Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd'hui, on se retrouve chez les Maraudeurs avec un peu de Quidditch et... ENFIN... le début du Wolfstar ! Bref, je vous laisse avec les réponses aux reviews (n'hésitez pas à en laisser, même si vous lisez avec du retard, ça fait toujours plaisir ;) ).
LilyP. Wooz : Merci beaucoup pour ta review ! Je t'avoue que le principe des deux timelines vient surtout, à la base, du fait que j'avais la flemme de faire deux histoires T.T En vrai, je le fais quand même donc c'était assez stupide comme idée... Mais je suis très heureuse que ça te plaise
lauranne : Je vois que tu viens de commencer à lire donc j'espère que tu arriveras jusqu'ici (n'hésite pas à me le dire !) Merci beaucoup pour ta review
Le mois de Novembre signait le début de la Coupe de Quidditch des Quatre Maisons avec le premier match de l'année : Gryffondor contre Serpentard. Véritable classique made in Poudlard, cet affrontement était l'événement que l'on trouvait dans toutes les bouches. Les deux maisons traditionnellement rivales avaient, bien sûr, déjà leurs publics attitrés. Les élèves n'attendaient plus que de pouvoir porter, encore plus que d'habitude, les couleurs de leurs maisons. Les Serdaigle et les Poufsouffle, eux, avaient pour seule hâte de pouvoir profiter de ce grand moment de Quidditch, à leur échelle.
Totalement happé par ce tourbillon à venir, James en oubliait presque sa pseudo-correspondance avec Lily en même temps qu'il oubliait sa pseudo-enquête sur l'histoire de la retenue Sirius/Remus. Personne ne lui en tenait rigueur, de toute façon. Toute la tour Gryffondor préférait de loin le voir gagner le match plutôt que de le voir s'amuser à droite et à gauche.
Mais Lily, elle, n'avait pas oublié leur début de suspicions. Elle avait même tenté de demander à Remus plus d'informations sur le pourquoi de sa retenue mais celui-ci avait préféré se taire. Elle avait seulement pu voir dans son regard qu'il y avait clairement quelque chose qui le tracassait.
En réalité, Lily n'était pas si loin de la vérité. Remus avait une peur bleue de cette retenue. Ce n'était pas sa première, bien sûr. Il avait troqué sa place dans le groupe de Maraudeurs contre un dossier scolaire parfait. Ce n'était pas si cher payé. Par contre, apprendre que cette retenue se passerait pendant le match de Quidditch avait failli faire faire à Remus une véritable crise de panique. Il avait voulu se retrouver avec Sirius parce qu'il avait besoin de lui parler sans qu'il n'y ait personne d'autre autour et cette détention avait été l'occasion rêvée, mais jamais il n'avait pensé au fait qu'ils auraient le château entier pour eux tous seuls. Ce n'était pas la même chose. Quoi qu'il arrive, personne ne les entendrait. Il ne pouvait donc y avoir que des débordements.
Les équipes de Gryffondor et de Serpentard entrèrent sur le terrain en même temps que Remus et Sirius dans leur salle de colle. Ils connaissaient leur punition et commencèrent donc rapidement à travailler. Ils étaient censés effectuer tout un tas de tâches liées au Soin aux Créatures Magiques mais aussi à la Botanique. Le but était sûrement de les occuper pendant toute la durée du match.
- Est-ce que tu comptes m'ignorer longtemps ? demanda finalement Remus après presque une demi-heure de silence total.
- Je ne sais pas. Peter n'est pas là aujourd'hui ?
Remus n'y avait pas cru lorsque Lily lui avait raconté mais il fallait se rendre à l'évidence. Sirius était jaloux de Peter.
- Je ne m'excuserai pas d'avoir géré mon deuil avec la personne la plus à même de me comprendre, Sirius.
Son ton, plutôt direct, était équivoque.
- Je sais, répondit simplement Sirius en haussant les épaules, mais il faudra tout de même m'expliquer pourquoi tu es venu ici. Ce serait dommage que tu envoies des signaux contradictoires, n'est-ce pas ?
L'ironie fut facilement comprise. Au moins Remus comprenait-il enfin ce qu'on lui reprochait réellement.
- Je ne compte pas sortir avec Peter, tu sais ? Avoir des amis est quelque chose que j'arrive à faire.
- Mais pas plus.
Ce n'était même pas une question. Sirius le connaissait assez bien pour déjà connaître ces informations. Il essayait simplement de gagner du temps pour ne pas parler de ce qu'il voulait laisser de côté.
