La franchise et l'univers de Fire Emblem ne m'appartiennent pas. Ils ont été créés par Shouzou Kaga, et développés par Intelligent Systems.
Cette histoire est un Moderne AU saupoudrée d'une touche de d'humour.
Il s'agit ici d'une Fanfiction de type Kemonomimi.
Zakuro Ruby Kagame
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Réunion des Animaux Anonymes
Comme d'habitude, supporter cette agitation animalesque, ce vacarme dont un troupeau d'éléphants en rut ne serait point capable, cette cacophonie insupportable pour sûr, me hérisse le poils. La dizaine de séance que mon père a exigé que je suive, sous seul prétexte que j'ai envoyé ma patte dans le visage d'un enfant trop irritant sans trouver cela choquant, risque donc d'être longue. Je devrais cependant me réjouir qu'il ait ainsi pu négocier ces quelques joutes verbales de remise en question de soi-même qui m'évitent somme toute de devoir passer quelques mois à réaliser des travaux d'intérêt général. Là encore, je suis plutôt du genre à jeter tout par terre sans sourciller qu'à ramasser. Si beaucoup pensent que je ne réfléchis pas, je préfère personnellement dire que je ne me pose pas de questions inutiles.
Seulement voila, il m'est d'autant plus pénible d'écouter tous ces mammifères souffrant d'égocentrisme, de peurs paniques irrationnelles ou d'autres maladies ou problèmes psychologiques tous plus extravagants les uns que les autres, que de ramasser quelques petits papiers sur le bord de la route. Je suis certaine que le orange fluo - bien que passé de mode - me siérait parfaitement. Quoique, je finirais probablement par écoper du surnom de « petit bonhomme orange » ce qui me donnerait certainement envie d'envoyer de nouveau ma patte dans le visages de bambins mal éduqués. En définitive, tout me ramènerait fatalement ici.
—Merci, Sylvain. Quelqu'un veut-il prendre la parole ?
Je ne relève même pas les yeux lorsque le garçon au cheveux rouges finit son histoire. Lui dont les oreilles fièrement dressées sur la tête ne font que révéler qu'il est tout autant attentif qu'insupportable. Et lorsque je parle d'attention, je n'entends pas par là d'un quelconque intérêt pour sa remise en question mais bien de son regard très insistant. Il se vante d'être un courageux étalon mais me fait penser à un âne. S'il est là c'est qu'il y a bien une raison et lui seul refuse d'entendre qu'il n'est définitivement pas normal de changer de conquête non tous les mois, toutes les semaines ou tous les jours, mais bien toutes les heures. Sa manière de me regarder d'ailleurs me donne toujours cette violente envie de lui mettre un coup de griffes et cela me procure grand joie d'imaginer qu'ainsi marquer ses fesses le ferait passer pour un Poney Surprise.
—Hyaaa ! Ne- Ne me regardez pas comme ça !
Des couinements qui rendent très agréable l'idée de devenir ce très célèbre « petit bonhomme orange » dont les enfants parleraient entre deux changements de sacs à étrons. Il faudrait cependant parler de mon outils de travail, un vulgaire pic à brochette avec des strates de rouilles qui laissent rêveur quant à sa précédente utilisation... Probablement arraché de force à un barbecue larmoyant. Tant de possibilités qui me donnent envie de me lever le matin.
—Non ! Lai-laissez-moi !
—Allons, Bernadetta, nous sommes ici pour vous aider.
Voila une phrase qui me donne envie de rire bien que j'en sois incapable puisqu'au mieux je ne ressens que du mépris pour tous les gens présents ici. Notre marraine est la première qui devrait consulter, elle qui arrive toujours une fois sur deux en larmes et imbibée d'alcool jusqu'au goulot. Au moins aujourd'hui ses yeux ne sont pas aussi gonflés que deux éponges ayant passées la nuit dans l'eau croupi d'un lavabo à la propreté plus que douteuse. Pas une seule séance n'échappe à l'une des catastrophiques histoires d'amour de sa vie. Les antilopes sont pourtant censées êtres championnes de la vitesse mais force est de constater que tous les hommes la fuient. Pourquoi courir après les emmerdes lorsque ce sont eux qui nous collent à la croupe ?
—Personne n'émettra le moindre jugement.
