Bonjour à toutes et à tous ! Je m'excuse d'avance pour ce que vous allez lire. Il se pourrait que je malmène un peu quelques

personnages... Bref, bonne lecture et à la semaine prochaine :)

Rares étaient les élèves qui avaient effectivement une belle tenue de prévue dans leurs valises. Les cinquièmes et septièmes années pouvaient s'en rapprocher avec les tenues qu'ils avaient prévu de porter lors des examens oraux liés au B.U.S.E.S et au A.S.P.I.C.S mais, pour les autres, autant dire que cela devenait plus compliqué. De toute façon, là n'était pas le plus important.
Les plus vieux avaient transformé la salle commune en un véritable lieu d'horreur cartoonesque. Le but n'était pas tant de faire peur mais plutôt d'amuser et de faire oublier la date à tous. Pour beaucoup de nés-moldus, surtout parmi les plus jeunes, il ne s'agissait là que d'une fête d'Halloween sans prétentions. Pour les plus vieux, ainsi que pour ceux qui se trouvaient être bien plus habitués au monde sorcier, il s'agissait bien évidemment là d'une dernière façon de s'amuser avant de recevoir la Gazette du Sorcier du lendemain.

En tant que Maraudeurs, James, Sirius, Remus et Peter savaient parfaitement qu'il était de leur devoir de se mettre de côté pour le bien des autres. Ils passèrent ainsi la soirée à boire et à aller de groupe en groupe pour faire rire le plus de monde possible.

- Miss Evans !

Lily renversa une gorgée de la boisson qu'elle était en train d'essayer de voir. Devant elle se trouvait le Professeur McGonagall, plus vrai que nature. Heureusement, le rire grandissant d'Alice l'aida à se concentrer.

- Potter. Je ne te connaissais pas ce penchant pour McGonagall.

Derrière James, Sirius apparut en riant. McGonagall, elle, disparut rapidement.

- Je ne pensais pas que tu marcherais pour ce tour, Evans, répondit tout simplement Potter en lui lançant un clin d'oeil charmeur.

Pour simple réponse, Lily leva les yeux au ciel tandis que Remus et Peter arrivaient à leur tour. Alice s'empressa de discuter costumes avec eux. Cela donna à sa meilleure amie l'occasion idéale de poser les questions qui lui importaient.

- Est-ce que vous savez si certaines familles sont plus en danger que d'autres ?

James s'empêcha in extremis de lui dire de demander à son meilleur ami Servilus. A la place, Sirius s'empressa de répondre d'un ton trop sérieux qu'on ne lui connaissait que trop rarement.

- On parle beaucoup de la famille d'Alice. Sinon, les McKinnon ou même peut-être les Vance. Les Weasley ne sont pas non plus très appréciés.

- On dirait que tu parles d'un carnage…

En face d'elle, les regards de Sirius et de James lui indiquèrent qu'elle n'était malheureusement pas si loin de la vérité.

- Le monde s'assombrit, Evans, déclara simplement Sirius avec le ton de quelqu'un qui y est habitué.

- Fait attention à toi, Lily. Il n'est vraiment pas judicieux de te mettre en danger, ces derniers temps.

Il était rare que Potter l'appelle simplement "Lily", sans dire "Lily-chérie", sans se moquer et sans essayer de la draguer pour la énième fois. Cela ne résonna que plus pour la principale intéressée. Elle ne pouvait pas décemment dire qu'il avait tort mais, malheureusement, faire attention et se taire signifiait aussi et surtout ne rien dire contre l'immonde tournant que semblait vouloir prendre leur monde et, cela, il n'en était pas question.

Les Maraudeurs continuèrent leur ronde. Alice et Lily échangèrent un regard inquiet; toutes deux savaient à quel point le lendemain serait compliqué.

Le premier novembre, qu'il tombe en pleine semaine ou pendant un week-end, était toujours un jours où tous les élèves étaient exemptés de cours. La Gazette du Sorcier arriverait, comme chaque année, un peu en retard. Lily comprenait assez le monde des sorciers pour savoir que sa famille n'était pas en danger. En tant que pauvre née-moldue n'ayant pas fait d'éclats, elle n'était personne et restait très oubliable. Des quatre Maraudeurs, seul Remus n'était pas certain d'avoir la chance de ne pas voir le nom de ses parents dans la Gazette. Toutes les tables restaient silencieuses, même si beaucoup avaient fini de déjeuner depuis longtemps.

