Alors qu'une grande partie des gogoles attendaient fébrilement le réveil de leur amie assommée, Charlotte regardait Eline avait une lueur d'admiration dans le regard. Sa sœur venait de devenir un véritable modèle d'ingéniosité à ses yeux. Autant dire qu'elle était la seule avec Eline, qui ne voyait pas la catastrophe arrivée. La gogole suprême, quant à elle, piaffait de fierté. Pendant ce temps, sur le lit de la messagère d'Andrasté, Cullen eu l'agréable surprise de voir que sa 'réanimation' avait fonctionné. Sa joie ne dura qu'une fraction de seconde, car dès que Mathilde eut ouvert les yeux, elle l'assassinat clairement du regard.
« Cullen… Retirez vos mains…tout de suite…» commença-t-elle par marmonnée froidement. Le commandant s'exécuta aussi sec et voulu se relever, mais elle l'arrêta en s'agrippant à son avant-bras. « Ne bougez pas… et silence. » Le pauvre Féreldien aurait aimé se défendre, mais la rousse ne lui en laissait pas l'occasion.
Quelque chose lui disait, qu'il valait vraiment mieux qu'il se taise. Derrière Eline, qui accaparait tout le monde, Mathilde se redressa face au grand blond et profita du fait qu'il la cachait parfaitement, pour observer l'assemblée. Toisant l'assistance de son air supérieur, et ne se doutant pas de la conscience de son amie, Eline se lança dans un monologue qui gratifiait sa prise d'initiative.
« Oh tu sais, j'ai dû improvisé au dernier moment. Mais je suis fière de ma trouvaille. J'avoue que cela tenait du génie. Cela dit, rien n'aurait été possible sans le concours de Cullen. Je trouve que c'est un excellent élève, il m'écoute bien et prend des initiatives ! Je prense que Mathilde devrait me remercier pour tous mes efforts, j'espère qu'elle les appréciera à leur juste valeurs. »
La demi-seconde suivante, Eline volait à travers la pièce et se retrouvait projetée à l'extérieur de la maison de bois, par une attaque foudroyante. Le reste de l'armée de gogoles hurla. Concentré qu'ils étaient, ils n'avaient pas remarqué non plus que leur amie inconsciente, ne l'était plus. Elle se tenait debout à côté de son lit, ses mains crépitantes encore de l'électricité qu'elle avait invoquée. Charlotte, qui cinq secondes plutôt applaudissait Eline, cessa tout mouvement avant de se cacher de son mieux derrière Christelle. Si, elle eut envie de s'excuser, elle ne le fit pas, persuadée que la prochaine salve électrique l'atteindrait elle.
« Quelqu'un à un commentaire à faire ? » demanda Mathilde en colère. Tous les gogoles, à l'exception de Charlotte apeurée et Eline inconsciente dehors, firent non de la tête. « Bien. » conclu-t-elle avant de se retourner comme une furie furieuse vers le pauvre commandant et d'abattre sa main avec force sur sa joue. Le claquement fût parfaitement sonore et une vilaine marque rouge s'était imprégnée dans la peau du blond. Une grimace avaient peint les traits de toute l'assemblée, qui se tenait en silence devant la scène.
Seul François osa un trait d'humour : « Au moins, elle ne l'a pas foudroyé comme Eline. » Gabriele, qui se tenait à ses côtés, lui envoya son coude dans la hanche pour ne pas qu'il envenime la situation. La messagère regardait toujours le Féreldien qui se tenait toujours la joue, un air contrit jouant sur son visage.
