Ladybug se laissa tomber le long d'un immeuble, se réceptionnant dans une ruelle déserte pour se détransformer. Bridgette accueillit Tikki dans ses mains avec un petit sourire que lui rendit sa petite camarade.
-« Vous vous êtes bien débrouillés ! Une affaire rondement menée ! »
-« Oui… ! J'ai moi aussi eu cette impression, acquiesça Bridgette en sortant un cookie de sa sacoche avant de le tendre à Tikki. Chat Noir semblait très préoccupé mais finalement, ça s'est bien passé. »
-« Il est peut-être encore secoué des récents évènements, il faut vous laisser le temps de digérer. Ce n'est facile pour personne. »
-« Oui… Tu as sûrement raison. »
En récupérant son téléphone, la jeune fille put se rendre compte qu'elle avait des dizaines d'appel en absence, d'Andréa, de Jehan ainsi que de ses parents. Avec une mimique tendue, elle tourna l'écran vers Tikki qui écarquilla les yeux.
-« Oups, j'ai intérêt à les rejoindre rapidement si je ne veux pas avoir de problème. » rit Bridgette en ouvrant sa sacoche à Tikki.
La kwami rit à son tour avant de rejoindre sa cachette. Bridgette inspecta la ruelle afin de s'assurer que personne ne puisse la voir en sortir puis se mit à courir en direction de la galerie commerçante où elle avait abandonné Jehan et Andréa. Elle prit soin de repasser par la porte de secours par laquelle elle était sortie la première fois afin de ne pas attiser les soupçons.
Une fois de nouveau dans la galerie, elle s'arrêta de courir afin de calmer son souffle, continuant de progresser en regardant en tous sens, à la recherche de ses deux amis.
Elle finit par les apercevoir au bout de quelques instants, au centre de l'allée, main dans la main, leurs téléphones à leurs oreilles. Du plus loin qu'elle les aperçut, elle commença à leur faire de grand signe en courant vers eux, rassurée de les retrouver en bonne santé.
Andréa fut la première à la prendre dans ses bras en laissant échapper un soupir soulagé alors que Jehan posait sa main sur sa tête pour lui ébouriffer les cheveux.
-« Où est-ce que tu étais ? On t'a cherché partout ! » s'enquit Andréa en regardant son amie.
-« Oui, désolée… Mais quand je suis allé aux toilettes, ils m'ont interdit de revenir vers vous, et ils m'ont ordonné d'éteindre mon téléphone pour ne pas faire de bruit. » répondit Bridgette avec une petite moue.
-« Ouais bah la prochaine fois, tu resteras avec nous hein ! protesta Jehan avec un petit sourire mesquin. Ça nous évitera de nous inquiéter pour rien. »
-« Promis ! » rit Bridgette en croisant discrètement ses doigts dans son dos, sachant parfaitement qu'elle ne pourrait jamais tenir cette promesse.
Après quelques minutes de discussion, Bridgette inventant excuse et mensonge à grande vitesse pour palier à son absence durant l'attaque, la jeune fille finit par relever la tête, regardant de gauche à droite avant de se tourner vers ses deux camarades.
-« Où est Félix ? »
Chat Noir, courant sur les toits aussi discrètement que possible, se dépêcha de rejoindre la rue où il avait laissé cette grand-mère et son petit-fils plus d'une heure auparavant. Il inspecta la rue et quand il fut certain d'être seul, perdit son costume avant que Plagg ne se mette à virevolter autour de lui.
Entendant un bruit derrière lui, Félix fit volte-face mais fut rassuré quand il se rendit compte que les voix provenaient de derrière un autre pan de mur. Lorsqu'il voulut prendre la direction de la galerie commerçante où devaient encore l'attendre Jehan, Andréa et Bridgette, il croisa le regard moqueur de Plagg qui avait croisé ses pattes.
-« Qu'est-ce qu'il y a ? » questionna le garçon en fronçant les sourcils.
-« Alors ça y est ? Tu l'admets enfin ? » ricana le kwami.
-« Je ne vois pas de quoi tu parles. » répondit l'adolescent avec un regard méfiant.
-« Que tu aimes Ladybug ! Franchement c'était assez pathétique de te voir te tourner et te retourner des nuits durant pour savoir ce qui était en train d'arriver. Je suis s- »
Mais quand Plagg posa de nouveau ses yeux verts sur son porteur, le kwami éclata de rire : Félix était écarlate, les lèvres tremblantes, les yeux écarquillés. On aurait pu le croire malade tant le rouge qui se diffusait sur ses joues irradiait littéralement tout autour de lui.
Voyant son petit camarade hilare, le jeune homme tenta de reprendre un peu de constance en tendant les mains vers lui pour essayer de l'attraper pour le faire taire.
