Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve avec les Maraudeurs et le contre-coup de la fuite de Sirius... Bonne lecture

Au petit matin, lorsque Remus était redevenu lui-même, Sirius fut le premier à partir. Ses parents allaient tout simplement le détruire. Ses amis le remercièrent avant de le voir partir à contre-coeur.

- Tu es toujours le bienvenu à la maison, tu sais, lui rappela James.

Sirius avait seulement haussé les épaules. L'idée était tentante mais il était hors de question de mettre en danger les Potter pour son petit plaisir personnel, on ne pouvait jamais savoir ce que Mr. et Mrs. Black avaient en tête.

En transplanant pour rentrer Square Grimmaurd, Sirius n'eut d'autre choix que d'atterrir sur le pallier et de frapper à la porte de ce qui était techniquement sa propre maison. Kreattur lui ouvrit, un sourire mauvais au visage.

- Maîtresse Black vous attend dans le boudoir vert.

Sirius ne prit même pas la peine de répondre à l'elfe qui, de toute façon, n'en avait que faire de lui. Il avança jusqu'à sa mère qui, sans aucun doute, lui ferait regretter son excursion nocturne. Regulus était également présent et s'empressa d'aller vers son frère dès qu'il le vit.

- Sirius !

- Regulus, le stoppa Walburga Black. Va dans ta chambre.

Le cadet reconnut l'ordre cinglant et sortit de la pièce sans accorder de regard supplémentaire à son frère.

- Sirius. Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer où tu as passé la nuit ?

Mrs. Black avait toujours eu cette façon de parler, infiniment polie mais aussi extrêmement méchante et cinglante.

- Non, mère.

Parfois, Sirius se disait qu'il était idiot mais, en même temps, il ne pouvait pas expliquer à quelqu'un comme sa mère qu'il avait passé sa nuit sous sa forme d'animagus non-déclarée pour aider un loup-garou non déclaré lui-aussi. A part apporter des problèmes à ses meilleurs amis, il n'arriverait à rien. Pourtant, sa mère n'était pas du même avis et elle n'attendit pas plus longtemps pour lancer le premier sort.

- Endoloris !

Sirius tentait de se retenir de crier mais la douleur se faisait de plus en plus forte. Rapidement, il ne parvenait plus à s'empêcher de donner à sa mère ce qu'elle voulait. Cette dernière en profitait pour lui expliquer sa punition, pour lister toutes les choses qu'il n'aurait plus le droit de faire à présent.

Interdit de magie.
Interdit d'avoir sa baguette.

Interdit de sortir de sa chambre.

Interdit d'envoyer ou de recevoir des lettres.

Interdit d'utiliser un quelconque autre moyen de communication.

Interdit de parler sans autorisation.

Obligé d'accepter les fiançailles choisies par ses parents.

Une discussion sur son retour à Poudlard était apparemment également en cours. Le reste de l'été serait indéniablement long.

James n'avait pas pour habitude de regretter quoi que ce soit mais il devait avouer qu'à ce moment-là, il s'en voulait énormément. Il aurait dû forcer Sirius à rentrer avec lui. Il aurait dû l'empêcher de repartir. Qui savait ce qui lui était arrivé ? Aucun des Maraudeurs n'avait eu de nouvelles depuis la pleine lune et ils avaient convenus de ne pas lui envoyer de lettre, par peur que celles-ci n'arrivent entre de mauvaises mains. Plus le temps passait et plus James s'inquiétait. Au fin fond du désespoir, il avait même eu l'idée d'écrire une lettre à la cousine de Sirius : Andromeda.

"Mrs Andromeda Tonks,

Pardonnez-moi de vous envoyer une lettre, surtout au vu du sujet qu'elle aborde, mais vous êtes la seule personne qui pourrait m'aider. Je suis l'un des meilleurs amis de Sirius, votre cousin, et nous n'avons plus eu de nouvelles depuis le début des vacances."

James avait soupiré. Il n'aimait pas mentir mais il ne pouvait pas non plus lui expliquer tout ce qui faisait que la situation de Sirius était compliquée.

