Hiccup sortit de la voiture et observa la vieille bâtisse se dressant devant lui. Le jeune homme remonta la bandoulière de son sac sur son épaule avant de soupirer.

Le brun était orphelin. Orphelin depuis la mort de ses parents, survenue il y a maintenant 7 ans. Dès lors, Hiccup avait été balloté de famille d'accueil en famille d'accueil. Ne restant jamais bien longtemps. La plupart des familles chez qui il avait vécu étaient heureuses de l'accueillir. Enfin ça c'était jusqu'à ce que les parents le rencontrant se rendent compte qu'Hiccup ne correspondait pas vraiment aux critères que devait avoir un enfant "normal".

Les pères apprenaient, non ans dépit, qu'Hiccup n'aimait pas le sport et préférait rester enfermé à lire ou dessiner. Les mères semblaient déçues lorsqu'il ne ramenait jamais d'amis, fille ou garçon, à la maison. Enfin les couples ne pouvaient plus dormir en paix car chaque nuit, le brun était victime de cauchemars effroyables le faisant pousser des cris si stridents que tout le voisinage en était réveillé. Cet "enfant étrange" revenait donc rapidement dans l'orphelinat de la ville sous les regards emplis de pitié et de compassion du personnel des lieux.

Hiccup avait fini par s'y faire et avait créé une carapace autour de lui, carapace le protégeant des trahisons et abandons qu'ils subissaient à répétition depuis son enfance. C'était devenu une routine pour lui, une routine qui ne l'affectait plus.

Alors aujourd'hui le brun, maintenant âgé de 15 ans, ne portait pas beaucoup d'espoir en cette nouvelle famille, s'attendant à être viré d'ici quelques semaines grand maximum. Sa tutrice de l'orphelinat, Mavis Dracula, lui avait annoncé que la famille l'accueillant avait déjà une petite fille plus jeune que lui. Donc peut-être que ça ne sera pas si mal...n'est-ce pas?

Le brun sentit du mouvement à sa gauche alors que Mavis prit place à ses côtés. La noiraude lui offrit un sourire rassurant avant de lui demander, d'une voix douce:

"Tu n'as rien oublié c'est bon?"

Hiccup acquiesça, reportant finalement son attention sur le bâtiment en face de lui, l'endroit semblait immense, bien que très vieux. Les murs étaient d'une couleur beige et plusieurs des fenêtres avaient les volets croisés ou possédaient des rideaux cachant ce que possédait l'endroit. Plusieurs maisons s'alignaient autours de la bâtisse, le boulevard formant comme une boucle. Hiccup était loin d'être idiot, il se rendait bien compte que ce quartier faisait parti des boulevards bourgeois de la ville. Toutes les maisons aux alentours semblaient plus grandes les unes que les autres, comme si c'était une sorte de compétition pour savoir qui était le plus riche. L'endroit semblait calme, aucunes voitures ne passaient et seulement quelques enfants jouaient gentiment au ballon un peu plus loin, leurs rires arrivant aux oreilles du brun et le faisant sourire doucement inconsciemment.

Mavis remarqua ce sourire et l'interpréta mal car elle s'exclama:

"Tu sembles heureux d'être ici non?"

Le jeune homme haussa les épaules nonchalamment avant de se diriger vers la porte d'entrée, se doutant que Mavis le suivait juste derrière.

Il n'eut pas le temps de sonner que la porte s'ouvrit sur une femme devant avoir la trentaine, de long cheveux noirs bouclés encadraient son visage et ses yeux bleus transpercèrent Hiccup. Son regard ressemblait à celui d'une fouine, scrutant le brun pour y découvrir la moindre faiblesse. Son sourire orné de rouge à lèvres rouge sang dénotait complétement avec son regard, ce sourire était doux et mielleux, inspirant la confiance. La femme était grande et élancée, sa robe rouge moulant parfaitement sa silhouette. La touche finale à cette apparence étant un tablier rappelant l'époque des années 50. Hiccup ne put continuer son inspection qu'il entendit Mavis se présenter:

"Bonjour, je suis Mavis Dracula, Travaillant à l'orphelinat de Burgess, et voici Hiccup."

La jeune femme appuya ses dires en montrant Hiccup de sa main, comme si elle présentait un produit pour une vente et non un être humain. Le regard de l'inconnue passa de Mavis à Hiccup durant quelques secondes avant qu'elle ne s'exclame, d'une voix mélodieuse:

"Oh mon dieu oui! Excusez moi ça m'était totalement sorti de la tête! Entrez! Entrez! Je vous en prie!"