-« N-N'importe quoi ! protesta Félix en faisant un tour sur lui-même pour poursuivre Plagg qui riait toujours. Je ne suis pas amoureux d'elle, c'est ridicule ! »
-« Ah oui ? Alors pourquoi est-ce que tu es rouge comme ça hein ? Si tu n'étais pas amoureux, t- »
-« Tais-toi ! Silence, je ne veux plus rien entendre ! clama le jeune homme en attrapant le kwami dans son poing. Je te jure que si tu oses encore moufeter à ce sujet, je te mets au régime sec, tu m'entends ?! »
En voyant l'air perturbé de son porteur, Plagg s'arrêta aussitôt de rire. Le jeune homme était toujours rouge écarlate mais il n'aurait su dire si cela était dû à sa gêne ou à la colère qu'il sentait vibrer en lui. Le kwami soutint son regard quelques instants avant de lever les yeux au ciel en laissant échapper un petit sourire.
-« Oh ça va, c'est pas la peine de se mettre dans des états pareils, c'était juste une blague ! Ce que tu peux être susceptible parfois… »
-« Je ne veux plus t'entendre parler de ça, tu m'as compris ? » gronda Félix plus calmement mais sans perdre sa fureur.
-« Et pourquoi d'abord ? Quoi ? Môsieur est trop sensible ? Il a du mal à comprendre ce qui se passe dans sa tête ? »
-« Ce sujet me regarde moi, et rien que moi. Je n'ai pas envie d'en parler, et surtout pas avec toi. » répondit Félix, les dents serrées.
-« … Pff… Tu es vraiment pathétique parfois, j'espère que tu le sais… ! »
Alors que Félix allait répliquer plus ouvertement, de nouveau rouge de colère, des pas dans son dos lui firent faire volte-face, le visage tordu de fureur tandis que Plagg se réfugiait dans sa veste. Mais quand il vit Jehan, Félix se détendit quelque peu. Cependant, l'air enragé de son camarade n'avait pas échappé au grand métis qui leva ses mains en signe de rédemption.
-« Hey oh… On se calme mon pote, c'est moi. » murmura Jehan avec un sourire contrit.
-« ... Je ne t'ai pas entendu arrivé. » répondit simplement Félix en resserrant le nœud de sa cravate.
-« Tout va bien… ? Je t'ai entendu crier. Avec qui tu discutais ? »
-« J'étais au téléphone, ce n'est rien. Rentrons maintenant. » écourta le jeune homme en passant à côté de son ami.
Sans attendre la réaction de ce dernier, il remonta la ruelle dans laquelle il s'était détransformé, la main crispée sur sa poitrine, là où se cachait Plagg. La discussion avec son kwami l'avait mis de particulière mauvaise humeur : comment osait-il interférer sur ce genre de sujet ? Et surtout, comment pouvait-il estimer savoir mieux que lui ce qu'il ressentait ? C'était présomptueux, déplacé, détestable.
Et au fond de lui, sans pouvoir se l'avouer clairement, ce qui le mettait encore plus en colère, c'est qu'il commençait à penser que Plagg n'avait pas totalement tort.
Après quelques pas supplémentaires, les deux jeunes gens finirent par sortirent de la ruelle, au bout de laquelle les attendaient Andréa et Bridgette qui n'avaient pas osé s'aventurer dans le passage à la suite du grand métis. Quand leurs regards se croisèrent, Bridgette lui adressa un petit sourire, visiblement rassurée de le revoir.
Il ne put s'empêcher de lui répondre. Sans dire un mot, les deux amis s'étaient compris : ils étaient heureux de se retrouver et leur mésentente qui remontait à quelques heures était maintenant loin derrière eux.
Après quelques mots échangés, Jehan proposa de prendre le chemin du retour, d'autant plus que Félix avait reçu plusieurs appels de Nathalie et de son garde du corps, sûrement pour savoir où il était passé et pourquoi il n'était pas rentré à la maison après les cours de ce matin.
L'adolescent s'était contenté de hausser les épaules face à la consternation de sa situation : son père n'avait pas voulu lui accorder l'attention qu'il aurait un tant soit peu méritée pour son anniversaire, il considérait désormais que son père se fichait bien de savoir ce qu'il pouvait faire de ses journées, ce qui ne changeait pas grand-chose de d'habitude finalement.
De retour sur l'artère principale, le groupe d'amis avait décidé d'aborder des sujets plus légers qu'Agreste sénior et de l'akumatisation qui venait d'avoir lieu et qui secouait toujours quelque peu le quartier.
Mais à peine avaient-ils fait quelques pas dans la rue que les adolescents tombèrent nez à nez avec Camille. La rencontre était aussi déplaisante que surprenante : que faisait-elle par ici ? Félix savait, depuis le temps qu'il la connaissait, que la peste passait le plus clair de son temps chez elle, enfermée dans sa chambre à vaquer à ses occupations ou bien à traîner son personnel, et tout particulièrement son majordome, dans tous les magasins les plus chers de Paris. Elle ne se déplaçait jamais seule, autant par vanité que pour sa propre sécurité en tant que fille du maire, ni sans une bonne raison, cette dernière étant systématiquement de servir ses propres intérêts.
