Bonsoir à tous !

En ce lendemain de Saint-Valentin (c'est facile, ça !), me revoilà avec une nouvelle histoire entre nos deux amoureux... Je l'envisage un peu plus longue que la précédente, mais je compte bien poster à un rythme équivalent de ma dernière fic - soi chapitres par semaine, et a priori toujours le week-end.

Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser un message. Ils sont mon moteur et mon unique salaire... Et si vous en avez, vos critiques ne peuvent que m'aider à évoluer !

J'en profite pour remercier mes revieweuses anonymes sur chacune de mes autres fics finies, que je n'ai pas pu encore remercier ! Jane, Klya, Julie et toutes les Guest :).

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

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Vendredi 21 septembre, 22h47

Ma bouche s'arrondit, alors que mes deux joues se mettaient soudainement à chauffer. Comme si je venais de prendre une double claque.

Cela s'accordait bien à ce que je ressentis à cet instant, au demeurant. Et, fidèle à mon caractère -que mes amis aimaient à décrire comme « flamboyant » - je me ressaisis rapidement et mon regard se fit plus dur que l'acier. Je le dirigeai vers la source de ma colère, bien que cette personne ne puisse me voir de là où elle se trouvait.

William Darcy.

Deux heures que je le connaissais, à tout casser – non, deux heures que je l'avais simplement rencontré ! – et je le détestais déjà.

Mon amie Charlotte, inquiète, posa une main sur mon bras.

« Laisse, c'est juste un abruti. » Lâcha-t-elle d'une voix hésitante.

Je lui souris, le regard toujours assassin.

« Oh, mais oui, ne t'en fais pas Charlotte. Ce n'est pas un con pareil qui va me perturber. J'étais juste en train de me dire que je devrais peut-être retourner le saluer il m'a l'air tellement pertinent comme garçon, ce serait dommage que je ne fasse pas plus sa connaissance.

- Ne fais pas ça ! » Me supplia-t-elle en chuchotant.

Trop tard, j'étais déjà sortie des toilettes, et mon regard avait déjà capté celui de l'homme qui était devenu ma plus belle cible à fléchettes mentales.

On ne peut pas dire qu'il était souriant la seconde d'avant, mais il perdit d'un coup toute sa superbe en croisant mon regard.

Confrontation dans une seconde.

Mais vous voulez peut-être savoir comment j'en étais arrivée là ?

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Jeudi 20 septembre, J-1

« Oh, merci, merci, merci ! » Fit Jane en sautillant alors que je levais les yeux au ciel.

Une semaine qu'elle me tannait pour que j'accepte de l'accompagner à cette soirée. Pour être honnête, j'avais su dès le début que j'accepterais. Mais cela m'avait amusée de me faire désirer. Pour une fois, hein.

« Tu vas voir, ça va être génial. C'est une première en plus.

- Une première ? C'est une soirée étudiante, Jane.

- C'est la première organisée par l'association des doctorants, soupira-t-elle, agacée.

- Y avait déjà le gala des doctorants en Science, en Janvier.

- Oh, mais Lizzie ! Là il s'agit de tout le campus. Ne fais pas ta blasée, c'est quand même génial de pouvoir se mêler un peu aux autres. »

Je haussai les épaules, peu convaincue. Jane, mon aînée – à peine un an de plus que moi, notre mère avait la santé à l'époque – terminait sa thèse de psychologie, tandis que je débutais la troisième année de la mienne en bio. Habituellement, je n'étais pas extrêmement fan des soirées étudiantes, qui pour la plupart se terminaient dans un bain d'alcool à vous coller la gueule de bois pour les 48 heures suivantes, mais bon. Effectivement, c'était la première fois que les doctorants de chaque faculté se réunissaient dans la même soirée, dans notre Université, au lieu de petites soirées séparées sur chaque campus. Et elle avait lieu tôt dans l'année, ce qui laissait supposer que peu de « première année » seraient là, et beaucoup plus de deuxième à énième année de thèse. Peut-être une possibilité de rencontrer des personnes intéressantes qui ne rouleraient pas sous la table dès la première demi-heure ?

