Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd'hui, on se retrouve à Noël pour que vous puissiez profiter d'un peu d'avancée du côté de Wolfstar ;) Bonne lecture !
Sirius avait passé la nuit à osciller entre sommeil léger, réveils réguliers et pleurs. Heureusement que Remus avait passé la sienne à rester à ses côtés et à le rassurer dès qu'il en avait besoin. Depuis son arrivée à Poudlard, Sirius n'avait jamais cessé de désappointer ses parents et de s'opposer à eux de toutes les façons possibles et imaginables. C'était, pourtant, bien la première fois qu'il le faisait de manière aussi officielle.
- Merci, Remus, avait-il murmuré quelques minutes après que le Soleil se soit levé.
- Tu es l'un de mes meilleurs amis, Sirius. Tu n'as pas à me remercier.
Après s'être étouffé avec sa propre salive, Sirius avait regardé son "ami" dans les yeux pour le questionner sur l'utilisation de ce mot. "Juste amis, hein ?". Remus avait juste fui son regard.
- Je ne pense pas que ce soit le bon moment pour cette discussion.
Entre le manque flagrant d'énergie et la tristesse ambiante qui émanaient des deux acolytes, Remus pouvait parier que rien de bien n'arriverait s'ils s'occupaient de ce dossier à ce moment-là.
- Je vais prendre un petit-déjeuner, déclara Remus en coupant court à toute tentative. Je t'attends dans la Grande Salle, si tu veux.
Et il partit, comme ça. La température de leur dortoir sembla descendre de plusieurs degrés et Sirius ne put s'empêcher de frissonner un peu plus. Rien que d'y penser, il eut besoin de s'emmitoufler dans une couverture supplémentaire. Heureusement que les autres élèves étaient tous rentrés chez eux…
Deux semaines sans magie. Cela n'avait pas souvent dérangé Lily, tant qu'elle n'avait pas à faire semblant que cela n'existait pas. Mais évidemment, c'était sans compter ce Vernon. Pourquoi fallait-il qu'il passe le plus clair de son temps chez les Evans ? Lily n'en avait aucune idée et, lorsque sa soeur lui donna une réponse, elle eut plus qu'envie de disparaître de cette Terre.
Pétunia et Vernon allaient se marier.
- Mais cela ne fait pas si longtemps que vous êtes ensemble, non ? avait demandé Lily.
Pétunia avait été vexée et avait décidé de n'offrir à Lily que des regards noirs.
- Tu n'y es pas allée de mains mortes, avait alors déclaré Mrs. Evans à sa fille cadette alors qu'elles se trouvaient toutes les deux dans la voiture en direction du supermarché le plus proche.
En vérité, Lily n'avait pas vraiment voulu être méchante. Elle n'avait tout simplement pas réfléchi avant de parler et, de son point de vue, Pétunia et Vernon ne se connaissaient que depuis quelques mois, bien trop peu, à son sens, pour envisager de se marier.
- Ils sortent ensemble depuis le début du lycée, tu sais.
Donc depuis quatre ou cinq ans, calcula rapidement Lily. Comment avait-elle pu passer à côté de cela ?
- Tu ne prends pas beaucoup de nos nouvelles quand tu es à Poudlard…
Lily se retourna vivement vers sa mère. Ces mots ressemblaient bien trop à des reproches pour qu'elle ne puisse passer à côté. Décidément, entre Potter qui ne lui parlait plus, Alice de qui elle s'éloignait de plus en plus et sa famille, Lily était bien médiocre, ces derniers temps…
Mr. et Mrs. Potter trouvèrent leur fils bien plus morne que d'habitude mais celui-ci refusait depuis bien longtemps de se confier à eux. James aurait bien voulu, pourtant, mais il ne savait pas par quoi commencer. Ce n'était pas assez pour que tout le monde s'inquiète mais des choses étranges arrivaient et devenaient plus régulières. Des disparitions, par exemple, mais aussi des assassinats, parfois même des petits attentats. Le nombre de morts n'était pas spécialement élevé mais le climat général changeait indéniablement. On rajoutait à cela qu'entre Remus et Sirius, les Maraudeurs n'allaient pas fort. Enfin, le fait qu'il ait, pour la première fois, totalement laissé tomber Lily, n'était pas non plus agréable. Oh, bien sûr, il l'aimait toujours, même sans savoir réellement pourquoi, mais une part de lui commençait à vouloir abandonner. Pourquoi s'évertuer à essayer de lui faire plaisir si elle ne pensait qu'à se servir de lui ?
