Chapitre 11 : Où on prend les mêmes et on recommence.

« La poisse… » marmonna Mathilde en suivant Cassandra, un bâton de fortune dans la main. Elle était affublée de l'horrible armure de base du jeu, d'un vert approchant la pistache et donc d'un goût plus que douteux. Elle pataugeait dans la neige derrière une chercheuse particulièrement ronchonne, qui l'avait menacée au moins deux fois de son épée. Elle avait dû user de toute sa diplomatie pour enfin l'entendre dire qu'elle lui laissait son arme et qu'elle devait se rappeler qu'elle avait accepté volontairement de l'aidé. Et une montée d'approbation, une. « Vous l'avez dit. Et ce n'est rien comparé à ce qui nous attend au sommet. » Oh ça, elle n'avait vraiment pas hâte de s'y retrouver au sommet. Entre jouer la partie planquée derrière un écran et le vivre en vrai, il y avait une fameuse différence. Combien de démon et d'esprit avait-elle combattu depuis qu'elle était sortie des cachots… Une dizaine peut-être et rien que ça, elle allait avoir de fameux hématomes. Elle pressa le pas en voyant la chercheuse se mettre à courir. « Venez, nous devons les aider ! » « Aidez qui ? » Mathilde regretta d'avance ses paroles, car elle savait parfaitement qui elle allait devoir aider à ce moment du jeu… Il était temps de se souvenir des solutions du jeu !

Pendant ce temps dans les cachots, Eline serrait la naine Christelle dans ses bras, finalement heureuse que les choses repartent à zéro. Elle allait pouvoir recommencer sur des bases saines avec Blackwall et peut-être gagné officiellement son affection. « Christelle, je t'aime ! » hurla-t-elle dans les cachots alors que la pauvre Christelle en question était en train d'étouffer sous le câlin. « Eline… je ne veux pas mourir tout de suite. » La gogole lâcha alors la nouvelle arrivée et lui ajusta son horrible armure verte. Armure qu'ils portaient tous sans exception. « Désolée, mais on a tellement galéré avant que tu fasse tout sauté. Si tu savais. » Elle s'assit alors sur la palliasse au fond de la cellule avec un air béat sur le visage, sa vie était décidément très bien. « Eline, je t'aime beaucoup, mais… si tu m'expliquais d'abord ce qui se passe ici ? Je sais que j'ai fait une connerie, mais… On est où là ? Et c'est qui eux ?» Tout le monde soupira sans exception et se posa au sol sur une palliasse. Encore une à qui il fallait tout expliqué. Ce ne serait jamais que la…cinquième fois depuis qu'ils étaient tous tombé dans la télévision… Ramenant Lou contre lui, François dit alors : « Vas-y Eline, explique donc à Christelle. Moi tout ce que je veux savoir, c'est pourquoi Meiko est ici ! Eragon, je comprends. Mais pas Meiko ! » La dite Meiko regardait François de ses grands yeux bleus idiots, la langue sortie et pendant d'un côté de sa gueule. Dans l'autre cellule, Eragon s'était collé à Charlotte, Remus regardait les deux chiens avec son air imbécile, Tigrou était planqué sous une palliasse et Thorin… Thorin venait de s'accaparé les jambes d'Eline, sans doute comme substitut à sa maîtresse disparue.

