Choses à savoir !

La fanfiction est divisée en saisons (il y en 4 et un épilogue).

La fanfiction comprend des événements de la série de saison 1 à la saison 6 (la 7ème n'était pas encore sortie quand j'ai commencé à l'écrire).

Pensées

- Trigedasleng (exception pour le prologue ci-dessous).

(Traduction du Trigedasleng.)

Il y a peu de Trigedasleng au début ou alors c'est très traduit (et directement écrit en italique dans la conversation) puis, à la saison 3 à peu près, il y a plus de Trigedasleng (les conversations sont alors écrites en Trig' puis les traductions sont à la fin de chaque temps de parole des personnage entre parenthèses).

Note de l'auteur : Je publie là les deux premiers chapitres pour que vous ayez directement matière à lire puis un chapitre tous les deux jours (si le nombre de review est suffisant car je l'ai en partie publiée ailleurs et je n'ai que 42 reviews pour 19 chapitres, ce que je trouve abusé.) J'ai pour le moment 25 chapitres (sur les 28 ou 29 de prévus) donc j'ai de quoi publier pendant environ un mois et demi :)

Disclaimers : les personnages ne m'appartiennent pas (bien que j'en ai inventés quelques-uns), ni les lieux utilisés. Tout cela appartient à la série The 100 produite et réalisée par Jason Rothenberg et inspirée par les livres écrits par Kass Morgan.

Bonne lecture !


Prologue

Se présenter devant l'anomalie ne lui avait pas semblé dangereux au premier abord. Tant qu'on ne la traversait pas, le mur tourbillonnant ne bougeant pas, il n'y avait aucun risque d'y entrer involontairement.

Mais, à un mètre d'elle, Clarke avait commencé à entendre des choses.

Les voix lui semblaient familières mais étaient trop basse pour qu'elle les reconnaisse. Les mots chuchotés n'étaient pas compréhensibles de là où elle se tenait mais elle ne voulait pas trop s'approcher.

- Clarke ?

La blonde leva la main pour faire taire Bellamy.

Son ami était au bord des larmes, confus, depuis qu'ils avaient vu Octavia se faire poignarder par celle qui semblait être la fille de Charmaine Diyoza avant de disparaitre comme si elle avait été un mirage. Ils n'avaient même pas eu le temps de lui parler, de la questionner sur ce qu'il venait de se passer, Hope avait couru jusqu'à l'anomalie et y était entrée sans une seconde pensée.

Ils ne l'avaient vu que quelques secondes mais cela avait suffi à Clarke pour remarquer ses vêtements, semblables à ceux que les guerriers natifs portaient sur la Terre, et le bijou sur son front qui, bien que différent, lui rappelait celui que Lexa mettait pour signifier qu'elle était Heda.

C'était tentant d'avancer d'un pas pour comprendre ce que disaient ces voix puis d'un autre pour entrer dans l'Anomalie et, peut-être, redevenir la Clarke jeune et innocente qu'elle était il y a bien longtemps. Car, autant par le physique que par la personnalité, quand Octavia était revenu de l'Anomalie, elle ressemblait à ce qu'elle était quand les cent délinquants avaient été envoyés sur Terre.

Prudemment, elle avança d'un pas, se retrouvant à seulement quelques centimètres du tourbillon qui pouvait l'amener ailleurs –elle ne savait pas où- ou la tuer –pour ce qu'elle en savait.

- Clarke, dit Bellamy en posant une main sur son épaule pour essayer de la faire reculer.

Elle se tourna vers lui avec un regard fatigué et il enleva sa main, l'air inquiet. Mais il ne dit rien. Elle se tourna à nouveau vers l'Anomalie. Les voix étaient toujours très basses mais elle percevait maintenant des mots.

Des mots en Trigedasleng.

Elle fonça les sourcils et avança d'un autre pas, sans réfléchir.

- Clarke !

Bellamy l'appela mais c'était trop tard.

La dernière pensée consciente de Clarke fut pour Madi.


C'est dans ce genre de moment, alors que le cerveau cherche des repères dans l'environnement qui l'entoure sans parvenir à en trouver, que l'esprit perd pied.

- Oui, pour nous tous. Lexa nous a tous fait prêter serment.

Car rien n'est fixe et tout est flou.

- Tu l'as tuée. J'ai pressé la détente mais c'était toi.

Les deux seules choses distinctes dans cette folie étaient une épaisse fumée verte occultant sa vision et le son de l'olifant, répétitif et régulier, raisonnant dans ses oreilles.

