Note : Ok, j'ai pas terminé "Sous le casque", mais cette histoire s'est sauvagement introduite dans mon cerveau ! Du coup il fallait que je commence à l'écrire x)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
Trois Soldats et un couffin
Il était bien tard cette nuit-là lorsque les trois SOLDATS gagnèrent enfin leur bâtiment résidentiel. Fatigués et suants après une longue séance dans la salle de simulation, ils n'avaient qu'une envie : rentrer chez eux se reposer. Pourtant, alors que l'ascenseur s'ouvrait à l'étage ou leurs appartements se trouvaient, Sephiroth, Angeal et Genesis n'esquissèrent pas un geste pour en sortir. Lorsqu'il referma ses portes sur eux, ils restèrent encore immobiles un long moment avant de tous s'entre-regarder.
— Est-ce que… j'ai rêvé ? demanda Sephiroth aux deux autres.
— Je… j'allais poser la même question, répondit Angeal.
— Ce serait une hallucination collective ? ajouta Genesis.
Aucun des deux autres ne répondit à la question, et une minute entière s'écoula avant que l'un d'eux ne montre de nouveau signe de vie.
— Je crois… qu'on devrait sortir de cet ascenseur, non ? proposa Sephiroth.
N'entendant ni approbation, ni objection, le général avança son doigt sur le bouton commandant l'ouverture des portes, lesquelles s'écartèrent, laissant les trois hommes face à une situation aussi inattendue que déconcertante :
À un mètre d'eux tout au plus, un couffin reposait sur le sol marbré du couloir. Aussi prudemment que s'il s'était agi d'une bombe, les trois premières classes sécurisèrent le périmètre avant d'enfin daigner en approcher le contenu. Puis, s'accroupissant à côté de l'objet, l'argenté écarta doucement le fin morceau de voile qui le recouvrait pour découvrir, serrés l'un contre l'autre, deux nouveaux nés.
— Oh bon sang ! s'exclama-t-il, tandis que ses deux amis s'agenouillaient à leur tour.
Parfaitement réveillé, l'un des deux petits accueillit les nouvelles têtes en soufflant une magnifique bulle de salive qui lui éclata au visage. L'autre, en revanche, les yeux clos et la mine contrarié, suçotait sa lèvre inférieure sans leur prêter la moindre attention.
— Mais qu'est-ce que c'est que cette blague ? s'exclama Genesis.
— On va vite le savoir, répondit Angeal, tendant la main vers l'enveloppe présente aux pieds des deux enfants.
— Alors !? s'impatienta le roux.
Son collègue leva les yeux au ciel.
— Tu permets que je l'ouvre, oui ? Une seconde !
Joignant l'acte à la parole, il extirpa le mot de la petite enveloppe, tout en s'efforçant d'ignorer Genesis qui trépignait à côté de lui.
— Tu pourrais peut-être lire à voix haute ? conseilla Sephiroth, d'un ton ou pointait malgré lui une touche d'impatience.
Se raclant la gorge, Angeal se lança :
— Bonjour… Comme tu l'auras sans doute compris, suite à la nuit que nous avons passée ensemble, je suis tombée enceinte. Il était bien trop tard pour y faire quoi que ce soit lorsque je m'en suis rendu compte, alors j'ai dû poursuivre la grossesse. J'ai voulu te contacter, bien sûr, quand j'ai appris la nouvelle… mais quand j'ai su que c'était des jumeaux, Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, j'ai perdu pieds et j'ai complètement paniqué.
À partir de là, tout s'est enchaîné très vite… J'ai réussi à me convaincre que tout irait bien, que je réussirais à les élever seule… Je me trompais. J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, mais à mon plus grand regret, je n'ai jamais réussi à créer de lien avec eux.
Ils ont tout juste un mois aujourd'hui, et je n'ai toujours pas réussi à leur trouver de prénoms… Ce matin, en me réveillant, j'étais déterminée à les confier à une institution, et puis je me suis souvenue qu'ils avaient un père, ces petits. Un père qui ignorait tout de leur existence et qui avait lui aussi son mot à dire.
