Disclamer : Tout appartient à J.K Rowling.
Défi : Ce texte a été écrit pour la quinzième nuit du Fof, il répond au thème « Flamme ».
Bande-son : Romeo and Juliet de Placebo / Canary Bay d'Indochine
Warning : Évocation d'une romance entre deux personnes de même sexe, cela s'appelle l'homosexualité et ce n'est pas contagieux. Il est déconseillé aux personnes n'aimant pas ce genre de relation de lire l'OS qui suit.
Titre de l'OS : Les Serpents aussi cultivent leurs flammes
Il y avait, dans le sombre cachot des Serpentard, une flamme qui restait toujours allumée. Ce n'était pas une flamme comme on en voyait habituellement, elle ne provenait ni d'un feu de cheminée, ni des chandelles qui fondaient sur les tables de travail.
Non, ce feu venait de l'intérieur même d'une des personnes qui se trouvait dans la salle aux murs plus noires que les profondeurs de la Forêt Interdite. Les serpents ont le sang-froid, ils ne peuvent décemment pas accueillir une flamme au creux de leur poitrine, allez vous me dire ?
J'aurais tendance à être d'accord avec vous. Seulement, cette lueur semble nous dire le contraire.
Et si on se rapprochait ?
Minuit venait de sonner sur la Grande Horloge de la Salle Commune et Tracey Davis se hâtait de finir son travail pour le cours de Potions du lendemain. Comme toujours, elle s'y prenait à la dernière minute et les 20centimètres de parchemin étaient durs à remplir. Au fond, qui se souciait des origines de l'appellation Aconit ? Cette plante que tout le monde se plaisait à surnommer « la plante Tue-Loup ? Pas Tracey en tout cas.
Entendant des pas dans l'escalier, la jeune fille se dépêcha de mettre un point final à son devoir. Ils avaient eu la consigne une semaine auparavant et tous l'avaient finit depuis bien longtemps. Mais Tracey ne faisait pas partie de ces travailleurs acharnés qui remplissaient leurs parchemins le soir-même et le stocker ensuite en sécurité. La petite Davis préférait de loin rêver.
Elle imaginait la douceur d'une étreinte.
Elle n'était pas comme les autres Serpentard, elle ne cherchait pas la confrontation et n'était pas très rusée. Elle suivait Pansy parce qu'il fallait bien suivre quelqu'un. Mais au fond d'elle, très au fond, il y avait cette petite flamme qui crépitait d'impatience, attendant que Tracey se décide à la faire sortir.
Ce n'était pas une ombre de rébellion. Ni une ombre d'intelligence.
Ce n'était pas l'ombre d'une idée lumineuse ou d'un plan soigné.
Ce que cultivait Tracey, tout au fond de sa poitrine, dans un petit abri, c'était une flamme d'amour. Pas l'amour vrai qu'on lisait dans les romans, ni le coup de foudre des films. Ce n'était pas un amour orageux, passionné et dangereux. Elle n'aimait pas un ennemi. Ce n'était pas non plus un amour à sens unique.
C'était simplement l'amour d'une jeune fille de 15ans. Une amourette secrète et partagée qui durerait le temps qu'elle pourrait.
Cette romance aurait pu être étalée au grand jour, elle n'avait rien de honteux : c'était une personne de sa maison, de son age, une personne bien sous tout rapport qui aurait surement un mariage arrangé et heureux.
Oui mais voilà, aussi simple que cette histoire puisse paraître, il y avait quelque chose qui la poussait à cacher sa flamme. Parce que la personne qu'elle est aimée n'était pas seulement de la même maison, elle était dans le même dortoir.
Oui, Tracey Davis et Daphné Greengrass étaient ensemble depuis presque deux mois. Elles ne savaient pas comment leur entourage réagirait alors, pour tout le monde, elles n'étaient que deux amies très proches, comme seules les amies féminines peuvent l'être.
Elles se tenaient la main en toute amitié. Elles se prenaient dans leurs bras en toute amitié.
Et puis, parfois, au détour d'un couloir, il y avait des instants volés : des baisers papillons, une caresse sur la joue, un frôlement de main, un regard tendre...
C'était à ce genre d'événement que Tracey rêvait plutôt que de faire les devoirs qui lui étaient donnés. Et peu importe le temps qu'elle devait ensuite rattraper, elle ne regrettait jamais d'avoir rêvé.
Les pas dans l'escalier se rapprochèrent et une voix brisa le silence :
« Tu viens dormir, Tracey ?»
Un doux sourire flottait sur son visage. La petite flamme qui habitait son coeur chavira en voyant la silhouette de celle qu'elle aimait.
« J'attendais que tu vienne me chercher Daphné. »
