Titre : Un monde fictif

Disclaimer : J'emprunte le personnage de Hermione Granger de J.K. Rowling pour la plonger dans l'univers de Naruto, crée par Masashi Kishimoto, seule l'histoire est mienne.

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Arc Jiraya

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Chapitre 1

Un rêve interminable

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— Ami, Ami réveille-toi ma grande, lui souffle une voix étonnement douce, il est déjà huit heures passées.

Hermione Granger soulève lentement les paupières, l'esprit étourdi, et elle tombe sur un visage féminin qui exprime une immense sagesse, et qui lui sourit aimablement. Cette femme d'une quarantaine d'années, aux yeux d'un noir profond et aux cheveux longs d'un blond éclatant, ne lui semble nullement familière pourtant elle dégage une chaleur accueillante qui suffit amplement à réchauffer son cœur. Cependant, elle ressent distinctement ce vague sentiment d'inquiétude qui s'empare peu à peu d'elle, tandis qu'elle observe avec une extrême attention l'environnement dans lequel elle se trouve en ce moment même et qui lui est totalement inconnu.

— Ami, que t'arrive t-il ? Reprend l'étrangère d'un air réellement soucieux. Tu m'as l'air bien perturbé aujourd'hui.

Encore sonnée, et ne la reconnaissant toujours pas, celle-ci cherche les bons mots pour ne pas l'alarmer davantage. Puis, s'équipant d'un grand sourire, et en se levant d'un bond de son lit, elle la rassure d'une voix faussement enjouée pour tenter de dissimuler son trouble apparent.

— Rien du tout.

La blonde arque un sourcil, perplexe, et la sonde d'un regard suspicieux, néanmoins elle n'insiste pas pour autant.

— Si tu le dis, lui rétorque t-elle avec incertitude avant de s'affoler subitement. Par contre, dépêche-toi ma belle, tu risques d'être en retard à ton boulot.

« Un boulot », a t-elle bien entendu ? Sous l'effet de la surprise, la mâchoire de la jeune sorcière s'affaisse et ses yeux s'écarquillent grandement. Elle la dévisage un long moment, l'air interdit, se retenant de lui hurler que son prénom à elle c'est Hermione, et qu'elle vient récemment d'entamer sa septième année à Poudlard. Pourtant, elle garde obstinément la bouche fermée, car elle ne veut aucunement effrayer cette pauvre dame qui lui paraît complètement inoffensive. Bien que ça l'embête quelque peu de jouer la comédie, elle choisit quand même d'aller dans son sens pour récolter les informations nécessaires, et faire ensuite le point sur sa situation actuelle.

— Tu n'as pas tort, lui énonce t-elle d'un ton calme. D'ailleurs, peux-tu m'accompagner jusqu'à mon lieu de travail.

La quadragénaire la scrute, éberluée, tandis qu'elle cligne à plusieurs reprises des yeux.

— Pourquoi ? L'interroge t-elle d'une voix sceptique.

La plus jeune se masse délicatement les tempes, puis se frotte silencieusement les yeux, avant de lui déclarer d'une mine défaite.

— J'ai un mal de crâne épouvantable.

Prise d'une soudaine angoisse, la femme accourt aussitôt à son chevet, et pose sa main sur son front pour vérifier si elle est fiévreuse.

— N'en fais pas tout un plat, lui lâche t-elle sur un ton de reproche bien qu'elle éprouve soudainement un léger sentiment de culpabilité.

Une expression mortifiée s'affiche brusquement sur les traits de l'inconnue.

— Ma précieuse fille, tu es la seule qui me reste au monde, lui confie t-elle en la fixant droit dans les yeux.

Hermione réprime difficilement un grognement de frustration, tandis que tout commence à prendre sens dans son esprit : elle vient délibérément de dérober l'identité de la seule membre restante de la famille de cette pauvre femme.

« Je veux vite récupérer mon ancien corps » elle songe intérieurement.

L'instant d'après, elle se secoue la tête pour prendre contenance, et passe rapidement à un nouveau sujet de conversation.

— Heu … maman, bafouille t-elle en se raclant la gorge. Laisse-moi une minute pour me changer.