« Je l'ai mérité, je n'en disconviens pas. » fini par dire l'ancien Templier. « À ma décharge, je pensais bien faire… votre amie est persuasive. »
« Au moins, maintenant vous savez que vous ne devez plus l'écoutée. Dans votre intérêt mentale et physique. » Elle tourna les talons et ajouta : « Et restez loin de moi ! »
Pendant ce temps, à l'extérieur de la maison, Eline ouvrit les yeux après avoir été envoyée valser dans les airs. Elle avait été sonnée par l'impact de son corps sur le sol et s'interrogea un moment sur ce qui venait de se passer. Elle se redressa sur ses fesses et s'inspecta sous toutes les coutures. Elle avait le poils un peu roussi, mais rien d'insurmontable, sauf peut-être l'odeur de cochon grillé. Finalement, elle essata de se remettre sur ses deux jambes, elle leva les bras au ciel et hurla:
« JE SUIS EN VIE ! ». Mais la seconde d'après, elle vit Mathilde lui arrivé dessus, le visage déformé de colère. Toutefois, elle n'avait pas le temps de se lever, alors elle protégea simplement son visage de ses deux bras. « Pas taper ! Pas taper ! » clama-t-elle en s'affaissant sur elle-même. Tout le monde était sorti du baraquement pour assister à la scène.
« Tu mériterai que je te foute à un pilori pour une semaine ! » hurla la messagère d'Andrasté en s'adressant à Eline. « Qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête, espèce d'idiote aux cheveux longs ! »
La brunette baissa ses bras pour regarder Mathilde dans les yeux et marmonna piteusement : « Je veux mon Blackwall… ». Si la mage bouillait sur place, elle maitrisa ses émotions et se contenta de shooter dans la neige pour arroser Eline avec.
« Et Nora veut sa Crem ! Et Allison… Allison veut on ne sait pas qui, mais qui n'est pas ici ! Tu me saoule, Eline ! Tu n'es pas la seule ici qui n'a pas le loisir d'admirer la personne qu'elle apprécie ! Jusqu'ici, tu étais plus ou moins raisonnable, alors bordel reste le ! »
« Oui, mais toi tu as Cul-len ! » marmonna-t-elle dans sa barbe, mais suffisamment haut pour que Mathilde l'entende. Une seconde salve de neige vola en direction d'Eline, qui décida qu'elle allait se taire à présent.
« Depuis quand, tu te tracasse de mon sort, Eline ?! Depuis qu'on est ici, tu fais tout pour me contrer et rien pour m'aider ! Tu penses vraiment que j'ai envie de te faire plaisir après tout ce que t'as fait ?! J'en ai marre de toi ! J'en ai marre de vous tous ! J'en ai marre de cet endroit ! Ras le cul de cette vide de merde ! Bref, j'en ai marre de tout, putain ! Démerdez-vous sans moi ! »
Sur ces mots, elle vida les lieux à la hâte, quittant carrément le village en laissant tout le monde en plan, sous le regard médusé de tout le monde. Cela avait au moins le mérite d'être clair. Le cul toujours dans la neige, Eline regardait l'endroit où son amie se tenait quelques secondes plutôt. Personne ne remua le petit doigt, ni le petit orteil pour l'aider à se relever.
Quand les gogoles se remirent en marche, ce fût pour passer à côté d'elle sans rien dire. Sauf François, qui se permit un commentaire : « Bravo, Eline… Un véritable chef d'œuvre sur l'échelle de la connerie. » La gogole se releva d'elle-même pour suivre le reste du groupe assez fâchée qu'on ne reconnaisse pas ses efforts à sa juste valeur.
« Moi, je voulais juste l'aidée avec Cullen et qu'elle accepte enfin qu'elle peut être heureuse avec lui et ici. Comme ça on restait ici. » Ce fût Allison qui s'arrêta net pour se tourner face à elle et lui répondre :
« Mais quand vas-tu comprendre que tu ne fais que provoquer l'inverse ? Elle ne veut pas, laisse la tranquille. Plus tu vas la pousser vers lui ou lui vers elle, plus elle va se braquer et le rejeter ! Tu ne fais pas du mal qu'à elle ! Tu lui en fais à lui aussi, à toi et même à nous ! Ouvre un peu les yeux. » Eline ne trouva rien à ajouter et se contenta de baisser les yeux, un peu vexée tout de même. « Je vais la chercher… toute seule. » soupira alors Allison qui prit à son tour le chemin vers l'extérieur de Darse.
Nora prit Christelle par la manche et s'en alla également à l'extérieur du village, mais pour aller s'entraîner avec la naine. François tapota l'épaule de Gabriele avant de lui faire signe de le suivre. « Où allez-vous ? » demanda Charlotte, qui pour le coup ne savait pas où aller.
