Caché derrière une cheminée, Chat Noir écoutait attentivement les bruits alentours, alerte au moindre son qui pourrait l'aider à localiser Ladybug. Même s'il était protégé, sa position ne lui permettait pas d'observer le champ de bataille. Reprenant peu à peu son souffle après une course poursuite qu'il avait réussi à écourter en prenant un virage brusque, échappant à la vision de sa coéquipière, il cherchait activement un moyen de remédier à la situation.

Il n'avait pas perdu l'idée d'essayer d'embrasser sa partenaire pour la soustraire à l'emprise du Dislocœur, même si cela lui serrait les entrailles. Il ignorait quelle serait la réaction de sa partenaire lorsqu'elle se rendra compte de ce qu'il s'apprêtait à faire. Allait-elle comprendre ? Le détester ? Le disputer pour avoir osé poser ses mains sur elle ? Elle en aurait tous les droits après tout. Il ne savait pas comment s'y prendre, retournant le problème dans tous les sens sans qu'aucune autre solution ne lui vienne.

Soudain, en pleine réflexion, il entendit des pas effrénés se déplacer sur le toit juste derrière lui, puis sauter avant de reprendre leur course. C'était elle, il n'y avait aucun doute, il aurait pu reconnaître ses pas entre mille.

Le plus discrètement possible, Chat Noir se redressa, restant à couvert pour tenter de repérer par où elle était partie. Accroupi derrière la cheminée, il la vit, debout au bord du toit, regardant autour d'elle d'un air rageur. Elle semblait particulièrement contrariée de l'avoir perdue de vue. Mais pour une fois, Chat Noir avait l'avantage. Tant qu'elle ne l'avait pas repéré, il pouvait encore programmer son prochain assaut de la manière la plus confortable pour lui.

Attendant que Ladybug soit totalement de dos par rapport à lui, Chat Noir se dépêcha de changer de cachette, glissant sur les ardoises du toit avant de coller son dos derrière une autre grande cheminée, le souffle coupé.

Son mouvement fit se retourner Ladybug d'un geste vif, foudroyant l'endroit de son passage avec colère mais heureusement, il avait été trop rapide pour qu'elle puisse le voir se déplacer. Elle dirigea ses pas vers le bruit qu'elle venait d'entendre, faisant tournoyer son yoyo à ses côtés, le filin sifflant dans les oreilles des deux héros.

L'observant en silence, Chat Noir tourna autour de la cheminée afin de ne pas se faire repérer avant de grimper dessus, accroupi, observant sa coéquipière depuis sa position. Après quelques secondes de recherche, elle se stoppa à quelques mètres de lui, sans le remarquer puis fit volte-face.

La regardant s'éloigner, le héros arqua son corps en prenant une profonde inspiration : c'était sûrement sa dernière chance d'agir avant que Dislocœur ne revienne et ne lui complique davantage la tâche. Il attendit qu'elle soit parfaitement au centre du toit avant de quitter sa position d'un saut, les bras en avant.

Ladybug fit volte-face, l'entendant faire, mais pas assez vite. Les deux jeunes gens chutèrent, Chat Noir passant sa main à l'arrière de la tête de sa coéquipière en roulant avec elle sur les ardoises avant de s'arrêter, son corps par-dessus le sien. Il se dépêcha d'attraper ses poignets, les plaquant sur la surface du toit, juste au-dessus de sa tête. La jeune fille se débattait mais il tenait bon. Il l'observa quelques instants, sentant son rythme cardiaque s'accélérer.

-« Je suis vraiment désolé, c'est… la seule solution… je crois… » bégaya le jeune homme en regardant sa partenaire se débattre de toutes ses forces.

-« Lâche-moi ! Je vais t'arracher les yeux ! Lâche-moi tout de suite ! » hurla Ladybug en secouant son corps pour tenter de se dégager.

Le souffle court, Chat Noir resta immobile quelques secondes avant de se pencher doucement vers elle. Alors qu'il s'approchait, il put la détailler comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Il put voir le bleu de ses yeux, un bleu si profond qu'il aurait pu s'y noyer s'il les avait regardés trop longtemps. Il admira également sa peau blanche, lisse comme une statue de marbre et ses lèvres, habituellement si roses, devenues noires, qui tranchaient dans une drôle d'harmonie avec l'albâtre de son épiderme.

Chat Noir stoppa son mouvement à quelques centimètres de son objectif : le jeune homme n'avait encore jamais embrassé personne. Et si cela pouvait sembler incroyablement facile vu de l'extérieur, il fut soudain pris d'un doute. Comment devait-il procéder ? Et si le simple contact de lèvres à lèvres ne suffisait pas ? Pouvait-il se permettre d'aller plus loin ? Comment allait-elle réagir ?

Comme le voulait le respect de leurs identités secrètes, Chat Noir ignorait tout de la vie privée de sa partenaire. Et si, par ce simple geste, il prenait la place de quelqu'un d'autre ? Le cœur de Ladybug était-il déjà plein ? Même si cela était pour une bonne cause, pour le succès d'une mission, et bien qu'il n'y avait aucun sentiment derrière ce geste, avait-il le droit de lui voler ce baiser ?

Il poursuivit son mouvement, le cœur prêt à exploser.

« C'est juste pour la délivrer, rien d'autre. C'est juste pour la délivrer, rien d'autre. » se répétait Chat Noir en continuant de maintenir les poignets de Ladybug pour l'empêcher de bouger, son autre main plaquée sur l'épaule de la jeune fille.

La gorge sèche, la tête toujours emplie de questions et de doutes qui se bousculaient, le jeune homme s'arrêta brusquement lorsqu'il entendit sa coéquipière émettre un petit gémissement plaintif, comme mêlé de peur, qui le projeta des jours en arrière, lorsque Camille l'avait lui aussi coincé pour tenter de l'embrasser.

Le garçon s'était senti si mal qu'il avait été incapable de bouger ni même de se débattre. La situation lui avait totalement échappée et c'était quelque chose qu'il ne souhaitait à personne. Cette impression de chuter dans le vide sans personne pour vous rattraper était telle que le jeune homme ne put continuer son mouvement.

Regardant Ladybug qui tentait de cacher son visage de son bras, se débattant toujours plus pour essayer de lui échapper, il sentit son cœur se serrer davantage. Pouvait-il lui infliger ça ? Était-ce une ruse due à son ensorcellement ou les émotions qui traversaient le corps de sa coéquipière à cet instant étaient-elles réellement les siennes ?

-« L-Ladybug, je… » bredouilla-t-il, son visage près du sien.

Soudain un sifflement sur sa gauche lui fit relever les yeux. D'un bond, s'écartant vivement de sa coéquipière encore allongée, il esquiva de justesse la flèche que venait de tirer Dislocœur. Jurant à mi-mot, le héros n'eut pas d'autre choix que de quitter les lieux, s'enfuyant du toit sur lequel il s'était arrêté tandis que l'akumatisé se posait à côté de sa coéquipière qui se relevait à peine.

-« Je pense qu'il est temps d'attraper ce vilain minou, qu'est-ce que tu en dis ? » demanda Dislocœur avec un petit rire.

-« Oui, ce chat de gouttière doit encore apprendre ses manières. » acquiesça Ladybug, les poings serrés.

