Chapitre 11 Tous ensemble.

Deux jours, plus tard, la jeune fille en sortant de l'infirmerie après le contrôle de Mû, alla s'asseoir sur un rocher non loin et ferma les yeux, laissant une larme solitaire couler le long de sa joue pâle. Elle avait du mal à accepter de devoir encore patienter pour retrouver la totalité de ses moyens et de ses capacités. Elle en était là de ses réflexions quand elle perçut des pas venant vers elle. Elle se tourna vers celui qui arrivait. Elle a reconnu Death Mask à sa démarche et à sa voix.

Death Mask : Salut bellissima, qu'est ce que tu fais là ?

Cécile : Bonjour Angelo, je réfléchis et j'attends deux heures pour aller retrouver mon père.

Death Mask : Qu'est ce qu'il te veut encore, celui-là ?

Cécile : Il n'a pas voulu me le dire et il le fera quand il le désirera, c'est mon père, j'ai toute confiance en lui.

Death Mask : Si tu le dis,j'ai besoin de toi, tu m'accompagnes au Cancer ?

Cécile : Me voilà, mais je te préviens, je n'ai pas le droit de rester debout ou en marchant plus d'une demi-heure par jour.

Masque de la mort : Alors, je t'enlève ! Fit-il en la soulevant et en se mettant en marche vers son temple. Elle rit alors que celui qu'on nommait l'assassin du Sanctuaire la portait tout en chantonnant en italien.

Cécile : Tu sais que là, tu vas terrasser tous ceux qui nous voient d'une crise cardiaque ?

Death Mask : Bah, ça m'évitera d'avoir à aller les tuer pour qu'ils tiennent leur langue.

Cécile : Arrêtes, Angelo, je sais que tu n'es pas comme ça, alors n'essayes pas de me faire peur !

Death Mask : Oh, ce n'est pas toi que j'essaye d'effrayer, c'est le garde du corps que t'as collé Shaka ! Sors de ton trou, Shiva !

Le chevalier du Paon se montre derrière eux.

Cécile : Shiva, que fais-tu là ! Arrêtes de me surveiller, je n'ai aucune intention de te voler ton maître, rassure-toi.

Shiva : Je...je voulais simplement vous parler, princesse. En particulier, si c'est possible.

Cécile : D'accord, rejoint moi à quatre heures sur le parvis de la Vierge.

Shiva : Merci !

Il tourna rapidement les talons.

Death Mask : On dirait que c'est pas le grand amour !

Cécile : Il m'énerve, toujours derrière moi pour vérifier que je ne lui vole pas Shaka ! Il me reproche aussi de ne pas avoir ramené Agora.

Death Mask : Mais c'est le choix d'Agora, pas le tien.

Cécile : Il ne comprend pas. Il faut que je puisse convoquer son âme.

Death Mask : Je peux-être t'aider, pour ça !

Cécile : Merci !

Ils continuèrent leur chemin sans croiser personne jusqu'au temple du Cancer. Là, Angelo fit asseoir la jeune fille sur une chaise et lui présenta une cuillère de nourriture.

Death Mask : Dis moi ce que tu en penses ?

Cécile : C'est délicieux. C'est quoi ?

Death Mask : Pasta à la bolognaise et en dessert fraises à la chantilly et au romarin. C'est pour séduire mon homme. Tu m'aiderais à décorer la table et à choisir mes habitudes.

Cécile : Tu demandes ça à une aveugle ?

Death Mask : Je sais que tu vois parfaitement malgré ce handicap et je sais que tu sauras me conseiller efficacement sans rien dire.

Elle acquiesça en riant et se mit à l'œuvre sans tarder. Une heure plus tard, elle sort, un léger sourire aux lèvres et rejoint la Vierge en souhaitant que tout se passe bien pour le chevalier du Cancer. Shaka l'attente sur le parvis du temple. S'assurant qu'il n'y avait personne, il la serra contre lui.

Cécile : Tu voulais me voir, père ?

Shaka : Oui, viens entrons.

Il lui propose galamment son bras et elle l'accepte en souriant. Ils entrèrent à l'intérieur et là, il la conduisit jusqu'à Twin Sals avant de demander doucement.

Shaka : Qu'as-tu, ma fille, je sens que tu reproches quelque chose, quelque chose te chagrine ?

Cécile : J'ai failli, père, là-bas, plusieurs fois j'ai voulu abandonner, j'ai perdu tout espoir de vous revoir, je…

Il lui coupa la parole en la prenant contre lui et lui murmura.