Tu m'étonnes ! Même si quelqu'un en avait envie, l'opulente poitrine de la gazelle occupe bien trop d'espace pour laisser ne serai-ce qu'une toute petite place à des jugements ou à tout autre chose d'ailleurs. Elle serait capable d'étouffer un ours d'Oghma dans cette large vallée.
—Peut-être pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous la suivez partout ?
—No- Non ! Elle... Elle va me dévorer sinon !
Je crois que les choses deviennent enfin intéressantes et que je vais pouvoir remplir cette panse tristement vide et faire taire les grondements qui l'accompagnent depuis ce matin. Ou peut-être pas en fait, ce n'est pas encore l'heure du goûter et je dois encore supporter les dires et problèmes de toutes ces pauvres hères plus ébréchées que la préhistorique vaisselle du vieux papi Hanneman.
—Voyons, Bernadetta, personne ne vous dévorera ici.
Notre marraine très loin d'être lucide mais à qui il faut reconnaître beaucoup d'optimisme tente de rassurer la pauvre petite souris qui n'est plus sur sa chaise mais bien pliée en quatre dessous comme une pile de chemises dans une valise étroite. C'est que les prédateurs sont nombreux aujourd'hui et j'hésite à parier sur l'arme du crime, une dent ou bien un croc mais il n'est point l'heure de jouer au Cluedo.
—Ces réunions n'ont pas lieux dans le but de vous piéger comme un rat.
Mais la souris ne répond plus et je ne suis plus tout-à-fait certaine qu'elle respire. Peut-être est-il temps de passer à table finalement ?
—Par tous les Saints, cela va-t-il toujours finir ainsi ?
Pas certaine que cette délicate et douce intervenante à en juger par les poils recouvrant ses oreilles soit très intéressée par ce repas probablement déjà froid puisqu'elle ne se nourrit que de Gourmet. Je suis presque tentée de passer ma main dans son pelage pour l'ébouriffer, certaine qu'elle n'apprécierait guère mes manières.
—Dites-moi que vous n'y êtes pour rien, Claude.
La suffisance teintant les paroles de la petite chatte n'ébranle pas le moins du monde le cerf qui s'en tamponne certainement le sabot tant son sourire en dit long. Si tous ici ne connaissions pas cette incurable maladie dont souffre Bernadetta, étrange forme de paralysie, pour sûr que le métisse serait accusé. Après tout, il a la fâcheuse tendance à verser un peu tout et n'importe quoi dés lors qu'il voit un verre, persuadé d'être un tacticien de génie. Je doute cependant fortement que mettre du GHB ou autre drogue dans un verre relève d'une quelconque forme d'intelligence.
—Aucunement, votre Altesse. Votre air froid et détaché s'est à lui seul chargé de servir le repas. Oh, elle bouge encore...
Un regard rapide pour s'assurer de l'exactitude de cette observation et en effet, la petite est toujours en vie, du moins pour l'instant.
—Quelqu'un d'autre, peut-être ? Dimitri ?
Choix peu judicieux puisqu'il y a plus de chance désormais d'assister à un massacre que de voir apparaître mon héroïne tant convoitée sur une bannière au pourcentage élevée dans mon jeux mobile de prédilection.
—Tuez les tous jusqu'au dernier... Tuez les tous jusqu'au dernier...
Oui oui, depuis le temps nous avons tous compris que ce garçon aux longs cheveux dorés qui devrait avoir une crinière mais reste étrangement imberbe avait été bercé comme qui dirait trop près du mur.
—Qu'en dites-vous, Byleth ?
Oh, je crois que l'on s'adresse à moi mais j'étais tellement concentrée sur le plaisir de me gratter l'oreille que je suis incapable de deviner le sujet de cette ennuyeuse joute verbale, mais puisque tous regardent néanmoins la souris somme toute toujours évanouie...
—Je préfère déplacer le corps qu'éponger le sol.
Je déduis très facilement du silence qui s'installe et des expressions sidérées sur le visage de tous ces mammifères que devant un Jury lors d'un concours ma réponse m'aurait coûté de précieux points.
—Manuela vous demandait si vous souhaitiez ou non prendre la parole.
—Eh bien, c'est ce que je viens de faire si je ne m'abuse. A deux reprises.