- …Le but n'est pas tout, Alie. Comment atteindre le but compte aussi. Je suis désolée de ne pas te l'avoir appris.

Puis, elle sentit l'herbe mouillée et, sous ses doigts, la terre.

- Je serais toujours avec toi.

La fumée se dissipa peu à peu révélant un ciel bleu et un soleil éblouissant.

- On est de retour batards !

Elle ferma les yeux.


Chapitre 1 : saison 1

Son rythme cardiaque était rapide et sa respiration était entrecoupée par les sanglots qui venaient sans qu'elle ne puisse les arrêter. Elle était agenouillée sur un sol métallique et, dans les mains, elle tenait des ceintures rouges. Ses longs cheveux blonds tombaient devant ses yeux. Elle frotta ses larmes et repoussa ses cheveux en arrière en essayant de retrouver son calme et de comprendre où elle était quand elle entendit une porte s'ouvrir derrière elle.

- Ah, t'es là, dit une voix qu'elle pensait ne plus jamais entendre à part dans ses rêves.

Elle se leva et se retourna d'un bond. Wells descendit la marche qui les séparait et Clarke le regarda, le cœur battant plus vite encore. Le jeune homme descendait les quelques marches les séparant, la regardant de ses yeux bruns doux.

- Mon père n'avait pas menti quand il a dit-

Il s'arrêta de parler quand Clarke lui sauta au cou pour le serrer dans ses bras.

Il ne devait pas s'y attendre car, dans ses souvenirs, Clarke lui en voulait à ce moment-là, pensant encore qu'il avait dénoncé son père et donc qu'il était responsable de son exécution. Si c'était un rêve, car Clarke ne voyait pas ce que ça pouvait être d'autre, c'était le meilleur qu'elle avait fait depuis qu'elle avait tué tous les habitants du Mont Weather.

- Clarke ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda-t-il inquiet.

Même quand Clarke avait été injuste envers lui, Wells avait toujours été un bon ami, se préoccupant de son bien-être. Il avait été l'un des premiers à mourir. Il ne l'avait pas mérité mais, au fond, Clarke n'aurait pas voulu qu'il traverse tout ce que Clarke et les Skaikru avaient vécu ensuite. Mais ces pensées n'étaient pas importantes, c'était un rêve, un très bon rêve, chose très rare pour elle puisque, lorsque son sommeil n'était pas tranquille, il était toujours peuplé de cauchemars. Il lui fallait donc en profiter tant qu'il durait.

- J'ai parlé avec Finn et j'ai réfléchi, dit-elle en se reculant.

Elle se rappelait que c'était Finn qui avait émis des doutes sur la culpabilité de Wells, la forçant à repenser aux funestes événements et découvrant alors la vérité.

- C'était ma mère, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle bien qu'elle connut la réponse.

Il détourna le regard, ne voulant pas confirmer mais il ne nia pas non plus.

- Je ne voulais pas y croire alors je t'ai blâmé et tu n'as rien dit. Tu m'as laissé te haïr à sa place.

- A quoi servent les amis sinon ? Dit-il alors avec un sourire triste. Tu venais de perdre ton père, je ne voulais pas que tu haïsses ta mère. Tu avais besoin d'elle. Tu ne pouvais pas la perdre aussi.

- J''ai été si injuste avec toi, dit-elle les larmes aux yeux.

Encore aujourd'hui, bien des années plus tard, la culpabilité lui étreignait le cœur.

- Est-ce que tu pourras un jour me pardonner ?

Il sourit et la serra dans ses bras.

- C'est déjà fait.

Une minute plus tard, il recula et lui dit :

- Au fait, j'ai récupéré le parachute. On pourra s'en servir comme civière pour Jasper.

Clignant des yeux car elle ne pensait pas que son rêve traiterait d'autre chose, Clarke essaya de se rappeler rapidement les événements du moment.

Jasper avait été frappé par une lance mais était encore vivant et avait été emmené par queqlu'un. Ils étaient sur le point de partir à sa recherche.

- Bien pensé, le complimenta-t-elle avec un sourire.

A la sortie du vaisseau, Monty voulut les rejoindre pour aller sauver son meilleur ami mais Clarke l'en dissuada :

- Agriculture et communications ? C'est ton cerveau, lui expliqua-t-elle en mettant un doigt sur sa tempe, qui nous sauvera tous.

Revoir Monty lui mit du baume au cœur. Son ami l'avait toujours aidée, même après sa mort lorsqu'elle se battait dans sa tête contre Joséphine Lightbourne. Elle posa une main sur son épaule, à la fois pour le convaincre et pour pouvoir le toucher sans que ça ne lui paraisse étrange.