Ah, bah je l'ignorais encore, mais je n'allais pas être déçue. Je m'apprêtais à me rendre compte que j'avais oublié un détail : il existe des personnes qui n'ont pas besoin de boire pour se montrer extrêmement désagréables.

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Vendredi 21 septembre, H-4 avant la confrontation

« Tu pourrais te faire percer les oreilles. Ce serait tellement plus joli que tu portes de belles boucles, avec ta coiffure.

- Je n'ai pas la moindre intention de me faire percer les oreilles.

- Mais pourquoi ?

- Pourquoi j'irais payer pour qu'on me fasse deux trous dans la peau ?

- Si c'est l'argent le problème, je te le fais.

- N'insiste pas, Jane, mes oreilles sont très bien entières. »

Charlotte assistait à l'échange que j'avais avec ma sœur, muette comme à son habitude. C'était l'une des qualités que j'aimais le plus chez elle : elle n'avait pas besoin de causer comme un moulin à paroles, contrairement à Jane dont le débit augmentait avec le stress. Et allez comprendre, Jane était stressée par cette soirée.

J'avais rencontré Charlotte en Master nous avions toutes deux poursuivi nos études ensemble, depuis. J'aimais son calme et sa discrétion. Cela étant, j'avais beau beaucoup râler contre l'enthousiasme débordant de ma sœur Jane, elle était également quelqu'un de très timide et adorable. Nous sortions régulièrement toutes les trois, appréciant de pouvoir compter les unes sur les autres pour passer une bonne soirée et se barrer dès que ça nous paraissait dégénérer.

Jane était superbe, comme à son habitude. C'était cliché, mais elle était vraiment la belle fille typique, grande et mince, blonde aux yeux bleus, un visage parfait et surtout parfaitement symétrique. Heureusement, elle n'en jouait pas. Elle restait toujours humble et discrète, et avait d'ailleurs connu étonnamment peu de garçons. A côté d'elle, je passais pour le vilain petit canard, comme j'aimais dire en riant. Elle ne manquait jamais de me gronder, et me faire la leçon sur mon physique selon elle tout aussi superbe.

Ok, je n'avais pas de complexe. De taille moyenne et également fine, merci les heures passées à faire du sport, j'avais de longs cheveux châtain foncé qui présentaient des reflets roux au soleil. Mais on me disait souvent que ce qui était le plus intrigant chez moi, c'était mes yeux, très expressifs : ils pouvaient passer par toutes les nuances du noisette moucheté de vert au noir rien qu'en fonction de mon humeur. J'en faisais une force ce n'était pas pour autant que beaucoup pouvaient se vanter de lire en moi comme dans un livre ouvert.

« Pourquoi tu as choisi la robe bleue ? La rouge te va mieux. Me glissa soudain Jane en terminant de se maquiller.

- Pour souligner tes beaux yeux », raillai-je.

Jane avait opté pour une robe blanche plutôt sage, qui lui donnait un air de jeune fille de bonne famille. Elle soupira mais lâcha l'affaire.

Charlotte, comme moi, ne prit pas la peine de se maquiller. Jane avait cessé de nous embêter sur ce point quand nous lui avions expliqué qu'avec notre manque d'habitude à porter des trucs sur les yeux, nous ressemblerions à un panda en moins de deux. J'avais cédé sur le gloss, mais c'était cinq minutes plus tôt et il avait déjà quasiment disparu.

« Bon, on y va ? » Fit enfin ma sœur.

Ce fut le moment que choisit notre amie pour enfin intervenir.

« On n'attend que toi. C'est un comble, tu es la plus empressée.

- Un jour, vous regretterez de ne pas vous comporter comme de vraies jeunes filles. Nous sermonna Jane.

- Nous portons des robes, c'est pas un truc de jeune fille ? Se défendit Charlotte.

- Ou de curé. Raillai-je.

