Cette fanfiction a été originalement publiée sur mon blog, il y a presque 2 ans et quelques mois déjà... Plusieurs chapitres sont déjà écrits, et j'ai réellement hésité avant de poster mes chapitres ici. Je m'excuse d'avance s'il y a des erreurs ou des fautes (j'ai bien essayé de corriger un peu avant de publier ici, mais le texte étant très long ça s'est avéré difficile de tout passer au peigne.). Néanmoins, bien que ce chapitre date, cette fanfiction est encore en cours d'écriture, je sors les chapitres de manière irrégulière, mais comme déjà 8 chapitres sont déjà terminés et attendent d'être publiés ici, ils seront postés de temps en temps. Ah oui, je précise évidemment que cette fiction se déroule dans l'univers de la série originale "Fullmetal Alchemist" de 2003, et qu'elle se concentre sur le personnage de Lust, mais également de sa relation avec Scar (je love ce couple passionnément.), ainsi qu'une possible relation amicale entre elle et les frères Elric. Ayant le coeur sur la main, je ne pouvais pas ne pas écrire une histoire dans laquelle Scar avait survécu. Pour être honnête, j'ai même décidé de changer le fait que Scar perde ses deux bras comme dans la série (donc, dans cette histoire, il n'a pas perdu son bras gauche face à Kimblee, mais son bras droit si, évidemment). Sinon, pour le reste, je tente de rester cohérente avec l'univers de la série, Lust va vivre l'aventure avec un Scar bien vivant, un tas de choses va donc changer.

(M) pour la violence, mais aussi et surtout, pour de possibles futurs chapitres à caractère sexuel à venir. Vous êtes prévenus. Des bisous :)


Chapitre 1 : Toutes les étapes que nous prenons.

Il l'avait vraiment fait. Devant les yeux de Lust, le balafré d'Ishbal venait de réussir son objectif : créer la pierre philosophale. Mais quel prix avait-il payé ?

Scar, ce grand homme, musclé, aux yeux rubis et aux cheveux gris, était dès lors, là, dos contre le sable brûlant, baignant dans une mare de grains dorés sanglants. Lust qui se trouvait aux limites de l'ancienne ville - maintenant disparue, se précipita pour le rejoindre une fois le cercle de transmutation éteint et sa lumière dissipée. Elle arriva pour stopper sa course à quelques pas en voyant Scar de plus près : un bras manquant et des ligaments de sang de chaque côté de sa bouche. Un sentiment traversa alors chaque parcelle du corps de la jeune femme.

Lust pensait ne plus jamais le revoir, elle avait même accepté sa mort en laissant l'humain partir quelques minutes auparavant... Mais quelque chose d'imprévu s'était produit : le guerrier d'Ishbal était toujours là. Seulement, l'homme pouvait-il réellement être en vie ? Elle se le demandait.

« Scar... » Le choc recouvrait sa voix, alors que ses grands yeux couleur lavande tremblaient, écarquillés. « Scar ! »

Lust se précipita vers l'homme ensanglanté pour se poser à genoux à ses côtés. Elle ne porta aucune attention au sang sous ses genoux ou de sa robe y trompant, trop préoccupée par le sort peut-être funeste de l'homme. Elle le prit ensuite dans ses bras, instinctivement, en se penchant contre lui.

« Tu m'entends ? Dis-moi que tu es toujours vivant, ton corps a sûrement résisté à la transmutation... Tu as déjà payé de ton bras. »

La voix de la jeune Homunculus était douce et révélait même un indice certain quant à l'inquiétude qui venait de la gagner. Elle désirait l'entendre, elle attendait une réponse, mais pourquoi ne parlait-il pas ? Dans le doute, elle posa son visage pâle contre la poitrine dure de l'homme et pressa son oreille pour entendre son cœur. Ceci allait lui permettre de vérifier son état actuel : de petits battements réguliers - bien que faibles, pouvaient être entendus. Ensuite, en relevant la tête puis en approchant son visage de celui de Scar ; elle sentit sa respiration minime et fragile, mais toute aussi régulière contre sa peau, au travers de souffles chauds.

Lust laissa un grand soupire de soulagement sortir de ses lèvres en réalisant qu'il était vraiment en vie.

Mais, même s'il était toujours vivant, il y avait de quoi s'inquiéter : quelques secondes passèrent et elle remarqua le sang qui continuait de couler de son bras amputé. Faible comme il était, il n'irait pas bien loin sans des soins appropriés. Sans compter les balles prises en pleine épaule, pour protéger Lust lorsque les soldats allaient lui tirer dessus. Scar s'était précipité devant-elle pour prendre les balles à sa place. C'était la première fois que quelqu'un s'était sacrifié de la sorte pour elle. C'était même la première fois que quelqu'un s'était ''réellement'' soucié d'elle à ses yeux.

Cette pensée lui remmena les souvenirs de la scène durant laquelle il l'avait protégée. Ces souvenirs très jeunes caressèrent douloureusement les pensées de Lust. Quelque chose se bloqua immédiatement dans sa gorge : un sentiment étrange qu'elle n'arrivait pas à décrire.

Pourquoi Scar avait-il était son bouclier, alors qu'il était persuadé qu'elle n'était pas l'humaine qu'il avait autrefois connue ? Ceci la dépassait. « Mon corps à bougé tout seul, c'était instinctif. » Lui avait-il dit ensuite. En une fraction de seconde, avait-il oublié Lust pour voir la jeune femme qu'elle était avant ? Piégé de l'envie de la protéger au péril de sa vie, s'était-il tout simplement précipité devant-elle pour la sauver, prêt à mourir pour assurer sa protection ? Lust y avait pensé, elle lui avait même demandé « Est-ce que tu m'aimais ? » avec un sourire triste mais sincère suite à son action. Bien qu'elle ne connaissait pas vraiment l'amour, la jeune créature n'était pas folle pour autant, elle avait deviné que Scar était amoureux de la jeune femme qu'elle était autrefois... Ou de la jeune femme qu'elle remplace. Qui soit-elle. Scar n'avait pas le même regard que les autres hommes, surtout pas quand il la regardait elle. Les autres hommes n'avaient qu'une convoitise presque répugnante dans leurs regards, ils n'inspiraient qu'au corps de la jeune femme... Mais pas Scar. C'était très étrange pour elle, mais également très perturbant. Ce n'était pas désagréable, c'en était même touchant selon Lust.

Puis soudainement, non loin, une voix vint interrompre Lust de ses pensées instables, une voix qui provenait de derrière son dos : une voix qu'elle connaissait bien.

« Alphonse ! »

Il s'agissait d'Edward, évidemment, le jeune homme équipé d'un automail en acier à son bras droit, ainsi qu'à l'une de ses jambes. Bien que cette fois-ci, il ne fut pas vêtu de sa cape rouge habituelle, mais uniquement de ses habits noirs. L'alchimiste avait alors un regard inquiet sur ses traits, et cela se voyait sans grand mal. Il courut à son frère, un peu plus loin de Scar et de Lust. Alphonse parla d'une voix à peine audible :

« Ed... »

Le garçon à l'armure se sentait différent. Il était encore vivant lui aussi, le bas de ses jambes enterré par le sable, alors que son corps avait été transformé en véritable bombe à retardement plus tôt. Mais Lust discerna dans le son de sa petite voix, qu'il était heureux de revoir son frère qui l'aida à se relever.