« Faire le plat préféré de ma sœur, ça la calmera peut-être. » L'elfe restée sur place couru les rejoindre en demandant : « Vous aurez peut-être besoin d'un commis. »
Eline resta seule sur place, devant les portes grandes ouvertes de Darse, à se demander ce qu'elle allait pouvoir faire. Cela ne servirait à rien d'aller avec Allison chercher Mathilde, elle se ferait juter à nouveau. François avait bien assez d'aide avec Gabriele et Charlotte. Accompagner Nora et Christelle ? Elle n'était pas une guerrière, ça ne servirait à rien.
« Et vous allez rester là encore longtemps, toute seule ? » demanda alors une voix dans son dos. Eline se retourna et croisa le regard de Varric avant de hausser ses épaules. « Vous êtes une voleuse… je dois pouvoir vous apprendre un truc ou deux. Allez venez. » Le nain s'en alla vers l'extérieur des remparts à son tour, son arbalète posée sur son épaules. La jeune infirmière le suivit de peu en soupirant, se demandant comme Allison allait bien pouvoir rattraper le tir.
Pendant ce temps, l'elfe menue qu'était devenu Allison, se démerdait pour retrouver Mathilde dans le paysage enneigé des Dorsales de Givres. La neige lui montait jusqu'au genou, mais elle persévérait en suivant les traces laissées par son amis dans le manteau immaculé. Elle jurait quand elle se prenait le pied dans une ornières ou une racines dissimulés, assurant qu'elle allait étripé Eline. Pas qu'elle voulait vraiment retournée chez elle non plus, mais sans la mage, comment allaient-ils restés en vie ? Et puis, elle voulait retrouver son inconnu et pour cela, la rousse restait également sa meilleure option. Elle se préoccuperait de faire changer d'avis sa meilleure amie après, une chose à la fois.
D'abord lui faire admettre qu'ils étaient tous parfaitement heureux ici, puis parvenir à lui faire entendre raison sur leur amour à tous et enfin, arriver à la convaincre qu'elle pouvait y trouver son compte. Enfin, ça c'était le plan sans intervention débiles des gogoles. Autant dire qu'elle prévoyait autant de plans de secours qu'il n'y avait de lettres dans l'alphabet avec eux. Un éclair tomba à trente centimètres devant elle, la faisant hurler et tomber sur les fesses. Cela ne signifiait qu'une chose… Mathilde n'était plus très loin. Courageusement, elle se remit sur ses jambes et continua d'avancer en faisant aller ses bras.
« Ne me grille pas ! Je ne suis pas digeste ! » lança-t-elle suffisamment fort pour être entendue par son amie toujours en colère. Sur un rocher, non loin de la mage, une forme grise faisait sa toilette avec application, nullement gêner par ce qui se passait. En revanche, Thorin se redressa en hérissant son poil et en grondant de colère en voyant l'elfe.
« C'est là tout l'amour que tu as pour ta marraine, Thorin ? Merci, j'apprécie. » Le chat reposa son postérieur sur le rocher, sans une réaction supplémentaire, se contentant de suivre Allison du regard, alors qu'elle rejoignait son amie, qui jouait de son bâton en électrocutant les arbres. Elle se posta derrière elle en silence pendant un moment, l'observant s'esquinté en passant ses nerfs.
« Ils étaient si méchants que ça, les arbres ? »
La mage haussa les épaules avant de répondre : « Surtout celui qui s'appelle Eline. Mieux vaut que ce soit un arbre qui prenne que la vraie, non ? »
« Je ne dirais pas le contraire. » Assura l'elfe avant de se mettre à côté de la messagère d'Andrasté, enfin plus ou moins calmée. Elle observa alors l'autre jeune femme, le front ruisselant de sueur et sa peau rougie sous l'effort, en se demandant si elle n'avait pas été plus tranquille lorsqu'ils étaient tous enfermer dans les cachots. Toutefois, ce n'était pas le meilleure moyen de la ramener dans le village.
