Bonjour à toutes et à tous. Encore une fois, je m'excuse du retard. Je n'ai plus le temps d'écrire, ces derniers temps et je n'ai plus de chapitres d'avance depuis belle lurette. Normalement, le prochain chapitre devrait être à l'heure. En tous cas, je vous souhaite une bonne lecture et vous invite à me laisser des reviews pour que je sache ce que vous pensez de cette histoire !

***

Devant le boucan que les quatre Maraudeurs s'évertuaient à partager, Lily se sentit obliger de lancer un Assurdiato. Les autres élèves de Gryffondor n'avaient vraiment pas besoin de les voir comme ça et, en tant que préfète, Lily n'avait clairement pas l'envie d'expliquer l'état de ses camarades aux plus jeunes.

- Potter… vous êtes ivres.

Pour une raison qu'elle ignorait, cela fit rire Potter plus que de raison.

- T'es pas obligée de me vouvoyer, Lily !

Et cela fit rire les trois autres de concert. Lily soupira. Elle n'avait pas l'habitude de s'occuper de personnes aussi abruties par l'alcool. Apparemment, il y avait effectivement une première fois à tout. Qu'était-elle censée faire ? Elle n'allait définitivement pas descendre son chaudron dans la salle commune pour leur faire une potion de dégrisement; cela aurait été trop bruyant et elle ne se sentait, de toute façon, pas vraiment l'énergie. Alors quoi ? Leur donner de l'eau ? C'était là la meilleure chose que Lily pouvait faire. Elle fit en sorte que les quatre adolescents s'asseoient et leur donna l'interdiction de se lever de nouveau. Pour une fois, ils l'écoutèrent tous et restèrent même dans un silence relatif à leur condition.

- Merci Lily, lui chuchota Remus en la regardant dans les yeux après qu'il eut descendu plusieurs gobelets d'eau.

Des quatre, Remus était sûrement celui à qui Lily en voulait le plus, sûrement parce qu'il était aussi celui qu'elle appréciait le plus. Il n'avait, une fois de plus, pas fait honneur à son badge de préfet. Elle ne lui répondit pas et commença à réfléchir à ce qu'elle pourrait faire, par la suite. Une douche leur ferait le plus grand bien mais il était hors de question que Lily les mette elle-même sous le jet d'eau. Soit ils étaient capable de le faire seuls, soit ils ne se doucheraient que le lendemain. Elle tenta de comprendre lequel des quatre était le moins amoché avant de se rendre à l'évidence. Seul Potter la suivait du regard et ne semblait pas perdu dans des limbes lointaines.

- Potter ? Tu penses que vous êtes capables de prendre une douche ?

Il sembla réfléchir avant de parvenir à aligner, difficilement, plusieurs mots d'affilée.

- Moi oui, eux non, répondit-il en posant sa tête sur l'épaule de Lily.

- Vous devriez aller vous coucher, alors, tenta-t-elle, peu sûre de la marche à suivre.

Dire que Lily était gênée par cette proximité était un euphémisme.

- Pourquoi tu ne veux jamais qu'on parle, Lily ? On aurait tellement de choses à se dire ! On pourrait même discuter de choses qu'à nous !

Potter n'eut même pas l'occasion de finir sa phrase; parti qu'il était dans un éclat de rire. A côté de lui, Peter le regardait étrangement tandis que Remus et Sirius s'étaient endormis l'un sur l'autre. Lily mis des couvertures sur les trois garçons les plus ravagés par l'alcool et emmena celui qui restait. Il continuait à argumenter sur le fait qu'elle devrait réellement accepter de discuter avec lui mais elle n'écoutait plus vraiment. Lily fit ce qu'elle put pour l'aider à monter les escaliers. Lorsque Potter eut atteint, non sans mal, son lit, elle repartit sans rien dire de plus.

Le réveil fut compliqué pour les trois Maraudeurs qui n'avaient pas eu la chance de finir la nuit dans leur dortoir. Les élèves n'avaient pas fait attention au bruit qu'ils pouvaient faire en descendant et certains ne s'étaient pas gênés pour se moquer fortement. James descendit en retard et rata le petit-déjeuner. Il ne revit ses meilleurs amis qu'à midi, dans la Grande Salle et ceux-ci en profitèrent pour lui demander plus d'explications quant à son absence de la Salle Commune.