C'est pour ça que j'ai finalement décidé de les amener ici… La décision finale te revient. Je ne me fais plus de soucis pour eux maintenant, je sais qu'un SOLDAT 1ere classe, membre du célèbre trio d'élite tel que toi sauras forcément prendre la meilleure décision.
Je suis désolée de n'avoir rien dit plus tôt, pardonne-moi.
Lorsqu'Angeal se tût, un silence pesant s'installa, laissant le temps aux trois amis, perplexes, d'assimiler les informations. Puis, au bout d'une minute, Sephiroth se décida à le rompre.
— Et... c'est tout ? demanda-t-il. Je veux dire, la lettre se termine comme ça ? La mère n'a pas signé ? Le nom du père n'est écrit nulle part ?
Tournant et la lettre et l'enveloppe dans ses mains, le brun secoua la tête.
— Non, il n'y a rien d'autre…
— Raaah, passe-moi ça ! ordonna Genesis, lui arrachant presque la feuille des mains.
Il lut le courrier à son tour… le relut une nouvelle fois, puis une autre, avant de le jeter dans le couffin et de relever les yeux vers ses deux amis. Passant son regard de l'un à l'autre, il fronça les sourcils :
— Et alors ?
— Alors quoi ? s'enquit Sephiroth occupé à agiter son doigt devant le visage du bébé aux bulles, fasciné que cette si petite chose ne le suive des yeux.
— Alors, lequel de vous à fait ça ? ajouta-t-il, haussant le ton. Vous êtes totalement irresponsables ou quoi !?
— Pardon ? s'offusqua Angeal.
— Tu vas sérieusement nous dire que tu ne te sens pas concerné ? Ce serait forcément un de nous deux ? C'est pourtant toi, le séducteur autoproclamé du groupe, non ?
Genesis laissa échapper un reniflement dédaigneux.
— Bien sûr que je suis le séducteur du groupe ! Non mais regardez-moi… Regardez-vous !
Les deux intéressés soupirèrent de concert.
— Mais cela dit, poursuivit le roux, être séduisant ne fait pas moi un inconscient ! Je me protège toujours, moi, figurez-vous !
— Et qu'est-ce qui te donne à penser que ce n'est pas le cas pour nous ?
— Oh, je t'en prie, Angeal ! Tout le monde sait que tu as des oursins dans le portefeuille ! Je suis certain que tu achètes tes capotes au rabais, pas étonnant que tu te retrouves avec des passoires ! Quant à vous, monsieur le héros ! s'exclama-t-il, tournant vivement la tête vers Sephiroth. Pas la peine de deviner ce qui a bien pu se passer ! Monsieur s'est senti tellement invulnérable qu'il n'a pas douté un instant qu'une galère pareille pouvait lui tomber dessus ! Bref, vous êtes deux irresponsables et voilà ce que vous récoltez ! termina-t-il, désignant le couffin de la main.
— Bien sûr, Genesis, bien sûr…, soupira l'argenté, trop fatigué pour perdre son énergie à se défendre contre les élucubrations de son ami.
Le roux jeta un dernier regard au couffin avant de se lever et de l'enjamber, pour poursuivre sa route dans le couloir.
Angeal et Sephiroth le regardèrent, incrédules.
— Non mais ou-est-ce que tu crois que tu vas, comme ça ? gronda le brun.
— Où, à ton avis ? Chez moi, me coucher ! Je vous rappelle que demain à la première heure, je pars en mission. Je n'ai pas le temps de rester là à pouponner vos morpions !
Sans même se retourner, il poursuivit son chemin jusqu'à son appartement, laissant les deux autres aux prises avec les jumeaux.
— Et après, c'est nous qu'il traite d'irresponsables…
Blasé par l'attitude de son ami d'enfance, Angeal le quitta des yeux, préférant reporter son attention sur les enfants.
— Ils sont vraiment minuscules…, commenta Sephiroth. Regarde ça, le bout de mon index fait pratiquement la moitié de sa main !