« Al, je suis là ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ? » Demanda Edward très inquiet.

« Je ne sais plus... Grand frère, je me sens différent... »

Lust, l'Homunculus de la Luxure, lança un regard vers eux, sans vraiment chercher quelque chose, alors que pourtant, elle savait qu'Al était devenu la Pierre Philosophale. Ce jeune enfant sans corps de chair, avait été transformé en réceptacle pour recevoir le plus puissant des pouvoirs. Un pouvoir immense dont il était dorénavant pourvu.

Ce pouvoir pour lequel elle avait misé toutes ses pauvres années de vie depuis sa naissance. Pourtant...

Retournant son regard à l'homme à ses côtés, la jeune femme coupa - d'un de ses ongles, le châle vert autour de la poitrine de Scar. Elle n'était pas très douée pour soigner - même si elle possédait quelques connaissances dans ce domaine. Elle n'avait jamais fait de cette connaissance une pratique - beaucoup trop occupée à tuer... Malgré ça, elle comptait faire tout ce qu'elle pouvait, n'ayant aucune envie de laisser Scar perdre la vie. Entreprenant de faire un garrot pour interrompre la circulation du sang dans le membre coupé, elle tenta ainsi de maîtriser l'hémorragie. Un bras ainsi démembré : la plaie ne pouvait qu'être vilaine.

Edward se rendit rapidement compte de la présence de Lust et de Scar, puis il regarda son frère, interrogateur. Nerveux et stressé comme il était, Ed n'attendit pas la réponse d'Alphonse et jugea bon de hurler à Lust qui était à genoux au sol.

« Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que vous avez fait à mon frère ?! »

Lust l'ignora totalement, puis elle enleva complètement le reste du châle vert du corps de l'Ishbalan, pour voir plusieurs plaies au niveau des épaules. Les balles tirées par les militaires : elles étaient dans sa chair, il fallait les lui retirer.

En plissant les yeux, la main légèrement tremblante, elle allongea l'ongle de son index de plusieurs centimètres, prête à tenter d'extraire le métal.

Mais Edward Elric, à la vue de l'ongle pointé vers Scar, se dirigea rapidement vers l'homunculus et s'y arrêta à mi-chemin, les mains rejointes, prêt à tout moment à utiliser son alchimie contre elle.

« Arrête ! Et éloigne-toi de lui ! » Hurla le petit blond, rapidement rejoint par son imposant petit frère. Voyant le sang au sol, Edward avait tout de suite imaginé que c'était l'œuvre de la jeune femme. « Je ne vais pas te laisser le tuer comme ça ! »

Lust ne rétracta pas sa griffe, mais se retrouva larguée. Ce qu'elle faisait ? C'était sauver la vie de Scar. Il lui semblait pourtant ne pas avoir l'air d'une tueuse à ce moment.

« Le tuer ? Je suis en train de lui sauver la vie, Fullmetal. » Répondit-elle simplement, en regardant Scar, tête baissée et dos à Edward, avant de reprendre. « Il a été blessé par les militaires, les balles doivent être extraites au plus vite. »

Le jeune Fullmetal serra la mâchoire à la réponse qu'il venait d'obtenir. Il ne lui faisait pas confiance, surtout pas après ses menaces dans le laboratoire – il y a de cela un certain temps déjà. C'est Alphonse à ses côtés qui tapota doucement l'épaule de son aîné, lorsqu'il commença à se souvenir de ce qui s'était passé un peu avant.

« Ed... Elle était avec Scar, plus ou moins de son côté, je ne pense pas que c'est elle qui l'a blessé. Elle lui a soigné son bras manquant, regarde. »

Alphonse pointa du doigt le bras manquant de l'Ishbalan, recouvert par un garrot provisoire. Le garçon aux cheveux blonds regarda quelques secondes, avant de se rapprocher de la position de l'étrange couple, toujours méfiant.

« Pourquoi le soignes-tu alors ? Depuis quand un Homunculus peut se soucier d'autre chose que de la pierre ? »

« Tes paroles sont blessantes, Edward. Un Homunculus aussi à des sentiments et des émotions. » Répliqua Lust en fermant les yeux quelques secondes, soupirant face à l'incompréhension d'Edward. Quelques secondes après, elle ouvrit les yeux pour se concentrer de nouveau sur les plaies saignantes du guerrier d'Ishbal.

« Pourtant, tu n'as pas d'âme. Et tu as même essayé de le tuer il y a quelque temps ! Il m'en a parlé ! » Répliqua l'alchimiste.

C'était douloureux. En effet, Lust avait essayé de tuer Scar, mais quelque chose en elle avait changé... Et ce, depuis peu. Cet homme était présent dans de grands nombres des souvenirs de sa vie antérieure. Elle n'arrivait pas à se comprendre elle-même. Mais, le fait était qu'elle ressentait les choses plus intensément en sa présence.

« Ça remonte à longtemps. C'était lors de notre première rencontre que j'ai essayé de tuer Scar. Mais tu ne peux pas nier que dernièrement, j'ai essayé de le protéger... Quand toi-même, tu as essayé de le tuer. Les choses changent. Après, tu m'as même brûlée vive, je te signale. » Dit-elle sévèrement.

Edward grogna puis baissa la tête. C'était vrai. Il s'était battu avec Scar et allait le tuer avant que Lust ne débarque pour le sauver. L'Homunculus l'a empêché de tuer l'Ishbalan. Edward avait aussi utilisé son alchimie pour éclater de longs tuyaux de vapeur brûlantes sur Lust, la tuant une fois. Elle s'était rapidement relevée cependant et s'apprêtait peut-être à tuer Edward. Néanmoins, Scar s'est placé entre eux et avait fait fuir les Homunculi grâce au collier qu'il tenait. Lust s'était évanouie, obligeant Gluttony à la porter pour ensuite disparaître. Après cela... Edward avait pu parler avec Scar, mettant leur combat de côté. L'homme à la cicatrice lui avait révélé des choses sur son passé ainsi que sur celui de Lust. Les deux avaient un lien important par le passé.

« Ed ! L'armée, tu l'entends ? Ils vont venir ! » L'interrompu le garçon à l'armure.

À l'entente du mot ''armée'', la mâchoire de Lust se serra en alertant ses cinq sens. Ses poings crispés allèrent trouver ses genoux alors qu'elle se tourna vers le garçon à la natte blonde désormais près d'elle, soudainement alarmée. Si les militaires mettaient la main sur Scar, il était perdu. Lust ne devait pas laisser cela se produire, sans compter que l'homme avait besoin d'être soigné, et de toute urgence.

« Edward, écoute-moi. » Dit Lust. « Scar à sauvé ton frère, c'est pour le sauver qu'il est dans cet état. Aide-moi à le sortir d'ici. »

« L'aider ? Alors qu'il vient de tuer tous ces soldats ? Tu es folle ! » Répondit Edward avec colère.

« Ton frère serait mort à l'heure qu'il est. Que tu le veux ou non, tu lui es redevable. Un nombre de soldats sous corruption sont morts, mais pas de réels innocents : Scar a fait en sorte qu'ils partent tous de cette ville avant sa destruction. »

Le garçon gloussa à la demande de Lust. Elle lui apparaissait sincère, et elle l'était... Sûrement dû au fait qu'Edward pu presque se jurer d'entendre et voir un méli-mélo d'émotions dans la voix et au travers du regard de Lust.