Christelle haussa ses épaules et expliqua alors : « Alexis était de passage avec le chien. Il m'a demandé de la gardé à la maison le temps qu'il monte chez les grands-parents de Mathilde. Je n'ai pas eu le temps de lui dire qu'il allait me tuer, mais… Hey, je n'ai pas d'allergie. » s'exclama-t-elle en regardant ses bras et en réalisant qu'elle respirait parfaitement bien. Elle exécuta une petite danse de la victoire en sautant partout comme un farfadet fou. « Bon, tu t'arrêtes que je t'explique, mini Titou ? » s'impatienta Eline, qui n'avait aucune envie d'expliquer toute l'histoire, mais vu que leur conteuse attitrée crapahutait actuellement dans la neige avec Cassandra, il faudrait bien qu'elle le fasse. « Soit synthétique, Eline. » supplia Gabriele qui venait de devenir le doudou attitré de Meiko, couchée sur ses courtes jambes comme une grenouille. « Oui, ben je ferai ce que je peux, Gabs. » Elle tourna ses yeux bleus vers Christelle désormais sagement assise en face d'elle, puis elle commença à montrer tout le monde du doigts en les citant : « Alors, là c'est Charlotte, puis tu as Nora, Allison. Dans l'autre coin, Gabriele et François… Oui, ça fait un choc, on sait. » Elle soupira puis tout en caressant précautionneusement Thorin, elle continua. « Alors, par où je vais commencer… »

Les jambes dans la neige jusqu'à mi- mollet, Mathilde avait une furieuse envie de claquer des dents, mais elle devait faire bonne figure face à la bande de clampins qui la suivait. Elle avait réussi à entrer d'emblée dans les bonnes grâces de Solas, et une nouvelle victoire ! Bon, ce n'était qu'une approbation mineure, mais au moins elle avançait. Il était hors de question qu'elle se fasse un ennemi de l'elfe, sous peine de finir grillée. « Est-ce que ça va ? » demanda alors la voix chaude et réconfortante de Varric à côté d'elle. « Je veux dire, vous ne vous en sortez pas trop mal jusqu'ici, mais d'autres auraient tenter de s'enfuir en courant vous savez. » railla le nain roux, faisant lever les yeux au ciel de Mathilde amusée. Elle haussa simplement les épaules avant de suivre le mouvement qui arrivait sur un pont. « Et me faire tuer par Cassandra dans les quelques secondes qui suivront mon échappée ? Même pas en rêve, Varric. » Le nain se mit à rire et acquiesça : « Vous êtes pragmatique, ça vous sauvera la vie, croyez-moi. » 'C'est sûr que pour conserver la vie, je ne dois pas m'attendre à avoir l'aide des gogoles…' pensa-t-elle en s'approchant du bureau sur lequel Léliana et le chancelier Roderick étaient penché. 'Oh non, pas lui…'.

Installée entre Solas et Varric, derrière Cassandra, la mage croisa les bras sur sa poitrine en attendant que le bureaucrate ai fini sa sempiternelle conjecture à son sujet. Elle regarda Varric qui s'amusait de la voir aussi dépitée et blasé. Puis, elle tourna son regard sur Solas, qui semblait lui demander silencieusement de réagir. Par la culotte d'Andrasté… elle n'était pas encore inquisitrice, alors qu'on lui fiche la paix deux secondes. Elle soupira avant de levée la main comme une collégienne pour attirer l'attention : « Excusez-moi, mais la vile créature que je suis, la criminelle de haute volée, voudrait dire quelque chose pour se défendre. » Varric étouffa un rire, Solas réprima à grand peine un sourire amusé quand ils virent le regard médusé des trois chantriste. « Parfait. Juste pour être bien sûre de comprendre, mais la priorité ce n'est pas de fermer la brèche ? Non, je dis ça comme ça, personnellement ça fait plus d'une heure que ma main veut me tuer, alors mettez-vous d'accord sur le sens des priorités. Car si on ne la referme pas, je pense que vous ne devrez même pas vous salir les mains pour me tuer, vous savez. » Et là, le silence absolu. Mathilde redescendit sa main pour recroiser ses bras et s'amuser de voir que sa façon de traiter le problème faisait au moins sourire l'elfe.

