Bonjours à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? Pour ma part, j'ai fini les premiers jets de mon premier roman. Je dois encore le corriger, bien sûr, mais c'est une étape importante pour moi.
Bref, je vous souhaite une bonne lecture et vous invite à me donner votre avis via les reviews :) Je vous laisse avec nos Maraudeurs et leurs vacances... mouvementées.
Le début de l'été passait à une allure bien lente pour Lily, coincée qu'elle était dans cette banlieue moldue sans vie. Elle n'avait pas croisé Severus depuis son retour à Carbone-les-Mines et sûrement avait-il compris, à présent, qu'elle l'évitait comme la peste. Pétunia, elle, vivait sa plus belle histoire d'amour avec ce Vernon. En réalité, Lily n'avait rien contre cet homme qui semblait rendre si heureuse sa soeur mais devoir se cacher comme si elle n'était qu'un monstre, le tout dans sa propre maison, lui faisait mal. Lily se sentait terriblement seule et ce n'était pas les quelques lettres qu'elle échangeait avec Alice et les autres filles de son année qui changeraient quelque chose.
- Lily, vient m'aider en cuisine !
Encore une fois, Mrs Evans avait décidé d'inviter du monde dans leur petite maison en se disant que cela dériderait sa fille cadette, en vain. Lily vint l'aider sans décrocher plus de quelques mots.
- Lily, est-ce que tu veux me parler de ce qu'il s'est passé avec Severus ?
Lily ne répondit pas. Il était évident que sa mère se rendrait compte que sa relation avec Severus n'était pas au beau fixe et il ne faisait aucun doute qu'elle avait dû en parler avec Eileen.
- Lily, s'il te plait.
- Non, maman.
Devant le mutisme de sa fille, Mrs Evans se sentit affreusement mal. Lily, elle, regrettait un peu d'être ainsi mais elle ne se sentait vraiment pas de devoir expliquer à sa mère qu'elle se sentait de moins en moins moldue, qu'elle avait besoin d'être chez les sorciers et que, dans cet autre monde, des gens voulaient sa mort et que, parmi ces gens se trouvaient sûrement son meilleur ami de toujours. Elle-même n'était pas totalement sûre de tout ce qu'il se bousculait dans sa tête alors de là à pouvoir l'expliquer…
- Eileen va sur le Chemin de Traverse après-demain.
Comme souvent lorsqu'elle ne savait pas comment en parler, Mrs Evans laissait juste l'information qu'elle pensait utile en suspens. Lily l'écouta attentivement avant de continuer à préparer le repas en silence. Lorsqu'elles eurent fini, la plus jeune repartit dans sa chambre.
Sans le savoir, Sirius se trouvait pour la première fois très proche de l'avis de Lily : l'été était long. Depuis la naissance de Nymphadora trois ans plus tôt, Orion et Walburga Black étaient devenus de plus en plus détestables, ce qui faisait qu'ils commençaient réellement à battre des records. Dans sa chambre, les murs étaient brûlés et Sirius aurait tout donné pour pouvoir accrocher de nouveau ses posters à l'effigie de motos moldues ou encore ses effets personnels liés à Gryffondor mais il ne le pouvait pas. A part attendre que Kreattur vienne réparer les murs, Sirius n'avait rien à faire. Sa baguette avait été confisquée pour qu'il puisse "voir ce que ça fait que de vivre comme un vulgaire moldu". Ses parents espéraient sûrement qu'il comprenne et qu'il revienne dans le droit chemin. Seulement voilà, plus les années passaient et plus Sirius avait envie, besoin même, de s'en éloigner. Un hibou toqua à la fenêtre et Sirius s'empressa d'aller lui ouvrir. Camélia, la chouette de James, entra dans un battement d'ailes pressé.
"Patmol,
J'espère que tu vas bien, je n'ai pas eu de nouvelles depuis le début des vacances et je sais que Remus et Peter n'en ont pas eues non plus. C'est bientôt la pleine lune, seras-tu là ?
On s'inquiète pour toi.
Ma maison te seras toujours ouverte.
James
PS : J'ai croisé Mary McDonald, j'espère que tu sais que tu as une chance."
