Hey~~
Je vous présente mon nouveau délire :') ! Je me suis pas mal amusée à imaginer la plupart des scènes, si bien que ce qui devait être au départ un OS, est à présent une petite fiction de quelques chapitres ! Elle restera néanmoins courte, mais vu le développement que j'ai prévu pour cette fiction, je préfère vous éviter le chapitre de 40 000 mots qui serait carrément imbuvable ... (bon par contre, je vous préviens, je n'ai pas la moindre idée pour l'instant de combien il y aura de mots à la fin XD)
Disclaimer : Tout appartient à Kōhei Horikoshi sauf Haru :)
Rating : T (On dit merci au langage fleuri de Bakugo...)
Bonne lecture ~
Quand Katsuki arriva devant le bâtiment, il fronça les sourcils. Il ne voyait pas pourquoi c'était eux qu'on avait appelé à l'aide. L'agence de FatGum, qui l'employait jusqu'à la fin de ses études en même temps que Kirishima, était apparemment la plus proche des lieux du drame et on leur avait demandé de venir en renfort des secours en attendant que des héros spécialisés dans ce type de sauvetage arrivent.
L'immeuble devant lequel Kirishima et lui se tenaient était en proie à des flammes de plus en plus imposantes et menaçait à tout moment de s'écrouler.
- C'est l'orphelinat qui était là ! Qu'est-ce qui s'est passé ?, s'exclama Kirishima.
Katsuki réfléchit à toute vitesse. Le roux avait raison et vu comment les pompiers s'agitaient, il devait encore y avoir des enfants à l'intérieur. FatGum était derrière eux. Il leur ordonna rapidement de rester pour aider les secours et autre chose mais le blond ne l'écoutait déjà plus. Il fallait agir. Et vite. Il était hors de question qu'il reste là à glander pendant que des gosses étaient coincés là-dedans. Son alter l'avait habitué aux explosions et aux chaleurs importantes. Il se tourna vers Kirishima.
- Toi, tu viens avec moi et tu me couvres ! Je rentre chercher ceux qui restent.
Il n'attendit pas sa réponse et s'élança dans le bâtiment. Katsuki passa par la première fenêtre qu'il vit. Il eut à peine le temps de poser un pied au sol qu'il porta sa main à sa bouche.
- Bordel, c'est quoi cette fumée…
Il voyait à peine devant lui. Le plancher était noir de suie et le feu léchait les murs, faisant claquer le plafond. Le craquement qu'il entendit au dessus de sa tête ne lui plaisait pas du tout. Un morceau de la voute se détacha, l'obligeant à sauter sur le côté. Si cet incendie était volontaire, il ne donnait pas cher de la peau du mec…
Ses doigts crépitaient. Ça l'énervait de plus en plus. Il y avait tellement de fumée et de bordel devant lui qu'il ne savait même pas comment avancer. Il n'y aurait eu personne dans l'orphelinat, il y a longtemps qu'il aurait éclaté ce qu'il restait de charpente, histoire de faire un peu de jour. En parlant de jour, le trou dans le plafond était largement assez grand pour qu'il puisse passer. Tant mieux. Comme ça, il n'aurait pas à passer trois plombes à chercher l'escalier. Et puis quelque chose lui disait que les gamins, s'il y en avait encore beaucoup, n'étaient pas en bas.
Il afficha un rictus satisfait en voyant que les débris par terre formaient l'angle idéal. Il s'éloigna un peu et prit son élan. Il ne lui fallut que quelques secondes pour se hisser au premier étage.