Shaka : Ne te le reproches pas, tu n'as pas failli. Tu as connu des moments difficiles et avec l'aide de tes frères, tu as retrouvé l'espoir et tu as réussi à tous te faire revenir, ne tes mines pas avec des reproches vides de sens. L'essentiel c'est que vous soyez tous là, en vie, et que vous ayez surmontez cette épreuve ensemble. Tu n'es pas omnisciente et omnipotente et c'est bien ainsi, tu as fait de ton mieux, c'est tout ce qui compte.

Cécile : Merci, père mais Agora, je ne l'ai pas ramené !

Shaka : Cesses avec ça, tu as agi au mieux, en prenant en compte la volonté de chacun et Shiva n'est qu'un imbécile qui ne comprend pas que son ami ne voulait pas revenir. Tu as fait tout ce que tu pouvais, là aussi et il n'y a rien d'autre à dire. Entendu ?

Cécile : Oui, père, je crois. Merci de tes paroles.

Shaka : Je les pense sincèrement. Maintenant, viens, j'ai quelqu'un à te présenter. Il la conduisit sous un des säls et elle vit un magnifique colibri voleter autour d'un nid.

Cécile : Biki ?

Shaka : Non, Chiara, sa compagnie !

En effet, le colibri apprivoisé de Shaka était venu se poser sur l'épaule du chevalier alors que le deuxième oiseau venait se poser près de la jeune fille avec circonspection.

Cécile : Bonjour, Chiara, tu es superbe. Avec son père, elle observa la parade des deux oiseaux qui s'ébattait autour d'eux.

Laissant les oiseaux ensemble, le père et sa fille s'assirent sous l'autre säls et discutèrent paisiblement. A quatre heures comme elle l'avait promis, elle rejoignit Shiva sur le parvis du temple.

Shiva : Princesse, je …

Cécile : Arrêtes avec ce princesse que tu ne penses pas et que tu me jettes à la figure comme une insulte. Nous sommes deux disciples du chevalier de la Vierge alors conversons comme des disciples.

Shiva : Bien, accepte-tu de venir avec moi ?

Cécile : Je te suis !

Elle le suivit en silence, se demandant ce que lui voulait le chevalier. Elle était parfaitement consciente qu'il la détestait et s'interrogeait sur ce qu'il lui reprochait de plus que la mort d'Agora.

Ils s'arrêtèrent près d'une petite crique de galets. Il s'assit sur un gros rocher face à la mer.

Shiva : C'est Agora qui m'a montré ce lieu. Nous y venions après les rapports au maître et avant de partir en mission. C'est ici qu'il m'a dévoilé son cœur.

Cécile : Et tu me reproches de ne pas avoir ramené.

Shiva : Pourquoi ? Fit-il en se retournant.

Cécile : Je te l'ai déjà dit, il a refusé de revenir. J'ai demandé à chaque âme que je voulais ramener, et trois d'entre elles ont refusé. Tu pleures un ami et un amant, je pleure mon maître qui a aussi refusé ce retour tout comme Argol de Persée.

Shiva : Je n'ai que ta parole pour le prouver !

Cécile : T'es tu ouvert au maître de ceci ?

Shiva : Tu ne me laisses guère le loisir de le voir !

Cécile : Fais attention à ce que tu vas dire, Shiva, je pense que le maître serait peu content de savoir que tu le crois injuste et inéquitable. Il est vrai que je partage un secret avec lui, il te le révélera s'il le souhaite, mais je ne t'empêche pas de venir le voir. C'est toi seul qui te tiens à distance, rien ne t'empêches de te joindre à nous, rien ne t'empêches d'aller le rejoindre quand tu le désires.

Shiva : Il ne veut pas de ma présence ! Je vous ai vus, il a des gestes avec toi, ...c'est ton amant !

A ces mots, elle ne met pas s'empêcher de rire.

Cécile : Non, pas du tout, ce n'est pourtant pas un secret, j'aime Hélios de tout mon cœur, de toute mon âme. J'ai un profond respect, une grande admiration et beaucoup d'affection pour le chevalier de la Vierge, mais je t'assure qu'il n'est pas mon amant. Vas le rejoindre, parle avec lui et rejoint moi ici demain à la même heure, je t'apporterai la preuve que c'est Agora lui-même qui a refusé de revenir.

Shiva : Pourquoi pas maintenant ?

Cécile : Parce que j'ai certaines obligations et que j'ai quelques préparatifs à faire. Et que je suis en retard, Hyoga va m'assassiner. Ajouta-t-elle après avoir effleuré la montre qu'elle portait au poignet.