« Et Cullen, il méritait vraiment que tu l'engueule et que tu le frappe ? » Mathilde fit alors face à Allison et haussa ses sourcils. Pourquoi est-ce qu'elle lui parlait de cela ? Cela n'avait absolument pas le moindre sens.
« Si tu es venue, pour essayer de jouer au même jeu qu'Eline, mais en plus subtil, tu peux t'en aller, Allison. » répondit-elle en remettant son bâton de mage dans son dos et en allant ramasser Thorin, qu'elle mit sur son épaule.
« Je ne prendrais pas la défense d'Eline, non. Je pense juste que tu as tendance à exagérer tes réactions, quand il s'agit de Cullen. Je pense également qu'il ne mérite ni ton mépris, ni ta colère intempestive à son encontre. Je préférerai que tu l'ignore ou que tu sois glaciale, que tout le reste. Mais je pense que tu ne t'en rends même pas compte en fait… Je me trompe ? » Mathilde haussa les épaules et se mit à marcher en direction d'un petit chemin qui s'étendait non loin. Avisant une plante médicinale bien connue non loin, elle prit un petit couteau à sa ceinture pour la cueillir.
« Je suis sensé lui pardonné d'écouter les conneries d'Eline, c'est ça ? Je veux bien encore admettre que j'ai été dans l'exagération aujourd'hui. Puisque le jeu à repris de zéro, il ne connaît pas encore les conneries d'Eline, ni des autres. Mais ça finira par arriver, je le sais très bien. Maintenant, dis-moi, dans combien de temps pense-tu que tu rejoindras l'armée des gogoles dans leur quête insensée ? » Fourrant les branches d'elfidée dans une sacoche et rangeant son couteau à sa place, elle regarda Allison longuement avant de continuer. « Tu peux te targuer de me connaître mieux que personne, mais l'inverse est également vrai, Achilles. Tu ne seras pas éternellement de mon côté, surtout maintenant que tu as toi aussi subit la malédiction. Je n'ai pas l'intention de me laisser dicter mes décisions par qui que ce soit. J'ai bien l'intention de rentrer chez moi, par rapport à vous. Et je ne vois pas bien ce qui va me faire changer d'avis pour l'instant. »
« Au moins, on l'aura notre combat Achilles et Hector, avant d'arriver à la maison de repos. » ironisa l'elfe en rejoignant finalement le chemin pour retourner à Darse. « En attendant, j'espère qu'Eline se sera calmée, sinon jusqu'à ce que je retombe sous la coupe de ma malédiction, je suis avec toi et donc, par définition, contre elle. Et Thorin est d'accord avec moi. »
À ces mots, le chat gris et blanc se mit à ronronner sur l'épaule de Mathilde, comme pour marquer son accord avec sa marraine. Pourtant, cela ne rassura pas l'elfe, qui se dit qu'au moment où elle basculerait de l'autre côté, Thorin lui rendrait la vie impossible. Ainsi, elles repartirent vers Darse sans trop se pressée, discutant de tout et surtout de rien. Ce qui permit toutefois à Allison de se conforter dans ses idées. Ils devaient tous se calmer pour le moment, sous peine de vraiment finir par être enfermer dans les cachots jusqu'à la fin de leurs jours. Et si, cela se produisait, ils se retrouveraient tous de retour en Belgique, sans avoir eu leur mot à dire.
En passant devant le camp d'entrainement, l'elfe voleuse jeta un œil aux hommes en train de s'entrainer et en particulier au pauvre commandant qui avait morfler ce matin. Elle grimaça avant de s'adresser à Mathilde.
« Tu n'as l'a pas loupé, le pauvre homme. Regarde sa joue ! ». La mage se tourna alors en soupirant pour la forme, avant de porter sa main à sa bouche pour étouffer son étonnement. C'était peu de le dire en effet, à moins que le froid n'accentue vraiment le rouge qui s'étendait sur le visage clair de l'ancien Templier. Mais ce qui était le plus probable, c'est qu'elle n'ait vraiment pas mesuré la force avec laquelle, elle avait baffer l'homme. Elle regarda ensuite l'elfe châtain, qui la jugeait du regard, les poings sur les hanches.
