Note : Restez bien jusqu'à la fin de ce chapitre, j'ai une petite annonce à faire !

Je vous souhaite une bonne lecture.


De retour chez lui, Chat Noir s'assura que personne n'avait fait irruption dans sa chambre avant de passer par la fenêtre pour se détransformer. Félix laissa Plagg virevolter autour de lui avant de se diriger vers la chaîne hi-fi qui chantait toujours son air de violon. Tandis que son kwami s'était déjà envolé vers sa réserve de camembert, le garçon s'enferma dans la salle de bain pour passer de l'eau sur son visage.

En regardant son reflet dans le grand miroir, il poussa un soupir : comme depuis plusieurs jours maintenant, il avait les traits tirés. Il semblait fatigué, inquiet, préoccupé. Même Rosa avait fini par s'en rendre compte.

Il passa la serviette qu'il tenait entre ses mains dans sa nuque avant de l'abandonner sur la patère derrière lui. Il fit craquer ses doigts avant de se diriger vers son bureau pour rassembler ses affaires dans son manteau.

Le jeune homme se saisit de son téléphone pour se rendre compte que Jehan lui avait déjà laissé plusieurs messages pour lui dire qu'il s'était mis en route pour leur lieu de rendez-vous et que les autres étaient également en chemin. Félix sourit légèrement devant le message de son camarade qui lui disait de se dépêcher « sans vouloir le commander » avant de ranger l'appareil dans sa poche et de se tourner vers Plagg. Le kwami semblait somnoler, son morceau de fromage entre les pattes.

-« Tu es prêt ? On peut y aller ? » questionna l'adolescent en s'approchant de lui.

Plagg rouvrit un œil avec un air dédaigneux.

-« Tu veux pas qu'on se pose un peu ? Je suis totalement crevé moi, j'en peux plus de ces allers-retours ! Tu sais qu'un chat ça dort entre seize et vingt heures par jour ? »

-« Je croyais que tu m'avais dit que tu n'étais pas un chat. » rétorqua Félix en croisant les bras.

-« Ouais bah s'il faut ça pour que tu me laisses dormir, je vais penser à me reconvertir. » ronchonna le petit être en tournant le dos à son porteur.

Félix laissa échapper un petit rire avant de se redresser pour poser ses mains sur ses hanches. Il se dirigea ensuite vers sa grande penderie pour en sortir un autre manteau, qui semblait plus habillé que celui que le jeune homme portait habituellement. Il l'examina avant de revenir vers Plagg en ouvrant les pans du vêtement pour lui montrer l'intérieur.

-« Regarde, il y a une poche là, déclara-t-il en montrant une large fente dans le tissu. Tu peux te mettre là pour dormir le temps de la sortie. Tu sais que je ne peux pas partir sans toi, et c'est tout ce que j'ai à te proposer. »

En poussant un long soupir, Plagg s'envola vers le manteau, examina la poche avant de regarder son porteur avec un air blasé. Ils échangèrent un regard avant que Félix ne lui jette un regard plus intense.

-« S'il te plaît. » insista l'adolescent.

Le kwami garda les pattes croisées quelques secondes de plus avant de se mettre à grommeler une nouvelle fois devant le regard suppliant de son porteur. En râlant, il s'engouffra dans la poche du manteau que Félix passa sur ses épaules.

-« Et tâche de ne pas ronfler trop fort. » déclara le jeune homme avec un petit sourire malicieux tandis que Plagg remuait dans la poche pour tenter de trouver une position confortable.

Il le sentit lui donner un coup contre son torse, ce qui lui fit échapper un petit rire en attrapant son téléphone et le reste de ses affaires avant de sortir de sa chambre. Il verrouilla la porte derrière lui puis descendit les escaliers après avoir traversé le long couloir. Au moment où il saisit la poignée de la porte d'entrée, il entendit celle qui menait à la salle à manger s'ouvrir, laissant apparaître le visage de Rosa.

-« Vous partez monsieur ? »

-« Oui Rosa, je sors, acquiesça Félix en ouvrant plus grand la porte d'entrée. Maintenant que les rues sont redevenues plus calme, nous ne risquons plus rien. »

-« D'accord monsieur, soyez prudent tout de même. »

Félix hocha une nouvelle fois avant de sortir en refermant derrière lui. Il traversa ensuite la cour et passa le portail en fer qui gronda dans son dos. Certains passants se retournèrent, sûrement surpris de voir quelqu'un sortir de cette propriété qui, Félix le savait, alimentait beaucoup de rumeurs dans le quartier. Mais le jeune homme ignora les regards et pris la direction du lieu de rendez-vous.

Il s'engagea dans la rue en remontant le col de son manteau, regardant droit devant lui, slalomant entre les passants. Le garçon avança jusqu'aux quais avant de longer la Seine pour atteindre la prochaine station de train.

Au fur et à mesure que le garçon avait découvert le monde extérieur en compagnie de ses camarades, il avait également appris à utiliser les moyens de transports que mettait à disposition la municipalité. Et si se retrouver coller à d'autres personnes inconnues ne le ravissait pas plus que cela, il devait reconnaître que les trains sous terrains et toutes les lignes de bus existantes était d'une praticité sûre pour se déplacer rapidement dans la capitale. Jamais le garçon n'avait eu à les utiliser, constamment enfermé chez lui ou conduit par son chauffeur partout où il décidait de se rendre.

Cette indépendance nouvelle lui réchauffait le cœur, et si supporter d'autres personnes était la clé de cette liberté à laquelle il avait tant aspiré, alors il prendrait sur lui.

Cependant, quand il passa son ticket dans la borne de compostage, la poitrine de Félix se comprima quelque peu. Jehan lui avait indiqué qu'il avait passé le début de l'après-midi en compagnie d'Andréa et qu'ils se trouvaient donc déjà sur place et ne viendraient pas prendre le train avec lui. Mais le jeune homme savait également de source sûre que Bridgette devait se rendre au lieu de rendez-vous par les mêmes moyens de transport que lui mais avait décidé de venir de son côté.

Le garçon soupira en arrivant sur le quai : d'un côté, il comprenait tout à fait que son amie ne veuille pas se retrouver seule à seul avec lui. Ce qui était arrivé entre eux était encore trop récent, trop douloureux pour pouvoir faire comme si de rien n'était.

Mais de l'autre, Félix ne pouvait pas s'empêcher de se dire que cette situation était trop bête pour durer. Il s'en voulait de ce qui était arrivé et plus que tout, il voulait arranger les choses. Il ne pouvait accepter que tout puisse se terminer comme ça. Bridgette allait-elle accepter de revenir à ses côtés malgré ce qui était arrivé ? Il commençait à en douter, et cela lui faisait peur.

Félix était si profondément plongé dans ses pensées qu'il ne remarqua qu'au dernier moment qu'il était déjà arrivé à son arrêt. Il ressorti de la gare pour ensuite traverser un grand boulevard pour s'approcher d'un espace plus vert.

Il marcha dans la poussière blanche du parc, si particulière à ce quartier de Paris avant de ralentir sa cadence, commençant à regarder tout autour de lui pour tenter de repérer ses camarades. Si un lieu de rendez-vous avait été établi, aucun point précis du parc n'avait en revanche été décidé pour leurs retrouvailles.