Sans perdre un instant, les deux alliés quittèrent à leur tour le toit, Dislocœur reprenant la voie des airs tandis que Ladybug accrochait son yoyo sur le toit d'en face pour se propulser. Chat Noir n'était pas loin, il était temps d'en finir.

À quelques mètres de là, le héros était en train de se disputer lui-même. Pourquoi n'avait-il pas tenté le coup ? Pourquoi avait-il autant hésité ? Il n'était qu'un idiot ! C'était un baiser, mais ça ne voulait rien dire ! C'était un stratagème, du cinéma, pour tenter de trouver une solution à leur problème ! Il n'emporterait aucune conséquence et dans le pire des cas, des excuses et une autre gifle auraient remis les choses à plat.

Lâchant un autre juron que lui seul pouvait entendre, le jeune homme se saisit de son bâton pour traverser une rue d'un bond avant de continuer de courir. Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, il put voir que Ladybug n'était pas loin derrière lui, imitant son saut tandis que Dislocœur se rapprochait dangereusement, le visant de son arc.

Le héros esquiva plusieurs flèches, faisant tourner son bâton à côté de lui, lui offrant un bouclier de secours. Il franchit une nouvelle rue d'un bond en avant, se réceptionnant souplement sur les ardoises blanches du toit.

En baladant son regard au loin, il put apercevoir la cathédrale Notre-Dame, de l'autre côté du bras de la Seine qui reflétait les rayons du soleil déclinant de ce milieu d'après-midi. Le jeune homme comprit alors qu'il était en train de courir sur le toit du Théâtre du Chatelet, son combat et ses nombreuses fuites l'ayant contraint à traverser le large fleuve, sans même qu'il ne s'en rende compte.

Arrivant au bout du bâtiment, Chat Noir stoppa nette sa course. Le saut pour atteindre le toit d'en face était grand, très grand, et le garçon hésita un instant avant de s'élancer.

Et il hésita une seconde de trop.

À peine avait-il quitté le toit que le héros se sentit retenir par quelque chose qui venait de s'enrouler autour de lui. Sans comprendre, il se retrouva entortillé dans le filin du yoyo de sa partenaire puis suspendu par les pieds au lampadaire qu'il venait de dépasser, planter sur le bord d'une place sur laquelle se dressait une fontaine décorée de sphynx.

Se balançant à grande vitesse, le jeune homme laissa échapper un cri de frayeur, sa position peu agréable lui retournant l'estomac, suspendu à l'envers à deux mètres du sol. Ladybug ne tarda pas à arriver, laissant échapper un petit rire de victoire tandis que Dislocœur se posait derrière elle, un sourire mauvais sur le visage.

-« Bien joué Ladybug ! félicita l'akumatisé. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à récupérer sa bague. »

« Dès que tu auras son miraculous, tu n'auras plus qu'à récupérer celui de Ladybug ! ricana Papillon, sûr de sa victoire proche. Tiens ta parole et je te rendrais encore plus puissant ! »

Dislocœur se contenta d'acquiescer avant de s'avancer vers le héros, Ladybug restée en retrait et maintenant fermement son arme pour empêcher son coéquipier de s'échapper.

Sentant le vent tourner, Chat Noir se débattit de toutes ses forces, tentant de se défaire de la toile de sa partenaire mais rien n'y faisait. Au bout de quelques secondes, il parvint tout de même à dégager ses épaules, puis ses bras, le yoyo s'enroulant cependant dangereusement autour de sa gorge. Mais le jeune homme n'y prêta pas plus d'attention et se contenta de séparer son arme en deux parties puis de lancer celle qu'il tenait dans sa main droite vers Dislocœur qui n'était plus très loin de lui.

Surpris, le vilain n'eut pas le temps de réagir et se prit l'arme en plein visage, stoppant ainsi son avancée sous les yeux surpris de Ladybug. Dans son étonnement, elle relâcha légèrement la pression qu'elle maintenait sur le filin, permettant à Chat Noir de dégager ses chevilles. Mais alors que son corps renversait sa position, les jambes de nouveau vers le bas, le jeune homme ne fut bientôt plus soulevé du sol que par le filin qui se resserra autour de son cou.

Le souffle coupé, laissant échapper un hoquet de surprise, le héros porta ses mains à sa gorge, tentant d'écarter l'arme de sa coéquipière pour le laisser respirer. Mais le filin était trop fin et dans l'urgence de la situation, le jeune homme ne parvenait pas à passer sa main entre sa peau et le yoyo. Alors qu'une larme perlait à son œil droit, l'air commençant cruellement à manquer, il vit Dislocœur, remit du choc, bander une nouvelle fois son arc, le visant d'une flèche.

-« Ahaha ! Voilà le chat perché, et bien comme il faut. Ne bouge pas mon minou, ça ne sera pas long. »

Alors que sa vue commençait à se brouiller, tentant désespérément de poser un pied au sol, Chat Noir arma le deuxième morceau de son bâton dans sa main gauche, maintenant toujours le filin de sa main droite. Il savait que tout allait se jouer maintenant : soit il réussissait à se sortir de cette situation, soit tout était perdu.

Il n'y avait pas d'autre échappatoire.

Avec un nouveau sourire, Dislocœur décocha sa flèche. Chat Noir la regarda filer droit vers lui avant de la frapper du bout de son bâton pour la repousser d'un coup droit. Déviée, la flèche fila droit vers Ladybug qui tomba en arrière de surprise alors que son coéquipier lançait son bâton vers l'akumatisé pour l'empêcher de tirer une seconde flèche.

Cette fois l'héroïne lâcha totalement son yoyo, permettant à son partenaire de retomber au sol. Celui-ci se mit à tousser, avalant l'air qui avait manqué à ses poumons par grandes goulées, appuyé sur ses avants bras. Haletant, il releva les yeux vers ses adversaires. Ces derniers lui jetaient des regards assassins et clairement, ils n'avaient pas l'intention de lui laisser le repos auquel il aspirait. Le héros observa sa partenaire. Il avait cru que cette nouvelle flèche qu'elle s'était reçue par ricochet allait peut-être avoir un effet sur elle, positif comme négatif, mais non. La jeune fille était toujours impassible, insensible à ce qu'elle venait de lui infliger.

Après quelques secondes dans un silence tendu, Chat Noir bondit en dehors de la cible des flèches de Dislocœur alors que sa coéquipière se plaçait au côté du vilain après avoir réenroulé son yoyo, dos à la fontaine. En deux sauts, Chat Noir récupéra les morceaux de son yoyo qu'il réassembla puis serra dans son poing droit.

Toujours essoufflé, il faisait face à ses deux adversaires, sa poitrine se gonflant à un rythme erratique. Ladybug l'observa quelques instants avant de mettre sa main sur sa hanche en riant.

-« Et comment tu vas faire pour nous battre tous les deux maintenant ? » ricana-t-elle en venant cogner son poing dans celui de Dislocœur.

La voir effectuer ce geste qui leur était propre, à elle et lui, après chaque réussite de mission lui serra légèrement le cœur mais le garçon se reprit très vite : il n'avait plus le droit à l'erreur. Après un regard à l'akumatisé, Ladybug s'empressa de décrocher son yoyo de sa hanche avant de le lancer au-dessus d'elle dans un mouvement que Chat Noir lui connaissait bien.