« Oh ça va hein… Cela ne t'arrive jamais de t'emporter ? J'aimerai t'y voir moi, si un inconnu te malaxait les seins en t'embrassant sans consentement et à cause des conneries d'Eline. » L'elfe haussa un sourcil ce qui fit soupirer la messagère. Elle avança de quelques pas en avant en marmonnant : « Bon ça va… tu m'énerve. »
Elle avança vers les hommes à l'entrainement, mais s'arrêta à distance raisonnable avant de soupirer de nouveau. Formant un creux avec sa main, elle ramassa de la neige, qu'elle transforma en glace dans la seconde suivante.
« Commandant ! » lança-t-elle au concerné. Lorsqu'il se retourna vers elle, elle lui fit signe de s'approcher. Il hésita un instant. Au moins, il avait compris la leçon et retenu sa mise en garde, ça elle devait lui reconnaître.
Lorsqu'il fût à quelques pas d'elle, il la salua : « Messagère. »
Elle écarquilla ses yeux bleus, maintenant qu'elle voyait la marque laisser de près, elle ne pouvait pas nier qu'elle y avait vraiment été très fort. Elle lui aurait envoyé une décharge électrique dans le même temps… Probablement. Elle s'approcha encore d'un pas ou deux, avant de poser le morceau de glace contre la joue meurtrie de Cullen. Elle s'appliqua à faire disparaître la marque rouge, sans rien dire et elle ne savait pas trop comment, mais bon. Elle était mage, ça expliquait sans doute tout. Ses soins finit, elle lâcha le morceau de glace dans la neige et mis ses mains sous ses aisselles pour les réchauffée.
« Je suis désolée… je n'aurai pas dû être aussi violente. » dit-elle en regardant ses pieds enfouit dans la neige. Elle ne vit pas la surprise dans les yeux de Cullen, lui qui avait largement accepter le fait qu'il était en tort. À sa sale habitude, il se frotta la nuque de gêne avant de lui répondre.
« Je m'excuse également, je n'aurai jamais dû écouter votre sœur. Quelque chose me disait qu'elle était un peu cinglée et j'aurai dû écouter mon instinct.» Mathilde fronça ses sourcils et regarda enfin le Féreldien dans les yeux.
« Qu'est-ce que vous entendez par là, au juste ? »
« Eh bien… c'est comme si, je l'avais déjà rencontrée dans une autre vie… Ou en rêve, je ne sais pas trop l'expliqué. Très étrange, en réalité. Je dois passer pour un fou. »
Alors là… cela lui donnait matière à réfléchir. Ce pourrait-il, qu'il ait des souvenirs d'avant le reset ? Ce serait vraiment très tiré par les cheveux, mais après tout pourquoi pas. Ce qui voudrait-dire que les autres devaient potentiellement avoir des souvenirs aussi. Elle craignait un peu que ces souvenirs se ravivent une fois parvenu à Fort Céleste. En attendant, elle se les gelait et la proximité avec Cullen devenait franchement gênante.
« Non. En même temps, vous avez vu la bande de cinglés que je me tape ? À côté, vous paraissez extrêmement sain d'esprit. Mais soit, vu qu'on est tous les deux désolés, qu'on se pardonne mutuellement, je vous laisse. Bonne journée. » Elle prit la direction des portes du village en gardant toujours ses mains aux chauds.
Pendant que Mathilde parlait avec Cullen, Allison avait rejoint Nora, Christelle et Eline qui s'entrainaient. Au moment, où elles s'étaient regroupées, Eline poussa un quasi hurlement, qui fût étouffer par les mains de Nora, qui n'en pouvait plus de l'entendre hurler.
« ELLE LE… » s'étrangla la voleuse humaine, encourageant les autres filles à regarder dans la direction d'où venait Allison. Cette dernière était plutôt fière de son petit effet sur le comportement de la mage et sourit comme une bien heureuse.