L'Homunculus devina les doutes du garçon qui étaient d'après elle « elle est si trompeuse et manipulatrice parfois... »

« Qu'est-ce qui me prouve que tu ne vas pas t'en prendre à Al et moi ? » Demanda Fullmetal.

« Si j'avais en tête de vous tuer, vous seriez déjà morts... » Repondit Lust en enroulant son bras autour de l'épaule du bras toujours valide de l'homme inconscient. Elle s'adressa ensuite à Al, en essayant de soulever l'homme du sol :

« Tu sais qu'il t'a aidé, Alphonse. Il a perdu un bras et beaucoup de sang pour empêcher ton corps d'exploser. Aide-moi à le sortir d'ici. »

Le dénommé Alphonse s'en souvenu alors. Scar lui avait dit de rester calme, disant qu'il allait l'aider. Il l'avait vu perdre son bras durant la transmutation... Lust était également présente à cet instant lourd.

Quelques secondes après sa demande pressée, Alphonse rejoignit la jeune femme pour l'aider à porter l'homme ensanglanté, sans aucune hésitation.

Edward soupira à la vue de son cadet, mais il devait bien ça à Scar... Quitte à lui foutre une rouste à son réveil pour les morts. S'il avait sauvé son frère, Lust ne doutait pas qu'il souhaitait lui rendre la pareille.

« D'accord, mais je te préviens, Homunculus ! Si tu touches ne serait-ce qu'à un seul de mes cheveux ou si tu fais une seule rayure sur l'armure de mon frère... »

« Calme-toi, Fullmetal. On enterre la hache de guerre. Tu ne risques rien, tu as ma parole. »

« Il y a intérêt. Si tu ne veux pas le voir mourir, t'auras besoin de notre aide sur ce coup-là. » Ajouta-t-il menaçant.

Edward commença à les suivre, alors qu'Alphonse et Lust portèrent le corps de Scar - toujours inconscient. L'armée était proche désormais, ils ne devaient pas traîner, ce n'était pas bon signe de s'y éterniser plus longtemps. De plus, le blondinet resta plutôt prudent : avec toujours des soupçons concernant l'Homunculus - que la jeune femme était. Cela semblait évident pour Lust qu'elle était soupçonnée de ne pas tout lui avoir dit. Ce qui était le cas.

« Dis-moi ! La ville détruite...Les âmes prises... La pierre philosophale a été créée pas vrai ? » Demanda Edward, un peu perturbé.

« On verra ça plus tard ! Ce n'est pas comme ci, je l'avais, de toute façon. Allons-y. » Répliqua Lust.

. . . .

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent dans une des chambres d'hôtel d'un petit village perdu au milieu d'une forêt. Sur leur chemin - avant d'y parvenir, ils se cachèrent dans une vieille bâtisse abandonnée. Lust soigna Scar du mieux qu'elle le pouvait, pour empêcher que l'homme ne se vide de son sang, mais il n'était pas sauvé pour autant. Elle décida ensuite qu'ils devaient se rendre à un village. Ce même village, vide de ses habitants, morts par la maladie fossile, il fut un temps.

Une épidémie paralysante et mortelle que Lust elle-même avait propagée dans le but de tuer les villageois, il y a quelques années... Avec l'aide d'Envy. Il s'agissait d'une maladie mortelle mise au point dans le but de faire d'un des probables villageois, un des possibles alchimistes capables de créer la pierre philosophale. Supervisé par les conseils de Lust grâce à ses grandes connaissances de l'alchimie, Envy et la Luxure avaient mis beaucoup d'efforts dans leur plan, malheureusement, cet imbécile de Lujon s'était révélé incapable de mener à bien ce qu'ils attendaient de lui - et ce malgré l'aide de l'homunculus. En plus de cela, Lust l'a tué de ses propres griffes. En effet, cet homme, ainsi que ses gestes et paroles rappelèrent à Lust beaucoup de souvenirs de l'homme dans ses flashs-back : son créateur. Une forte haine avait tout simplement emporté ses actes. C'est la raison pour laquelle elle avait tué Lujon et qu'elle n'en avait aucun regret aujourd'hui.

Il n'y avait plus personne ici, même si les corps des anciens habitants morts fossilisés, avaient été rapidement enlevés. Plus personne ne souhaitait venir vivre ici, Lust pensait que c'était à cause des croyances locales, peut-être que les gens des alentours pensaient à la malédiction d'un dieu. Un dieu furieux ayant jeté son courroux sur ce village entier. Ils étaient bien loin de penser que c'était son œuvre. L'œuvre d'un homunculus.

Quoiqu'il en soit, dans ce village fantôme, Lust pu soigner Scar, avec l'aide des deux enfants. Heureusement, il restait dans ce bâtiment des soins comme des bandages et des alcools forts, des kits de secours dans une pharmacie poussiéreuse.

Scar était toujours inconscient et allongé dans le lit de la chambre. Mais hors de danger d'après Edward, ce que Lust pensait également.

La jeune femme était assise sur le bord de la fenêtre, regardant au travers de cette dernière - songeant à ce qui s'était passé ici. L'endroit où certains de ses souvenirs étaient revenus par le passé. Edward et Alphonse - bien sûr, toujours méfiants, se trouvaient dans la même pièce, chacun posé dans un fauteuil de couleur brune.

Ils ne parlaient que peu depuis leur arrivée en ce lieu, mais le blond coupa finalement le silence, clairement agacé.

« Dis-moi Lust, pourquoi désirais-tu le sauver ? Je doute qu'il était d'accord pour que la pierre puisse un jour être entre vos mains. »

Suite à sa question, l'Homunculus posa son front contre la vitre en soupirant. Elle ignorait elle-même la raison et sa volonté de maintenir Scar en vie. La pierre venait d'être créée, elle n'avait donc plus besoin de lui à ce stade. Pourtant, à l'intérieur, Lust ressentait le besoin de le garder en vie. Rien que le fait de se tenir encore à ses côtés lui était étrange et imprévu.

« Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi je suis encore là. » Avoua-t-elle d'une voix douce et lointaine.

Edward se contenta de la pauvre réponse de l'Homunculus puis regarda sa main métallique.

Il se remémora les paroles de Scar plus tôt, dans la ville de Lior. Ce moment même où l'homme lui avait avoué ses sentiments pour l'amie de son frère. L'humaine que ce dernier souhaitait ramener à la vie, en utilisant la transmutation qui donna vie à Lust : l'Homunculus se tenant désormais près de Scar lui-même.

Edward avait toujours pensé qu'un Homunculus n'avait pas d'âme, qu'il n'était qu'un être né de rien, si ce n'est d'alchimie, sans sentiments ni émotions. Pouvait-il être dans le déni ?

Le regard du blond se tourna vers la créature aux cheveux d'une couleur noire ténébreuse près de la fenêtre - alors qu'il tenta d'envisager la possibilité... Pouvait-elle vraiment être la femme que connaissait Scar autrefois ? S'il était clair que l'Ishbalan avait des sentiments à l'époque... Elle, pouvait-elle en avoir pour Scar ? Edward n'était pas fou, il avait remarqué la réaction de Scar alors qu'il avouait son histoire, songeant à la possibilité que l'Homunculus soit réellement la jeune Ishbalan décédée. Il avait remarqué que Scar était tourmenté.

