Bon... Je ne sais vraiment plus quoi vous dire pour vous apporter une nouvelle fois mes excuses... Cette fic a vraiment eu un parcours de publication très chaotique... Il faut dire que j'ai une bonne excuse, cette fois lol : j'ai eu le covid :/ Du coup, j'ai passé 15 jours au lit et encore plusieurs semaines à m'en remettre, et ça a complètement bouleversé mes plans. Bref, j'espère que vous ne m'en voudrez pas. Encore pardon (et pardon aussi pour les MP et les reviews restés sans réponse...)
Voici donc le dernier chapitre de cette histoire ! Le lieu dans lequel cela se passe m'a été demandé par la super auteure Solae44 (allez la lire !). Solae, voici ENFIN ton chapitre ^^ Tu n'avais pas oublié ? ;)
Je voulais vous remercier encore et encore pour l'accueil que vous m'avez réservé et je suis très contente que cette histoire un peu particulière ait trouvé ses lectrices (et lecteurs s'il y en a). Merci tout particulièrement à Evil Chachouuu à qui le début de l'histoire appartient.
Je vous souhaite un bel été, et j'espère qu'on se reverra ici ! (... surprise en bas ^^)
Bonne lecture (isolez-vous une dernière fois lol)... rated M !
Passion
Quand Emma ouvrit la porte du studio 4 et que le grand bureau apparut – après avoir fait un petit détour par le disjoncteur central pour remettre le courant –, Regina laissa échapper une exclamation incrédule. C'était donc ici que sa scène favorite avait été tournée…. Les souvenirs moites de ce film embrumèrent son cerveau et elle se dit qu'elle n'aurait pas assez de toute la nuit pour le faire vivre aussi fort que dans sa mémoire.
Derrière un bureau au design finalement assez banal, se présentait une fenêtre monumentale laissant apparaître une vue de Manhattan, prise du haut d'un gratte-ciel. Même si la vue n'était qu'en réalité une gigantesque photo fixée au dos du décor – la société LesbiX ne pouvant se permettre de dépenser des milliers de dollars pour tourner en haut d'un vrai gratte-ciel –, l'illusion était parfaite. La photo avait été prise un beau soir de printemps, et représentait un coucher de soleil sur New York.
Mais plus que cette vision romantique, la promesse charnelle d'Emma à ses côtés emballa le cœur de Regina. Elle n'aurait pu dire combien de fois elle avait fantasmé sur ce film et cette scène en particulier. A ses yeux, elle demeurait une des scènes d'Eden les plus excitantes. La jeune actrice y incarnait une shérif dont la route croisait une femme d'affaire puissante qui dominait le monde du haut de sa tour.
- C'est comme dans tes souvenirs ? lui demanda Emma en lui prenant la main et en l'invitant à entrer.
- C'est encore mieux… Car tu es vraiment là… ajouta-t-elle en plongeant ses yeux noirs dans les siens.
Laissant parler ses envies, elle fit tomber le peignoir qu'elle avait enfilé à la va-vite en sortant de la loge d'Emma, et se jeta sur elle. Sa bouche soyeuse glissa sur celle d'Emma, et les deux langues se goûtèrent avec délectation. Jamais plus elles ne pourraient s'en lasser…, pensèrent-elles au même moment. Et même si leur dernier orgasme ne remontait qu'à quelques minutes, elles sentirent leurs corps réclamer à nouveau leur attention.
- Que veux-tu que je te fasse ? chuchota Emma contre la bouche entrouverte de Regina.
- Je veux que tu sois la shérif d'Etreintes fatales rien que pour moi, ce soir…
- Tu sais donc ce que ça veut dire ? répondit Emma dans un sourire en jouant avec les seins nus de son amante. La shérif que j'incarnais n'avait pas la langue dans sa poche…
- C'est exactement ce que je veux. Je veux que cette langue soit partout, sauf dans sa poche, continua Regina en s'approchant de la fenêtre et en la tirant par le bras, les yeux noirs, et le corps fier.
- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse avec cette langue, alors ? demanda-t-elle en la plaquant contre la fenêtre, et en léchant passionnément la peau douce de son cou, sous la mâchoire.
- Je veux que tu me lèches…
- Oui… Et après ?
Sa langue descendit le long d'une clavicule, et ses doigts firent tourner les tétons qui durcirent aussitôt.