Elle s'éloigna rapidement , légère et vive comme un oiseau. Le chevalier ne se rendit absolument pas compte qu'elle éprouvait de la difficulté à marcher et qu'elle souffrait. Il se tourna à nouveau vers mer, songeant aux paroles qu'ils venaient d'échanger. Il avait remarqué la parfaite sincérité de l'adolescente et se mit à méditer dans ce lieu chargé de souvenirs. La jeune princesse s'empressa de retourner à la demeure où elle vivait avec ses frères. Le chevalier du Cygne la vit arriver rapidement. Son léger boitement et la brève douleur qu'elle laissait transparaître n'échappèrent pas à l'œil de son aîné.

Hyoga : Ne cours pas, ma puce.

Cécile : Désolée pour le retard, je discutais et je n'ai pas vu l'heure.

Hyoga : C'est rien, je préfère que tu sois en retard et que tu ne cours pas, tu n'as pas encore complètement cicatrisé, tu le sais !

Cécile : Je sais, je sais ! Maugréa-t-elle.

Il rit doucement de son mouvement d'humeur et la souleva facilement.

Hyoga : Allez, mademoiselle, au lit ! Pour toi ce soir, repos obligatoire, plus question de poser les pieds par terre.

Cécile : Hyôga ! J'ai respecté mes trente minutes, à peu près !

Hyoga : Céc', il te faut de la patience et une stricte obéissance pour cicatriser correctement ! Je te dis trente minutes maximum, c'est pas pour que tu fasses au moins trente minutes de marche ou de station debout. Je sais que c'est dur pour toi, mais tu dois écouter. Sinon, ton cosmos va mettre plus de temps à te guérir, c'est tout ce que tu vas gagner.

Cécile : Je ne comprends pas, je n'ai plus d'orichalque, mon cosmos n'a plus de barrière, pourquoi ne pas l'enflammer un bon coup pour accélérer la guérison ?

Hyoga la déposa sur son lit et s'assit à ses côtés avec un petit soupir, il n'aimait guère avoir à la raisonner.

Hyoga : De un parce que tu sais très bien que si tu fais ça, tu vas te payer un contre coup d'enfer, de deux, tes muscles et tes nerfs ont été fortement endommagés par la lance. Tu ne serais pas chevalier, tu serais clouée dans un fauteuil définitivement ! En plus, en marchant tu sollicites tes muscles et tes nerfs qui ne sont pas totalement guéris. Tu dois patienter. Et puisque tu n'écoutes pas, je vais devoir veiller à ce que tu ne forces pas. Demain, c'est repos, allongée.

Cécile : Hyoga, je dois aller voir Shiva, demain après midi !

Hyoga : Et pourquoi ?

Cécile : Parce que s'il n'a pas ses réponses, il va faire une très grosse bêtise, et là, j'ai pas la force de le ramener encore une fois et pas vraiment envie non plus, c'est tellement dur. Et c'est pas les trois fois où tu l'as croisé et la fois de Camus qui va aider. Et puis, vous ne le voudriez pas.

Hyoga : C'est sûr que je ne le porte pas dans mon cœur, celui-ci ! Ok, tu auras dix minutes et sous surveillance. Maintenant, je te donne un peu de morphine, il faut que tu dormes.

Cécile : J'ai pas si mal que ça, grand-frère !

Hyoga : A d'autres, j'ai vu ton boitement et ta grimace de douleur ! Je te connais, ma puce !

Elle ne répliqua pas, elle savait que le Cygne avait raison et qu'il ne l'écouterait pas, son esprit se tourna vers Shiva et comment elle pourrai s'y prendre pour convoquer l'âme d'Agora sans y épuiser ses forces.

Le lendemain à l'heure dite, elle était sur la petite plage avec Death Mask, Hélios, Hyoga s'étant posté sur la falaise. Shiva la rejoindre après avoir passé un long moment avec son maître. Ce dernier lui ayant fait comprendre que son attitude envers la princesse Sérénity aurait pu lui causer de nombreux problèmes si elle n'était pas intervenue et lui assurant qu'elle n'avait pas eu le choix concernant le retour à la vie d'Agora, elle ne pouvait dépasser le refus d'une âme. Il invita son disciple à revenir le voir après vu la princesse. Aussi ce fut un Shiva songeur qui rejoignit le petit groupe.

Shiva : Princesse, Prince, Chevalier, pourquoi autant de monde ?

