Bonjour à tous, me revoilà avec une histoire après une longue absence. Il faut croire que je n'arrive pas à me détacher de ce site. :)

Je tiens à remercier tous les auteurs qui continuent de poster leurs histoires en ces temps difficiles.

J'espère que cette nouvelle histoire vous plaira ( je précise que le contexte sanitaire actuelle n'existe pas dans cette histoire).

Bonne lecture !

25 décembre 2020 – 18h45

La neige épaisse qui tombe ne me dit rien de bon. Cette soirée ne me dit rien de bon.

« Tris, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée ce repas.

-C'est le réveillon de Noël, tout va bien se passer.

-On aurait dû attendre avant que je les rencontre, ou au moins après les fêtes.

-Pourquoi ? »

Je soupire mais n'argumente pas. Elle sait pourquoi, c'est cette chose qui me hante qui me paralyse.

« Tobias, ils n'ont pas besoin de le savoir.

-Ce sont tes parents…

-Pas tout de suite du moins. »

Il y 8 ans, j'ai tué quelqu'un. J'ai fait deux ans de prison avant d'être innocenté et de pouvoir reprendre ma vie.

12 mai 2012 – 14h15

Un dossier est lancé sur la table devant moi.

« Alors Eaton, quelle histoire tu vas nous raconter aujourd'hui ? »

Je me gratte le nez avec une de mes mains menottées en fixant l'officier devant moi. Quoique je dise, il ne me croira pas. Comme toujours.

Il ouvre mon dossier et soupire.

« Voyons ça… Alors ça commence tôt dis donc… 2002… vol, une fois, deux fois, trois, quatre… eh ben… Et tous les ans, c'est la même chose. Ah non tiens, 2007, là on passe aux violences. Je me demande bien ce que cette petite mamie a fait pour que tu la braques au distributeur ? »

Je ne lève pas les yeux, je sais que rien ne peut m'aider. J'ai fait des erreurs dans mon enfance mais qui peut m'en vouloir. Une mère alcoolique qui m'abandonne avec un père violent. Ce vol, j'en avais besoin car je cherchais à m'évader mais je manquais d'argent pour survivre. Je n'avais que 15 à l'époque. Elle a porté plainte pour violence car en m'échappant, elle est tombée et s'est fracturée le col du fémur. Je me souviens encore de ce que j'ai pris le soir même après que mon père est venu me chercher au poste de police.

« Et cette jeune fille ? Heureusement qu'on est venu à temps ! Tu comptais la violer ? La frapper ?

-C'était ma copine, m'emporté-je. On s'est disputé, je l'ai quitté et elle s'est vengée. J'avais un casier, elle savait que j'allais prendre cher alors que je n'ai rien fait.

-C'est ça… »

Je rebaisse la tête pour me calmer, je suis au fond du trou et rien ne peut m'en sortir. Et c'est à cause de lui.

-Bon maintenant, dis-moi ce qu'il s'est passé. Vraiment. »

J'attends quelques secondes avant de raconter pour l'énième fois ce qu'il s'est passé.

9 février 2012 -22h34

J'entre dans la maison sans faire de bruit pour ne pas le réveiller. Je suis allé boire un coup avec Zeke dans un bar. Il m'a aidé à sortir de la délinquance et ça fait trois ans que les postes de police n'ont plus entendu parlé de moi. Grâce à lui. Il m'a enfin cru sur tout ce qu'il s'est passé et m'a soutenu. J'ai trouvé un emploi à mi-temps, j'ai pu mettre de l'argent de côté et reprendre des études. Dans 6 mois, je peux m'échapper de son emprise.

Je suis à peine entré que j'entends la télé et son film pour adulte dégoûtant. Malheureusement, je n'entends pas ses ronflements.

Il coupe le son quand la porte se referme derrière moi.

« C'est à cette heure-ci que tu rentres ?

-Il n'est pas encore 23h, monsieur.

-Et alors ? Si je dis qu'il est tard, il est tard. »

Il se lève en retirant sa ceinture.

« Retire ton t-shirt. »

Je commence à me tourner en touchant le vêtement mais en entendant le parquet craquer, je prends confiance en moi. Je me retourne soudainement.

« Non.

-Quoi ?

-J'ai dit non. Ça suffit, je ne te laisserai plus faire.

-J'ai dit. Retire. Ton. T-shirt. », siffle-t-il entre ses dents.