- Bon, James, lui avait directement demandé Sirius, plus sérieux que jamais. T'as dormi où ?

- Dans le dortoir, tout simplement ? répondit James, amusé par le sourire carnassier de son ami.

James était plus ou moins sûr que Sirius ne penserait pas plus loin que cela et, donc, qu'il n'aurait pas à expliquer la partie de la soirée au cours de laquelle il s'était, une fois de plus, ridiculisé devant Lily.

- Et comment tu as fait pour aller dans le dortoir ? demanda alors Peter, écoutant quelques bribes de souvenirs qu'il avait du mal à comprendre.

Devant le manque de réponse de James, Remus et Sirius se penchèrent vers lui.

-Ne me regardez pas comme ça ! Lily m'a aidé à monter les escaliers, c'est tout. Je crois que c'est elle qui s'est occupé de nous, hier soir.

- Un avant-goût de votre future vie ensemble ?

Peter éclata de rire face à ce que venait de dire Sirius. Remus, lui, se tenait la tête. Cependant, aucun des trois ne manqua le changement de couleur des joues de James.

Souvent, lorsque Potter lui parlait, Lily l'ignorait, tout simplement. Elle avait appris à ne pas l'écouter et ne savait jamais vraiment de quoi il lui parlait. Cependant, lorsqu'elle s'était plus ou moins occupée de lui, elle n'avait pas vraiment eu d'autre choix que d'entendre ce qu'il avait à lui dire et, si elle comprenait bien, Potter mourrait d'envie de lui parler.

Il ne s'agissait pas là de faits qu'elle ignorait. Lily était au courant de l'intérêt qu'il lui portait mais Potter n'avait jamais semblé si sérieux que depuis le début de cette année, que depuis la veille. Parfois, Lily se demandait si elle le détestait vraiment ou si cette haine avait disparu. Parfois, Lily se mettait même à penser que Severus avait eu une grande influence sur sa relation avec Potter. En réalité, elle ne savait pas vraiment quoi penser de tout cela et, après tout, pourquoi pas tenter quelque chose ?

S'il voulait qu'elle lui parle, il allait être servi.

"T'es-tu remis de ta soirée ? J'espère que tu sais, que vous savez tous ce que vous risquez avec ce genre de sorties. Tu avais dit vouloir que l'on discute, je t'en laisse l'occasion. Passe seulement le message à Remus que je lui en veux de ne pas avoir été à la hauteur de son badge. Nous sommes censés être deux à porter le rôle de préfets."

Lily ne prit même pas la peine se signer sa lettre. Potter comprendrait bien rapidement qu'elle en était l'expéditeur. Avant de l'envoyer, elle rajouta simplement les intitulés de deux sorts avec leurs effets. Le bout de parchemin se changea en petit oiseau en papier et parti rejoindre son destinataire, sûr de lui.

Du haut de ses trois ans, Nymphadora Tonks était une petite fille pleine de vie qui comprenait rapidement quand les choses n'allaient pas. En général, c'était au cours de ces moments-là qu'elle se servait, encore un peu inconsciemment, de sa métamorphomagie. Pourtant, ce jour-là, Nymphadora ne pouvait rien faire devant le désespoir que semblait ressentir sa mère..

- Andromeda ? Parle moi, s'il te plait.

Ted Tonks détestait voir sa femme aussi triste et aurait tout donné pour pouvoir la réconforter, si encore elle acceptait de lui expliquer ce que contenait la lettre qu'elle venait de recevoir.

- C'est Narcissa.

Il n'y avait pas besoin de dire plus, Andromeda n'en était de toute façon pas capable. A la place, elle lui tendit les derniers mots que sa soeur avait accepté de lui écrire. De la famille proche d'Andromeda, Narcissa était la seule qui aurait pu lui témoigner un peu d'amour. Elle ne l'avait pas fait.

La dernière lettre de Narcissa était si triste et si dénuée d'un quelconque heureux sentiment que Ted se sentit presque transpercé par une lame glacée. Elle avait commencé en parlant des souvenirs que les trois soeurs Black partageaient et en demandant à Andromeda pourquoi elle avait choisi de gâcher cela, comment cela ne pouvait-il pas lui manquer. La suite de la lettre n'était que méchanceté sur méchanceté, pique sur pique. De toute façon, dès le début, Narcissa avait choisi d'humilier sa soeur en choisissant d'adresser sa lettre à Andromeda Black et non pas à Andromeda Tonks.