Edward se secoua la tête mentalement : ce qui semblait être et ce qui était vraiment, étaient deux choses très différentes. Plus qu'un fait envisageable, pour lui, c'était un fait avéré. Il fallait plutôt croire, le contraire l'obligerait à commencer de penser que l'homunculus qui avait les traits de Trisha Elric, pourrait vraiment être sa mère... Hors, ceci devait être impossible. Celle-ci avait, au même titre que Lust, essayé de le tuer, ce que sa vraie mère n'aurait jamais fait.

Alphonse de son coté, se contentait de regarder Scar. Edward regarda tristement la scène : Scar venait de sauver Al. L'Ishbalan - qui à plusieurs reprises, avait tenté de le tuer, semblait s'y être résigné. L'homme à la cicatrice avait sauvé sa seule famille...

Son très cher petit frère. Mais pour ce qui fût du bras, ainsi que du pouvoir de l'homme aux iris rubis...

C'est à ce moment que le jeune frère du blond se releva brusquement, alerté, puis qu'il se dirigea vers la jeune femme à l'autre bout de la chambre :

« Dis-moi ! Qu'est-ce que Scar voulait dire quand il parlait de ce qu'avait fait son frère pour lui ? Son pouvoir, il a parlé de le transmettre... » Demanda Alphonse en balbutiant nerveusement.

Dans la voix d'Al, fut facilement perceptible un mélange d'émotions se bousculant au sein de sa conscience. Pour Edward, cette réaction devenue immédiatement perturbante. Qu'est-ce qu'Alphonse voulait dire ? Un stresse urgent se fit ressentir dans le ventre du blondinet, jusqu'à ce qu'il se releva en plissant les yeux. Edward rejoignit son petit frère. Rapidement, il s'approcha lui aussi de l'Homunculus, puis répéta la question de la grande armure, plus sérieux que jamais.

« Qu'est-ce qu'il veut dire ? Le bras de Scar ne servait qu'à détruire ! Comment a-t-il sauvé Al ?! »

Lust, sous le petit interrogatoire, releva son visage et se tourna pour voir les regards de deux enfants pesés sur elle. Elle se demanda si elle devait leur répondre et dire la vérité. Il n'était guère trop tard après tout : Scar était désormais éloigné du danger et toujours inconscient... Elle pouvait donc facilement tenter de neutraliser l'alchimiste Fullmetal puis capturer Alphonse. Ainsi, elle pourrait ramener la pierre auprès des siens et ainsi, peut-être, devenir humaine.

Lust, très calme, trop silencieuse même, se questionna encore. « Dois-je vraiment leur dire la vérité ? Qu'est-ce que cela va m'apporter ? »

L'y songeant quelques secondes avant de voir la forme de l'homme sur le lit, les événements se bousculèrent dans les pensées de Lust : Scar venait de sauver ce petit gamin, il ne voulait sûrement pas que ce dernier tombe entre les mains des Homunculi.

Quelque chose, un sentiment, une sensation amère enlevèrent l'idée à Lust : une forme de respect caché pour l'homme lui refusa de saisir sa chance. Au contraire même : la décision de tout avouer aux enfants lui apparaissait dorénavant comme étant la chose à faire.

« Son bras était destructeur certes, pourtant, c'est ce dernier qui a aussi créé la pierre philosophale. » Avoua-t-elle faiblement.

En entendant ça, Edward et Alphonse se regardèrent, choqués, avant de s'exprimer chacun à leur tour.

« Comment ça, la pierre philosophale ? »

« La pierre a été créée ? Où est-elle ? »

Posant ses deux mains sur le bord de la fenêtre, de chaque côté de ses hanches, la jeune femme plissa les yeux légèrement. Se demandant encore pourquoi elle agissait ainsi, à l'intérêt de Scar. N'était-ce pas dangereux pour elle de dire la vérité sur la pierre philosophale ? Surtout que ce rubis fait d'âmes humaine, si convoité, et objet de ses propres désirs, était ici : juste devant elle.

« Scar a créé la pierre, lorsqu'il a sauvé Al - que l'alchimiste Kimblee, avait transformé en bombe à retardement. Mais pour le sauver... Il a fait d'Alphonse lui-même, la Pierre Philosophale. Il a sacrifié son bras, les âmes des défunts de la guerre d'Ishbal qui y étaient enfermées, ainsi que les soldats venus pour l'attaquer à Lior. «

Les deux frères firent un pas en arrière à la réalisation de ce que la brune venait de leur dire. Dire qu'ils étaient choqués, aurait été un euphémisme total. Edward se tourna immédiatement vers son cadet en refusant de croire ce que venait de lui avouer Lust, puis il ouvrit l'armure de ce dernier : pour y voir une forte lueur rouge. La bouche d'Edward s'ouvrit sous le choc puis il posa une main sur son front :

« C'est pas vrai... On a cherché la Pierre toute notre vie... Et là... Al, tu es désormais ce qu'on cherche depuis tout ce temps... Qu'est-ce qu'on va faire ? »

« Ed, l'armée et les Homunculi vont vouloir nous prendre la pierre... »

Le garçon à l'amure arrêta sa phrase quand il commença à trembler. Dans sa tête, se jouaient les tourments causés par les Homunculi, ainsi que le but de ceux-ci. Ce fût ostensiblement et facilement visible : que le but de Lust était d'avoir la pierre – et cela lui revenu en tête. Il se sentit en danger. Il devait agir, rapidement.

Alphonse tira soudainement Edward à l'autre bout de la pièce, prêt à décamper. Mais Edward l'en empêcha en chemin, sous les yeux de Lust. Elle ne fit rien pour les rattraper.

« C'est pourquoi tu es là ? Tu veux t'accaparer la pierre ! Mais tu ne toucheras pas mon frère ! » Hurla Edward.

Il frappa ses mains rejointes puis posa sa paume de chair contre son automail de métal, le transformant en lame. Le garçon à la natte blonde fut déjà prêt à attaquer Lust ainsi que défendre son cadet. La brune n'en attendait pas moins du fameux Edward Elric, c'est pour cela qu'elle ne dit rien, tout en gardant son regard paresseux tourné vers eux.

« Edward, attends ! Regarde, c'est ce que Scar m'a donné... » L'interpella Alphonse, avant d'attraper le collier au pendentif attaché autour de sa taille, pour ensuite le montrer à son aîné.

Le blond le reconnu immédiatement : il s'agissait du collier de Scar, celui même qu'il avait utilisé contre l'homunculus.

Lust ne pouvait apparemment pas s'en approcher, sous risque de ressentir d'étranges souffrances mentales ou physiques. Cela, elle le savait désormais très bien.

Ne doutant pas de la nécessité d'un tel artefact, le blond se saisit du collier tenu par la main d'Al puis regarda la brune.

« Je ne peux pas. Non, je ne peux pas regarder l'objet... » Jura-t-elle silencieusement, tournant légèrement le visage sur le côté. Elle préférait lâchement fermer les yeux et se priver de vue. « Cette chose maudite semble sortir tout droit de l'enfer... Clairement, je souhaite ne plus jamais revoir ce maudit collier. Comment ai-je pu oublier que le garçon l'avait en sa possession ? »

Edward avec assurance, tendit l'objet vers elle, l'idée en tête de montrer le pendentif, souhaitant qu'elle le regarde. Lust sentit le mouvement du bras du jeune alchimiste se tendre dans sa direction, un mouvement qui provoqua en elle un curieux sentiment d'angoisse. Pas de la peur, non, de l'angoisse la poussant à redouter.