Je sais qu'il va attaquer d'un instant à l'autre alors je m'échappe vers les escaliers. Mais pour son âge, il est rapide. Il m'attrape par le t-shirt, me tire en arrière en arrachant le vêtement par la même occasion. Je retombe sur le dos, me cogne la tête mais réussi à éviter un coup de ceinture en roulant sur le ventre. Je me relève sans attendre et cours vers le salon. Je passe derrière le canapé. Lorsqu'il fait le tour, je ne perds pas une seconde, saute au-dessus du dossier et cours vers l'escalier. J'entre dans ma chambre et la ferme juste quand il arrive. Il la pousse de toute ses forces.

« Tobias ! Arrête ça ! »

Il donne de grands coups mais je bloque chaque assaut. Quand il arrête, je me dépêche de pousser mon bureau contre la porte. Ça ne le bloquera pas longtemps mais suffisamment pour que je fasse mon sac et que je m'enfuie par la fenêtre.

Malheureusement, je n'ai mis que des sous-vêtements dans le sac quand j'entends la porte céder. Je prends le sac prêt à sauter quand j'entends le bruit d'une balle se loger dans le pistolet.

« Ecarte-toi de cette fenêtre. Pose ce sac. »

Je laisse tomber mes affaires et me retourne en levant les mains. Il s'approche de moi et pose le canon sur mon front. Le dégoût se lit sur son visage.

« J'aurais dû faire ça depuis longtemps, me débarrasser de toi. Tu n'es qu'une perte de temps et d'espace. Personne ne te pleurera. Même ta mère n'a pas voulu de toi. »

Dans un élan de rage, je le frappe d'un direct au visage qui fait voler l'arme à quelques mètres de nous. Je le frappe trois fois avant de m'écarter. Il crache du sang sur mon visage et se jette sur moi. Il place ses mains sur gorge et serre. Je sens que l'air ne passe plus, je me débats mais rien n'y fait. Je vais mourir ici.

Heureusement, je vois son arme à porté de main. Je l'attrape sans éviter et la place sous son menton. Il ne me reste pas beaucoup de temps.

« Tu veux me tuer ? Après tout ce que j'ai fait pour toi ? T'as pas les cou… »

Je l'interromps en appuyant sur la gâchette. Sa tête est projetée en arrière, son corps sans vie s'écroule au sol, son sang coule sur le parquet. J'halète quelques minutes puis me décide de partir.

Je viens de tuer mon père. Mon calvaire est terminé.

12 mai 2012 – 14h30

Si seulement j'avais su que ce n'était que le début.
Les voisins ont appelé la police quand ils ont entendu un bruit et un cri. Ils m'ont retrouvé pendant que je faisais mon sac, le corps chaud de mon père à côté de moi. J'ai immédiatement été emmené au poste et enfermé pour parricide. J'ai tenté de me défendre mais en vain.

Je ne suis que le fils délinquant et ingrat, lui était le maire respecté de tous.

Je finis mon récit mais je vois bien que l'officier ne me croit pas.

« C'est une sacrée histoire, tu es doué. Exactement la même que hier. Maintenant, et si on disait la vérité ? »

Je reste muet. Je suis foutu de toute manière.

« Tu ne dis rien. Très bien. Ramener le dans sa cellule. »

Je suis soulevé de la chaise et guidé vers ma cellule.

« On se reverra au procès Eaton. »

20 juin 2012 – 17h00

« Le Jury a délibéré. Monsieur Tobias Eaton est déclaré coupable du meurtre avec préméditation de son père, Marcus Eaton. Il est condamné à 50 ans de prison ferme sans possibilité de réduction de peine possible. »

Je les laisse m'emmener sans me débattre. Je savais ce qui m'attendait. Vais-je sortir un jour de la prison ? J'aurais 70 ans… peut-être serait-ce mieux de mourir avant.

Mais jamais je ne serai triste ou désolé de l'avoir tué. Il le méritait pour tout ce qu'il m'a fait subir.

Je croise juste le regard de Zeke qui a les larmes aux yeux. Il doit bien être le seul à savoir que je suis innocent. Il a tenté de m'innocenter mais c'était sa voix contre la ville.

Je me fais cracher dessus dès ma sortie du tribunal jusqu'à la voiture de police. S'ils savaient qui était ce maire qu'ils adoraient tant. Je devrais leur montrer mes cicatrices qu'ils comprennent.