Les lettre de James, Remus et Peter étaient ses seuls rayons de Soleil dans cet atmosphère morne. Privé de tout, même de voir son propre frère, et punis à vivre reclu dans sa chambre, Sirius n'avaient plus qu'eux pour s'occuper et penser à autre chose. Il n'avait même pas droit de leur répondre et il se détesta instantanément de laisser tomber Remus mais il ne pouvait pas expliquer à ses parents qu'ils devaient lever sa punition pour qu'il aille aider l'un de ses meilleurs amis, un loup-garou sang-mêlé.
- Repas.
Kreattur posa le bol à moitié vide sur le bureau avant de repartir. Il devenait de moins en moins aimable envers Sirius; il fallait croire que son aversion pour ce jeune maître insolent ne faisait que de grandir. Sirius regarda le nombre de trous et de gravures dans le bureau. S'il ne se trompait pas, c'était son deuxième repas en deux jours, un record depuis son arrivée au Square Grimmaurd. Que valait donc cet honneur ?
La réponse ne vint que le soir-même, vraisemblablement après l'heure du repas auquel il n'avait, une fois de plus, pas été convié. La porte de la chambre s'ouvrit et Sirius crut à une hallucination.
- Suis-moi.
Orion Black était de ceux qu'on écoutait sans parler, qu'on suivait sans hésiter. Malgré l'envie cinglante de lui désobéir, Sirius fit, pour une fois, ce qu'on attendait de lui. Ils arrivèrent dans le petit bureau où Walburga les attendait déjà.
- J'ose espérer que ta punition t'a remis les pendules à l'heure, commença sa mère.
Sirius savait que s'il parlait, il dirait indubitablement ce qu'il pensait et ce n'était pas du tout ce dont il avait besoin à ce moment-là. Il hocha simplement la tête, ce qui sembla suffir à ses parents.
- Demain soir, nous sommes conviés chez les Bulstrode. Tu viendras avec nous et tu rencontreras les jeunes femmes que nous te présenterons.
Orion et Walburga ne virent que trop bien que leur fils se retenait de les insulter. Mr. Black continua sur sa lancée.
- Regulus sera également présent. Tu le conseilleras également. Il est temps que vous vous trouviez de jolies fiancées. A votre âge, Narcissa et Bellatrix avaient déjà leur mariage en tête.
Comme d'habitude lorsqu'il était question de ses cousines, on ne parlait pas d'Andromeda. Cette dernière manquait terriblement à Sirius qui n'avait pas pu la voir depuis son départ. Il savait qu'elle était mariée, vraisemblablement heureuse et maman d'une petite fille et lui ne pouvait que l'envier d'avoir réussi à fuir leur situation. Sirius espérait la revoir et rencontrer sa famille un jour.
- Tu peux retourner dans ta chambre, soit prêt lorsque nous viendrons te chercher.
La punition n'était pas encore levée; Sirius s'en voulut presque d'y avoir cru. Cette réunion avec ses parents avait été à l'image de toutes les autres : à sens unique. Il était leur objet. De retour dans sa chambre, il remarqua qu'un petit bout de parchemin était apparu sur son lit.
"Père et mère m'ont dit pour demain soir. Il y aura toutes les grandes familles, comme les Potter ou les Pettigrow."
Parfois, Sirius se demandait comment Regulus pouvait autant donner l'impression d'être dans tous les camps à la fois. Cependant, le cadet Black était bien naïf. Sirius savait que ni James ni Peter ne seraient à ce rendez-vous. Le lendemain soir était aussi et surtout un soir de pleine lune. Entre aider Remus et être convié à une soirée d'aristocrates fascistes, le choix était vite fait. Sirius n'avait plus qu'à trouver comment il allait faire pour s'enfuir.
James s'inquiétait. Sirius ne répondait pas à leurs lettres et, même si c'était courant qu'il prenne plus de temps lorsqu'il était chez ses parents, c'était bien la première fois qu'ils restaient ainsi sans nouvelles. James avait tenté de convaincre ses parents d'aller chez les Black mais ils avaient refusé. Sans raison valable, cela ne serait devenu que plus étrange.
- James, ça suffit, avait grondé son père. Tu le verras lorsque nous serons chez les Bulstrode. Ses parents ne manqueront pas une telle occasion de lui présenter des jeunes filles. Et peut-être devrais-tu y songer aussi.