- Après, je veux que tu me fasses jouir dans ta bouche…
Les mots susurrés avaient un pouvoir magique sur Emma. Ou alors c'est elle qui avait un pouvoir magique… Comment aurait-elle pu expliquer que de simples paroles puissent l'exciter à ce point ? Elle sentit son sexe frétiller et s'humidifier.
- Ça peut être faisable, répondit-elle, joueuse, en continuant sa descente vers le pubis de Regina. Et après ?
- Après, je veux que tu me prennes comme tu prenais cette femme d'affaire, là, contre cette baie vitrée.
Et elle appuya ses paroles en ouvrant les jambes et en plaquant la tête d'Emma entre elle, en s'adossant contre la vitre froide.
- Tout contre cette fenêtre ? Ma copine aurait donc des tendances exhib' ?, rit-elle.
« Ma copine » ? Le cœur de Regina s'arrêta de battre un bref instant, avec d'exploser de bonheur. Et tout s'accéléra. La conscience des sentiments d'Emma, son amour pour elle, sa volonté de vivre à ses côtés… Tout implosa dans sa poitrine et tout lui explosa au visage. Oui, elle était folle d'Emma qui l'aimait en retour ! Toute sa pudeur disparut, sa gêne mourut, et une confiance absolue l'enveloppa dans un cocon de tendresse et de plaisir.
Elle s'était donnée à Emma comme à personne d'autre, et elle était maintenant prête à lui accorder un amour inconditionnel. Sans même y réfléchir, elle se sentit plus à l'aise et en confiance que jamais, et elle laissa son cœur s'ouvrir en même temps que ses jambes.
- Fais-moi tienne, Emma…, implora-t-elle, des larmes de bonheur plein les yeux.
Si la demande se voulait être un ordre, la voix de Regina ne pouvait cacher la tendresse avec laquelle elle la prononça. Et au-delà des mots, Emma sentit parfaitement le besoin cathartique de Regina. Elle avait besoin de faire fuir des démons. La peur de son passé, de la puissance de ses sentiments, des nombreux partenaires d'Emma, voire d'elle-même… Elle avait besoin d'évacuer tout cela, et entre ses bras, sur ce plateau de tournage particulièrement iconique, Emma en prit parfaitement conscience. Alors, sans aucun mot, elle la rassura et la baigna dans sa douceur.
Quand elle la sentit enfin parfaitement en confiance à nouveau, elle fit tomber son propre peignoir au sol, et s'installa à genoux. Il n'était pas question de faire jouir Regina en quelques minutes. Sa sincérité lui avait explosé le cœur et elle comptait bien lui offrir un orgasme encore plus mémorable que le précédent.
Faire l'amour le long de cette grande fenêtre lui rappela le tournage de cette scène. Oui, à l'époque, elle le reconnaissait, elle avait passé de bons moments avec ses collègues, et sa partenaire dans ce film était vraiment douée et très sexy. Mais rien, rien ne pouvait être comparé à ce qu'elle vivait avec Regina en ce moment. Regina était revenue la chercher, lui avait offert des orgasmes parmi les plus beaux de sa vie, et elle s'était même ouverte à elle, lui accordant sa confiance et son amour, et lui demandant de lui pardonner… Toute sa vie, elle n'avait attendu qu'une femme comme elle, qu'elle aimerait et qui l'aimerait en retour…
Alors elle se concentra, léchant, suçant et s'abreuvant du nectar de son amante. Les râles de Regina et ses mains dans ses cheveux l'encouragèrent et, pour se donner plus d'aisance, elle posa une jambe sur son épaule. Le sexe était maintenant grand ouvert devant elle et dégoulinait de plaisir.
- Ça vient, Emma… Continue, lèche-moi, lèche-moiii…
Emma ne pouvait rien faire d'autre que d'avaler, lécher et sucer. Alternant entre succions du clitoris et pénétrations de sa langue, elle n'eut qu'à lever les bras pour pincer les tétons et accompagner l'orgasme de Regina, qui se mit à trembler et se laissa tomber au sol, incapable de rester debout sur ses jambes.
- Orgasme numéro 1 validé, rit-elle.
Ce regard… Les yeux de Regina après l'amour étaient si purs qu'Emma en frissonna de bonheur. Elle l'aimait tellement qu'elle ne put lui dire. Et puis, après tout, à quoi bon parler quand on peut tout dire avec les yeux ? Emma rompit difficilement le contact visuel pour l'embrasser.