Derrière eux, Finn entra et refusa de venir, essayant de les persuader de rester au camp car il craignait pour leur sécurité. Le voir fut comme une gifle : il était innocent, insouciant et tellement beau. Ce garçon n'était pas encore un meurtrier.

- Spacewalker, c'est quoi ce surnom ? Dit-elle la voix tremblante Tu te prends pour un aventurier de l'espace mais t'oses pas faire trois pas sur Terre ?

Clarke s'en voulut presque de lui avoir dit ça. Elle le retrouvait, souriant et vivant et ses mots n'avaient pas été tendres. Mais elle lui avait dit la même chose autrefois et il ne lui en avait pas voulu. De toute façon, ce n'était qu'un rêve.

En sortant du vaisseau, Clarke observe les jeunes Skaikru travailler. Certains déblayaient le terrain, d'autres transportaient des matériaux et les derniers les utilisaient pour fabriquer des murs. C'est avec regret que Clarke constata que la plupart d'entre eux étaient morts dans le Mont Weather ou avant ça et qu'elle ne connaissait le prénom que de quelques-uns.

Plus loin, elle vit Bellamy, debout devant une Octavia blessée à la jambe et assise sur un tronc d'arbre. Il avait l'air si jeune. Ses cheveux étaient courts et fortement bouclés et il n'avait pas encore de barbe ni de moustache. A cet instant, il n'était pas le Bellamy qui lui était si cher mais un jeune homme arrogant, impulsif et craintif. Car après tout, si les décisions de Bellamy lui avaient semblés déraisonnables et idiotes à l'époque, elle avait ensuite compris le pourquoi de son attitude lorsqu'elle avait appris ce qu'il avait fait.

- Il a raison, dit-elle en arrivant près d'eux alors que Bellamy interdisait à Octavia de partir à la recherche de Jasper. Tu ne ferais que nous ralentir. C'est toi que je veux, dit-elle à l'intention du jeune homme.

Il eut l'air surpris.

- Je crois que t'as une arme ? Demanda-t-elle.

Pour seule confirmation, il souleva le pan de son t-shirt pour révéler l'arme en question.

- Bien, alors suis-moi.

- Et pourquoi je ferais ça ?

- Parce que t'as envie que ces type-là te voient comme leur chef et pour l'instant ils sont convaincu que l'un de nous deux n'a pas de couilles. Et il s'agit pas moi, chuchota-t-elle près de son oreille.

Elle partit, Wells la suivant, alors que Bellamy demandait à Murphy de le suivre et à Atom de veiller à ce que sa sœur ne quitte pas le camp.

- C'est pas que des bourrins, lui dit Wells alors qu'ils partaient devant. C'est des vrais criminels.

- Justement, je compte là-dessus.

Et bien sûr, ce qu'elle ne lui dit pas, c'est qu'elle voulait avoir un œil sur eux et qu'elle ne faisait que respecter l'ordre dans lequel la plupart des événements s'étaient produits dans la réalité.

Bien qu'elle soit heureuse de rêver de Wells et de leur réconciliation, elle fut légèrement agacée lorsqu'il intervint entre elle et Bellamy lorsqu'il leva son arme et que Murphy bouscula Wells. Quand Bellamy lui prit le bras afin de la menacer pour qu'elle enlève son bracelet, elle le lui tordit, retourna le jeune homme et donna un coup de pieds dans l'arrière de son genou pour le faire tomber.

- En ce qui me concerne Bellamy Blake, si l'Arche doit un jour croire que suis morte, c'est parce que je serais morte.

Finn arriva à ce moment-là et Clarke proposa de se séparer en deux groupes pour élargir leur zone de recherche. Finn proposa instantanément de faire équipe avec elle et Clarke n'eut d'autre choix que de laisser Wells faire équipe avec Bellamy. Murphy prenait une longueur d'avance sur eux, ce qui l'arrangeait, ainsi il ne risquait pas d'emmerder Wells.

Si le fait de faire équipe avec Finn la dérangeait parce qu'elle aurait préféré rester avec Wells tant que son rêve durait, elle fut finalement heureuse de passer un peu de temps avec lui. Autant Finn lui faisait peur après qu'elle se soit échappée de Mont Weather, autant elle l'avait aimé et parler à cette version innocente et saine d'esprit du jeune homme lui faisait le plus grand bien.

- Si je ne veux pas enlever mon bracelet, c'est parce que je ne veux pas que ma mère croit que je suis morte, lui dit-elle.