Le premier hibou entra dans la salle, rapidement suivi de nombre de ses compères. Les visages se tendaient, parfois se fendaient d'un soupir ou d'un sourire. D'autres tombaient en larmes, devenaient blancs, arrêtaient de vivre et de respirer pendant quelques secondes.

La première crise de panique intervint à la table des Serdaigle, la seconde à celle des Gryffondor. Lily n'était même pas arrivé à la moitié de la liste des noms lorsque Remus lui demanda de s'occuper des plus jeunes parce qu'il avait besoin de sortir. Elle accepta sans comprendre. Les Maraudeurs, eux, le suivirent. Ils avaient lu, en même temps que lui, les noms suivants :

"Lupin (née Howell), Hope.

Lupin, Lyall."

Lily s'empressa de disperser la foule et de prendre dans ses bras et sous son aile les enfants, les plus jeunes et les moins jeunes, qui venaient de perdre une bonne partie de leurs familles et de leurs repères.

Dehors, aucun des quatre garçons ne parlait. Remus, lui, avait pour seule envie de boire jusqu'à ce que son cerveau le laisse oublier ce qu'il venait de lire.

- Remus, l'appela Peter. Je sais que tu ne veux pas y croire mais ce n'est pas en tentant d'oublier que ça passera mieux. Je veux que tu pleures, que tu cries, que tu laisses sortir. Explose de l'intérieur ne va pas les ramener et j'espère que tu le sais.

De leur groupe, Peter était sans aucun doute celui qui parlait le moins, celui que l'on remarquait le moins. Pourtant, lorsqu'il parlait, c'était qu'il connaissait parfaitement le sujet. Pour le coup, en ayant perdu son père très jeune, Peter était de loin le mieux placé pour parler à Remus. Il demanda, d'un regard silencieux, à James et Sirius de partir, ce qu'ils acceptèrent.

- Ils sont morts, Peter.

- Je sais.

Quelques larmes commençaient à couler mais Remus tentait par tous les moyens de les retenir.

- Ils sont morts… A cause de moi. Tout ça parce que je suis un… un putain de loup-garou et…

- Et tes parents ont fait le choix de te soutenir, en tant qu'adultes. Déjà, on ne sait même pas pourquoi ils ont été tués, Remus. Ensuite, tu n'as pas tenu la baguette qui a lancé l'Avada. Tu n'es pas leur meurtrier.

Heureusement que Peter avait pensé à lancer un Assurdiato. Les circonstances étaient bien trop exceptionnelles pour que Remus parle comme il en avait l'habitude : sans vulgarités et sans utiliser le mot "loup-garou" à voix haute et sans détour.

- Il faut que j'aille aider Lily…

- Alors là, non, s'exclama Peter en le forçant à se rasseoir. Lily peut parfaitement comprendre que tu ne peux pas l'aider à ce moment-là. Tu vas faire ton deuil et tu l'aideras quand tu iras mieux.

Ce n'était peut-être pas sain, mais Remus appréciait que Peter ne le ménage pas. Il n'avait pas besoin qu'on le brosse dans le sens du poil. Ils restèrent tous les deux pour le reste de la journée. James prit la place de préfet remplaçant. Il aidait Lily avec les quelques élèves tout en regardant, du coin de l'oeil, Sirius ronchonner pour il ne savait quelle raison.

- Lily, chuchota-t-il dès qu'ils furent un peu plus tranquilles. Tu te souviens de l'histoire Remus/Sirius ?

Elle hocha la tête en reprenant son exemplaire abandonné de la Gazette afin de continuer sa lecture.

- J'aimerais que tu m'aides.

Il commença à expliquer ce qu'il avait en tête mais il vit rapidement que Lily ne l'écoutait pas.

- Evans ?