« Maman », que ça sonne étrange en y pensant, acquiesce d'un hochement de tête satisfait, et ébouriffe gentiment sa touffe de cheveux avant de quitter la pièce d'un pas lent. Soulagée, la sorcière se laisse tomber sur ce lit douillet empreint d'un parfum rassurant, et souffle un bon coup pour se remettre les idées en place.

« Je suis actuellement dans le corps d'une certaine Ami qui vit seule avec sa mère, et qui par dessus tout a un travail » conclut-elle, hautement dépitée.

— Ami, qu'est-ce que tu fabriques ? S'impatiente sa « mère » devant sa porte.

La jeune fille l'assure d'une voix claire et tranchante, pendant qu'elle se relève péniblement de ce nid aussi mou que confortable.

— J'arrive.

Se mordant les lèvres, Hermione se dirige fébrilement vers le meuble en bois muni d'un large miroir, et s'arrête un instant de respirer en tombant sur son reflet qui lui renvoie l'image d'une parfaite inconnue. En effet, celle-ci possède à présent des cheveux longs et lisses d'un violet excentrique, et des yeux d'un noir pénétrant, similaire à ceux de sa prétendue mère. De plus, elle dispose maintenant d'une ancienne et énorme cicatrice qui court le long de son cou, mais qui n'a rien de repoussant pour autant.

« Et puis, c'est moi ou j'ai l'air d'avoir rajeuni de deux ou trois ans » évoque t-elle, un brin surpris.

— Ami, insiste la voix ferme de sa nouvelle mère.

Une moue agacée déforme les traits de la lionne.

— J'arrive, ça va, j'arrive ! S'écrie t-elle d'un ton irrité.

Ouvrant un battant de l'armoire, celle-ci se met à inspecter méticuleusement les nombreux vêtements qu'elle contient, puis laisse échapper un râle de mécontentement. Rien ne lui correspond vraiment dans ce dressing, à commencer par les robes ultra moulantes suspendues à des cintres, suivi par les jupes très courtes et colorés en matière synthétique, et enfin les hauts décolletés qui ne couvrent pas grand chose.

« Ma parole, la petite Ami semble être une vraie allumeuse » bougonne t-elle, partiellement ennuyée.

Elle grogne sourdement alors qu'elle demande d'une voix implorante à sa prétendue mère.

— Maman, peux-tu me prêter des vêtements sobres, s'il te plaît ?

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Une fois dehors, Hermione s'accroche fermement au bras de sa nouvelle mère, et contemple longuement ce village rurale, et militaire qui s'étend devant ses yeux. Un soupir de lassitude franchit la barrière de ses lèvres, tandis qu'elle constate amèrement qu'elle se trouve dans une société féodale qui n'a pas connu énormément de progrès technique. Qui plus est, en se basant sur la structure architecturale des maisons allongées, et des temples bouddhistes, elle peut aisément certifier qu'elle se situe dans l'époque Edo.

« Je me trouve sûrement dans le passé » se marmonne t-elle, en adoptant une mine contrariée.

Son regard scrutateur s'égare ensuite sur la haute falaise qui surplombe le village, et qui sert éventuellement de fortification. Une fraction de seconde plus tard, elle laisse échapper une exclamation admirative, tandis qu'elle découvre, émerveillée et complètement ahurie, les cinq visages gravés dans la structure rocheuse.

— Wouah, c'est magnifique, lâche t-elle, stupéfaite.

La femme blonde, qui l'accompagne exceptionnellement jusqu'à son lieu de travail, fronce aussitôt les sourcils, et la dévisage d'un drôle d'air.

— Tu t'extasies devant le monument des Hokage, maintenant ! S'exclame celle-ci d'une voix incrédule.

« Hokage », la jeune fille pense avoir déjà entendu ce terme, mais où ? Elle réfléchit un court instant, puis son regard s'illumine d'un coup alors qu'un souvenir bien particulier lui revient brusquement dans la mémoire.

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Flash-back

Hermione vient de finir de préparer le repas du soir, et met la table avec une jolie vaisselle, deux assiettes en porcelaine de pâtes fraîches, parsemées de fromage et de poulet, un saladier contenant des fruits rouges, et deux verres remplies de jus d'orange. Satisfaite, celle-ci interpelle sans plus tarder sa nièce – plus précisément la fille de huit ans de sa cousine Guinevere –, pour qu'elle vienne déguster son plat favori avant que ça ne refroidisse.