Penser à sa mère était difficile. Elle ne la reverrait jamais et le rêve se terminerait sans doute bientôt, ne lui laissant même pas la chance de lui parler.

- Et toi ? C'est pour tes parents ? Reprit-elle.

- Ma mère est morte en couche et mon père est mort de maladie il y a trois ans.

- Désolée, dit Clarke.

Elle se demanda si son subconscient avait inventé ces informations ou si elle les avait entendues quelque part puis oubliées jusqu'à aujourd'hui.

- Une petite-amie alors ? Ou quelqu'un à qui tu tiens beaucoup ? Moi, je n'ai pas eu le courage de dire à une fille que je l'aimais.

Le dire à Lexa dans la Cité des Lumières ne comptait pas au final. Elle aurait voulu le lui dire de son vivant et pas juste avant le combat final.

- Je sais que ses sentiments étaient réciproques mais je ne sais pas si elle sait à quel point je tenais à elle. C'est important de le dire aussi, tu sais ?

Finn eut l'air surpris. Soit qu'elle aimait les filles, soit qu'elle aime quelqu'un en ce moment. Il ne servait à rien de rectifier ces pensées alors elle ne le fit pas. Il réfléchit puis hocha la tête.

- Elle s'appelle Raven. Je la connais depuis tout petit. Elle voulait sortir dans l'espace mais a été refusée à cause d'un souffle au cœur. Alors, pour son anniversaire, je l'ai fait sortir.

- Alors ce n'est pas toi qui es sorti, dit Clarke, faussement étonnée, comme si elle ne le savait pas déjà.

- Je pensais avoir désactivé l'alarme mais elle s'est quand même déclenchée. Raven avait dix-huit ans et allait se faire dériver. Mais pas moi. Alors j'ai pris le blâme à sa place.

- C'était vraiment admirable ce que tu as fait pour elle. Idiot aussi mais surtout admirable.

Il lui donna un coup ludique à l'épaule.

- Et ne t'en fais pas : lorsque notre peuple descendra sur terre, tu la reverras.

Il lui sourit puis il fronça les sourcils et leva un doigt pour l'inciter au silence. Il marcha prudemment sur une montée et elle le suivit jusqu'à voir une cascade. Elle avait oublié à quel point la terre pouvait offrir des paysages aussi magnifiques. Après tout, ses derniers moments sur Terre s'étaient passés dans un désert et une plaine stérile mais peu accueillante.

Ils marchèrent dans l'eau et Clarke fit semblant de réfléchir à la raison pour laquelle Jasper avait été blessé après avoir traversé la rivière et pas avant.

- La rivière est une frontière, conclut Clarke.

- Et donc le Mont Weather est un zone interdite, soupira Finn.

Pour le dérider, Clarke l'éclaboussa. Pour se venger, il la fit tomber à l'eau. Clarke fit semblant d'être fâchée en se rapprochant du bord du rivage mais elle avait des difficultés à cacher son amusement. Elle vit des gouttes de sang sur un rocher et les montra à Finn. Ils appelèrent les autres et, enfin rassemblés, suivirent Finn qui était le meilleur pisteur.

Clarke resta volontairement à l'arrière, suivant directement Bellamy. Elle parvint à lui subtiliser son arme en faisant exprès de le bousculer lorsqu'ils s'arrêtèrent en voyant Jasper attaché à un arbre.

Même souffrant et blessé, Jasper lui parut bien plus vivant que la dernière fois qu'elle l'avait vue. Il avait les cheveux assez longs pour lui tomber devant les yeux et n'avait le teint pâle que parce qu'il avait perdu beaucoup de sang. Il ne ressemblait en rien au garçon dépressif et alcoolique qui avait mis fin à ses jours après avoir incité d'autres jeunes à en faire de même en même temps que lui.

Sachant qu'il y avait un trou avec des piques devant eux, Clarke ne se précipita pas pour le détacher. Par contre, quand Finn s'avança et mit un pied sur les feuilles cachant le piège, elle le retint par la main juste à temps pour lui éviter de tomber. Les feuilles cachant le piège tombèrent et Wells l'aida à remonter Finn qui était en équilibre précaire. En s'approchant de l'arbre, ils furent plus prudent à l'endroit où ils posaient leurs pieds.

Murphy et Finn montèrent pour détacher Jasper quand ils entendirent un bruit sourd résonner non loin.

- C'est quoi ce bruit ? Paniqua Murphy.

- Des natifs, dit Bellamy.