- Putain, ils peuvent pas fermer leur grande gueule…
Les autres l'appelaient dehors. FatGum allait sûrement encore lui casser les couilles parce qu'il était parti mais il fallait bien que quelqu'un se dévoue. Le truc, c'était qu'à force de gueuler comme ça, il n'arrivait pas à entendre si des enfants pleuraient. Tant pis. Il fallait absolument qu'il bouge de toute manière, le plancher n'allait pas supporter son poids longtemps. Il déchira rapidement le bas de son costume et se protégea les voies respiratoires avec. La fumée était cependant beaucoup moins dense qu'en dessous, ce qui prouvait bien ce qu'il pensait depuis le début : l'incendie avait pris au rez-de-chaussée.
Katsuki fit le tour des premières pièces, ou tout du moins ce qu'il en restait, mais il n'y avait rien. Il commençait à perdre patience. Il avait bien compris qu'il restait encore des personnes à sauver, pourtant. Alors pourquoi tout était si vide ?
- S'ils sont pas foutus de savoir combien de mômes ils ont par contre, ça va pas le faire, marmonna-t-il pour lui-même.
Il restait tout de même un étage. Au point où il en était, autant jeter un coup d'œil. Il allait grimper quand un bruit attira son attention. Des pleurs à moitié étouffés.
Il chercha rapidement du regard. La seule pièce qu'il n'avait pas faite. A l'intérieur, une bibliothèque était en travers, tombée sur ce qui ressemblait à un lit de bébé et le gaz n'était presque pas rentré. Il ne poussa pas la réflexion plus loin et se précipita sur le meuble. C'était carrément lourd, cette merde ! Katsuki dut se retenir plusieurs fois de ne rien faire exploser, il ne donnait pas cher de la peau du gosse et de la sienne si l'immeuble leur tombait sur la gueule à cause de ses explosions.
- Mais tu vas bouger, putain !
Le blond envoya son pied dans la bibliothèque qui s'écrasa péniblement contre le sol. C'était pas un truc à la con qui allait avoir raison de lui. Par contre, respirer l'air depuis qu'il était rentré dans le bâtiment avait dû l'intoxiquer pas mal quand même. En pleine forme, il lui aurait fallu que quelques secondes pour le déplacer et non plus d'une minute.
- C'est pas bon, faut qu'on sorte et vite fait.
Il se pencha au dessus du lit. Un bébé, l'air complètement apeuré, le regardait avec de grands yeux marron. Il était emmêlé dans ses draps et ses cheveux dorés étaient grisonnants par la saleté environnante. Il tendit ses petits bras vers Katsuki et semblait sur le point de pleurer. Le blond ne perdit pas de temps et le prit avec lui en l'enveloppant entièrement dans la couverture, pour le protéger au maximum des flammes et de l'air.
- Je le sens pas…
Il avait dû être trop long dans la pièce. Des morceaux de la charpente s'étaient écroulés, laissant des trous béants dans le plancher.
- BAKUGO ! MAGNE-TOI, ÇA VA EXPLOSER !
Le blond fonça dans la fenêtre de la chambre, brisant la vitre avec son dos, le bébé blotti dans ses bras.
Heureusement qu'il avait connu des chutes plus douloureuses que celle-là. En se redressant, il grimaça. Il avait parlé trop vite. Il ne pouvait plus remuer son épaule et un corps étranger était coincé dans sa chair.
Le blond courut en serrant les dents le plus loin qu'il put mais fut projeté violemment en avant. Il n'eut pas le choix de raser le bitume sur son épaule blessée, pour éviter au bébé d'être touché. Sa chute s'arrêta enfin puis plus rien.
Quand Katsuki ouvrit les yeux, il n'entendait rien d'autre qu'un désagréable acouphène. Il cligna plusieurs fois des yeux et vit Kirishima courir dans sa direction. Le bébé était toujours dans ses bras et gigotait. Katsuki essaya tant bien que mal de s'asseoir tandis que le bruit lui revenait doucement. Il inspira un peu d'air frais mais fut pris d'une quinte de toux. Il n'avait pas fait attention mais ses poumons le brûlaient horriblement. Comme si le feu lui dévorait à présent les entrailles. Le rouquin s'approcha de lui, l'air préoccupé mais ne dit rien et prit le paquet avec lui. Katsuki le vit du coin de l'œil retirer la couverture de la tête du gosse. Il ne semblait pas atteint. Tant mieux.