— Isabella, à table ma chérie, s'écrie t-elle à l'attention de sa nièce qui est clouée sur le canapé à regarder une série d'animation à la télévision.

Son adorable nièce croise les bras, d'un air têtu, tout en continuant à visionner son animé préféré.

— Encore quelques minutes, tante Hermione, objecte t-elle d'un ton suppliant.

Le visage de la sorcière exprime son agacement visible, pourtant elle préfère patienter sagement jusqu'à qu'elle termine son épisode. Enfin, c'est surtout parce qu'elle ne désire aucunement la voir piquer une crise pour un manga de pacotille.

— C'est d'accord, tranche t-elle un peu sèchement.

Isabella lui adresse alors un sourire si franc, si contagieux qu'elle ne peut nullement lui en vouloir, et qui la pousse jusqu'à s'installer à ses côtés pour regarder ensemble sa série d'animation japonaise préférée.

— Au fait, ça parle de quoi ton manga ? Lui demande t-elle, en faisant mine d'être intéressée.

La petite fille rayonne aussitôt de joie, tandis qu'elle prend à nouveau la parole, mais cette fois-ci d'un ton excité qui montre totalement son enthousiasme débordant.

— Tata, le manga comme son nom l'indique, raconte l'histoire de Naruto, commence t-elle en faisant de grands gestes. C'est un jeune ninja qui referme en lui un démon à queue, et qui rêve un jour de devenir Hokage.

En entendant son explication peu élaborée, et assez maladroite, la jeune Gryffondor affiche une légère grimace.

« C'est déjà pas mal pour une fillette de huit ans » se souffle t-elle intérieurement.

— Un Hokage ? Reprend t-elle, d'une voix réellement confuse.

— Le leader du village, lui apprend la gamine alors qu'elle se lève pour aller se laver les mains avant de s'assoir à table.

Fin du Flash-back

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« Non, non ce n'est pas possible » siffle t-elle entre ses dents, alors qu'elle sent inévitablement les larmes lui monter aux yeux.

Le corps de la jeune sorcière est pris d'un tremblement nerveux, en se rendant enfin compte qu'elle ne se trouve ni dans le bon espace temps, ni dans la bonne dimension. Elle se retient difficilement de renifler bruyamment, pendant qu'elle se demande sérieusement ce qu'elle peut fabriquer dans un monde fictif. D'ailleurs, son personnage à elle, cette Ami joue t-elle un rôle décisif dans ce manga, ou bien est-elle secondaire ?

Dans tous les cas, celle-ci ne doit pas interférer pour changer le cours de l'histoire, et trouver à tout prix un moyen pour retourner dans son monde d'origine. Enfin, c'est plus facile à dire, qu'à faire surtout qu'elle ne connaît ce manga que de nom. Cela dit, l'intrigue tourne autour des ninjas, alors il lui suffit simplement de les éviter. Pour ne pas attirer les soupçons sur elle, cette dernière envisage de continuer à vivre comme si de rien n'était dans le corps de cette Ami, et s'adapter à son nouvel environnement.

« J'élaborerai plus tard un plan pour me sortir de ce pétrin » évoque t-elle, d'un air optimiste.

D'ici là, elle doit apprendre le fonctionnement de cette nouvelle réalité alternative, et se renseigner impérativement sur l'histoire de ce monde de ninjas. Cependant, avant tout, il lui semble indispensable de savoir si la propriétaire de ce corps est une civile ordinaire, ou bien un assassin entraîné au combat.

Si cette Ami vient à être une guerrière, elle sera démasquée facilement car elle ne maîtrise pas l'art du combat propre à un ninja.

« Bordel, je ne la sens pas cette histoire » angoisse t-elle terriblement.

La voix de sa nouvelle mère, qui surgit brusquement dans les airs, l'éclipse de ses pensées aussi envahissantes que profondes.

— Ami, est-ce que ça va ?

La jeune fille aborde instantanément un sourire crispé.

— Non, tout va bien, s'efforce t-elle à dire.

— Tu es sûre ? T'as l'air un peu survoltée, rétorque la blonde d'une voix soucieuse.

La Gryffondor de septième année se contente légèrement de secouer la tête, un brin gêné. Puis, elle décide de lui répondre d'un air rassurant afin de clôturer pour de bon cette discussion qui ne les mène nulle part.

— Je me sens un peu fatiguée, c'est tout.