Au loin, Clarke vit la panthère s'approcher d'eux puis s'élancer vers elle. Elle sortit de l'arrière de son pantalon l'arme qu'elle avait prise à Bellamy et lui tira dessus deux fois. La première balle la toucha mais pas la seconde car la panthère changea de cap et se cacha dans les hauts feuillages.

Bellamy tourna sur lui-même, à l'affut des mouvements de la panthère. Clarke savait que la panthère allait surgir près de Bellamy alors elle attendit calmement, le bras tendu. Wells s'était rapprochée d'elle dans la confusion et elle posa son autre main sur son épaule afin de le faire reculer pour qu'il ne la gêne pas.

A la seconde où la panthère sauta des fourrés dans la direction de Bellamy, Clarke tira et la toucha.

En pleine tête.


Arrivés au camp, Clarke demanda à Finn et Wells, qui portaient Jasper, de le monter au deuxième étage puis rassura Monty et Octavia qu'il était vivant mais qu'elle avait besoin d'eau bouillante et du tissus pour fabriquer de bandes. Elle s'approcha de Bellamy et Murphy qui portaient la panthère dans le parachute et, lorsqu'ils la posèrent au sol, elle dévoila la bête aux délinquants.

- Je veux que quatre personnes ne craignant pas la vue du sang et des boyaux s'occupent de la dépecer et de la découper en morceau. Ceux qui ne sont pas occupés à construire les murs, commencez la construction d'un fumoir. Ça nous permettra de conserver la viande plus longtemps. Reprenez des forces mais n'en abusez pas : on ne pourra pas faire pareille prise tous les jours.

Trois garçons et une fille s'avancèrent pour s'occuper de la panthère.

- On n'a pas à suivre tes ordres, lui dit Murphy avec un sourire arrogant.

- Alors, ne le fais pas, dit Clarke en haussant les épaules. Comme tu as aidé à sauver Jasper et à porter la panthère jusqu'ici, tu mérites ta part ce soir. Mais si tu continues de te comporter comme tu le fais, ce ne sera peut-être pas le cas demain.

Sur ces mots, Clarke partit soigner Jasper.

Une heure plus tard, elle sentit l'odeur de la viande et du feu de camp.

Elle avait eu le temps de réfléchir alors que Jasper était inconscient. Ce rêve était long. Bien trop long. Et, alors qu'elle nettoyait les blessures de Jasper au visage, des images de l'Anomalie lui apparurent. Cela ne lui était pas revenu tout de suite et ça ne l'avait pas inquiétée car, quand on rêvait, on ne se souvenait pas qu'on venait de se coucher, n'est-ce pas ? Mais maintenant qu'elle se souvenait de Sanctum, des Primes, de Madi et de l'Anomalie, elle se demandait si…

Et si elle ne rêvait pas ?

Des cris de victoire la firent sortir de ses pensées. Elle sortit du vaisseau et vit des délinquants se faire enlever leur bracelet pour ensuite recevoir un morceau de viande. Elle s'avança vers le feu et prit une pique sur laquelle un morceau de viande grillé était planté.

- Hé ! Qu'est-ce que tu fais ? Dit Murphy en essayant de lui arracher la viande des mains.

Clarke le prit fermement par le col de son t-shirt et avança son visage près du sien.

- Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus personne qui se soucie de toi sur l'Arche que c'est la même chose pour tout le monde Murphy !

Sa déclaration jeta un froid sur l'ambiance festive et les délinquants se turent.

Elle le fit tomber en arrière en le relâchant.

- Qui parmi vous a au moins un parent sur l'Arche ? Demanda-t-elle en s'adressant aux délinquants. Qui a des amis, un petit-ami ou une petite-amie qui se soucient de vous et que vous aimeriez revoir ?

La quasi-totalité des jeunes levèrent la main.

- Eh bien félicitations ! En enlevant vos bracelet, non seulement vous leur faites croire que vous êtes morts mais vous les condamnez aussi à mourir dans les prochains mois !

- Ne l'écoutez pas ! Intervint Bellamy avant de se tourner vers elle. Elle ne sait pas ce qu'elle-

- Non, toi, tu te tais ! Se rebiffa Clarke en le pointant du doigt. Je ne sais pas ce que tu as fait pour vouloir à tout prix empêcher l'Arche de descendre mais c'est ton problème, pas le nôtre ! Alors, en attendant qu'ils arrivent –car oui ! Ils arriveront- nous devons nous débrouiller seuls pour nous nourrir et pour nous protéger.

Elle remarqua alors qu'elle avait alors capté l'attention de tout le monde.