Approbation ? Oh que oui. Bon au moins, elle n'était pas obligée de sortir les bonnes phrases au mots prêt, sinon ça n'allait pas le faire. « La prisonnière a raison ! » relança la chercheuse Pentaghast. « Rassemblons toutes nos forces et marchons sur les ruines du temple. » « C'est certes la voie la plus directe, mais pas la plus sûre. » contra Léliana en pointant les montagnes du doigt. « On y a perdu une troupe d'éclaireur, c'est de la folie. » trancha Cassandra en se plaçant face à sa consœur. Mathilde roula à nouveau des yeux en soupirant, ce qui eut au moins le bon goût de faire réagir les deux femmes en face d'elle. « Que choisissez-vous ? » lança alors hargneuse la chercheuse en colère. « Ah parce qu'on tient compte de mon avis ici ? » s'étonna la rousse en haussa les sourcils. Varric éclata de rire et dissimula son hilarité dans la manche de son manteau. « C'est vous qui risquez votre vie après tout. » assura alors Léliana. « Donc oui, c'est à vous de décider. » Mathilde allait envoyer tout péter en disant à Cassandra qu'elle la suivait, lorsqu'une petite alarme dans son crâne retentit. Si elle suivait Cassandra, elle allait devoir aider des soldats en difficulté à l'entrée du temple et tomber sur… OH QUE NON ! « Je prends les montagnes. Si, on a une chance de retrouver vos hommes en vie, c'est le moment d'essayer. Et puis, mieux vaut mourir plutôt que plus tard, puisque mourir il faudra de toute façon. » Elle se mit en marche suivit par l'elfe et le nain en direction des montages. Bien sûr qu'elle avait pensé aux gens à sauver, mais c'était surtout qu'elle n'était pas prête de tomber à nouveau sur Cullen. Oh non, vraiment pas…

« Et donc, maintenant que tu as fait tout repartir à zéro, on repart sur des bases saines. On a fait table rase du passé, tout le monde à oublier nos conneries et mes chances avec Blackwall sont à nouveau au sommet. » triompha Eline en levant les bras au plafond. Christelle était silencieuse, en train de battre régulièrement des cils en plissant légèrement les yeux. Autant dire qu'elle n'avait pas tout compris complètement. « Oui tout le monde à tout oublier… Sauf Mathilde, triple buse ! » ronchonna Nora dans son coin avant de balancer un de ses gants à la tête d'Eline. « Qu'est-ce qui t'as pris de contacter la sœur de Cullen, toi. » Eline balança le gant de Nora sur cette dernière et contre-attaqua : « Je n'ai pas réfléchis ! Mathilde nous avait puni tous les deux, en nous forçant à laver la chambre de l'autre. Je suis tombé sur la lettre de sa frangine, qui l'engueulait copieusement, et je me suis dit que c'était une bonne vengeance. C'est tout. Et puis, on en parle de Cullen que j'ai retrouvé la tête dans le tiroir à sous-vêtements de Mathilde ? Sois-disant à ranger un truc… ». Tout le monde eu un mouvement de recul aux confessions d'Eline, avant de revenir à la réalité des paroles de la gogoles. « Cela n'excuse pas le fait d'avoir fraudé en copiant la signature de ma sœur. » renchérit le Qunari toujours occupé à gratouiller Lou sur le ventre, qui remuait son postérieur comme une bien heureuse. Meiko léchouillait à présent l'oreille de Gabriele, bien que ce dernier tente de lui échapper en se tortillant et en lui disant d'arrêter.

« C'était une aussi bonne idée, que celle de Christelle de créer un personnage pendant qu'on est coincé ici ! » râla Eline en croisant sèchement ses bras contre elle et en regardant le plafond. « Hey, je ne pouvais pas savoir moi ! » rétorqua Christelle. Cette dernière regarda ses mains d'un air suspicieux. « Mais si c'est pour ça que je suis là, pourquoi je n'ai pas la marque bizarre que tu as dit ? Pourquoi c'est Mathilde qui l'a ? » Eline regarda à nouveau Christelle, mais sans vraiment savoir quoi répondre à ça. C'est vrai que ça n'avait pas de logique tout à coup. Ce fût Charlotte qui avança une théorie : « Tu n'as pas commencé le jeu ? Je veux dire, tu étais juste en train de faire ton personnage quand tout à beuger ? Tu n'as pas eu droit à la cinématique dans le décor effrayant et verdâtre. » La naine acquiesça et les autres tendirent l'oreille pour entendre les vraies premières paroles pleines de bon sens de Charlotte. « Ben voilà, c'est logique. Tu n'as jamais commencé la partie et la dernière sauvegarde c'était Mathilde, donc tu es dans sa partie. Ce n'est quand même pas compliqué, voyons. » L'entièreté de l'armée des gogoles étaient médusé par le raisonnement de Charlotte, pourtant habituée aux plans foireux, aux idées sans aucun sens. Dans le silence des cachots, un soupire sonore et énamouré se fit entendre dans le coin sombre.