Cécile : Je ne peux pas, pour l'instant, t'offrir ma preuve sans leur assistance. Mets toi ici, ne bouge pas et pense à Agora intensément. Fit-elle en le menant devant une bougie dorée et une rose blanche. Death Mask ouvrit un passage vers le monde des morts grâce à Seikishiki et les deux héritiers de la Lune combinèrent leur énergie pour invoquer l'âme d'Agora, se fiant à l'esprit de Shiva pour les guider. Une image translucide du défunt chevalier du Lotus est apparue.

Shiva : Agora !

Cécile : On va vous laissez discuter, c'est éphémère, vous avez un quart d'heure, pas plus.

Hélios lui prit le bras et ils remontèrent ensemble suivis par le Cancer.

Shiva : Agora, tu me manques tellement !

Agora : Tu me manques aussi et j'espère t'attendre très longtemps en même temps.

Shiva : Pourquoi, n'es-tu pas revenu ?

Agora: Malgré tout ton amour, j'ai déçu notre maître, j'ai failli et je ne me sentais pas le courage de recommencer, nous avons été aveuglé par notre dévotion Shiva, nous avons oublié que maître Shaka nous a toujours enseigné le respect et la dévotion envers notre déesse. Alors, lorsque la princesse Sérénity m'a proposé de revenir, j'ai refusé, elle a pourtant essayé de me convaincre puis voyant qu'elle n'y parvenait pas, m'a offert une place au Nirvana. Je suis heureux et je t'attendrai, maintenant, nous n'allons pas faire que discuter, n'est ce pas ?

Shiva : Tu es un esprit, Agora !

Agora : Tu n'as pas foi dans le cadeau de la princesse ? Tu m'aimes plus ?

Shiva : Bien sûr que je t'aime !

Agora : Alors, crois, Shiva, crois en ma présence !

Le jeune homme, se souvint du premier baiser échangé sur cette plage et sous ses yeux, l'image prit de la consistance et Agora posa ses mains sur les joues du chevalier du Paon et lui dédia un profond baiser, avant de le faire basculer sous lui.

Shiva : Tu es là, vivant !

Agora : Nous avons peu de temps, Shiva, laisse moi t'offrir cette dernière fois.

Malgré le temps qui leur faisait cruellement défaut, il fut très doux et prépara son amant à sa venue avec tout son amour. Il le posséda avec délicatesse et l'étreignit contre lui. Alors qu'il embrassait Shiva, il redevint éthéré et sa présence s'évanuit. Il murmure simplement.

Agora : Adieu, mon beau Shiva, trouve le bonheur, il n'est pas si loin.

Le Paon se rajusta, les larmes aux yeux, se demandant s'il avait rêvé ce qui venait de se passer. La gêne qu'il ressentit en s'asseyant se chargea de lui montrer que c'était bien la réalité. Il remonta une heure plus tard et rejoignez le temple de la Vierge. Sur le parvis du temple, il croisa Babel du Centaure qui le croisa et le salua avec un large sourire.

Babel : Bonjour, chevalier Shiva !

Shiva : Bonjour ! Répondit-il distraitement. Il ne vit pas le sourire de victoire de Babel ni celui-ci prendre sa course jusqu'à la demeure des chevaliers divins. Il arriva en même temps que Hyoga qui portait sa cadette dans ses bras.

Babel : Il m'a répondu et m'a souri, enfin ! Merci princesse !

Cécile : Du calme, Babel, et surtout laisse lui du temps, je lui ai juste montré le début du chemin et l'âme d'Agora a fait le reste, mais il va falloir que tu sois vraiment patient.

Babel : Je sais, mais d'habitude il ne me remarque même pas, et ne réponds pas, là, pour la première fois, il m'a adressé la parole !

Cécile : Ravie que cela te fasse cet effet ! Allez, files t'épancher auprès de Ptolémée, je te ferais signe si j'ai du nouveau.

Babel : Merci, je peux ? Demanda-t-il à Hyoga avec un grand sourire. Ce dernier acquiesça en riant et Babel posa deux baisers sonores sur les joues de la jeune fille qui se mit à rire.

Cécile : Si tu m'embrasses pour un « bonjour et un sourire » que vas-tu faire quand il va te tomber dans les bras ?

Babel : Surprise ! Il repartit en gambadant, tout heureux.

Hyoga : Je comprends mieux pourquoi tu tenais tant à aider cet idiot de Paon.