- Vous voulez manger et vous sentir en sécurité ? Eh bien, pour ça, il faut que tout le monde mette la main à la pâte. Les murs ne se construiront jamais s'il n'y en a que deux ou trois qui s'en occupe et on risque de mourir de faim si vous comptez toujours sur Bellamy ou moi pour vous apporter une occasionnelle panthère qui s'est mis dans la tête de nous attaquer.

Les délinquants se regardèrent entre eux, chuchotèrent et hochèrent la tête.

- Il est trop tard ce soir pour se mettre sérieusement au boulot mais, à la première heure demain matin, je veux que vous vous mettiez au travail. Demain, avec une équipe, j'irais chasser pendant que les autres construiront les murs. Pour cette nuit, je veux qu'on commence à patrouiller autour du camp. Qui est volontaire ?

Miller, Monroe et Sterling furent les premiers à se proposer. Quatre autres jeunes dont elle ne connaissait pas le nom se proposèrent ensuite mais Clarke leur demanda d'aller se reposer et de se tenir prêt en cas de relève. N'ayant pas d'arme, à part Clarke qui ne l'avait pas rendue à Bellamy, ils prirent chacun un couteau fait à partir du métal du vaisseau.

- Si vous vous sentez trop fatigués, demandez à quelqu'un de vous remplacer.

Ils acquiescèrent puis partir chacun de leur côté.

Patrouillant près de l'entrée du camp, elle pouvait entendre les gémissements de douleur de Jasper. Malheureusement, elle ne pouvait rien pour lui avant le lendemain alors elle serra les dents et termina de manger son morceau de viande.

Deux heures après que tout le monde se doit endormi dans le vaisseau, elle entendit des bruits de pas –des brindilles au sol craquaient- et des chuchotements. Elle plissa les yeux et sortit son arme, prête à tirer.

- Je peux savoir où vous allez ? Demanda-t-elle aux deux adolescents qui se tenaient par la main en rangeant son arme.

- On voulait juste faire une petite promenade, dit le garçon.

- En pleine nuit ? Demanda Clarke, pas dupe. Et vous connaissez bien sûr suffisamment les environs pour ne pas vous perdre, je suppose ?

- Je sais m'orienter à l'aide des étoiles, répondit la fille.

- Oh, vraiment ? Eh bien, vas-y, montre-moi.

La fille fut décontenancée par la demande de Clarke puis regarda le ciel et pointa du doigt une étoile plus brillante que les autres.

- L'étoile Polaire nous indique le nord.

- C'est vrai, confirma Clarke qui avait des notions d'astronomie. Mais ce que tu me montre là, c'est l'Arche. Il est plutôt difficile de se repérer dans l'espace si tu choisis un repère mobile, tu ne crois pas ?

Le visage de la fille se décomposa et le garçon perdit de son assurance.

- Allez vous coucher maintenant.

Elle les accompagna jusqu'au vaisseau pour s'assurer qu'ils ne s'échapperaient pas de nouveau et apprit sur le chemin qu'ils s'appelaient Trina et Pascal. Dans ses souvenirs, ils avaient disparus et ils ne les avaient jamais retrouvés. Elle venait involontairement de leur sauver la vie. Alors qu'elle se retournait pour reprendre sa patrouille, elle vit une petite fille, allongée près d'un arbre, se retourner et gémir.

Charlotte.

Elle l'avait presque oubliée. Pourtant son suicide les avait tous touchés, même Murphy. Comme la dernière fois, elle s'approcha d'elle afin de la réveiller. Elles parlèrent de la mort des parents de Charlotte et Clarke parla de son père qui avait aussi été exécuté. Charlotte lui dit qu'elle avait craquée quand les vêtements de ses parents avaient été donnés au centre de redistribution et qu'apparemment elle aurait agressé un garde. Clarke continua leur discussion même si elle savait que cela ne suffirait pas à protéger Wells.

- J'en ai beaucoup voulu à ma mère quand j'ai découvert que c'était elle qui avait dénoncé mon père. Et aussi à Jaha. Mais, même si c'est injuste, je comprends que ça a dû être difficile pour lui.

Clarke ne plaignait pas Jaha. Il s'était montré coupable de tellement de chose, dont de la libération d'A.L.I.E. et la Cité des Lumières, mais elle comprenait que seul un vrai leader prenait les décisions difficiles. Et Jaha n'avait pas créé les lois, il ne faisait que les appliquer.

