NOTES :

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L'univers de STAR WARS est la propriété exclusive de la WALT DISNEY COMPAGNY.

Voici le premier chapitre de cette fanfiction qui se situe immédiatement après les évènements de l'ultime épisode de la saison 2.

Din doit surmonter cette épreuve douloureuse avant d'affronter un nouveau défi, heureusement il n'est pas seul.

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J'espère que vous prendrez autant de plaisir à la lecture de cette histoire que j'en ai pris à son écriture.

Vos reviews seront très appréciées.

Je vous souhaite une bonne lecture

A bientôt.

Dame Iris


CHAPITRE I: L'HEURE DU CHOIX

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Grogu était parti avec l'un des siens, avec celui qui désormais le protégerait et le guiderait.

Din avait accompli sa mission. Envers et contre tout, il avait réuni l'Enfant avec ses semblables et pourtant cette réussite improbable, lui inspirait une profonde tristesse. Un profond regret aussi. L'apparition de Grogu avait bouleversé sa vie faite depuis la fin de son enfance, de violence, de solitude et d'une dévotion sans limite au code moral extrêmement rigide de son peuple. Auprès de l'Enfant, il avait changé et ne faisait que commencer à le réaliser.

Debout face à la porte qui s'était refermée sur le Jedi et son nouvel apprenti, il se tenait immobile, les bras pendants le long du corps, la gorge nouée et les yeux embués de larmes. Un étrange bourdonnement dans ses oreilles l'empêcha d'entendre les voix derrière lui qui brisaient une à une le silence. Bo-Katan, qui avait lutté jusqu'alors contre son impatience, s'adressa à lui.

- Il serait temps d'en revenir à notre affaire.

Comme souvent, son ton était directif et cette fois, on discernait aussi une pointe d'agacement et de jalousie, alimentée par la vue du sabre laser noir posé sur la console centrale. Elle avait convoité depuis si longtemps cet objet et par un improbable coup du destin, il lui échappait à nouveau. Après tant de sacrifices, cette privation avait un goût amer. La blessure était là, la résignation certainement pas.

Koska Reeves, son fidèle lieutenant, se tenait à ses côtés. Le visage fermé, bras croisés sur la poitrine, elle attendait la réponse du mandalorien. Fennec Shand, postée à l'écart, observait chaque protagoniste avec attention. Les prémices de cet échange teinté d'hostilité contrastait avec la solidarité qui régnait jusqu'alors et la rendaient d'autant plus curieuse de la suite.

Cara se tourna vers la rousse. Avec un regard glacial, elle l'apostropha d'un ton cinglant.

- Laisse le tranquille ! Bon sang, tu ne vois pas que ce n'est pas le moment !

Elle marcha vers son ami mais s'arrêta au moment précis où elle se trouva juste en retrait de l'épaule couverte de métal, ne pouvait distinguer que la chevelure brune et la nuque de l'homme devant elle. Si elle continuait, elle lui ferait face et mettrait fin à l'interdit qu'elle avait appris à respecter. Elle hésitait. Din avait ôté son casque pour Grogu, pour faire ses adieux à ce petit qu'il aimait comme un fils. Il ne l'avait pas fait pour elle. Dans bien des circonstances, elle savait conserver le contrôle de ses émotions, mais son attachement à Din était trop puissant pour qu'un élan de compassion ne l'entraîna pas vers lui.

Son visage au teint mat avait les traits tirés, ses beaux yeux sombres étaient embués de larmes. Mais, plus que blessé et triste, il semblait épuisé. Tandis qu'elle l'enlaçait avec tendresse, elle peinait à se souvenir de la dernière fois où elle avait étreint quelqu'un ainsi. Dans une autre vie, songea-t-elle.

Après une longue attente, elle sentit avec soulagement les bras de Din s'enrouler autour d'elle. Il avait enfin lâché prise.

Tout en étreignant son ami, elle observait par dessus les plis de la cape noire, Bo-Katan et Koska Reeves. Les deux mandaloriennes dont les visages affichaient la plus profonde contrariété s'étaient résolues à prendre leur mal en patience. Tandis que l'une entreprenait de vérifier l'état de conscience du Moff sans le moindre ménagement, l'autre contrôlait sur les écrans l'ampleur des dommages subis par le vaisseau.

De son côté, Fennec communiquait avec le pilote du Slave One.

- Fett nous rejoindra d'ici quelques minutes. Ouvre-lui l'accès aux hangars.

- C'est fait. Les problèmes électriques et électroniques ne sont pas critiques, expliqua Bo-Katan avant de d'interroger son amie. Qu'est-ce qu'on en fait ?

