Les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Square Enix.
Cet OS a été écrit pendant la 129e Nuit du FOF, sur le thème Igné. Et en voyant la définition de ce mot, j'ai eu cette idée. Même si c'est peut-être un peu éloigné du thème, au final ?
Oh, et du coup, je lance un recueil avec cet OS. Pour satisfaire mes envies de Reno/Rude.
(Et aussi, cette histoire se passe dans une version de Midgar où il existe une équivalence de Tinder. Je crois que j'ai tout dit ?)
Bonne lecture !
La séduction selon Reno
.
Déserts, les couloirs de la tour. Il faut dire aussi à 4h passées du matin qui plus est, la plupart des employés sont rentrés chez eux. Ils ont un lit qui les attend, une famille, du sommeil à rattraper avant d'attaquer la journée qui va suivre. Surtout, ils ont des horaires raisonnables. Terminé, le boulot, à 19h pour la plupart. Les quelques qui restent sont enfermés dans leurs bureaux, les yeux rivés sur un écran, une énième tasse de café planté près de leur souris.
Et, parmi eux, il y a deux hommes en noir attendent.
"J'suis mort."
Reno râle, avachi sur l'unique canapé du Q.G. des Turks. Jambes croisées, regard levé droit vers le plafond, il dodeline de la tête comme il compte les secondes qui passent. Dix huit, dix-neuf. Vingt. Tseng n'arrive toujours pas.
"C'était bien la peine d'nous faire venir aussi tôt."
Presque une demi-heure qu'ils sont là. Appel en urgence en plein milieu de la nuit. Un grand classique, de la part de leur chef. Mais c'est quand même mieux quand le concerné les attend déjà sur place. Parce qu'attendre, Reno, il n'aime pas.
Son pied tape frénétiquement dans le vide.
" 'tain, c'est long. J'en ai ma claque. Réveille-moi quand l'chef arrive."
Il pose sa tête sur l'accoudoir du lit de fortune, ferme les yeux. Dormir. C'est pas mal, comme idée. Il attend le reproche de son partenaire, l'unique autre personne présente dans cette pièce. Sa conscience, en un sens. Mais rien. Silence radio.
Tiens. C'est pas normal, ça.
"Rude ?
- Quoi ?"
Le renard relève la tête. Ses mirettes se posent sur le crâne désespérément chauve - mais non moins sexy - de son binôme. Lequel focalise son entière attention sur son téléphone. Tiens. C'est pas souvent qu'il le trouve scotché à son écran. Il a dû recevoir un truc important. Un message de Tseng, peut-être.
"L'boss t'a envoyé un truc ?
- Si c'était le cas, tu l'aurais aussi reçu."
Pas faux. Il zieute son écran, des fois que. Mais rien.
Soudain curieux de savoir ce qui peut ainsi attirer l'attention de Rude, le Turk se redresse droit sur ses pattes. Il s'approche en trois enjambées, pose ses mains sur le dossier du fauteuil qui soutient cet agréable corps bien charpenté. Se penche. Au moins, sans tignasse, pas compliqué de lorgner par-dessus son épaule.
"Tu fais quoi ?"
Sa voix alerte. L'écran se baisse. Le téléphone n'est plus à sa portée.
"Rien qui te concerne.
- Oh, allez. On est partenaires, non ? Tu vas pas commencer à m'faire des cachotteries ?
- Retourne t'asseoir."
Un sourire alléché vient peindre la face de Reno.
"Si c'est si gentiment proposé."
Ni une ni deux, il fait tourner le siège de son coéquipier favori avant de s'installer sur ses jambes. Son cul posé en travers de ses cuisses, ses propres gambettes jetées par-dessus l'accoudoir. Une place de roi, vraiment. Toute désignée pour lui, donc.
"Eh !"
Et, au passage, il attrape le portable qui l'intéresse.
"Reno…
- C'est moi, ouais."
L'agacement mesuré qu'il lit sur le visage de Rude excite son besoin de distraction. Ça lui va bien, ces sourcils froncés, cette machoir tendue. Et ce regard paumé derrière ses lunettes. Oh, il les voit bien, ces jolies prunelles claires qu'il planque sous une éternelle paire de verres sombres. Des yeux d'enfant perdu. Ils sont beaux, vraiment. Mais pour sûr, son image de gros dur en prendrait un coup, s'il ne planquait pas constamment ces innocentes mirettes.
"Alors alors…"
Il débloque le téléphone d'un geste bref. Pas compliqué. Il connaît par cœur les six codes différents que son partenaire utilise pour protéger sa vie privée.
L'écran de verrouillage s'efface, et il tombe nez à nez avec … Oh. C'est pas sa messagerie, ça. Et c'est d'autant plus croustillant.