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— Et voilà, nous sommes arrivées, lui annonce sa mère d'un ton brusque en s'arrêtant devant une grande bâtisse.

Hermione ressent un immense soulagement, en lisant le menu affiché en bas à droite du bâtiment rustique qui propose énormément de variétés de thé. Celle-ci se retient de sauter de joie, tandis qu'elle se voit parfaitement s'ajuster à sa nouvelle vie. En effet, elle préfère largement travailler dans un salon de thé que de jouer au ninja. Et puis, elle a toujours rêvé d'avoir un boulot stable, même si être servante n'est pas très gratifiante.

« Enfin, ce n'est mieux que rien » tente t-elle visiblement de s'encourager.

— Bon, je te laisse, à plus ma belle, s'enquit la femme blonde de lui dire d'un tendre sourire avant de tourner les talons.

Elle lui souffle un « au revoir » du bout des lèvres, et pénètre sans se faire prier dans cette édifice imposante, accessoirement son nouveau lieu de travail. Une fois à l'intérieur, et après avoir longuement contemplé la décoration traditionnelle du salon, son regard observateur s'arrête sur une jeune fille de son âge, assise sur un comptoir. Cette dernière, qui possède des cheveux marrons coiffés en afro, et aux yeux d'un gris ombrageux brillant d'une lueur espiègle, l'accueille avec un grand sourire.

— Tu es constamment en retard, ma vieille, lui lance sa nouvelle collègue de travail sur un ton drôlement moqueur.

« Ami, pauvre tâche, tu me fais perdre la face » se marmonne t-elle dans sa tête, hautement agacée car Hermione Granger n'arrive jamais en retard, jamais.

Un sentiment de honte mêlé de colère la submerge subitement, alors qu'elle s'empresse de s'excuser en s'inclinant légèrement.

— Je suis désolée. Cela ne se reproduira plus.

Sa collègue de travail aborde à présent une expression profondément choquée, et pose brusquement sa main sur le front de Hermione pour vérifier la température de son corps. Ne comprenant évidemment pas ce qu'il se passe, celle-ci recule d'un pas et lui lance un regard interrogatoire.

— Qu'y a t-il ? La questionne t-elle, un brin troublé.

La fille aux cheveux marrons plisse les yeux pour mieux la regarder, alarmant davantage la lionne qui ne sait plus où se mettre.

— Tu es bizarre, aujourd'hui, lui fait elle remarquer.

La sorcière tressaillit violemment, et s'arrête nette de respirer, tandis qu'une peur aussi soudaine qu'inquiétante la saisit. Sa collègue de travail témoigne d'une perspicacité étonnante, à tel point qu'elle risque de la démasquer à tout moment. Pourtant, en y réfléchissant, elle n'a encore rien fait qui puisse véritablement la trahir, si ce n'est que s'excuser par pure politesse.

« Bon sang, mais quel genre de personne es-tu, Ami ? » cogite intérieurement la lionne, d'un air à la fois irrité et frustré, alors qu'elle se dépêche d'enfiler son tablier sous l'œil méfiant de l'autre fille à la coiffure afro.

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Sa première journée de travail s'est déroulée sans encombre.

En effet, celle-ci a joué son rôle de servante dans ce salon de thé à la perfection, en accostant toujours les clients avec un grand sourire aux lèvres. Cependant, ce boulot exige énormément de concentration, et d'énergie, et naturellement elle se sent, en ce moment précis, totalement vidée de toutes ses forces. Pourtant, elle n'a pas fait grand chose, si ce n'est que servir les clients et débarrasser les tables.

— Ami, tu souhaites encore te rendre à la bibliothèque, surgit soudainement la voix de sa collègue de travail à la coupe afro, dont le nom est Kasumi, qui l'expédie de ses réflexions.

De ce qu'elle a pu observer jusque là, Kasumi semble être la meilleure amie d'Ami dans cette réalité alternative, ou bien une amie très proche qui connaît invraisemblablement tous ses secrets, et pratiquement tous ses problèmes de cœur. D'ailleurs, c'est elle qui lui a appris l'existence dérangeante d'un ancien petit-ami, extrêmement nuisible, qui cherche par tous les moyens de reconquérir la petite Ami.

« Il ne manque plus que ça » geint-elle péniblement.