Malgré tout ce qu'elle avait essayé de faire, Andromeda devait se rendre à l'évidence. Jamais plus elle n'aurait de liens familiaux autres que ceux qu'elle avait créés depuis son mariage. Seul Sirius n'était peut-être pas totalement perdu.

Même si sa femme ne pleurait pas, Lucius comprenait, la connaissait assez bien pour savoir qu'elle était attristée. Bellatrix et elle s'étaient enfermées presque toute la journée dans le boudoir. Les moeurs de la société sorcière n'avaient rien de facile à vivre et, étant enfant unique, lui-même ne pourrait jamais comprendre ce que sa femme, qui venait de perdre une soeur, pouvait bien vivre.

A l'intérieur du boudoir, Bellatrix et Narcissa s'étaient assises l'une à côté de l'autre.

- A-t-on bien fait ? Elle est censée être notre soeur…

- Nous n'avons pas le choix, répondit Bellatrix en tentant de paraître assurée mais cela ne trompa pas Narcissa.

Rien n'allait et Narcissa aurait donné beaucoup pour changer les derniers événements.

- Nous ne rencontrerons jamais notre nièce.

Bellatrix leva les yeux au ciel. Elle ne voyait que trop bien où sa soeur voulait diriger la conversation. Depuis qu'Andromeda avait accouché, trois ans auparavant, le sujet des enfants revenait de plus en plus souvent sur la table. Druella et Cygnus Black les pressaient, hâtifs d'avoir des petits-enfants qu'ils considéraient légitimes.

- Il est hors de question que Rodolphus et moi ayons des enfants. J'espère être claire, Narcissa.

- Père et Mère ne seront pas heureux de l'apprendre.

Fidèle à elle-même, Bellatrix soupira un "grand bien leur fasse". Elle avait fait l'effort de se marier pour protéger Andromeda, pensant naïvement que si l'aînée se mariait avec quelqu'un issu de l'une des vingt-huit familles du registre des Sang-Pur, alors sa cadette pourrait continuer ses bêtises un peu plus longtemps. Bien sûr, à l'époque, Bellatrix avait aussi pensé que ce Tonks ne serait qu'une amourette de jeunesse et que Andromeda finirait par cesser de se rebeller comme elle l'avait toujours fait. Il fallait croire qu'elle s'était lourdement trompée.

- Et toi donc, Cissy ?

Le visage de Narcissa s'assombrit.

- Lucius et moi avons décidé d'avoir un enfant depuis quelques temps déjà.

Elle n'eut pas besoin d'en dire plus. Les familles nombreuses étaient rares chez les sorciers. Si elles avaient eu la chance de pouvoir être trois, elles faisaient clairement office d'exception.

- Vous finirez par y arriver, Cissy.

Bellatrix n'avait jamais été douée pour réconforter les gens.

- Si tu veux, Rodolphus m'a parlé d'un petit génie en potions. Peut-être qu'il ne pourra rien faire mais cela ne coûte rien d'essayer.

Narcissa plissa le nez. Bien sûr qu'elle était contre le fait de parler de ce problème à une tierce personne. Il s'agissait d'une honte que deux sorciers tels que le couple Malefoy fasse preuve d'autant de faiblesse.

- Je sais ce que tu me diras, continua Bellatrix avant que Narcissa ait eu le temps de répondre. Cependant, si, un jour, tu changeais d'avis, laisse moi te dire qu'il sait tenir sa langue. Il est ami avec Mulciber et Avery, entre autres, et est le meilleur élève de Slughorn depuis son entrée à Poudlard.

Même si toutes deux savaient que Narcissa ne contacteraient pas ce génie des potions dans l'année, Bellatrix la connaissait assez bien pour être sûre que son information avait fait son chemin. Si Narcissa et Lucius continuaient à avoir ce problème, alors ils finiraient bien par demander de l'aide. De toute façon, ils avaient trop envie d'avoir des enfants, en plus d'en être presque obligés.