- Sérieux, mec, que tu joues les héros, c'est normal, c'est notre métier mais regarde dans quel état t'es. Et le bébé que t'as sauvé, c'était le seul qui était encore à l'intérieur. Tu bouges pas, je vais chercher FatGum et Recovery Girl.
Katsuki leva les yeux au ciel. Il ne voyait pas où il pouvait aller, avec une épaule en charpie plus l'intérieur complètement encrassé. Et de ce qu'il voyait, toutes les parties de son corps non couvertes avaient été brûlées plus ou moins à vif. Pourquoi il n'avait rien senti ? Il était tellement concentré sur son sauvetage qu'il avait oublié de se protéger lui-même. Il avait connu pire, mais putain, ça faisait un mal de chien.
Quand la vieille arriva, elle lui envoya de toutes ses forces sa canne sur le crâne.
- Non mais ça va pas, la vioque ? Vous voulez mourir ou quoi ?
- Si t'as assez d'énergie pour râler, c'est que t'es en meilleure forme que tu n'en as l'air. Maintenant reste immobile, tu as perdu déjà assez de sang.
Perdu du sang ? Ah oui, son épaule. Au final, ce n'était même pas cette douleur là qui le tenait le plus.
Il laissa Recovery Girl faire son boulot, sans écouter plus que ça son sermon. En plus, il était sûr qu'elle avait fait exprès de ne pas l'anesthésier quand elle retira le morceau de verre de son corps. Il la sentit l'embrasser sur le haut du crâne quand des pleurs parvinrent à ses oreilles.
FatGum revenait avec le bébé. Le gosse hurlait à plein poumon, tendant les bras dans sa direction. Oh non, oh que non. Il voyait d'ici le coup se faire.
- Quand je te disais de rester dehors, c'est qu'il y avait une bonne raison ! Quand on est arrivés, les pompiers essayaient d'éteindre l'origine du feu. Et si ça avait explosé alors que tu étais encore à l'intérieur ? Tu y as pensé ?
- Fallait bien que quelqu'un aille chercher le gosse ! Personne se remuait le cul, j'ai juste fait mon taf.
- Parlons-en de l'enfant ! Et oui, je te le conçois, avoua FatGum, nous te remercions d'avoir été lui porter secours mais tu n'avais pas à autant te mettre en danger. En plus de ça, il y a un problème. Tu vas comprendre.
Le petit braillait toujours autant. Quand FatGum le mit dans les bras de Katsuki, qui grimaça au contact du tissu sur ses brûlures, il cessa aussitôt. C'était quoi ce plan…
- C'est bien ce qu'on se disait. Il ne veut plus te lâcher.
- Ah non, hein ! Je garde pas ça, moi ! J'ai autre chose à foutre que de m'occuper d'un putain de môme !
- Et pourtant, il va falloir. Ça fait partie du métier de héro de prendre soin de toute la population.
- Mais il est minuscule ! Et ça gueule tout le temps, ces trucs-là !
- Ça vous fait un point commun, ria Kirishima qui venait de débarquer. Non, non, c'est bon, j'ai rien dit…, ajouta-t-il précipitamment devant le regard assassin de Katsuki. N'empêche, il a pas tort. FatGum, où est-ce qu'il va le mettre ?
Katsuki se releva. Même si c'était pas encore trop ça, ses blessures ne le faisaient plus souffrir et il pouvait de nouveau respirer normalement. Et le gosse était en train de lui faire un câlin, putain, c'était pas possible…
- Malheureusement, les autorités ont énormément à faire avec les autres enfants. Le directeur de l'orphelinat est dans un coma profond car il a été le premier touché par l'incendie en tentant de faire sortir le plus d'enfants possible. Il ne peut donc pas les prendre en charge. L'hôpital est débordé à cause de l'attentat du centre-ville de la semaine dernière. Et il semblerait que Haru se soit pris d'affection pour toi. Nous sommes unanimes, tu dois le garder jusqu'à ce qu'on trouve un nouveau chez-lui. Ça ne sera l'affaire que de quelques jours, tout au plus, Bakugo.