Or, à ce moment précis, la jeune fille semblait allée à l'encontre de tous ces principes : elle était manifestement seule dans les rues de Paris et n'avait avec elle aucun sac qui aurait pu indiquer qu'elle faisait ses courses avant l'attaque du jour.
Quand son regard bleu azur croisa celui de Félix, un petit rictus se dessina sur ses lèvres et le jeune homme eut tout de suite un frisson de dégoût et surtout de colère en comprenant ce qu'elle venait faire par ici : la peste les avait sûrement vu, lui et ses amis, quitter discrètement le lycée par la porte de derrière et avait donc cherché à les suivre.
Et si jusque-là, elle n'avait manifestement pas réussi à les retrouver, c'était désormais chose faite. Quand elle commença à avancer droit vers lui, Félix se redressa en serrant les poings. Cette fois, il était hors de question de la laisser faire, peu importe ce qu'elle lui voulait.
Depuis sa position en arrière, placée juste derrière son camarade, Bridgette put voir les phalanges de son ami se crisper violemment et elle comprit aussitôt que les choses risquaient vite de dégénérer en repensant à la colère qu'elle avait vu vibrer dans ses yeux le matin même lorsqu'il lui avait pris la main pour l'entraîner vers la salle de classe.
Sentant la catastrophe arriver droit sur eux, elle tenta d'ouvrir la bouche pour dissuader son ami de l'idée de l'affrontement mais Camille fut plus rapide qu'elle, les ayant rejoints en un souffle.
-« Tiens tiens tiens, revoilà mon Félixou et ses toutous. Quel plaisir de voir que tu n'as rien. » siffla-t-elle avec un sourire malsain.
-« Passe ton chemin Camille, on a rien à te dire. » répondit Andréa en fronçant les sourcils.
-« Je t'ai pas sonné toi, la ferme, rétorqua aussitôt la blonde. Je ne te parle pas, tu ne me parle pas, vu ? »
-« Hey doucement là, intervint Jehan en faisant passer sa compagne derrière lui. Ne t'avise pas de menacer qui que ce soit devant moi. »
-« Oh oui, c'est vrai. Tu es devenu son chevalier servant ! « Bouhouhou, comme vous êtes mignons ! » murmura théâtralement Camille en joignant ses mains entre elles. Yeurk, vous me donnez envie de vomir. »
-« Qu'est-ce que tu veux ? » coupa Félix en empêchant le grand métis de répliquer.
-« Je suis venu te chercher. Comme nous n'avons pas eu l'occasion de terminer notre discussion d'hier puisque nous avons été interrompus, martela la peste en posant son regard sur Bridgette derrière Félix, je te propose de venir à la maison. Je t'ai préparé une petite surprise. »
-« Tu crois vraiment que je vais accepter ça ? » ricana Félix d'un ton acerbe.
-« Pourquoi pas ? Tu as fini ton petit tour avec tes… « amis ». Tu peux venir t'amuser pour de vrai maintenant. » murmura Camille d'un ton plus doux qui ne cachait rien de ce qu'elle voulait vraiment signifier.
Jehan, Andréa et Bridgette écarquillèrent les yeux de surprise alors que la colère dans la poitrine de Félix redoublait d'intensité. Il ne pouvait pas croire ce qu'il venait d'entendre. Jamais il ne l'avait vu aussi insistante envers lui, et surtout pas en public, devant ses camarades. Il ne comprenait pas exactement pourquoi elle faisait cela : était-ce simplement pour l'embarrasser ? Le désirait-elle vraiment ou y avait-il quelque chose d'encore plus tordu derrière ce manège qu'il ne pouvait plus supporter ?
Une chose était sûre, elle agissait comme cela définitivement pour l'énerver, peu importe son objectif final. Sa colère au bord de l'explosion, il prit une profonde inspiration, prêt à lui cracher sa haine et son trop-plein de frustration quand il sentit un mouvement dans son dos.
En un souffle, Bridgette l'avait contourné pour se placer entre lui et Camille, face à face. Elle ne semblait pas énervée, simplement déterminée à ne pas les laisser se disputer.
-« Non. » murmura-t-elle avec un léger hochement négatif de tête.
-« Tu- »
-« Ça n'en vaut pas la peine. Ne rentre pas dans son jeu. On s'en va c'est tout. »
Félix écarquilla à son tour les yeux de surprise. Comme lorsque Psyché l'avait ensorcelé, il entendait la voix de Bridgette dans une sorte d'écho. Mais, cette fois, cela n'avait rien de désagréable ni d'effrayant. S'en était même… presque apaisant, comme la petite voix rassurante à l'arrière de notre esprit qui nous indiquait le chemin à prendre. Il se calma aussitôt. L'envie de faire disparaître Camille sous le béton du trottoir disparue et ne resta plus que celle de partir au côté de sa camarade, sans se retourner.
Il cligna plusieurs fois des yeux avec un léger mouvement de recul : comment arrivait-elle à faire une chose pareille ?!
