Ce n'était pas seulement sa chambre qui ressemblait à un antre d'ado, mais bien sa maison en entier. Enfin, dans ce qu'il en voyait pour le moment... Donc sa cuisine en tout cas y ressemblait fortement ! Ça l'amusait en plus de le rassurer : Le comique du groupe des Losers ne venait pas d'atterrir chez un fou qui allait le dépecer avant de l'empailler et en faire bon usage ensuite, mais chez un gars aux goûts vraiment très sûrs et digne de son attention.
Franchement, ça ne courrait pas les rues un être assez intéressant et amoureux de la musique au point d'entreposer son importante collection de Cds dans le coin cuisine. De DJ dès son plus jeune âge, il passait de maestro pour chacun de ses petits concerts privés en cuisine et secondés de grands noms forts évocateurs. Richie inspectait consciencieusement le petit meuble de rangement (décoré de stickers hétéroclites qu'il verrait plus en détail après, chaque chose en son temps) pour observer tous ces trésors musicaux : Blondie, Kim Wilde, Britney Spears, Kylie Minogue, Shakira, Anastacia, Madonna, Christina Aguilera, Hilary Duff, les Spice Girls et divers groupes disco ou rock pour ne citer que ça... La liste était à l'image du pénis de leur propriétaire, longue et alléchante ! Et ce gars semblait avoir un kick pour les blondes, là aussi ça se classait comme un truc à méditer plus tard.
Ce n'était pas non plus très commun des rideaux de cuisine à motifs pin-up. Et en aimants sur le frigo, en cartes postales punaisées, en vinyles de décoration sur les murs... Des pin-up plein la cuisine !
D'après son hôte, cette décoration motivait grandement à diverses tâches ménagères parfois bien barbantes... Richie voulait bien le croire ! Bien sûr il était naturellement plus sensible aux formes masculines mais la présence pulpeuse des pin-up ne le dérangeait pas. Au lieu de l'exciter, ces donzelles le rassuraient tels des anges à veiller sur lui et son petit secret... Et oui, s'il aimait les pin-up alors ça faisait forcément de lui un bon petit hétéro pur et dur dûment confirmé !
Est-ce-que ce gars avait recours à cette même technique pour qu'on lui foute la paix sur ce délicat sujet ? Était-ce la première fois que ce même gars invitait un parfait inconnu (dans tous les sens du terme) chez lui ?
C'était la faute à la lumière du frigo si le visage de ce gars, toujours, lui semblait encore plus envoûtant ? Clairement pas le genre de profil que Richie pourrait présenter à ses parents, même en tant que nouvel ami. Ses géniteurs jugeraient férocement et sans détour la nouvelle trouvaille de leur fils chéri à toujours sortir de ces trucs à les dépasser. Une trouvaille, même pas forcément un être humain à part entière, qui d'après eux aurait des airs de musicien underground raté, de drogué sans espoir. Ou bien les deux, puisque les époux Tozier ne mâchaient pas leurs mots non plus mais le disaient tellement mielleusement que cela pouvait sembler aimable pour une oreille non aguerrie. D'ailleurs, son oreille à lui était encore sous le choc du petit traitement troublant de tout à l'heure avec cette intrusion surprise ! Ce gars semblait presque aussi joueur que lui alors tous les deux allaient certainement bien s'amuser...
Richie n'avait pas eu le temps de s'en enquérir ou de l'observer davantage sans user de trop de discrétion puisque son nouvel ami venait de le prendre de court à nouveau. De façon pareillement terre à terre mais un petit peu plus correcte, en apparences.
- Tu veux manger quelque chose ?
"Ouais, toi". Mais, aussi acérée que soit sa langue soi-disant grossière, jamais Richie n'oserait sortir ça à un gars rencontré seulement depuis quelques heures et dont il ne connaissait pas encore le fonctionnement humoristique... Pourtant, il l'avait quand même dit. Probablement pour tester son hôte, au risque de se faire mettre à la porte si près du but en tout point. Mais non, puisque lui aussi semblait avoir faim de cette même fringale apportant ce genre d'envie et avait donc réitéré le geste heureux de tout à l'heure. Accompagnant la chose d'un petit sourire complice, bien que Richie aurait parié avoir également lu un poil de surprise dans son regard. Visiblement son nouvel ami ne s'attendait pas à une nouvelle approche aussi directe mais moins ringarde que la première amorce de tout à l'heure dans le bar.