Elle se recula pour retourner dans le salon, devant certainement s'attendre à être suivie sans que personne ne pose de question. Hiccup jeta un regard inquiet à Mavis alors que cette dernière entrait sans hésitation. Le brun soupira avant de la suivre dans une pièce devant certainement être le salon.

La pièce était immense, de nombreux canapés et fauteuils servant de meubles. Une table était installé près d'une grande fenêtre, un vieux jeu d'échec, certainement inutilisé depuis un petit moment, avait été installé sur la table, deux siège se faisant face et encadrant le meuble. De grandes bibliothèques tapissaient les murs de livres seulement séparées par quelques portraits accrochés ça et là. un lustre illuminait la pièce, la lumière de l'extérieure étant obstruée par des volets croisés. Cet endroit respirait le luxe et l'ancienneté. Hiccup se sentit véritablement minuscule alors qu'il prit place aux côtés de Mavis, assise sur un des nombreux canapés, l'inconnue leurs faisant face, assise avec élégance. Elle continuait de sourire lorsqu'elle demanda:

"Souhaitez vous boire quelque chose? Un thé peut-être?"

La noiraude refusa poliment:

"Non je vous remercie, je vais malheureusement devoir faire vite mais repasserais certainement dans les jours à venir. C'est plus une question de formalité qu'autre chose."

Mavis sortit un dossier de son sac tout en continuant:

"Donc vous êtes bien madame Gothel Westergaard?"

Gothel acquiesça.

"C'est d'origine étrangère comme nom non?"

Gothel répondit, toujours avec un sourire aux lèvres:

"Mon mari est d'origine Néerlandaise oui."

Mavis acquiesça simplement avant de continuer de parler formalité.

Hiccup se sentit partir alors que ses pensées l'envahir, se détachant de la réalité et fuyant cette situation pour trouver refuge dans son imagination. Il pensa à l'histoire qu'il avait commencé à lire il y a quelques jours, une histoire de chasse aux griffons et de dieux devenus humains. Il revient finalement dans le monde réel à l'entente de son prénom:

"Hiccup, ne veux tu pas dire quelques mots à madame Westergaard?"

Hiccup fronça légèrement les sourcils, sa voix devint monotone alors qu'il récita mécaniquement le même laïus qu'il répétait depuis plusieurs années à chacune de ses rencontres avec de nouvelles familles d'accueils:

"Je m'appelle Hiccup, j'ai 15 ans et vais entrer au lycée. Mes parents sont morts dans un accident de voiture lorsque j'avais 8 ans. Ne vous inquiétez pas je n'ai aucune séquelle psychologique à part quelques cauchemars de temps à autres. J'aime le dessin, lire des livres et ce qui touche au fantastique en général."

Gothel l'écoutait simplement avant de s'exclamer, sa voix devenant malicieuse:

"Et bien tu vas beaucoup te plaire ici je pense au vu du nombre de livres que nous possédons."

Hiccup acquiesça simplement redevenant silencieux. Mavis se leva alors dans un geste enthousiaste, faisant sursauter le brun.

"Je vais devoir vous laisser! Le devoir m'appelle!" S'exclama-t-elle " à bientôt Hiccup! Au revoir madame Westergaard."

Elle fit un signe d'au revoir puis Gothel la raccompagna à la porte d'entrée.

Hiccup profita de leurs absence pour aller voir les livres présents dans la pièce, beaucoup d'entre eux semblaient récents même si quelques livres reliés en cuir étaient perdus parmi leurs compères cartonnés.

Il était tellement plongé dans son observation qu'il sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule, le brun se libéra de l'emprise de Gothel et se recula légèrement, créant une distance entre lui et la femme.

Le regard de Gothel devint mauvais, Hiccup crut y voir une colère pure avant que ça ne disparaisse d'un coup. Le brun crut, durant une seconde, avoir rêvé alors que Gothel s'exclama, toujours d'une voix douce et mielleuse:

"Oh pardonnes moi mon petit! Je ne voulais pas te faire peur! Je t'ai appelé mais comme tu n'as pas répondu j'ai jugé préférable de te faire réagir autrement."

La femme s'approcha d'un coup et prit le bras d'Hiccup, le serrant fortement, faisant légèrement gémir de douleur le brun. Elle continua, son sourire toujours présent mais sa voix devenant tranchante comme un couteau:

"Mais à l'avenir j'aimerai que tu répondes lorsque je t'appelle. D'accord Hiccup?"