Je suis assis à côté de deux policiers pendant le transfert jusqu'à la prison. L'officier est assis à l'avant, sûrement heureux de me voir condamné.

Je suis placé dans une cellule où il y a déjà un détenu. Il est grand blond, tatoué de partout et ses yeux bleus-gris me suivent pendant que je m'installe.

« T'as tué ton père, c'est ça ?

-Les nouvelles vont vite.

-Ton procès est passé à la télé. »

Je hoche la tête puis m'allonge sur le lit en cachant mon visage avec mon avant-bras.

« Et toi ? T'as fait quoi ?

-Braquage de banque. Ma squad et moi on était presque dehors quand on s'est fait prendre.

-T'as pris combien ?

-5 ans. Dans 2 ans tu auras un nouveau coloc. »

Je tourne la tête en souriant. Il a l'air pas si mal.

« Je m'appelle Eric.

-Tobias, mais tu dois le savoir.

-Dis-moi, tu l'as vraiment fait ?

-Oui mais c'était de la légitime défense. C'était lui ou moi. »

Depuis ce jour, Eric m'a cru. Nous sommes devenus amis, on se protégeait l'un l'autre jusqu'à ce qu'il soit libéré. Je suis alors placé avec Peter Hayes, un nouveau qui a agressé son ex-copine. Il a tenté de la violer mais son frère a pu la sauver.

Depuis son arrivée, je lui fais vivre un enfer. Et avec ma réputation, ce n'est pas dur de lui faire peur.

26 septembre 2014 – 10h15

« Eaton, debout ! »

Je grogne au gardien qui se tient dans l'ouverture de la cellule.

« Quoi ?

-Le capitaine veut te voir.

-Pourquoi ? »

Il fait un signe de la tête aux autres gardiens qui me sortent du lit. Ils me trainent jusqu'au bureau et me pousse dans une chaise, mais pour la première fois, je ne suis pas menotté. Le capitaine me fait face.

« Tobias Eaton… L'enquête a été rouverte.

-Pourquoi ? J'ai déjà été condamné, vous voulez en rajouter ?

-Non, pour ton innocence.

-Quoi ? »

Je regarde autour de moi, les regards sérieux des gardiens sont une réponse.

« Marcus Eaton a été reconnu coupable de maltraitance physique et morale. Va te faire beau, tu passes au tribunal cet après-midi.

-Mais comment c'est possible ?

-Ta mère, Evelyn Johnson a entendu parler de ton incarcération et a plaidé ton innocence. L'enquête a été rouverte il y a deux mois. »

A 16h45, ils reviennent me chercher pour me ramener au tribunal. J'observe tout ce qu'il se passe à l'extérieur. Quand j'arrive, je ne me fais pas cracher dessus, on me regarde seulement. Parfois je vois de la pitié, parfois je vois du dégoût.

Je suis amené à la barre et après avoir prêté serment, je scanne l'assemblée. Et là, je vois la femme qui m'a donné la vie et qui m'a abandonné à 8 ans. Je détourne vite le regard et voit Zeke. Il a un sourire scotché sur le visage sûrement heureux de me revoir. Je n'ai pas eu le droit aux visites.

« Monsieur Eaton, vous savez sans doute que votre père a été reconnu coupable de maltraitance conjugale. Avez-vous été victime de maltraitance ?

-Oui. Presque tous les jours depuis mes 5-6 ans. Jusqu'au 9 février 2012.

-Que s'est-il passé ce jour-là ? »

Je décris dans tous les détails ce qu'il s'est passé jusqu'à décrire nos vêtements. Tout est gravé dans ma mémoire.

« Je sentais la vie m'échapper alors j'ai tiré. C'était lui ou moi.

-Que s'est-il passé après ?

-Je ne savais pas quoi faire. Je comptais faire mon sac pour m'en aller quand la police est arrivée. Ils m'ont embarqué immédiatement.

-Je note ici que vous n'avez jamais plaidé votre innocence.

-Je ne suis pas innocent. J'ai tiré sur mon père. Mais c'était de la légitime défense. Malheureusement, avec mon passé, personne ne m'a cru.

-Merci monsieur Eaton. »

Le juge rassemble ses dossiers.