La surprise face à l'hypothèse de Charlotte, fuit remplacer par l'incompréhension de savoir qui pouvait bien sortir un tel son. Un deuxième soupire se fit à nouveau entendre et la compréhension se lu sur le visage d'Eline. « Allison ? Est-ce que ça va ? » s'inquiéta la gogole numéro un. Ils avaient tous raté un épisode ou quoi ? Ce genre de soupire n'avait jamais cours qu'après un épisode de malédiction ! « Il était si beau… » murmura Allison les yeux dans le vide et en tortillant un fil qui dépassait de son armure verte. « Oh mon dieu ! » s'écrièrent-ils tous en cœur en reconnaissant nettement les symptômes de la malédiction. « Ah c'est ça alors, la malédiction. » balança Christelle sans se rendre compte que la seule question valable était : « Mais qui, Allison ?! »

Un dernier sort quitta le sommet de son bâton magique et le démon de l'orgueil s'effondra au sol. Hors d'haleine, Mathilde se pencha vers l'avant, les mains sur les cuisses et en marmonnant des paroles incompréhensibles. Dans quelques minutes, elle le savait, elle allait perdre à nouveau connaissance et ça ne lui disait vraiment rien. « Allez-y, fermer là ! » lui hurla la chercheuse Cassandra. La prisonnière voulu lui lancer un regard de travers, mais se ravisa en se disant que ce n'était pas comme ça qu'elle s'en ferait une amie. Replaçant son bâton dans son dos, elle s'approcha au plus près de la brèche et leva sa main lumineuse vers celle-ci. « Putain, je déteste ce jeu ! » grommela-t-elle en sentant toute son énergie se vidée de son corps et de s'évanouir dans la seconde qui suivit.

Lorsqu'elle se réveilla, elle se trouvait dans une maison en bois avec l'elfe la plus maladroite et appeuré du monde. 'Et ça continue encore et encore…' se dit-elle à elle-même avant de sortir de son lit, sans prendre le temps d'écouter les paroles de l'elfe. Elle ouvrit la première malle à sa disposition pour y trouver des armures plus seyantes que ce truc horrible brun caca ou que son armure pistache. 'C'est que le début, d'accord, d'accord…' Elle mit de côté l'armure qunari pour mage. Hors de question de jouer les gourgandines et surtout avec un potentiel commandant bientôt amoureux dans les parages. Parce qu'elle ne se faisait aucune illusion, si ce n'était pas ici que la malédiction le frapperait, ce serait à Fort Céleste. Elle enfila alors l'armure dite du dragon et vida les lieux en direction de la chanterie au pas de course. Elle n'avait jamais eu aucune espèce d'idée du nombre d'heures ou de jours que le personnage restait sans conscience et elle n'allait pas laisser les gogoles dans la merde plus longtemps.

Parvenue à la Chanterie, elle descendit dans les geôles pour y retrouver le reste de son groupe de bras cassé. Elle n'était pas encore devant eux qu'elle s'arrêta nette pour écouter la conversation. « On reprend aller. Ce n'était pas ça ! » ordonna Allison sur un ton autoritaire qu'elle ne lui connaissait pas vraiment. L'entièreté du groupe soupira et commença à marmonner : « Je voudrais un bonhomme de neigeeeeeeuh… Oh vient jouer avec moiiiiiii… Tu te caches, on ne se voit plus… Dis que fais-tu ? Tu n'es plus vraiment toiiiiiiiii. » Un cauchemar pour les oreilles de la rousse rendue encore hypersensible par son petit tour dans la faille. D'autant plus que même les deux chiens hurlaient à la mort, tant ça chantait faux.

