Bonjour à toutes et à tous ! Voici le tout premier chapitre de "In taen uin maur - Le signe des ténèbres", nouvelle fanfiction faisant office de "suite" aux "Prodiges des Valar".

Bien qu'ayant depuis longtemps l'idée en tête de faire une suite à cette histoire, je ne l'ai pas écrite dans la foulée après avoir terminé LPDV. J'ai préféré attendre un peu et prendre du recul, même si ce premier chapitre était écrit depuis longtemps. Il était là, bien au chaud dans un dossier, attendant patiemment d'être corrigé et d'avoir d'autres chapitres à sa suite.

J'espère donc que cette "suite" vous plaira ! Avec son côté peut-être un peu plus sombre que sa grande sœur.

Bonne lecture à tous, et que les Valar veillent sur vous.


107 ont passé depuis la fin de la seconde guerre contre Sauron pour la survie des peuples libres de la Terre du Milieu. Durant cette centaine d'années, la paix n'a fait que croître et l'âge des Hommes a pris le pas sur tous les autres. Or, lorsque trois anciens membres de la célèbre Communauté de l'Anneau disparaissent et l'apparition d'un étrange symbole semble sonner la fin de cette paix durement acquise.


Chapitre 1.

Cent sept ans.

Depuis trop longtemps il n'avait pas donné signe de vie. Ce n'était pas normal, surtout après cent années à s'être écoulée. Le cœur lourd, étreint par l'angoisse et l'appréhension, Elërinna Jackser serra ses enfants dans ses bras ainsi que son mari, qu'elle embrassa doucement sur les lèvres avant de sortir de la maison et de monter en selle. Sa jument, Azalée, la descendante de sa première jument, Ainu, n'attendit pas plus longtemps pour partir au trot et quitter l'enceinte de la ville Elfique se situant en Ithilien. Ce n'était pas son genre de partir ainsi, généralement, c'est avec Haldir qu'elle voyageait, mais pas aujourd'hui. Cent sept ans s'étaient écoulé depuis la fin de la guerre et la Terre du Milieu prospérer. Néanmoins, Elërinna était inquiète. Si elle était devenue une Elfe et que le temps avait arrêté de fonctionner sur son corps, ce n'était pas le cas pour deux de ses frères. Aranwë était mort entouré de sa famille à l'âge de 78 ans, après une vie bien remplie. L'argentée avait eue du mal à s'en remettre, elle avait vu son petit frère mourir, tout de même, mais maintenant, elle allait mieux. Aldaron lui, avait choisi la vie de Dunedain, il était toujours mortel, mais pouvait vivre plus longtemps, cependant, cela faisait plusieurs années que Lenwë, qui avait choisi l'immortalité aussi, et elle n'avaient plus de nouvelle de leur frère aîné. Raison pour laquelle Elërinna avait pris la décision d'aller à sa recherche dans l'ancien pays du Mordor que le Prodige de Yavanna voulait faire renaître en un pays verdoyant et non maudit.

- Au galop, Azalée ! ordonna l'Elfe d'une voix douce.

S'engageant sur la route de l'Ithilien du Nord, la jument aux yeux roses et à la robe bordeaux partie au galop, sa crinière blanche volant légèrement au vent à cause de la vitesse. Pour ne pas la gêner dans sa course, la Prodige d'Oromë et Nessa se plaqua contre son encolure, suivant le mouvement tout en la guidant.

C'est en fin d'après-midi, après toute une journée de galop, qu'Elërinna et Azalée arrivèrent à ce qui avait été les Portes Noires du Mordor. Dire qu'Aldaron avait fait du bon travail était un euphémisme. Grâce à lui, une végétation florissante avait repris ses droits sur l'ancienne terre stérile de cet endroit. Prudemment, elles descendirent dans le fossé formé par l'onde de choc de la destruction de Sauron et elles pénétrèrent dans l'endroit. Il n'y avait aucun son, aucun chant d'oiseau pour égayer l'endroit. Pourtant... La dernière fois qu'Elërinna était venue ici, il y a longtemps maintenant, elle se souvenait parfaitement y avoir vu une forêt pleine de vie, peuplée d'animaux. Ses sourcils argent se froncèrent, son inquiétude montant d'un cran à chaque pas que faisait Azalée dans cette région. Ce n'était pas normal que tout soit aussi calme, aussi silencieux... Elërinna tira sur les rennes de la jument qui s'arrêta au beau milieu de la forêt. Le pouvoir d'Aldaron, utilisait sur le très long terme était impressionnant, puisque au lieu de se trouvait au milieu d'une terre désolée, elle se retrouvait au milieu de gigantesques séquoias qui n'existaient normalement pas en Terre du Milieu.