« Le jury va se retirer pour délibérer, le jugement sera rendu dans 30 minutes. »

Il scelle sa parole d'un coup de marteau. Je suis installée sur le banc, toujours menotté à la table. Pour le moment, je reste un criminel. J'entends derrière moi que ma mère tente de discuter avec moi mais je ne me retourne pas. Je ne suis pas prêt à la voir, même si elle est la raison qui puisse éventuellement me sortir de prison.

Mon avocat me tient au courant de toutes les procédures qui ont eu lieu.

« Pourquoi ne m'a-t-on rien dit ?

-Ton témoignage n'était pas convaincant après ta condamnation. »

Je vois l'officier qui m'a fait condamné à l'écart, les sourcils froncés. Pour lui, je suis loin d'être innocent.

Le juge revient en salle, tout le monde se lève.

« Le Jury a délibéré. Marcus Eaton a été reconnu coupable de maltraitance sur mineur et de tentative de meurtre. Tobias Eaton est reconnu non-coupable du meurtre de Marcus Eaton dans la mesure où il s'agit de légitime défense. Sa peine est annulée, il est libre de sortir de ce tribunal sans courir d'autres condamnations. »

Je suis bouche bée. C'est réel ? Le son du marteau résonne dans ma tête. Je suis libre. Je me tourne vers l'avocat.

« C'est fini ? C'est vrai ?

-Tu es libre Tobias. »

Une larme m'échappe alors qu'on me démenotte. Le capitaine me serre la main.

« Nous tenons à exprimer nos excuses les plus profondes pour cette erreur judicaire. »

Je hoche la tête, ce n'est pas à eux que j'en veux mais à l'officier. C'est lui qui m'a mis dans ce trou sans m'écouter.

Je n'ai pas le temps de réagir que je suis écrasé dans une étreinte.

« Tu es libre, mon frère. Je le savais ! »

Je serre Zeke contre moi, heureux de le retrouver.

« Merci ! Merci pour tous. »

Au-dessus de son épaule, j'aperçois Eric qui me sourit. Il a toujours cru en mon innocence et je suis heureux de le voir ici aujourd'hui.

25 décembre 2020 – 18h56

Nous sommes garés devant la maison de ses parents mais je refuse de faire un pas en avant. Elle se poste devant moi et me prend les mains.

« Tobias, ça va aller.

-Ils vont me reconnaître. Tous le monde me connaît.

-C'était il y a dix ans… Et même s'ils te reconnaissent, tu es innocent.

-D'après les journaux.

-Je sais que tu es innocent. Ton père t'a fait subir une enfance exécrable mais tu as réussi à te relever. Tu n'as fait que te défendre. Si tu ne l'avais pas fait, tu ne serais pas là aujourd'hui.

-J'ai tué quelqu'un Tris. Personne ne veut de gendre avec un casier.

-Je vis ma vie comme je l'entends. Si ça ne leur plait pas tant pis. »

Elle m'embrasse et caresse mes joues.

« On y va ?

-Je t'aime Tris. Je remercie le ciel tous les jours de m'avoir sorti de tout ça et de t'avoir mis sur ma route.

-Je t'aime aussi. »

J'embrasse sa main gauche, plus précisément la bague qui est sa promesse de m'épouser l'année prochaine.

Nous nous avançons vers la porte, Tris après avoir toqué rapidement.

« C'est nous ! »

Je prends une grande inspiration avant d'entrer.

« Béatrice, comme je suis contente de te voir ! »

Sa mère l'enlace fermement mais quand son regard se pose sur moi, elle se tend.

« Tobias Eaton… Oh mon… »

Je le savais. Je baisse les yeux, sachant pertinemment que je ne suis pas à ma place ici.

« Maman, s'il te plaît. Je sais ce que tu dois penser mais je t'en prie, ne le juge pas sans connaître l'histoire.

-Ce n'est pas moi le problème. »

Au même moment, des pas se rapprochent.

« Béatrice ! Enfin, vous êtes là ! Où est ce jeune homme exceptionnel que tu veux nous présenter ? »

Il se fige en apparaissant dans l'embrasure de la porte et en me voyant au pied de sa porte. Son regard se durci.

« Toi ! »

Quant à moi, le colère bout en moi.

Devant moi se trouve monsieur Prior qui se trouve également être l'officier qui m'a fait plonger.

Voilà, j'espère que ce premier chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me donner vos avis ou vos idées pour la suite de cette histoire :)

J'espère que vous allez bien et rendez-vous au prochain chapitre !