En outre, le jeune homme ne connaissait pas si bien que cela les lieux et craignait de se perdre et de susciter les moqueries de ses amis.

Mais alors que l'adolescent pensait à se saisir de son téléphone pour appeler Jehan, il reconnut, assis sur un banc, les silhouettes du grand métis et de sa compagne, son bras entourant les épaules de cette dernière. Le jeune homme chantonnait tranquillement tandis qu'Andréa tapotait sur l'écran de son téléphone portable.

Mettant ses mains dans les poches profondes de son manteau, Félix s'avança doucement, attendant que ses camarades le remarquent avant de saluer. Jehan fut le premier à relever les yeux et lui adressa aussitôt un sourire.

-« Hey salut toi, déclara-t-il, faisant relever le regard de sa compagne. Tu as fait vite ! Tu sais que je plaisantais quand je te disais de venir en courant ? »

-« Eh bien... Tu m'as dit de faire vite. J'ai fait vite. » répondit Félix en haussant les épaules.

-« Les autres ne vont pas tarder. » acquiesça Andréa avec un sourire.

Les jeunes gens commencèrent à discuter tranquillement, évoquant ce qu'ils avaient fait depuis le début de leurs vacances, les activités d'Andréa et Jehan se résumant surtout à se voir et à faire des allers-retours chez Bridgette. En entendant le nom de sa camarade, Félix ne put s'empêcher de baisser les yeux. Mais alors qu'Andréa, se mordant la lèvre inférieure comme pour se punir de sa bêtise, tentait de changer maladroitement de sujet, deux silhouettes arrivant par leur droite s'approchèrent d'eux pour les saluer.

-« Salut les gars, et la demoiselle, se reprit Priam quand il croisa le regard ironiquement dur d'Andréa. Ça va bien ? »

-« Pas trop mal et vous ? On ne s'attendait pas à vous voir si tôt, vous êtes toujours les derniers d'habitude. » railla Jehan en croisant les bras.

-« Priam n'a pas eu de représentations aujourd'hui, alors il n'a pas eu à se changer. On était chez lui, donc on a pu venir plus vite. » expliqua David, main dans la main avec son compagnon.

-« Oui et puis il n'a pas voulu participer à la folle activité que je lui ai proposée, compléta ce dernier avec un sourire satisfait. Alors forcément, c'était pas long d- »

Le jeune homme ne put terminer sa phrase lorsque David attrapa le bas de son visage pour comprimer ses joues entre elles, rouge de gêne. Andréa passa sa main sur son visage de manière exaspérée tandis que Jehan éclatait de rire, accompagné de Priam qui tentait de se dégager de la poigne de David.

Félix peina à cacher son sourire, plus amusé par la réaction de David que par la blague de Priam.

-« Pourquoi est-ce que tu dis toujours LE truc qui va m'embarrasser ? »

-« Tu préfères que je leur dise que tu as un boule qui chamboule ? » répondit Priam avec un regard malicieux.

Cette fois, Jehan et Andréa éclatèrent de rire tandis que Félix écarquillait les yeux de surprise. David, le visage cramoisi, frappa plusieurs fois dans le bras droit de son compagnon avant que ce dernier, hilare, ne l'attrape par les épaules pour passer ses bras autour des siens pour le serrer contre lui.

Il plaqua un baiser sonore sur la joue du jeune homme qui continuait de rougir, les mains devant son visage, marmonnant des phrases inaudibles pour les autres. Priam finit par le prendre totalement dans ses bras, David abandonnant l'idée de se soustraire à son étreinte alors que Jehan et Andréa calmaient enfin leur hilarité.

Une dizaine de minutes s'écoula encore avant que leurs autres ne se mettent à arriver. Lila, Johana et Roxane furent les premières, cette dernière se précipitant vers Priam avec un entrain qui faisait plaisir à voir. Arrivèrent ensuite Sullivan et Myriam, suivis de près par Kilian, Maxence et Alizée qui s'approchèrent les uns après les autres.

Souvent première lors de leur rendez-vous, Bridgette fut cette fois-ci la dernière à se présenter. Elle arriva cinq minutes après tout le monde, les mains dans ses poches, le regard vers le sol. Lorsque ses yeux se posèrent sur ses amis, un sourire éclaira son visage alors qu'elle s'approchait d'eux pour les saluer. Mais une fois le tour terminé, alors que Jehan et Priam se moquait gentiment de son retard, la jeune fille tourna la tête vers sa droite, là où se tenait Félix, à quelques pas d'elle.

L'adolescente écarquilla les yeux, sentant son cœur tomber dans son estomac.

Bien sûr, elle savait qu'il serait là, mais c'était la première fois qu'elle croisait son regard depuis ce qui était arrivé dans l'aquarium. Ils étaient restés sur cet incident, sur cet évènement qui les avait écartés l'un de l'autre sans qu'ils ne sachent comment crever l'abcès.

Elle aussi voulait arranger les choses, elle le désirait plus que tout. Mais quand Félix esquissa un petit sourire à son attention, comme pour lui signifier qu'il était prêt à ouvrir la discussion, elle ne put s'empêcher de baisser une nouvelle fois les yeux avant de lui tourner le dos avec une mine peinée.

Bridgette voulait arranger les choses, mais elle se sentait encore trop coupable de ce qui était arrivé pour parvenir à soutenir son regard pour le moment.

Le mouvement de Bridgette et l'expression triste de Félix qui s'ensuivit n'échappèrent à personne et les jeunes gens autour d'eux échangèrent des petits coups d'œil, comprenant sans un mot qu'ils allaient devoir y mettre du leur s'ils ne voulaient pas voir la situation dégénérer.


Un peu plus tard, le petit groupe arpentait tranquillement les allées du parc. Alizée, Johana, Roxane, Bridgette, Sarah et Sullivan en tête, suivis par Kilian, Maxence, Lila, Andréa, Myriam et David qui discutaient de la compétition d'athlétisme du sportif qui approchait à grand pas tandis que Félix, Jehan et Priam fermaient la marche.

Agissant de concerts, les jeunes gens avaient décidé de séparer de manière la plus naturelle possible Bridgette et Félix pour le moment, afin qu'ils puissent passer un bon moment l'un comme l'autre sans subir la gêne de devoir se parler face à face. Tout le monde n'était pas au courant de ce qui était arrivé entre eux, Jehan ayant gardé pour lui le plus gros de l'histoire en en racontant seulement quelques bribes à Andréa qui était aussi restée muette à ce sujet.

Mais si elle ne savait pas exactement ce qui arrivait à ses amis, c'est tout naturellement que Roxane avait entraîné Bridgette à sa suite en tête du groupe pour lui demander si elle avait eu le temps de dessiner ou d'avancer ses autres projets ces derniers temps, rejointes par les autres pour poursuivre la discussion.

Laissés en arrière par les autres qui s'étaient mis à discuter tous ensemble, c'était donc naturellement que Priam et Jehan avaient engagé la discussion, Félix placé entre eux pour ne pas le laisser s'éloigner. Malgré le fait que ses deux camarades qui discutaient activement autour de lui, Félix gardait le silence, se contentant d'acquiescer de temps en temps sans rien dire. Il levait parfois le regard un peu plus loin pour le poser sur Bridgette qui progressait toujours à plusieurs mètres devant lui, avant de baisser à nouveau les yeux.