« Et y'a pas un voleur parmi vous, qui a essayé de forcer les verrous ?! Mais Créateur merci, vous êtes en bonne santé. Enfin... Plus ou moins. » lança-t-elle en allumant la torche la plus proche du cachot où étais les gogoles. « MATHILDE ! On a cru que tu étais morte ! » tonnèrent-ils tous en s'approchant des barreaux. « Libère nous ! » somma alors François. « Pitié, j'en peux plus de chanter du Disney ! » ronchonna alors Gabriele en se collant également aux barreaux. Malheureusement, la mage n'avait pas les moyens de les faire sortir pour le moment et elle ne savait pas bien comment leur annoncer ça. « Mais, je n'ai pas encore la clé, je dois aller voir Cassandra et le reste de l'état-major. Je viens seulement de me réveiller après la fermeture de la brèche. » les informa-t-elle un peu penaude avant de voir Eline sauté contre les barreaux tels un chimpanzé fou en captivité. « Alors, qu'est-ce que tu fais ici ?! Tu devrais être là-haut à essayer de nous sortir de là, femme ! » Mathilde vit rouge et se planta devant Eline en la regardant dans les yeux pour bien lui faire comprendre sa connerie. « Mais bordel de cul ! C'est vous les voleurs que je sache ! Qui est-ce qui est censé savoir ouvrir les verrous pour mon compte dans le jeu, rappelle-le-moi ! Est-ce que vous avez essayé au moins ?»

Nora s'effondra au sol, morte de rire en se tenant le ventre. Les trois voleurs du groupe de gogoles se regardèrent comme des ahuris… C'est vrai qu'aucun d'eux n'y avait pensé. Personne n'y trouva à redire d'ailleurs, surtout Eline qui venait en même temps de se dire qu'elle avait été conne quand Cullen l'avait enfermée à Fort Céleste. François et elle tentèrent d'ouvrir les portes de leur cellules respectives, mais sans succès. « On n'a pas le niveau ? » tenta piteusement de se justifier Eline en souriant bêtement. Mathilde soupira et tourna les talons pour vider les lieux. « Et ne chanter pas à mon retour, ou je vous laisse là ! »

La prisonnière remonta les escaliers aussi vite qu'elle les avait descendus et se dirigea tout droit vers l'état-major. Au moins, elle ne tomberait pas tout de suite sur Cullen, ça lui mit un petit baume au cœur. En revanche, rien que le son de la voix de Roderick suffisait à lui hérisser les poils sur les bras. Prenant son courage à deux mains, elle enfonça la porte pour tenter une arrivé suffisamment imposante pour être prise au sérieux. « Ah ! Gardes arrêtez la ! » Mais, il allait la fermer le petit roquet de chanterie là ! « N'en faites rien ! » ordonna plus férocement Cassandra et les gardes n'osèrent pas remuer le petit doigt. « Comment osez-vous, chercheuse ? Cette criminelle doit être juger maintenant. Peu importe ce qu'elle a fait là-haut ! Elle n'a fait que réparer à moitié ce qu'elle a elle-même créer. » La mage rousse regarda le mur du fond, puis son pied avec lequel elle dessinait des images fictives sur les dalles de la pièce. Allez dans trois, deux, un… elle serait appelée messagère d'Andrasté. « C'est Andrasté elle-même qui l'a envoyé ! » tonna la voix de Cassandra. 'Et voilà… je ne m'étais déjà pas fait à l'idée d'être l'inquisitrice, alors ça…Bon, maintenant le discour sur l'inquisition, voilà… parfait'

