Bonjour ! Je reviens avec un Strangefrost :)

Plusieurs choses :

- Les personnages ne m'appartiennent pas ;

- C'est un AU : avec des superhéros, mais pas comme dans le MCU ;

- Le Loki de cette histoire est un mélange entre celui de Thor 1 et celui de certains comics (avec les cheveux courts et le diadème à cornes) ;

- Je n'ai pas terminé de l'écrire, pour l'instant il y a 17 chapitres (et il doit m'en rester 8 ou 10 à écrire), ce qui fait que je pense publier une fois par semaine pour me laisser le temps de terminer (j'accélèrerais peut-être le rythme de parution quand je l'aurai finie, je vous le ferai savoir), donc tous les lundis.

Voilà, bonne lecture, hésitez pas à laisser une review si vous voulez, bisous, à lundi prochain !


La ville était baignée par la douce lumière du soir. La plupart des gens rentraient chez eux, après le travail, ou se préparaient à aller sortir dans les cinémas, restaurants et bars du quartier animé de Néo Assur. Ce n'était pas du tout la préoccupation de l'étrange silhouette postée sur le toit d'un vieil immeuble destiné à la démolition. Elle surveillait la rue avec attention, seule, sans se soucier une seconde de la fragilité de son perchoir.

Cette silhouette avait quelque chose d'inquiétant : tout de noir vêtue sous un long manteau d'un vert profond, parsemé de ce qui ressemblait à des écailles, avec un col de fausses plumes, c'était son visage qui aurait été le plus perturbant pour une paire d'yeux trop curieuse. Il était dissimulé par un masque en tissu blanc, avec deux fentes en forme de croix qui laissait apercevoir deux yeux d'un vert trop éclatant pour appartenir à un mortel sans pouvoirs. Néanmoins, le malaise venait plutôt des deux points noirs peints à la bombe qui cachait ces fentes, et du sourire tordu qui montait jusqu'aux pommettes, d'un rouge sanglant. Le masque évoquait un smiley sardonique, une parodie de clown, qui flanquait la chair de poule par la simplicité et la fausse maladresse de ses traits. Le tissu était maintenu par une sorte de diadème en or, qui épousait la forme du front et l'agrémentait de deux cornes recourbées d'une douzaine de centimètres. Quelques mèches rebelles d'un noir de jais s'échappaient de la couronne et reposaient juste au-dessus des sourcils.

Cette silhouette était en fait un jeune homme à la musculature fine, accroupi au-dessus du vide, toujours à guetter l'arrivée d'on-ne-sait-quoi dans la rue en contrebas. Il savait que sa posture était terriblement clichée, mais bon, dans une ville où on trouve une vingtaine de super-héros et de super-méchants par kilomètre carré, il fallait beaucoup d'imagination pour être original.

Le Serpent ne savait pas trop où il se situait, et l'opinion publique ne le savait pas non plus. Il suivait quelques règles assez simples : on ne touche pas aux innocents, aux enfants, aux personnes en détresse, on ne tue pas, etc, etc mais on ne pouvait pas dire qu'il œuvrait vraiment pour le bien commun et qu'il respectait la loi. Les quelques fois où les médias le mentionnaient, ils ne savaient jamais trop quoi dire sur ses méfaits ou ses bonnes actions.

Était-ce vraiment un héros s'il avait interrompu le casse d'une bijouterie, sauvant la vie de trois personnes dont une femme enceinte, mais qu'il était tout de même reparti avec le butin ? Était-ce un criminel d'avoir enlevé le caniche d'un sénateur, le contraignant à révéler au monde ses crimes pédophiles après trois jours de séquestration canine ?

De plus, malgré qu'il fût reconnu comme un sorcier puissant, ses actions restaient assez peu ambitieuses. Le Serpent à plumes était un personnage ambigu, et cette absence de certitude ne plaisait pas aux journalistes à sensation, qui préféraient les dichotomies bien nettes. Ils lui préféraient des héros et des méchants de plus grande envergure, qui sauvaient les enfants du Président ou mettaient des bombes au Parlement. Comme en plus, il travaillait seul, il ne représentait qu'un intérêt limité pour les médias.