« Lucky Charm ! »

Des dizaines et des dizaines de coccinelles vinrent tourner autour d'elle avant de s'envoler au-dessus de sa tête pour relâcher un objet rouge à points noirs. Ladybug le réceptionna souplement et Chat Noir, plissant quelque peu les yeux, reconnu immédiatement ce dont il s'agissait. Sa partenaire tenait dans ses mains un pistolet lance-fusée rouge à poids noirs, identique à ceux que les naufragés utilisaient pour signaler leur présence.

Ladybug regarda vers Chat Noir d'un air mauvais, passant l'arme à feu dans sa main gauche avant de faire tournoyer son yoyo de sa main droite. Bien que cette arme n'était pas chargée avec de véritables balles, le jeune homme n'ignorait pas qu'il pouvait tout de même être extrêmement dangereux pour lui, comme pour sa partenaire, d'être la cible de la fusée incendiaire.

Il déglutit péniblement avant de passer rapidement ses yeux sur le champ de bataille. Il regarda le lance-fusée, sa partenaire, le yoyo accroché à sa hanche puis Dislocœur qui bandait de nouveau son arc.

Et soudain, une idée lui vint, un plan se dessina devant ses yeux comme s'il avait lu un livret d'instruction. C'était fou, et le timing allait être très serré mais il n'avait pas de meilleure solution. Il allait devoir faire vite, le doute n'était plus permis. Ladybug n'avait plus beaucoup de temps avant de se détransformer et il n'avait pas l'intention de la laisser se découvrir sans rien faire.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, Ladybug lança aussitôt son yoyo dans sa direction. Mais au lieu de l'esquiver, Chat Noir attrapa le filin de l'arme, faisant venir sa partenaire à lui, les dents serrées. La jeune fille laissa échapper un grognement rageur lorsque le yoyo lui échappa des mains.

À son tour, le héros fit tournoyer l'arme de sa partenaire dans sa main gauche alors que Ladybug fondait sur lui et que Dislocœur prenait son envol, bandant son arc dans sa direction. Lors de leurs nombreuses patrouilles, les deux héros avaient eu l'occasion d'étudier l'arme de l'autre, tentant de comprendre leur fonctionnement, en prévision d'un jour où ils auraient besoin de s'en servir en combat.

Jamais leur prévoyance n'avait encore autant servi. Bien que Chat Noir se sentait beaucoup plus à l'aise avec sa propre arme, il savait manier à peu près correctement celle de Ladybug, faisant siffler le yoyo juste à côté de lui.

Juste le temps de prendre une grande inspiration, il repoussa la salve de flèches de Dislocœur grâce au bouclier offert par le yoyo tournant toujours à grande vitesse avant de le lancer dans sa direction. De son autre main, il attrapa le poignet droit de Ladybug qui était arrivée à sa hauteur, l'empêchant de le déstabiliser, faisant un mouvement ample pour la placer de force à ses côtés. Grâce à ses entraînements en compagnie de sa partenaire, le jeune homme avait appris à enrouler le filin sur des cibles plus ou moins éloignées, ce qui lui permit d'atteindre l'arc ainsi que les mains du Dislocœur. Il tira un coup sec afin de resserrer les liens, surprenant le vilain qui ne put tirer la flèche qu'il tenait entre ses doigts.

Cette première étape réalisée en un souffle, Chat Noir lâcha le yoyo, laissant pour l'instant l'akumatisé s'en débrouiller. Il tourna ensuite les yeux vers Ladybug qui se débattait toujours, tentant d'échapper à sa poigne. Lorsque leurs regards se croisèrent, la jeune fille serra davantage les dents et commença à armer son bras gauche qui tenait le pistolet lance-fusée.

Mais Chat Noir fut plus rapide. D'un nouveau mouvement ample, il lui fit faire un tour sur elle-même, la rapprochant de lui, passant sa main gauche autour de ses hanches pour l'empêcher de bouger, maintenant toujours fermement son poignet droit enfermé dans sa main.

Il plongea son regard dans le sien avant de prendre une profonde inspiration. Il ne pouvait pas laisser passer cette dernière occasion de secourir sa partenaire. Il ignorait si cela allait fonctionner ou même s'il allait devoir s'en repentir plus tard, mais pour le moment, c'était la seule solution.

-« Pardon. » souffla-t-il avant de se pencher sur elle.

D'un geste qu'il voulut doux mais ferme, Chat Noir pressa le corps de sa partenaire contre le sien, posant ses lèvres sur les siennes en retenant sa respiration.

Le temps sembla alors se suspendre. Se refusant à fermer les yeux pour observer la réaction de sa coéquipière, il sentit son cœur s'accélérer. Ce n'était qu'un baiser, un simple contact de lèvres à lèvres sans approfondissement, mais même si celui-ci était réalisé en désespoir de cause, ce n'était pas désagréable.

Sans relâcher la pression, il put voir les yeux de Ladybug s'écarquiller de surprise avant de se refermer, penchant légèrement la tête de côté, son corps se relâchant alors qu'elle laissait retomber son bras qui tenait le lance-fusée. Malgré lui, Chat Noir perdit lui aussi quelque peu pied, les yeux mi-clos, observant les joues rosies de sa partenaire.

Même si Chat Noir s'était répété plusieurs fois que ce baiser ne voulait rien dire, que ce n'était qu'une tentative désespérée de secourir sa partenaire, dans les tréfonds de son esprit, beaucoup de pensées se bousculaient sans qu'il ne puisse rien y faire.

Il était en train d'embrasser quelqu'un, pour la toute première fois de sa vie. Félix, qui avait toujours été répugné par le contact avec d'autres êtres humains, venait d'embrasser, de son propre chef, quelqu'un. Et plus que cela, il était en train d'embrasser Ladybug, la jeune fille qui occupait toutes ses pensées depuis déjà un bout temps. Et encore plus que cela, il n'en était pas dégoûté, bien au contraire.

Même s'il n'avait fait que poser sa bouche contre la sienne, osant à peine intensifier ce contact, il pouvait sentir la chaleur de la peau de sa coéquipière, la douceur de ses lèvres contre les siennes. C'était un véritable saut dans le vide, comme s'il s'était jeté du haut de la Tour Eiffel sans aucune protection, une chute libre sans rien pour le retenir et il était persuadé que c'était un moment qu'il ne pourrait jamais oublier.

Il se sentait bien. Formidablement bien. Miraculeusement bien.

Après quelques secondes plongé dans cette béatitude, se sentant légèrement honteux d'avoir prolongé le baiser bien plus longtemps qu'il ne l'avait initialement prévu, Chat Noir se redressa pour dévisager sa partenaire.

Les paupières de l'héroïne papillonnèrent avant qu'elle ne plonge son regard dans le sien. Les traces de sa colère semblaient avoir disparues et ses lèvres n'étaient plus teintées de cette vilaine couleur noire. Elle semblait interloquée, toujours appuyée contre son corps, son dos reposant sur son bras gauche.

-« Chat Noir… ? murmura-t-elle en regardant légèrement autour d'elle. Qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » questionna-t-elle en regardant avec étonnement le lance-fusée qu'elle tenait dans sa main gauche.

-« Ladybug… soupira le jeune homme de soulagement. Je… Je t'expliquerai plus tard, d'accord ? Mais là il faut qu- »

-« NON ! » hurla soudain Dislocœur en parvenant enfin à se défaire du filin du yoyo de Ladybug.