Son prénom ressemblait à une insulte dans la bouche de Gothel. Hiccup avala difficilement sa salive alors qu'il acquiesçait silencieusement. Gothel sembla s'en satisfaire alors qu'elle le lâcha et recula légèrement, comme si rien de tout ça ne s'était passé. Le brun aurait pu croire avoir rêvé si la légère douleur dans son bras n'était pas toujours présente. Il se frotta discrètement le membre douloureux avant d'entendre la voix de Gothel, de nouveau douce:

"à la bonne heure! Viens que je te montres ta chambre! Tu vas adorer!"

Le brun suivit Gothel tandis que cette dernière quitta la pièce pour se diriger vers un grand escalier en bois, Ce dernier menait à l'étage supérieur qui possédait une ouverture et avait donc vu sur le rez-de-chaussé. L'étage supérieur comportait simplement différentes portes et une rambarde pour empêcher quiqonque de tomber. De nombreux tableaux étaient accrochés au mur, la plupart représentant des personnes certainement décédées aujourd'hui.

Gothel ouvrit une porte menant à un petit escalier montant à un étage supérieur et l'emprunta, le brun la suivit docilement avant d'arriver devant une porte en bois. Cette dernière semblait ancienne, plus ancienne que le reste du manoir. Gothel sortit une clé de sa poche et l'ouvrit puis entra dans la pièce.

L'endroit était plus petit que le reste du manoir, il n'était étonnement pas poussiéreux. La pièce était composée d'un lit à baldaquin, une malle se trouvant à ses pieds, une commode où reposait un vase rempli de fleurs séchés et un pot pourris, et enfin un bureau, vide. Hiccup remarqua qu'à sa gauche se trouvait une petite bibliothèque comportant plusieurs petits livres reliés en cuir.

Le brun s'avança et posa son sac sur le lit. Gothel lui tendit la clé tout en s'exclamant:

"Garde la, ne la perd pas nous n'avons qu'elle. Je te laisse t'installer. Nous dinons A 19h30 précise, ne sois pas en retard ou tu peux faire une croix sur ton repas."

Elle avait fini sa phrase sur un ton plus froid. Hiccup se rendit compte que Gothel ne semblait pas aussi gentille qu'elle le prétendait. La femme sortit de la pièce et ferma la porte derrière elle. Hiccup écouta ses pas descendre les escaliers et s'éloigner. Il s'autorisa à respirer lorsqu'il n'entendit plus rien.

Dans quoi s'était-t-il embarqué? Songea-t-il tout en commençant à défaire le peu de bagage qu'il possédait.

Il avait terminé de tout déballer et de tout ranger en à peine 20 minutes, , son attention se concentra sur la malle aux pieds de son lit. N'ayant rien de mieux à faire, le brun s'accroupit face à l'objet et l'ouvrit. À l'intérieur se trouvait plusieurs carnets légèrement abimés. Le brun fronça les sourcils, sa curiosité maintenant éveillée, puis tendit une main pour prendre un des carnets au hasard.

Il le feuilleta, chaque page était remplie d'une écriture manuscrite fine, le brun se rendit compte qu'il devait s'agir d'une sorte de journal, la date en haut d'une des pages indiquant 1805. Le propriétaire de l'objet était mort depuis bien longtemps, peut-être était-t-il un ancien résident du manoir?

Hiccup prit une page au hasard et commença à lire:

"5 juillet 1805

Je n'en peux plus, mère a organisé un bal pour mes 16 ans, prétextant que je suis maintenant un adulte. Emma a rit face à ma réaction outrée, je ne veux pas grandir. Je ne veux pas devenir un adulte. Père m'a présenté à la fille d'un de ses collègues de travail, elle s'appelle Elsa et est très belle, plus belle encore que les nymphes et déesses décrites dans mes livres. Elle a rit à beaucoup de mes blagues. J'aimerais devenir son ami mais je crois que père a d'autres projets pour nous."

Hiccup était tellement plongé dans sa lecture qu'il sursauta à l'entente d'un bruit sourd. Ça semblait provenir des murs. C'était comme si quelqu'un s'amusait à taper à répétition de l'intérieur contre ces derniers. Le brun fronça les sourcils et reposa le carnet dans la malle, se redressant et fixant avec obstination le mur en face de lui, s'attendant à ce que quelque chose surgisse de ce dernier. Pourtant rien ne se passa, les bruits cessèrent et le calme revint.

Le jeune homme soupira avant d'aviser l'heure: 18h20. Il avait encore du temps à perdre, il décida d'explorer un peu les lieux avant le diner.