Priam remarqua le manège du grand blond et finit par poser sa main sur son épaule.

-« Bon c'est quoi le problème avec Bridgette, il s'est passé un truc entre vous ou quoi ? L'ambiance est complètement nulle là ! »

-« Pu- ! commença Jehan avant de se stopper net. Sérieux Priam, tu peux pas te la fermer un peu ? »

-« Quoi ? C'est tabou ? Qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? Tu veux que j'aille directement demander à Bridgette ? »

Le grand métis lui adressa un regard sévère que le jeune homme soutenu quelques instants avant de hausser les épaules.

-« Bon bon d'accord, ça va, je la boucle. »

-« Laisse tomber Félix, il n'a pas dit ça pour te contrarier. Le tact n'est pas son point fort, c'est tout. » déclara Jehan en se tournant vers son camarade.

-« Non… Il a raison. C'est… C'est de ma faute si on en est là. J'aurais dû… J'aurais voulu que ça se passe autrement. »

-« … Je comprends, dit Jehan après un petit silence. Mais je te l'ai déjà dit, ce n'est de la faute de personne. Ni de la tienne, ni de la sienne. Vous n'avez rien à vous reprocher. »

-« Merci. Je n'imagine pas à quel point ça a dû être difficile pour toi. » reprit Félix en passant sa main dans sa nuque.

-« Hey, les amis c'est fait pour ça non ? Ne t'inquiète pas. » répliqua le jeune homme en donnant un petit coup de poing dans l'épaule du grand blond.

-« Dites donc les filles, vous êtes bien mignonnes mais si je ne peux pas participer à la conversation, on peut peut-être changer de sujet non ? » ronchonna Priam avec un sourire forcé.

Félix et Jehan échangèrent un petit rire devant la mine renfrognée de leur camarade alors que tout le groupe s'arrêtait devant une grande étendue d'herbe verte dans laquelle les uns et les autres avaient décidé de s'installer.


Une heure plus tard, les jeunes gens étaient assis tous en rond, les uns à côté des autres, discutant tranquillement, passant d'un sujet à l'autre. Bridgette était assise entre Maxence et David, ce dernier ayant pris place aux côtés de Priam, qui n'avait pas lâché Félix d'une semelle, ainsi que Jehan, de son autre côté qu'Andréa avait rejoint au moment de prendre leurs places.

Si Félix et Bridgette n'étaient donc plus très éloignés l'un de l'autre, les jeunes gens ne pouvaient cependant pas se regarder, leur champ de vision coupé par leurs camarades. Plusieurs fois, le grand blond avait cherché le regard de son amie, sans succès. Ne pas pouvoir ouvrir la discussion avec elle le peinait beaucoup mais il avait également conscience qu'il ne pouvait pas lui forcer la main si elle n'en avait pas envie.

Et manifestement, elle ne voulait pas lui parler. Du moins pour le moment.

-« Oui d'ailleurs, on a presque fini de préparer notre nouveau morceau, déclara Jehan en regardant vers Félix. C'était un air de jazz mais on s'est arrangé pour que Félix puisse caler un morceau de violon. C'était pas facile, mais finalement, je pense qu'on peut être fiers de ce qu'on a réussi à faire. »

-« Il faudrait que je vienne te voir jouer un jour, déclara Priam en se tournant vers le grand blond. Tout le monde ici a eu ce privilège, mais pas moi ! »

-« C'est vrai que comme tu n'es pas élève au lycée, c'est plus difficile pour toi de venir assister aux répétitions. » souligna Myriam.

-« Oh, ne t'inquiètes pas pour ça, j'ai mes entrées partout tu sais ! » ricana le jeune homme avec un air ironiquement hautain.

-« Ouais enfin, est-ce qu'on a besoin de te rappeler ce qu'il s'est passé la dernière fois que tu as essayé de rentrer en douce dans le bahut ? » railla Alizée en croisant les bras.

-« Magistralement foutu dehors par les pions à coup de pied au cul. » déclara Kilian en éclatant de rire.

-« En deux minutes et vingt-sept secondes. » acquiesça Maxence avec un petit sourire.

-« Roooh… Ça va ! Je venais voir David à son atelier, je faisais rien de mal. »

-« Et tu as pensé qu'escalader la grille du lycée plutôt que d'attendre qu'il sorte était une bonne idée ? » questionna Sullivan avec un regard moqueur.

-« Je n'aurais pas pu le voir en action si je n'avais pas essayé de rentrer. » répondit Priam avec le même air dans les yeux.

-« Oui, sauf que cette fois-là, tu ne l'as pas vu du tout. » ricana Jehan.

-« Mais au moins il a essayé ! répliqua Roxane. Il a bravé le danger pour retrouver celui qui l'aime, c'est vraiment héroïque, et très romantique ! »

-« Je suis d'accord avec toi, moi je trouve ça très mignon. » acquiesça Lila.

-« Ah merci ! MERCI ! remercia Priam en se tournant vers les jeunes filles. Enfin quelqu'un qui rend honneur à mes actes. De toute façon il sait que je franchirais n'importe quelle barrière pour lui. » reprit-il en attrapant la main de David qui tentait de cacher son visage rouge de gêne.

L'assemblée se mit à rire en voyant les joues écarlates de leur ami qui ne cessait de soupirer, son embarras trahi par un sourire lorsqu'il regarda Priam.

-« Oh fait Jehan, tu as dit que tout le monde au club de musique participait à votre nouveau morceau ? Ça veut dire que Sasha est revenu ? » demanda Lila en regardant le grand métis.

-« Oui, les dernières semaines ont été très compliquées pour lui. Je le comprends en même temps… »

-« Les évènements du Canonnier l'ont beaucoup affecté, comme nous tous. » acquiesça Andréa en levant les yeux vers son compagnon.

-« Mais il commence à remonter la pente, tout doucement mais sûrement. Il a commencé par revenir en cours, puis il s'est présenté au club il y a deux semaines. On était tous heureux de le retrouver. »

Les jeunes gens gardèrent le silence quelques instants en se remémorant le jour de l'attaque du Canonnier, les souvenirs de cette terrible journée résonnaient encore dans toutes les mémoires. Si la vie avait repris plus ou moins normalement, les pertes de cet après-midi-là étaient encore bien visibles et les blessures qu'elles provoquaient laisseraient des grosses cicatrices, tout le monde en avait conscience.

-« Priam, reprit soudain Myriam pour changer de sujet. La dernière fois qu'on s'est vu, tu nous as parlé d'un concours de talent ou quelque chose comme ça auquel tu allais participer. Où ça en est ? »

-« Aha ! Tu as une bonne mémoire à ce que je vois, déclara le jeune homme avec un sourire. Eh bien figure toi que les épreuves se tiennent dans deux semaines et seront mêmes diffusées à la télévision, c'est fou non ? On ne le savait même pas quand on s'est inscrits, mais ça ne nous a pas arrêtés. »

-« « On » ? C'est qui « on » ? » souligna Kilian en haussant les sourcils.

