Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

Je pense que le professeur Platane est originaire de Mozheim. Bien sûr, ce n'est qu'une théorie et un headcanon, que j'utilise ici pleinement.

La version anglaise bénéficiant d'un prénom pour Platane, je l'ai repris en le modifiant légèrement (Augustine devenant Augustin). Pour les anglais, Augustine est un prénom masculin mais pour une fanfiction française, je trouve Augustin beaucoup plus adapté.


C'est avec nervosité qu'Alain appuie sur la sonnette. Par réflexe, l'adolescent lève la tête, cherchant la moindre réaction à travers les fenêtres du bâtiment. Le laboratoire du professeur Platane est grand et se fond parfaitement dans le style architectural d'Illumis.

Alain lui trouve quelque chose d'intimidant. À moins que la raison de sa venue n'influence son jugement. Il est nerveux, au point que ses doigts serrant la poignée de sa valise blanchissent.

Ce n'est après tout peut-être pas une bonne idée. Sa décision n'a pas été faite sur un coup de tête mais le choix est sans doute mauvais. Alain n'a aucune idée de la façon dont il sera accueilli. Il peine à imaginer un scénario se terminant bien.

L'interphone de la sonnette se met à grésiller. Une voix de femme légèrement déformée sort du petit haut-parleur.

– Bonjour.

Une seconde d'hésitation. Alain s'attendait à ce que le professeur lui-même réponde. Ce qui est à plus mûr réflexion, parfaitement idiot. Le scientifique doit déjà avoir suffisamment de travail pour s'occuper de tous les visiteurs.

– Bonjour. Je voudrais rencontrer le professeur Platane.

– Que voulez-vous ?

Il n'a toujours pas trouvé la bonne manière, la bonne façon de parler de la raison de sa venue.

– Je... suis là pour demander... mon premier Pokémon.

– Un instant s'il vous plaît.

Le haut-parleur grésille une dernière fois. Le portail s'ouvre, laissant à Alain la possibilité d'entrer. Il pourrait encore repartir. Mais Alain s'avance jusqu'au bâtiment d'un pas décidé. S'il abandonne aujourd'hui, jamais il ne trouvera le courage de le faire à nouveau.

La porte s'ouvre devant Alain, avant qu'il n'ait le temps de poser sa main sur la poignée. Une femme vêtue d'une blouse de scientifique apparaît devant lui. Une assistante du professeur Platane sans aucun doute. Elle rehausse ses lunettes rose en le voyant. Son expression se fige quelques instants.

Aurait-il déjà été reconnu ?

Le sourire se formant sur ses lèvres lui indique rapidement le contraire.

– Oh, avec le son de ta voix je t'ai pris pour un adulte.

– Ce n'est rien.

– Entre, je t'en prie.

Alain s'exécute, et pénètre dans le hall d'entrée. La pièce est immense et communique avec de nombreux couloirs. Un escalier se dresse en face de lui, dont les marches sont couvertes par la même moquette rouge qui protège le sol. Une peinture bleu royal recouvre les murs avec, sur ses certains reliefs, une teinte dorée.

Pendant un instant, Alain a l'impression d'être dans les châteaux de Kalos fleurissant le sud-ouest de la région. Le lieu ne ressemble pas à un laboratoire, bien que la présence de bibliothèques rappelle qu'il est dans un lieu de connaissances. Une décoration dont il se serait bien passé, celle-ci venant nourrir son angoisse. Il pourrait renoncer. Mais il est à présent trop tard, la femme vient de refermer la porte derrière lui.

– Le professeur est occupé pour le moment mais il te rejoindra bientôt. Comment t'appelles-tu ?

– Alain.

L'adolescent ne décline pas son patronyme complet. Il n'est pas sûr s'il doit donner celui de sa mère ou de son père. Et, quelque soit celui qu'il donnera, il risque de précipiter les choses et de semer la panique. De toute manière, Alain ne porte pas le nom de famille de son géniteur.

– Très bien Alain, je m'appelle Sophie. Je vais te mener à un endroit où tu pourras attendre. Quel âge as-tu ?

– Quatorze ans.

Si la majorité des dresseurs obtiennent leur premier Pokémon à dix ans, il n'est pas rare à Kalos d'attendre d'être plus âgé. Bien au contraire, il est assez commun d'avoir ou d'être proche de ses dix-huit ans pour emprunter la voie du dressage. Une particularité que Kalos ne partage pas avec les autres régions.

La scientifique mène Alain à l'étage dans une petite salle où se trouvent deux canapés et une table basse couverte de magazines. Sophie l'invite à s'assoir d'un geste amical. Alain s'exécute et pose sa valise sur le sol, juste à côté de lui.

– Ne sois pas si anxieux. Le professeur est très gentil et a l'habitude de recevoir les dresseurs débutants, quel que soit leur âge.