Quelque peu lâche sur les bords, James n'avait pas encore osé leur parler de Lily pour la simple et bonne raison que leur relation était au point mort. Depuis leur altercation à propos de ce foutu Rogue, elle était même plutôt enterrée. Cependant, il fallait avoir que Mr. Potter avait raison. Il était temps qu'il se trouve quelqu'un mais, à la fois, ce ne serait sûrement pas à la soirée des Bulstrode.
- Je ne pourrai pas être là, j'ai déjà quelque chose de prévu.
Fleamont Potter leva un sourcil. Depuis quand son fils prévoyait des choses ?
- Je dois aller voir une amie.
- Une amie ?
Et voilà que Mrs. Potter entrait en scène, poussée par le fait que son fils unique parle d'une fille.
- Oui, une amie. Je lui ai promis de l'aider à rattraper son retard en métamorphose et elle n'a pas beaucoup de disponibilités.
James vit clairement ses parents échanger un regard avant d'accepter son absence. Il n'aimait pas leur mentir mais il préférait mourir plutôt que de révéler le secret de Remus. Il partit rapidement pour aller prévenir les Maraudeurs qu'il serait définitivement de la partie.
- Il mentait, déclara Flearmont à sa femme.
- Je sais. Mais ça semblait si important. S'il nous ment, c'est qu'il n'a pas eu le choix. Je le connais.
"Remus,
Comment vas-tu pour la dernière fois ? Tu m'as dit dans ta dernière lettre que tu pensais avoir trouvé un bon endroit pour les révisions, qu'en est-il ? Pour ma part, je serai là. Sais-tu si Peter et Sirius seront là aussi ? Je m'inquiète vraiment.
N'oublie pas de me donner l'adresse.
James"
A côté de la lettre de James se tenait celle de Peter qui indiquait, elle aussi, qu'il serait bien là pour la pleine lune. Comme depuis le début de l'été, Sirius n'avait pas donné de nouvelles et Remus se trouvait partagé. D'un côté, bien sûr, il s'inquiétait à en mourir. Sirius leur avait raconté nombre de choses sur ses parents et, malheureusement, il n'avait jamais eu besoin de mentir ou de forcer le trait pour que ses histoires deviennent effrayantes ou malaisantes. Pour ce que Remus en savait, Sirius aurait tout aussi bien pu passer son début d'été accroché par les pieds dans les cachots d'un manoir familial. D'un autre côté, Remus se disait que Sirius n'avait rien à faire avec eux et surtout avec lui. Qu'irait faire un héritier Black au fin fond de la campagne adjacente à Cardiff ? Aller voir son meilleur-ami loup-garou ? Il ne fallait pas rêver, Remus ne méritait pas autant.
Sirius bénissait l'été et ses couchers de Soleil tardifs. Lorsque ses parents lui rendirent sa baguette, bien malgré eux, il ne faisait pas encore nuit. Comme d'habitude, ils feraient un transplanage d'escorte mais, cette fois, Sirius était bien décidé à y échapper. La fenêtre de tir serait bien étroite mais il se devait de l'atteindre.
- Tenez-vous bien à moi.
Dans un sourire presque machiavélique, Sirius attendit que son père compte et lâcha son bras au moment propice. Il se dépêcha de transplaner lui-même avant que ses parents ne viennent le rechercher par la peau des fesses et atterrit dans une forêt qu'il ne connaissait pas mais qu'il avait déjà vue en photo.
- Sirius ?
Ils étaient déjà trois lorsque James, Remus et Peter entendirent le son caractéristique de quelqu'un qui vient d'arriver en transplanant. Sirius n'était arrivé que depuis quelques secondes à peine lorsque James déboula pour le prendre dans ses bras.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
Après quelques accolades, ils s'assirent tous dans l'herbe. La lune ne tarderait pas à apparaître mais, en attendant, ils pouvaient toujours tenter d'en savoir plus sur la situation de Sirius. Au fur et à mesure de son récit, Remus pensa qu'avec ses histoires de cachots, il n'était finalement pas si loin de la vérité et, comme les deux autres, il remarqua à quel point leur ami avait maigri.
- Je ne pourrai peut-être pas être là à la prochaine pleine lune du coup… Je suis désolé.
Et c'est à cet instant que Remus comprit à quel point Sirius tenait à lui. Pour être là, il avait accepté d'être puni jusqu'à la rentrée prochaine, lui qui vivait pourtant pour être libre.