-« Je participe avec Marlena, elle a accepté de faire un duo avec moi. »

-« Marlena ?! s'écria Bridgette avec un grand sourire. La fille hyper gentille qui travaille avec toi ? »

-« Oui exactement, répondit Priam avec un petit rire. On s'entraîne depuis presqu'un mois, entre nos répétitions standards. »

-« Tu crois que ça sera possible de venir vous voir ? Ça fait très longtemps que je ne l'ai pas vue, ça me ferait vraiment plaisir de venir vous encourager en direct. » demanda Bridgette.

-« Hmm… Je ne sais pas, il faut que je demande. Mais je pense que ça doit être possible. »

-« Et qu'est-ce que vous présentez comme performance ? » questionna Alizée en calant son menton dans sa paume.

-« Un numéro de pôle dance. C'est le plus facile pour nous, puisqu'on en pratique presque quotidiennement. Notre patron était un peu étonné de nous voir nous entraîner pour autre chose que les spectacles habituels mais quand on lui a tout expliqué, il était finalement assez emballé et il nous a laissé accéder aux installations en dehors des heures normales. » dit Priam en se tournant vers elle.

La dernière réflexion de Priam fit tiquer Félix qui sentit la curiosité prendre le dessus. S'il savait que leur camarade travaillait dans l'art du spectacle, il ignorait cependant quelle était sa véritable activité professionnelle.

-« Dis-moi Priam, pardon de te demander ça mais, quel est ton travail exactement ? »

Le jeune homme se tourna vers lui avant de lui adresser un petit sourire malicieux.

-« Disons simplement que je suis danseur. Je préfère garder le mystère pour le moment. »

-« Pourquoi ? »

-« Pourquoi ? Parce que c'est plus drôle ! ricana le garçon. Mais si tu veux vraiment avoir la réponse à cette question, tu n'auras qu'à venir nous voir, et tu comprendras. Je te ferai parvenir une invitation si tu veux. » termina-t-il avec un petit clin d'œil.

Les autres éclatèrent de rire devant l'air perplexe de leur camarade. Dans leur mouvement, Bridgette put apercevoir le visage de Félix sans qu'il ne se tourne dans sa direction et malgré elle, elle ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire. Il était toujours le même, il gardait le même regard, sérieux mais parfois surpris par ce qu'il l'entourait. C'était la première fois depuis ce qui était arrivé qu'elle osait le regarder et cela lui serra le cœur.

Sans ça, tout aurait été normal. Parfaitement normal.

-« Mais d'ailleurs Jehan, pourquoi est-ce que tu n'y participes pas toi, à ce concours de talent ? » questionna Myriam.

-« Oh oui, ça serait une super idée ! s'exclama Roxane. Je suis sûre que tu pourrais présenter quelque chose de vraiment bien avec tes instruments ! »

-« Et puis ça te permettrait peut-être de te faire repérer par des gens importants, qui apprécieraient ton travail. » acquiesça Andréa en se penchant davantage vers son compagnon.

-« Aha, j'apprécie vos propositions mais je n'y participe pas parce que je n'étais pas au courant tout simplement. Autrement peut-être que… »

-« Je peux essayer de t'arranger le coup si tu veux. » déclara soudain Priam d'une voix sérieuse.

-« Sérieux ? »

-« Les inscriptions se sont terminées mercredi, mais je connais assez bien un des organisateurs. Si tu as quelque chose à présenter demain, on peut peut-être tenter de le convaincre de te laisser participer, si passer à la télé ne te fais pas peur, évidemment… » déclara le jeune homme d'une voix malicieuse.

Les autres membres du groupe s'excitèrent alors, encourageant Jehan à accepter la proposition de leur camarade. Jehan, un sourire mal-assuré sur le visage, baissa les yeux vers Andréa puis vers Bridgette qui hochèrent toutes les deux la tête, rejoignant les acclamations de leurs amis.

-« Bon… D'accord. Je veux bien essayer, mais je ne garantis rien. »

-« Super, je te communiquerai l'heure et l'adresse ce soir. » acquiesça Priam en le regardant intensément.

Les jeunes gens se remirent à discuter vivement, conseillant leur ami sur ce qu'il devrait présenter, et de quelle manière, le garçon essayant de retenir toutes les propositions qui lui parvenaient.

Dans l'euphorie de la situation, Félix tourna par réflexe les yeux dans la direction de Bridgette. Sans vraiment savoir pourquoi, le jeune homme avait pris l'habitude de se tourner vers elle quand l'agitation se faisait trop grande, pour savoir comment il devait réagir, ce qu'il devait dire ou tout simplement pour la regarder. Et c'est alors que leurs yeux se croisèrent.

Bridgette pensa tout d'abord à tourner la tête, pour lui échapper mais elle ne put s'y résoudre quand Félix inclina davantage le menton pour lui adresser un petit sourire qu'il voulait franc. C'était à peine un rictus, un simple geste pour tenter d'amorcer une approche mais la jeune fille ne put prolonger ce contact, et baissa une nouvelle fois tristement les yeux.

L'adolescent la regarda faire avant de serrer les poings : il ne voulait pas laisser la situation déraper davantage, il tenterait n'importe quoi pour améliorer les choses, n'importe quoi.


Le soir-même, les bras croisés sur la rambarde de son balcon, son grand châle pourpre sur les épaules, Bridgette regardait Paris se vêtir tranquillement de son manteau de nuit à mesure que le soleil déclinait dans le ciel. Bien que la température extérieure n'était pas très élevée, la jeune fille était montée pour être au calme, pour se resourcer après cet après-midi assez épuisant.

En un sens, à part l'apparition de l'akumatisé du jour qui avait chamboulé ses plans et fait battre son cœur à s'en décrocher de sa poitrine, tout c'était très bien passé. Elle avait été très heureuse de retrouver ses amis avec qui elle n'avait pratiquement pas discuté depuis le début des vacances.

Ce qui était arrivé avec Félix l'avait tellement secouée que pendant plusieurs jours, elle avait fait silence radio en réponse aux messages que ses camarades lui envoyaient régulièrement. Elle n'avait pas pris part à la discussion journalière sur le groupe qu'elle avait avec les filles de sa classe, ni même aux différentes sollicitations de ses amis qui lui avait demandé plusieurs fois de se rejoindre quelque part pour se voir.

Elle avait seulement répondu à Jehan qui avait pris les devants pour cela, organisant la sortie qui s'était tenue cet après-midi.

Bridgette savait que, à sa demande expresse, tous ses camarades n'avaient pas été informés de ce qui était arrivé avec Félix, mais elle savait également que tous avaient pourtant remarqué la distance qui s'était installée entre eux. Si Bridgette savait qu'ils n'étaient pas tout le temps collés l'un à l'autre malgré l'avis de ses camarades qui affirmaient le contraire, elle n'ignorait pas que ce manque de discussion n'était absolument pas naturel chez eux. Et malgré tous les efforts qu'elle avait pensé pouvoir fournir, elle n'était pas parvenue à passer au-dessus de cette douleur qui la projetait en arrière dès qu'elle apercevait Félix.

Elle avait envie de lui parler, de s'excuser, de lui demander de faire comme si elle n'avait rien dit, d'oublier ce qu'il s'était passé pour redevenir ceux qu'ils étaient. Mais était-ce seulement possible ? Pouvait-elle balayer cet évènement d'un simple revers de manche, lui demander de provoquer une amnésie comme si de rien n'était ? En avait-il seulement envie ? Peut-être allait-il la rejeter, lui dire de ne plus l'approcher ?