- Et pourquoi vous pouvez pas vous en occuper, vous ?
- Nos journées sont bien plus remplies que les tiennes, tu peux me croire, soupira FatGum. Les vilains sont de plus en plus actifs en ce moment. Nous n'avons pas une seconde de répit.
Le gosse essayait d'attraper ce qui restait de son masque mais Katsuki lui attrapa le poignet avant qu'il ne l'arrache. Le regard de FatGum lui signifiait clairement que c'était un énorme traquenard et qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'il s'en échappe.
- Je pensais pas que t'allais te dégonfler face à un gosse. On pourra t'aider à l'internat si tu veux, suggéra Kirishima.
- Ça va pas non ? Je vais me démerder tout seul. C'est pas prendre en charge un gamin qui va me faire peur.
Il était planté devant l'internat. Cette histoire le gavait sévère et Kirishima se tenait les côtes à force de rire.
- Bordel, arrête de te foutre de ma gueule, y a rien de marrant !
- Désolé, si j'avais cru voir ça un jour, hihihi… J'ai tellement hâte de voir la tête des autres quand tu vas rentrer.
En même temps, même pour lui, le tableau semblait irréel. Il commençait à faire nuit, ils étaient fin avril et début de la Golden Week. Et lui avait le mioche porté par son bras droit, quelques affaires pour bébé dans un sac dans sa main gauche. On l'avait forcé à aller voir Recovery Girl pour qu'elle s'occupe de Haru et qu'elle lui explique comment s'en occuper pendant les prochains jours. Comme s'il était assez con pour pas savoir comment ça fonctionnait, un bébé. Ça pleure, ça bouffe et ça dort. Y a pas besoin de modes d'emploi de trois kilomètres pour ça. La vieille l'avait même forcé à la regarder lui donner le bain pour qu'il voit comment ça se passe. Il savait même plus ce qu'elle avait foutu dans le sac. Bah, il verrait plus tard. Là, il avait faim et une sérieuse envie de pioncer. Dix-huit ans ou pas, il avait besoin de ses dix heures.
- Bon, on va pas y passer la semaine.
Le blond passa la porte. Il n'y avait pas un bruit. Toute la classe A se tenait dans le salon, l'air complètement abasourdie. Katsuki les défia du regard. Et malheureusement, ils le relevèrent tous.
- Mec, t'aurais pu nous dire que t'avais un gosse, pouffa Kaminari.
- Ça voudrait dire qu'il est plus puceau ? C'est possible ça ? Y en a une qui en a bien voulu ?, renchérit Sero.
- Mais allez vous faire foutre ! C'est pas le mien et plutôt que vous foutre de ma gueule, dites-moi si vous, vous avez réussi à en serrer une, répliqua Katsuki.
Katsuki avait fait exprès d'esquiver la question. Bien sûr que non, il n'était plus puceau. Sauf que les gars n'étaient vraiment pas réputés pour leur discrétion et il était hors de question de mettre ce sujet sur le tapis devant la classe entière et que tous les autres cons soient au courant. Ça les regardait pas. Et il était pas certain que ça lui plaise à elle de toute façon.
- Ce que vous pouvez être bêtes quand vous vous y mettez, les garçons !
Katsuki eut à peine le temps de dire « putain » que toutes les meufs de la classe étaient autour de lui.
- Qu'est-ce qu'il est mignon !, lança Hagakure.
- Il reste combien de temps avec nous, ce bout de chou ?, demanda Ashido.