Quand elle vit la colère de Félix s'apaiser quelque peu, elle lui adressa un petit sourire rassurant, lui signifiant qu'il avait pris la bonne décision. Elle ne savait pas très bien ce qu'il lui avait pris de se mettre en travers de sa route comme elle l'avait fait : il aurait pu très mal le prendre, et pire, cela aurait pu attiser davantage sa fureur. Mais non. Et cela la rassurait.
Mais Camille, furieuse de voir cette fille, sur qui ses nombreuses tentatives d'intimidation avaient toujours échoué, se mettre encore en travers de sa route, ne comptait pas s'arrêter là. Elle attrapa le col de la chemise de l'adolescente pour la projeter violemment en arrière, lui griffant de ses ongles longs parfaitement manucurés la peau de la nuque. La jeune fille chuta lourdement, se protégeant l'arrière de la tête pour éviter que celle-ci ne heurte le sol quand son dos fut à terre.
Jehan fut le premier à réagir, attrapant le poignet de Camille pour l'empêcher de faire quoi que ce soit d'autre tandis qu'Andréa se précipitait auprès de son amie pour l'aider à se redresser.
Camille allait reprendre la parole quand elle vit soudain les regards de tous les passants se tourner vers elle : habituée à agir en secret, elle n'avait pas pris en compte les nombreux passants dans les rues de Paris qui venaient très distinctement de la voir projeter Bridgette en arrière.
Si certains étaient surpris, d'autres semblaient plutôt consternés, sûrement en train de rechercher où est-ce qu'ils avaient bien pu voir ce visage. Elle sentit bientôt l'étau de son propre piège se refermer sur elle alors que les curieux s'approchaient d'eux. Jehan prit soudain la place de Bridgette entre Félix et elle, serran son fin poignet dans son poing, un air menaçant sur le visage.
-« Si maintenant tu ne veux pas qu'on appelle les flics et ton « papounet », je te conseille de dégager. Tout de suite. »
Camille allait répliquer mais quand elle vit la foule s'agiter, sûrement maintenant consciente de son identité, elle se contenta de serrer les dents. Elle posa une nouvelle fois son regard sur Félix qui fronça les sourcils, lui montrant qu'il n'avait pas peur de lui faire face.
-« Je te conseille de l'écouter. » tonna-t-il sans la lâcher du regard.
Un bref instant de calme se fit jusqu'à ce que la peste ne récupère son bras dans un mouvement brusque puis ne s'éloigne avec quelques injures prononcées à voix basse. Le groupe la regarda partir puis disparaître au coin de la rue avant que Bridgette n'adresse un petit sourire triomphant à ses amis en se remettant debout.
-« Tout va bien ? » questionna aussitôt Félix en faisant un pas vers elle.
-« Oh oui, j'en ai vu d'autre tu sais, rit Bridgette en s'époussetant. Rien de cassé. »
Félix la regarda faire, sans savoir quoi dire ni quoi faire. Le plus facile était de lui dire merci : elle venait encore une fois de se mettre en première ligne pour lui sans qu'il n'ait rien pu faire pour elle. Alors qu'il tardait pour trouver ses mots, Jehan passa ses bras autour des épaules de ses camarades avant de pousser un profond soupir.
-« Bon… et si on rentrait avant que quelqu'un ne soit vraiment blessé, hmm ? »
Une fois de retour chez lui, Félix passa devant Rosa qui lui fit un petit signe de tête auquel il répondit, sans pour autant s'arrêter, ne souhaitant parler à personne.
Quand la porte de sa chambre fut refermée, Plagg sortit de sa cachette pour s'envoler vers la réserve où son porteur conservait son précieux camembert. Le jeune homme passa sa main sur son visage en soupirant lourdement : cette journée avait été une catastrophe de long en large. Il n'arrivait même pas à croire que tout ce qui était arrivé était arrivé pour de vrai.
Après quelques secondes adossé à la porte de sa chambre, le garçon se redressa pour s'avancer vers son bureau. En posant son sac de cours au pied du meuble, il remarqua qu'un paquet emballé dans un papier bleu roi avait été déposé là. Il n'eut pas à réfléchir bien longtemps pour deviner de qui venait ce présent, ni ce qu'il contenait au vu de sa forme rectangulaire. Après un petit temps d'hésitation, Félix se décida à se saisir du paquet pour l'ouvrir délicatement alors que Plagg venait se poser sur son épaule droite, intrigué.
Le jeune homme attrapa le bas du papier de sa main gauche pour faire glisser l'objet qu'il contenait dans sa main droite. Un livre, évidemment. Il le fit tourner pour l'inspecter, les sourcils froncés. Un manuel sur la gestion d'entreprise : les connaissances fondamentales à savoir, comment s'organiser en tant que chef d'une multinationale, etc…
Le jeune homme eut un frisson en serrant l'ouvrage dans ses mains. Voilà donc ce qui l'attendait désormais ? Félix avait toujours su que son père compterait sur lui, d'une manière ou d'une autre, pour assurer la succession de son entreprise lorsqu'il serait temps pour lui de passer la main.
Mais lui, était-ce vraiment ce qu'il souhaitait ? Il en doutait de plus en plus.