Se secouant vigoureusement la tête, elle plonge son regard pénétrant dans celui de Kasumi, et s'exprime d'une voix catégorique.

— Oui, je compte m'y rendre, et tu viens avec moi.

L'autre fille hausse les sourcils, fortement contrariée.

— Et, pourquoi ça ? Me demande t-elle, pas très ravie.

La sorcière se retient de justesse de lui répondre que c'est parce qu'elle ne connaît pas l'emplacement de cette fichue bibliothèque.

« Ne fais pas de gaffe … » se murmure t-elle, d'un air sensé.

Puis, elle dévisage sa collègue de travail en plissant les yeux, alors qu'elle réplique d'un ton mesquin.

— J'ai pensé que tu avais sûrement des choses à me confier.

Son interlocutrice lui jette un regard plein d'incompréhension.

— Co... comme… quoi ? Bégaye t-elle, avec incertitude.

C'est risqué mais honnêtement la sorcière pense l'avoir bien cerné, surtout en épiant ses nombreuses interactions avec les clients du sexe opposé. Entre autre, lorsque la jeune fille à la coiffure afro tombe sur un homme séduisant, elle n'hésite pas une seule seconde à lui faire du rentre-dedans, et de plus elle ne s'en cache même pas. Alors, elle peut aisément confirmer que le point de faible de Kasumi ce sont les hommes.

— Pff, comme le type qui te met dans tous tes états, lui énonce t-elle d'une voix sournoise.

Les joues de Kasumi s'empourprent immédiatement.

« Je crois que j'ai tapé dans le mille » songe Hermione en se réjouissant hautement.

— Comment t'es au courant de ça ? Lui souffle sa prétendue meilleure amie en affichant une expression embarrassée.

— Une simple intuition, disons.

Et parce qu'elle est très prévisible, aussi.

— Bon, tu viens, insiste Hermione à nouveau alors qu'elle s'apprête à sortir du salon de thé.

L'autre fille aux cheveux marrons esquisse un simple sourire, alors qu'elle décide de l'accompagner mais seulement pour cette fois-ci.

— Ok, ok, j'arrive, lui annonce celle-ci d'un ton convaincu, en rassemblant toutes ses affaires avant de la rejoindre à l'extérieur.

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Assise à une table de la bibliothèque de Konoha, étrangement vide, Hermione consulte un ouvrage sur l'art du ninja tout en écoutant d'une oreille distraite sa nouvelle collègue de travail déblatérer à propos de sa vie sentimentale. Son regard se promène furtivement sur une page du bouquin qui donne une définition poussée du chakra, une énergie similaire à la magie qui circule dans le corps humain et qui permet essentiellement d'utiliser les techniques de ninjutsu et de genjutsu.

« Il m'est probablement possible d'utiliser ce chakra » déduit-elle instantanément alors qu'elle se voit déjà maîtriser toutes les techniques ninjas.

Enfin, avant toute chose, celle-ci doit nécessairement vérifier si elle possède toujours sa magie, puisqu'elle redoute sérieusement d'avoir perdu tous ses pouvoirs en changeant d'enveloppe corporelle.

Une vive douleur à son bras droit la tire soudain de ses réflexions profondes.

— Aie, ça fait un mal de chien, s'écrie t-elle d'une voix étranglée en foudroyant Kasumi du regard qui vient de la pincer violemment.

Son amie affiche un sourire crispé, puis elle la sonde de son regard à la fois alarmant et effrayant qui la fait légèrement trembler.

— Oi, arrête de me snober, je te déteste ça, me prévient Kasumi sur un ton d'avertissement tout en continuant à me fixer de ses prunelles grises brillant d'une lueur dangereuse.

Hermione se promet silencieusement de ne plus jamais énerver Kasumi, surtout lorsque celle-ci lui parle de mecs.

— Désolée, s'excuse t-elle platement en se grattant l'arrière du crâne, un brin gêné.

La fille aux cheveux marrons grogne de lassitude.

— Ce n'est vraiment rien, commence t-elle d'un ton relativement calme avant de rapidement passer un nouveau sujet, alors que comptes-tu emprunter ?

Un grand sourire fleurit brusquement sur les lèvres de la Gryffondor, tandis qu'elle lui tend presque immédiatement un livre épais à la couverture d'un orange pétant dont l'intitulé est : « L'art du ninja, tome 1 ».

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À suivre

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