Les deux héros relevèrent la tête pour observer le vilain qui bandait déjà son arc pour les viser de ses flèches. Sûrement énervé d'avoir perdu son alliée, Dislocœur n'allait pas se montrer tendre avec eux. Chat Noir baissa les yeux vers Ladybug qu'il tenait toujours dans ses bras. Comme si elle venait de se réveiller d'un long sommeil, sa coéquipière était toujours désorientée et peu alerte. Le risque de se faire toucher de nouveau par les flèches de Dislocœur était grand et Chat Noir ne pouvait pas laisser passer cela.

Sans plus réfléchir, il fit une nouvelle fois pivoter sa partenaire afin que son dos se retrouve contre son torse. Il passa ensuite ses bras autour d'elle, lui faisant lever les siens alors qu'il se saisissait du lance-fusée. Comprenant en une fraction de seconde son intention, la jeune fille passa ses mains sur les siennes, l'arme levée vers Dislocœur.

Et avant que l'akumatisé n'ait pu faire quoi que ce soit, Chat Noir pressa la détente du pistolet, libérant une fusée, s'illuminant en rouge vif, qui fila droit vers lui. Le coup fut si rapide que le vilain n'eut pas le temps de l'éviter. Dans l'urgence, la fusée visée droit dans sa poitrine, Dislocœur échappa son arc, faisant un rapide mouvement sur la droite qui le déstabilisa, laissant la fusée éclairante monter haut dans le ciel de Paris.

Avec un sourire de victoire, Chat Noir baissa ses bras, libérant Ladybug de son étreinte avant de courir vers l'akumatisé qui plongeait vers le sol pour récupérer son arme. Absorbé dans l'idée de rattraper son arc, il ne remarqua pas le héros qui filait dans sa direction.

Alors qu'il se saisissait de son arme, Chat Noir était déjà sur lui, effectuant un saut, bras droit en avant.

« Cataclysme ! »

Se jetant sur Dislocœur, Chat Noir attrapa le badge qu'il portait à sa poitrine qui se dissipa aussitôt en poussière brune, laissant s'échapper l'akuma prisonnier à l'intérieur. Alors que Kilian retrouvait sa forme civile, le héros se redressa, essayant de rattraper le petit insecte avant qu'il ne s'échappe mais Ladybug fut plus rapide.

Après avoir récupéré son arme, la jeune fille le lança en direction de l'akuma qui s'éloignait.

-« Tu as assez fait de mal comme ça petit akuma, je te libère du mal ! » déclara-t-elle en enfermant le petit animal dans son yoyo.

Il en ressorti quelques secondes plus tard, immaculé.


« Non ! Ladybug, Chat Noir ! Je vous assure que bientôt, je mettrai la main sur vos miraculous et à ce moment, je ne serai plus le seul à avoir le cœur brisé ! » cria Papillon dans son repère, les poings serrés.


Chat Noir regarda l'akuma s'envoler dans les airs avant de poser une nouvelle fois les yeux sur sa coéquipière. Tout était terminé. Tout était enfin terminé. Il sentit la pression du combat redescendre tandis qu'une autre forme de stress vit aussitôt la remplacer. Que devait-il faire à présent ? Avait-elle des souvenirs de ce qui venait de se produire ? Si ce n'était pas le cas, devait-il se taire ou lui expliquer, s'excuser ?

La voyant s'approcher de Kilian pour le rassurer, le jeune homme passa nerveusement sa main dans sa nuque. Il osait à peine la regarder. Il sentait coupable, autant de l'avoir embrasser que d'avoir, même qu'un tout petit peu, profité de ce contact qu'elle n'aurait jamais permis en temps normal.

-« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Kilian en regardant autour de lui, troublé.

-« Ne t'inquiète pas, c'est fini. Enfin, presque fini. » se corrigea Ladybug avec un petit sourire compatissant.

En se redressant, elle se tourna vers Chat Noir avant de baisser le regard vers le pistolet lance-fusée qu'elle tenait toujours. Elle lui désigna d'un petit geste de menton avant de hausser les épaules, toujours avec un sourire, lui faisant comprendre qu'elle ignorait d'où provenait cet objet.

Mais cela ne l'empêcha pas de le lancer au-dessus d'elle dans sa gestuelle habituelle après un petit instant de silence.

« Miraculous Ladybug ! »

Les coccinelles magiques, apparues de nulle part, firent disparaître l'arme avant de se disperser dans toute la capitale, réparant en clignement d'yeux les dommages causés pendant le combat du jour.

Ladybug les regarda faire avant d'inspirer profondément en posant ses mains sur ses hanches. Quand ses petites compagnes eurent disparu, elle s'approcha de Chat Noir qui se tendit aussitôt. Même si elle n'avait aucun air hostile, le jeune homme ignorait toujours quel comportement adopter. Le garçon cherchait dans son esprit toutes les formules d'excuses qu'il connaissait, s'apprêtant à toutes les prononcer les unes après les autres mais Ladybug, arrivée à sa hauteur, se contenta de lui présenter son poing gauche avec un franc sourire.

-« Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement, mais je sais que tu as rempli cette mission haut la main. Bien joué partenaire, je savais qu'on peut toujours compter sur toi. »

Chat Noir la regarda quelques secondes, s'empourprant sans le vouloir devant son compliment inattendu avant de venir timidement cogner ses phalanges dans celle de sa coéquipière.

« Il faut que je lui dise… ! Je dois lui dire ! Si elle croit que je lui ai caché cela, elle va me détester, c'est sûr ! » pensa le jeune homme tandis que sa partenaire s'éloignait pour discuter une dernière fois avec Kilian qui s'était assis sur le bord de la fontaine, regardant la broche qui était réapparue dans sa main après avoir été réparée par le Miraculous Ladybug.

-« Est-ce que ça va ? » demanda l'héroïne en s'asseyant à ses côtés.

-« J'ai vraiment cru… commença le jeune sportif avant de soupirer. J'ai vraiment cru que ça allait fonctionner. Je lui ai parlé avec mon cœur, et voilà le résultat. Et maintenant, après ce que j'ai fait, c'est complètement foutu. »

-« Mais non, l'akumatisation, ce n'était pas de ta faute, je suis persuadée qu'elle ne t'en voudra pas pour ça. Essaye de lui parler, plus calmement, ça arrangera peut-être les choses ? »

-« Vous croyez ? »

Ladybug acquiesça gentiment avant de se relever, entendant son miraculous pour la seconde fois. Elle salua l'adolescent avant de lancer son yoyo vers le toit d'une bâtisse sur sa gauche, faisant un petit signe d'au revoir à Chat Noir. Mais le héros ne pouvait pas la laisser partir ainsi. Il devait lui parler.

Maintenant.

Sans plus réfléchir, le jeune homme se dépêcha de rejoindre sa partenaire, la suivant sur les toits. Elle regarda vers lui mais quand elle remarqua son air inquiet, elle se retint de lui faire une réflexion. Chat Noir l'observa encore quelques instants, sentant son cœur battre fort dans sa poitrine. Il ne savait pas par quoi commencer, s'il devait expliquer ce qu'il s'était passé tout le temps où elle avait été sous l'emprise de l'akumatisé ou s'il devait immédiatement aborder la partie qui le préoccupait le plus.

-« Ladybug… Écoute… Je… Je suis vraiment désolé… C'est de ma faute et je… Je ne suis vraiment pas fier de ce que j'ai fait… Mais il faut que tu saches qu- »

-« Ne t'inquiète pas, c'est pas grave » le coupa Ladybug avec un nouveau sourire.