Ses pas le menèrent aléatoirement au bout du couloir du dernier étage. Là se trouvait une porte recouverte de stickers et dessins représentant des fleurs et des soleils. Quelle pièce pouvait bien se trouver derrière cette porte aux allures particulières?

Hiccup alla pour l'ouvrir lorsque cette dernière s'ouvrit d'elle même. Le brun baissa le regard et ses yeux rencontrèrent deux grands yeux verts.

La petite fille face à lui le fixa avec un air curieux, penchant légèrement la tête sur le côté pour montrer sa confusion face à cet inconnu.

"T'es qui?" Demanda-t-elle d'une voix claire

Hiccup demeura quelques secondes surpris face à l'apparition de cette petite avant qu'un léger sourire ne naisse sur ses lèvres, il s'accroupit face à la petite fille et répondit:

"Je suis Hiccup, et toi qui es tu?"

L'enfant porta sa peluche représentant un caméléon à sa bouche, la serrant contre elle:

"Raiponce." murmura-t-elle

Hiccup tendit sa main devant la petite:

"Enchanté Raiponce."

L'enfant parut hésitante avant de serrer doucement sa main.

"tu es mon nouveau grand-frère?" Demanda-t-elle

Raiponce est la fille de Gothel? Mavis avait effectivement dit que le couple possédait déjà un enfant. Ça faisait sens. Mais dans ce cas pourquoi Gothel voulait adopter un enfant plus âgé que sa fille?

"Oui je suis ton nouveau grand frère."

Raiponce sourit avant de tendre sa peluche pour la placer à quelques centimètre du visage du brun:

"Et lui c'est Pascal!"

Hiccup rit doucement:

"Enchanté Pascal."

La petite rit. Hiccup remarqua qu'il lui manquait une dent, certainement une dent de lait.

"Tu as quel âge Raiponce?"

L'enfant tendit la peluche à Hiccup qui la récupéra , légèrement surpris. Elle montra ses deux mains et abaissa quatre doigts:

"6 ans!"

Elle arborait un sourire fier.

"Tu es une grande fille alors?"

La petite acquiesça vivement. Le brun la trouva adorable. Il n'eut pas le temps de poser plus de questions qu'il entendit:

"Raiponce?"

La voix de Gothel retentit, forte.

"J'arrive maman!"

La petite salua Hiccup de la main avant de courir sur ses petites jambes pour descendre au rez de chaussé.

Hiccup se redressa, peut-être devrait-t-il descendre lui aussi?

Le brun alla pour descendre les marches lorsqu'il remarqua, du coin de l'œil, une silhouette blanche filer rapidement. Si rapidement que le brun crut avoir rêvé pendant une seconde. Peut-être d'autres enfants vivent ici?

Le brun se dirigea vers l'endroit où semblait aller la silhouette et atterrit devant une grande porte en bois. Il l'ouvrit et se retrouva dans une grande pièce, certainement plus grande que le salon et surement plus grande que sa chambre.

La pièce comprenait une immense fenêtre légèrement entrouverte, les rideaux accrochés à cette dernière se mouvaient lentement au contact de courants d'air.

La lumière créait une atmosphère doré, atmosphère accentuée par le sol d'un bois clair et les murs couleur crème.

Le seul objet présent au milieu de la pièce était un grand piano. Hiccup s'avança et posa un doigt sur le clavier, créant une note. Le bruit se répandit dans la pièce avant de disparaitre en un écho. Hiccup s'attendait à n'entendre que du silence mais le bruit fut suivit d'un rire. Un rire... enfantin, cristallin. Un rire qu'Hiccup pourrait qualifier de beau si il n'était pas seul dans la pièce et donc inquiet de savoir d'où provenait ce son.

Il n'y avait personne dans la pièce, Hiccup avait-t-il rêvé? Il vit alors, à moitié caché par les rideaux dansant au gré du vent, la fameuse silhouette. Ça ne dura qu'une seconde mais Hiccup en était sûr. Il n'avait pas rêvé.

Même si ça ne dura qu'une seconde, le brun pu voir clairement le visage de la personne. Un visage enfantin, marqué par des traits d'adolescent. De grands yeux bleus rieurs et, à sa grande surprise, de courts cheveux blancs.

Le brun recula par surprise avant de quitter la pièce en courant. Il ne prit pas la peine de fermer la porte derrière lui. Ses oreilles bourdonnèrent, le rire résonnant encore au creux de ces dernières.