Elle l'ignorait.

Le regard perdu dans le vague, l'adolescente repensa soudain aux regards qu'ils avaient échangés, à ce petit sourire qu'il lui avait adressé, comme s'il attendait quelque chose de sa part. Était-ce vraiment sincère, ou l'avait-il fait pour rester courtois en présence de leurs camarades ?

Bridgette sentit son rythme cardiaque s'accélérer quand l'image de ce sourire repassa devant ses yeux. Elle savait qu'il ne l'aimait pas, du moins pas de la même façon qu'elle l'aimait. Alors pourquoi encore espérer ? Pourquoi s'infligeait-elle cela ? Et pourquoi rien que le fait de le voir sourire la faisait-elle autant souffrir ?

Les larmes aux yeux, Bridgette passa ses mains sur son visage avant de prendre une profonde inspiration. Elle regarda une seconde vers le ciel avant de fermer les yeux. Si elle voulait avoir une chance de voir les choses s'améliorer avec Félix, elle devait enterrer ces sentiments au plus profond d'elle-même, leur consacrer un petit coin sombre de son cœur pour être sûre qu'ils ne reviendraient plus jamais la torturer.

Et pourtant, cela s'annonçait comme un exercice plus difficile qu'elle ne l'aurait pensé. Car elle savait qu'elle ne réussirait à être parfaitement en paix avec elle-même que lorsque ces sentiments qui semblaient adorer la torturer auraient totalement disparus ou quand d'autres viendraient les remplacer.

-« Bonsoir. » murmura soudain une voix derrière elle.

Bridgette eut un violent sursaut en se retournant violemment, les yeux écarquillés. Elle connaissait cette voix et pourtant, elle n'aurait jamais cru l'entendre ici, pas chez elle, pas sur son balcon.

-« C-Chat Noir… ?! » bredouilla-t-elle en reconnaissant la silhouette du héros, accroupi sur sa rambarde de balcon.

-« Pardon, je ne voulais pas t'effrayer, s'excusa le garçon en descendant du garde-corps. J'espère que je ne te dérange pas… »

-« E-Euh non… Mais qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Bridgette avec un sourire gêné.

-« Eh bien, je patrouillais dans le coin et je… Hem… Je t'ai vu comme ça et tu… Tu avais l'air triste. Et comme ma mission est de s'assurer de la sécurité de tous les citoyens de Paris, je… suis venu voir si tu ne risquais pas de te faire akumatiser. » expliqua Chat Noir avec un regard fiévreux, cherchant ses mots en passant sa main dans sa nuque.

Bridgette écarquilla les yeux avant de lui sourire gentiment. Si elle savait que ses débuts avaient été difficiles, elle était heureuse de voir que son coéquipier avait fait la paix avec son rôle de super-héros et que la sécurité des parisiens était devenue une véritable préoccupation pour lui, même en dehors des attaques de Papillon.

-« C'est gentil de t'inquiéter, mais je vais bien. J'avais… juste besoin de réfléchir un peu. » expliqua la jeune fille en essuyant rapidement sa joue du dos de sa main.

-« Oh… Bon tant mieux. Hmm… Bridgette c'est ça ? » demanda-t-il avec un sourire serré.

Le jeune homme eut envie de se gifler. Il essayait d'adopter un air détaché, mais clairement, ce n'était pas du tout réussi. Qu'était-il en train de faire ? Pourquoi était-il venu ? Et si Bridgette comprenait sa véritable identité par sa maladresse ?

Frustré et n'écoutant pas les suppliques de Plagg qui lui avait demandé de rester chez lui pour se reposer, Félix avait décidé de se transformer pour voir sa camarade. Les discussions avec elle lui manquaient fortement et s'il ne pouvait pas l'approcher en tant que Félix, alors il avait pensé qu'avec son autre identité, cela serait plus facile.

Mais à l'évidence, maintenant qu'elle était juste en face de lui, le garçon commençait à redouter son choix. Pas son choix de venir la voir, mais de venir la voir en tant que Chat Noir. Mais il était trop tard et quand elle lui adressa un petit sourire, il réussit à reprendre un peu de contenance.

-« Oui c'est ça, acquiesça-t-elle. Je suis flattée que tu te souviennes de mon prénom. »

-« Eh bien, des rencontres comme la nôtre ça n'arrive pas souvent alors… Ça laisse des traces. » répondit le héros en cherchant ses mots.

Bridgette baissa les yeux en repensant au jour où, hors costume, elle avait fait face à son coéquipier pour la première fois, le jour de l'akumatisation de Lila. Les premiers temps de son arrivée dans leur classe, ses mensonges avaient retenti tellement fort qu'ils étaient arrivés jusqu'aux oreilles du héros qui avait décidé de prendre les devants pour les faire cesser. Et si ces méthodes peu délicates avaient mené à l'akumatisation de Lila, le jeune homme s'était illustré en assumant ses actes et surtout en venant la secourir quand elle était le plus en danger.

-« Oui, c'est vrai, tu as raison, rit légèrement Bridgette en replaçant son châle sur ses épaules. Mais je suis contente de te voir. »

-« Ah vraiment… ? » bredouilla Chat Noir en écarquillant les yeux.

-« Eh bien, oui. C'est pas tous les jours qu'on peut approcher les héros de Paris de si près, c'est un véritable honneur. » répondit la jeune fille en mimant une révérence théâtrale.

Les deux jeunes gens échangèrent un petit rire mais Chat Noir sentit son cœur se serrer.

« Je suis contente de te voir ». Que n'aurait-il pas donné pour l'entendre prononcer ces six mots quelques heures en arrière, lorsqu'ils étaient avec leurs camarades ? Il lui aurait répondu que lui aussi, il l'était, et tout serait revenu à la normale.

Mais tout n'était pas si simple, et si elle était heureuse de le voir, c'était lui Chat Noir, pas lui Félix.

-« Alors même après un combat comme celui d'aujourd'hui, tu continues de patrouiller ? Pas de repos pour les héros à ce que je vois. » déclara Bridgette en s'adossant au garde-corps du balcon.

-« Non, mais nous avons été choisis pour ça, Ladybug et moi. Nous ne pourrons nous reposer que lorsque Papillon sera mis hors d'état de nuire. Même si l'akumatisation d'aujourd'hui était… encore de ma faute. »

-« Il n'empêche que ce journaliste était assez collant, je comprends que tu étais en colère. »

Devant l'air interrogateur de Chat Noir, Bridgette réalisa son erreur. Elle n'avait pas l'habitude de discuter avec son partenaire sans son costume et elle venait de baisser sa garde. Si elle ne voulait pas risquer de compromettre son identité secrète, elle allait devoir être plus prudente.

-« E-Enfin je veux dire qu'il avait l'air assez collant de ce que j'ai compris en lisant ce qui a été dit sur internet ! se corrigea tout de suite la jeune fille en sentant son cœur s'emballer. Tout le monde savait que cet homme vous suivait partout malgré le fait que vous lui ayez demandé d'arrêter. J'imagine que ce qui est arrivé aujourd'hui était inévitable. Ce n'était pas de ta faute. » insista Bridgette avec un petit sourire.

Les jeunes gens échangèrent un regard en silence avant que Chat Noir ne passe de nouveau sa main dans sa nuque.

