Dans le petit laboratoire, Clara était installée à un écran et regardait des images de caméra de surveillances. Pendant ce temps, la treizième docteure discutait avec Kourok des différentes divinités offertes par son entreprise. Le onzième docteur, quant à lui, examinait discrètement les lieux en dissimulant son tournevis sonique dans sa manche.

-Comment fabriquez-vous vos idoles, demanda la treizième?

-C'est un secret que nous ne pouvons révéler, malheureusement. Ce n'est pas donné à tout le monde de créer des dieux et il serait dangereux de mettre ce pouvoir entre les mains de n'importe qui.

-Oui, je comprends, dit-elle avec sérieux. Je me demandais simplement si vous utilisiez un verrou quantique pour pétrifier vos spécimens ou si vous modifiez leur métabolisme pour créer un phénomène de pétrification.

Kourok resta surpris un moment.

-Je vois que vous avez étudié la question. Cependant, nos dieux sont des créations, nous ne pétrifions personnes.

-Désolée, c'est moi ça : toujours à élaborer des théories loufoques. J'ai beaucoup d'imagination.

Kourok sembla perplexe, c'est là que le onzième docteur qui venait de terminer son scan intervint.

-Le fait est que nous sommes pressés d'acquérir une nouvelle divinité. Nous sommes au milieu d'une urgence nationale et nous ne pouvons pas attendre le délai prévu. Si vous aviez déjà un modèle tout prêt, nous pourrions y mettre le montant.

-Combien?

-Vingt pourcent de plus que le montant facturé.

-Trente-cinq.

-Trente!

-D'accord, va pour trente. Nous avons effectivement un modèle en préparation, mais c'est un prototype: une divinité du temps. Si votre espèce n'est pas sensible aux phénomènes temporels, elle vous ne sera d'aucune utilité.

-Mais j'adore les phénomènes temporels, s'exclama le onzième docteur en rangeant son tournevis sonique! Ils mettent du piment dans la vie.

-Il se trouve que nous sommes sensibles au temps, reprit la treizième plus pragmatique.

-Quelle est votre planète? Nous n'avons pas réussi à identifier votre espèce.

-Gallifrey, répondirent les deux seigneurs du temps en chœur.

Kourok parut perplexe.

-Savez-vous que vous appartenez plus aux contes et légendes qu'à la réalité? Alors, j'ai de la difficulté à vous croire. Pourquoi deux seigneurs du temps d'une planète disparue lors de la plus terrible des guerres aurait besoin d'une divinité. Vous êtes pratiquement vous-mêmes des dieux.

-Notre réputation est surfaite. Nous n'avons pas atteint encore le statue de divinité, quoique certains d'entre nous aimeraient bien ça.

-Gallifrey est cachée depuis la guerre du temps, rajouta la treizième. En fait, nous avons besoin de divinité étrangère pour contrôler la population primitive qui vit à l'extérieur des villes. La guerre du temps les a rendus plus méfiants envers l'élite.

Le onzième docteur lança un regard à son alter égo puis revint à Kourok.

-Est-ce qu'on peut la voir?

-Elle est en préparation, elle sera prête dans deux jours. Revenez à ce moment-là.

-C'est d'accord, dirent-ils encore en même temps. Réservez-la, nous revenons avec le paiement.

Au même moment Clara se leva.

-Il n'y a rien sur ces images.

-Ça doit être plus loin, vous devez continuer à regarder.

-Non, dit-elle, je préfère continuer à chercher mon ami de mon côté. Merci de votre aide.

Avant qu'il n'aie le temps de répliquer, elle se leva et sortit, suivie des deux seigneurs du temps.

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De retour dans le Tardis, après que le onzième docteur aie déclaré qu'il n'aimait pas la nouvelle déco et que le Tardis lui aie répondu par un petit bruit mécanique. Clara et les docteurs préparaient leur plan d'évasion.

-J'ai scannée toute la zone avec le tournevis sonique, expliqua le onzième. Yaz était dans la pièce d'à côté.

-On devrait pouvoir se matérialiser à l'intérieur avec le Tardis.

-Non, je ne crois pas, le tournevis a détecté autre chose.

La treizième contourna la console et regarda les résultats sur le tournevis de son alter-ego.

-Hum! Je n'aime pas ça.

-Qu'est-ce qu'il y a, demanda Clara?

-Il y a quelque chose d'autre avec elle, dit la treizième : une forme de vie, enfin, je crois.

-C'est une forme de vie ou pas?

-La vie est tellement complexe. Elle peut prendre des formes inimaginables, expliqua le onzième. J'ai déjà rencontré les pierres qui pouvaient respirer et qui communiquaient en craquant.

-Je ne me rappelle pas de ça, coupa la treizième.

-J'ai hâte d'avoir la sagesse d'oublier, dit alors le onzième avec une déférence feinte.

-Attends un peu... Ah oui! Les Rochers-seigneurs de Bilamina III. C'est vrai! Et en plus, ils migraient en se laissant glisser sur le sol pendant des millénaires.

-Oublions la sagesse, reprit le onzième.

-Je ne dois pas être encore assez âgée, soupira la treizième.

-J'espère que je ne le serai jamais, conclut le onzième.

Clara regardait les deux docteurs, les mains sur les hanches en secouant lentement la tête. Le docteur se comportait parfois comme un élève turbulent, mais maintenant, deux docteurs se donnaient la réplique. Comment allait-elle gérer ça?

-Docteurs, dit-elle alors avec autorité, et si on revenait à cette supposée forme de vie? En quoi cela empêche-t-il le Tardis de se matérialiser à l'intérieur?

-L'ennuie ce n'est pas la forme de vie en elle-même, expliqua le onzième, mais ce qu'elle fait. Elle semble en métamorphose et cette métamorphose dégage beaucoup d'énergie quantique, ce qui fait que le Tardis va avoir de la difficulté à se verrouiller dans l'espace.

-Tant pis, dit la treizième, nous marcherons.

Le onzième brandit son tournevis sonique.

-Par la porte arrière, s'exclama-t-il!

-Avez-vous au moins un plan, demanda Clara.

-Comme d'habitude, répondit la treizième.

-C'est ce que je me disais, soupira Clara. Rien ne change vraiment.