Chat Noir écarquilla les yeux. Se souvenait-elle qu'il venait de l'embrasser ? S'en souvenait-elle vraiment ? Et elle lui aurait pardonné, comme ça ? Sans rien lui dire, sans aborder le sujet ? Que devait-il en comprendre ? Était-ce vraiment sans importance pour elle ou voulait-elle éviter le sujet ?

-« Tu étais distrait en début de mission, mais c'est de ma faute si je me suis faite touchée par Dislocœur, compléta l'héroïne avec un petit hochement de tête. Et comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu as largement rattrapé ton faux pas. Tu as rempli cette mission à toi tout seul, tu te rends compte ? Tu as été parfait, je le pense vraiment. »

-« … O-Oh… bredouilla Chat Noir après quelques secondes de silence. N-Non, ce n'est pas ça… Il faut que je te dise quelque chose… En fait pendant la mission… Je… J'ai dû… …. En fait… ! »

Mais un nouveau « bip » de la part de leur miraculous respectif interrompit sa phrase. Ladybug porta sa main à son oreille avant de faire quelques pas en arrière, un sourire compatissant sur le visage.

-« On en parlera plus tard, d'accord ? Il faut vraiment que je m'en aille maintenant. Mais tu n'as pas à t'inquiéter. Tout est rentré dans l'ordre maintenant. À plus chaton ! » salua Ladybug avant de s'éloigner.

-« N-Non Ladybug ! Il faut vraiment que tu saches ! » insista le jeune homme.

Mais trop tard. Sa coéquipière avait déjà disparu de son champ de vision sans qu'il n'ait pu la retenir. Le héros resta figé quelques instants avant de pousser un profond soupir, passant sa main sur son visage puis dans ses cheveux. Il ferma quelques instants les yeux pour réfléchir.

Après tout, elle avait raison. Tout était rentré dans l'ordre et lui avouer qu'il avait dû l'embrasser sans qu'elle ne s'en rende compte ne relevait pas de l'urgence absolue. Mais malgré cela, il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal. Il respectait bien trop sa partenaire pour la forcer à faire quoi que ce soit qu'elle ne voudrait pas ou l'approcher sans son consentement.

Aujourd'hui, il avait brisé toutes les règles et le garçon ne pouvait faire taire la petite voix à l'arrière de sa tête qui lui chuchotait que, même s'il avait agi en désespoir de cause, il venait de trahir la confiance de Ladybug.

Il aurait voulu lui parler mais c'était trop tard, elle était partie. Et Chat Noir n'eut pas d'autre choix de partir à son tour, les « bips » de sa bague s'affolant de minute en minute. À contre-cœur, il prit la direction du lycée, les poings serrés.


Ladybug se dépêcha de rejoindre la ruelle le long du lycée et après s'être assurée d'être seule, perdit son costume en accueillant Tikki dans ses paumes. La kwami semblait plus fatiguée que d'habitude mais cela ne l'empêcha pas d'adresser un sourire à sa porteuse.

-« Tikki ! s'exclama Bridgette. Est-ce que ça va ? »

-« Oui, ne t'inquiète pas, après un petit somme, je serai de nouveau opérationnelle. »

-« C'est parce que je me suis faite touchée hein ? questionna l'adolescente en tendant son cookie à sa petite compagne. Toi aussi tu l'as ressenti ? »

-« Oui, bien sûr. J'ai essayé d'user de mes pouvoirs pour te soustraire à son emprise, mais c'était peine perdue… Je n'ai rien pu faire… »

-« Oh, je suis tellement désolée… soupira Bridgette en baissant les yeux. Je ne me rappelle de rien, je sais juste que je me suis faite touchée par cette flèche, et après c'est le gros trou noir. Tu sais quelque chose toi ? »

-« Désolée Bridgette, mais j'étais tellement concentrée à essayer de lutter que je n'ai fait attention à rien non plus. » soupira Tikki en haussant les épaules.

-« Ça ne fait rien, murmura l'adolescente en lui adressant un petit sourire. Ça n'arrivera plus. Je ferai plus attention et ça n'arrivera plus jamais ! J'aurais pu perdre mon miraculous aujourd'hui, je ne peux plus me permettre le moindre faux pas. »

Tikki acquiesça gentiment et Bridgette lui répondit avant de prendre un ton plus sérieux.

-« Chat Noir avait tout de même l'air très perturbé, je me demande ce qu'il voulait me dire… J'aurais peut-être dû le laisser s'expliquer… »

-« Le temps pressait et n'oublies pas que tu dois réapparaitre en tant que civile le plus vite possible si tu ne veux pas paraître suspecte ! »

-« C'est vrai… On en parlera pendant une patrouille, je suis persuadée que ce n'est rien. Heureusement qu'il était là, c'est lui qui nous a tous sauvé aujourd'hui… » déclara l'adolescente avec un sourire plus tendre.

Tikki plongea son regard dans le sien en lui adressant un sourire malicieux avant que Bridgette ne rouvre sa sacoche et ne lui fasse un petit geste de menton.

-« Bon, il est temps d'y retourner, murmura la jeune fille en regardant le mur du lycée derrière elle. Si je tarde trop, ils vont se mettre à me chercher. »

Elle remonta ensuite la rue jusqu'à la sortie de secours qu'elle avait emprunté à l'aller, tirant discrètement la porte qu'elle referma doucement une fois de retour dans l'établissement. Elle se colla au mur au croisement, vérifiant que personne ne l'avait entendue rentrer avant d'emprunter le couloir de manière naturelle.

Elle le suivit jusqu'à la sortie du bâtiment pour se retrouver dans la cour. Autour d'elle, ses camarades commençaient tout juste à sortir des abris dans lesquels ils s'étaient réfugiés pendant l'attaque. La jeune fille esquissa un léger sourire en constatant que tous les élèves avaient pris très au sérieux les directives d'urgence lors des attaques des akumatisés. Mis à part quelques forcenés ou des touristes perdus qui circulaient encore dans les rues malgré les alarmes et pris rapidement en charge par les autorités, ces protocoles d'urgence fonctionnaient assez bien.

Elle salua quelques camarades des autres classes en se dirigeant vers sa salle. Mais alors qu'une jeune fille s'approchait d'elle pour échanger quelques mots, Bridgette entendit des pas rapides se diriger dans sa direction. Elle tourna les yeux pour voir Jehan, sourcils froncés, fondre droit sur elle, suivi de loin par Andréa et le reste de sa classe. La jeune fille n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que déjà, il l'avait rejointe, posant ses mains sur ses épaules en la secouant vigoureusement.

-« Toi ! Il faut que tu ARRÊTES de faire ça ! Tu m'entends ?! »

-« D-De quoi tu parles… ? » bredouilla Bridgette en posant ses mains sur celles de son ami.

-« De disparaître à chaque attaque ! Pourquoi tu n'es pas venue avec nous dans la salle qui nous était attribuée pour ce genre d'urgence ?! Tu sais qu'on a une salle attribuée, n'est-ce pas ? »

-« O-Oui… Je sais mais j'ai eu tellement peur que je suis allée me cacher autre part… Je suis vraiment désolée de t'avoir inquiété… » souffla la jeune fille en baissant le regard.