Cécile : Babel m'a demandé de l'aider mais je tenais aussi à montrer à Shiva qu'il doit profiter de cette deuxième vie. Ne serais-ce pour qu'il me lâche un peu les baskets !

Ils se sourirent et il la ramena à l'intérieur.

A la Vierge, Shaka attendait son disciple, il le vit répondre au chevalier du Centaure et se permit une ombre de sourire, l'action de sa fille avait au moins eu le mérite de lui faire entrevoir que son univers ne se limitait pas à son maître et à son défunt ami. Il n'était pas sur que son disciple avait la maturité nécessaire pour comprendre le secret qui le liait à l'adolescent mais celle-ci l'avait fortement encouragé à le lui révéler.

Shiva : Maître, vous m'attendez ?

Shaka : En effet, suis-moi ! Sans attendre la réponse, il tourna les talons et retourna dans son temple avant de s'installer en lotus contre un pilier.

Shiva : Maître ?

Shaka : Alors, que t'as appris la princesse ?

Shiva : Elle a convoqué l'âme d'Agora pour moi. Je dois aller m'excuser auprès d'elle, n'est-ce pas ?

Shaka : A toi de voir, Shiva, est ce tout ce que tu as appris ?

Shiva : Non, Agora tenait vraiment à moi et je n'ai pas suffisamment compris ce que vous nous apprenez !

Shaka : Bien ! Et quoi d'autre ?

Shiva : Je dois accepter la décision d'Agora et ne pas me morfondre.

Shaka pensa en lui-même que la route allait être très longue et choisi d'ouvrir un peu plus les yeux de son disciple.

Shaka : Et t'ouvrir aux autres, Shiva, ne l'oublies pas !

Shiva : Maître, je...j'aimais Agora profondément !

Shaka : Contrairement à toi, je ne suis pas aveugle à ce point et je le sais, Agora m'avait confié qu'il t'aimait et qu'il pensait que tu avais toi aussi des sentiments pour lui. Maintenant, tu dois apprendre à respecter Athéna, nos princesses, et à t'ouvrir au monde extérieur. Aussi, pour les deux prochaines semaines, tu seras de garde avec les autres chevaliers d'Argent. Shina a mis en place un planning, elle t'indiquera tes horaires. Tous les jours où tu seras disponible, tu viendras me voir, nous travaillerons sur ce que tu as oublié. Et si tu travailles bien, peut-être consentirais-je à te révéler le secret que je partage avec notre jeune princesse Sérénity.

Shiva : Merci, maître ! Merci beaucoup !

Il sort peu après, un peu rassuré et se rendit dans le bureau de Shina qui lui transmit ses horaires et l'envoya prendre ses quartiers aux baraquements des Argents.

Shina : Tu commence avec Babel, demain. Il t'attend aux baraquements, tu peux disposer.

Shiva : Merci !

Il sortit pour rejoindre ses quartiers et prendre quelques affaires.

Trois semaines plus tard, alors que la jeune fille revenait du temple des Gémeaux, elle croisa Babel et Shiva.

Babel : Princesse, on vous cherchait !

Cécile : Je suis là, que puis-je faire pour vous ?

Shiva : Nous accompagner faire un petit tour ?

Cécile : Si vous me promettez qu'il n'y a pas une petite fête surprise au bout,volontiers !

Babel : Non, pas de petite fête ! Vous semblez bien sombre !

Cécile : Je commence à fatiguer d'être surprotégée en permanence, ne faîtes pas attention. Sourit-elle doucement.

Ils l'entraînèrent non loin, dans une petite arène rarement utilisée. Là, Shiva alla chercher un petit paquet eveloppé et le mit dans les mains de la jeune fille.

Shiva : Babel a dit tout ce que vous aviez fait, merci infiniment, princesse, j'espère que vous accepterez de me pardonner un jour.

Cécile : Je t'ai pardonné depuis longtemps, tu souffrais Shiva, rien d'autre. Es-tu heureux aujourd'hui ?

Shiva : Très heureux ! La déesse a accepté de bénir notre union.

Babel : Voulez-vous être notre témoin ?

Cécile : J'accepte avec plaisir mais Ptolémée et Shaka ?

Shiva : Ils ont également accepté, ouvrez votre cadeau.

Curieuse, elle défit cependant soigneusement l'emballage et découvrit un objet sculpté. Ses mains passèrent longuement et délicatement sur la figurine, et grâce à son cosmos vit parfaitement que les deux chevaliers lui avaient offert un oiseau taillé dans le bois.

Cécile : Il est magnifique, merci beaucoup.