Son père n'avait même pas pris le temps de venir en discuter avec lui avant de lui offrir ce livre, lui faisant implicitement comprendre ce qu'il attendait de lui sans même être présent. Encore une fois, il se défilait, évitait la confrontation en face à face.
Les dents serrées, Félix leva son bras qui tenait l'ouvrage, pensant le lancer au travers de la pièce pour exprimer sa frustration. L'image de sa mère lui revint soudain en tête, elle qui avait toujours pris soin de sa bibliothèque, l'époussetant plusieurs fois par semaine, toujours avec un grand sourire.
« Il faut toujours respecter les livres mon chéri, même ceux que l'on n'apprécie pas. Ils font tous partie de notre histoire, et ils ont tous une place dans notre bibliothèque. »
L'adolescent poussa un profond soupir avant de baisser son bras pour reposer le livre sur son bureau. Plagg le regarda faire, un air peiné sur le visage avant de venir virevolter devant son porteur.
-« Tout va bien ? »
-« Je vais prendre une douche. » coupa Félix en faisant volte-face sans oser regarder son kwami.
Le jeune homme défit rapidement ses vêtements pour se précipiter dans la cabine de douche, ouvrant l'eau qui se mit à couler en cascade brûlante sur ses épaules. Il resta un long moment sans bouger, laissant sa peau blanche se marbrer de grandes plaques rouges sans rien y faire. Les yeux clos, le garçon respirait lentement pour tenter de calmer la colère qui battait dans son ventre et dans son cœur.
Évitant de songer à son père et à Camille, ses pensées se mirent à vagabonder et il repensa soudain aux évènements de l'après-midi et particulièrement à sa discussion avec Plagg. Inclinant doucement la tête, le visage souriant de sa partenaire lui revint soudain. Et aussitôt, son cœur se mit à battre plus fort, sans qu'il ne le veuille. Il serra les poings en fronçant les sourcils.
Était-ce vraiment possible ? Pouvait-il vraiment être tombé amoureux d'elle ? Mais dans ce cas, pourquoi tout semblait… incomplet ? Comme s'il manquait quelque chose. Dans les contes que le garçon avait lu et relu dans son enfance, il se souvenait de ce « grand amour » étalé sur les pages, qui unissait le prince et la princesse dans la plus parfaite des fusions.
Il n'éprouvait rien de tout cela. Certes, il ne pouvait plus nier que sa camarade ne le laissait pas indifférent et-
Attends… Sa camarade ?
Félix rouvrit soudain les yeux quand le visage de Bridgette remplaça celui de Ladybug. Il ouvrit la bouche de surprise. Était-il possible que… qu'il soit aussi tombé amoureux de Bridgette ? Était-ce pour cela qu'il sentait ce drôle de sentiment de tiraillement à chaque fois que l'une d'entre elle lui adressait un large sourire ? Et était-ce pour cela que tout semblait aussi grisant que douloureux ?
Félix sortit de la douche, déboussolé. Il ne savait plus quoi penser. Il se dépêcha de passer sa serviette sur son corps avant de se parer d'autre vêtement, s'arrêtant devant son grand miroir pour terminer de se sécher les cheveux. Plagg vint se poser sur le bord du lavabo pour le regarder faire, ou surtout pour le surveiller : il savait son porteur perturbé et il était de son devoir de ne pas le laisser sombrer, au risque de voir la situation dégénérer.
Quand Félix se redressa pour regarder son reflet, il put voir que des larmes étaient en train de couler sur ses joues. Il ne les avait même pas senties. Il ne se sentait même pas triste, simplement vide et fatigué. Il fit un mouvement en avant pour se regarder de plus près, posant sa main sur sa joue.
-« Qu'est-ce que tu as ? » questionna Plagg en penchant la tête.
-« Je… Je ne sais pas… » murmura Félix sans détourner les yeux du triste spectacle qui se jouait devant lui.
Après un long moment, il se tourna vers son petit compagnon pour lui adresser un regard perdu, presqu'apeuré, comme pour lui demander silencieusement ce qu'il devait faire.
Plagg soupira doucement avant de saisir l'index gauche de son porteur pour l'entraîner vers son lit.
-« Va te coucher petit, ça ira mieux demain. »
Bridgette reposa son stylo sur son cahier avant de s'étirer de tout son long sur sa chaise de bureau. Les devoirs de physique lui avaient pris, comme d'habitude, beaucoup plus de temps que prévu. Mais la jeune fille s'accrochait et ses efforts avaient fini par payer : sa moyenne dans cette matière avait sensiblement augmentée et même Mme Mendeleïev, de nature si dure avec ses élèves, l'avait félicité, à sa manière, en constatant ses progrès.
L'adolescente savait très bien qu'elle ne devait cette soudaine augmentation de ses notes qu'à Maxence et surtout Félix qui étaient de véritable soutien pour elle, toujours enclin à l'aider sans jamais perdre patience. Avec un air plus grave, Bridgette se mit soudain à penser à son blond camarade.