- C'est tentant de le garder, mais sans un équipage suffisant , il est impossible à faire voler.

La rousse serra les dents, elle savait que les forces ralliées à sa cause trop peu nombreuses. C'était une vraie frustration de renoncer à un tel atout pour la guerre à venir. L'un de ses gantelets vint sans peine éclater la vitre de l'un des écrans devant elle. Cara s'écarta alors légèrement de Din pour faire une mise au point.

- Qu'on se comprenne bien. Vous l'abandonnez très bien, mais pas au risque que d'autres le récupèrent. Ce vaisseau ne terminera pas dans les mains de quelconque raclures ou celle de l'Empire.

Fennec lui apporta son soutien.

- Je suis d'accord, il faut le détruire. On ne laisse rien derrière nous.

Un signal sonore retentit et la présence d'un vaisseau en approche apparut sur un écran. Sans surprise, c'était celui de Boba Fett.

Din n'avait toujours pas desserré son étreinte, mais qu'importe, Cara patienterait aussi longtemps qu'il aurait besoin d'elle pour reprendre suffisamment le contrôle de ses émotions et faire face aux autres. Elle s'adressa à Koska, debout à côté de l'officier impérial toujours étendu sur le sol.

- Et celui-là, il en est où ?

- Toujours dans les vapes. Tu comptes vraiment le remettre aux autorités de la Nouvelle République ? On pourrait tout aussi bien en finir.

- Non, lui et son copain repartent avec moi sur Nevarro.

Des bruits métalliques résonnèrent dans le couloir menant au pont. Ils virent grâce aux cameras le vieux chasseur de primes se frayer avec peine un chemin au milieu des carcasses de droides en les repoussant à coups de bottes et en proférant de multiples jurons. Lorsqu'il arriva à hauteur de la porte, Bo-Katan déclencha l'ouverture.

- Beau tas de ferrailles, pas pratique pour entrer toutefois. Je doute que l'un d'entre vous y soit pour quelque chose, dans ma vie je n'ai vu qu'une seule arme qui soit capable d'une découpe si nette. Le Jedi est venu pour le gamin ?

Les deux mandaloriennes et sa partenaire confirmèrent d'un signe de la tête. Il regarda alors avec insistance le casque en beskar au sol puis Din dont le visage était enfoui dans les longues mèches brunes de son amie.

Drôle de type celui-là, plus difficile à cerner que je ne le pensais en fin de compte, songea t-il.

Din relâcha enfin son étreinte autour de Cara et pendant quelques instants, ils dialoguèrent juste par le regard.

Tu es certain d'être prêt.

Oui, ne t'inquiète pas.

Le mandalorien se baissa pour ramasser son casque, le remit puis se retourna vers Bo-Katan.

- Je maintiens mon offre, ce sabre laser est à toi, déclara-t-il avec une assurance qui contrastait singulièrement avec sa vulnérabilité quelques instants auparavant.

- Et je ne peux toujours pas l'accepter.

- Je n'engagerai pas un combat contre toi, Bo-Katan, alors qu'attends-tu de moi ?

- Je sais pas...une idée pour nous sortir de cette situation pitoyable, par exemple, répondit la rousse.

Din soupira et détourna son regard pour le poser sur le sabre noir à côté de lui. Après un long moment de réflexion, il sortit du silence.

- Cette arme m'appartient désormais et bien que je ne veuille pas de la charge qu'elle m'impose, je vais l'accepter. Dès lors que j'aurai pris connaissance de la nature précise de ton plan d'action et de tes intentions, je la porterais non pas pour prendre le pouvoir, mais pour te soutenir dans la libération de Mandaore, aussi maudite cette planète puisse-t-elle être. Ne te méprends pas cependant, agir ensemble pour redonner aux nôtres leur foyer ne signifiera pas abandonner nos différences. Ni moi, ni ceux de mon clan dont j'ai l'intention de retrouver la trace, ne renieront le serment que nous avons prêté. Sois certaine qu'en cas de victoire, nous n'accepterons pas non plus d'ingérence d'une nouvelle autorité.

Tous les visages affichèrent le même étonnement face à cet engagement inattendu. Bo-Katan resta longtemps sans voix avant de reconnaître la noblesse de la proposition de Din. Toutefois, elle voulut lever un doute.

- Tu dis vouloir te mettre à mon service, mais la possession du sabre noir te place de fait dans la position de leader.

- Détenir le pouvoir ne m'intéresse pas. Alors, est-tu prête à accepter cet accord ?

Elle répondit, non sans hésitation.