Il dévala les escaliers, jetant un regard par dessus son épaule. Il n'y avait personne.

Étrange...se dit le brun.

Il n'eut pas le temps de prolonger ses réflexions qu'il entra en contact avec quelque chose de dur. Hiccup atterrit sur le sol, légèrement sonné. Il releva lentement la tête pour se rendre compte que ce n'était pas quelque chose qu'il avait percuté, mais quelqu'un.

L'homme le fixa avec un sourire amusé avant de tendre la main:

"Et bien? Qu'avons-nous là?"

Hiccup fronça légèrement les sourcils, acceptant malgré tout l'aide et se relevant.

Il était beaucoup plus petit que l'homme en face de lui, ce dernier le dépassait d'une tête. Il avait des cheveux roux coiffés soigneusement et des yeux verts rappelant ceux de Gothel. Il portait un sourire amusé et un uniforme blanc,ce dernier semblant valoir une fortune.

"Tu dois être Hiccup non? Je suis Hans, le mari de Gothel. Tu as déjà rencontré ma femme j'imagine?"

Hiccup acquiesça silencieusement, retombant dans son mutisme quasi constant en présence d'adultes, portant un examen minutieux à l'homme face à lui. Cet homme était-il la silhouette qu'il avait vu? Non Hiccup en était sûr. La silhouette devait faire à peu près sa taille et avait un sourire...différent de cet homme, plus doux.

"Tu m'écoutes jeune homme?"

Le brun sursauta légèrement avant de relever la tête, subitement sorti de ses pensées par la voix de Hans.

"Nous dinons dans 5 minutes. Suis moi jusqu'à la salle à manger."

Hiccup le suivit sans protester dans le dédale qu'était ce manoir avant d'entrer dans la pièce devant certainement servir de salle à manger.

Cette dernière était composée de rouge, Hiccup se rendit compte que chaque pièce était attribuée à une couleur en particulier. Sa chambre était bleu, le salon était vert, la salle de musique était beige et la salle à manger était rouge.

Un feu avait été allumé dans la cheminée, créant une atmosphère particulière. Plusieurs bougies avaient été allumées pour illuminer la pièce, les propriétaires semblant vouloir se passer d'électricité pour cette pièce. La table, aussi longue qu'une voiture, se situait au centre de la pièce, elle était garnie de nombreux plats mettant l'eau à la bouche du brun.

Raiponce était assise sur un des sièges, balançant ses pieds pour se distraire, elle remarqua Hiccup et lui adressa un grand sourire:

"Viens t'asseoir à côté de moi!"

Le brun alla pour acquiescer mais n'eut pas le temps de réagir que la voix d'Hans se fit entendre, forte et agressive:

"Raiponce! Je t'ai déjà dit de ne pas crier!"

Tout sourire avait disparu, il semblait prêt à bondir sur l'enfant pour la frapper. Hiccup fixa l'homme avec effroi, se sentant minuscule.

La petite baissa immédiatement la tête tout en murmurant:

"Pardon Papa."

Elle semblait à deux doigts de fondre en larme. Hans soupira tout en se passant une main dans ses cheveux, tout signe d'agressivité disparu:

"Ma puce, tu dois m'écouter lorsque je te dis quelque chose. Il ne faudrait pas que tu sois punie n'est ce pas?"

La petite hocha la tête. Hans s'avança pour poser une main sur la tête de l'enfant puis caresser ses cheveux, geste qui pourrait paraitre attachant si Raiponce ne tremblait pas comme une feuille.

Gothel choisit ce moment pour faire irruption dans la pièce, ses talons claquant sur le sol à chacun de ses pas et créant un bruit agaçant.

"Et bien? Qu'attendez vous pour vous attabler?" Demanda-t-elle

Hiccup s'assied lentement sans quitter Hans des yeux, cet homme cachait quelque chose. Il était...effrayant.

Gothel servit, en chantonnant, du poulet, de la purée et des petits poids à tous avant de s'asseoir à son tour. Elle commença à converser avec Hans. Hiccup jeta un coup d'œil à Raiponce qui jouait avec ses petit poids. Elle releva la tête et jeta un regard timide au brun en face d'elle. Hiccup lui sourit avant de faire une grimace. La blondinette pouffa puis tira la langue en réponse. Leur jeu continua durant plusieurs secondes, Hans et Gothel étant trop plongés dans leur conversation pour faire attention aux deux enfants.