"Wow.
- Rends.
- Attends, t'es vraiment inscrit là-dessus ?"
Même sans vérifier, il sent les pupilles exaspérées de Rude plantées sur sa trogne. Parfait. Lui faire perdre patience, c'est son jeu préféré. Un travail de longue haleine, qui ne le lasse jamais. Le molosse a de la ressource. Mais là, posé sur ses jambes, il le sent tout tendu. Pour la peine, il glousse.
"Minder. Qui l'eut cru." il caresse l'écran. "C'était quoi déjà la pub ? Un truc qui r'semblait à Du mal à trouver l'amour dans la réalité ? L'homme de vos rêves se trouve peut-être parmis nos j'sais plus combien d'utilisateurs. Un truc comme ça. Nan ?
- Reno…
- Attend, non, c'était pas Dans la réalité. Merde, ça m'revient plus."
Rude, sur un site de rencontre. Alors là. Il l'aurait pas parié, mais la nouvelle le fait marrer. Et son sourire continue de s'élargir, alors qu'il farfouille sur son profil.
"Oh. T'es plutôt branché beaux mâles, du coup ?"
Ça, autant dire que ça l'intéresse.
"J'vois pas pourquoi tu t'inscris là-dessus pour en trouver. T'en as un à disposition juste-là."
Il tape sa main sur son torse à moitié dépoilé. Un morceau de pec tout fin, qui dépasse, si c'est pas appétissant.
"Trop bavard.
- Pour c'que tu parles, faut bien que j'compense.
- On en reparlera quand tu sauras fermer ta chemise correctement."
Eh. C'est méchant, ça. Puis les boutons défaits, c'est juste une preuve de sa générosité inconditionnelle. Il sait qu'il est bien foutu, Reno. En tout cas, il croise un beau brin de mec tous les matins quand il se regarde dans le miroir. Et vraiment, ce serait cruel de priver Midgar de ce corps d'Apollon. Alors il partage. Tout le monde peut profiter de la vue.
"T'imagines pas la chance que t'as d'pouvoir mater ça tous les jours." il attrape la paluche large de son partenaire pour la poser sur sa peau pâle. "C'est pas tout l'monde qui a une vue pareille au boulot. Et t'oses de plaindre ?
- Oui."
Non seulement il lui répond, mais il n'a même pas la décence de bander alors qu'il l'invite à venir tâter le terrain. Si ça continue, le rouquin va se vexer. Quand même, c'est une faveur qu'il lui fait, là.
Et peut-être bien qu'il la lui fait pour son propre plaisir. Mais ça, pas besoin de le préciser.
"Puis franchement, tes matchs, c'est pas de la qualité première."
Pour preuve de ses dires, l'excité de service regarde avec lui la liste de profil qui semblent l'intéresser.
"Quarante neuf ans, sérieusement ? Il est pas de première fraîcheur. Respecte-toi un peu."
Rude soupire. Heureusement pour lui, depuis des années qu'il bosse avec Reno, il a l'habitude.
"Puis les muscles comme ça, non. Désolé, mais là c'est trop. Le mec bouffe des stéroïdes au petit dej, à tous les coups. Tu veux vraiment coucher avec ça ? J'suis pas même sûr que tu puisses respirer, en dessus d'ce truc. Il doit peser une tonne. C'est pas léger le muscle, hein."
Et puis, c'est quand même complexant, de comparer son corps à celui d'un type aussi costaud. Ça l'emmerderait bien, d'apprendre que Rude préfère ce genre de carrure. Autant le décourager tout de suite.
"Et là, dix-neuf ans. Tu veux pas non plus aller les chercher à la maternelle ? T'es un Turk, pas une nounou.
- A peu de chose près."
Ouh. Reno relève un regard outré vers son camarade.
"Je sais faire mes lessives tout seul, moi.
- Pas tes repas.
- Ça on s'en fout, ça s'achète."
Il zieute la liste, traque le moindre mouton noir. Grimace un coup sur deux. Tantôt parce que les goûts de son cher binôme sont d'un douteux qui le laisse sceptique, tantôt parce que la concurrence est rude. Il tombe sur un brin de bonhomme, du blond aux yeux verts sexy juste ce qu'il faut. Torse nu sur sa photo de profil, en plus. Merde. L'alarme s'active dans sa tête.
"Pas un bon plan. Ça, c'est un minet qui se cherche et qui va t'lâcher dès qu'il aura compris qu'il est pas branché mec. Ou dès qu'il aura trouvé mieux. Tu perds ton temps."
Et il vire le profil de la liste aussitôt qu'il termine sa phrase. Voilà. Un danger en moins. Rude n'a même pas le temps de protester.