Shiva fit un petit signe et Hélios et Shaka s'approchèrent à pas de loup. Hélios posa ses mains sur les yeux de son amie en lui murmurant.

Hélios : Il est temps que tu apprécies ce magnifique cadeau à sa juste valeur.

Cécile : Hélios ?

Hélios : Je t'aime tant ! Il enflamma son cosmos et activant son pouvoir de guérison, régénéra les yeux bleus inertes. Shaka lui prit les mains et lui dit doucement.

Shaka : Ouvres les yeux , lentement, pour te réhabituer à la lumière.

Elle obéit docile et quelques minutes plus tard contemplait le petit colibri offert, avec ravissement.

Cécile : Vraiment, magnifique, merci beaucoup à tous les quatre.

Babel : Ce n'est pas grand-chose, princesse !

Cécile : Moi, j'apprécie et …

Shiva : Désolé, princesse, mais ce n'est pas fini !

Un par un les chevaliers du Sanctuaire les rejoignait. Ce fut Marine qui prit la parole.

Marine : Princesse Sérénity, vous avez toujours soutenu que vous ne vouliez pas qu'on vous remercie d'avoir ramené tout le monde, que vous aviez fait ça pour vous aussi. Mais vous avez fait ça avec tant de délicatesse et d'humanité que nous tenions à vous remercier et à vous faire un modeste cadeau.

La jeune fille était devenue rouge tomate et seuls les bras de son prince lui enlaçant la taille l'empêchait de fuir la réunion. Geist et June lui apportèrent un impressionnant bouquet de fleurs et ce fut Daidalos qui lui apporta un coffret contenant un fin diadème. Shion le prit et lui posa dans les cheveux.

Shion : Pour que nul n'ignore tes bienfaits, nous avons tous donné un petit morceau de notre armure afin de confectionner ce diadème. Il est le garant que tu seras toujours protégé ici et te prouve notre reconnaissance.

Cécile : Merci à tous, c'est magnifique, mais vous voir heureux et en paix me suffit largement.

Saga : C'est quelque chose que nous tenions à faire, princesse ! Et ce n'est pas tout ! Venez !

Il l'entraîna avec lui jusqu'à la grande arène, où était disposé un buffet et où patientait la déesse Athéna, Hilda de Polaris,Poséidon,trois des généraux Marinas, Myu du Papillon et les sept guerriers divins.

Athéna : Approche, mon amie !

Toujours confuse d'autant d'attentions, elle obéit néanmoins et vint mettre un genou à terre devant sa déesse après avoir élevé son cosmos et revêtu la longue robe de Sérénity.

Athéna : Hadès ne pouvait pas venir, mais il a envoyé Myu le représenter. En ce jour, nous remettons cette broche bénie par nous quatre et qui te permettra de circuler librement dans chacun de nos royaumes. Tu es sacrée Ambassadrice Honoraire et Icône de paix. Merci de tes efforts, jeune princesse de la Lune.

Ce fut Poséidon qui accrocha la broche représentant un rameau d'olivier et un salve d'applaudissements retentit reprit par tous ceux qui étaient présents. Elle fit une révérence et Athéna consciente que son chevalier détestait être au centre de l'attention déclarant ensuite que le buffet n'attendait qu'eux et les invita à partager ce moment de paix et de bonheur. La jeune fille se réfugia près de son prince et des chevaliers d'or. Babel vint la trouver.

Babel : Désolé, je vous avait promis pas de « petite fête » ! Mais vous êtes si difficile à surprendre.

Cécile : Effectivement, c'est pas une petite fête, je ne t'en veux pas Babel, rassures toi. Comment avez-vous réussi à faire taire Seiya ?

Saga : On lui a rien dit jusqu'à ce matin et je t'ai tenu à l'écart des derniers préparatifs tout à l'heure. Et Canon a quelque chose pour toi.

Cécile : Encore ?

Canon qui s'approchait avec Baian et Sorrente lui sourit gentiment.

Canon : On a bien aimé leur idée du diadème forgé avec un bout d'armure mais on s'est dit que tu avais encore le droit d'être une adolescente et de rêver. Dit-il avec un sourire farceur. Baian, Sorrente et Canon lui tendirent trois petits paquets. Il y avait une peluche en forme de panthère, un livre sur les mythes et légendes du monde et un collier avec une nacre en forme de dauphin.

Cécile : Merci, c'est très beau, j'adore. Et maintenant, si on allait profiter du buffet !

Tous acquiescèrent en riant et ils se mêlèrent à la joyeuse fête.

FIN