Alain n'a pas le temps de trouver quelque chose à répondre. Sophie part, refermant la porte derrière elle.

Il espérait que son stress ne serait pas si visible. Bien sûr, l'assistante ignore la véritable raison de sa visite. Si elle savait, sans doute comprendrait-elle mieux sa nervosité. À moins qu'elle ne l'ait laissé à la porte, le traitant de menteur ou de quelque chose de beaucoup moins flatteur.

L'adolescent parcourt du regard la salle. Une horloge rythme les secondes dans un son qui ne le rassure pas. Plutôt que de compter le temps défilant, Alain jette un regard sur les revues posées en face de lui. Sur la couverture de l'une d'elles, le professeur Platane figure en grand, avec un titre indiquant ses dernières découvertes.

Alain n'a pas besoin de la lire. Durant plusieurs semaines, il a recherché la moindre information qu'il pouvait dénicher sur le professeur Platane. Des plus professionnelles, telles que son cursus, aux plus personnelles et futiles, comme le fait que sa boisson préférée soit le café.

Le café, une boisson dont le simple nom agaçait toujours sa mère. Sûrement parce qu'elle lui rappelait son amour de jeunesse.

Alain a toujours vécu seul à Mozheim avec sa mère, une femme célibataire qui avait à peine entamer sa trentaine. Comme tout enfant ignorant l'identité de son père, il lui avait de nombreuses fois posé des questions. Jusqu'à se lasser de heurter un mur de réponses négatives.

L'adolescent pensait ne jamais connaître son père jusqu'à la mort de sa mère. La maladie l'a emportée, quelques mois auparavant. Endeuillé et contraint de remplir une quantité de documents administratifs, Alain a découvert l'identité de son père.

Augustin Platane.

En tant qu'habitant de Kalos, le nom de famille lui a tout de suite évoqué celui du grand scientifique. Le premier réflexe d'Alain a été de vérifier le prénom du professeur, qui lui était auparavant inconnu. Le garçon ne pouvait pas non plus nier une certaine ressemblance physique avec lui-même, d'autant plus évidente lorsqu'il a observé des photos de l'homme dans sa jeunesse.

Comparer la biographie de Platane avec celle de sa mère a également été l'une de ses actions en apprenant la nouvelle. Même lycée. Originaire de Mozheim comme lui.

Mais le dernier élément qui a convaincu Alain est un cliché retrouvé dans les affaires de sa mère. Si sa mère avait, semble-t-il, éliminé toute chose la liant à l'homme, il lui restait néanmoins ses photos de classe.

Sauf qu'un problème majeur se pose, auquel Alain est parfaitement conscient. Augustin Platane ignore son existence. Et Alain n'a aucune idée de la façon dont il va être reçu.

Lorsque Sophie revient, Alain réalise que vingt longues minutes se sont déjà écoulées. Il n'a pas vu le temps passer. La scientifique dépose un plateau contenant une assiette de macarons et deux tasses, une de café et une de chocolat chaud. Sophie range les revues en tas pour avoir plus de place.

L'adolescent se sent de nouveau observé par la femme. Est-ce que, habituée à voir le professeur Platane, elle ne peut s'empêcher de voir une ressemblance ? Bien sûr, si elle la voit, elle doit se dire que c'est une coïncidence. Qui irait croire qu'un homme de trente-et-un ans respectable puisse avoir un fils de quatorze ans ?

– Le professeur ne va plus tarder, il tenait à s'excuser en t'offrant ceci.

– Je vous remercie.

Sophie se retire, et Alain se retrouve de nouveau seul. Le professeur Platane et son assistante se montrent pour l'instant accueillants, mais cela ne durera peut-être plus très longtemps.

En recueillant les indices sur son père, Alain a rapidement compris quelque chose. Non seulement il est né hors mariage, mais surtout ses parents étaient tous les deux mineurs. Deux lycéens, sans doute naïfs ou trop épris d'amour pour réaliser les risques.

Sa mère a commencé à suivre des cours à domicile quelques mois avant sa naissance. Certainement une honte pour ses parents qui préféraient cacher son état. Alain n'a pas un très bon contact avec ses grand-parents. Il ne les voyait qu'une poignée de fois par an avant d'être forcé de vivre avec eux après la mort de sa mère. Alain sait qu'ils n'ont pas été mécontents lorsqu'il leur a affirmé quitter Mozheim pour vivre à Illumis.

Selon les diverses biographies qu'Alain a pu lire, Augustin Platane a de son côté continué ses études à Sinnoh, auprès du professeur Sorbier. Il n'était pas à Kalos lorsqu'il est né, et encore moins les années qui ont suivi.

Ses parents ne se sont ensuite plus jamais revus.