-« Cette histoire de baiser a rendu les gens complètement fous. Je craignais les conséquences, mais jamais je n'aurais pensé qu'elles prendraient cette proportion. »

-« Tu sais, je pense qu'après le message que Ladybug a laissé à la presse aujourd'hui, les choses vont se calmer. C'était très touchant d'ailleurs, ça se voit qu'elle tient beaucoup à toi. »

Bridgette ne put s'empêcher de rire intérieurement. Parler d'elle à la troisième personne était quelque chose de très étrange mais, sans qu'il ne le laisse vraiment transparaitre, elle pouvait voir que son partenaire avait encore besoin d'être rassuré. Et elle pensait ce qu'elle disait : bien sûr qu'elle tenait à lui et en aucun cas elle ne voulait laisser cette histoire de baiser volé trahir leur relation.

Elle ne voulait pas le perdre, comme il lui semblait avoir perdu Félix.

De son côté, la réflexion de sa camarade serra le cœur de Chat Noir. Ladybug tenait à lui ? Sans aucun doute, elle lui avait affirmé plusieurs fois avec ferveur. Mais quelle était la nature de cette affection exactement ? Pouvait-il en espérer plus que ce qu'il avait déjà ?

Le jeune homme avait envie de s'arracher les cheveux tant les questions qui le taraudaient le rendaient fou. Il était venu pour voir Bridgette, pour s'assurer de son état, et voilà qu'il se mettait à penser à Ladybug. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ?!

-« Il n'empêche qu'il va falloir que je m'apprenne à me contrôler face aux situations qui me contrarient, déclara Chat Noir dans une tentative de changer de sujet. Cela fait deux fois qu'un citoyen se fait akumatiser par ma faute, c'est beaucoup trop. »

-« Je te comprends. Mais d'un autre côté, tu ne peux pas être parfait en permanence. Vous restez des êtres humains avec Ladybug, vous avez le droit de commettre des erreurs. »

-« Ces erreurs-là sont trop grosses pour être pardonnées. » protesta Chat Noir en s'avançant vers la jeune fille, posant ses avant-bras sur la rambarde, juste à côté d'elle.

-« Ne t'inquiètes pas. Personne n'a dit que ce rôle de héros serait facile, et je trouve que vous faites un travail fantastique. Vous nous avez sauvé des dizaines et des dizaines de fois, personne ne pourra jamais vous enlever cette fierté. »

Chat Noir regarda une nouvelle fois Bridgette qui quitta sa position pour imiter la sienne, les bras croisés dans son châle, posés sur la rambarde du balcon. Ils gardèrent le silence quelques instants de plus avant que Bridgette ne reprenne en se penchant vers lui.

-« Et puis si ça peut te rassurer, moi je serai toujours une de tes fans. Alors tu n'as rien à craindre. » rit Bridgette avant de perdre de nouveau son regard dans le vide.

Chat Noir écarquilla les yeux devant la réflexion de Bridgette. À cet instant, la lumière dorée du soleil vint frapper les vitres de l'immeuble, éclairant le balcon de la jeune fille d'un millier de reflets étincelants. C'était un spectacle inopiné mais incroyablement beau. Un grand sourire se dessina sur les lèvres sur héros qui regarda tout autour de lui pour admirer la scène mais alors qu'il se tournait vers Bridgette pour dire quelque chose, ses mots moururent dans sa gorge.

Loin de son regard, la jeune fille avait perdu son sourire et son air enjoué. Elle avait de nouveau dans les yeux cet air triste qu'il avait repéré en s'approchant discrètement de son balcon pour venir à sa rencontre. Non il ne « patrouillait pas dans le coin », il était venu pour la voir elle. Mais ça il ne pouvait pas lui dire, bien sûr. Mais il ne pouvait pas non plus repartir sans essayer de la faire parler.

-« Pardon d'insister mais… commença-t-il à voix basse. Es-tu sûre que tout va bien ? »

Elle se tourna vers lui et le jeune homme sentit son cœur se décrocher de sa poitrine. Un sourire triste sur les lèvres, des larmes perlaient aux coins des yeux de Bridgette. Le menton légèrement tremblant, elle semblait à deux doigts d'éclater en sanglot.

-« Tu sais quoi ? murmura-t-elle d'une voix fébrile. Je crois que… je ne me suis jamais sentie aussi mal de toute ma vie. Je veux dire… J'ai déjà été triste, bien sûr, et j'ai même affronté des situations qui étaient beaucoup plus dures que maintenant. Mais je… Je sais pas, c'est comme si je brûlais de l'intérieur et je… sais plus quoi faire. » sanglota-t-elle, ses larmes roulant sur ses joues.

Devant ce spectacle, Félix fut projeté plusieurs jours en arrière, quand ils s'étaient retrouvés face à face dans l'aquarium et qu'elle lui avait avoué ses sentiments. Quand il s'était figé, trop abasourdi pour pouvoir dire quoi que ce soit. Il s'était juré que s'il pouvait avoir une seconde chance, il ne serait pas resté debout, planté là comme un idiot, à la regarder partir en courant sans rien faire. Et pourtant, elle était de nouveau là, juste devant lui, et une fois encore, il ne savait pas quoi faire pour elle.

-« Excuse-moi, soupira-t-elle en essuyant ses joues. Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça, c'est stupide. »

-« N-Non ! s'écria Chat Noir, faisant sursauter Bridgette qui releva les yeux vers lui. N-Non, c'est pas du tout stupide… Je… Nous ne nous connaissons pas très bien mais… Si tu as besoin de quelqu'un pour t'écouter, je suis là. »

Il savait ce qui la faisait souffrir de cette façon, et il s'en voulait. Il voulait se rattraper, il le désirait vraiment. Mais s'il devait résoudre ce problème en tant que Félix, Chat Noir pouvait peut-être lui être d'un quelconque soutien ?

Bridgette le dévisagea quelques instants avant de lui sourire une nouvelle fois puis de perdre à nouveau son regard dans le paysage de la capitale. Elle garda le silence quelques instants et après un petit soupir, elle commença, sans vraiment savoir pourquoi, à tout lui raconter. Chat Noir se rapprocha d'elle, sans s'en rendre compte, son bras effleurant son épaule, concentré sur le récit d'une histoire qu'il connaissait pourtant déjà.


Un quart d'heure plus tard, après que la jeune fille ait raconté leur mésaventure sans qu'il ne puisse lui avouer, Bridgette et Chat Noir gardaient à présent le silence. Le cœur serré, le jeune homme avait écouté sa camarade donner sa version de l'histoire, à quel point elle avait été heureuse de recevoir son invitation, mais à quel point elle avait mal compris la situation et surtout à quel point tout cela s'était mal terminé.

La gorge sèche, le héros ne pouvait se résoudre à regarder dans la direction de sa camarade tant il se sentait mal. Si Bridgette avait, à son goût, été incroyablement juste dans son récit, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. Cette discussion, c'était en tant que Félix qu'il aurait dû l'avoir avec sa camarade, pas en tant que Chat Noir. Dans cette situation, l'adolescent avait l'impression d'avoir piégé son amie, de lui avoir soutiré des informations qu'il n'aurait pas pu avoir en lui faisant franchement face, d'avoir profité d'elle, tout simplement.

Aurait-elle été si sincère avec lui s'il n'avait pas eu son costume de héros ? Il en doutait beaucoup.