- En tout cas, il est trop calme pour être le fils de Bakugo, ajouta Asui.
Katsuki étouffait. En plus, le gosse commençait à s'agiter contre lui. C'était évident, en même temps. Les filles étaient pas plus futées que les autres, à l'agresser comme ça.
- Dégagez de là. Vous lui faites peur avec vos gueules de psychopathes.
- Pas besoin d'être aussi méchant. Pour une fois que tu nous ramènes autre chose que des problèmes, répliqua Ashido.
- T'as un souci, l'alien ? MAIS BORDEL, ÇA FAIT MAL ! LÂCHE ÇA, LE MORVEUX !
Haru jouait avec ses cheveux depuis un moment mais là, il venait de tirer sur les piercings qu'il avait aux oreilles. Le gosse avait failli lui arracher le lobe en tirant sur l'anneau.
Sauf que là, il était en train de chialer et de lui crever les tympans.
- Commence pas ! T'as qu'à…
- Kacchan, si je peux me permettre, je pense pas que lui crier dessus soit une bonne idée…
Et ce putain de Deku qui ramenait sa fraise. Le nerd lui prit le bébé des bras et le berça un peu. Comme si lui allait savoir mieux gérer un gosse que lui.
Merde. Il avait réussi. Haru avait cessé de pleurer et regardait l'autre abruti dans les yeux. Cet empaffé de Deku lui fit son sourire à la con, avec sa gueule du sauveur de l'année.
Et pourtant, Katsuki ne put s'empêcher de rire. Haru pleurait encore plus fort qu'avant et repoussait l'autre idiot. Mieux encore : c'était lui que le gosse quémandait. Le blond ne se fit pas prier et reprit Haru avec lui qui posa sa tête contre son torse, l'air d'avoir retrouvé la sérénité. Il afficha un sourire victorieux.
- Je me disais aussi que c'était pas possible que t'arrives à le calmer. Même les gamins me préfèrent visiblement.
Katsuki s'avança dans le salon et se posa sur un des canapés. Tous les autres le fixaient toujours. Il avait un truc sur la gueule ou quoi ?
- Hey, vous avez pas autre chose à foutre que me mater comme ça ?
Il en vit plusieurs hausser les épaules et beaucoup retournèrent à leurs occupations. Seulement quelques uns restèrent avec lui.
- T'es con quand tu t'y mets, Bakugo, t'avais toutes les meufs rien que pour toi, là. Faut que je me trouve un bébé, ça me rendrait sûrement plus pop…
Kaminari n'eut pas le temps de finir sa phrase. Jiro venait de lui balancer toutes ses ondes dans l'oreille, calmant le blond d'un coup. Katsuki savait que ces deux-là sortaient ensemble depuis un moment, mais l'électrique avait encore quelques tendances volages. Qu'ils se démerdent de toute façon, c'était pas son problème.
Kastuki assit Haru à côté de lui et fouilla dans le sac que Recovery Girl lui avait donné. Des vêtements propres, des affaires de toilettes, des biberons et des…
- Ah ouais, va falloir que tu te mettes à ça aussi, le chambra Kirishima.
- Si les couches te passionnent tant, je t'appellerai quand faudra les changer. Ta chambre est à côté de la mienne en plus.
- Non merci ! C'est à toi qu'on l'a confié, je ne voudrais surtout pas interférer dans cette mission.
Katsuki allait répliquer mais il faillit paniquer. Juste faillit. Haru avait crapahuté jusqu'au bord du canapé et s'en était trop rapproché. Le blond le rattrapa de justesse avant de le rassoir à côté de lui.
- Putain, tu peux ne pas bouger pendant un moment ?!
Il s'attendait à ce que Haru hurle de nouveau mais, à la place, le gosse adopta une toute autre expression. Il avait le regard rivé sur Katsuki, les sourcils froncés et l'air de bouder.