Quand même. Ça manque de roux, cette histoire. Et ça ne joue pas en sa faveur.
"Lui, il est plutôt pas mal." il lâche en montrant une photo de profil.
Un grand type, à la tignasse pas bien différente de la sienne. Roux flamme - sans doute une couleur, il voit les racines - le regard très vert, taillé comme une brindille. Mais vu le coup d'oeil que Rude lui lance, la remarque n'est pas aussi subtile qu'il l'aurait voulue.
"Vraiment ?
- Quoi ? J'essaie juste de sauver tes goûts. Parce que ça vole aussi haut qu'un poussin crevé, là."
Son coéquipier le fixe. Sans rien dire. Il lui adresse un mouvement de tête perplexe. Bon.
"Alors, je sais c'que tu crois, et je t'arrête tout de suite. J'ai les yeux bleus, moi. Pas verts."
Un si mauvais mensonge.
"Ma main.
- Quoi ?"
Il … oh, oui. Elle est toujours sur son torse. Et il ne l'a pas lâchée. Mm, en effet, dur de retrouver une crédibilité décente dans ces conditions. Le fourbe goupil la vire à regret avant de la reposer sagement sur l'accoudoir - enfin, sur son genoux, lui même posé sur l'accoudoir.
"Je dis juste que t'as déjà tout ce dont t'as besoin à disposition.
- J'ai cru comprendre.
- Franchement, à ta place, j'irais pas perdre mon temps avec ce genre d'appli. C'est comme de bouffer des pâtes quand on a les moyens de se payer un restau.
- Tu fais toujours des pâtes.
- C'est une image !" il soupire. "J'ai des lacunes en cuisine, ok ? Pas besoin d'les pointer du doigt toutes les dix minutes. C'est vexant tu sais ?"
Il croise les jambes. Passe un bras autour des épaules de Rude en signe de franche camaraderie. Ou pour l'attirer plus près de lui. Un peu des deux. Mais surtout de la deuxième option.
"Puis j'me rattrape. J'ai plein d'autres qualités."
Là, c'est le moment où il commence à jouer avec les cheveux qui retombent sur sa nuque pour l'allumer, l'air de rien. Problème, Rude ne dispose pas de l'élément pré-requis.
"Mec, tu dois me demander de te citer les qualités en question, là.
- Mm.
- Quoi Mm ? T'as perdu ta langue ? Tiens, justement, en parlant de langue, je-
- Reno."
Le dénommé lâche un souffle exaspéré.
"Quoi ?
- Tseng."
Tseng ?
Un coup d'œil par-dessus l'épaule de l'homme qui lui sert de siège, et il repère celui qui vient de passer la porte. Posé contre le mur, enfermé dans un silence observateur, la tête du groupe observe le duo d'un œil amusé. Ah. C'est pas bon pour ses plans, ça.
"Tu pourrais prévenir, quand t'arrives.
- Je ne voulais pas t'interrompre."
Son sourire secret se courbe comme la babine d'un chat, alors qu'il s'avance enfin vers eux. L'homme en noir porte toujours des expressions qu'aucun ne sait déchiffrer. Il a le don pour ça. Impossible de rentrer dans sa tête.
"Aussi, je pense que tu as l'embarras du choix pour t'installer. Je te conseille de trouver un siège autrement plus confortable, pour la réunion.
- Ouais, ouais…"
Rude se racle la gorge, alors qu'il abandonne enfin ses cuisses musclées pour retourner sur le canapé. Il était super bien parti, et l'autre a tout gâché. D'accord, c'était peut-être pas l'endroit. Mais eh, c'est Tseng aussi. S'il était arrivé à l'heure, il n'aurait pas eu besoin de tromper son ennui. Sa faute, voilà.
Maintenant, il n'a plus qu'à zieuter distraitement l'écran pendant que leur chef justifie cette réunion nocturne.
Oh, et puis, les diapos de l'ex wutaien, elles sont toujours chiantes. Alors on ne lui en voudra pas, s'il sort son téléphone deux minutes, histoire de se distraire. Au pire, il dira que c'est pour prendre des notes. Personne ne viendra vérifier.
Du coup, c'est quoi déjà, le nom de cette appli ?
Voilà ! J'étais parti sur Igné=Feu=Allumer=Reno qui essaie de chauffer son collègue sans grand succès. Bref. S'il reste des fautes, c'est parce que nuit du Fof, donc OS écrit dans un délais limite, donc je ne peux pas être tenu pour responsable. Et pour le reste, référez-vous à Reno pour une éventuelle plainte. Ce sera sans doute lui le responsable.
Et pour le titre, je voulais un truc avec Partenaire dans le nom. La faute à Reno, je vous dis.
Ça vous a plu ?