À quelques détails près : Comme ils ne formaient pas ce style de couple, ou son impatience ne pouvait vraiment plus attendre, ce gars dont il ignorait toujours le nom ne l'avait pas embrassé avant de se mettre à genoux pour à nouveau défaire sa ceinture. Alors qu'il n'était pas particulièrement pudique en temps normal, Richie commençait à se sentir presque trop nu face à celui qui restait tout de même un total inconnu en train de changer son rapport à la nudité. Un très intéressant inconnu dont les yeux brillaient sous l'effet de l'alcool ou bien de ce qu'il avait devant les yeux...
- Roger Rabbit !
Hein ? Ah oui c'est vrai, il portait un caleçon à l'effigie de Roger Rabbit. Des vêtements jusqu'aux sous-vêtements, Richie Tozier savait comment ne pas passer inaperçu et bien-sûr faire preuve de bon sens stylistique. Bien que ce détail vestimentaire demeurait souvent assez frustrant puisque la plupart de ses partenaires ne prêtaient pas grand attention à ses sous-vêtements, eux ce qui les intéressaient c'était ce qu'il y avait dedans. La chose était tout à leur honneur et Richie n'allait certainement pas s'en plaindre, mais une petite pensée pour un caleçon Batman ou avec des motifs de tel personnage issu de l'univers Disney ce n'était pas trop demandé... Si ?
Là, devant les grands yeux ravis et le sourire illuminé de son partenaire actuel, il avait de quoi se sentir comblé après des années de mise à l'écart pour ce pauvre linge de corps jamais apprécié à sa juste valeur. Certainement pas au bout de ses surprises, Trashmouth n'en demandait pas tant mais se retrouvait joyeusement abasourdi face à ce nouveau point commun entre eux. Ce gars aussi adorait ce film, "Qui veut la peau de Roger Rabbit" l'avait fortement marqué durant son enfance. En bien, comme un vieux rêve étrange qui restait en tête. À vrai dire, il avait regardé ce film en cachette avec son cousin car leur famille jugeait l'œuvre avec méfiance bien qu'étant de la griffe Disney. S'il s'était retrouvé dans une autre position, pas sur le point de sentir la langue de ce gars à un endroit bien précis (et sensible) de son anatomie, Richie aurait risqué quelques taquineries en apprenant combien ce film avait à la fois effrayé et fasciné son nouvel ami. Quoique non en fait, puisque le jeune homme avait exactement eu les mêmes émotions. Ce cocktail grisant à l'avoir rendu un peu hésitant à revoir l'œuvre des années après, pour définitivement l'adorer voire la vénérer comme une référence à rester gravée dans chaque facette de son imagination. Son hôte semblait visiblement aussi très fan, et pas qu'un peu tant il semblait lui aussi re-visionner le film en avance rapide dans sa tête.
- … Et je collectionne les objets en rapport avec Jessica Rabbit aussi !
Certainement pour aller avec la décoration de la cuisine. Une pin-up de plus et une des plus époustouflantes dans tout le côté licencieux des paillettes de son... glamour, ça ne se refusait pas ! Bien qu'à cet instant précis, Richie n'avait pas forcément très envie de penser à Jessica Rabbit. Il adorait ce personnage et la trouvait magnifique, mais n'en faisait pas le même usage que certains de ses comparses lorgnant ce personnage cartoonesque d'un intérêt plus ou moins lubrique. Pour lui, la charmeuse Jessica Rabbit rejoignait plutôt le panel des anges à veiller sur son petit secret au lieu de figurer dans un des sujets à garder en tête lors d'un moment de plaisir en solitaire ou accompagné. Par exemple en ce moment, il n'avait certainement pas envie ni le besoin de penser à ce personnage en particulier.
- Si tu parles trop de Jessica Rabbit, ça risque de me faire débander...