Lorsque Roderick quitta la pièce, Mathilde le suivit du regard et regarda les deux mains de l'ancienne divine. « Je suppose que vous allez me demander votre aide pour votre inquisition ? » demanda-t-elle en faignant de ne pas connaître la suite de la discussion. « Vous êtes un symbole désormais, peut-importe ce que vous souhaitiez. Et sans la marque sur votre main, nous ne pouvons rien contre les failles… » commença par dire Cassandra avant d'être interrompue par Léliana. « Oui, nous avons besoin de votre aide. Et l'inquisition peut vous protéger, car en dehors de ces murs, les gens continuent de croire que vous êtes responsable de ce qui s'est passer au conclave. » La belle menace dissimulée était lancée. Avec tact certes, mais lancée tout de même en somme. Mathilde s'approcha des deux femmes et leur tendit la main. « Pas besoin de ça pour me motiver, sœur Léliana. Tout ce que je demande, c'est la clé pour libérer ma bande de barjot enfermer en bas. ».

Cassandra se saisit de la main de la mage avant de se redresser de surprise et Léliana également. « ILS SONT AVEC VOUS ?! » Après une brève poignée de main avec la chercheuse, puis la maître-espionne, elle haussa les épaules. « Malheureusement. Je dois comprendre qu'ils n'ont pas été sage ? » Dans les cachots, les gogoles faisaient les cent-pas en attendant le retour de leur amie avec la clé. Enfin, ils espéraient qu'elle aurait la clé cette fois. La porte en bois claqua plus loin dans le couloir et la seule question fût : à manger ou Mathilde ? Lorsque la silhouette de la mage se dessina dans les ombres des cachots, ils sautèrent tous de joie ! Sans un mot, elle ouvrit les cachots de tout le monde pour les laisser sortir de là.

« Par le Créateur, on est enfin libre. » souffla François en prenant la direction de la sortie. « Oui, ben ça n'a pas été facile. Cassandra ne voulait pas vous relâcher. Vos éclats de voix ces derniers jours n'ont pas franchement été apprécié. Bon venez avec moi, on va vous enlever ces horreurs vertes ! » Elle prit la tête du groupe au moment où Eline l'appela. « Hey, Mathilde. » La rousse se retourna avec un mauvais pressentiment. « LIBÉRÉEEEEEEEEEE ! DÉLIVRÉEEEEEEE ! On ne nous enfermera plus jamaiiiiiiiiiis ! » « Eline, je vais te tuer ! » hurla la messagère d'Andrasté en courant derrière la gogole qui s'enfuyait toujours en chantant. « LIBÉRÉEEEEEEEEEE ! DÉLIVRÉEEEEEEE ! Ça valait clairement le couuuuuuup ! »

Une fois de retour dans la chanterie, Mathilde sauta littéralement sur le dos d'Eline pour lui fermer la bouche en mettant ses mains dessus. « Ne recommence jamais ça ! Espèce de… ». Un raclement de gorge lui fit lever les yeux pour apercevoir Cassandra qui se tenait devant elle. « Vous voulez un coup de main ? » lança-t-elle acerbe. Mathilde soutient le regard mauvais de la chercheuse et ne trouva rien de plus à dire que : « Je vais ce que je veux de ma sœur d'abord. » L'air surpris de Cassandra lui assura qu'elle avait eu raison de faire ça, au moins elle lui laisserait un peu de marge. « Votre sœur ? » s'exclama Léliana qui n'était jamais très loin quand il s'agissait de disposer de nouvelles informations. Les autres gogoles passèrent la porte sur cet entre-fait et François repris son plus bel air d'abruti amoureux en voyant Cassandra. Mathilde lâcha Eline et se releva pour se lancer dans une explication des plus compliquée.

