Titre : Rubis

Bonjour/Bonsoir à tous et à toutes ! Voici une fic écrite pour l'anniversaire de Camus qui, en fonction de son accueil, du nombre de reviews, de mon inspi etc..., verra peut-être (j'ai dit peut-être), une suite !

En attendant, faites-lui bon acceuil, car je vous présente Rubis !

Pairing : camus x milo

Raiting : T par pure sécurité

Diclaimer : Masami Kurumada

N'hésitez surtout pas à laisser une petite review, ça fait toujours plaisir et ça encourage à écrire !


Rubis

Dans un des nombreux couloirs du collège, deux jeunes adolescents de quatrième semblaient attendre.

Le premier avait de longues boucles blondes et soyeuses, une peau bronzée et des yeux d'un saphir envoûtant, qui faisaient battre le cœur d'à peu près toutes les filles du collège. Le second possédait de douces mèches d'un roux écarlate qui lui tombaient au creux des reins, des yeux rubis et une carnation très pâle. Ajouté à son vernis rubis, on aurait presque crut qu'il s'agissait d'un mannequin.

Mais loin de se concentrer sur son apparence physique, le jeune homme dardait ses yeux de feu sur un élève de troisième : grand, beau, originaire de Grèce et courtisé par plus de jolies filles qu'il n'en avait réellement besoin (essentiellement parce qu'il n'était pas de ce bord là, ou plutôt pas complètement).

- C'est le moment, murmura Camus, son cœur battant la chamade.

Doucement, il se tourna vers Milo, qui dévisagea son meilleur ami avec une lueur indéfinissable dans le regard.

- Comment tu me trouves ?

Parfait, comme toujours, ne put s'empêcher de penser le blond.

- Tu es très bien, répondit-il à la place.

Il agrémenta sa réponse d'un sourire encourageant, même si en réalité il avait plutôt envie de fondre en larmes, ce qu'il faisait déjà quand il était seul le soir, et ce depuis des mois.

- Bon... J'y vais, alors.

Milo hocha la tête et regarda Camus, son meilleur ami depuis toujours, s'éloigner en direction du Grand, du Maaaagnifique Saga. Que le jeune grec ne pouvait s'empêcher de détester.

Préférant ne pas y penser, le blondinet se concentra sur la scène qui allait se jouer : Camus s'approcha d'un pas en apparence assuré vers le groupe qui entourait leur aîné, et le prit à part, sous prétexte d'avoir un problème avec un des bouquins de philosophie barbants que Saga lui avait passé.

Milo regarda les lèvres roses de son ami remuer et les sourcils du plus âgé se hausser légèrement. Les traits de Saga se fendirent d'un sourire avant de poser sa main sur l'épaule de rouquin et de secouer doucement de la tête, avant de s'en retourner comme si de rien n'était vers ses groupies attitrées, qui l'entraînèrent vivement vers la cantine.

Camus resta un instant sans bouger, puis se retourna lentement, affichant une mine des plus attristée, ce qui énerva profondément Milo. Il détestait voir son meilleur ami afficher un tel air déprimé.

Le rouquin se jeta par ailleurs précipitamment dans ses bras, et le jeune homme l'accueillit le cœur battant, comprenant rapidement aux sanglots étouffés de Camus contre son t-shirt qu'il venait tout bonnement de se prendre un râteau.

Glissant doucement contre le mur, Milo parvint à faire s'asseoir son ami sur ses genoux et le serra tendrement contre lui, s'enivrant au passage de son odeur douce et unique.

- Chuut, murmura-t-il tout bas. Ça va aller Camus. Ça va aller.

Pour toute réponse, le jeune homme resserra sa prise sur lui et enfouit davantage sa tête dans son cou.

Les dents de Milo se serrèrent. Ce Saga. Quelle enflure. Faire pleurer son Camus. Il fallait vraiment ne pas avoir de cœur pour faire pleurer une créature si belle et si délicate. Lui, jamais il ne se permettrait un tel blasphème. La preuve en était que, malgré les sentiments qu'il avait pour son meilleur ami, il n'avait jamais rien tenté pour l'empêcher d'aller se déclarer. Même s'il devait avouer que, depuis qu'il savait que Camus était amoureux du troisième, une grande douleur avait pris place dans sa poitrine et le faisait régulièrement pleurer la nuit. Quelle idée de tomber amoureux de son meilleur ami, aussi. Lui qui ne se rendait compte de rien.

Pour le consoler, Milo passa une main dans ses cheveux roux et déposa un léger baiser sur sa joue, comme il le faisait depuis qu'ils étaient enfant.

- Saga ne sait pas à côté de quoi il passe, lui affirma-t-il. Preuve qu'il n'était pas assez bien pour toi.

Un petit reniflement lui répondit.

Le blond prit délicatement le visage fin de Camus entre ses deux mains et plongea son regard saphir dans celui rubis de son meilleur ami.

- Je te jure que tu trouveras quelqu'un de mieux. Parce que tu es quelqu'un de beau, intelligent, gentil et dévoué.