- Tu sais, reprit Sirius, je ne sais même pas quoi te dire. On est juste deux cons et ça m'énerve de devoir l'admettre. Un jour, James et Lily auront des enfants et nous, on les regardera depuis notre petit célibat. On se sentira un peu exclus mais on l'acceptera, pour James.
- Mais ?
- Mais nous, on bougera pas. J'aurai bientôt plus de famille, Lunard. J'ai pas besoin qu'on me laisse de côté comme ça.
Cela, Remus n'y avait pas pensé. Il avait réfléchi à ce que lui ressentait et à ce que lui voulait faire de cette histoire. Il n'avait en aucun cas pris la situation de Sirius en compte. Puis, les vacances étaient arrivées et le temps était allé si vite qu'ils n'avaient pas pu en parler avant ce moment-là, en Novembre, presque cinq mois après les faits.
- Qu'est-ce que tu veux, Remus ? Tu te plains toujours de ne pas avoir le choix alors, pour une fois que tu l'as, sers-t-en, merde !
Que voulait Remus ? Cette question taraudait bien les deux principaux intéressés, ainsi qu'une autre élève de Gryffondor qui s'amusait bien à les écouter.
- J'en sais rien Sirius, répondit-il en s'asseyant par terre comme un enfant.
- Et moi, je n'attendrai pas indéfiniment que tu le saches.
Alors que les deux garçons s'étaient arrêtés dans leur travail, Sirius profita d'avoir dit ce qu'il avait sur le coeur pour reprendre. Selon lui, la discussion était close. Il tomba sur Lily qui n'avait pas eu le temps de s'enfuir.
- Tu devrais aller le voir. Il aura besoin de toi.
Lily avait déjà vu Sirius dans beaucoup de situations, peut-être trop, d'ailleurs, mais elle ne l'avait jamais vu aussi dépité qu'à ce moment-là. Même sa famille ne parvenait pas à le rendre ainsi. Elle s'avança alors vers Remus qui pleurait silencieusement.
- Lily, je suis vraiment nul… se plaignait-il alors que Lily le prenait doucement dans ses bras.
- Il tient beaucoup à toi, tu sais ? Il m'a demandé de venir te voir.
Inutile d'expliquer à Remus qu'elle était en train de les espionner impunément. Il n'avait vraiment pas besoin de le savoir.
- J'ai l'impression d'avoir tout gâché.
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, répondit Lily en hésitant, mais il ne te déteste pas. Au contraire même, je pense. Je pense que tu peux largement rattraper le coup. Si c'est ce dont tu as envie, bien sûr.
On en revenait donc au même problème, encore et toujours : Remus ne savait pas ce qu'il voulait. Il s'était senti si bien avec Sirius que cela lui avait semblé une évidence aussi réelle que l'était Lily pour James. N'était-ce pas étrange de ne pas vouloir retrouver ces moments à tout prix ?
- J'ai… peur ?
- Et c'est normal. Il ne te demande pas de le suivre les yeux fermés, même si ça lui ferait plus que plaisir. Il voudrait juste, je pense, que tu acceptes d'essayer de surmonter tes peurs, pour lui et avec lui.
Les pensées totalement centrées sur ce que Lily venait de lui dire, Remus ne remarqua même pas qu'elle était repartie, le laissant ainsi totalement seul. Parfois, il suffisait seulement de quelques mots pour commencer à voir les choses sous un autre angle.
Dehors, James se sentait dépité. Deux de ses meilleurs amis brillaient par leur absence. Ils n'avaient pas choisi la date de leur retenue, bien sûr, mais tout de même… Et, pour ne rien arranger, Lily n'était pas là non plus alors que, pourtant, il savait de source sûre qu'elle aimait presque autant le Quidditch que lui. C'était à plus rien n'y comprendre.
Le match dura un peu plus de deux heures trente. Les Gryffondor menaient au score, cent soixante-dix à cent quarante, lorsque l'Attrapeur de Serpentard vola le Vif d'Or au nez et à la barbe de son adversaire. La partie de la tribune qui accueillait la maison verte et argent explosa de joie. De l'autre côté, la déception était palpable mais il n'y avait rien à redire. Aussi tristes que puissent être les Gryffondor, leur défaite était légitime et les règles du Quidditch étaient intransigeantes.
Le soir-même, harassé par sa journée, attristé par sa défaite et par l'absence de trois des personnes les plus importantes pour lui lors du match, James découvrit, sur son lit, un petit bout de parchemin vierge qu'il reconnut instantanément. Le principe était le même que pour la Carte.
"Potter,
Je pourrais m'excuser de ne pas avoir assisté à ta piteuse défaite, mais je préfère plutôt te donner quelques informations.