Richie avait lâché cette petite mise en garde d'un ton léger, un brin joueur, mais il n'était pas loin de la vérité. Et son complice actuel avait tout aussi gaiement compris le message. Enfin, il avait même fait mieux que ça : Sans aller plus loin dans ses anecdotes, il s'était donc tu et avait observé un bref moment son invité. En plantant ses yeux dans les siens. Ces foutus yeux de biche imprégnés de toute la fourberie adorable des yeux de chien battu, les plus beaux yeux marrons qui lui était donné de voir, après ceux d'Eddie bien entendu... Juste à temps, le petit moment entre lequel ce fascinant inconnu avait baissé les yeux et ce charmant caleçon à les avoir davantage rapprochés, Richie avait chassé son premier amour de sa mémoire. Pour ne pas trop rendre ce genre de moments trop malsains, il se faisait violence pour ne pas avoir Eddie en tête et risquer de vaguement s'imaginer coucher avec son premier amour. Quoique, Eddie n'aurait jamais murmuré et perverti un terme forcément jugé très répréhensible par sa mère surtout si c'était pour juger aussi glorieusement un pénis qu'il venait de prendre aussitôt en main. Heureusement pour sa petite fierté, d'autres hommes l'avaient jugé d'un aussi bon œil d'expert mais là ce "Jeez Louise" sonnait comme le meilleur compliment phallique débité jusqu'ici. Joliment vintage, lâché avec ce faux sourire innocent de sale gamin tout fier, d'une voix délicieusement décidée... Un style à beaucoup lui plaire !
Richie avait quand même pris l'initiative de s'appuyer au plan de travail de cuisine, au cas où... Bien lui en avait pris car il n'avait pu retenir un long frisson de surprise en sentant son partenaire presque directement mettre les dents. Mais pas en lui faisant mal à l'en faire débander de suite, non, bien au contraire. Ce charmant inconnu, qui ne devait pas être à 100% hétéro pour avoir mis au point ce cheat code, usait avec minutie de ses dents pile aux bonnes bordures du gland. Là où le contact des dents ne laissait pas une sensation désagréable, juste un contact foutrement électrisant. Tout en ne faisant pas mentir ce fameux sang polonais puisque ses gestes restaient des plus adroits tandis que le bout de sa langue et ses dents se relayaient pour lui offrir une fellation assez étrange mais à déjà s'inscrire comme une des plus bandantes que Trashmouth avait expérimenté jusqu'ici (Faire tout ce chemin pour recevoir une des meilleures pipes de sa vie, ça aussi c'était bien cool). Tout en caressant en même temps, faussement nonchalamment, sa chemise jaune avec des perroquets bleus en guise de motifs, comme pour signifier que lui aussi était fortement attiré par les hommes bien habillés. Un des premiers points à les avoir rapprochés, ce n'était pas rien puisque ça concernait une des choses qu'il aimait le plus au monde !
Aussi, il y avait quelque chose sur sa main droite. Bizarre, Richie n'y avait pas prêté attention avant. Des lettres, un tatouage, un mot, un nom... Un truc de plus à lui plaire.
- Ziggy...
- Hum ?
L'inconnu se nommait bien ainsi puisqu'il avait relevé les yeux vers lui, sans s'arrêter dans son élan cependant mais en essayant de lui sourire malgré ce qu'il avait toujours dans la bouche. Une situation franchement drôle en tellement de points, avec en premier le fait de savoir seulement maintenant le nom de ce type avec lequel il avait conversé un long moment, partagé des anecdotes assez personnelles, fait le chemin en voiture, embrassé et tripoté grâce à un compliment sur une bien belle chemise, suivi dans sa maison, sur le point de jouir dans sa bouche... C'était presque hilarant en fait, dans le genre humour de film se finissant forcément bien et se faisant un minimum charcuter par la censure pour rester tout public. Et encore plus excitant, n'en déplaise à une certaine conscience ne pouvant pas comprendre la joie de savourer ce style de plaisir après tant de risques comme celui de suivre quasi aveuglement les conseils d'un magazine féminin !