"Nous avons peur de ce qu'il aurait pu lui arriver; il semblait en froid avec sa famille, dernièrement. Auriez-vous une idée de ce qu'il se passe ? Sauriez-vous ce que nous pourrions faire pour l'aider ?

Merci d'avance,

James F. Potter"

Depuis son bruyant départ de la maison Black, Andromeda n'avait plus l'habitude de recevoir du courrier. Ted s'occupait de Nymphadora lorsqu'elle ouvrit l'enveloppe. Elle connaissait assez Sirius pour savoir qu'il n'avait jamais été le fils modèle, contrairement à Regulus. Lorsqu'il avait été réparti à Gryffondor, Andromeda en avait entendu parlé pendant des semaines, jusqu'à ce que l'entièreté de la famille accepte, enfin, que Sirius ne pourrait pas changer de maison. Andromeda ne l'avait plus revu depuis son départ de Poudlard, depuis qu'elle était avec Ted.

- Andy ? Qui est-ce ?

Il avait toujours peur qu'il s'agisse d'une lettre de menace comme ils en avaient reçu plusieurs au lendemain de leur mariage et au lendemain de la naissance de leur fille.

- Un ami de Sirius.

- Ton cousin ?

Andromeda hocha la tête.

- Il va suivre mes pas, je pense.

Ted se leva, Nymphadora dans les bras, pour lui apporter du parchemin et de l'encre. Sa femme s'attela instantanément à l'écriture de sa lettre.

"Mr. James Potter,"

James l'avait vouvoyée et Andromeda se demanda un instant si elle était censée faire de même avant de se rappeler que, techniquement, si elle était une femme mariée, lui n'était encore qu'un écolier, même s'ils n'avaient pas énormément d'écart d'âge.

"Je te remercie d'avoir pris le temps de m'écrire. En tant que cousin, Sirius compte beaucoup pour moi. Je suis cependant désolée des mauvaises nouvelles que je vais écrire. Ma tante, Walburga Black, est sûrement la pire mère que l'on puisse avoir, bien différente de Druella, ma mère. Si Walburga a décidé que Sirius doit être puni alors rien ne pourra être fait pour la faire changer d'avis. Comme tu peux t'en douter, je n'ai plus de contacts avec la famille Black et ne suis plus la bienvenue. Je suis donc dans l'incapacité de savoir exactement comment se porte Sirius; je ne peux même pas l'aider de quelque façon que ce soit.

Malheureusement, je pense que tes amis et toi devront attendre la rentrée scolaire en espérant que Sirius continue sa scolarité à Poudlard. N'hésitez pas à me donner de ses nouvelles ou à lui dire de m'écrire directement : je serais ravie de lui répondre.

Andromeda Irma Tonks"

En écrivant son nom, Andromeda versa une larme. Il était étrange de ne plus écrire le nom des Black, de ne plus pouvoir apposer les armoiries de sa famille. Elle n'y était pas encore habituée. Elle ne savait même pas si elle avait encore le droit d'utiliser son deuxième prénom, celui qu'elle avait hérité de sa grand-mère paternel : Irma Crabbe. Ted s'approcha de sa femme pour la prendre dans ses bras.

Remus avait attendu. Après s'être remis de la pleine lune, il avait correspondu régulièrement avec James, Peter et même Lily mais pas Sirius. Tous s'inquiétaient, même Lily qui ne l'appréciait pourtant pas plus que cela. Le plus frustrant était sûrement qu'ils ne pouvaient rien y faire. Andromeda leur avait dit que si la mère de Sirius avait une idée en tête, ils ne pourraient pas l'en empêcher. Il ne restait donc plus qu'à espérer que Walburga Black n'avait pas en tête de tuer son fils aîné.