- Je ne veux plus rien entendre. On y va, les rabat-joie. »

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H-2 avant la confrontation

La fête commençait plutôt bien.

Toute une masse d'étudiants était déjà présente quand nous arrivâmes avec Jane et Charlotte, et depuis, les gens arrivaient au compte-goutte.

Au début bien sûr, nous étions tous restés en clan. Mais une heure après l'heure d'ouverture de la soirée, l'association des doctorants de notre université s'était lancée dans un discours passionné pour nous exprimer son bonheur d'avoir tant d'inscrits, et nous énumérer toutes les actions qu'ils prévoyaient pour l'année. Un forum général pour les doctorants, des soirées avec ou sans thème tout au long de l'année, la mise en ligne de nombreux sondages pour « faire bouger l'université »…

Leur bureau venait d'être renouvelé, et ils se disaient très motivés pour rapprocher les gens en une grande fraternité d'intellectuels.

« Quel discours ! On va finir assez élitistes pour surpasser l'ENA. » Raillai-je.

Cela fit pouffer un grand brun à côté de moi. Je lui lançai un regard, et il me fit un clin d'œil.

« C'est que nous sommes le gratin de la génération future, mademoiselle. » Se moqua-t-il.

Je ricanai.

« C'est drôle, je ne suis pas sûre d'être tout ce qu'il y a de mieux pour sauver la planète.

- Sauver la planète ? Aucun intérêt, c'est un rêve de petit peuple. Nous, on est là pour se faire un max de thunes et avoir un gros 4x4 de chez Porsche pour partir en vacances au Touquet. C'est ce que fait l'élite.

- Ah, on ne doit pas être de la même fac. Tu as choisi médecine ou droit ? Me moquai-je.

- Droit. Et toi ? Lettres, pour rester aussi humble et altruiste ?

- Biologie. Ne m'insulte pas, rien à voir avec les marginaux. »

Il éclata de rire. Je le détaillai un peu plus attentivement, curieuse. C'était vraiment un très bel homme. Grand, les cheveux épais mais savamment coiffés, il portait une veste de costume très bien coupée sur un tee-shirt sombre et un jean qui l'était tout autant. A la fois classe et légèrement rebelle. Ses yeux bleus se posèrent sur moi, rieurs.

« Les fameux préjugés classiques. Les Lettres sont des marginaux, les futurs médecins des fêtards à tendance perverse, les mecs en Info des puceaux blafards…

- Quelque chose de ce goût-là. Mais, c'est toi qui l'as dit. Et en Sciences ?

- Des rats de laboratoire ? Le genre de cinglés qui se font offrir un microscope pour Noël ? »

Je grimaçai. A huit ans, j'en avais mis un sur ma liste au père Noël.

J'aurais bien répondu par un cliché sur les étudiants en Droit, mais un éclat de rire nous interrompit. Je me retournai vers sa source, reconnaissant celui de ma sœur. Et je la vis à peine plus loin, les joues très rouges, discutant avec trois autres personnes. Charlotte souriait timidement, hochant la tête.

« Oh tiens. On dirait que mon ami est en train de draguer. S'amusa mon nouveau compagnon.

- Ton ami ?

- Le grand blond qui fait les yeux doux à la fille. »

Je me retournai de nouveau vers le petit groupe, curieuse. Le grand blond était clairement un très beau garçon, aux yeux bleus rieurs et surtout très intéressés par ma sœur.

« C'est Charles. Il a un bagout extraordinaire on s'était donné pour mission qu'il ne drague pas la moitié des étudiantes présentes, mais il a déjà commencé.

- Bien, avant que tu ne finisses par dire quelque chose de très gênant, la blonde avec qui il discute est ma sœur.

- Oh ! Le monde est petit. Désolé, ai-je déjà dit quelque chose de gênant ?

- Ce serait le cas, ton nez serait déjà cassé.

- Ce serait dommage, je le trouve plutôt beau. » Plaisanta-t-il. « Je suis Alexandre, au fait. Alexandre Fitzwilliam.

- Elizabeth, mais je préfère Lizzie.