La première semaine des vacances de Noël fut donc morose pour tout le monde. James envoya beaucoup de lettres aux trois autres Maraudeurs. Il regrettait un peu les petits mots qu'ils échangeaient avec Lily, lui qui n'avait jamais autant appris à la connaître que par ce biais-là.
Le réveillon de Noël arriva comme une fausse libération. Comme chaque année, les Potter étaient invités au bal du Ministère et James en profita pour retrouver Peter. Ensemble, ils passèrent la soirée à discuter et ne se mélangèrent pas vraiment au gratin de la société sorcière. Au loin, ils virent Regulus et ses parents qui expliquaient à quiconque leur demandait qu'ils comptaient déshériter leur fils afin de garder, toujours, le meilleur arbre généalogique possible. Malheureusement, ils ne pouvaient rien faire contre le fait que leur aîné ait été corrompu par ces "satanés Gryffondor traîtres à leur sang". Heureusement que Sirius n'était pas là pour entendre ça.
Voir l'air effaré de Lucius et Narcissa Malefoy devant les Weasley et leurs trois enfants, dont le dernier ne devait avoir que quelques mois, ne les requinqua même pas.
A Poudlard, on fêtait Noël mais pas le réveillon. Cela n'empêcha pas Sirius de s'enfermer, avec Remus et une dose assez impressionnante d'alcool.
- Je ne bois pas, Sirius.
- J'ai reçu une lettre d'Andromeda.
Sans un mot supplémentaire, il lui tendit le parchemin. Andromeda lui indiquait que Orion et Walburga Black avaient finalement décidé de dire qu'ils n'avaient plus qu'un seul enfant. La cousine de Sirius avait ajouté qu'elle savait ce par quoi il passait et qu'elle resterait présente pour lui.
- C'est soit on discute et on met notre histoire au clair, quelque soit la finalité, soit je me bourre la gueule, Remus.
Cela avait au moins le mérite d'être clair.
- Bien, répondit Remus en soupirant. Par quoi veux-tu commencer ?
- Pourquoi m'avoir embrassé ?
Par le début, donc. Remus l'avait embrassé parce qu'à ce moment-là, c'était ce qui lui avait semblé logique à faire. Il en avait eu envie et en avait eu besoin.
- Remus, insista Sirius. Pourquoi m'as-tu embrassé pendant la fête lorsque Gryffondor a gagné la Coupe de Quidditch ?
- Tu sais pourquoi !
- Oui, mais je veux te l'entendre dire ! Merde !
Ils n'avaient même pas commencé à réellement parler qu'ils haussaient déjà le ton, cela promettait.
- J'en avais envie.
- C'est tout ? demanda Sirius en haussant un sourcil.
Si Remus lui répondait que, oui, c'était tout, alors Sirius savait qu'il le prendrait mal.
- Je sais pas, Sirius. T'étais là et il y avait un truc dans l'air. Ça m'a semblé la chose à faire. Ça te va ? Et toi, pourquoi t'as répondu ?
- Parce que c'était agréable, que je me sentais bien et que cela faisait un moment que j'attendais que ça arrive.
L'honnêteté flagrante de la réponse de Sirius désarma Remus. Il ne blaguait pas ni n'utilisait un humour douteux ou beauf. C'était… étrange. Sans qu'il ne s'en rende compte, Sirius s'était assez rapproché pour n'être qu'à quelques centimètres du visage de Remus. Ce dernier n'arriva pas a réfléchir et, comme s'il s'agissait d'un réflexe, avança également pour pouvoir embrasser son interlocuteur.
- Tu te fous de moi, cracha presque Sirius en quittant le baiser. Te te fous de moi ! ajouta-t-il lorsque Remus baissa les yeux.