Puis, elle se tourna vers Eline et lui dit : « Tu vois. Des semaines à gaspiller ton énergie, à faire des coups monter, pour rien. Moi, dix minutes de discussion et elle lui parle normalement. Elle l'a même touché. Quand je te disais qu'il fallait être subtile. » L'humaine brune l'assassinat du regarda, alors que la naine et la qunari éclatèrent de rire. Ce qui attira forcément l'attention de Varric, qui s'approcha discrètement du groupe.
« Et voilà, comment avec du tact et de la diplomatie, je réussi à lancer la romance entre Cullen et Mathilde. Mais attention, ce n'est pas gagné. À la moindre contrariété, elle fera marche arrière. Alors, si tu ne veux pas qu'elle s'acharne sur toi, je te conseille vivement de rester calme les jours à venir. » continua Allison, telle un gourou devant sa secte, répandant la bonne parole et enseignant son art subtile. Christelle l'écoutait subjuguée, hochant la tête vigoureusement et buvant littéralement ses paroles. Eline râlait, mais ses phrases étaient toujours étouffé par la main de Nora, qui pour le coup, roula les yeux vers le ciel.
« Et si, on lui foutait juste la paix ? » lança alors Nora. « C'est encore le meilleur moyen, je trouve, de revenir dans ses bonnes grâces. N'arrivera jamais que ce qui doit arriver. Mais je suis d'accord pour le calme. Concentrons-nous sur l'entraînement, afin d'être utile à l'avenir et elle saura se montrer magnanime. Elle l'a déjà montré. Qu'est-ce que tu dis Eline ? »
La voleuse numéro un s'était exclamé derrière la main de Nora assez vivement pour attirer de nouveau l'attention à elle. Et à en juger par le regard assassin qu'elle lançait aux autres filles, c'était quelque chose qui la contrariait. Elle arracha les mains de Nora de sa bouche pour se faire entendre.
« Je ne veux pas aller me battre ! Non, vous faites ce que vous voulez, mais je n'irai pas ! » clama la brunette en croisant les bras sur sa poitrine.
« Je pense que vous n'aurez pas le choix, Balèze. » lança Varric qui fit connaître sa présence à tout le monde, faisant sursauté Allison, Eline et Christelle. « Tous les bras sont bons à prendre et vous n'êtes pas trop manche avec votre arc, alors. De quoi, avez-vous peur ? »
Eline se planta devant Varric, les poings sur les hanches, prête à lui répondre quelque chose de cinglant, mais elle tiqua sur autre chose.
« D'où vous m'appelez, Balèze ?! » s'étonna-t-elle, ce qui fit rire les autres filles, qui s'attendaient également à ce qu'elle parle de son petit côté couard en matière de combat.
Varric lui offrit son plus beau sourire moqueur et lui répondit : « C'est que vous avez une force prodigieuse et un courage démesuré. Il fallait un surnom qui le souligne. »
Puis, il prit la tangente en marchant calmement, sifflotant fier de son petit trait d'esprit, Bianca sur l'épaule. Eline resta conne à fixer l'endroit où Varric avait disparu derrière les remparts, à cligner régulièrement des paupières. Les autres masquaient leur hilarité dans leur manches.
« Mais… mais je l'emmerde celui-là ! » s'exclama finalement Eline, avant de rejoindre à son tour le village en criant : « Varric ! Faut qu'on cause ! »
Le soir venu, tout le monde se rejoignit à la taverne pour prendre un repas chaud bien mérité. Cette fois, Eline fût placée à une extrémité de la table et Mathilde à l'autre, des fois que la rousse voudrait encore une fois attenter à la vie de la brunette. À côté d'Eline, se trouvait Charlotte d'un côté et Nora de l'autre. Du côté de Mathilde, elle était encadrée par Allison et Christelle. Les deux places vides du centre attendaient patiemment Gabriele et François.
« Mais qu'est-ce qu'ils font ? » demanda alors Eline impatiente.
Charlotte croisa les bras sur sa poitrine et répondit : « Je ne dirai rien ! Ils me font confiance pour garder le secret. Cette fois, je ne serais pas une Zévran. »
La porte de la taverne s'ouvrit et tout le monde se retourna, en espérant que ce soit leur deux autres amis qui arrivaient, mais non. À la place, ce fût l'arrivée de Solas, Varric, Cassandra et des trois têtes de l'inquisition. Ils prirent place à la table à côté de la leur. Le regard de Mathilde se focalisa sur Christelle et Charlotte, se noircissant à vue d'œil. Tant et si bien, qu'elles se recroquevillèrent sur leur siège.