Il se passe quelque chose entre Remus et Sirius. Sirius en veut à Remus de vouloir l'éloigner ainsi de lui. Fait en ce que tu veux. Je pense juste que tu devrais en parler avec Sirius. Je m'occupe de Remus."
Quelques Dragées surprises de Bertie Crochue étaient jointes à la lettre. Décidément, Lily le connaissait mieux qu'elle ne l'admettrait jamais…
Lily et James continuèrent leur semblant de correspondance, toujours sans en parler à personne. Chacun de leurs côtés, ils essayaient de pousser Remus et Sirius à avancer mais ce n'était jamais facile.
A la fin du mois de Novembre, Serdaigle gagna contre Poufsouffle, amenant ainsi l'équipe de Gryffondor à la troisième place. Tout n'était pas encore perdu.
Plus le temps avançait et plus Sirius pensait, à deux sujets principalement. L'un des deux était Remus, bien sûr, mais l'autre restait l'épineux problème des vacances de Noël.
- Regulus, est-ce que tu aurais un instant ? avait demandé Sirius lorsqu'il avait, enfin, réussi à approcher son frère, un après-midi relativement beau pour la saison.
Après avoir hésité, Regulus avait finalement choisi de suivre son frère. Il avait toutefois refusé d'entamer la conversation.
- Est-ce que tu comptes rentrer Square Grimmaurd pour les vacances ?
Ainsi, Sirius n'appelait déjà plus le Square sa "maison". Son frère connaissait la situation compliquée mais il ne s'attendait pas à ce que cela soit aussi catégorique.
- Père et Mère veulent que je rentre.
- La réponse est plus compliquée que ça, petit frère, et tu le sais.
Peut-être que Sirius n'avait pas tort, et alors ? Regulus n'était pas son frère et ne le serait jamais. Il ne lui arrivait même pas à la cheville, de toute façon.
- Je sais ce que tu vas me demander Sirius, déclara Regulus avec la voix la plus neutre qu'il ait pu montrer. Si tu ne veux pas rentrer, je ne te forcerai pas. Je ne te demanderai pas non plus de m'accompagner à la maison. Tu es assez grand pour prendre tes propres décisions et pour subir les conséquences qui ne manqueront pas d'arriver. Tu sais comment sont Père et Mère.
Sans se retourner vers son frère, Regulus parti, non pas en direction des amis qu'il avait laissés le temps de cette discussion, mais bien en direction de son dortoir où il se permit, après avoir apposé un Assurdiato sur son lit et après avoir tiré les rideaux, de pleurer. Regulus n'était pas idiot. Il connaissait assez ses parents et Sirius pour savoir que ce genre de choses finirait par arriver mais il avait été assez naïf pour croire que son frère attendrait au moins d'avoir atteint la majorité. D'eux deux, Sirius avait toujours été le plus tête brûlée, le plus courageux, le plus stupide aussi. Peu importe le domaine, Sirius était toujours premier, dans la fratrie. Regulus, lui, n'était après tout que la pâle copie qui servait de monnaie d'échange afin de calmer les ardeurs de l'aîné et non pas une personne à part entière. Une petite voix lui insuffla qu'au moins, avec Sirius rayé de la tapisserie, il aurait enfin une place.
Pourtant, Regulus continuait à se demander si cela valait le coup de perdre un frère, le seul qu'il n'aurait jamais. Malgré tout, Sirius l'avait protégé de tout, lui avait laissé la place de grandir sans être noyé sous des attentes impossibles à satisfaire. Regulus avait eu la chance d'avoir le droit de faire des erreurs, d'avoir le droit de faire ses propres expériences, là où Sirius avait été critiqué et recadré tout au long de sa vie.
Pourquoi ne pas partir, après tout ? Pourquoi ne pas le suivre ? Regulus non plus n'aimait pas vivre, après tout, au Square Grimmaurd. Pourquoi ne pas faire comme son frère ?!
La réponse était si simple qu'elle empêcha Reglus de respirer pendant quelques secondes. Il n'était pas Sirius et ne le serait jamais. Il n'aurait jamais son courage ni sa force d'esprit. Il n'arriverait jamais à faire comme lui parce que Regulus, lui, se souciait bien trop de son avenir… parce que lui, contrairement à Sirius, n'avait personne sur qui compter de manière inconditionnelle. Il ne s'était pas fait de réels amis à Serpentard et rien qui n'égalerait jamais la relation étrange qui liait les Maraudeurs.
Non, décidément, Regulus n'était personne. En étant personne, il n'était plus capable de devenir quelqu'un. C'était à la fois si triste et libérateur…
En attendant, seul dans son lit, Regulus pouvait déjà sentir l'odeur de brûlé, le même que lorsque sa cousine Andromeda avait perdu son nom de jeune fille...