Elle se sentait minable de ne jamais pouvoir l'aider comme il le faisait pour elle. Elle voulait être un soutien pour lui, lui prouver qu'elle serait toujours à ses côtés, quoi qu'il puisse arriver. Cela faisait plus de cinq mois que les jeunes gens se connaissaient et elle sentait déjà que ce garçon laisserait une marque indélébile dans sa vie, au même titre que tous ses camarades de classe. Bridgette posa ses mains sur ses joues quand elle se sentit s'empourprer, échappant un petit soupir d'exaspération.
Était-il vraiment au même niveau que tous ses autres camarades ? Ou y avait-il quelque chose d'autre ? Plus le temps passait, plus l'adolescente ressentait le besoin d'être toujours plus près de lui, de ne jamais le quitter des yeux. Il lui était même déjà arrivé de vouloir lui prendre la main lorsqu'ils marchaient l'un à côté de l'autre, chose qu'elle s'était toujours interdite de faire pour des raisons évidentes.
Seule Tikki était véritablement au courant de ce qu'il se passait dans son cœur : elle n'avait pas encore osé en parler à Jehan, de peur de déclencher une vague d'enthousiasme qu'elle ne pourrait plus contrôler.
Et de toute façon, la situation était encore trop confuse pour pouvoir se projeter. Elle se questionnait sur ses propres sentiments : était-ce vraiment de l'amour ? Ou une autre forme d'affection qu'elle n'avait pas encore expérimentée ? Et de toute façon, si elle se posait la question de ses sentiments amoureux envers lui, ce n'était pas une très bonne nouvelle n'est-ce pas ?
Elle était persuadée que lorsqu'on était amoureux, on en était sûr, qu'on ne doutait à aucun moment de ce que l'on ressentait pour l'autre. Or ici, ce n'était pas le cas.
Elle laissa échapper un nouveau grognement de frustration en faisant claquer ses talons sur le sol, exaspérée. Une chose était sûre : elle ne voulait plus rester sans rien faire. Elle voulait lui montrer une autre marque d'affection, une toute petite, rien que pour lui faire comprendre qu'il comptait pour elle, et peut-être même un peu plus que cela.
Avec un soupir, l'adolescente se redressa. Elle savait que ses sentiments n'étaient de toute façon pas réciproques, mais était-ce une raison pour tout garder pour elle ? Son mal-être n'était-il pas dû au fait qu'elle cachait tout, à tout le monde ? Si elle avait une véritable conversation avec lui, peut-être que tout irait mieux ?
Elle fit un signe à Tikki avant de descendre les escaliers de sa chambre jusqu'au salon. Sabine était assise dans le grand canapé, un livre entre ses mains. Quand elle entendit sa fille ouvrir la trappe, elle releva les yeux dans sa direction pour l'accueillir avec un grand sourire.
-« Le dîner n'est pas encore prêt. »
-« Oui je sais… » murmura Bridgette en s'asseyant à côté d'elle. »
Sabine regarda l'adolescente avec un petit froncement de sourcil. Elle n'était pas dupe, et elle connaissait sa fille : quelque chose n'allait pas. Depuis quelques temps, elle avait remarqué sa mine préoccupée, mais avait décidé de ne pas intervenir, préférant la laisser venir vers elle, comme elles l'avaient toujours fait jusque-là.
-« Tout va bien ma chérie ? » questionna Sabine, comme pour faire comprendre à Bridgette qu'elle était prête à ouvrir la discussion.
-« Oui… En fin non… ? Je ne sais pas… » murmura Bridgette, le regard fuyant.
Sabine posa son livre pour se rapprocher davantage de sa fille avant de poser sa main sur la sienne.
-« Dis-moi tout. »
-« … C'était l'anniversaire de Félix avant-hier… » avoua Bridgette après un petit silence.
-« Et alors… ? Vous avez organisé quelque chose pour lui ? »
-« Non ! Et justement ! C'est bien ce qui m'embête ! Tu sais qu'il ne nous l'a pas dit directement, on l'a appris par Mlle Bustier. »
-« Peut-être qu'il est timide et qu'il n'avait pas envie de vous le dire, c'est tout, répondit Sabine avec un léger haussement d'épaule. Je ne le connais pas beaucoup, mais ça ne m'étonnerait pas de lui. »
-« Non… C'est pas ça… rétorqua Bridgette avec un hochement négatif de tête. Même chez lui, il n'a rien fait… Il a eu 18 ans ! 18 ans ! Et son père n'a rien fait pour cette occasion. »
Sabine marqua un petit silence, un pincement au cœur, les lèvres légèrement entrouvertes de surprise. Elle avait déjà pu remarquer que ce garçon semblait bien triste de l'extérieur, constamment silencieux et surtout très solitaire. Elle avait pu le voir s'éclairer quelque peu lorsqu'il avait accepté l'invitation au repas de Noël et savoir que sa situation ne s'améliorait pas avec le temps serrait son cœur de maman attentionnée.
-« C'est pour ça que tu es contrariée ? » hasarda-t-elle en penchant la tête.