Il pressa doucement son doigt dans la paume du bébé aux bulles, lequel se mit instinctivement à serrer. Une chaleur diffuse envahit aussitôt le corps du général, et alors qu'Angeal se remettait debout, il aurait juré apercevoir un léger sourire au coin de ses lèvres.
— Seph… Avant de réfléchir à ce qu'il convient de faire avec eux, il faudrait peut-être les rentrer, on ne va tout de même pas les laisser dehors ! Qui sait depuis combien de temps ils y sont, d'ailleurs.
Sans détacher son regard des petits, Sephiroth approuva de la tête. Il se leva à son tour, embarquant le couffin avec lui.
— Pour le moment, je vais les emmener chez moi ! déclara-t-il.
— Très bien, pendant ce temps je vais voir si le concierge a vu quelque chose, et voir à la supérette de nuit s'ils ont le minimum pour s'occuper de bébés de cet âge.
.
Installé sur le petit canapé noir trônant dans son salon, Sephiroth surveillait d'un œil les jumeaux, dont il avait posé le couffin sur la table basse, face à lui, tandis de l'autre, il parcourait son ordinateur. La bibliothèque en ligne de la Shinra comprenait des milliers d'ouvrages sur tous les sujets possibles, il allait bien trouver une section consacrée aux livres expliquant comment s'occuper d'un nouveau-né.
Alors que la porte de son appartement s'ouvrait sur Angeal, un sac en plastique dans une mains et un paquet de couche sous le bras, Sephiroth délaissa la lecture de « bébé, pour les débutants », pour aller accueillir son ami.
— Eh bien, tu en a mis du temps ! Ça fait 45 minutes, que tu es parti.
— Tu m'excuseras mais j'ai fait de mon mieux ! Répondit l'intéressé, déposant son chargement à côté de la table basse. J'ai mis un temps fou à trouver quoi acheter, je n'y connais vraiment rien ! Et au retour, j'ai parlé au concierge. Il m'a dit qu'il avait effectivement vu la femme entrer. Elle portait un chapeau et des lunettes teintée alors il n'a pas su me la décrire, en revanche, il m'a assuré qu'elle était arrivée une dizaine de minutes avant nous et qu'il l'avait vu repartir après que nous soyons rentrés.
— Hum… ça ne peut pas être une simple coïncidence, elle voulait s'assurer que l'on tombe bien sur les petits…
— C'est ce que je pense aussi…
Angeal se laissa tomber sur le canapé et ses yeux passèrent des jumeaux à l'ordinateur, posé à côté.
— « Bébé pour les nuls », hein ?
L'argenté haussa les épaules, venant prendre place près du brun.
— Il faut bien se renseigner un peu, se défendit-il. Moi non plus je n'y connais rien, figure-toi.
Un ange passa. Angeal, bras croisé, se renfonça un peu plus dans le sofa, pas très à l'aise.
— Ils… n'ont pas posé de problème, pendant que j'étais parti ? s'enquit-il finalement, pointant le couffin du menton.
— Oh… Non, non, ils n'ont quasiment pas bougé d'un poil.
— Bien…
Un nouveau silence gêné s'installa.
— Tu sais, Angeal, je vois bien que tu as envie de dire quelque chose, alors vas-y, je t'en prie, qu'on en finisse avec cette ambiance pesante !
Le brun soupira.
— C'est juste que je me pose des questions… La logique voudrait que ce soit Genesis le père, bien sûr. C'est lui qui multiplie les conquêtes après tout. Mais, même si c'est plutôt rare, je dois avouer qu'il m'arrive aussi d'avoir des rapports également. Et vu qu'il suffit d'une fois pour… Je me demandais...
— Si tu pouvais en être le père ? termina Sephiroth.
Un petit hochement de tête lui répondit. Puis, se passant une main dans les cheveux, le brun poursuivit :
— …Et de ton côté ? Tu n'as absolument aucun doute ?
Ouvrant la bouche pour répondre sincèrement, les yeux de l'intéressé glissèrent vers les enfants, à présent tous deux endormis, et sans qu'il ne parvienne à s'expliquer pourquoi, il s'entendit répondre :
— Je suis comme toi, je me pose aussi la question.