- Il a appliqué la loi, comme le peuple s'attendait à ce qu'il le fasse, et ce, même s'il s'agissait d'exécuter son meilleur ami. Je n'essaie pas de lui trouver d'excuse mais l'Arche est tout là-haut et nous sommes en bas, sur terre. Et si on laissait tous nos soucis dans le passé et qu'on tournait la page ? Comme si la Terre était notre seconde chance ?

Ou la troisième, si Clarke ne rêvait pas.

- Tu y arriveras, toi ? Demanda Charlotte qui l'avait écoutée en silence.

- Je ferais tout pour y arriver, lui dit-elle en se levant. Viens patrouiller avec moi, l'invita-t-elle en lui tendant la main. Il ne sert à rien que tu te rendormes maintenant si c'est pour faire à nouveau des cauchemars.

Charlotte lui sourit et la suivit.


Lorsque le soleil commença à se lever et que Charlotte somnolait debout, Clarke la prit dans ses bras et l'emmena dans le vaisseau. Elle trouva un coin libre et l'y déposa. Elle chercha une couverture mais n'en trouva pas. Elle alla réveiller les quatre délinquants qui s'étaient proposés pour la patrouille la veille et leur demanda de remplacer Miller, Monroe, Sterling et elle pendant qu'ils se reposaient. Lorsque les trois jeunes gens en question arrivèrent, Clarke avisa le manteau de Miller et lui demanda de le lui prêter pour couvrir Charlotte.

- Tu devrais te reposer, lui dit Wells en arrivant derrière elle.

- Réveille-moi dans une heure, lui dit Clarke en s'allongeant près de Charlotte.

Elle s'endormit comme une masse.

Ce fut finalement les gémissements de Jasper qui la réveillèrent. Ils étaient de plus en plus forts et les délinquants se réveillaient en se plaignant du bruit qu'il faisait.

- Mais il va la fermer, oui ! S'énerva Murphy plus loin.

- Il souffre, le réprimanda Clarke en se redressant en position assise. Tu veux prendre sa place, peut-être ?

Il fit une mine dégoutée et sortit du vaisseau. Elle baissa les yeux sur Charlotte qui dormait à poing fermés, le visage paisible, et se leva. Elle monta au deuxième étage voir Jasper. Elle savait déjà ce qu'il fallait faire pour le soigner plus rapidement et plus efficacement mais elle ne pouvait pas trouver toutes les solutions elle-même. Elle prit le bout de tissu qui recouvrait la blessure de Jasper et sur lequel il y avait l'algue rouge. Ensuite elle sortit et chercha Wells puis Finn.

- Les natifs ont utilisé cette herbe qui doit avoir des propriétés antibiotiques comme pansement, leur dit-elle. Mais en infusion elle devrait être certainement plus efficace si on savait ce que c'était.

- Je sais ce que c'est, annonça Wells qui avait observé le tissu. C'est une algue qui se fixe mais sans racines.

- Alors on pourrait en trouver dans une mare ou une rivière ?

- Exact, confirma Wells. Avec peu de courant et des rochers, et une eau avec plus de reflets rouges que verts.

- Je sais où on peut la trouver, dit alors Finn en souriant.

- J'ai dit que je partirais chasser ce matin, dit alors Clarke. On ira à mon retour, d'accord ?

Les garçons acquiescèrent.

Clarke alla au milieu du camp et demanda l'attention de tous ceux déjà levés.

- J'ai besoin d'aide pour la chasse, quatre ou cinq personnes.

- Moi, je viens, dit Bellamy, une hache à la main.

- Le contraire m'aurait étonné.

Atom suivit, ainsi que deux autres garçons et une fille aux cheveux ébouriffés.

- Bien, allons-y.

Le brouillard acide se déclenchant durant l'après-midi, chasser le matin était la meilleure des idées. Après une demi-heure de recherche sans trop s'éloigner du camp, Bellamy aperçut un animal –un sanglier, sans doute- et lança sa hache vers lui. Il le toucha à la patte mais l'animal, blessé, fuit alors ils lui coururent après. Clarke les laissa faire : l'animal se fatiguerait rapidement à cause de la perte de sang et ils l'attraperaient. Elle fit demi-tour et chercha autre chose. Elle s'éloigna d'eux et du camp –de toute façon, elle connaissait le chemin. Après quelques minutes de marche, elle vit du mouvement dans les fourrés. Elle s'accroupit, son bras levé, et attendit. Deux lapins sortirent en reniflant le sol puis ils levèrent la tête, oreilles dressées. Elle pourrait peut-être en toucher un mais, malheureusement, le second détalerait.

Tant pis.