- Je ne sais pas. Je n'ai aucune idée ce que cela pourra donner et ce n'est pas du tout ce que je voulais.

- C'est un compromis, il ne peut satisfaire personne totalement.

La mandalorienne jeta un coup d'œil en direction de son amie. Voyant qu'elle semblait résignée, elle tendit la main vers Din.

- Bien, donnons sa chance à ce compromis.

Immédiatement après que Din eut serrer la main offerte, Boba Fett parla.

- Puisque votre petite affaire est réglée, pourrait-on passer à la suite maintenant ? Fennec et moi avons d'autres projets que de nous éterniser ici.

- Mando, nous avons tenu parole, nous sommes quittes, ajouta la tireuse d'élite.

- C'est exact et je vous en serai toujours reconnaissant.

En faisant signe à Fennec de le rejoindre, le pilote du Slave One annonça leur départ et proposa à ceux qui le voulaient de leur offrir un transport, sous réserve qu'ils se décidèrent sur le champ.

Cara saisit l'opportunité et désigna le Moff au vieux chasseur de prime.

- Je rentre sur Nevarro avec celui-ci et son copain. Si c'est bon pour vous ...

- Aucun problème.

De leur côté, les deux mandaloriennes se concertèrent.

- La navette est HS. Il faut qu'on en récupère une dans les hangars, suggéra Koska Reeves.

Bo-Katan acquiesça avant de regarder en direction de Din.

- On va retourner là où tu es venu nous chercher pour attendre des soutiens qui vont arriver demain. Ce sera l'occasion pour toi de les rencontrer.

Cara intervint avant même que son ami eut le temps de répondre.

- Avant cela, il a une prime à toucher. Votre petite révolution va devoir attendre quelques jours de plus.

La rousse outrée lui lança un regard furibond. Din fixa successivement les deux femmes. Pris entre deux feux, il hésitait à choisir.

- Din, viens avec moi. Tu récupéreras la prime et tu pourras te reposer chez moi. Tu en as besoin.

Encore plus si tu dois supporter ces deux là, se garda-t-elle d'ajouter.

Din accepta de finalement l'offre de son amie.

- Je repars avec elle, mais je vous rejoindrai sans faute dans trois jours.

Cette fois, Bo-Katan n'avait plus qu'une envie que cette journée parmi les contrariantes de sa vie se termine.

- Très bien puisque c'est que c'est que tu veux. Koska, descendons aux hangars, nous avons une navette à trouver.

- Nous allons poser les charges pour détruire le vaisseau, expliqua Fennec. Dès que vous aurez identifié votre transport, prévenez-nous et on vous rejoindra directement en bas.

Tandis les deux mandaloriennes quittaient la salle, ceux qui restaient s'attelèrent à leur mission.

Au fond du hangar, Bo-Katan et son amie découvrirent par chance une navette parfaitement fonctionnelle. La présence de matériel mécanique autour du vaisseau indiquait que sa révision venait tout juste de s'achever quand leur attaque avait débuté. Prévenus, les quatre autres membres de l'équipe et leurs prisonniers, traînés par Din et Cara, les rejoignirent.

L'équipe improbable qui s'était formée pour le sauvetage de l'Enfant se sépara. Les deux mandaloriennes décollèrent à bord de la navette. Cara et Fennec déclenchèrent le dispositif d'autodestruction et quelques minutes plus tard, le Slave One décollait. Le petit vaisseau s'éloigna rapidement de l'immense croiseur. Peu après, l'embrasement puis la dislocation du vaisseau impérial offrirent un spectacle grandiose. La lumière intense qui se propageait à travers le vide, les aveugla quelques instants et ils sentirent de faibles vibrations causées par l'onde de choc. Après quelques instants, le Slave One entra dans l'hyperespace.

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L'atterrissage sur Nevarro eut lieu quelques heures plus tard. Au milieu de la poussière soulevée par les moteurs, Din et Cara saluèrent le duo improbable. Le mandalorien leur exprima toute sa gratitude pour leur aide. Quand le vaisseau disparut dans le soleil couchant, Cara se tourna vers lui.

- Allez, il est temps de ramener nos amis.

- Tu comptes les mettre où ?

- En cellule et sous bonne garde. Je préviendrais les autorités juste après. Tu toucheras ta prime rapidement, ne t'inquiètes pas. Pour l'heure, je contacte Greef afin qu'il nous trouve un transport.

Une fois leurs captifs chargés à bord du speeder envoyé par leur ami, ils partirent en direction du bureau de Cara. En entrant dans l'enceinte du bâtiment, traînant chacun un impérial, ils tombèrent nez à nez avec Greef Karga. Le vieil homme était suivi de près par Mytrol, son secrétaire.