- Les parents de Remus…

Il lui indiqua doucement qu'elle ne se trompait pas mais que Remus était bien entouré et que c'était pour ça que James avait prit sa place en tant que préfet pour diriger un peu plus les Gryffondor perdus.

- Qu'est-ce que tu penses qu'on va trouver, si on fait ce que tu as dit ?

Ses yeux continuaient à descendre le long de la liste macabre, comme si elle tentait de retenir chacun des noms qui y étaient inscrits, comme si elle comptait les venger un à un. James ne l'en trouva que plus belle. Il aimait cette lueur de défi qui restait dans son regard, cette lueur qui disait qu'elle n'oublierait pas toutes ces morts. Il aimait ce qu'il lisait dans ces yeux autant qu'il le détestait. Lily finirait invariablement par se mettre en danger et cela ne lui plaisait pas.

- Sirius, tu comptes arrêter de ruminer quand ?

James avait enfin pu obtenir un peu de temps libre. Les professeurs et le Ministère avaient finalement décidé de prendre la relève. Il s'était donc empressé de rejoindre Sirius.

- Tu penses que Remus et Peter vont revenir avec nous ?

C'était donc ça.

- Ils reviendront quand Remus se sentira un peu mieux, si une telle chose est possible aussi rapidement après avoir appris la mort de ses parents.

Sirius soupira. Il ne voulait pas expliquer pourquoi le fait que Remus passe sa journée exclusivement avec Peter l'embêtait, à la place, il dirigea la discussion comme il savait si bien le faire.

- Je crois que ça ne m'aurait pas dérangé de lire le nom de certains Black.

Au fil des années, James avait entendu Sirius dire beaucoup de choses sur sa propre famille. Il l'avait entendu les insulter, souhaiter ne plus les revoir, souhaiter qu'ils finissent en prison même… Jamais James ne l'avait entendu leur souhaiter la mort.

- Tu vas rentrer pour les vacances de Noël ? demanda James tout en connaissant très bien la réponse.

- Pas le choix.

Lily s'installa à côté d'eux sans prendre en compte les regards étranges qu'ils lui envoyaient.

- Techniquement, Black, s'incrusta-t-elle dans la discussion, si tu choisis de rester à Poudlard, il ne pourront pas venir te chercher.

Ni Sirius ni James ne pouvait vraiment dire qu'elle avait tort. En tant que préfète, Lily était censée faire la liste de ceux qui choisissaient de rester à Poudlard pour les vacances. Si elle indiquait le nom de Sirius, Mrs. et Mr. Black n'auraient rien à y redire. Ils seraient au pied du mur et sûrement enverraient-ils de nombreuses lettres incendiaires à leur fils aîné mais c'était là le prix à payer pour ne pas avoir à passer deux semaines au Square Grimmaurd. Le choix n'était pas très compliqué pour Sirius.

- Il faudrait que je parle à Regulus, répondit-il simplement. S'il veut que je vienne avec lui, je le ferai.

- Ou sinon, tu peux toujours venir chez moi.

James remettait toujours cela sur le tapis. Sirius ne répondit pas mais n'oubliait pas. Le jour où il arriverait à rassembler assez de courage, il accepterait effectivement cette proposition.

- Est-ce que vous savez où Remus va aller ? demanda Lily d'une petite voix.

- Poudlard, ou chez Peter, répondit un Sirius soudainement de mauvaise humeur. Tu es vraiment venue juste pour demander ça ?

Lily ne comprenait pas pourquoi Sirius s'énervait ainsi. Malheureusement, Lily n'aimait pas ne pas comprendre.

- Je peux savoir quel est ton problème, Black ? Je m'inquiète pour un ami, je pensais avoir le droit.

- Oh mais il va bien, ton ami ! s'exclama Sirius. Va demander à Peter si tu veux en savoir plus. Apparemment, Mr. Potter et moi-même ne sommes pas assez bien pour lui.

Sirius s'empressa de remonter dans son dortoir en quatrième vitesse pendant que James haussait les épaules. Il ne comprenait pas le comportement de son meilleur ami de toujours mais il comptait bien en savoir plus. L'enquête ne faisait que commencer.