Comme chaque année, les Maraudeurs se retrouvèrent, début Août, sur le Chemin de Traverse pour faire leurs achats. L'absence de Sirius n'en devint que plus palpable. Peter leur raconta ses multiples voyages. Ses parents adoraient visiter les différentes communautés sorcières à travers le monde et, cet été-là, ils avaient choisi l'Albanie comme destination. Un choix que James et Remus trouvèrent intéressant, bien qu'un peu étrange au vu de ce qu'il commençait à se tramer là-bas. Aucun d'eux n'osa pourtant faire de commentaire, là où Sirius n'aurait jamais hésité.

En réalité, ils parlèrent beaucoup de Sirius et de ses parents et finirent par discuter politique pendant presque toute l'après-midi. Harold Minchum avait été élu Ministre de la Magie l'année précédente et, au vu de la hausse actuelle de la criminalité, il venait de choisir d'augmenter le nombre de Détraqueurs à Azkaban. Il s'agissait d'une décision compréhensible mais peut-être pas utile, pour le moment.

- Il faudrait déjà qu'ils réussissent à arrêter les criminels, avait dit Peter en lisant un article sur le nombre de disparitions grandissant.

James et Remus avaient hoché la tête, inquiets. Ils n'avaient pas réussi à trouver de point commun entre les quelques disparus. Ils finirent, tous les trois, par choisir d'aller chez Floran Fortarôme. En s'installant en terrasse, James remarqua Regulus, quelques tables plus loin. Si quelqu'un pouvait les renseigner sur ce qui était arrivé à Sirius, ça devait bien être lui.

- Regulus, je peux te parler quelques minutes ?

Au départ, Regulus eut envie de rembarrer ce Potter. Cela lui aurait fait gagner quelques points auprès de ses amis mais il se retint. Le plus jeune se leva et, ensemble, ils s'éloignèrent pour pouvoir parler calmement.

- Je ne vais pas y aller par quatre chemins, commença Potter. Comment va Sirius ?

James ne vit que trop bien la grimace de Regulus.

- Il reviendra à Poudlard en septembre, c'est plus que ce qu'il aurait pu espérer.

Regulus soupira.

- Il m'a laissé une lettre pour toi et les deux autres. Ca lui a prit presque deux semaines pour pouvoir obtenir assez de parchemin et d'encre pour écrire.

Dans l'enveloppe qu'on lui tendait, James remarqua qu'il y avait plusieurs petits bouts de parchemin et non pas un seul rouleau.

- La prochaine fois, reprit Regulus avant de partir, empêchez le de se mettre dans de tels ennuis. Vous êtes censés être ses amis, non ?

Le cadet disparut avant même que James n'ait le temps de répondre. De retour à sa table, il expliqua ce qu'il venait de se passer à ses deux compères. Ils décidèrent de tous aller chez les Potter pour lire la lettre de Sirius. Ils eurent besoin de plusieurs dizaines de minutes pour réussir à trier les multiples parchemins. Lorsqu'ils réussirent, les mots de Sirius apparurent, allant de parchemin en parchemin.

"Maraudeurs,

Je vais bien. On se voit dans le Poudlard Express. Ne me répondez pas, ne me parlez pas sur le quai de la gare. Je vous raconte tout plus tard.

James : tes parents sont toujours d'accord pour m'héberger ?

Patmol"

Les Maraudeurs eurent un peu de mal à croire que Sirius allait en effet bien alors qu'il leur demandait, dans la même lettre, de ne pas lui parler devant ses parents et qu'il demandait à James s'il était toujours possible de l'héberger. Malheureusement, à part attendre le 1er septembre pour obtenir plus d'informations, ils ne pouvaient rien faire. C'était frustrant.

James prit l'initiative de prévenir Andromeda qui lui répondit par une lettre peu enthousiaste. Elle expliqua que Sirius risquerait trop si ses parents le voyaient avec les Maraudeurs. Avec un peu de chance, il avait réussi à faire passer ses meilleurs amis pour de mauvaises fréquentations qui l'avaient fait devenir ainsi. En allant dans ce sens, il pouvait peut-être arranger un peu sa condition.

Vivement le mois de Septembre, qu'ils aient le fin mot de l'histoire.