Sirius prit quelques minutes pour se calmer tandis que Remus continuait à regarder la couverture rouge sous lui.
- Pourquoi être venu avec moi sous la douche ?
- Parce que je voulais te parler du baiser, idiot ! cria presque Remus en rougissant. Pourquoi voulais-tu que je te suive ?
Autant dire que ce n'était pas du tout ce qu'il s'était passé.
- Je voulais m'excuser et tu as fait ton truc où tu te rapproches de moi et…
- Comme ça ? demanda Sirius en se rapprochant de nouveau, assez proche pour sentir le parfum envoûtant de Remus.
Cette fois-ci, Remus dut se faire violence pour ne pas l'embrasser, encore.
- Exactement ! C'est de ta faute.
- C'est de ma faute si tu m'as embrassé ?
La situation, aux yeux de Sirius, était hilarante.
- Et l'épisode qui a suivi, c'était aussi ma faute ? demanda Sirius en faisant clairement référence à ce qui était bien plus qu'un simple baiser de soirée.
- Oui ! Non ! Ecoute…
Sirius s'était promis de ne pas couper Remus dans ses explications mais, dans ce genre de situation, il ne pouvait vraiment pas faire autrement.
- Non, toi, écoute. Tu as demandé plus, Remus. J'ai accepté. Je ne t'ai pas forcé et je t'ai même demandé plusieurs fois, à plusieurs moments, si tu étais d'accord et si tu voulais continuer. Tu m'as toujours répondu "oui". Cette fois-là, mais aussi toutes les autres. Là, je veux bien une explication.
- Je… ne sais pas…
Remus n'aimait pas mentir, mais qu'aurait-il pu répondre ? A chaque fois, ça n'avait pas été réfléchi. Il avait simplement suivi un instinct, quelque chose qui le poussait vers Sirius, mais quoi ? A chaque fois, ça avait été logique d'aller vers lui, agréable de profiter du moment. Les regrets et les interrogations ne venaient toujours qu'après.
- Et pourquoi avoir commencé à m'ignorer, d'un coup et sans prévenir ?
Remus pouvait voir que Sirius était blessé rien qu'à la manière dont il posait la question. Au moins pouvait-il se forcer à être honnête sur celle-ci au lieu de se montrer plus lâche qu'il ne l'était déjà.
- J'ai eu peur. Je ne comprenais pas où nous allions et je me suis dit que ça allait trop loin, justement. Je ne veux pas qu'on construise quelque chose parce que je ne pourrai rien t'apporter. Je suis pauvre, sang-mêlé et je suis un loup-garou. Je ne suis clairement pas quelqu'un pour toi, ni pour personne d'autre d'ailleurs.
- Remus… tu es un idiot, déclara sèchement Sirius en levant les yeux au ciel. Tu ne crois pas que ça, c'est mon problème ? Je suis désormais pauvre, à la rue et déshérité. Tu crois que c'est beaucoup mieux ?
Vu comme ça, Remus ne pouvait pas dire que Sirius avait spécialement tort… ni qu'il avait spécialement raison. Il n'avait aucune idée de ce qu'impliquait être un loup-garou.
- Remus, on a décidé de devenir des Animagii juste parce que tu es un loup-garou. Mon animal totem est un chien, Remus. Un chien ! On ne peut pas subir la même transformation que toi, c'est vrai, mais tu ne nous as jamais fait de mal pour autant. Et si ça doit arriver un jour, alors ce sera de notre faute de ne pas avoir fait attention.
Si seulement l'esprit de Remus n'était pas aussi borné…
- Tu ne peux pas t'empêcher de vivre pour une nuit par mois, Remus.
Si seulement les mots de Sirius n'étaient pas aussi difficiles à accepter.
- Remus, murmura-t-il, ose me dire que tu es prêt à passer à côté de tout ce qu'on pourrait avoir.
Prêt à abandonner tout cela ? Non.
A bien y réfléchir, Remus n'avait pas laissé tomber son amitié avec les Maraudeurs, alors pourquoi abandonner lorsque Sirius se tenait si proche de lui ? Pourquoi abandonner alors que ses lèvres étaient si accessibles ?