– Alain c'est ça ?

L'adolescent se lève au son de la voix de l'homme. Le professeur Platane fait face à lui dans l'embouchure de la porte. Son apparition fait battre le cœur d'Alain.

Son père. C'est la première fois qu'il voit son père. Bien plus réel que les brochures de magazines ou les images télévisuelles. Plus accessible que jamais, contrairement à toutes les fois où il a pu se l'imaginer enfant.

Son aura est rassurante, et a quelque chose de réconfortant. Son sourire affiche de la bienveillance. À moins que ce soit un sentiment dû à sa filiation.

– Oui professeur, c'est un plaisir de vous rencontrer.

Alain surprend de la jovialité dans ses propres mots.

– J'avais demandé à Sophie de t'apporter un encas pour t'aider à patienter, je ne m'attendais pas à ce que tu ne le touches pas jusqu'à ce que j'arrive.

Le professeur Platane s'installe dans le canapé en face de lui. Alain se rassoit et guette chacune de ses réactions. Son père voit-il une ressemblance ? Compare-t-il leurs cheveux sombres et leurs yeux clairs ? Ou trouve-t-il un air de famille avec celle qu'il a un jour aimée ?

– Je vous remercie beaucoup professeur de me recevoir, vous devez être très occupé.

– Ce n'est pas le travail qui manque en effet. Je me dis parfois que je devrais embaucher une autre assistante.

L'homme attrape sa tasse de café et boit une longue gorgée. Sa boisson préférée, se rappelle Alain. Le professeur Platane pousse un soupir de satisfaction avant de sourire à Alain.

– Heureusement, la caféine m'aide à tenir. Alors dis-moi, sais-tu déjà quel starter tu comptes choisir ?

Alain s'arrête alors qu'il s'apprêtait à prendre un macaron. Il n'en a absolument aucune idée. Oui, devenir dresseur le fait rêver, mais il comptait attendre ses seize ans avant de partir en voyage. Il n'a jamais réellement choisi entre Marisson, Feunnec et Grenousse.

Non, il doit lui dire la vérité, la vraie raison de sa venue. Le professeur Platane lui semble être quelqu'un de sémillant. Peut-être que l'homme peut apprendre leur parenté de manière relativement calme et positive ?

– En réalité... Je ne suis pas là pour ça... mais je n'ai pas eu le courage de le dire directement à votre assistante. La vérité, c'est que je suis votre...

Alain est interrompu, une femme qu'il n'a pas encore vue entre dans la pièce. Une assistante également, à en juger sa blouse. Plus petite que Sophie, elle paraît aussi plus jeune que sa collègue. Elle se rapproche du professeur Platane et lui tend un dossier.

– Voilà professeur, le compte-rendu que vous m'avez demandé.

– Merci beaucoup Cosette. Ah, que ferais-je sans vous mes chères assistantes ?

Alain aperçoit Augustin faire un clin d'œil à la dénommée Cosette. Il sent une boule se former dans son estomac. Alain a entendu que le scientifique aime séduire les femmes. Le professeur Platane a une réputation de séducteur. Il peut à présent voir qu'elle est fondée.

Cosette tousse, rappelant ainsi à son supérieur la présence d'Alain. L'homme lui offre un sourire.

– Nous verrons cela ensemble, lorsque j'aurais terminé avec notre visiteur.

Cosette part, laissant Alain avec des pensées amères. Son père n'a pas compris qui il est. Un visiteur, il est juste un visiteur, quelqu'un ne passant que temporairement. Il sera oublié aussitôt parti, il ne restera qu'un visage fugace parmi tant d'autres. Au contraire, ses assistantes attirent toute son attention. L'adolescent observe l'homme suivre du regard la femme. Lorsque l'assistante a fermé la porte derrière elle, Augustin recentre son attention sur Alain.

– Où en étions-nous... Ah oui, tu t'apprêtais à me dire que tu étais venu pour une autre raison.

Alain sait que l'apparition d'un fils caché serait dévastateur pour la carrière scientifique de son père. Il salirait sa réputation et le décrédibiliserait. L'adolescent en est conscient, mais à présent, il voit qu'il serait de trop dans la vie de l'homme. Bien sur, il pourra supporter que son père éprouve des sentiment pour une autre femme que sa mère. Mais le professeur Platane ? Avoir un enfant alors qu'il aime séduire la gente féminine ? Un fardeau qui entache sa notoriété de professeur ?

– Alain ?

– Je voudrais vous dire que je...

Cosette et Sophie sont visiblement importantes pour son père, même si elles n'apprécient peut-être pas ses jeux de séduction. Travailler à ses côtés à forcément engendré des liens, quels que soient leurs natures.

– Je voudrais vous dire que je souhaite de venir votre assistant, et travailler à vos côtés.