Hiccup prêta une oreille à ce que Gothel disait et se rendit compte que cette dernière abordait le sujet de l'adoption du brun. Le jeune homme fit un clin d'œil à Raiponce avant de reporter son attention sur son assiette, s'attendant à ce que Gothel l'inclue dans la conversation.

Ça ne loupa pas. À peine quelques secondes plus tard Gothel demanda:

"Alors Hiccup? Tu te plais ici pour l'instant?"

Le brun leva les yeux au ciel avant de répondre d'une voix remplie de sarcasme:

"Oh oui. C'était les meilleurs deux heures de toute ma vie."

La femme sembla ignorer, volontairement ou non, le ton du brun et embraya sur un autre sujet:

"Tu peux nous appeler papa et maman si tu veux."

Le brun fronça les sourcils, reposa sa fourchette et répondit d'une voix froide:

"Désolé mais bien que vous m'accueillez chez vous je ne vous appellerez jamais papa et maman. Les seules personnes que je pouvais appeler ainsi sont morts il y a des années."

L'atmosphère changea immédiatement, Gothel fusilla Hiccup du regard tandis qu'Hans se leva, posant ses mains à plat sur la table:

"écoute moi bien jeune homme, nous t'avons accueilli ici donc tu nous dois respect et obéissance donc quand ta mère te dit quelque chose, tu obéis, compris?"

Hiccup se leva à son tour, sentant un sentiment de colère l'envahir:

"Vous ne serez jamais mes parents! Ils sont morts tout les deux! Morts vous comprenez?!"

Le brun n'eut pas le temps de réagir que sa tête partit sur le côté. Il sentit que sa joue lui faisait mal alors qu'il releva la tête. Hans le toisait de toute sa hauteur, les poings serrés. L'homme avait réussi, en un clin d'œil, à faire le tour de la table et gifler le brun.

"Tu nous dois obéissance petite merde."

Hiccup vit dans le regard d'Hans seulement de la haine pure. Cet homme était fou. Raiponce semblait effrayée tandis que Gothel assistait à la scène avec un regard glacial.

"Montes dans ta chambre." déclara-t-elle simplement

Hiccup cligna plusieurs fois des yeux, essayant de digérer, mais surtout comprendre, la situation. Où avait-t-il atterri? Une pensée lui vint à l'esprit: Est-ce que gothel et Hans battaient Raiponce?

Le brun recula lentement, son regard passant de Gothel à Hans avant de faire demi-tour et de fuir à l'étage.

Hiccup fut victimes de cauchemars effroyables cette nuit, des atrocités qu'il n'avait plus rêvé depuis des années. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il lui fallut du temps pour s'adapter au peu de lumière éclairant la pièce, la seule source de lumière étant les lampadaires à l'extérieur. Il faisait encore nuit mais Hiccup était sûr qu'il n'arriverait pas à se rendormir.

Il alluma la lampe sur sa table de chevet puis se leva et fit le tour de son lit pour se diriger vers la malle, il l'ouvrit et sorti un carnet au hasard, il se dirigea vers son lit et ouvrit l'objet entre ses mains. Sur la première page était inscrit:

"Journal de Jackson Overland"

Donc le propriétaire se nommait Jackson. Prénom peu commun de nos jours mais certainement très répandu à l'époque. Il tourna la page et commença à lire les histoires inscrites dans le carnet.

Il lu pendant plusieurs heures et finit le premier carnet, en apprenant plus sur ce fameux Jackson. Il arriva à la dernière page et fixa cette dernière. Il y était fixé une feuille. Rien d'extraordinaire jusque là mais ce qui il y avait sur la feuille surprit le brun.

Un dessin y figurait, un croquis fait avec soin au crayon. Les traits du portrait étaient discernables et semblaient avoir été réalisé avec minutie. La légende disait simplement:

"Croquis qu'Elsa a fait de moi lors de notre balade près du lac."

Le brun entendit de nouveau du bruit provenant des murs, toujours les mêmes tapotements même si ceux-là semblaient plus bruyant que les précédents. Le jeune homme releva la tête et fixa le plafond, les bruits semblaient provenir de partout dans la pièce maintenant. La lumière de la lampe sur la table de chevet vacilla légèrement avant de redevenir normale puis tout redevint silencieux, comme si rien de tout ça ne s'était passé.

Hiccup reporta son attention sur le carnet et fixa le visage dessiné intensément. Il connaissait ce visage, ces traits fins et ce sourire enfantin. Il l'avait vu plus tôt dans la journée.

Jackson Overland était la silhouette qu'Hiccup avait vu dans la salle de musique.