcils, semblant se retenir de se mettre en colère. Mais vers la fin, elle pâlit violemment et finit par lancer deux sortilèges, un pour verrouiller solidement son infirmerie et un autre pour leur préserver une totale intimité et sécurité, que rien de ce qui serait dit ici ne puisse en sortir. Et enfin, elle se tourna vers Snape.
- Severus, je crains que nous n'ayons un gros problème…
Et elle lui donna le parchemin. La liste commençait sur les mauvais traitements auxquels on s'attendait : malnutrition, blessures répétitives, os cassés, déboités, croissance tardive, etc. Mais le dernier mot de la liste était celui qui avait provoqué la fermeture de l'infirmerie.
- Obscurus
A suivre...