Messagère ! » lança fortement la voix de Cassandra. Mathilde se retourna pour croiser le regard d'acier de la chercheuse. « Est-ce que vous savez ce que votre.. frère, mijote ? Il nous a expressément fait demander en ce lieu de débauche. » Une petite alarme retentit dans le cerveau de Mathilde, qui se contenta de hausser les épaules.
« Pas la moindre idée. Mais rien qui ne soit hors de ses compétences de cuisinier, je suppose. Quoi ? Vous ne m'aviez pas crue, quand je vous ai dit qu'il était chef cuisinier à la base ? » L'étonnement était visible chez tous les invités de l'Inquisition, mais à peine eût-elle fini de parler, que l'immense Tal-Vashoff arriva des cuisines en portant un immense plateau garni d'assiette. Il posa devant sa sœur une assiette royalement garnie de frites, d'épinards à la crème et d'une belle pièce de viande.
« Ma sœur. Voici le plat de la réconciliation. » Lorsqu'il se recula et clama. « Pour ceux qui n'aime pas les épinards, c'est de la salade ! J'avais rien d'autre. » Puis, il continua son service en plaçant méthodiquement les assiettes devant les convives. Gabriele arriva sur cet entre-fait avec un plateau sur lequel reposait des bouteilles de vins et une cruche de jus de fruits. Il servit à nouveau la messagère en premier.
« Un cru pas trop mauvais, mais il est goûtu et ira très bien avec la viande. » Il suivit François à la trace, faisant le service. La mage se tourna sur sa chaise pour observer les réactions des convives d'à côté et surtout celle de Cassandra.
« Je vous l'avais dit. De la qualité, Cassandra. » Puis, elle jugea qu'il était temps de faire honneur à la cuisine de son frère et d'attaquer à belle dents ce morceau de viande, cuite impeccablement.
Alors que le repas touchait à sa fin et que tout le monde y allait de sa petite discussion, Charlotte profita de l'occupation de chacun, pour se faufiler jusqu'à la table où était assis les têtes pensantes de l'inquisition. Solas avait déjà vidé les lieux, à son grand désespoir, mais elle n'en était pas étonné outre mesure. Ce personnage n'était après tout pas réputer pour sa socciabilité hors norme. Avisant le Commandant Cullen, en train de ronger son frein tout seul en bout de table, entre Joséphine et Léliana lancées à corps perdu dans un débat sur les chaussures, elle s'en approcha.
« Bonjour. » dit-elle en le regardant. Le Féreldien sursauta sur son siège et regarda l'elfe qui lui faisait face. « Je suis Charlotte Rutherford. » continua l'elfe guerrière en tendant la main au grand blond. L'incompréhension se lu sur le visage du commandant de l'Inquisition, qui regarda Charlotte, puis la table des gogoles, puis Charlotte à nouveau.
« Vous devez faire erreur… je.. je n'ai pas de Charlotte, ni d'elfe dans ma famille. ». Tirant une chaise derrière elle, Charlotte s'assit à sa hauteur et se pencha vers lui, les yeux exorbité.
« Si, si. Vous êtes mon beau-père. » Cullen prit son plus bel air offusqué et se redressa sur sa chaise, près à remettre la jeune femme à sa place. C'était totalement grotesque ! D'une absurdité sans nom !
« Mademoiselle, je ne vous permets pas ! Sachez que je suis moralement irréprochable. De plus, je le saurais si j'avais eu une fille ! Vous êtes bien trop vieille pour prétendre l'être. Je vous demande de me laisser en paix avec vos bêtises grossières. » Mais l'elfe ne broncha pas d'un centimètre, elle se contenta de regarder Mathilde, qui discutait innocemment avec Allison, avant de regarder à nouveau l'homme en armure.