Et puis ce point important était désormais résolu à défaut d'avoir lui-même décliné son identité : Un surnom, un pseudonyme, un diminutif... Qu'importe. Un nom bien cool lui aussi, se classant à la suite de tout ce que Richie Tozier avait déjà primé. Ziggy, ça sonnait bien, ça allait parfaitement avec ce que ce sympathique jeune homme dégageait, lui inspirait. Seul un gars portant ce nom pouvait provoquer tous ces trucs en lui. Ou alors, c'était parce qu'il n'avait jamais encore croisé la route d'un dénommé Ziggy, ni d'un gars jugeant que cela serait parfait de tenter une gorge profonde en guise de premier échange oral de cette envergure.
Bon sang... Là aussi il le sentait user de ses dents pour mordiller très doucement, tandis que son pénis pénétrait davantage dans cette bouche à l'avoir tant émoustillé tout à l'heure mais d'une toute autre façon. S'il continuait comme ça, la retenue que lui dictait sa gourmandise un brin enfantine pour se délecter de chaque instant heureux n'allait pas tenir bien longtemps.
Et... Ziggy venait de s'arrêter brusquement, la main devant sa bouche. Bizarre. Malgré tous les trucs bizarrement cools à lui être arrivés en une seule soirée, Richie était pourtant bien sûr de ne pas avoir joui sans s'en rendre compte. Pas aussi vite non plus, les problèmes de précocité ça c'était bon pour les vieux comme Stan tant il prenait sur lui pour savourer la chose et ne pas venir trop vite surtout !
À moins que le problème ne vienne pas de lui, ou indirectement du moins. Le jeune homme n'y pouvait strictement rien si lui aussi était bien monté et que cela ne devenait donc pas chose aisée de le prendre entièrement en bouche... Même que Stan, toujours autant choqué pour si peu, qualifierait ses pensées de grossières en devinant très bien que Richie ne ressentait pas une once de culpabilité en observant son hôte se relever en vitesse pour foncer très certainement vers la salle de bain. Ce n'était quand même pas sa faute s'il était mieux sur ce point (ô combien important) que les précédents partenaires et éventuels petits amis de ce gars ! Cet incident moindre le laissait sur sa faim mais Richie ne lui en tenait pas rigueur. Pendant qu'il remettait une fois de plus un peu d'ordre dans ses vêtements, sa politesse bien à lui soufflait à son oreille que ça ne l'empêcherait pas de s'occuper en temps et en heure de l'imposant engin que ses mains avaient déjà tâté précédemment. Se dire qu'il avait pour le moment seulement effleuré une bite qui pourrait envoyer se faire mettre un bon nombre de sex-toys phalliques ! Et heureusement que le jeune homme naturellement émoustillé en présence d'attributs masculins se retrouvait entouré de pin-up, ça lui évitait de trop penser à tout ça. Une autre bonne utilité à cette décoration...
Bon, en attendant et pendant que son nouvel ami s'était momentanément absenté à cause d'une petite indisposition passagère, Richie se disait que celui-ci n'allait certainement pas lui en vouloir de jeter un coup d'œil aux alentours. Prendre un peu d'avance sur la visite. Être irrésistiblement appelé par cette porte entrouverte donnant sur la fameuse chambre d'ado, le clou du spectacle savouré avec le même petit plaisir interdit que découvrir ses jouets avant Noël parce que ses parents trouvaient toujours des planques bien nulles. Ou s'en foutaient complètement de l'aspect surprise du truc et du bonheur que ça pourrait apporter à leur enfant.
Et quelle chambre !