- Viens, entendit-elle Regina lui demander.
Et quand elle sentit ses mains sur ses hanches la faire remonter vers le visage de Regina, son ventre se tordit d'anticipation. Trop faible pour se relever, Regina s'allongea le plus confortablement possible et amena Emma à s'assoir sur sa bouche. Elle s'abaissa et faillit s'envoler au paradis. La langue de Regina jouait avec ses plis, elle s'amusait à mordiller, à lécher, tout pour la rendre folle. Emma ne pouvait rien faire d'autre que de se plaquer contre la fenêtre, et le contact froid du verre contre ses tétons durs l'excita encore davantage. Sa cyprine dégoulinant sur le visage de Regina, elle sentit son clitoris s'enflammer quand la langue glissait et appuyait… Elle allait bientôt ne plus pouvoir tenir… Regina accentua la délicieuse sensation de faire jouir Emma dans sa bouche, en caressant son propre clitoris. Elle était au paradis…
- Regina, oh oui, ici… Oh Regina, ça vient, ça vient… Aaah… !
Emma n'avait jamais joui aussi vite. Elle écrasa son sexe contre la bouche de Regina tout en se retenant du mieux qu'elle put contre la baie vitrée. Quand enfin son corps se calma, elle redescendit et s'allongea sur son amante.
Sans plus attendre, elles s'embrassèrent et se léchèrent la bouche, la luxure inondant leurs veines. D'un geste rapide, Emma retira la main de Regina dans son sexe pour s'insérer en elle. Elle écarta les jambes de la brune et plongea deux doigts profondément. Le râle dont cette dernière la remercia fit de nouveau tressaillir son clitoris et elle ferma les yeux de satisfaction.
Après quelques instants dans la moiteur tiède de Regina, Emma, ignorant son orgasme précédent, sentit son sexe réclamer d'autres attentions. Il lui en fallait davantage, maintenant ! D'un bond, usant de toute l'énergie qui lui restait, elle se releva et aida Regina à se mettre également debout. Sans préambule, elle reprit ses pénétrations dans le sexe de son amante, mais cette fois, toute tendresse avait disparu. Comme répondant à un instinct sauvage, elle appuya sa cuisse, renforçant les coups et les cris de Regina. Ses hanches accompagnaient les mouvements, la plaquant de plus en plus fort à chaque pénétration contre la fenêtre.
Les cris et le liquide chaud qui entourait ses doigts l'excitaient de plus en plus et elle sentit les pulsations de son sang affluer vers son sexe, de plus en plus vite et de plus en plus fort.
- Ahh, ahh, ahh, Emmaaa, Emmaaa, l'encourageait-elle de sa voix cassée.
Le propre sexe d'Emma n'en pouvait plus, elle devait lui apporter satisfaction ou elle en brûlerait par combustion spontanée ! Elle enleva sa main de l'intimité de Regina, et son sexe la remplaça. Enfin un contact ! D'une main, elle attrapa celles de Regina et les leva au-dessus de sa tête, lui interdisant tout mouvement. Et de l'autre, elle agrippa une cuisse de Regina et la leva au niveau de sa taille, ouvrant en grand l'entrejambe qu'elle s'empressa de frotter fort contre le sien. Leurs chaleurs se diffusèrent dans leurs ventres, et dans leurs corps tout entiers.
La position qu'imposait Emma était la même que dans le film, et elle ne put s'empêcher de rejouer la scène qu'elle connaissait encore par cœur :
- Vous êtes en état d'arrestation, Madame la CEO. Qu'avez-vous à dire à dire pour votre défense ?
Regina ne réfléchissait plus, elle ne pensait plus à rien, elle ne pouvait se concentrer sur autre chose que les lèvres intimes et trempées d'Emma qui glissaient le long des siennes. Elle avait pourtant reconnu la scène que jouait Emma et elle se sentit tellement excitée (par son immobilisation, par ses paroles, par Emma…) qu'elle ferma les yeux, se forçant à ne pas jouir, pas encore… Elle sentait qu'elle n'en aurait vraiment plus pour longtemps.
Elle réussit seulement à gémir, le souffle court :
- Je… Je suis innocente, shérif !
