Bonjour à vous, et merci d'avoir cliqué sur cette histoire.
Comme vous avez pu le remarquer, Back in time est une fic achevée, et très longue de plus. Ces prochains mois, elle serra d'ailleurs progressivement corrigée (par ma béta surtout), et quelques modifications y seront sûrement apportées.
Voilà, c'était tout ce que j'avais à vous dire. Je vous souhaite donc une agréable lecture. ^^
Prologue :
Il en était persuadé, à peine une dizaine de minutes plus tôt, il avait rendu son dernier souffle. Dans ce cas… pourquoi se trouvait-il debout, à côté d'un arbre mort, face à un champ de fleurs qui s'étendait à perte de vue ?
Madara prit une grande inspiration, cherchant à se calmer. Paniquer n'était pas dans ses habitudes, et il ne comptait pas commencer maintenant.
Il opta donc plutôt pour une observation approfondie de son environnement :
Une plaine emplie de fleurs multicolores lui faisait face. S'étendant à perte de vue, elle laissait place à un ciel mauve aux reflets rougeâtres qui donnait à son entourage une atmosphère mystérieuse, doublée de surnaturelle.
A sa gauche, l'arbre sur lequel il s'appuyait avait des branches nues lui évoquant des bras décharnés.
De sa tenue, rien n'avait changé. Il portait toujours ses gans, son pantalon noir et ses sandales.
Toutefois, à sa grande surprise, le visage d'Hashirama avait disparu de sa poitrine.
Avec stupeur, il effleura du bout des doigts sa peau désormais lisse.
Il déglutit, puis fixa pensivement ses pieds avant de relever le menton vers l'horizon, et se demanda s'il devait avancer ou bien attendre.
Le choix lui parut impossible, et les deux options irrationnelles : Avancer ? Pour aller où ? Attendre ? Mais quoi ?
Envahi par la confusion, il se laissa tomber au sol.
Hashirama lui avait promis qu'ils « partiraient » ensemble, songea-t-il en se remémorant leur dernière conversation dans le monde des vivants. Apparemment, l'homme avait oublié de lui préciser qu'ils n'iraient certainement pas au même endroit. Typique de son ami.
Il ferma les yeux alors qu'un gémissement peiné sortait de sa gorge : Peu importait s'il semblait faible et abattu, personne n'était là pour le juger. Il était complètement seul après tout. De plus, rien ne pouvait plus être accompli dans l'état dans lequel il se trouvait. Il se sentait rongé par une immense culpabilité qu'il commençait tout juste à ressentir pleinement.
Bien qu'il fût techniquement mort, ses vies entières défilaient devant ses yeux, lui indiquant où il avait échoué et emprunté le mauvais chemin. Il avait manipulé, conspiré, torturé, tué. Comment pourrait-il être en paix avec lui-même ?
Peut-être que passer l'éternité dans cet endroit, dans la plus grande des solitudes, était un juste châtiment finalement.
-Je ne dirais pas cela, déclara soudain une voix venant de nulle part.
Haletant, Madara se redressa brusquement.
-Qui êtes-vous ? Cracha-t-il hargneusement en ne s'apercevant que maintenant de la présence d'un vieil homme à la peau pâle.
Vêtu de robes blanches et assis en tailleur, il flottait à environs cinq pieds du sol. Dans sa main était serré un long khakkhara qu'il fixait avec une certaine nonchalance. Or, la chose qui marqua le plus Madara, furent les yeux violets, semblant composés de plusieurs motifs représentants des cercles concentriques, qu'arborait le vieillard.
Le Rinnegan. Une des choses pour lesquelles il avait lutté toute son existence.
-Vous... Bredouilla-t-il avant de se recomposer et reprendre plus calmement : -Vous êtes le Sage des Six Chemins n'est-ce pas ?
-C'est cela, répondit l'homme.
Il n'ajouta rien, se contentant de le regarder avec une sorte de pitié qui mit aussitôt Madara hors de lui.
-Que me veux-tu ! Tonna-t-il, hérissé. Es-tu là pour te moquer de moi ?!
Il avait abandonné toute tentative de garder un semblant de sang-froid. S'il y avait bien une chose qu'il exécrait encore plus que Konoha, c'était inspirer de la commisération. Il darda donc sur le Sage un regard empli de toute la haine et le dédain dont il était capable.
-Je ne suis pas là pour ça, lui dit l'homme, ignorant son explosion. Je suis ici pour te faire une offre. Bien que je ne puisse pas vraiment qualifier cela ainsi... Tu n'auras pas le choix pour te dire la vérité.
Cette déclaration hérissa davantage le ninja. Que voulait-il dire ?
Son incompréhension face à la situation le contrariait profondément.
-Pardon ? Gronda-t-il d'un air menaçant.
-Tu souhaites être puni, soupira l'homme. Or, la nature même d'une punition est de ne pas vouloir l'être. C'est pour cela que je t'accorde une deuxième chance.
-Cesse donc avec tes paroles sibyllines ! S'exclama Madara, contrarié, mais à la fois méfiant. -Éclaire-moi plutôt !
-La patience n'est pas ton fort à ce que je vois...
-Sottises ! Dois-je te rappeler que tu parles à l'homme qui a passé plus de 80 ans à attendre son heure dans une grotte ?