- Par les Valar... J'espère qu'il ne lui est rien arrivé...

S'il était arrivée quelque chose à Aldaron et que c'est elle qui le découvrait, à coup sûr, elle ne s'en remettrait pas. Lentement, tout en tendant l'oreille, Elërinna descendit du dos d'Azalée pour ensuite la guidée par la brise. Si elle se souvenait bien, la maison de son frère ne devrait pas être loin. Comme Radagast, ce dernier avait décidé de vivre directement dans la forêt, mais contrairement à l'Istari, l'habitat du vert était plus sympathique. Très vite, l'argentée retrouva le chemin et se trouva en face d'une petite maison à côté d'un lac. Un lac qui à l'état naturel n'aurait pas dû être là, mais Aldaron avait creuser un canal pour le créer et faire venir l'eau de la mer de Nurnen qui se trouvait bien plus loin dans les terres. Laissant Azalée brouter l'herbe, Elërinna s'approcha de la porte et toqua plusieurs fois, sans avoir de réponse. L'Elfe fronça un peu plus les sourcils en expirant par le nez. Elle regrettait parfois de savoir que son neveu était absent, il aurait pu lui venir en aide. Mais s'il fallait qu'elle parcoure tout le Mordor pour trouver Aldaron, elle le ferait ! Sans plus attendre, Elërinna tourna les talons, prête à remonter en selle, quand quelque chose lui attrapa le poignet. Un cri de peur lui échappa avant de voir que la chose qui l'avait retenue était les branches d'un buisson près de la maison qui l'avait retenue. Elle essaya de se dégager, mais les branches refusaient de la lâcher et au bout de quelques secondes, d'autres branches s'animèrent pour se mettre à pointer en une unique direction. Perplexe, Elërinna arriva enfin à se dégager et suivit la direction indiqué.

Elle marcha pendant plusieurs minutes, se disant qu'elle allait faire demi-tour puisqu'il n'y avait rien de spécial, lorsque son regard orangé tomba sur un arbre beaucoup plus imposant que les autres et à l'aspect particulier. Les séquoias étaient grands avec d'épais troncs, mais celui-là avait un tronc plus fin et était plus petit que les autres, de plus... Un visage était sculpté dans l'écorce. Elërinna hoqueta en identifiant le visage de son frère aîné.

- ADLARON !

L'effroi s'emparant d'elle, l'argentée se précipita vers l'arbre. Le cœur battant à tout rompre, elle déposa ses mains maintenant tremblantes sur l'écorce. Cette dernière, loin d'être froide ou même désagréable au toucher, était chaude et douce. Elërinna avait même l'impression de sentir la sève pulser sous ses doigts... Comme si, outre le fait qu'un arbre soit un être vivant, capable d'une croissance, de vivre et de mourir, il y avait quelque chose d'autre. Ajoutée à cela, elle ne pouvait pas en croire ses yeux que le visage d'Aldaron était sculpté à même le tronc, à la même taille que si elle avait eu son frère à côté d'elle. Ayant compris, grâce aux branches qui l'avaient guidé, que la forêt pouvait lui venir en aide, Elërinna décida de parler haut et fort. Son grand frère devait forcément être derrière tout ça, il lui faisait une blague.

- Si c'est une blague, elle est de très mauvais goût, Aldaron ! s'écria-t-elle, brisant le silence de l'endroit. Sors de ta cachette !