« Oui, nous sommes jumelles, efin des fausses jumelles, mais nous avons la même mère et le même père. Là, ce sont les jumelles Lavellan, Allison et Charlotte, que nous considérons comme des membres de notre famille. Ensuite, François et Nora Adaar, nos autres frères et soeurs spirituels, des Tal-Vashoffs qui travaillent depuis des années pour mes parents. Et enfin, les jumeaux Cadash, Gabriele et Christelle. Gabriele étant l'ancien fiancé d'Eline et un ami très proche. Je vous épargne les animaux pour l'instant… Faut d'abord que vous arriviez à digérer tout ça, je pense. » Cassandra et Léliana se regardèrent avant de regarder la troupe qui faisait maintenant coucou comme des idiots. « Oui… en effet… Je pense qu'il va falloir nous écrire tout ça sur un parchemin… » Cassandra s'en alla en se massant les tempes et Léliana la suivit en secouant sa tête amusée par toute cette scène. « Ah ben, on ne peut pas dire que vous ne voyager pas en famille, messagère. » lança la voix moqueuse de Varric Thétras, qui n'avait évidemment pas manquer une miette de ce spectacle. « Venez me voir à l'occasion, j'ai deux mots à vous dire. Et je vais tenter de faire cet arbre généalogique pour la chercheuse. Il en va de sa santé mentale et de celle de toute l'inquisition, je le crains. » Un salut de sa large main et le nain quitta la chanterie sans laisser le loisir à qui que ce soit de répondre. Mathilde secoua sa tête, se demandant un instant ce qu'elle allait faire, quand la voix de la chercheuse la ramena à l'ordre.

« Messagère ! On vous attend ! » puis la porte de l'état-major claqua magistralement. « Oh non pas ça… pas ça pitié… » dit-elle dépitée en sachant pertinemment ce qui l'attendait derrière cette foutue porte. Eline lui tapota l'épaule d'un geste encourageant avant de lui dire : « Je viens avec toi si tu veux. On n'interdira pas à la sœur de la messagère de la suivre partout. » « Merci, je pense que je vais en avoir besoin. En attendant, pour ceux qui ont leurs 'biens aimés' dans le coin… Oui, je parle de toi Charlotte ! Reviens ici ! » L'elfe brune la plus foncée des deux rejoint à nouveau le groupe avec une moue dépitée, triste d'avoir été remarquée dans sa tentative de rejoindre Solas en douce. « La règle des trois mètres est toujours d'actualité. Christelle, Allison je vous charge de veiller au grain. » Christelle étant nouvelle et donc pas encore maudite, Mathilde jugeait qu'elle et Allison pouvait se charger de cette petite mission sans problème. Hélas… « Il ne m'a même pas regardé. » lança la voix à la fois triste et dépitée de Christelle. « Je n'existe même pas pour lui ! »

Mathilde se tourna vers Christelle, les yeux grands ouverts et profondément choquée. À peine arrivée et déjà maudite ? Par le saint cul d'Andrasté, ne lui restait-il plus comme seul soutient qu'Allison. Cette dernière plaça sa main sur l'épaule de Christelle d'un air compatissant. « Je sais… je sais… Moi, il ne sait même pas que j'existe. Il ne fût qu'un vague passage dans ma vie… Une vision passagère et volatile, avant que tu ne fasses tout reseter ! » Le ton initialement doux de l'elfe s'était soudainement durci, au point que tout le monde compris l'urgence d'éloignée l'elfe de la naine. François saisit Allison pour la reculer et Gabriele saisit la naine de son côté. Les deux femmes étaient à couteau tiré, s'engueulant l'une l'autre. « Je n'ai pas fait exprès ! » hurla la naine en se débâtant dans les bras de Gabriele. « Je ne sais même pas son nom ! » renchérit Allison en faisant pareil de son côté, mais le nain et le qunari tenaient bon.