- Tu peux faire la gueule, hein. J'en ai rien à carrer. Quand je dis tu bouges pas, tu bouges pas, c'est tout.
Le gosse avança un peu vers l'avant mais Katsuki le remit à sa place. Il allait pas se laisser emmerder par un morveux. Haru recommença, défiant clairement le blond.
- Fais encore un mouvement et je peux t'assurer que tu te déplaceras plus jamais de ta vie, dit calmement Katsuki avec un regard noir.
Haru eut un mouvement de recul. Il ne fit plus rien pendant quelques secondes puis se mit à jouer avec une couche que Kastuki avait posée à côté de lui.
- Sois pas si violent, c'est qu'un bébé quand même, dit Kirishima.
- Ouais bah, je m'en fous. C'est pas lui qui va faire la loi.
- T'es sûr que c'est pas ton gosse, d'ailleurs ? Parce que quand on voit le caractère qu'il a… Vous pourriez avoir un lien de parenté, supposa Sero.
- Quoi, qu'est-ce qu'il a mon caractère, hein ?
Sero leva les mains comme pour dire qu'il rendait les armes. Katsuki leva les yeux au ciel quand Kaminari lui tapota l'épaule et lui indiqua du doigt Haru.
Le gosse avait mit la couche sur sa tête et affichait un énorme sourire, sûrement très content de s'être trouvé un chapeau. Jiro était morte de rire derrière le canapé, Kirishima se retenait comme il pouvait et même lui faisait tout ce qu'il pouvait pour s'empêcher de sourire. La tête d'abruti que le gamin affichait valait son pesant d'or. Il avait l'air tellement heureux comme ça, c'était compliqué de ne pas rire. Kaminari avait déjà sorti son téléphone pour prendre une photo.
- Toi aussi t'es con quand tu t'y mets, dit Katsuki à Haru.
Il lui retira néanmoins son chapeau, rangea le sac et prit Haru sur les genoux. Le gosse n'arrêtait pas de se mettre les doigts dans la bouche et bavait un peu.
- T'es crade, putain.
La bave de bébé et tout ça, c'était vraiment pas son truc. Les garder dans les bras, d'accord, mais le reste, ça lui disait rien du tout. Au final, s'en occuper avait l'air un poil plus complexe qu'il pensait. Mais c'était pas ça qui allait l'arrêter.
- Il a faim. C'est pour ça qu'il mange ses mains.
Katsuki se retourna violemment à l'entente de la voix. Uraraka, qu'il n'avait même pas vu depuis qu'il était rentré, se tenait derrière le canapé. Il avait même pas remarqué qu'elle était là.
- Je peux te montrer comment on fait un biberon, si tu veux. J'ai fait pas mal de baby-sitting avant d'arriver au lycée.
- Nan, c'est bon. Je sais faire chauffer du lait.
- Pour les bébés, c'est du lait en poudre.
- Je t'ai dit que c'était bon. Je sais me démerder.
- Comme tu veux.
Là-dessus, elle partit du salon vers l'ascenseur qui menait aux chambres des filles. En public, ils n'avaient jamais vraiment beaucoup parlé mais leurs échanges étaient de plus en plus froids. Et en vrai, ça le faisait chier.
Kastuki se leva, Haru sous le bras et le sac sous l'autre, et se dirigea vers la cuisine.
Il n'y avait qu'Ojiro qui finissait de nettoyer une assiette dans l'évier. Quand il vit Katsuki arriver, il le salua et rangea la vaisselle.
- Je comprends mieux pourquoi l'internat et si bruyant depuis tout à l'heure. Comment il s'appelle ?
- Haru.
Ojiro s'approcha de lui et sourit au bébé. Katsuki n'avait pas spécialement fait attention mais le petit était concentré sur quelque chose et avait le regard pétillant. En voyant le blond venir vers lui, il tendit les bras dans sa direction. Katsuki fut surpris, Haru ne voulait de personne à part lui depuis qu'il l'avait sauvé, mais il laissa Ojiro le prendre. A peine arrivé dans les bras, Haru essaya de grimper sur l'épaule d'Ojiro pour attraper sa queue.