- Mando ! Cara ! Vous voilà de retour et avec ... Attendez mais c'est pas possible...

- C'est bien notre vieil ami, le seul et l'unique, le Moff Gideon, répondit Cara avec un grand sourire de satisfaction.

- Et le petit alors, où est-il ? s'enquit le vieil homme en constatant l'absence du protégé de Din.

Ce dernier s'éclaircit la gorge avant de répondre, mais Cara le devança.

- C'est une longue histoire, on aura tout le temps d'en parler demain. Mais ne t'inquiète pas, il est entre de bonnes mains. Pour ce soir, on va se contenter de déposer nos deux amis dans leurs cellules.

Le vieil homme comprit qu'il ne fallait pas insister.

- Bien sûr, c'est vrai qu'il est déjà tard. Passer une bonne soirée, à demain.

Il donna une tape amicale sur l'épaule de Din lorsque celui-ci passa près de lui.

- Content de te revoir, Mando.

Sitôt qu'elle eut activé le verrouillage des deux cellules, Cara s'adressa à Din.

- Bien, une bonne chose de faite. Laisse-moi envoyer un message et on y va.

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Peu après, ils marchaient dans les rues de la ville. La nuit venait juste de tomber et l'éclairage médiocre leur permettait à peine de distinguer les visages qu'ils croisaient. Bien que la sécurité se fut nettement améliorée depuis que Cara avait endossé le rôle de marshall, les incidents nocturnes n'avaient pas totalement cessés. Si l'on n'y prêtait pas attention, une agression, un vol ou bien pire pouvait survenir. Au sortir d'une ruelle, ils débouchèrent sur une petite place et Cara désigna du doigts une petite maison blanche à la façade défraîchie.

- C'est ici. C'est pas ce qui se fait mieux, mais c'est la Nouvelle République qui paye.

- Ils te logent, je commence à comprendre pourquoi tu tiens à ton poste.

Ils s'approchèrent et Cara activa la commande d'ouverture de la porte. Ils pénétrèrent dans un couloir mal éclairé dont l'extrémité donnait sur une cour intérieure. Après quelques pas, ils furent à hauteur de deux portes se faisant face.

- C'est celle-ci, dit Cara en déverrouillant l'une d'elle.

Le peu de mobilier dans la pièce servant de salon la faisait paraître plus vaste qu'elle ne l'était en réalité. Dans un coin, près d'une grande baie vitrée aux contours arrondies donnant sur la cour intérieure, se trouvait un vieux et grand sofa. Contre un mur étaient adossées une étagère ainsi que deux caisses métalliques, desquelles dépassaient divers objets parmi lesquels une cartouchière et une veste de camouflage couverte de poussière. Devant le passe-plat qui séparait la pièce d'une petite cuisine, une table et des chaises grises. Un écran bien plus récent que le reste du mobilier était accroché sur le mur face au sofa. Tandis que Din observait cet intérieur dépouillé, Cara décrocha son jetpack. Elle se défie de ses propres armes, retira ses gants et gantelets et rangea le tout dans l'une des caisses.

- Allons dehors, tu ne seras pas déçu.

En traversant la terrasse donnant dans la cour intérieure, la vue offerte ne le déçut effectivement pas. Cet espace ceint de quatre murs présentait en son centre un bassin de faible profondeur. Din s'en approcha. Sur la surface ondulée par une légère brise, la lueur de la pleine lune se reflétait. Autour, des reflets argentés trahissaient la présence d'étroits canaux d'irrigation desservant de vastes massifs à la végétation luxuriante. A côté de cette verdure, il y avait quelques palmiers auxquels le grand âge conféraient une hauteur considérable. C'était l'abondance de l'eau qui surprenait Din dans ce décor. D'aussi loin que remontait ses souvenirs sur Nevarro, il n'avait jamais vu un jardin où elle fut présente et utilisée avec une telle habilité pour entretenir une flore qui n'aurait autrement jamais pu survivre au climat désertique.

Il entendit un grincement derrière lui, se retourna. Cara déplaçait l'un des fauteuils sur la terrasse puis disparut à l'intérieur. Il décida de revenir sur ses pas. Lorsqu'il franchit le seuil de la porte, il découvrit son amie plaçant sur la table des couverts et un récipient fumant.

- Ici, je n'ai que des rations. Ne t'attends donc pas à grand chose. Si cela te vas, je vais sortir sur la terrasse et tu pourras être tranquille ici. Quand tu auras terminé, rejoins-moi.