-« Et ton tel ? Pourquoi tu ne répondais pas à ton téléphone ?! »

-« Je l'avais laissé dans mon sac ! Je n'avais pas mes affaires avec moi ! »

Même si elle ne laissait rien transparaitre, l'adolescente cherchait activement un scénario crédible à expliquer à ses camarades s'ils venaient à lui demander ce qu'elle avait fait durant l'attaque.

Après être devenue Ladybug, Bridgette s'était longuement renseignée sur les moyens de mentir efficacement, comment se montrer convaincant et pouvoir inventer des scénarii crédibles assez rapidement.

Et sans pouvoir sans vanter, la jeune fille était devenue assez douée pour cet exercice, arrivant toujours à se sortir de situations épineuses en arrivant à déguiser ses disparations dans des histoires probantes qui suffisaient à éluder les questions.

Jehan la regarda dans les yeux avant de soupirer longuement, lâchant sa camarade avant de passer sa main droite sur son visage.

-« J'apprécierais que tu arrêtes de me faire faire des crises cardiaques à chaque attaque, ok ? On a vraiment pas besoin de ça. »

-« Je vais essayer, promis… » répondit Bridgette d'une petite voix avec un sourire en coin.

-« Et c'est comme toi là ! reprit Jehan en voyant Félix s'approcher. Où est-ce que tu étais ?! On t'a cherché partout ! »

-« J'ai aidé quelques-uns de nos camarades à évacuer, répondit nonchalamment le garçon d'un ton monotone. Et je n'ai pas trouvé judicieux de me mettre en danger en quittant l'abris dans lequel j'étais pour revenir vers vous. »

-« Et ton tel, j'imagine que toi aussi que tu as une bonne excuse ? » renchérit le grand métis en croisant les bras et haussant les sourcils.

-« Il m'a échappé pendant la bousculade, au début de l'attaque. »

-« Évidemment… » soupira le grand métis en poussant un nouveau soupir.

-« Bon allez… souffla Andréa en passant sa main dans le dos de son compagnon. Tout le monde est là et en bonne santé, c'est tout ce qui compte. »

-« Non… Tout le monde n'est pas là. » corrigea Maxence en regardant autour de lui.

Tous les camarades de leur classe se regardèrent pour constater qu'effectivement, Kilian n'était pas encore revenu, Camille et Sarah leur étant déjà passées devant en se dirigeant vers la salle de classe. Tous échangèrent un regard peiné. Alizée se dépêcha d'attraper son téléphone alors que la sonnerie annonçant la reprise des cours retentissait. La pause déjeuner était terminée depuis longtemps et les jeunes gens avaient déjà manqué une heure de cours.

Forcés de devoir obéir, les élèves se dirigèrent à contre-cœur vers leur salle de classe, échangeant quelques mots sur la suite des évènements. Mais alors que Roxane faisait le tour de la rampe d'escalier pour gravier les marches, la jeune fille leva les yeux vers l'entrée du lycée pour y apercevoir une silhouette familière.

-« Hey ! Regardez ! Kilian est là ! » s'écria-t-elle en s'élançant vers lui.

Maxence et Alizée se dépêchèrent de lui emboîter tandis que leurs autres camarades redescendaient les quelques marches qu'ils avaient déjà monté. Dès qu'elle fut près de lui, Roxane se dépêcha d'attraper les mains du jeune sportif pour lui adresser un sourire compatissant. Ce dernier se contenta de baisser les yeux en soupirant.

-« Les gars… Je suis vraiment désolé… C'est de ma faute s- »

-« Mais non c'est pas de ta faute. » coupa Alizée en secouant négativement la tête.

-« Tu as été victime de Papillon, c'est de sa faute à lui. » renchérit Roxane.

-« Tu as été piégé. » acquiesça Maxence.

Le jeune sportif regarda ses camarades avant de soupirer une nouvelle fois. Les trois amis échangèrent un regard, puis Alizée esquissa un petit sourire en coin.

-« Allez va, c'est rien. Si elle t'a dit non, c'est que cette nana ne te mérite pas. Un gars comme toi, t'en retrouvera d'autre des filles auxquelles faire la cour. »

-« Tu dis ça pour me réconforter ou tu le penses vraiment ? » répondit Kilian avec un petit rire sardonique.

-« Bwarf, un peu des deux ! » ricana la jeune fille.

-« Alizée a raison. Si elle n'a pas accepté tes sentiments, c'est que ce n'était pas la bonne personne. » ajouta Maxence.

-« Ça va faire mal un petit bout de temps et puis ça finira par passer. » rassura Roxane en passant sa main dans le dos du sportif.

Ce dernier regarda ses amis avant de poser ses bras sur leurs épaules avec un sourire plus large.

-« Vous avez raison. C'est pas mon genre de me laisser abattre, surtout pas pour une fille. Je ne vais plus me laisser faire ! »

-« Voilà ! Ça c'est le Kilian qu'on connait ! » rit Alizée en regardant son camarade.

-« T'es le plus fort ! » félicita Roxane en tapant dans ses mains.

-« Evidemment ! Hehe ! »

-« Oui enfin, ça, ça reste encore à prouver hein ! » contra Alizée en croisant les bras.

-« Tu veux me mettre au défi c'est ça ? » s'exclama le sportif en se penchant vers son amie.

-« Quand tu veux et où tu veux, petit. »

-« J- »

-« Excusez-moi de couper court à ces charmantes retrouvailles, coupa Maxence. Mais si nous ne sommes pas dans notre salle de classe dans deux minutes et quatorze secondes, Mme Mendeleïev se fera un plaisir de nous coller une punition générale. »

-« Ouais ouais, ça va, répondit Kilian en ébouriffant les cheveux de son camarade. Allons-y. »

Les quatre amis traversèrent la cour pour se retrouver au bas des escaliers sur lesquels les attendaient toujours leurs camarades. Jehan lui adressa un petit sourire puis passa son bras autour des épaules du sportif, le serrant contre lui.

-« Bon retour parmi nous. » déclara-t-il tandis que tous les autres acquiesçaient.

Bridgette lui adressa un petit sourire lorsque lui et Jehan passèrent devant elle puis se remit en marche, gravissant les marches de l'escalier une à une. Mais la jeune fille s'arrêta en chemin en voyant que Félix, qui semblait plongé dans ses pensées, n'avait pas suivi le mouvement.

Elle pencha la tête pour tenter de capter son attention. Depuis son retour, le garçon semblait légèrement plus pâle que d'habitude mais également beaucoup plus distrait, comme s'il était préoccupé par quelque chose. Voyant que son camarade ne réagissait toujours pas, la jeune fille prit sur elle de poser sa main sur son épaule, ce qui le fit tressaillir légèrement.

-« Tout va bien ? » demanda-t-elle en croisant enfin son regard.

-« O-Oh… Oui, je vais bien. Je suis… Un peu fatigué. J'ai trouvé cette attaquante assez éprouvante, tu comprends ? »

-« Oui, je crois comprendre… répondit l'adolescente avec une pointe d'ironie, ne pouvant avouer à son camarade qu'elle n'avait pratiquement aucun souvenir de ce qu'il s'était passé ces deux dernières heures. Courage ! Mme Mendeleïev va nous disputer si on ne se dépêche pas. »

-« Tu as raison, acquiesça Félix avec un léger sourire. Allons-y. »

Bridgette ouvrit la marche tandis que Félix poussait un discret soupir en passant sa main dans sa nuque en lui emboîtant le pas. Il n'allait pas être simple de se concentrer, et il le savait.