- Ah ouais. On m'a refilé un chat, en fait, constata Katsuki.
Ojiro avait laissé Haru jouer avec sa queue. Le gosse lui fit même un câlin.
- Bon bah comme tu l'as, je vais lui faire son truc à bouffer avant qu'il… Ah, ben trop tard. T'es chiant le môme, tu peux pas attendre deux secondes ? T'as pas à le mordre.
- T'en fais pas, il ne m'a pas fait mal, lui sourit le blond. Est-ce qu'il a une tétine ? Ça pourrait l'aider à patienter.
Katsuki grogna pour toute réponse et lui lança le sac après avoir pris ce dont il avait besoin. Il vit rapidement l'autre trouver ce qu'il cherchait et le mettre dans la bouche de Haru qui la prit de bon cœur. Celui qui avait choisi la tétine avait vraiment un humour tordu. Elle était en forme de bouton Volume.
Bon et comment ça se faisait cette merde ? Il en avait jamais fait de sa vie (pourquoi en aurait-il fait un, d'ailleurs ?). Il avait la boite de lait en poudre dans la main, le biberon dans l'autre, et se posa contre le plan de travail pour lire les instructions. Un coup d'œil derrière lui, lui fit comprendre que Haru était toujours aussi occupé. Ça l'arrangeait pas mal. Beaucoup de termes ne lui disaient pas grand-chose et il fallait faire des calculs à la con, en plus de vérifier la dose à mettre en fonction de l'âge de l'enfant. « Assurez-vous de bien positionner le disque obturateur avant de visser la bague ». Ça le faisait déjà chier. Mais pour la première fois de sa vie, il se dit qu'il allait devoir faire preuve de patience. Se contenir, penser à des choses qui relaxent… Faire exploser un mur, éclater la tronche de Deku, l'alpinisme… Et putain de bordel, c'était quoi un disque obturateur ?!
- Oh, ce que ça m'emmerde !, jura-t-il.
Il vit Ojiro ouvrir la bouche, sûrement pour lui proposer son aide, mais il leva la main pour le faire taire. Pas question. Il allait se démerder seul et les abrutis qui se foutaient de sa gueule dans le salon pourraient enfin la fermer.
Inspiration, expiration. En plus, lui aussi, il crevait la dalle. Tant pis, il se ferait des onigiris après. Il reprit d'une main tremblante la boite et relut la notice. Ouais, il voyait. Il dévissa le biberon, le remplit de flotte et de poudre comme indiqué, mit cette saloperie de disque avant de fermer et de secouer le truc. C'était enfin prêt et le mioche avait plutôt intérêt à le boire.
Katsuki reprit Haru avec lui. Vu le poids du biberon et les petites mains du truc, il allait devoir lui donner. Bordel, ça allait être encore un grand moment… Il avait l'impression d'être une vraie mère au foyer. En parlant de mère, la sienne n'avait pas du tout intérêt à être au courant pour Haru. Elle l'avait fait chier pendant des semaines pour savoir s'il avait une copine, alors savoir qu'il s'était occupé d'un bébé…
Il s'était assis dans la salle à manger et Ojiro le laissa. Haru parut triste et Katsuki nota mentalement qu'il devait lui trouver un doudou sinon il allait l'emmerder longtemps, vu qu'il venait de voir son premier jouet partir. Pourquoi on lui avait demandé de garder le gosse ? Aider la population dans le besoin, d'accord, mais là, il devait penser à trop de choses et putain, on confie pas un bébé à un mec de dix-huit ans qui a pas du tout le profil d'un baby-sitter ! Il allait devoir faire la lumière sur ce mystère. Haru était pas avec lui juste parce que le gosse s'était attaché à lui. En attendant, le morveux commençait à couiner. Katsuki le calla tant bien que mal dans le creux de son bras et lui mit le biberon dans la bouche.