Mais ce n'était pas vraiment pour la reconnaissance que le Serpent faisait le guet à douze mètres de hauteur. À son léger redressement et au sourire qu'il afficha sous son masque, c'était plutôt pour la voiture noire qui s'aventura dans l'avenue. Il enjamba le muret censé empêcher les accidents et se laissa tomber. Sa chute sembla parfaitement maîtrisée, puisqu'il atterrit avec la grâce d'un danseur sur le toit de la voiture. Il en ouvrit une portière et s'y glissa avec nonchalance.

Les occupants, deux hommes d'une cinquantaine d'années en plus d'un chauffeur plus jeune, en furent stupéfaits. L'un des deux voyageurs eut le réflexe de jeter un sort en direction de l'intrus, qui le dévia avec un geste de la main et un petit ricanement méprisant. Le siège passager fondit un peu avec un léger crépitement là où le trait bleuté l'avait atteint. L'homme ne devait pas être un mage de grande puissance.

Le Serpent s'empara d'une mallette que le deuxième homme tentait vainement de protéger et allait pour sortir de l'habitacle quand le chauffeur appuya sur le bouton de détresse. Le voleur soupira. Maintenant, tous les super-héros du coin allait rappliquer… Il était plus agacé que réellement inquiet. Après tout, la plupart d'entre eux ne lui arrivaient pas à la cheville. C'est alors qu'un cercle orange crépitant comme un feu d'artifice l'entoura. Il soupira une nouvelle fois, cette fois-ci avec plus d'énervement. Comme prévu, il se fit happer par le portail.

Il se retrouva alors lâché à soixante centimètres du sol, apparemment dans un parking quasi désert. Il atterrit sur le béton avec un léger cri de douleur, la mallette toujours à la main.

- Donne-moi ça, s'éleva une voix glaciale.

Devant lui, les bras croisés, se tenait un homme en habits sombres, qui évoquaient à la fois un kimono et une tenue des forces spéciales. Une cape bordeaux, intégrée à son vêtement, flottait doucement derrière lui, lui arrivant au mollet. Pourtant, aucun vent ne troublait le silence du parking. Son visage, dissimulé par un masque de la même couleur que sa tenue, avec deux verres sur les orbites, parvenait à donner une impression d'ennui teinté d'agacement.

- Docteur, salua le Serpent. Je vous croyais absent de la ville. On vous aurait aperçu quelque part à Prague.

- Je viens de rentrer à Néo Assur, répondit laconiquement le Docteur, la voix déformée par le masque.

- C'était sympa, ce petit week-end ? tenta le jeune homme.

- Trêve de bavardage, donne-moi la mallette, ordonna son antagoniste en tendant la main.

Il avait vraiment l'air d'un instituteur qui se maîtrisait face à un enfant turbulent. Le Serpent à plumes fit semblant de réfléchir.

- Désolé…mais non.

- Elle ne t'appartient pas, répliqua fermement le Docteur.

- Mais j'en ai plus besoin que les deux abrutis ! répondit le voleur d'un ton faussement geignard.

Le Docteur soupira.

- J'ai essayé la manière douce, Serpent, mais tu ne me laisses pas le choix…

Des filaments orangés, jaillirent du sol et ligotèrent le jeune homme aux cheveux noirs sous l'impulsion du magicien. Un éclat verdoyant grandit à travers les fentes du masque souriant. Les filaments se brisèrent et le Serpent cornu envoya une décharge d'énergie verte à son ennemi, qui se retrouva propulsé à travers le parking.