Lorsque la fin des cours de la journée fut annoncée, Bridgette s'empressa de ranger ses affaires. Le cœur battant à tout rompre, elle ne cessait de regarder vers Félix. Le moment était arrivé. Dans quelques minutes, elle allait se retrouver seule à seul avec lui et, même si elle tentait de se raisonner, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer toutes sortes de choses.

Les mains tremblantes, elle ne pouvait faire disparaître le sourire qui avait pris place sur ses lèvres. Ignorant les petits regards en coin d'Andréa qui avait tenté plusieurs fois de la faire parler sur la raison de sa soudaine bonne humeur, l'adolescente était prête à partir en un temps record.

Cependant, lorsqu'elle quitta la classe avec le reste de ses camarades, elle put remarquer que Félix semblait toujours préoccupé. Depuis la fin de l'attaque, il n'avait pas perdu cet air soucieux, ses sourcils toujours légèrement froncés et surtout sa jambe qui n'avait pas cessé de tressauter durant tout l'après-midi.

Bridgette se demandait ce qui avait bien pu le mettre dans cet état sans oser trop lui demander. Au fur et à mesure du temps passé avec lui, l'adolescente avait appris à reconnaître les situations où elle pouvait se permettre de lui poser des questions sans le déranger et les autres où il fallait mieux ne rien dire. Et clairement, aujourd'hui, il était clair que Félix ne voulait pas ouvrir la discussion sur ce qui le préoccupait, éludant toutes ses questions ainsi que celles de Jehan.

Arrivant sur le parvis, Bridgette et ses camarades échangèrent encore quelques mots, se souhaitant une bonne soirée. Priam, fidèle à sa promesse de passer le reste de cette journée spéciale avec son compagnon, était déjà sur le parvis, attrapant aussitôt la main de David en saluant les autres. Alors que Roxane et Johana avaient déjà commencé à partir de leur côté, Alizée proposa à Maxence et Kilian de passer chez elle afin d'organiser une petit soirée jeux vidéo improvisée.

Tandis que le petit groupe discutait tranquillement, Lila remarqua une jeune fille rousse inconnue s'approcher timidement d'eux. Elle s'empressa de donner un petit coup de coude à Myriam qui dévisagea à son tour l'arriviste avant qu'un petit sourire ne se dessine sur ses lèvres.

-« Hmm… Excusez-moi… murmura l'inconnue en arrivant à leur niveau. Est-ce que… Est-ce que vous connaissez Kilian ? C'est un grand brun sportif, je le cherche mais j'ai peur d'être arrivée trop tard… »

Pour toute réponse, les jeunes filles s'écartèrent sur le côté tandis qu'un silence était tombé sur le groupe d'amis. Kilian, de l'autre côté du cercle, faisait maintenant face à Ondine, à presque trois mètres de distance. Le jeune homme détourna aussitôt les yeux, l'air renfrogné, tandis que la nageuse tortillait ses doigts les uns avec les autres.

-« Euh… Je sais que je suis sûrement la dernière personne que tu as envie de voir, mais… Est-ce que je peux te parler une minute… ? » murmura Ondine en relevant son regard vers le sportif.

Ce dernier avait croisé les bras, bien décidé à tenir sa position mais quand il vit les regards de ses camarades posés sur lui, l'encourageant à accepter, Kilian soupira avant de suivre Ondine plus loin sur le parvis. Ils s'éloignèrent suffisamment pour que les autres ne puissent pas entendre ce qu'ils allaient se dire, l'un en face de l'autre. Un silence pesant s'installa entre les deux jeunes gens avant qu'Ondine ne trouve le courage d'ouvrir la discussion.

-« Kilian… Écoutes… Je suis vraiment, vraiment désolée pour ce qu'il s'est passé tout à l'heure. Je n'ai pas voulu ça, je t'assure. Je sais que Boris flashe sur moi et j'ai beau le repousser en permanence, il revient toujours à la charge. »

Kilian se contenta de croiser une nouvelle fois les bras, posant son regard loin d'Ondine qui baissa de nouveau les yeux.

-« Mais je suis aussi responsable pour ce qui s'est passé cet aprèm. Tu m'as confié tes sentiments et moi… Moi je n'ai rien dit. C'était… nul de ma part. »

-« C'est bon, si c'est pour faire semblant de me consoler, tu peux rentrer chez toi. » coupa Kilian en haussant les épaules.

-« Non ! C'est juste que… J'ai été surprise. Je ne pensais pas que… Bah que tu ressentais ça pour moi, tu comprends ? Je veux dire… On se connait pas si bien que ça… »

-« … C'est vrai, soupira le sportif. C'est juste que… Bah y'a qu'avec toi que je m'amuse autant à la natation. Tu es vive, drôle, tu ris à mes blagues que tout le monde trouve nulles et… Bah… T'es quand même sacrément jolie. »

Les regards des jeunes gens se croisèrent tandis qu'Ondine esquissait un sourire en réponse au compliment du jeune homme. Un nouveau silence se fit, les adolescents se regardant dans les yeux, avant que le sportif ne reprenne.

-« J'aurais pas dû partir comme ça tout à l'heure, c'était vraiment stupide. Tu dois penser que je suis un lâche maintenant. »

-« Non ! Pas du tout, j'aurais sûrement fait pareil que toi tu sais. »

-« Hmm… Je pouvais juste pas rester. Une seconde de plus et je lui pétais la tronche, je te jure. J-Je voulais pas… Je voulais pas t'attirer des ennuis. »

-« C'est mignon, sourit Ondine. Mais au final, c'est moi qui m'en suis chargé. » rit-elle nerveusement.

-« Sérieux ? »

-« Ouais, pile dans le nez, comme ça, mima la jeune fille en dirigeant son poing vers le visage de son camarade. Je l'ai dégommé. »

-« Ouah… ! C'est… C'est cool… ! Enfin… Tu vois. »

-« Ouais enfin… Il a cafté et ça m'a coûté ma place dans l'équipe pour la prochaine compétition de natation. »

-« Putain… Je suis vraiment désolé, soupira Kilian en baissant les yeux. Je m'en veux, c'est de ma faute tout ça. »

-« Mais non, t'inquiètes. Ça m'é fait un bien fou, je te jure, j'en pouvais plus de son petit air suffisant. Et puis, si on voit le côté positif des choses, ça nous dégage tout un aprèm pour se voir. » murmura Ondine, les mains dans le dos.

Kilian releva les yeux, avec un petit sourire plein d'espoir sur le visage. La nageuse y répondit avant de prendre une profonde inspiration, posant sa main sur le bras du jeune homme.

-« Écoute… Pour ce que tu m'as dit tout à l'heure… Je suis touchée, vraiment, et moi aussi je t'aime bien mais… Je peux pas te dire oui… Pas tout de suite… J'ai besoin de te connaître un peu mieux. Mais on peut quand même continuer à traîner ensemble et… voir où ça nous mène ? Si ça te dit… »

-« O-Ouais… ! Carrément ! acquiesça Kilian avec un sourire plus large. Ça serait vraiment super. »

-« On peut déjà aller marcher non ? Tu peux peut-être me raccompagner chez moi ? Il commence à faire nuit… » proposa Ondine avec un sourire malicieux.