- Et moi Alex. Enchanté Lizzie. Viens, allons donc les rejoindre, on va continuer les présentations. »

Le fameux Charles était accompagné d'une fille rousse, engoncée dans une robe fourreau verte et à l'air aussi aimable que la reine d'Angleterre en pleine cérémonie, et d'un autre homme imposant, aux cheveux noirs et au regard gris qui paraissait vaguement ennuyé. Un air de famille avec Alexandre, en beaucoup moins avenant de prime abord.

Le plus lumineux de la bande était clairement Charles, mais je devais reconnaître que le grand brun était extrêmement beau – bien que visiblement distant, voire agacé.

Au passage, Alex était vraiment charmant, et je commençais à apprécier la soirée.

« Ça va les gars ? Je discutais avec cette charmante personne, quand nous nous sommes rendu compte que tu étais tout accaparé par sa sœur. »

Charles émit un rire sympathique, et le regard du brun agacé se posa sur Alex, puis sur moi, fermé.

D'un coup, je me sentis moins à l'aise. C'était assez rare que quelqu'un me fasse sentir aussi petite et… Nue d'un simple coup d'œil. Je n'aimais pas trop cette sensation, et je toussotai.

« Lizzie, je te présente Charles, et voici William, mon cousin. Et Caroline est la sœur de Charles. »

Caroline, c'était la rousse à l'air hautain. Je lui adressai un bref signe de tête alors qu'elle me dévisageait de la tête au pied. Ok, je n'aimais pas cette personne, c'était clair.

Le dénommé William garda le silence, son regard rivé sur mon visage. Heureusement, Jane ne laissa pas le malaise s'installer.

« Je suis Jane, la sœur de Lizzie. Et voici Charlotte, notre amie.

- Lizzie, ce n'est pas un prénom. » Fit la rousse en s'accrochant au bras de William, qui se raidit.

Je levai les yeux au ciel.

« Non, je m'appelle Elizabeth, mais je préfère Lizzie.

- Et tu étudies quoi, Lizzie ? Coupa Charles, le regard sympathique – et c'était bien le seul du trio.

- Un modèle de cancer du sang. Et vous, vous êtes tous en Droit aussi ?

- Oui, c'est ça. Se dandina Caroline.

- Enfin, sauf Caro, qui ne fait qu'accompagner Charles ce soir. » Sourit Alex.

Je lui lançai un regard surpris, tandis que Caro le fusillait du sien. Tiens donc, visiblement, je n'étais pas la seule à ne pas l'apprécier – mais Alex devait avoir des raisons plus précises qu'une simple antipathie naturelle.

« Je suis assistante juridique. Siffla-t-elle.

- Charles et Caroline sont en fait les enfants de Jean-Louis Bingley, du célèbre cabinet d'avocats Bingley & Bingley. » Précisa Jane, dans une maladroite tentative de désamorcer la tension qui s'installait.

Ah, oui, même pour quelqu'un comme moi qui n'y pompait rien en Droit, ça devenait parlant. Ce cabinet était l'un des plus célèbres, très engagé auprès des hommes politiques les plus influents.

« Et William est le futur héritier des entreprises Darcy. » Roucoula Caroline en se collant d'autant plus au concerné.

Hin hin, je commençais à cerner dans quoi j'étais tombée. Ce n'était pas tout à fait la première fois que je rencontrais des nantis, mais là, on était dans le top gratin… Et cette chère Caroline, assistante juridique probablement dans le cabinet de papa, espérait visiblement devenir aussi l'épouse du futur PDG des entreprises Darcy, qu'on ne présentait plus. Des entreprises qui touchaient aussi bien aux secteurs des automobiles que de l'immobilier, et même des télécommunications. William Darcy pesait tellement lourd que je m'étonnais qu'il ne soit pas encerclé de gardes du corps. Encore que, avec la sangsue, il était plutôt tranquille. Cela dit, il avait l'air franchement agacé et il la repoussa fermement.