Cela faisait plusieurs minutes que les jeunes gens gardaient le silence et le héros décida de reprendre la parole après avoir passé sa main dans sa nuque en se raclant la gorge.

-« Je vois… Je comprends mieux pourquoi tu avais l'air aussi… triste. »

Bridgette se contenta d'acquiescer, le regard perdu au loin. Le soleil commençait désormais à disparaître derrière l'horizon, caché par les multiples immeubles, éclairant toute la ville de sa couleur dorée. Pourtant c'était désormais vers sa camarade que le jeune homme regardait.

Elle semblait sereine, mais toujours aussi triste. Ses yeux n'avaient plus cet air rieur, et son sourire qui ne la quittait jamais n'était plus présent sur ses lèvres. Son regard avait perdu son éclat de malice et des cernes creusées sous ses paupières semblaient indiquer qu'elle manquait de sommeil, ou qu'elle avait énormément pleuré ces derniers temps.

Probablement les deux.

Il soupira une nouvelle fois en se mettant à regarder au loin lui aussi. Le silence n'était brisé que par les bruits de la capitale qui se parait progressivement de son manteau de nuit.

-« Tu dois être très en colère contre lui. Il t'a laissé comme ça, sans rien dire. Tu dois beaucoup lui en vouloir. » déclara soudainement le héros, les doigts crispés entre eux.

Il n'en pouvait plus de ne pas savoir. De ne pas savoir ce que la jeune fille ressentait exactement, de ne plus savoir comment lui parler, de ne plus savoir comment l'approcher et la faire sourire de nouveau. Il devait en avoir le cœur net. Et même s'il trouvait cette méthode déloyale, c'était pour lui sa seule chance de pouvoir entendre Bridgette se confier à lui à cœur ouvert.

Dans sa vision périphérique, il vit la jeune fille se tourner dans sa direction, les yeux écarquillés de surprise avant d'esquisser un léger sourire triste, ce qui surpris Chat Noir qui décida de se tourner vers elle pour la regarder.

-« C'est à moi que j'en veux, tu sais, murmura-t-elle en plongeant son regard dans le sien. Je n'aurais jamais dû lui dire ça, pas comme ça en tout cas. C'était très mal venu. Il m'a ouvert sa maison, m'a parlé franchement et moi je… » s'interrompit soudain la jeune fille, la gorge serrée.

-« Tu lui as aussi parlé franchement. » compléta aussitôt Chat Noir.

Elle le regarda plus longuement, lui adressant un petit regard gorgé d'affection, touchée par sa sollicitude avant de reprendre.

-« Quoi qu'il en soit, on en est là, et je ne sais plus quoi faire. J'ai envie qu'on redevienne ceux qu'on était, mais est-ce que c'est vraiment possible ? Je ne sais même pas s'il en a envie. J'ai dû tellement le blesser, je ne pourrai plus jamais lui parler… » murmura-t-elle d'une voix tremblante.

-« … Et… Est-ce que tu as essayé ? Peut-être qu'il ressent la même chose que toi, sans oser venir vers toi. Peut-être qu'une discussion réglera le problème. »

-« Je sais… C'est ce que tout le monde n'arrête pas de me dire mais… C'est trop tôt. Je n'arrive même pas à le regarder. Et même si ça me peine beaucoup, comment est-ce que je pourrais lui parler si je ne peux même pas le regarder dans les yeux ? » soupira Bridgette en se tournant vers le héros pour plonger son regard dans le sien.

Ce dernier sentit les cheveux de sa nuque se dresser alors qu'il se tendait quelque peu.

« C'est ce que tu fais pourtant » pensa-t-il sans pouvoir l'avouer à voix haute. Ils restèrent ainsi quelques instants avant que Chat Noir ne pose sa main sur l'épaule de la jeune fille.

-« Je suis persuadé que tout finira par s'arranger, tu verras. Prends ton temps, et ne te fais pas trop de soucis. S'il est vraiment ton ami, les mots viendront tous seuls quand vous vous retrouverez face à face. »

-« J'espère. Je l'espère vraiment. » acquiesça l'adolescente en hochant doucement la tête.

Ils échangèrent un dernier regard avant que le héros ne recule de quelques pas, décrochant son bâton de son dos.

-« Pardonne-moi mais… Il faut que je m'en aille à présent. J'ai encore… plein de choses à faire. Euh… »

-« Des trucs de héros ? » rit Bridgette en se tournant vers lui.

-« … Des trucs de héros, c'est ça. » répondit Chat Noir, le cœur battant après avoir entendu son rire.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas entendu sa camarade rire, et bon sang, qu'est-ce que ça lui avait manqué. Jusqu'alors, le jeune homme n'aurait jamais pu soupçonner que l'on puisse autant aimer un son. Il savait que l'on pouvait aimer une musique, une mélodie, mais quelque chose d'aussi simple qu'une voix ou un rire ? Il l'ignorait.

-« D'accord, alors je ne te retiens pas, reprit sa camarade en le sortant de ses pensées. Merci de m'avoir remonté le moral, ça m'a fait plaisir de te parler. »

-« O-Oui, moi aussi. Je suis heureux de t'avoir revu. »

-« Arrête-toi la prochaine fois que tu passes dans le coin si tu as le temps, je te ferai une tasse de thé. Et pas d'histoire de cœur brisé, promis ! »

-« Ça ne me dérange pas de t'écouter si tu en as besoin. » déclara Chat Noir d'un ton sans appel.

Surpris par ce qu'il venait de dire, les jeunes gens écarquillèrent les yeux et Chat Noir recula vivement, montant sur le garde-corps du balcon alors qu'il se sentait rougir.

-« D-D'accord alors… À bientôt sûrement ! » salua-t-il avant de se propulser sur un toit un peu plus loin pour partir en courant.

Interdite, Bridgette le regarda s'éloigner puis disparaître de sa vue avant de se mettre à rire de nouveau, s'enroulant de plus belle dans son châle.

-« À plus chaton… » soupira-t-elle avec un petit sourire.


-« Ouah ! Dites donc, y'a pas à dire, c'est vraiment stylé chez vous ! On se doute pas que cette baraque puisse cacher une pièce comme ça depuis l'extérieur hein ? »

-« Gardez vos plaisanteries pour vous, répliqua Gabriel avec un regard froid. Nous n'avons pas le temps pour vos enfantillages. »

-« C'est vrai, c'est vrai. C'est juste… intéressant de voir l'envers du décor. » répondit l'intru avec un petit sourire.

Gabriel se contenta de garder le silence, continuant de progresser vers le centre de la pièce dont il avait fait son quartier général. L'obscurité ne semblait pas déranger les deux hommes qui poursuivaient leur discussion sans même se faire face, slalomant entre une centaine d'akumas blancs qui jonchaient le sol, insensibles à leurs présences.