Le seul bruit de froissement du vêtement d'Edward laissa Lust imaginer le geste au travers de ses paupières, comme-ci elle le voyait.

À peine fait, déjà pouvait-il discerner les traits du visage pâle de l'Homunculus, se tordres d'épuisements, malgré le fait qu'elle ne le regardait pas. Dès lors, le corps de Lust fut pris de tremblements, ainsi que d'une certaine difficulté à rester calme.

« Pourquoi ? Pourquoi dois-je avoir ce point faible méprisable ? Je suis l'un des êtres les plus puissants... Avoir un si petit objet comme faiblesse et aussi douloureux qu'il est honteux. Le pire, c'est que je pensais qu'il me suffirait de ne pas le regarder pour ne pas subir les effets du collier... Mais non, il suffit simplement qu'on veuille l'utiliser contre moi à proximité pour que celui-ci m'arrête. » Songea-t-elle avec dégoût.

« Je ne peux pas..." Les mots de Lust furent dits difficilement, car malgré ses efforts, des douleurs atroces étaient en train de torturer chaque parcelle de son corps. "Je ne peux pas... Le regarder... Tu le sais... »

Le jeune blond, en bon garçon qu'il se voulait, n'appréciait pas plus que cela faire souffrir quelqu'un. Même si ce quelqu'un l'avait déjà menacé... Mais il baissa lentement sa main en gardant le pendentif enfermé dans sa paume, le cachant à la vue de la jeune créature, ainsi que par la même occasion, arrêta de l'utiliser sur elle.

Doucement, les douleurs tourmentant le corps frêle de Lust se dissipèrent peu à peu. Elle ouvrit les yeux, sachant maintenant que l'humain n'utilisait plus le collier contre elle.

Le visage de Lust possédait toujours des traits légèrement plissés, torturés par les douleurs bientôt absentes, mais marquantes, puis elle respira plus fortement, alors que de fines gouttelettes de sueurs perlaient sur son front.

"C'est car Al avait le collier sur lui que tu ne pouvais pas t'approcher de lui..." Annonça Ed, les nerfs à vif.

« Non. » Répondit Lust pour l'interrompre, sous ses essoufflements, la tête baissée et les épaules tremblantes. « Ce n'est pas ça... Il n'utilisait pas le collier contre moi, je pouvais très bien m'en prendre à lui, même s'il portait cette... Cette chose... »

Les deux Elric remarquèrent le ressentiment de haine de Lust envers l'objet au travers de sa voix. Celle-ci fut certaine qu'Edward avait vraiment envie de s'éloigner d'elle et d'emmener son petit frère très loin d'ici... Mais, cependant, Lust était prête à parier n'importe quoi qu'il hésitait toujours à la faire, avec cette question pathétique en tête : "pouvons-nous laisser Scar auprès de cette créature ?"

Edward détestait Scar. Il le tenait responsable d'un grand nombre de morts, et la transmutation des soldats à Lior n'avait fait qu'empirer sa rengaine. Mais pouvait-il le laisser ainsi, l'abandonnant peut-être à la mort ? Bien sûr, se serait étrange de voir Lust sauver l'humain si elle avait pour but de le tuer, mais elle avait peut-être fait cela pour gagner du temps...

L'alchimiste pouvait - bien sûr - la menacer pour la forcer à partir et les laisser grâce au collier, mais il savait probablement qu'elle n'allait pas accepter ça. De plus, ce collier n'était pas un objet inutile : bien au contraire ; il s'agissait avant tout d'une protection contre l'homunculus.

L'alchimiste se décida néanmoins qu'il était préférable de la garder à l'oeil, au moins en attendant le réveil de l'Ishbalan. Espérant, que celle-ci n'attaquerait pas.

« Crois-moi, on n'hésitera pas à utiliser ta faiblesse. Tu as intérêt à garder ça en tête et ne pas faire quelque chose d'idiot. » Dit Edward.

Après qu'il ait terminé sa menace, Lust le regarda avec colère et serra la mâchoire tout en détournant son regard des deux humains.

« Je ne risque pas d'oublier. » Grogna-t-elle.

Alphonse de son côté, soupira péniblement, n'aimant pas l'ambiance pesante qui régnait désormais dans cette chambre. Il traversa la pièce lentement, sous le regard de son frère et s'arrêta à coté du seul homunculus de la pièce : Lust, pour l'y regarder le paysage au-delà de la vitre poussiéreuse, s'adressant à elle :

« Pourquoi tu voudrais nous faire du mal ? Nous n'avons jamais voulu t'en faire nous. Tu dis avoir des émotions et des sentiments, alors prouve-le. »

Lust le regarda, interrogative suite à sa proposition plus qu'étrange, levant les yeux pour inspecter sa grosse carcasse. Il était près d'elle, proche, en train de la regarder.

"Qu'est-ce que tu veux dire ? Où veux-tu en venir ?" Demanda-t-elle.

« Tu ne sais clairement pas quoi faire ! Il suffit de te voir te lamenter dans le silence pour s'en rendre compte. Si tu veux des alliés, il faut être de confiance, ainsi que faire des efforts. C'est en agissant bien qu'on se fait des amis. »

Lust resta de silence, attentive certes, mais également prise de pensées arbitraires.

« Vraiment ? Je n'ai jamais été habituée à être sociable avec les gens. Mes seules phrases sont calculées et nécessaires à mes tromperies, pièges et quêtes. » Pensa Lust silencieusement. En vérité, son problème, c'était de ne pas comprendre où le garçon voulait en venir.

La brune laissa le calme régner un moment : les phrases du garçon dans ses pensées. Être un possible allié ? Alors que lui-même n'avait pas confiance en elle, et que, tout comme son frère, il détestait les Homunculi ? C'était impossible.

« Laisse tomber Al. » L'interrompu Ed. « Elle n'a qu'un seul but : obtenir la pierre. Tout le reste, elle s'en fou. Cette personne n'a aucun allié et n'en recherche pas. Ce qui compte, c'est le résultat. »

« Mais Ed... » Répliqua Alphonse.

Entendant la réponse peu onéreuse, pleine de mépris, Lust se releva rapidement sans rien dire, les poings serrés face à la critique d'Edward à son encontre. "Pour qui se prend-il ? Ce minable gamin..."

Ce dernier, ayant toujours le collier dans sa main, était déjà prêt à l'utiliser si l'homunculus se décidait à l'attaquer. Bien qu'il espérait ne pas en venir jusqu'à là.

Mais, se surprenant elle-même, ainsi que les deux frères - pour contenir sa colère, Lust se contenta juste de regarder son détracteur avec haine. Venait-il de toucher une corde sensible ? Pourquoi la regardaient-ils ainsi, l'air surpris ? Ne savaient-ils pas que les Homunculi avaient des émotions eux aussi ?

« Hé, Ed, il commence à faire noir dehors, je pense que ce serait bien te reposer un peu. »

Proposa Alphonse à son pour tenter de les calmer tous les deux, Ed ainsi qu'à raison, la sombre créature.