Elle avait imaginé cette solution car bien que Din ait dévoilé son visage le matin même, rien ne lui permettait de croire qu'il souhaita à nouveau retirer son casque devant elle. Pour son ami, cette proposition fut un réel soulagement. Cara lui prouvait une fois encore qu'elle le connaissait bien et savait agir de la manière la plus juste qui soit. En cette soirée qui clôturait un jour si difficile, il lui en était infiniment reconnaissant.

- C'est très bien. Merci vraiment, Cara.

Désignant d'un signe de tête le repas servi, cette dernière répondit avec un petit sourire en coin.

- Attends donc d'avoir manger pour me remercier, il se pourrait que tu changes d'avis.

Sans attendre de réponse, elle partit sur la terrasse emportant dans ses mains ce qui composerait son dîner.

Din la rejoignit sitôt son repas achevé et la trouva assise au creux d'un vieux fauteuil dont le rembourrage s'était tassé depuis bien longtemps. Ses paupières fermées lui laissèrent penser qu'elle s'était assoupie, aussi le surprit-elle, lorsqu'elle lui désigna, sans prendre la peine d'ouvrir les yeux, un fauteuil près du sien.

- Alors, toujours envie de me remercier ? demanda-t-elle sitôt qu'il se fut assis.

Sous son casque, il ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire.

- Toujours. Merci pour tout, Cara.

- Pas de quoi, marmotta-t-elle en ouvrant enfin les yeux.

Pendant un temps, ils restèrent silencieux, le regard tourné vers le ciel étoilé. Din contemplait les astres bien moins pour leur beauté que pour la pensée qu'ils lui évoquaient. Quelque part sur l'une des planètes dans l'ombre de ces points lumineux, Grogu passait sa première nuit sans lui. Tandis que la peine causée par leur séparation lui serrait la gorge, il glissa une main dans une petite poche située dans l'épaisse protection de cuir qui lui couvrait la poitrine et en sortit la petite boule argentée que l'Enfant chérissait tant. Avec délicatesse, il la fit rouler entre ses doigts gantés. Il se laissa peu à peu envahir par ses souvenirs. Il se rappela sa rencontre avec le petit quand ses yeux immenses et innocents avaient émergés de la couverture duveteuse et combien cette découverte l'avait surpris. Il se remémora ensuite le moment où le petit l'avait protégé jusqu'à l'épuisement et lui avait sauvé la vie. Soudain, une voix familière le tira de sa rêverie.

- Tu penses à l'Enfant.

- Il s'appelle Grogu.

- Grogu ! Quelle idée bizarre! En même temps, pour un petit bonhomme vert comme lui, pourquoi pas. Tu l'as appris comment ?

- Par la Jedi, celle que nous avions rencontrée avant aller sur Tython. Elle a pu communiquer avec lui par la pensée.

Piquée par la curiosité, Cara voulut entendre le récit des confidences que le petit avait alors fait. Din raconta le début de vie de Grogu. De son apprentissage par des maîtres au temple, à son sauvetage par un bienfaiteur inconnu lors de la destruction du sanctuaire Jedi puis enfin ses longues années de survie dans la solitude et la peur. Quand il eut achevé son récit, il se sentit épuisé. L'évocation des malheurs de son fils lui était si douloureuse qu'elle lui avait ôté toutes ses forces.

- Pauvre gosse ! C'est pas étonnant qu'il n'ait plus jamais voulu te lâcher.

La main gantée se crispa autour de la boule métallique.

- Pourtant aujourd'hui, il a choisit de...

Cara l'interrompit avant que la mélancolie ne le submergea.

- Il est temps d'arrêter pour ce soir ! Je suis d'avis que nous ferions mieux d'aller nous coucher.

Elle poursuivit en ignorant le silence de son ami.

- Prends ma chambre, au moins tu pourras dormir correctement.

- Cara, tu es chez toi. Je ne peux pas ...

- Arrête ! L'interrompit-elle. Dis moi, depuis combien de temps tu n'as pas dormi dans un vrai lit ? Je parie que tu ne t'en souviens même pas.

Elle disait vrai, mais cela n'empêcha pas Din de décliner l'offre pour la seconde fois. Tandis qu'il la suivait à l'intérieur, la jeune femme resta sourde à ses protestations. Bien au contraire, elle ouvrit la porte de la chambre et la tint grande ouverte en lui souhaitant une bonne nuit. Din connaissait la détermination dont elle était capable et pour ce soir, il était trop épuisé pour continuer à s'opposer à elle.

...

A suivre...

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