Un lit orné de stickers n'ayant pas davantage retenu son attention après l'avoir rassuré sur le fait qu'il était bien prévu pour deux personnes (et était vide). Un ordinateur posé sur un joli petit bureau orange dans un coin de la pièce, visiblement une bonne bécane vu tout le matos à l'entourer (tout à l'heure il pourrait le taquiner à cet effet, s'il avait acheté une telle machine de guerre pour pouvoir aller tranquillement sur les sites porno). Une porte de garde-robe peinte avec des motifs psychédéliques (son cœur battait très fort en pensant à toutes les petites merveilles qui pouvaient s'y trouver). Une étagère de livres et d'albums, pas trop remplie pour ne pas paraître ennuyeuse et décorée avec des petites voitures et figurines diverses (ce gars était donc vraiment fan et coupait la chique du vieux cliché disant que s'intéresser aux grosse voitures était un moyen de compenser). La fameuse affiche à l'effigie de Kylie Minogue (il n'avait pas menti tout à l'heure). Une table de nuit avec une lampe veilleuse Casper le gentil fantôme (tout simplement adorable). Des posters de divers dessins animés et séries que Richie connaissait très bien en assumant totalement d'aimer des choses dites pour enfants ou destinées à un public féminin (ce type avait quand même des posters de "The Rocky and Bullwinkle" et du film "Boris and Natasha", c'était un fin connaisseur doublé d'une perle rare). Quelques cadres à ne pas suffisamment retenir son attention pour le moment (des photos de famille probablement). Une coupe avec des fruits en plastique posés sur une petite table, en guise de décoration classe mais pas trop clinquante pour ne pas éclipser le reste (la touche de bon goût à lui avoir fait esquisser un petit sourire spontanément complice car il aurait fait pareil)... Cette chambre lui plaisait beaucoup à son jugement cool et
lui-même !
Naturellement Richie Tozier tenait expressivement à le faire savoir à son occupant qui venait justement d'apparaître comme par magie à ses côtés. Il s'était absenté un moment pour aller se rafraîchir, se repoudrer le nez, vomir aux toilettes... ? Tout à son inspection de cette divine chambre aussi cool que passionnante, Richie n'y avait plus prêté attention. Il notait juste tout haut, avec un grand sourire et pointant d'un doigt expert, comme définitivement cool tous les détails précédemment observés ici et là. Dans ce lieu pas aussi glauque que sa conscience lui avait laissé imaginer. Point d'instruments de torture, de membres à barboter dans des bocaux ou de prisonniers ligotés (Stan, toujours aussi pessimiste). Et où tous les éléments du décor bénéficiaient haut la main du Cool A+, évidement. Surtout cette charmante petite veste en cuir abandonnée dans un effet artistique sur une chaise. Ça, ça valait tout bonnement un bon Cool A++ !
Une note finale et une réponse sans appel : Son hôte s'était bel et bien éclipsé un court instant pour aller vomir ses tripes. Richie pouvait le remarquer en détail et en profondeur alors que ce gars l'avait à nouveau embrassé. Pour lui faire savoir ce qu'il pensait de chacune de ses notations sévères mais justes du meilleur professionnel en la matière. Et ça aussi, ce goût un peu acre dans sa bouche, ça lui plaisait. Un parfait inconnu (un peu louche, d'après Stan sa conscience) dont il savait juste le nom et quelques informations des plus capitales à ses yeux, qui lui offrait un baiser saveur vomi, ça avait quand même plus de gueule qu'un gars trop parfait selon la morale et à l'haleine de dentifrice. Impersonnel et aseptisé qui agirait tel un véritable détergeant sur l'humour à la Tozier, tandis que cet homme-ci semblait grandement y goûter à son foutu humour décapant vu comment il prenait possession de sa bouche. Encore une fois.
Ça amplifiait son impression, sa fougue pour rendre son baiser à cet inconnu se nommant donc Ziggy et qui lui plaisait toujours plus. À se coller ainsi à lui en agrippant sa chemise par la même occasion... Tout ceci l'excitait aussi davantage. Pas juste une érection instinctive venant naturellement si son attention se portait vers une bonne cible, non, un truc à vraiment l'enflammer au niveau du sang et de l'esprit. Il en avait envie comme il en avait rarement eu envie depuis... Bien longtemps.
