Disclaimer : Je ne possède pas les personnages, ni l'univers. J'ai apporté quelques modifications à l'histoire, Dagonet, Tristan, Lancelot et Pelagius ne sont pas morts, même si les trois chevaliers sont blessés. Guenièvre et Arthur ne sont pas encore mariés et ils ne gouverneront pas la Grande-Bretagne.

Bonne lecture et n'hésitez pas à donner votre avis.


POV Lancelot

Lorsque je me réveille, je suis surpris de ressentir une vive douleur au niveau de la poitrine. Je pensais être mort, mort durant une bataille que j'avais choisie, comme je le souhaitais. Je revois très nettement la flèche traverser mon armure et mon corps. Il faut croire que j'ai de la chance encore une fois. Enfin, si on peut appeler ça de la chance…

Je prends une profonde respiration pour apaiser la douleur et je me rends compte que c'est une très mauvaise idée quand je suis pris d'une quinte de toux. Je sens une main me soulever la tête alors que j'essaye de reprendre mon souffle. Lorsque j'y parviens enfin, une tasse d'eau est apportée à ma bouche et j'entends la voix d'Arthur :

"Bois doucement Lancelot."

Alors, c'est lui qui m'a aidé. Je ressens un profond soulagement car cela veut dire qu'il est encore en vie et pas blessé. En tout cas, pas assez pour devoir garder le lit. Je bois doucement l'eau et je crois que je n'ai jamais été aussi heureux de sentir ce liquide apaiser ma gorge. Je suis habitué à des choses bien plus alcoolisées mais je ne pense pas que ça passerait à l'heure actuelle.

Lorsque je détourne la tête pour signifier que je n'en veux plus, il m'aide à me rallonger. Je peux alors l'observer et je vois qu'il est mal rasé et a des cernes énormes sous les yeux. Je suppose que cela fait quelques jours qu'il me veille. Il fait cela à chaque fois que je suis gravement blessé. Et l'inverse est vrai. Je ne sais plus qui a commencé et quand c'était exactement. Mais à présent, c'est devenu un rituel.

. Je regarde le reste de la pièce et je ris en voyant la bible sur ma table. Je ne pensais pas qu'un jour ce livre se trouverait dans ma chambre. Ah, lui et son Dieu… Mais je ne dis rien car je suis trop fatigué pour avoir une vraie joute verbale avec lui. Ca me demanderait trop d'énergie de chercher des arguments pour contrer les siens. Ca viendra, ça j'en suis certain et je serai heureux de le faire le moment venu. Et je sais qu'il le sera aussi. Car malgré les apparences, nous aimons tous les deux nos discussions animées.

Je sors de mes pensées lorsque je l'entends se rasseoir sur la chaise qu'il a amenée

près du lit. Je lui demande :

"Combien ?"

Je sais que je n'ai pas besoin de plus d'explications, il a très bien compris ce que je lui demandais.

"Aucun chevalier de notre côté… Les pictes n'ont pas eu cette chance, ils ont enterré une trentaine de soldats."

Je hoche la tête. Les pictes, honnêtement je m'en fiche… Ils pourraient être tous morts, la seule chose qui compte est que mes frères d'armes soient encore en vie. Puis nous étions ennemis il y a quelques jours seulement. Il va me falloir un moment avant de ne pas automatiquement dégainer mon épée à la vue d'un visage peint en bleu. Je lui souris, et il me le rend mais cela n'atteint pas ses yeux. Je fronce alors sourcils, me demandant si quelqu'un d'important n'est pas mort et je le questionne :

"Et Guenièvre ?"

Cette fois-ci, Arthur se met à réellement sourire. Il pose une main sur mon épaule :

"Elle va bien, grâce à toi mon frère. Je ne sais pas comment je pourrais te remercier pour ça. Elle m'a dit ce qu'il s'était passé."

Je fais un bref mouvement de la tête. Je me sens toujours mal à l'aise face aux remerciements ou aux compliments. Il faut dire que nous, guerriers Sarmates, nous n'avons pas vraiment l'habitude de recevoir ce genre de choses. Nous sommes des machines à tuer au mieux, des esclaves au service de Rome au pire… Il n'y a pas beaucoup de romains qui pensent le contraire, mais nous sommes tombés sur un de cela et heureusement. Je n'ose pas imaginer ce qu'aurait été ma vie avec un autre commandant qu'Arthur. Je pense que j'aurais fini exécuté la première année, vu que je ne sais pas me taire. Ou alors, j'aurais appris à le faire.

Je sens la fatigue me gagner maintenant que je sais que tout ceux qui m'importent sont en vie. Et je ne peux pas m'empêcher de penser à eux alors que je commence à m'endormir.

Arthur, notre très cher commandant mais surtout mon meilleur ami : c'est le meilleur d'entre nous. Je ne parle pas du point de vue technique car nous savons tous que je le bats à chaque fois en duel. Enfin, presque à chaque fois… Mais je voulais parler de son coeur et de ses croyances. Il fait passer les autres avant sa vie, et même si je le lui ai reproché plusieurs fois, c'est ce qui fait de lui un homme c'est pour ça que nous sommes tous restés quand il avait besoin de nous. Il ne nous a rien demandé, il nous a même demandé de fuir mais nous sommes restés. Cela a été le premier choix que nous avons pu faire depuis que nous avons gagné notre liberté et jamais je ne le regretterai. Sans nous, il serait certainement mort et cette terre, qui a vu mourir tellement de Sarmates, serait aux mains des Saxons.

Puis il y a Bors, c'est une brute épaisse en apparence mais nous savons tous que l'intérieur est plus doux. Bon, il a quand même appelé ses enfants par des nombres… Je ne comprends d'ailleurs toujours pas comment Vanora a pu le laisser faire. Mais je l'aime bien et puis je peux facilement plaisanter avec lui. Sans parler de nos concours de boisson, c'est bien le seul qui peut rivaliser avec moi.

Il y a aussi Dagonet, c'est le pacificateur de notre groupe. Il sait comment calmer tout le monde, il sait comment nous réconcilier. Et puis, s'il y a vraiment besoin, il intervient physiquement. Il faut avouer que faisant deux fois mon poids, je ne fais pas vraiment le mâlin au corps à corps avec lui.

Ensuite, il y a Gauvain et Galahad. Je ne peux pas parler de l'un sans parler de l'autre puisqu'ils sont toujours fourrés ensemble. Galahad est le plus jeune de notre groupe et Gauvain l'a pris sous son aile dès le début. Je ne pensais pas qu'il survivrait à la première bataille, et pourtant il l'a fait et il a fait mieux que ça : il a retrouvé sa liberté. Nous ne sommes que 6 sur 50 à pouvoir le dire.

Après, on a Tristan. C'est le solitaire, il ne se mêle pas toujours à nous et je pense que son rôle d'éclaireur lui va à merveille. Sans parler qu'il a une certaine relation avec la nature. Son faucon me ferait presque peur mais je ne lui avouerai jamais.

. Et enfin, il y a Guenièvre, la belle Guenièvre… La guerrière picte et surtout la femme dont Arthur est tombé amoureux. Je soupire et je sens une main sur mon front et la voix de mon commandant résonne dans la chambre :

"Dors Lancelot, oublie tes soucis. Tu es libre maintenant et demain, on parlera de notre avenir."

Et quel avenir a un homme qui désire la future épouse de son meilleur ami ?