Haru buvait goulûment et Katsuki était le dernier dans les parties communes. La pièce était silencieuse, la lumière tamisée, si bien qu'en regardant le bébé, il éprouva un sentiment de plénitude. Et c'était pas souvent qu'il se sentait comme ça. C'était reposant. Et même si jouer au papa l'emballait pas des masses, avoir un petit être qui était dépendant de lui était plaisant. Il savait pertinemment qu'il était casse-couilles, râleur, fier, agressif, et c'était carrément mérité quand il gueulait sur quelqu'un, mais c'était pas pour rien qu'il voulait devenir héro. Evidemment que devenir le meilleur était une priorité. Le meilleur pour sauver des gens. Parce qu'il refusait de voir des salopards pourrir la vie de gens qui n'avaient rien demandé et l'injustice lui mettait les nerfs en boule. Alors voir un bébé crever dans les flammes… Il était clair qu'il préférait largement l'avoir avec lui. Il ferait ce qu'il a à faire, c'est-à-dire donner à Haru tout ce dont il a besoin et il savait déjà qu'il ferait ça bien.
Le gosse avait quasiment fini de boire d'ailleurs, et s'endormait à moitié dessus. Kastuki se mit à sourire. Pas le genre qu'il servait quand il se battait mais un vrai, qu'il ne réservait qu'à de très rares occasions. Sans plus de cérémonie, il colla sa tétine dans la bouche de Haru et lava rapidement le biberon, le bébé dans les bras. Il prit ensuite son sac et monta dans sa chambre.
Katsuki eut un mouvement de recul. C'était pas sa chambre, c'était pas possible… On avait bougé des meubles pour y foutre un lit de bébé avec des barreaux, un meuble pour le changer et, quand il entra dans sa salle de bain, une mini baignoire avait été installée. Sur son bureau, il y avait une note de Yuei, écrite par le proviseur pour lui indiquer que « certains changements avaient été faits afin de prendre soin au mieux de l'enfant et que les professeurs et lui-même restaient à sa disposition en cas de questions ou de soucis. » Sans blague. C'était clairement un emménagement dans sa vie privée.
Il se sentit encore plus fatigué qu'avant. Haru dormait à point fermé, si bien que Katsuki fit tout son possible pour ne pas le réveiller quand il le changea. Il crut vomir quand il remplaça sa couche et honnêtement, il n'avait vraiment pas envie de s'attarder là-dessus. Lui enfiler son pyjama fut la tâche la plus simple de la journée. Et enfin, Haru fut enfin sous sa couverture.
- J'en peux plus. Quelle idée à la con…, murmura-t-il, la tête posée contre l'armature du petit lit.
Il partit grignoter rapidement ce qu'il avait dans son frigo avant de s'installer à son bureau. Recovery Girl avait glissé une note dans le sac et celle-ci contenait tout ce dont un bébé avait besoin, et l'heure inscrite juste à côté. Et la feuille était bien trop longue… Katsuki soupira et alla prendre une douche. De toute façon, s'il se fiait à cet « emploi du temps », il y a longtemps que Haru aurait dû être couché. Oh et puis merde. Au moins, il le ferait pas chier le lendemain matin. C'était sa première expérience et il était sûr que personne ne se serait mieux démerdé que lui. Et comme Haru, Katsuki rejoint rapidement les bras de Morphée, lessivé par la journée qu'il venait de finir.
En espérant que ça vous a plu !
En tout cas, Bakugo n'a pas fini d'en baver avec Haru, vous pouvez me croire...
Dites-moi votre ressenti aussi, et si j'ai besoin d'améliorer certaines choses ^^ ! (C'est qu'il faut l'apprivoiser le Katsuki)
A plus ~