Pourtant son dernier moment d'échanges sexuels sans engagement ne remontait pas à des mois et des mois, juste que le manque se trouvait ailleurs. Dans une autre zone que de la simple envie primaire. Richie voulait toucher et être touché par ce gars qu'il venait tout juste de rencontrer, mais pas que physiquement. Mentalement aussi, et émotionnellement. Sensiblement. Le genre de caresses à en faire vibrer d'émotions sans même avoir besoin de contacts sexuellement intenses. Là, ça laissait pantoise sa chère conscience qui jugeait quand même bon de lui remettre en tête toutes les fois où Stan lui avait sous-entendu que ça pourrait lui faire du bien de tenter un couple sérieux avec un gars sympa et à son goût. Son cher ami Stan qui avait vraiment le chic pour s'incruster aux plus mauvais moments et à presque casser l'ambiance... Une chance que Ziggy ne soit pas aussi chiant que l'ornithologue du groupe des Losers et le ramène à la réalité en lui faisant un petit suçon dans le cou.
Enfin ça y ressemblait fortement, à une tentative de suçon bien placé au niveau de la gorge tombant finalement comme un pétard mouillé mais faisant tout de même son petit effet... Nan en fait ça faisait bien plus d'effet que s'il venait de lui faire une vraie marque, ça c'était une approche d'un gars qui était sur la même longueur d'onde que lui niveau pulsions et romantisme un peu bancals mais super excitants et cools sur tous les points les plus importants. Sa première connaissance proche (et pas qu'un peu !) faite à Baltimore lui plaisait et c'était tout ce qui comptait à cet instant...
C'était foutrement cliché et les quelques verres bus tout à l'heure enjolivaient peut-être un peu les choses mais jamais encore il n'avait rencontré quelqu'un comme Ziggy. Un être à lui faire autant d'effet, lui et sa putain de chemise si magnifique et colorée. Qu'il caressait avant même de poser ses mains sur ses fesses. Ça aussi c'était un truc à la Richie Tozier, effleurer à nouveau avec autant de délicatesse ce tissu précieux avant de s'enquérir de ce cul divin, notant mentalement de demander plus tard à son nouvel ami où cette petite merveille avait été dégotée. S'imprégner encore de son parfum et se retrouver complètement enivré par ces effluves de musc, de sucre bien chimique, de tabac froid, jusqu'à se laisser entraîner vers le lit. Alors que d'habitude c'était lui qui aimait enclencher cette première note avec l'aide de sa taquinerie légendaire... Qu'importe, jusqu'ici cela l'avait plutôt amené vers de fort belles destinations de se laisser conduire par ce gars alors autant continuer sur cette voie. Même si Ziggy ne marchait pas forcément trop droit et qu'ils avaient buté contre le bord du lit, entendre le petit rire de son nouvel ami lui faisait encore plus bouillir le sang à tous les endroits sensibles de son corps. Aucun gars croisé sur sa route, à part son éternel fantasme nommé Eddie Kaspbrak, n'avait autant enflammé son désir, ses sens, sa libido, sa bite, bref tous ces trucs censés lui faire du bien.
Qu'est-ce que disait ce foutu magazine déjà ? Ou plutôt que préconiserait ce cher ouvrage avant tout destiné aux adolescentes sur l'épineuse question des relations sexuelles hors mariage... ? Très certainement cette vieille ritournelle vue et revue : Ne pas coucher le premier soir, mais attention dans le cas des femmes uniquement ! Une catégorie à part visiblement. En suivant cette logique fort (injustement) sélective Richie faisait partie du haut du panier, sa sexualité dite déviante et lui. Un homosexuel était forcément un pervers détraqué ne pensant qu'au sexe alors c'était bien normal qu'il se jette sur un autre individu mâle aussi coupable et dégénéré que lui...
Alors les voilà bien, à s'embrasser et se tripoter aussi impunément sans le moindre remord en étant si dangereusement proche du lit. Inexorablement perdus dans leur péché. Pour tout dire, Richie était perdu tout court dans le sens premier et le plus pur du terme. Perdu, il l'était bien en se trouvant au beau milieu d'une ville inconnue dans un État jusque-là connu que de nom. Avec un gars que le jeune homme venait tout juste de rencontrer et dont la véritable identité se calfeutrait derrière un surnom. Tout ça, c'était toujours plus bandant ! Et Richie ne faisait pas cette constatation juste parce que ses mains venaient enfin de descendre sur les fesses de son seul et unique ami actuel de Baltimore, non...