Edward le comprit, c'est ce pourquoi, il décida d'abandonner, pensant qu'insister sur le sujet serait une cause déjà perdue d'avance. Selon lui, il était plutôt préférable de s'installer dans le fauteuil - qu'il avait occupé un peu plus tôt.

Lust quant à elle, traversa la chambre pour se rendre à la porte, sous le regard du blond, mais surtout celui d'Alphonse :

« Où vas-tu ? » Lui demanda-t-il.

La brune - vraisemblablement vexée, ouvrit la porte et ne lui répondit pas. Elle sortit en refermant la porte froidement, provoquant un claquement.

Une envie de sortir de cette chambre, du bâtiment entier et de s'éloigner des humains l'avait prise en joug.

Ils n'en connaissaient nullement la raison, néanmoins, après que Lust soit hors de la chambre, le cadet à l'armure se dirigea vers Edward et lui demanda :

« Où elle est partie ? Tu penses qu'elle va revenir ? »

« Je ne sais pas. Mais elle reviendra sûrement. Si elle ne revient pas pour la pierre, elle le fera pour Scar, je suppose. Enfin, vu tout le chaos qu'elle a fait ces dernières années pour créer la pierre, elle ne va pas la lâcher maintenant. Ce serait stupide. » Répliqua Edward, le visage posé dans sa paume, ennuyé et fatigué.

« Tu dois dormir un peu, Ed. Je vais prendre le collier et si jamais elle revient, je vais pouvoir nous défendre. Elle ne peut rien faire contre quelqu'un qui le possède. »

« Très bien... » Dit-il avec exaspération tout en lui donnant le collier. « Mais réveille-moi si elle revient, car je n'ai aucune confiance en elle. Elle est tellement sournoise et cruelle... »

Fullmetal soupira avant de s'installer plus confortablement dans son fauteuil, fermant les yeux en aspirant au repos.

. . . .

Environs une heure plus tard, Lust déambulait sans but dans le petit village. Il faisait désormais nuit, la lune éclairait les petits chemins gravilleux sous ses bottes. Elle avait passé son temps à penser à ce qu'elle devait faire... Sachant très bien que Pride, connu sous le pseudonyme de "King Bradley", l'avait surement déjà dénoncée à Dante, pour désobéissance aux ordres et pour avoir pratiqué une "trahison".

Lust réticente, se demandait si c'était lamentable qu'elle ne s'est pas rendu compte avant, que jusqu'à présent... Toute sa vie, quelqu'un avait décidé pour elle de tout ce qu'elle devait faire ? À tel point, que Lust ne savait pas prendre ses propres décisions. La seule qu'elle s'était permis de prendre - envers et contre la mise en garde de Pride, avait été prise à la hâte, sans vraiment penser aux conséquences.

Non, aucune autre. Lamentable : Oui. La seule chose à faire désormais, était de soupirer face à toutes ces activités plus qu'imprévues.

Arrivant devant les portes de l'hôtel abandonné, elle décida de s'asseoir sur les marches à l'entrée.

"Dante m'a fait la promesse de faire de moi une humaine à part entière, mais... Les deux frères Elric ne peuvent-ils pas en faire autant ? Ils ont la pierre et Scar de leur côté. Ainsi, en ne livrant pas le gamin à l'armure au Maître, je peux m'assurer de ne pas m'attirer la colère de l'Ishbalien."

La jeune femme déroutée... Ou plutôt, créature en proie aux doutes qu'était Lust - posa une main gantée sur son front, sous quelques légers tremblements en pensant à tout ça.

"Pourquoi les choix que je me permets prennent toujours en considération un lien direct avec cet homme ? Pourquoi me soucier de ce qu'il pense de moi ?" Se questionna Lust, alors que cela ne devait pas interférer ses décisions. "Mes questions tout comme ces sentiments me dépassent."

La pauvre créature resta ainsi, tourmentée sous des doutes apparents. Après quelques réflexions sur sa vie sans saveur, elle se releva, décidée de remonter à la chambre où se trouvaient les deux enfants et le blessé.

Une fois à l'intérieur, la brune traversa l'accueil fantôme, salle poussiéreuse, pour se diriger vers les couloirs et monter les marches menant à l'étage.

En grimpant les marches, elle essaya d'ignorer les portraits de plusieurs personnalités accrochés contre les murs délabrés. Malgré elle, elle pouvait comme ressentir l'étrange impression que les yeux de ces images suivaient ses pas du regard, l'accusant d'avoir provoqué leur mort.

"Ce n'est peut-être pas qu'une sensation ou mon imagination : j'ai réellement tué ces gens après tout. Pourtant, je n'ai aucun remord, aucun regret. Ces sentiments me sont simplement étrangers." Se dit-elle, en réflexion de cause.

Après avoir atteint la porte de la dite chambre, Lust posa sa main sur la clenche. Un sourire sans humour ni joie, se dessina sur ses lèvres mauves quelques secondes, d'une façon assez nerveuse, pour disparaître aussi vite qu'il était venu. Ensuite, elle ouvrit la porte puis entra.

À l'intérieur, dans cette chambre faiblement éclairée par quelques bougies, Lust remarqua Alphonse - posé dans un des fauteuils. Le garçon attrapa rapidement le collier pour le presser dans sa paume, par méfiance et surprise. Il ne l'utilisa pas contre Lust cependant ; et la brune s'en retrouva sincèrement rassurée. La pensée seule des douleurs atroces provoquées uniquement par ce collier... Lui donnait des vertiges.

Edward, lui, dormait dans l'autre fauteuil en face de celui de son frère, presque allongé de tout son long. Le gamin était exténué, tous les événements d'il y a quelques heures l'avaient complètement chamboulé. Et Scar... Était toujours inconscient, sans surprise.

Lust ne dit rien, ne sachant pas quoi dire pour être honnête avec elle-même. Rendre moindre sa présence en se terrant dans le silence était lâche pour certains, mais pour elle, c'était une banalité. Elle n'avait jamais réellement entamé la discussion avec les humains, sauf si cela se révélait nécessaire.

La grande brune préféra marcher pour traverser la chambre, sous le regard du garçon à l'armure.

"Elle est revenue... Ed..." Murmura Alphonse à son frère, le visage tourné vers celui-ci. Mais pas assez fort pour le réveiller. Se préparant à retenter sa phrase, il se ravisa simplement en voyant l'Homunculus lorsqu'il releva la tête pour regarder dans sa direction :

Lust était au chevet de l'Ishbalan, assise sur le bord de son lit. Elle avait posé le bout de ses doigts sur le front de Scar, caressant légèrement la peau meurtrie de la cicatrice contre sa paume. Ses yeux lavande éclatants étaient presque fermés alors qu'elle semblait égarée en regardant le visage de l'homme.

Alphonse se retrouva très surpris devant ce qu'il considérait comme un geste de douceur. Cela lui rappela sa chère mère. Son aimante et douce maman qui avait l'habitude de lui caresser le front lorsqu'il était petit, pour lui souhaiter une bonne nuit...

Quand elle était encore vivante, jamais Trisha Elric ne manquait à l'appel de lui faire un câlin et de border ces fils le soir.

Alors avoir cette vision atypique de l'Homunculus, le surpris au point où il en ignora même de réveiller Edward, tellement cela lui paru surprenant.