« Et vous êtes ? » Lâcha-t-il d'un ton sec.

Je sourcillai. Pour des premiers mots sortants de sa bouche, c'était peu avenant. Visiblement la première chose qui l'intéressait, c'était notre pedigree. Parce que bon, les présentations prénom/fac venaient d'être faites par Charles et ma sœur… Mais peut-être était-il trop occupé à nous dévisager comme des intrus nuisibles pour écouter ?

« Jane et Lizzie Bennet, filles de cadres moyens et non inscrites au LOF. » Répliquai-je.

Mon regard plein de défi se planta dans le sien, et de nouveau il se mura dans le silence. Il n'avait pas l'air plus loquace que mon amie Charlotte, mais il était nettement moins agréable.

Alex – j'en avais honte, mais je l'avais presque oublié – éclata soudain de rire et posa une main sur mon épaule.

« En tous cas, tu ne me parais pas si ennuyeuse, pour une scientifique. Je peux t'inviter à danser ?

- Avec plaisir. »

Et je le pensais, sincèrement heureuse de m'éloigner de ce groupe tendu.

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H-quelques minutes avant la confrontation

Après avoir passé quelque temps avec Alex, qui était de très bonne compagnie, j'étais partie retrouver Charlotte, qui avait rejoint certains de nos camarades de laboratoire. Je ne cherchais même pas à retrouver Jane je l'avais croisée à plusieurs reprises, riant et dansant à tour de rôle, mais toujours avec Charles, tandis que les deux autres semblaient être partis voir ailleurs si ils ne pouvaient pas apporter un peu de mauvaise humeur à d'autres personnes. J'avais discuté deux ou trois fois avec Charles et elle, mais je préférais les laisser de leur côté ils avaient l'air de s'entendre vraiment très bien.

Charlotte eut soudain envie d'aller aux toilettes je n'étais pas mécontente de l'accompagner, cela ferait un peu de repos. La salle était devenue extrêmement bruyante, et j'avais l'impression que ma tête allait exploser.

Les toilettes étaient plutôt classes il y avait en fait une sorte de couloir derrière la porte, qui menait aux cabinets.

En en ressortant, nous décidâmes de rester quelques minutes dans le couloir, où étaient disposées quelques chaises, pour nous détendre les jambes et profiter encore de l'ambiance sonore étouffée. Et c'est ainsi, par la porte entrouverte, que je remarquai que Charles s'approchait – seul – et semblait engager la conversation avec quelqu'un.

« Tu devrais te mêler un peu aux gens, Will… C'est pas sain ta manie de rester toujours à l'écart ! » Entendis-je.

C'est pas vraiment que je voulais les écouter, mais dans ce coin où le son de la musique était fortement atténué, pas de bol pour eux, on les entendait très bien.

« Franchement Charles, tu m'expliques l'intérêt que j'y aurais ? T'en trouves beaucoup des gens intéressants ? Deux heures qu'on est là, la moitié a déjà bu assez pour ne plus avoir de conversation.

- Parmi les mecs, certes. Mais justement, tu pourrais en profiter pour te trouver une fille ! Plaisanta son ami.

- Une fille ? Pitié, Charles, il n'y en a pas une seule intéressante.

- Je trouve Jane très intéressante, pour ma part ! Se défendit Charles.

- Oui, d'accord, admettons, et très jolie. Mais justement, tu as déjà décidé de lui accorder toute ton attention et tes faveurs, je ne voudrais en aucun cas marcher sur tes plates-bandes. Railla Darcy.

- Tu as un sacré problème, Will. Des fois tu causes comme un mec qu'on aurait sorti du 18ème siècle, et l'instant d'après le gentleman a disparu. Tu es tout à fait injuste d'ailleurs la sœur de Jane, Lizzie, m'a parue très sympathique.

- Elizabeth Bennet ? Elle est à peine passable et ne m'a pas l'air d'avoir énormément de conversation.

- Nous sommes dans une salle remplie de doctorantes. Il n'y a vraiment que toi pour penser qu'aucune n'est à la hauteur de ta conversation. S'agaça Charles.