- Innocente ? poursuivit Emma en continuant de jouer, essayant tant bien que mal de se concentrer et d'ignorer l'orgasme qui montait. Et où sont passés les millions que vous avez détournés ? Avouez !
- Oh mon Dieu… murmura Regina, plus qu'excitée par le jeu, et prête à s'envoler au septième ciel.
- Alors, vous avouez ? Peut-être qu'il vous en faut encore davantage pour vous faire cracher le morceau ?
- Oh oui, il m'en faut davantage car je n'avoue rien, shérif ! Faites-moi tout ce que vous voulez ! Je n'avouerai pas !
Emma avait de plus en plus de mal à se concentrer. Regina complètement à sa merci, les mains entravées au-dessus de sa tête et le sexe ruisselant contre le sien, allait la faire jouir d'un instant à l'autre.
- Très bien, vous l'aurez voulu, Madame…
- Oh mon Dieeeeu ! Ouiii, prends-moi comme une de tes partenaires, Emma ! Fais-moi jouir !
Le retour de son prénom embrasa le cœur d'Emma. Elle lâcha une de ses mains et la pénétra sous leurs sexes en contact. Elle n'y mit aucune tendresse. Seul un besoin pressant contrôlait ses gestes et elle entra et sortit, encore et encore. Sa main détrempée jusqu'au poignet ne l'arrêta pas, elle devait aller au bout, la faire jouir pour lui prouver la force de son amour.
Et Regina cria. Elle cria comme elle n'avait jamais crié. D'habitude si réservée quand il s'agissait de sexe, elle se donna totalement et entièrement, parfaitement en confiance, libre de laisser éclater les sensations de son corps.
- Oh mon Emma…, fut la seule chose qu'elle put dire, tout en essayant de retrouver son souffle, et en la serrant dans ses bras.
Elle sentait contre sa poitrine le cœur d'Emma qui battait, battait… Elle ferma les yeux, bercée par les pulsations du corps chaud de son amante.
Après quelques instants, alors qu'elle pensait qu'Emma arrêterait tout mouvement, elle se sentit emmenée au sol et coincée contre la fenêtre. Et, avec urgence, Emma plaqua à nouveau son sexe contre le sien, leurs jambes intimement mêlées en ciseaux.
Là, Emma enleva ses doigts, mais continua les frottements, de plus en plus forts et de moins en moins contrôlés. Mais l'orgasme ressenti par Regina l'avait laissée sensible, alors elle essaya de doucement la repousser :
- Arrête Emma, attends…
Mais Emma semblait possédée par une force incontrôlable et irrésistible. Elle ne s'arrêta pas, au contraire, elle accentua les pressions contre le sexe maintenant douloureux.
- Arrête, c'est …
Malgré la violence des mouvements, et bien qu'Emma semblait complètement en état second et sourde à la demande, le fond de ses yeux ne trompaient pas : l'amour y était tellement fort que la douleur s'effaça peu à peu…
Et un bref instant plus tard, les mots moururent dans la gorge de Regina car une envie sauvage naquit dans son ventre. La douleur se mit peu à peu à se transformer en plaisir de plus en plus grandissant, de plus en plus bouleversant. Et le sexe d'Emma qui n'avait cessé ses pressions devint la seule chose à laquelle elle put penser. Seule Emma, ses baisers, son corps, son odeur, sa peau… seule Emma qui l'aimait lui importait.
- Oh 'Gina, merde, c'est trop bon…, jura Emma. Je… je… je vais pas tarder … !
- Han… s'il-te-plaît, continue, c'est trop bon…, implora Regina, la voix pleine de luxure.
Toute sa douleur avait disparu. Elle n'était plus que plaisir intense, incapable de réfléchir, incapable de bouger, totalement soumise entre les cuisses de son Emma. Sa peau ruisselait de transpiration… Regina abaissa le regard et la vision de leurs sexes en contact et des abdominaux saillants d'Emma qui se mouvaient sous les assauts acheva de l'exciter. Des larmes de plaisir dévalèrent ses joues sans même qu'elle ne les remarque.
Emma se frottait, appuyait, glissait… Tout en elle n'était que tension sexuelle. Il y avait tellement de liquide entre leurs deux corps que les sexes glissaient sans aucune résistance, rendant chaque frottement encore plus sensible et plaisant que le précédent. Elle réussit un bref instant à ouvrir les yeux, et son cœur s'emballa en remarquant le visage trempé de Regina. Tout en continuant ses pressions de plus en plus fortes, elle embrassa sa bouche, ses cheveux, et lécha ses larmes de ses baisers.