Lust caressa doucement le front de Scar, poussant quelques-unes de ses petites mèches blanches sur le côté. Ces petites mèches de cheveux qui collaient à la peau mate et légèrement humide. Cette peau bronzée recouverte d'une grande cicatrice. Une marque à laquelle il devait son nom. Lust profita du calme de ce dernier pour examiner son visage paisible et ses traits pendant un certain temps. Sa main gantée s'attarda à la cicatrice en forme de croix, et quand finalement, sa paume nue - une partie de sa main non cachée par son gant, entra en contact avec la chaleur du corps de Scar, Lust commença à devenir anxieuse... Elle ferma les yeux puis se retira aussitôt. C'était si étrange. Si différent. La chaleur de la peau de Scar semblait brûler la paume glaciale de Lust. C'en était presque effrayant.

"Que m'arrive-t-il ?" Pensa-t-elle, troublée. "Pourquoi je ressens ce genre de choses ?" Le trouble n'était pas une aide, en plus de cela : Scar semblait spécial... Peu importe la raison, elle ne pouvait pas nier que cet homme semblait avoir un rôle déterminant sur sa propre personnalité, voire même, ses intentions. "Bon sang... Suis-je folle ? Comment puis-je ne pas pouvoir mettre de mots sur ce que je ressens en sa présence ?"

Lust secoua la tête dans la défaite : les homunculi ressentaient probablement les émotions d'une manière différente. Ils n'avaient pas d'âme après tout. Elle se leva pour aller prendre place sur la longueur de la bordure de la fenêtre : posant ses bras autour de ses genoux pour les tirer contre son menton. Lust posa son front contre la vitre et ferma les yeux, pour simplement trouver le sommeil.

Alphonse, conscient de la scène, soupira. Il relâcha son emprise sur le collier qu'il avait commencé à serrer dans son poing par précaution, en voyant l'Homunculus entrer dans la chambre.

À vrai dire, le jeune enfant ne se sentait pas vraiment en danger à l'heure actuelle, même s'il prenait garde de garder en tête qu'il se devait de rester méfiant. Mais son frère dormait paisiblement et il en avait besoin : il préférait donc ne pas le réveiller ; le repos étant bien plus que nécessaire pour un corps humain. Le lendemain, Alphonse allait sûrement en entendre de toutes les couleurs pour ne pas avoir réveillé Edward... Mais tant pis. Il ne s'agissait que d'un mal pour un bien, après tout.

Sous le silence de l'Homunculus femelle et se rendant compte qu'elle ne souhaitait pas lui parler, Al ouvrit sa paume métallique et regarda le collier dans ma main, presque tristement, en proie doutes et aux questions. Qu'était réellement un Homunculus ? Comment un être si puissant pouvait-il être si faible face à un si petit objet ?

Quelques secondes après qu'elle ait pris place, Lust trouva le sommeil. Même si sa position n'avait rien de confortable. Au moins, en dormant, elle allait arrêter de se tourmenter avec des questions et des doutes personnels, même si ce n'était que le temps de quelques heures. Sa mine anxieuse, son silence et sa démarche laissèrent Alphonse penser que cette jeune femme était tourmentée...

"Pendant que j'étais avec Greed et sa bande, je l'ai entendu dire que la seule fatigue d'un Homunculus, est souvent émotionnelle..." Songea-t-il. "Il voulait fuir les autres homunculus, se cacher. Peut-être en avait-il marre de fuir, d'où sa raison d'associer son esprit à une armure comme la mienne. Et Greed ne semblait pas méchant. Je suis certain qu'il ne l'était pas : il était une victime des autres homunculi. Même les amis "chimères" de Greed semblaient avoir une grande confiance en lui... Et Martel..."

La pensée soudaine de Martel, la sympathique chimère serpent assassiné par le Furher King Bradley, était atroce. Il en eut un haut-le-coeur, et ce, même s'il n'avait pas de corps. Alphonse referma sa main, piégeant le petit objet en argent dans sa paume, et préféra songer à Lust. Le garçon remarqua que l'Homunculus dormait, il se dit que, sans doute, c'était une fatigue émotionnelle qui allait lui permettre cette nuit-là, de réussir à s'endormir.

. . . .

Après quelques bonnes heures d'un repos bien mérité : Lust ouvrit les yeux... Doucement. Elle était toujours dans la même position, son front contre cette même vitre crasseuse.

Clignant à maintes reprises de ses yeux encore paresseux, elle pouvait apercevoir la paisible lumière du matin.

Mais ce qui attira son intention en particulier, c'était une petite forme noire de l'autre côté de la fenêtre, sur la petite balustrade derrière cette dernière. La petite forme semblait frapper contre l'épaisse couche de verre, sans faire grand bruit.

Plus lucide, Lust releva lentement la tête et se concentra sur la forme, de ses yeux - désormais réhabitués à la haute luminosité.

Rapidement, elle remarqua que la forme n'était rien d'autre qu'un corbeau. Cette créature à plumes noires semblait la regarder, tout en cognant son bec de temps à autre contre le verre qui la séparait de Lust.

La brune regarda l'oiseau pendant quelques secondes, jusqu'à ce que l'animal se mit à crier. Lust discerna le cri à l'ouverture du bec et du bruit entendu, atténué par la vitre, mais finement audible. Après ça, le corbeau s'envola et disparu.

« Bon sang, je déteste les cris de ces bêtes. » Jura Lust entre ses dents, presque inaudible.

Le petit animal à plume hors de vue, l'Homunculi plissa les yeux puis se retourna, laissant ses jambes tomber de son coin de la fenêtre, vers le long du mur sous elle, pour toucher le sol de ses talons.

À cet instant, elle commença à réaliser qu'un autre regard pesait sur elle.

« Beaux rêves ? » Demanda Alphonse pour la saluer depuis son fauteuil. L'imposante armure vivante, ne pouvait malheureusement pas dormir comme un être humain ordinaire. Cependant, il reprit : « J'aime beaucoup les oiseaux. Si j'avais pu choisir un autre corps... J'aurais aimé en être un. »

« Moi, je ne les aime pas. » Lui répondit rapidement Lust en soupirant.

« Ah, mais pourquoi ? Ils sont légers et libres d'aller où ils veulent. En plus, je trouve que ces petits animaux sont mignons. »

« Justement... » Se plaignit Lust. Une certaine complainte se fit entendre dans sa voix, ce qu'Alphonse remarqua sans difficulté. Le garçon se révéla être plus attentif qu'il ne le laissait paraître.

Il se leva doucement, prenant en compte son frère endormi pour ne pas faire de bruit, puis s'approcha de Lust.

Le collier - sur lequel aurait dû être écrit "faiblesse de Lust", était toujours dans sa main métallique, mais il n'avait apparemment pas la pensée de l'utiliser. Ceci, Lust le déduit puisque qu'elle ne ressentait aucune douleur ni menace. Alphonse se déplaça juste pour s'asseoir aux côtés de Lust. Cela surprit la jeune femme, n'avait-il pas peur de trop s'accrocher d'elle ? N'était-il pas devenu la Pierre Philosophale ? Lust n'en dit rien et le regarda dubitative.

Avoir le petit gars - bien que plus grand qu'elle avec cette immense armure, la rendit étrangement calme.