-« J'aimerais tellement pouvoir faire plus pour lui. Ça me brise le cœur de le voir comme ça, je te jure... C'est vraiment injuste. Félix c'est un garçon tellement gentil, tellement patient, tellement doux, tellement passionné et prêt à aider tout le monde, même lorsqu'il pourrait faire autre chose de plus intéressant… »
-« Et toi tu l'aimes tellement, c'est ça ? » plaisanta Sabine avec un clin d'œil.
-« … Je crois ? Je ne sais pas… C'est tellement compliqué… soupira Bridgette en posant son menton sur ses paumes. Moi je croyais que quand on aimait quelqu'un, on avait pas besoin de se poser la question, qu'on le savait tout de suite… »
-« C'est le cas je pense. »
-« Alors je ne suis pas amoureuse, soupira l'adolescente. Ou que je ne suis pas encore suffisamment sûre de moi pour l'aimer correctement. »
-« Moi je pense surtout que tu veux le sortir de la morosité et de la tristesse que tu sens chez lui et que tu confonds ta volonté de l'aider avec tes sentiments que tu lui portes. »
-« … Tu crois ? » demanda Bridgette en se tournant vers sa mère, surprise.
Sabine se contenta de hocher la tête devant l'air perdu de sa fille. Cette dernière ne savait plus quoi penser. Il était sûr qu'elle voulait absolument l'aider, lui faire oublier cette tristesse qu'elle sentait constamment vibrer en lui, même dans les moments joyeux. Le débarrasser de la monotonie de sa vie, balayer ses angoisses d'un revers de main en lui disant que tout irait bien, et pouvoir tenir cette promesse.
Mais rien n'était simple, et le fait qu'elle était Ladybug, et donc forcée de s'inventer excuse sur excuse pour disparaître lors des attaques, n'aidait pas à instaurer ce climat de confiance qu'elle voulait pourtant forger entre eux. Voyant sa fille se plonger dans d'intenses réflexions, Sabine eut un petit rire avant de lui saisir une nouvelle fois la main.
-« Je suis sûre que tu vas finir par trouver, tu es douée pour ça, acquiesça Sabine. En ce qui concerne cet anniversaire oublié, j'ai peut-être une idée. » murmura-t-elle en se relevant et en entraînant sa fille à sa suite.
Surprise, l'adolescente se laissa faire, curieuse de connaître la pensée de sa mère.
Une fois les cours de la journée suivante achevés, les jeunes gens se retrouvèrent devant le lycée pour se souhaiter une bonne soirée. Félix était resté silencieux une bonne partie de la journée, évitant autant que faire se peut les regards assassins de Camille tourné vers lui.
Bridgette avait tenté de le convaincre d'aller voir M. Damoclès pour lui raconter ce qui était arrivé l'avant-veille avec elle, mais il avait refusé, s'appuyant sur le fait qu'ils n'avaient aucun moyen de prouver leurs dires et qu'au final, personne ne les croirait. Elle avait ensuite essayé de le faire parler, de tout et de rien, espérant déceler ce qui n'allait pas, mais à part quelques sourires échangés et des mots génériques, le garçon n'avait pas souhaité s'exprimer plus que cela.
Alors, quand elle aperçut sa mère, sur le côté du parvis, comme elles l'avaient convenu la veille, elle fut soudain prise de doutes. Une fois de plus, s'était-elle méprise sur la situation de son camarade ? Souhaitait-il vraiment la voir agir autour de lui comme elle le faisait en ce moment ? Ne se mêlait-elle pas de chose qui ne la regardaient pas ?
De toute façon, il était trop tard pour faire marche arrière. Jehan venait d'apercevoir Sabine et s'était approché d'elle, main dans la main avec Andréa, pour la saluer. Félix s'était contenté d'un hochement de tête vers elle, auquel Sabine répondit, se dirigeant déjà vers sa voiture qui l'attendait.
Le voyant faire, Bridgette, prise de panique, se tourna vers sa mère, cherchant dans ses yeux ce qu'elle devait faire. Cette dernière lui fit un mouvement de menton pour lui faire comprendre de le retenir quelques instants, sous les regards surpris de Jehan et Andréa.
Après un petit instant de réflexion, Bridgette se précipita vers Félix qui ouvrait la portière arrière droite du véhicule.
-« A-Attends ! s'exclama-t-elle en le rattrapant par le bras. Tu veux bien attendre une petite seconde s'il te plait ? »
Elle attendit que Félix acquiesce doucement, surpris, avant de faire volte-face vers sa mère, qui lui tendit aussitôt la boite en carton qu'elle tenait dans ses mains. Nerveuse au possible, Bridgette se retourna vers son ami, les mains crispées sur la boite en essayant d'afficher un sourire sincère.
-« T-Tiens… C'est pour toi. »
-« Qu'est-ce que c'est ? » questionna Félix en réceptionnant le contenant.