Quand, au bout de quelques minutes, la tension dans leurs corps devint trop incontrôlable, Emma se sentit trembler, et elle plongea la tête dans le cou de Regina, s'imbibant de son parfum, prête à jouir dans les bras de la seule femme qu'elle avait autant aimée.
- Ah, ah, ah, putain, Regina, je vais, aaah…
- Regarde-moi, ordonna cette dernière en lui caressant le visage.
Et quand leurs beaux yeux verts et marron se croisèrent, leurs regards plongèrent au fond de leurs âmes, accompagnant l'orgasme qui les envahit, accrochées l'une à l'autre comme pour ne plus jamais se laisser partir.
oOo
Allongées à même le sol du studio, les deux femmes, épuisées, n'avaient pu se détacher des bras de l'autre. Elles y étaient si bien, entourées de leurs chaleurs, dans leur cocon de douceur… Le monde aurait pu s'arrêter à cet instant, elles en auraient été heureuses. Emma caressait nonchalamment le visage de Regina, qui fermait les yeux sous la tendresse de ses doigts, jouant sur ses lèvres, son nez... Parfois, elle lui volait un baiser, d'une tendresse infinie, qui leur faisait battre le cœur encore un peu plus vite.
- Pardon de n'avoir pas arrêté quand tu me l'as demandé…, murmura Emma entre deux baisers.
- Tu plaisantes ? C'était le plus bel orgasme de ma vie, répondit-elle sincèrement.
Emma se blottit contre le torse de son amante, le visage plongé dans son cou, apaisée. Regina soupira de bonheur et serra Emma dans ses bras avant d'ajouter en rougissant légèrement :
- Tu sais, je crois que les ciseaux, ça a toujours été ma position préférée…. Je l'ai toujours su, depuis que j'ai vu ce film… Je ne savais pas pourquoi mais maintenant j'ai compris.
- Pourquoi ?
- …parce que je peux voir tes yeux…
La douceur des paroles de Regina rendit Emma muette, et elle se redressa pour mieux l'observer. Ses cheveux noirs décoiffés, négligemment étalés autour de son visage souriant, ses yeux brillants au maquillage approximatif, sa bouche rougie par les baisers… Qu'elle était belle… Elle ne s'en remettrait jamais…
- Si tu savais combien de fois j'avais rêvé de ça, ici… Merci mon Emma…
Emma arrêterait-elle un jour d'être touchée par tout ce que lui disait Regina ? Elle supposa que non car la tendresse et la vulnérabilité dont elle faisait preuve l'enveloppa d'amour et de bien-être.
- Tu n'as pas à me remercier, Regina… Je ferais tout pour toi, tu le sais…
- Ça faisait bien longtemps que je n'avais ressenti un tel bien-être. J'aime ça, vraiment ! … Mais ça me fait peur également…
Le regard baissé, Regina jouait avec les boucles blondes sans oser regarder Emma dans les yeux. Elle mourait d'envie de lui crier qu'elle l'aimait. Emma sentit sa fragilité et la serra contre elle, câlinant sa nuque d'une caresse délicate.
Emma se jura au plus profond d'elle que jamais, jamais elle ne cesserait d'aimer Regina. Grâce à elle, elle avait compris. Elle avait compris que sa vie qu'elle pensait comblée ne serait jamais aussi belle qu'à ses côtés. Elle lui avait fait prendre conscience à quel point elle avait espéré cette vie…
oOo
Il ne fallut que quelques jours à Emma pour empaqueter quelques affaires, mettre son appartement en location, et – le plus dur pour Regina – terminer le tournage de son dernier film. Fort heureusement, la plupart des scènes étaient déjà en boîte, et il ne manquait que quelques raccords et des prises d'ambiance.
Quant à Regina, même si elle mourait d'envie d'aller sur le tournage et de foudroyer la moindre des actrices qui osaient poser les mains sur Emma, elle profita de ces quelques jours pour visiter Boston, tout en essayant de ne pas penser à ce que faisait la femme de son cœur au même moment.