Convaincue que son aîné lui jouait un mauvais tour, la Prodige d'Oromë et Nessa se détourna de l'étrange arbre et commença à faire demi-tour en appelant son frère. Cependant, elle ne put pas faire plus d'une dizaine de pas. Les branches de tout à l'heure s'enroulèrent à nouveau autour de ses poignets. Elles la traînèrent jusque devant l'arbre et la forcèrent à regarder le visage incrusté dans le bois. Ce dernier était toujours aussi fixe, mais des traces plus sombre marquées l'écorce au niveau des yeux et ces traces suivaient la ligne de son nez pour finir sous son menton. La bouche d'Elërinna s'ouvrit, mais aucun son n'en sortit. Les interrogations se bousculaient dans sa tête. Que se passait-il ? Cet arbre ne pouvait pas être Aldaron... Ce n'était pas possible. Son frère avait un contrôle sur la végétation, mais il ne pouvait pas devenir la végétation elle-même. Et pourtant, le visage d'Aldaron était gravé à même l'écorce, un liquide semblable à de la sève s'écoulant de ses yeux, comme des larmes. Le cœur d'Elërinna se sera douloureusement dans sa poitrine, la peur s'abattant sur ses épaules comme un sac de brique. Qu'avait-il bien pu arriver à son frère aîné pour que cela arrive ? Quelle force maléfique était à l'œuvre pour avoir mis son aîné dans cet état ! Sauron avait été défait depuis cent sept ans maintenant ! Les Nazgûls avaient disparu et le Roi-Sorcier avait été détruit par Éowyn et Merry, alors qui avait bien pu faire cela ? La magie se faisait trop rare maintenant en Arda. Les Istari avaient quitté cette terre. Gandalf était reparti à Valinor, Sarouman était mort, les deux mages bleus disparus depuis très longtemps et Radagast... Le magicien brun vivait peut-être toujours non loin d'Eryn Lasgalen. Alors qui, quoi ? Un hennissement lointain la ramena brusquement sur terre. Elërinna nota de la panique dans l'appel de sa jument. Mais elle ne parvenait pas à décrocher son regard orange clair du visage de son frère aîné, des larmes brouillant sa vision.

- Tiens... La sœur. Au moins, vous êtes plus facile à attraper que prévu.

Ses réflexes, datant de la guerre, refirent surface, cependant, ils le firent bien trop tard. Elërinna commença à se retourner, la main fermée en un poing, mais un coup-de-poing dans le ventre lui coupa le souffle, l'envoyant valdinguer plusieurs mètres plus loin. Roulant dans l'herbe fraîche, l'argentée ferma brièvement les yeux sous l'effet de la douleur. Cela faisait longtemps, qu'elle ne s'était pas pris un tel coup.

Elle mit quelques secondes à reprendre ses esprits, et elle se redressa péniblement, déjà prête à en découdre avec son agresseur. Peut-être que ses réflexes n'étaient plus aussi vifs qu'auparavant, mais ce n'est pas pour autant qu'elle avait oublié comment se battre et se défendre. Les sourcils froncés, Elërinna fusilla les deux personnes présentes dans la forêt. Tout d'abord, bien évidemment, son regard fut attiré par le troll. C'est surtout la surprise, qui fit qu'elle s'intéressa plus à lui. Couvert d'une épaisse cuirasse qui le protégeait du soleil, il la regardait avec un regard empli de haine. Mais qu'est-ce qu'un troll pouvait bien faire ici ? Les seuls encore en vie à la fin de la guerre avaient disparu dans les profondeurs des montagnes du nord. Lentement, Elërinna braqua son regard sur la personne qui accompagnait la créature. Bien plus petite, de la taille d'un être humain normal, elle était dissimulée par un large manteau noir à capuche cachant entièrement son visage, ne permettant pas à l'argentée de l'identifier. Consciente qu'il ne servait à rien de discuter, Elërinna chercha Azalée du regard, ses armes étant restées accrochées à la selle de la jument, mais cette dernière n'était nulle part en vue.

- Uzaf, attrape-la.