Le sage souffla, clairement irrité par ses paroles.
-Très bien, dit-il en le fusillant du regard, tu vas revivre, mais ! (Le vieillard l'interrompit avant même qu'il puisse protester) - Ce sera à l'époque de la fondation de Konoha. Tu auras une nouvelle chance de refaire ta vie, en mieux, et corriger tes erreurs passées.
-Quoi ?! S'étrangla Madara.
-Tu m'as bien entendu, lui susurra l'homme, un malin plaisir clairement visible dans ses yeux. -Tu vas revivre ton passé... Enthousiaste ?
-Loin de ça ! Murmura le ninja d'une voix tremblante de rage à peine contenue.
Il se sentait tellement indigné qu'il frémissait sans pouvoir s'en empêcher.
-Je refuse de remettre les pieds dans ce maudit village, reprit-il en s'humectant les lèvres. Je suis mort. Pour de bon. Laissez-moi le rester !
Sa dernière phrase sortie avec plus de force qu'il le voulait, laissant entrevoir un instant son état émotionnel instable.
Il s'en voulut immédiatement.
-Ne te braque pas ainsi, le sermonna gentiment le sage en secouant la tête. Je te l'ai dit : Tu n'as pas le choix. Durant toute ton existence, c'est le monde qui t'a façonné alors que tu tentais vainement d'inverser les rôles.
Madara souhaita pouvoir répliquer que c'était faux, mais ses lèvres restèrent scellées. Les paroles de l'homme avaient touché un point sensible.
-Pendant toutes ces années, poursuivit le vieillard. Tu as essayé de faire du monde un endroit meilleur où tous pourraient être heureux. Tu t'y es pris de la mauvaise manière malheureusement... Tu t'es dit que si tu ne parvenais pas à façonner le monde comme le monde façonne les humains, alors tu en créerais un nouveau. Réel ou non.
Il se sentait nauséeux.
-Cela aura été ta plus grande et dernière erreur.
-Tais-toi, lâcha-t-il.
Il ne voulait pas en entendre plus. Il avait l'horrible impression que tous ses échecs lui étaient jetés au visage, et frottés dessus jusqu'à que sa peau fût à vif.
-Ne te voile pas la face, déclara le sage. C'est exactement ce qui s'est passé, et avec pour seul résultât la quasi-destruction du monde.
-Je... Commença Madara pour se faire aussitôt interrompre.
-Ecoute Madara, lui dit Hagoromo. Penses-tu que quelqu'un doive être détesté pour ses bonnes intentions ?
La question prit le ninja au dépourvu.
-Je l'ignore, marmonna-t-il après un bref moment d'hésitation. Mais il y une chose que je peux dire : Les bonnes intentions n'aboutissent pas toujours à nos souhaits les plus chers. Je ne sais pas si tu t'exprimes ainsi en te référant spécifiquement à moi, justifiant mes actes sous le nom d'une « bonne intention », mais je peux t'affirmer qu'Hashirama avait fondé Konoha, la tête emplie de ces soi-disant bonnes intentions. Vois ce que cela a donné.
-Tu n'as pas exactement répondu à ma question.
-Elle m'importe peu, répliqua-t-il en croisant les bras de manière défensive.
Voyant qu'il ne donnerait aucune réponse satisfaisante, le sage parut abandonner et, à la place, laissa son bâton cérémoniel aller frapper le sol par trois fois.
-Je suppose que cette conversation est close, déclara-t-il alors qu'une soudaine brise se levait. Le temps des séparations est venu.
Les yeux de Madara s'écarquillèrent alors que le léger vent se changeait en puissantes bourrasques qui arrachèrent les fleurs à la terre. Très vite, elles les entraînèrent dans un tourbillon de pétales multicolores qui lui ébouriffèrent les cheveux.
Sidéré, il vit le ciel se craqueler - tel un miroir brisé- et s'effriter en divers morceaux qui commencèrent à tomber en une pluie violette.
Le sol s'affaissa sur lui-même.
Déséquilibré, il trébucha et se rattrapa in-extremis à une branche basse de l'arbre mort à sa droite. Il observa alors, incrédule, le paysage voler en éclat dans un son semblable au bris du verre, puis se tourna vers le sage qui flottait toujours à plusieurs mètres au-dessus du sol.
-Qu'est-ce qui se passe ? Hurla-t-il à travers le mugissement du vent.
-Tu apprêtes à commencer ta prochaine existence, lui expliqua calmement Hagoromo. Je tiens aussi à te faire part du fait que même si tu possèdes encore le rinnegan, tu ne pourras plus l'utiliser. Je l'ai scellé.
Sa voix, pourtant basse, résonnait, claire et nette, dans les oreilles de Madara qui chancela lorsque survint un nouveau tremblement de terre.
Cette fois, il ne put se retenir : Le sol céda sous ses pieds, s'ouvrant sur un gouffre noir sans fond dans lequel il chuta.
Sa bouche s'ouvrit sur un cri muet, et la dernière chose qu'il entendit avant que le noir envahisse sa vision, fut le sage :
-Je te souhaite bonne chance Uchiha Madara... Tu en auras bien besoin.