Les oreilles immaculées de la petite Persan se redressent et je n'ai aucun mal à voir le bout de sa queue touffue s'agiter tel un chaton devant une baballe. Si elle n'était pas obsédée par le contrôle de tout et de toute chose, surtout d'elle-même, je l'entendrais feuler.
—Je... Je propose qu'on la réveille doucement...
—Voilà une excellente idée !
Que la gazelle, responsable de nous pendant une heure je précise, aurait probablement du proposer plus tôt. Cette désespérée au cœur plus d'une fois brisé ressemblant très certainement désormais au contenu d'une litière était peut-être trop occupée. Il faut dire qu'une partie de son attention a été inopinément détournée lorsque Claude chuchota tout bas les mots « filtre d'amour ». Je vais cependant faire comme si mes oreilles de louve très aguerries n'avaient rien entendu, le petit bonhomme orange préfère travailler seul. Je suis bien plus surprise de voir que l'ourson aux cheveux d'argent possède une langue qu'il sait utiliser que de constater que notre marraine n'est pas une antilope mais finalement un pigeon.
Ha, je vois sur la pendule accrochée au mur que les aiguilles enfin se rejoignent et que cela met fin à cette séance fort peu prometteuse puisque l'une d'entre nous est encore par terre malgré les tentatives de Ashe de la relever et que je suis visiblement déjà devant le buffet. J'ignorais posséder cette fabuleuse capacité qu'est la téléportation !
—Vous prenez encore la fuite.
Aurais-je donc penser trop fort ou bien les yeux parme de la Persan vrillant maintenant les miens auraient le don de la divination ? Si tel est le cas, plutôt me crever un œil que de la laisser davantage lire en moi et les fourchettes sur la table bien que vecteur - au mieux - du tétanos pourraient rapidement trouver utilité.
—Si tel était vraiment le cas vous ne risqueriez pas de me rattraper au vu de la hauteur de vos pattes.
—Faudrait-il encore avoir seulement envie de courir après une louve si bourrue !
—De vous à moi, Edelgard, avez-vous seulement envie de faire autre chose que vous assurer que vos poils sont correctement brossés ?
—Est-ce donc ainsi que vous me voyez ? Telle une femme superficielle et maniérée ?
—Oseriez-vous affirmer le contraire ?
—Eh bien si j'avais du temps à perdre avec vous peut-être, mais je doute que vous soyez capable de comprendre quoique ce soit à ma vie ou à la façon dont je l'occupe.
—Comme cela doit-être arrangeant de toujours pouvoir tout justifier ainsi.
—Êtes-vous toujours aussi désagréable ?
—Et vous aussi présomptueuse ?
De toutes les personnes rassemblées ici Edelgard est définitivement celle qui met le plus ma patience à mal bien qu'en réalité Mère-Nature ne m'en a tout simplement pas doté. Comment supporter autant de manières ? Ses oreilles ainsi pointées en avant et sa queue fièrement dressée qui n'a rien d'impressionnant bien que j'en reconnaisse la beauté, ne sont que témoins de ce petit côté autoritaire qui m'agace. Et puis sa façon de me fixer de son regard supérieur sans une seule fois ciller. Ha, qu'elle est insupportable !
—Vous êtes si rude, il n'est point étonnant que votre père vous ait envoyé ici.
Envoyée ici ? Je crains quelque peu que l'on m'est forcée la main, ou plutôt cette patte très agile qu'est la mienne et qui a la fâcheuse tendance à se retrouver là où elle ne devrait pas, comme dans un visage par exemple.
—Vous êtes bien informée, bien que cela ne soit pas surprenant vu la position qu'occupe votre père.
Un homme très influent et certainement si occupé que je doute qu'il sache de quelle couleur est teinté le pelage de sa fille mais passons, ce ne sont point là mes affaires après tout. Il est d'autant plus préférable pour moi de rester indifférente face à la petite marque apparaissant entre les sourcils laiteux de la chatte que de m'enquérir d'un quelconque état. Voila qu'elle pince l'arrête de son petit nez, geste adorable bien qu'inutile puisque je l'exaspère tant que l'expression sur son visage finira probablement gravée quand prendra fin mon abonnement à ces séances. Sauf peut-être si au bout de la dixième, la suivante est gratuite. Ma foi nous ne parlons pas là d'un déjeuner dans un restaurant asiatique à la propreté qui me laisserait perplexe alors j'en doute.