La vitesse du troll était hallucinante et au lieu de faire la maline comme elle aurait pu le faire cent ans plus tôt, Elërinna décida de monter dans l'un des arbres le plus proche au lieu d'aller directement à l'affrontement sans avoir ses armes. Ignorant la douleur dans ses côtes, la Prodige d'Oromë et Nessa se hissa au niveau des plus hautes branches.

- Ingénieux, mais pas assez pour semer Uzaf.

Effectivement, le troll ne se laissa pas arrêter par la hauteur et au lieu de monter lui aussi à l'arbre, il commença à la secouer brutalement. Lâchant un hoquet de stupeur, Elërinna s'accrocha de toutes ses forces au tronc, réfléchissant à toute vitesse. Sa meilleure option était de prendre sa forme féline pour sauter à terre et partir pour mettre le plus de distance entre ces individus et elle le temps qu'elle retrouve ses armes. Convaincue par cela, l'argentée commença sa transformation. Cela ne dura que quelques secondes et une fois transformée en léopard des neiges, elle sauta au sol. Le choc se répercuta dans ses pattes, mais elle n'y prêta pas grande attention, préférant prendre la fuite. Sa vitesse étant accrue en félin, Elërinna slaloma entre les arbres et les buissons, courant à en perdre haleine. Elle ne vit pas le coup arriver. Cette fois-ci, elle s'envola pour ne jamais atteindre le sol à nouveau. Quelque chose l'attrapa en plein vol et sous le choc, Elërinna en perdit sa transformation, reprenant sans le vouloir sa forme humaine. Sa vision était trouble et elle distingua difficilement le visage hideux d'un second troll qui jusqu'à maintenant n'avait pas fait son apparition. En comprenant qu'elle était prisonnière, la Prodige commença à paniquer, de mauvais souvenirs refaisant surface.

- Je vois que la Prodige est bien silencieuse... Tout le contraire de son frère...

- Que lui avez-vous fait ? gronda-t-elle avec hargne, les yeux pleins de rage.

- Oh, rien de bien grave, seulement un juste retour des choses.

- Un juste retour des choses ?! Relâchez-moi ! Relâchez-moi que je vous massacre pour ce que vous avez fait à mon frère !

- Nous sommes trois contre un, tu n'as aucune chance, petite Prodige. Ozuf.

Le troll qui la retenait n'eut pas besoin d'un autre ordre. Il approcha son poing du sol sans pour autant la relâcher. L'inconnu encagoulé s'approcha lentement, comme s'il savourait le fait de la voir dans une telle situation, ce qui était très certainement le cas. Elërinna feula et se débattit, mais cela n'eut aucun résultat.

- Tout doux.

Lorsque la personne fut à hauteur de son visage, elle s'arrêta et sous les tissus de sa capuche, elle l'observa longuement. Le visage d'Elërinna, qui s'était embelli grâce à son changement de race, était ravagé par la fureur et la peur. Cela fit rire l'inconnu. D'un rire lugubre qui fit frissonner la Prodige.

- Ton frère a été bien plus coriace que toi.

- Honnêtement ? Je t'emmerde espèce de sous-merde.

Cela faisait bien des années qu'Elërinna n'avait pas été aussi vulgaire et pour tout dire, elle s'en fichait bien à l'instant. Cependant, son insulte ne sembla pas être du goût de son agresseur car il ricana méchamment. Il resta ensuite silencieux, pendant un certain temps. Puis il leva la main et la tête, révélant le bas de son visage. Un vilain sourire ornait ses lèvres.

- Au revoir, Prodige d'Oromë et Nessa.

Puis sur ces derniers mots, il plaqua sa main sur l'emplacement du cœur de l'argentée qui hurla de douleur.


Voici le premier chapitre de cette nouvelle fanfiction terminée ! J'espère sincèrement qu'il vous aura plu et que vous êtes un peu content de retrouver Elërinna ? ;) Même si visiblement, cette dernière n'a pas l'air d'être dans une position très confortable.

Pour ce qui concerne les publications des chapitres... Pour l'instant, je pense en poster un à chaque fois que j'en aurai terminé un autre. Pour le moment, j'en suis à l'écriture du chapitre 4, donc en suivant cette logique, le chapitre 2 arrivera lorsque le 4 sera terminé.