-« Une tarte au citron meringuée. Je… l'ai faite avec ma mère très tôt ce matin. Je… Je sais que tu avais dit « pas de gâteau » mais… j'ai pas pu résister… Désolée… » annonça d'une traite Bridgette en tanguant d'un pied sur l'autre, entortillant ses doigts les uns avec les autres.
Félix écarquilla les yeux, surpris.
-« Tu as fait ça pour moi… ? »
-« Ma mère m'a aidé, aha ! En fait c'est surtout elle qui l'a préparé… ! Mais je… j'ai un peu aidé disons. Je vais apprendre, c'est qu'une question de temps avant que je sache les faire moi-même, les tartes… »
Le jeune homme dévisagea sa camarade avec un léger sourire amusé. Même s'il était vrai qu'il avait expressément demandé à ses camarades de ne rien faire pour son anniversaire, il était véritablement touché de cette attention. Quoi qu'elle puisse faire malgré ce qu'il demandait, il n'arrivait jamais à lui en vouloir. Tout ce qu'elle faisait était fait avec une telle envie de faire plaisir, avec un si grand dévouement qu'il était tout simplement impossible de lui en tenir rigueur.
-« Tu n'es pas fâché j'espère… » murmura Bridgette, brisant le fil de pensées de son ami.
-« Non ! Non, non pas du tout. C'est très gentil, merci. Je ne sais pas quoi te dire… Je suis très touché. »
-« Elle est grande, tu pourras la partager… murmura Bridgette avant d'écarquiller les yeux en réalisant ce qu'elle venait de dire. Enfin… Tu peux… Euh… »
-« Et céder une seule miette de mon cadeau ? Oh non ! » coupa le garçon avec un sourire amusé.
Bridgette le regarda, cherchant à savoir si elle l'avait blessé sans le vouloir, avant de répondre à son sourire.
-« Bon anniversaire Félix. » acheva-t-elle en plongeant son regard dans le sien.
L'adolescent sentit une nouvelle fois cette onde chaude se répandre partout dans son corps, pulsant depuis sa poitrine et l'apaisant en une fraction de seconde. Le souffle coupé, il remercia à mi mot avant de rentrer dans la voiture après un dernier regard en arrière.
Bridgette lui adressa un petit signe de main puis rejoignit sa mère et ses deux amis qui avaient assisté à la scène de loin. Jehan lui fit un petit sourire insolent en se penchant un peu plus vers elle.
-« Dis donc toi, tu aurais pas quelque chose à nous dire ? »
-« Moi ? Non, rien du tout. » répondit franchement la jeune fille en haussant les épaules.
-« C'est ça… » rétorqua le grand métis en levant les yeux au ciel.
-« Et nous, on a pas le droit d'en avoir, de la tarte au citron meringuée ? » railla Andréa en lui faisant un petit clin d'œil.
-« Pas de celle-là mais vous pouvez venir prendre le goûter à la maison si vous le voulez. » affirma Sabine avec un sourire franc au jeune couple.
-« Vraiment ?! Vous êtes la meilleure madame Dupain-Cheng ! » s'esclaffa Jehan en attrapant sa main.
Sabine se mit à rire devant l'excitation du jeune homme avant de tourner les talons vers la boulangerie, les jeunes gens sur ses talons. Avant de traverser la route, Bridgette jeta furtivement un regard en arrière, vers là où la voiture de Félix avait disparu. Elle espérait sincèrement qu'elle n'avait pas fait de faux pas.
Dans la berline noire, Félix avait les mains crispées sur la boite qui contenait la tarte. Un petit sourire était toujours dessiné sur ses lèvres mais comme la veille, il se sentait plus perdu que jamais. Ce sentiment d'être au pied du mur sans savoir quelle direction prendre lui tordait de nouveau les entrailles. Il se sentait mal, littéralement coupé en deux, comme si les deux parties de son cœur avaient décidé de se séparer pour se battre l'une contre l'autre.
L'accumulation de stress, de tristesse, de colère et de questionnement durant la semaine avait été telle que, de retour chez lui, après avoir refermé la porte de sa chambre, le garçon ne put s'empêcher de sangloter doucement, ses larmes humidifiant le couvercle de la boite en carton qu'il tenait toujours entre ses mains.
Il était perdu, incapable même de comprendre ce qui était en train de lui arriver. Félix avait toujours été un garçon débrouillard, surtout depuis le départ de sa mère. Mais à cet instant, il regrettait plus que tout qu'elle ne soit plus là pour le conseiller, pour lui dire que ce qu'il ressentait était normal ou non, pour le prendre dans ses bras en lui promettant que tout irait bien.
Elle n'était plus là, et le garçon se sentait seul.
Désespérément seul.
Désolée pour cette fin d'arc un peu triste, j'espère que ça vous a plu malgré tout ! C'était un arc assez petit mais il sert en fait de transition pour le prochain qui arrivera le 4 juillet après la semaine de pause habituelle entre chaque arc de cette fic ! Ce sera d'ailleurs le dernier avant ma pause estivale du mois d'août mais j'aurai le temps de vous le répéter avant que ça n'arrive.
On se retrouve donc dans deux semaines pour la suite, restez connectés...