Une semaine plus tard, elles étaient de retour à Storybrooke. Henry avait bien sûr été prévenu du retour de ses mères, et les attendait devant un chocolat chaud, attablé au Granny's. Il tournait trop en rond au manoir pour pouvoir les attendre là-bas alors il avait décidé de marcher pour se dégourdir les jambes et se changer les idées et ses pas l'avaient mené tout droit au diner, où une Ruby tout aussi impatiente que lui lui faisait la discussion.
Ils en étaient à débattre de la grande rivalité DC ou Marvel, comparant leurs héros et leurs univers, quand Ruby leva les yeux vers l'extérieur. Emma et Regina, souriantes, sortaient de la petite voiture jaune qui venait de se garer devant le restaurant.
Le cœur en joie, Henry se précipita au-dehors.
- Emma ! Maman ! cria-t-il en dévalant les escaliers de l'entrée.
Les deux femmes levèrent la tête et une tornade brune sauta au cou de Regina sans crier gare. Surprise mais ravie, elle entoura le corps de son fils de ses bras.
Quand Henry se recula, il ne put s'empêcher d'observer leurs visages, avide du moindre indice.
- Alors c'est bon, Emma, tu reviens pour de bon ? On va vivre tous les trois ensemble, maintenant ?
- Eh oui, mon grand…, répondit Regina en le prenant par la main.
Emma, qui était restée un peu à l'écart, acquiesça en souriant.
Puis, comme si elle c'était tout à fait naturel, comme si elle l'avait toujours fait, elle tendit son autre main et prit celle d'Emma. Là, entourée de deux seules personnes qu'elle aimait au monde, elle se sentit enfin complète, enfin à sa place dans le monde.
Ses yeux s'humidifièrent quand Emma lui sourit tendrement et que leur fils les prit dans ses bras, les serrant de toutes ses petites forces. Pas gênées le moins du monde, Emma et Regina se laissèrent emporter dans la douceur du câlin familial. Tout naturellement, Emma approfondit l'étreinte, un bras sur la hanche de Regina, l'autre dans le dos de son fils, les serrant tous deux contre son cœur.
- C'est génial, c'est trop bien ! Je vous aime !
Son fils contre son torse et Emma contre son épaule, Regina sut. C'était là, c'était maintenant. Il n'y avait pas de meilleur moment ni de meilleur endroit. Comme si toute son existence n'avait tendu que vers ce moment, ses sentiments ne pouvaient plus être tus. Alors, enfin sereine et le cœur rempli d'amour, elle dit simplement :
- Je vous aime aussi.
Puis, plongeant ses yeux dans ceux d'Emma, elle chuchota si bas que la jeune femme lut sur les lèvres de son amante la déclaration tant attendue.
- Je t'aime…
Après tout, ces mots n'avaient pas besoin d'être hurlés, quand ils étaient lisibles dans les yeux. Comme un secret qui ne se partageait qu'à deux, Emma lui sourit et lui répondit de la même façon, sans son, les lèvres mimant un « Je t'aime » silencieux.
Leurs yeux brillaient d'un éclat de pur bonheur, et quand Henry se recula, et qu'il observa les deux femmes se dévorer des yeux, dans les bras l'une de l'autre, il sut qu'il serait désormais le plus heureux des enfants, et qu'il aurait pour toujours les plus aimantes des mamans.
oOo
Entourés dans leur bulle d'amour, ni Emma, ni Regina, ni même Henry ne remarquèrent les clients du diner qui étaient sortis sur les marches du perron et les observaient, le sourire aux lèvres.
Quand enfin les deux femmes rompirent leur long contact visuel complice, et qu'elles s'embrassèrent avec amour, tous saluèrent le bonheur enfin retrouvé de Madame la maire.
Et voilà... Ce n'est pas "elles se marièrent et eurent beaucoup, beaucoup d'enfants", mais c'est tout comme ^^
J'espère que la fin vous a plu ! Et maintenant, je vous avais annoncé une surprise : j'ai commencé à écrire un épilogue à cette fic. Bon alors on ne s'enflamme pas ! Je ne sais pas du tout, du tout, du tout, si je le finirai, et encore moins quand, mais si vous le souhaitez, je pourrai peut-être un jour en finir pour de bon avec un tout dernier chapitre... Je vous promets de faire au mieux, mais je ne peux vous en dire plus ! Dites-moi déjà si ça vous tente :)
En attendant, je vous fais des bisous, portez-vous bien surtout, et j'espère à bientôt !