« Tu n'as pas peur ? D'être si proche d'un être comme moi ? » L'interrogea-t-elle avec une certaine innocence rare.

Après avoir entendu cette question simple et pourtant rare d'un Homunculus, Alphonse s'est mis à rire doucement, sans toutefois la juger ou s'en moquer. Il tourna aussi son visage pour regarder Lust, admirant ses yeux d'une belle couleur lavande, curieux mélange d'un rose pâle et d'un faux violet magnifique , puis répliqua :

« Tu as dit que tu ne nous feras pas de mal. Si je ne risque rien, pourquoi avoir peur de toi ? »

Était-il sérieux ? Pensait-il réellement ce qu'il disait, pouvait-il ne pas ressentir la peur face à la présence d'un monstre sans âme ? Les lèvres de Lust se sont légèrement entrouvertes par le choc. Ses grands yeux pleinement écarquillés.

« Car je ne suis pas humaine. » Répliqua-t-elle bien trop hâtivement. « Tu le sais... Car je n'ai pas d'âme. »

Le petit garçon vu clairement l'appréhension et le doute qui rongeaient la jeune femme à cet instant. Alphonse s'est rappelé que les Homunculi étaient très craints et jugés rapidement. Lui-même, lorsqu'il entendait le mot "homunculus", il sentait la peur le gagner. Il se demandait même s'il devait se remettre en question sur le fait que ces craintes que tous les humains avaient, n'étaient parfois pas que des préjugés.

"Peut-être que Lust est comme Greed ? Je suis sûr qu'il n'avait pas un mauvais fond... Pourquoi tous les autres Homunculi devraient-ils être forcément mauvais ? Peut-être n'était-elle ni bonne ni mauvaise, peut-être que Lust faisait seulement ce qui était nécessaire pour se sortir de cette vie damnée..." Pensa le jeune garçon silencieusement.

Il y songea quelques secondes, imaginant la possibilité que Lust puisse avoir un minimum d'humanité.

« Et moi, je n'ai pas de corps. Je ne suis qu'une âme enfermée dans une armure. » Répondit-il après un moment, en commençant à rire de nouveau - malgré la certaine mélancolie commençant à se faire entendre au travers de sa voix. « C'est justement pour ça que moi et Ed, on passe notre vie à la recherche de la pierre. »

« C'est car tu veux retrouver ton corps, c'est ça ? » L'interrogea Lust, un peu plus calmement.

« C'est ça. Mais je veux surtout rendre à mon frère le bras et la jambe qu'il lui manque. Mon corps est important, mais moins que mon frère. »

« Désormais... Vous avez la Pierre Philosophale. » Annonça-t-elle d'une manière mélancolique, baissant la tête pour regarder le sol.

Après quelques secondes d'hésitation, le petit Elric continua sa phrase. Espérant que peut-être... La créature qu'il voulait voir comme une jeune femme, le comprenne. En était-elle simplement capable ?

« Nous devons trouver un moyen de l'utiliser... Sans que cela ne me coûte la vie, je pense. » Dit Al.

Aussi étrange que cela pouvait l'être, Lust n'avait aucune envie de juger le jeune garçon. Au contraire, elle se retrouva à tenter de s'imaginer à sa place - grâce aux paroles du gamin. Elle ferma les yeux, pour réfléchir quelques secondes, la brune ouvrit de nouveaux ses yeux de chats, puis tourna son visage vers le garçon, une lueur d'espoir la traversant.

« Pouvez-vous faire de moi une humaine ? » Demanda-t-elle soudainement.

Interloqué par la demande, Al fut confus et préoccupé :

« Pourquoi veux-tu devenir humaine ? »

Lust hésita avant de vouloir réellement lui dire la raison de son désir d'être humaine. Elle se fit la réflexion à elle-même, dans un nouveau silence, secrètement : "Être humaine a toujours été le seul but de ma vie. Sans, je ne sais pas quoi faire. Il y a un vide constant en moi qui ne veut jamais partir, peu importe combien j'essaie de l'ignorer... Cette sensation désagréable est toujours présente. Mais peut-être que..."

Lust releva lentement la tête à la pensée soudaine venant de la gagner, dirigeant son regard vers Scar, ce brave homme endormi. Ce même gars qui ne la considérait comme rien d'autre qu'une créature sans âme : un être qui remplaçait une personne qui était autrefois chère à son cœur.

« Si je deviens humaine, peut-être vais-je devenir autre chose pour lui ? Avec une âme... Serait-ce enfin possible de savoir si réellement je suis la personne que je pense être, et pas juste une poupée vide à son effigie, privée d'âme à tout jamais... ? » Songea-t-elle.

Pesant le pour et le contre, elle garda son regard et ses pensées tournés vers l'Ishbalan, tout en s'adressant au garçon :

« Tu cherches quelque chose qui t'a été retiré, n'est-ce pas ? Sans, tu te sens incomplet. Et tu as l'impression que ce vide ne disparaîtra jamais... Pas avant d'avoir retrouvé ton corps. » La brune humidifia ses lèvres avant de reprendre non sans mal : « Et moi, je recherche mon âme. Celle qui m'a été prise quand quelqu'un a décidé à ma place, de jouer avec la mort. »

Perplexe, Alphonse, semblait enfin commencer à comprendre où la jeune créature voulait en venir. Lust savait qu'il pouvait la comprendre... Elle savait que le garçon serait capable de voir et de comprendre à quel point elle était malheureuse telle qu'elle était. Après tout, le manque : le sentiment d'un manque constant ; de quelque chose de fondamental à toute créature... Qui d'autre mieux que lui pouvait comprendre Lust à ce sujet-là, surtout chez les humains ?

« Nous avons tenté nous-mêmes, moi et mon frère, quelque chose d'interdit. Lust, nous avons payé le prix de notre ignorance. Ce que j'ai payé, c'est juste le prix de nos actes... » Lui répondit Al, tristement.

Immédiatement, la gorge de Lust se noua à la réponse du garçon. Un sentiment entre la colère, mépris, mais aussi la tristesse se fit ressentir dans les veines de l'homunculus. Une colère, qui la poussa à abîmer la bordure en bois sur laquelle elle était assise, agrandissant à peine ses ongles qui s'enfoncèrent dans le bois sous ses doigts. Ses griffes abîmèrent et marquèrent le matériau sous le geste nerveux de ses mains - telles les griffes d'un gros tigre déchirant un drap de soie.

« Je n'avais rien demandé. J'étais morte, et l'ont m'a refusé le repos éternel, Alphonse. Quelqu'un autre que moi-même à décidé à ma place... Une personne stupide à décidé de me ramener à la vie, malgré la déchéance que j'allais vivre... Malgré le fait que ce soit interdit. » Affirma Lust avec colère, plus sérieuse et froide que jamais. « Tu trouves ça juste de payer éternellement pour la faute commise par quelqu'un d'autre ? »

Après avoir achevé sa phrase, Lust ne pouvait s'empêcher de tourner son visage pâle pour faire face au garçon. Un malaise horrible se fit ressentir, autant chez elle que chez le petit Elric. Un mal-être perceptible dans les yeux de chacun d'eux. À ce moment, Alphonse pouvait lire cette émotion particulière de fermeté et de colère dans des yeux de chat. Devait-il avoir peur, et craindre ce qu'il venait de réveiller ?