—Eh bien au moins et contrairement à vous ce n'est pas le mien qui m'a envoyé ici.
—Et je suppose que vous n'êtes pas là de votre plein gré, n'est-ce pas ?
—En effet, ma place n'est pas ici et si cela ne tenait qu'à moi alors...
J'ignore ce qui l'arrête, si ce sont mes orbes qui ne la quittent plus ou ce talent exceptionnel que je possède de pouvoir mettre autant de choses dans ma bouche entre deux phrases sans souffrir d'aérophagie ou d'autre chose. Peut-être que mes manières lui déplaisent ou bien quelques miettes sur mon visage brûlent-elles ses beaux yeux ? Peut-être devrais-je donc déjà aller chercher de la Javel alors. Tant de rudesse que je lui inflige.
—Alors ? Je vous écoute, parlez ?!
—Je vous trouve soudainement bien autoritaire.
—Oh, il est vrai que cette qualité vous sied bien mieux qu'à moi. J'oubliai qu'une femme telle que vous n'a rien à voir avec une personne telle que moi.
—Vous ne comprenez vraiment rien, vous êtes vraiment... butée !
Elle se retourne et soulève ses cheveux d'un magnifique geste du revers de sa main suintant de condescendance. Je me retourne une seconde pour vérifier qu'il n'y ait point de ventilateur caché quelque part comme lorsqu'on tourne une vieille pub dont le but serait de faire patienter entre deux feuilletons minables. Non, chez elle cet excès de supériorité qu'elle semble même respirer parait très naturel. Il serait d'ailleurs impossible de tenter de le feindre ou de le reproduire.
—Cela vous surprend-il ?
—Quelques peu en effet. Vous êtes censée être ici à cause de votre légendaire impassibilité et pourtant vos oreilles qui se baissent au moment même où je vous parle et votre queue qui s'agite témoignant ainsi votre agacement ne sont pas le reflet d'une indifférence. Ou bien auriez-vous seulement des puces ?
—Au risque de remettre en question toute votre observation, il se pourrait également tout simplement que les loups n'aiment pas les chats.
—Tant de simplicité est fort dommage.
—N'en est-il pas de même pour vous ?
Croisant patounes pas très grandes et coussinets sur sa poitrine recouverte de ses longues mèches céruses, elle me fait part sourire. Surprenant, je me demande à quoi celui-ci est du. Peut-être y a t-il vraiment un ventilateur de caché quelque part après tout et que la fraîcheur est agréable. Quoiqu'au vu de l'odeur de renfermé ici et de celle des gâteaux rancis je doute que quelque chose ne brasse l'air si ce n'est Sylvain un peu plus loin.
—Sans doute le préféreriez-vous.
Mais que diable essaie-t-elle de me dire au juste ? Et ma queue qui s'agite en effet vivement sans pouvoir s'arrêter et ce, bien malgré moi, va finir par me faire croire qu'elle a en effet raison. J'ignore cependant s'il me reste l'un de ces cachets hors de prix que l'on trouve chez le vétérinaire ou bien en pharmacie pour me débarrasser de tous ces vilains parasites. Rien de naturel ou de chimique ne saurait venir me libérer de cet éternel agacement que je ressens en permanence en face de la Persan. Je préfère encore les puces au fait de reconnaître que cette femme arrive à susciter agitation en moi.
—Puisque nous sommes toutes deux coincées ici pour encore plusieurs heures, peut-être un jour vous répondrai-je, mais cela ne sera pas aujourd'hui.
Malheur. J'ai envie de l'attraper et de la forcer immédiatement à tout me dire au vu de ma patience légendaire mais pourtant la laisse filer. Comme elle vient si bien de me le faire remarquer, nous sommes amenées à nous recroiser.
—A la semaine prochaine, Byleth.
Je repense à mon père lui aussi bien trop bourru et comme on dit les chiens ne font pas des chats et pourtant je me surprends de pouvoir ainsi me retenir que de lui donner cette satisfaction d'avoir raison. Je suis contrariée, c'est un fait, j'en ai les poils tout hérissés.
Que d'agacement pour seulement une si petite Persan.