Le regard du roux se baissa un instant, et de nouvelles larmes emplirent ses si jolies yeux.

- Apparemment tout le monde ne le pense pas.

- Bien sûr que si. Tes petits frères t'adorent. Tes parents t'adorent. Moi, je t'adore. Tout notre classe aussi, se dépêcha-t-il d'ajouter. Saga est juste aveugle pour ne pas voir à quel point tu es exceptionnel.

Voyant dans ses yeux comme Milo était sincère, Camus hocha doucement de la tête et se pelotonna tout contre son ami.

- Merci, souffla-t-il, la voix encore chargée de chagrin. Ça va un peu mieux.

Pour toute réponse, Milo caressa ses cheveux.


Camus remontait tranquillement les couloirs du lycée, à cette heure-ci quasiment déserts, son livre de français sous le bras, cherchant un lieu propice à la lecture. Milo avait soudainement disparu, et plutôt que de passer l'heure à le chercher, il préférait s'avancer dans ses devoirs. En terminant Le Rouge et le Noir, par exemple(1).

Il avançait donc calmement quand, au détour d'un couloir, il tomba nez à nez avec une scène qui faillit lui faire lâcher Stendhal.

Milo. Milo, son ami, son meilleur ami depuis l'âge des couches, qui embrassait langoureusement ce petit allumeur d'Aphrodite.

Ouvrant les yeux, le jeune homme blond croisa le regard choqué de son ami de toujours, lui faisant aussitôt repousser Aphrodite.

- Ca-Camus !

Celui-ci se détourna rapidement et partit dans la direction opposée de celle du nouveau "couple".

- Camus, attend ! fit Milo derrière lui. Laisse moi t'expliquer !

S'arrêtant brusquement, le roux se retourna pour planter son regard emplit d'une fureur contenue dans celui désolé de l'homme qu'il prenait pour son ami.

- Mais tu n'as rien à expliquer, Milo. Tu peux bien embrasser qui tu veux, je ne te retiens pas.

Et sans un mot de plus, il le planta là, la bouche ouverte telle la carpe moyenne.

Milo se donna une claque mentale. Qu'est-ce qui lui avait pris, de céder aux avances d'Aphrodite ? Camus les avait surpris, et maintenant, il ne gagnait que sa colère. Car son ami était en colère, c'était évident. Et dire qu'il avait promis de ne jamais lui faire le moindre mal, lui qui l'aimait toujours, et comme un fou.

Vraiment, il pouvait se féliciter d'être aussi idiot. Parce qu'il avait bien trop peur de ce que la réaction exagérée de Camus signifiait.


- Bien. Je pense qu'il est temps de nous dire au revoir.

Milo regarda avec une tristesse non dissimulée la main fine et blanche que Camus lui tendait. Du haut de ses vingt ans, il eu l'impression de mourir lorsqu'il toucha les doigts aux longs ongles rouges pour la dernière fois.

- Tu es sûr de ce que tu fais ? demanda-t-il presque imperceptiblement.

- Bien sûr Milo. Pouvoir terminer ma formation en Sibérie, c'est tout ce que je pouvais souhaiter. Je ne vais pas laisser passer cette chance.

Pourtant, de toute son âme, c'était ce que Milo souhaitait.

- Promets-moi que tu ne m'oublieras pas, murmura-t-il en entraînant le roux dans ses bras, ses yeux bleus se mouillant de larmes.

- Jamais, répondit son ami de toujours. Je te le promets.

Le bus s'arrêta soudainement derrière eux, obligeant le blond à relâcher le jeune français.

Et c'est avec toute la douleur du monde que Milo vit Camus monter dans le véhicule qui l'emmenait à l'aéroport, vers un pays froid et lointain, et la certitude qu'ils ne se reverraient jamais.

Et alors que les portes se refermaient, Milo revit passer devant ses yeux, comme un film aux couleurs délavées, tous les souvenirs qu'il partageait avec Camus. De la déclaration de ce dernier à Saga, au baiser surprit avec Aphrodite. Camus. Son Camus.

Non. C'était trop bête. Leur histoire ne pouvait pas finir comme ça.

Prit d'un élan de courage insoupçonné, Milo se mit à courir derrière le bus qui s'éloignait, faisant de grands signes de ses bras pour attirer l'attention du jeune homme aux longs cheveux roux.

- Camus ! cria-t-il.

L'intéressé redressa la tête et tourna son regard de braise vers la fenêtre entrouverte par cette chaleur d'été.

- CAMUS !

- Milo ?

- JE T'AIME CAMUS ! ET JE T'AIMERAI TOUJOURS !

Camus posa sa main sur la vitre et murmura, laissant une larme solitaire couler le long de sa joue :

- Moi aussi.


(1) indication que Camus et Milo sont en première et ont donc seize ans - Le Rouge et le Noir de Stendhal est au programme en français


Merci de m'avoir lue ! ^^ Je vous dis à la prochaine !