Elle lança le couteau et fit mouche. L'autre lapin s'était déjà enfuit quand elle arriva près de sa cible encore vivante étant donné ses yeux qui bougeaient mais mourant puisque le couteau était enfoncé dans son abdomen. Elle tint la poignée du couteau et, alors qu'elle l'enfonçait correctement pour mettre fin à ses souffrances, dit :

- Yu gonplei ste odon.


Quand elle rentra au camp, Bellamy venait de rentrer avec les trois autres délinquants et le sanglier.

- Bien joué, le félicita-t-elle.

L'engueuler quand il faisait n'importe quoi et le féliciter quand il faisait quelque chose de bien l'aiderait peut-être à changer plus. Ça s'appelait le conditionnement.

Il lui sourit.

- Belle prise, lui dit-il à son tour en voyant le lapin.

Elle le posa près du sanglier et les jeunes qui s'occupaient du fumoir les prient. Elle alla rejoindre Wells et Finn et ce dernier lui donna une poignée de baies. Elle le remercia : elle n'avait rien mangé depuis la veille au soir.

Ensuite ils se mirent en route.

Selon Finn, la rivière où ils allaient était à environ une heure de marche. Sur le chemin, Finn trouva un vieux van dont il ouvrit la portière.

- On n'a pas le temps pour ça, lui rappela Clarke. Il faut trouver l'algue et retourner au vaisseau soigner Jasper.

Finn referma la portière en levant les yeux au ciel et ils se remirent en route. Heureusement, la rivière n'était qu'à quinze minutes de là. Et Clarke vit tout de suite les algues rouges, flotter sur l'eau.

- Le serpent qui a attaqué Octavia, il était grand comment ? Demanda Wells.

- Très grand, répondit Finn en s'agenouillant et triturant son sac. On pourrait lancer le sac comme un filet et l'alourdir avec des pierres pour qu'il-

Roulant des yeux, Clarke entra dans l'eau et alla récupérer des algues.

- Ou on peut faire ça, dit Finn avec un sourire amusé.

Après avoir mis les algues dans le sac, ils prirent le chemin du retour. Aucun groupe d'oiseaux ne leur fonça dessus et ils n'eurent pas besoin du van. Heureusement, ils étaient déjà arrivés au camp quand le brouillard acide arriva.

- Il manque quelqu'un ? Demanda Clarke à Bellamy quand les portes du vaisseau furent fermées.

- Pas que je sache, nia-t-il. Mais fais quelque chose pour le garçon à lunettes sinon je m'occupe de lui.

- Pour ça, il te faudrait me passer sur le corps.

- Quand tu veux, répliqua-t-il avec un sourire.

Essayant de ne pas montrer son dégout –elle n'avait jamais vu Bellamy comme autre chose qu'un ami-, elle monta au deuxième étage et prépara l'infusion d'algues qu'elle fit tant bien que mal boire à Jasper, toujours inconscient. Quand ce fut fait, elle laissa Monty et Octavia veiller sur lui et redescendit pour voir Charlotte.

- Alors, bien dormi ? Demanda-t-elle à la jeune fille assise seule dans un coin.

Elle acquiesça avec un petit sourire.

- Qu'est-ce que c'est dehors ? Demanda Charlotte quand Clarke fut assise près d'elle.

- Je ne sais pas mais, si même les animaux fuient ce nuage, c'est qu'il doit être dangereux.

Elles jouèrent à pierre-feuille-ciseaux pendant un temps puis Clarke lui raconta les quelques blagues que son père avait l'habitude de lui raconter. Wells se joignit ensuite à elles puis Finn. Clarke avait vu le regard que Charlotte avait lancé à Wells quand il s'était assis à côté d'elle. Elle semblait avoir peur de lui.

Mais Wells lui apprit un nouveau jeu : le morpion. Ils n'avaient pas de papier, ni de couteau pour tracer les lignes sur le mur métallique, alors il se contenta de lui expliquer les règles du jeu dans la poussière. C'est attendrie que Clarke les observa. Finn voulut ensuite faire une partie contre Charlotte puis contre Wells. Ensuite Charlotte demanda à Clarke de faire une partie contre elle, ce que la blonde accepta.

Il avait suffi de quelques parties de jeu pour que Charlotte se sente à l'aise en la présence de Wells et en vienne à l'apprécier. Clarke en fut soulagée.

Ce soir, Wells ne mourra pas.


Les changements son peu nombreux les cinq premiers chapitres puis ça change bien plus ;)

Dites-moi ce que vous en pensez !

Bon week-end !