Mathilde se tourna vers Eline d'un air incertain. « J'ai raté combien d'épisode au juste ? » « Un seul » lui répondit la gogole en se tournant vers elle, l'air penaud. « On a découvert qu'Allison avait subi sa malédiction, quand on s'est retrouvé dans les cachots ici. Pour Christelle, ça vient de se produire, donc… c'est Varric. En revanche Alli c'est toujours un mystère. » Gabriele et François se firent un signe de tête pour sortir avec les deux furies à l'extérieur de la chanterie et éviter par là-même que Cassandra ne réapparaisse pour les engueuler. « Je pense savoir. TROIS METRES POUR TOI AUSSI, CHRISTELLE ! » hurla la mage avant que la porte ne se ferme. Elle soupira avant de se tourner vers Nora et Eline. « Bon, vu que les vôtres ne sont pas là pour le moment, je compte sur vous pour tenir les autres à l'œil. Nora, à toi la première garde. Eline, tu viens avec moi et tu te tiens bien. Je n'ai pas envie de subir les foudres de Cassandra encore une fois. » Et elle partit en direction de l'état-major, suivie d'Eline, alors que Nora partait dans l'autre sens avec Charlotte toujours dépitée. « À tes ordres. » lança la blonde légèrement hilare en tirant l'autre elfe par la manche. « Ce n'est pas juste… Personne ne me fait jamais confiance ici… » râla Charlotte en trainant les pieds plus que nécessaire. La grande porte de la chanterie se ferma et les deux autres femmes finirent de traverser la distance vers l'état-major.

« Attends, tu sais qui est le maudis d'Allison ? » reprit Eline en posant sa main sur la porte pour que Mathilde ne l'ouvre pas. Tenant la poignée, elle soupira avant de regarder à nouveau la gogole calmée par l'absence de Blackwall. « Tu m'as demandé si je savais qui était l'autre garde des ombres, tu te souviens ? » La brunette acquiesça. « Dans mon contexte, Alistair n'est pas roi… Donc, je pense que c'était lui qui était avec Stroud. Bien que ça n'ait pas de sens d'avoir les deux ensembles au même endroit. Je commence à croire que tout à buger. Enfin, tant qu'on ne doit pas affronter Samson et Calpernia… »

« Alistair ?! T'en es sûre ? » La brune manqua de s'étouffer en disant ça. Mathilde lui mit sa main sur la bouche pour la faire taire et en lui faisant les gros yeux. « Silence. Non, je ne suis sûr de rien, mais de dos il lui ressemblait. Et je ne vois pas comment je vais le savoir ! On peut y aller maintenant ? » Bougeant la main de son amie de sur sa bouche, la voleuse continua sur sa lancée. « Quoi, tu as hâte de voir Cullen te flasher dessus en mode malédiction ? » En voyant l'air dépité de la rousse, la brune sourit. « Je me disais aussi. Pour Allison, tu pourras demander à Solas. Vous allez tous les deux dans ses rêves, elle doit bien avoir un souvenir de lui. » L'idée était certe foireuse, mais elle avait au moins un certain sens. La mage allait devoir négocier ferme pour que l'elfe chauve accepte, mais si elle envoyait ça sous couvert d'apprentissage et de curiosité, ça pouvait le faire. Peut-être même que cela lui permettrait de gagner quelques points d'approbation et d'officialiser un début d'amitié avec Solas. « Pas bête, j'irai le voir après. » Et sur ces mots, elle ouvrit la porte.

« Enfin, messagère. » lança Cassandra en se levant de son tabouret. « Bien, laissez-moi vous présenter les autres membres de l'inquisition. Dame Joséphine Montilyet, notre amabassdrice. ». La sus-nommée fit une révérence en s'adressant ensuite à elle et Eline. « Mesdames Trevelyan, c'est un plaisir de vous rencontrer. Nos familles sont assez familières, il me semble. » « C'est possible, mais j'ai grandi dans un cercle, dame Montilyet. Ma sœur Eline doit en savoir davantage à ce sujet. » Ne sachant que dire, Eline se contenta d'acquiescer, le regard porté sur un tout autre personnage et s'empêchant de rire. « Voici le commandant Cullen, qui gère le gros des troupes. »

« Messagère… » lança la voix de ce dernier pour la saluer. Lorsque Mathilde le regarda alors pour la première fois depuis la reprise au début, elle vit alors la première fois la malédiction faire son office droit dans les yeux. Elle comprenait ce que ressentait ceux qui ne la vivait pas, mais y assistait en direct envers soi. « Au moins… ça n'a pas changé. » railla Eline avant d'éclater de rire en se cachant le visage. « Ce n'est pas drôle, Eline ! » siffla Mathilde entre ses dents.