Le temps qu'il reprenne ses esprits, le voleur s'enfuit vers la sortie en courant. Si cette fuite aussi simple lui parut étrange, le Docteur s'en contenta. À cause d'un portail bien placé, le Serpent finit sa course juste devant sa Némésis. Dans son élan, il l'entraîna dans sa chute et le Docteur en profita pour récupérer la mallette. Il se releva, laissant l'agaçant petit margoulin à terre.

- Tu tombes toujours dans le piège, dit-il d'un ton condescendant.

- Vous aussi, rétorqua le malfrat avec un ton moqueur.

Confus, il ouvrit la mallette. Vide. Il se retourna vers le Serpent, toujours à demi-allongé. Il tenait du bout des doigts un collier, constitué d'une pierre rouge sang qui semblait vibrer d'énergie. Alors que le Docteur allait se précipiter sur lui, l'image du jeune homme s'évanouit, laissant le héros seul dans le parking. Il courut vers la sortie et déboula dans la rue. Si la petite fripouille avait pu se téléporter, c'est qu'elle n'était pas bien loin. Le Docteur leva le nez et aperçut la silhouette de son ennemi en haut d'un immeuble. Le Serpent le saluait de la main, puis lui fit un doigt d'honneur quand il vit que le Docteur l'avait repéré, avant de disparaître dans la ville.

Le Docteur se contenta de soupirer. Il avisa une horloge sur un parcmètre et réalisa qu'il allait être en retard. Tant pis, il s'occuperait du Serpent plus tard. Il retourna dans le parking, toujours désert, et ouvrit un portail. L'homme passa au travers et se retrouva dans un appartement à quelques kilomètres de là. D'un sortilège simple, il repassa en civil. Cette légère métamorphose révéla un homme d'une trentaine d'années, les pommettes hautes, les yeux perçants et un air d'arrogance blasée. Stephen Strange se hâta de téléphoner à sa petite amie, Christine, pour savoir si elle le rejoignait directement chez ses amis ou s'il l'attendait pour partir avec elle. Elle lui répondit qu'elle le retrouverait directement là-bas, aussi, il se prépara rapidement et descendit chercher sa moto.

Le Serpent à plumes filait sur les toits. Il aurait techniquement pu se téléporter par quelques dizaines de mètres à la fois, mais cette pratique était assez fatigante et il adorait courir dans la ville. C'était puéril, mais ça faisait vraiment super-héros et ça le mettait toujours de meilleure humeur. Ce soir, il n'en avait pas besoin : son petit tour de passe-passe face à un des plus puissants sorciers de la ville le mettait déjà sur un petit nuage. Et face à la soirée qui s'annonçait, c'était toujours ça de gagné.

Arrivé à son appartement, il se téléporta directement dans sa chambre pour éviter que sa colocataire ne le croise en costume. Il rangea son butin du jour dans un petit coffre-fort, se promettant de l'étudier dès le lendemain. Il enleva son manteau et son masque, qu'il dissimula dans sa planque secrète. Aucun risque que son amie ne les trouve : elle ne venait jamais dans sa chambre et sa planque était protégée par des sorts de dissimulation et de défense. Loki garda son jean noir, mais décida tout de même d'échanger son tee-shirt pour une chemise verte. Il vit que Valkyrie lui avait envoyé un texto : elle était déjà chez son frère. Il remarqua en même temps qu'il allait probablement être en retard. Peu importe, Thor avait l'habitude. Il se dépêcha quand même.

Stephen garait sa moto quand il vit Loki arriver. Il lâcha un léger sourire et partit à sa rencontre.

- Si on arrive en même temps c'est que je dois être particulièrement en retard, ironisa-t-il.

Loki leva les yeux au ciel et se pencha pour lui faire la bise.

- C'était comment Prague ?

- Christine a beaucoup aimé la ville, et les conférences du colloque étaient assez bien, répondit-il.

- Content d'être rentré quand même ? sourit Loki.

Stephen répondit et sonna à l'interphone. La porte se déverrouilla avec un claquement et ils s'engouffrèrent à l'intérieur.