-« Oh… Je sais pas, j'ai dit à mes potes que… » bredouilla Kilian en regardant dans la direction de ses camarades.

Mais quand il vit Alizée lui faire un grand hochement de tête tandis que Maxence tendait son bras, pouce levé, tandis que tous ses autres camarades hochaient eux aussi la tête, le garçon laissa échapper un petit rire en grattant la joue droite.

-« Tu sais quoi ? C'est d'accord. Ça va… nous laisser le temps de discuter un peu. »

-« Super. » acquiesça Ondine avant de montrer la direction à prendre à son camarade.

Elle tourna furtivement les yeux vers les camarades de Kilian, leur adressant un petit signe de main auquel tous répondirent avant de passer ses mains dans son dos en se plaçant à côté du sportif, calant son pas sur le sien.

Ses camarades les regardèrent s'éloigner avant que Jehan ne pose ses mains sur ses hanches.

-« Bon, bah finalement ça à l'air de s'être pas trop mal fini. »

-« Ils sont trop mignons… ! » murmura Roxane en agrippant le bras de Johana.

-« J'espère qu'ils vont réussir à se réconcilier. » acquiesça Lila.

-« Ça a l'air pas trop mal parti si vous voulez mon avis ! » déclara Sullivan en passant son bras autour des épaules de Myriam qui s'était approché de lui.

-« Bon allez, moi l'excès de guimauve, ça me donne mal au ventre ! coupa Alizée. Toi, tu viens avec moi, s'exclama-t-elle en se tournant vers Maxence. On se tire, à lundi les gars ! »

-« Pareil, on va s'en aller sinon on risque d'être en retard pour le spectacle de ce soir. » renchérit Myriam en regardant Sullivan.

-« Bon bah si c'est comme ça, on va s'en aller aussi. » compléta Priam.

-« Bon week-end, à lundi. » salua David avec un sourire.

Un à un, les jeunes gens se dispersèrent et ne restèrent bientôt sur le parvis que Jehan, Andréa, Félix et Bridgette. La jeune fille leva les yeux vers son camarade qui n'avait pas perdu son air soucieux, bien qu'il semblait plus alerte qu'en milieu d'après-midi, comme s'il cherchait à camoufler son désarroi.

-« On va se rentrer aussi, déclara Jehan en attrapant la main d'Andréa. Bridgette… On te raccompagne ? » demanda-t-il avec un sourire en coin.

-« Oh euh… En fait… » murmura la jeune fille en regardant Félix.

Le garçon croisa à son tour son regard. L'adolescente se retrouvait bien embêtée. Elle n'avait pas parlé de son invitation par son camarade à son meilleur ami et n'avait pas imaginé se retrouver dans une telle situation. Qu'allait-il penser ? Et Félix ? N'allait-il pas être gêné ? Elle ne savait pas quoi répondre.

Voyant son amie se perdre dans ses réflexions, Andréa donna un petit coup de coude à son compagnon qui se mit à rire.

-« Arrête de les embêter, tu vois bien que tu les gênes. Bonne soirée à vous, on s'appelle plus tard ! » salua la jeune fille entraînant le grand métis à sa suite.

Ce dernier se contenta d'un signe de main en adressant un petit clin d'œil à Bridgette. L'adolescente comprit alors que son meilleur ami avait sûrement déjà été mis au courant de l'invitation de Félix, bien qu'elle ignorait encore comment.

Elle regarda encore une fois Félix qui avait détourné les yeux. Ça y est. Elle était seule avec lui et, sans le vouloir, elle sentit le stress monter d'un cran. D'un naturel amical et plutôt décontracté, la jeune fille ne savait pourtant pas quel comportement adopter. Elle avait peur de faire un faux pas avec lui, d'aller trop vite ou de le mettre mal à l'aise.

De plus, voyant toujours le trouble danser dans les yeux de jeune homme, Bridgette commençait à avoir des doutes sur la suite de la soirée.

-« Euh… Tu sais… Si tu ne te sens pas bien, on peut repousser à un autre jour, hasarda-t-elle en se penchant en avant pour capter son attention. Ou même annuler tout court, ça serait pas grave. »

-« Non ! répondit Félix en se tournant vers elle. C'est juste… Excuse-moi. J'ai juste… … Hem… Ce n'est rien, murmura Félix en passant sa main dans nuque. Non non, je tiens à cette invitation. Viens avec moi. »

Le garçon traversa le parvis pour s'approcher de la grande berline qui l'attendait, Bridgette trottinant joyeusement derrière lui. L'adolescente oscillait entre plein de sentiments différents : l'excitation, la peur, la joie, le stress, l'euphorie, l'appréhension, … Et tout cela la faisait sentir étrangement bien, comme si elle flottait au-dessus de sol.

Lorsque Félix lui ouvrit la portière de la voiture, l'invitant d'un geste de main à pénétrer dans le véhicule, Bridgette prit une profonde inspiration.

À partir de maintenant, le moindre faux pas n'était plus permis.

Et puis de toute façon, que pouvait-il mal se passer ?


Accrochée au bras de Jehan, Andréa et lui progressaient doucement dans la rue, en direction de l'appartement de la jeune fille. Les jeunes gens comptaient profiter du retour tardif de la journée de travail du père de l'adolescente pour s'offrir un petit moment tranquille, rien qu'à eux.

-« Tu crois que ça va aller pour eux ? » demanda-t-elle en relevant les yeux vers Jehan.

-« Mais oui, ils sont grands. Et puis Félix m'a dit qu'il avait été clair au sujet de son invitation. Il n'y a pas raison que ça se passe mal. »

-« Bridgette semblait tout de même très excitée pour une simple invitation. »

-« C'est Bridgette, elle est comme ça et pour rien au monde on ne voudrait la changer, hmm ? » répliqua Jehan en regardant sa compagne.

-« C'est vrai, t'as raison. »

-« Laissons-les faire, ça va aller. Ils font leur vie, et on fait la nôtre. Et tu vois… » commença le grand métis d'une voix plus profonde.

Il se tourna vers sa compagne pour presser son corps contre le sien, passant ses bras autour de ses hanches en approchant son visage du sien avec un sourire malicieux.

-« J'ai envie d'autre chose que de faire la nounou ce soir, si tu vois ce que je veux dire. » reprit le jeune homme en posant ses lèvres dans le cou de sa compagne.

Andréa laissa échapper un petit rire en passant ses mains dans les cheveux de son compagnon. Elle le laissa faire quelques instants avant de lui faire relever la tête pour pouvoir poser ses lèvres sur les siennes. Le couple resta enlacé encore une minute avant de reprendre sa route, Andréa repassant son bras sous celui de Jehan qui avait considérablement accélérer son rythme de marche, lui arrachant un nouvel éclat de rire.


Alors ? Ce chapitre était-il à la hauteur de vos attentes ? xD J'espère que oui ! C'était un chapitre que j'avais beaucoup attendu avant de l'écrire mais l'arc n'est pas encore terminé... N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

On se retrouve la semaine prochaine pour la suite, restez connectés...

P.S.: Une illustration du baiser entre Chat Noir et Ladybug faite par mes soins est disponible sur Wattpad (Rimay89 - "Un Autre Monde") au même chapitre ou sur mon compte insta (15_maumau_04) si vous voulez la voir, puisque je ne peux pas la poster ici.