« Ma maman, c'est Mathilde. Donc, si vous acceptez d'être mon beau-père adoptif, vous aurez un lien avec elle. » dit-elle en hochant la tête d'une façon parfaitement idiote. « Vous êtes sûr que vous ne voulez pas avoir de lien avec elle ? ».
L'incompréhension se lu dans les yeux du grand blond, puis il se mit à rougir de la tête aux pieds. Charlotte sourit bêtement avant de se lever en ajoutant : « Bonne nuit, beau-papa. »
Au terme du repas, tout le monde s'était régaler, si elle devait en juger par les commentaires qu'elle avait entendu tout du long de la part de ceux d'à côté. Lorsque le repas fût terminé, chacun retourna à ses appartements, non sans félicité les cuistots et leur commis. Après un dernier verre, toute l'armée de gogoles regagna la petite chaumière dans laquelle, ils étaient tous sensé logé. Chiens et chats compris.
« Cela va être plus compliqués que prévu… » annonça d'amblé Allison en regardant les lieux. Une fois la porte passée, deux pans de mur créaient des alcôves de part et d'autre. Puis, une grande pièce carrées avec seulement un lit double dans un coin, une commode et un bureau avec une chaise. Quelques caisses et coffres éparpillé. Une cheminée au pied du lit pour la lumière et la chaleur.
« Il va nous falloir des lits de camps. Je vais voir ce que je peux trouver. François, tu viens avec ? » lança Nora en repassant la porte avec son jumeaux.
Une vieille couverture qui trainait dans un coin fût tiré dans l'alcôve qui ne bénéficiait que peu de la chaleur de la cheminée et fût décernée aux deux chiennes. Le bureau fût recouvert d'une nouvelle couverture un peu miteuse, ainsi que la chaise. Un couchage d'appoint tout à fait aux goûts de Tigrou et d'Eragon. Une fois Nora et François revenus,n il fût temps de se mettre d'accord. Faisant figure d'autorité, Mathilde trancha pour tout le monde.
« François, Gabriele, vous dormirez dans l'alcôves derrière la cheminée. Au moins, vous aurez chaud et vous serez entre mecs. Désolée pour vous, mais y'a plus de filles qu'autre chose ici. Prenez les lits qu'il vous faut. » Acquiesçant, les deux hommes tirèrent les lits de camps dans le coin bien chaud. Cela compensait au moins le confort sommaire dont ils bénéficiaient.
« Charlotte, Allison, Christelle et Nora… installez-vous avec ce qui reste au sol. On tâchera de faire une tournante pour le lit, mais vu qu'Eline est officiellement ma sœurs, ça passera mieux que si je dors avec elle, qu'avec une de vous. Et malheureusement pour vous, ici les elfes et les qunari ne sont pas… enfin bref, vous aurez remarquez que la considération c'est pas ça. » Les installations terminées, Charlotte tapota sur l'épaule de Mathilde.
« Christelle n'a pas de lit… » lança piteusement l'elfe menue. En y regardant de plus près, Mathilde remarqua qu'il manquait effectivement un lit de camp pour que la naine puisse dormir à son aise. Elle se voyait mal lui dire d'aller dormir sur la chaise, surtout que Tigrou y avait déjà élu domicile. Puis, elle avisa Eline, qui s'était déjà couché dans le lit. Le bas de ce dernier était toujours vide et elle s'exclama alors.
« Tu dormiras au pied du lit, en travers. Faut vraiment que je trouve une solution demain. Avoir des lits simples pour les deux mecs et un deuxième lit double pour Charlotte et Allison. Et un lit supplémentaire pour Nora et toi. » Cela dit, elle roula deux gambisons pistaches pour faire un oreiller de fortune à Christelle et lui donna celui de François pour faire une couverture.
Une fois tout le monde installé, elle se glissa elle-même dans le lit à côté d'Eline, qui avait insisté pour mettre des gambisons entre elles, dès fois que… Une chose était au moins sûre, personne ne mourrait de froid cette nuit. Alors que le calme était total dans la petite chaumière de la messagère et de l'armée de gogole, celle-ci ne trouvait pas le sommeil. Elle réfléchissait à ce qu'elle allait bien pouvoir faire le lendemain.