- Des doctorantes ? Je t'en prie, Charles… La plupart sont des filles qui ont atterri là par défaut, ont l'intention de finir leur thèse, éventuellement un ou deux post-doc, puis de se trouver un mec et de pondre un gosse pour se mettre en congé parental parce que « vous comprenez, de nos jours, élever correctement un enfant est incompatible avec une vie professionnelle accomplie ». Pour un peu, tes Jane et Lizzie sont tout à fait du genre. »

Et voilà comment je m'étais retrouvée soudainement remontée en bloc… Et ce fut le moment où je fis mon apparition, malgré la tentative de Charlotte de me retenir.

Donc reprenons.

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Un silence flotta, alors que Charles comme l'autre pâlissaient à vue d'œil. Ce fut le premier qui brisa le silence.

« Tiens, Lizzie… Tu étais là depuis longtemps ?

- Assez pour vous signaler que pour des étudiants en droit, il y en a au moins un qui devrait réviser des notions telles que l'outrage sexiste. Ton mode de pensée serait très bien compris au 18ème siècle, tu me diras. » Fis-je en plantant mes yeux dans ceux de Darcy.

« Excuse-le, Lizzie, il dit beaucoup de conneries quand il est bougon. » Tenta Charles en fusillant son ami du regard.

Ami qui restait coi, son regard semblant indiquer qu'il cherchait une échappatoire qu'il ne trouvait pas. Je haussai les épaules et fis un large sourire.

« Oh, mais il y aurait à s'excuser si je m'étais sentie visée. En fait, ce qui me fait rire, c'est que tout ça sorte de la bouche d'un fils à papa qui attend de finir sa thèse pour reprendre l'entreprise familiale et poser ses doigts de pied en éventail sur son grand bureau de PDG. » Répliquai-je à Charles.

Je me retournai ensuite vers Darcy.

Ça, c'était gratuit. Mais l'autre l'avait cherché.

« Mais tu sais quoi ? Le plus hilarant, c'est que c'est toi qui te retrouveras un jour à épouser une dinde de première qui sera bien contente de prétexter avoir à élever tes deux ou trois gosses pour ne pas avoir à bosser. Heureusement, tu auras probablement quelques secrétaires pour t'aider à supporter ta triste vie. » Sifflai-je, mon regard planté dans le sien.

Il réagit enfin, se renfrognant et ouvrant la bouche mais je ne le laissai pas en placer une, les laissant tous les deux en plan - en le bousculant presque de mon épaule, histoire de marquer mon mépris pour ce personnage.

Non mais oh.

Charlotte m'avait suivie en trottinant, blasée.

« J'allais sûrement pas laisser un abruti arrogant dire ce genre de merdes sur moi, et pire, sur Jane ! M'énervai-je.

- Oh, je sais. » Fit-elle, habituée. « Tu veux qu'on rentre ?

- Non, t'inquiète. Si tu crois que ça va me gâcher la soirée.

- Je ne doute pas du contraire. De toute façon, ce type ne m'a pas l'air d'avoir beaucoup d'amis.

- Pas ici en tous cas. Probablement plus dans la jet-set.

- Et puis il est bien puni regarde-le, il est de nouveau seul avec Caroline Bingley. »

Machinalement, je tournai la tête dans la direction qu'elle m'indiquait… Et croisai le regard intense de Darcy, qui semblait ne pas vouloir me lâcher des yeux bien que sa compagne Caroline lui pressait l'épaule en bavassant. J'eus un sourire moqueur, que visiblement il ne manqua pas.

Eh bien, la future mère de ses enfants était toute trouvée, quelle chance il avait.

Je lui tournai le dos, et entraînai Charlotte vers la table qu'occupaient nos camarades de labo.

Je ne recroisai plus Darcy de la soirée… Et c'était très bien comme ça.

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Plus qu'à espérer que vous avez aimé cette introduction entre nos deux protagonistes ! Si c'est le cas... On se retrouve bientôt !