-« Soyons clairs, je vous ai amené ici pour que nous soyons tranquilles. Ne comptez pas un jour y remettre les pieds, ni ici, ni même dans cette maison. »

-« Oh Gabe… Moi qui commençais pourtant à apprécier les lieux. Vous n'êtes pas du genre à faire ami-ami hein ? Pourtant vous savez que vous pouvez me faire confiance. »

-« Ne me faites pas rire. Vous êtes ici parce que j'estime que vous pouvez m'être utile. Mais sachez que vos petites tentatives d'intimidation n'ont aucun effet sur moi. Je pourrais vous faire disparaître en un claquement de doigt si l'envie m'en prenait. »

-« Et pourtant vous ne le faites pas… On se demande bien pourquoi. Est-ce que vous commenceriez à m'apprécier ? »

-« Si vous pouviez fermer votre bouche insolente, nous pourrions commencer. » tonna Gabriel en adressant un regard meurtrier à son interlocuteur.

Ce dernier se contenta de lever les bras en signe de rédemption en lui adressant un sourire malicieux. Le propriétaire des lieux le regarda quelques instants avant de remonter ses lunettes sur son nez. Il leva la main, faisant signe à Nooroo, caché dans un coin de la pièce d'approcher. Le kwami, les yeux humides, détailla un instant son porteur puis son invité d'un air mal-assuré avant que Gabriel ne reprenne la parole après avoir retiré sa cravate qui cachait la broche qu'il portait au col.

« Nooroo, transforme-moi. »

Aussitôt, le kwami disparut dans le bijou qui déploya des ailes de papillon gracieusement sculptées, la pierre servant de cœur à la broche s'éclairant d'une lumière violette. Gabriel fut aussi habillé d'un costume violet au col noir et d'un masque qui recouvrait la grande partie de sa tête, ne laissant entrevoir que la peau autour de sa bouche. Une fois transformé, il fit claquer le bas de la canne qui venait d'apparaître dans sa main sur le sol, faisant s'envoler tous les akumas blancs autour d'eux. Il plissa ensuite les yeux pour observer le jeune homme qui le détaillait, le regard brillant.

-« Alors ça c'est super classe. Y'a pas à dire, ce sont toujours les méchants qui ont le plus d'allure. »

-« Je vous prierai de garder vos commentaires pour vous. Avez-vous apporté ce que je vous ai demandé ? »

-« Ouaip, le voilà. » déclara l'invité en découvrant son bras.

Il montra fièrement un bracelet tressé qui enserrait son poignet. Papillon le détailla quelques instants avant de relever les yeux vers lui.

-« Vous êtes sûrs de vous ? Vous ne devez pas vous en séparer si nous voulons que notre plan fonctionne. »

-« Ne vous inquiétez pas, je l'aurai toujours avec moi. » acquiesça le jeune homme avec un sourire malicieux.

-« Qu'il en soit ainsi. » déclara Papillon en tendant le bras pour faire venir à lui l'un de ses petits messagers aux ailes blanches.

L'un d'eux se dévoua, se posant dans la paume de son maître, celui-ci s'empressant de refermer sa deuxième main par-dessus la première. Il ferma les yeux pour se concentrer, toujours observé de près par son invité qui ne le quittait pas des yeux.

Papillon prit quelques secondes avant de relâcher l'akuma qui se mit à virevolter autour d'eux. Là où les ailes autres akumas ensorcelés standards étaient noires aux stries violettes, les siennes tendaient cette fois plus vers le pourpre, éclairant le visage du jeune invité de nuances presque rouges.

-« Voilà votre akuma, déclara Papillon. Lorsque j'estimerai cela utile, je vous l'enverrai et il viendra à votre rencontre. Il pourra vous retrouver grâce à l'empreinte qu'il va laisser sur votre bracelet. Si vous ne pouvez pas vous transformer, vous n'aurez qu'à lui demander de s'en aller. Commandez-le depuis le fond de votre esprit et il vous obéira. »

-« Aha, je vais faire de la télépathie avec lui ? ricana le jeune homme. D'ailleurs, votre ami là, votre kwami, il a un nom. Est-ce que je dois lui en donner un ? »

-« … Non. »

-« Dommage… soupira le jeune homme en haussant les épaules. Bon, c'est à mon tour j'imagine ? »

Gabriel se contenta d'acquiescer et son invité tandis aussitôt le bras, regardant l'akuma aux ailes noires et pourpres virevolter autour du bracelet avant de s'y engouffrer. Le jeune homme fut aussitôt recouvert d'une substance noirâtre aux reflets rouges avant d'en ressortir, littéralement métamorphosé.

Une longue veste aux épaules renforcés et se terminant en queue de pie recouvrait désormais son buste. Ses mains étaient cachées sous de gros gants en cuirs tandis que ses jambes étaient habillées d'un pantalon noir par-dessus lequel s'ajoutaient des chaussures épaisses, montant au-dessus de ses chevilles. Son cou était paré d'une large écharpe qui couvrait ses épaules et passait par-dessus sa tête en guise de capuche.

Pour terminer, le visage du nouveau vilain était entièrement camouflé sous un masque en forme de tête de corbeau, rappelant ceux que portaient les médecins durant la peste noire.

Malgré cet accoutrement, il n'éprouvait aucune difficulté à se déplacer et se sentait même plus vif, plus fort, prêt à bondir de toit en toit.

-« Parfait, personne ne pourra me reconnaître, habillé comme ça, déclara-t-il en regardant ses mains. Quel petit nom je peux me donner ? Voyons… … Le Corbeau, tiens ! C'est simple et classe, vous en pensez quoi ? »

-« … Ce costume vous offre puissance et protection, mais sachez qu'il me coûte également beaucoup d'énergie. Avoir deux akumas actifs en même temps ne sera pas gérable en permanence, voilà pourquoi je déciderai quand vous pourrez vous transformer ou non. »

-« On se fait vieux Gabe ? Vous voulez peut-être qu'on échange nos places ? »

-« Ne vous avisez même pas d'y penser, tonna Papillon en pressant le bout de sa canne sur l'épaule gauche de son nouvel allié. Je vous rappelle que vous travaillez pour moi, et l'insubordination ne sera ni tolérée ni pardonnée, est-ce clair ? »

-« Limpide boss. Je disais ça pour vous taquiner. »

-« Maintenant que tout est paré, vous allez pouvoir partir d'ici. L'akuma restera avec moi jusqu'à ce que je vous l'envoie. N'oubliez pas que si vous vous faites repérer, vous ne me serez plus d'aucune utilité. Gardez vos distances, soyez mes yeux sur le champ de bataille, et n'intervenez que lorsque vous serez certain de votre coup. Les miraculous de Ladybug et Chat Noir sont mes seuls et uniques objectifs, alors ramenez-les moi et je veillerai à ce que vous soyez grassement récompensé pour votre collaboration. »

-« Vous êtes trop bon monseigneur. » railla le Corbeau.

-« Nous pourrons communiquer comme je le fais avec mes autres akumatisés. Gardez en tête que si ce que vous faites ne me plait pas, je peux rappeler l'akuma à tout moment, où que vous soyez, et à n'importe quel moment. Je veillerai à vous laisser votre libre arbitre pour ne pas limiter vos actions, alors ne me le faites pas regretter, ou je vous le ferai payer chèrement. »

-« Ne vous en faites pas Gabe, vous pouvez me faire confiance. Vous ne serez pas déçu, je vous le garantis. » déclara le Corbeau en tendant sa main droite.

Papillon regarda un instant le jeune homme, détaillant son masque désormais sans expression avant d'attraper sa main pour sceller leur accord d'une vigoureuse poignée de main.

Tout était en place désormais, et bientôt, ses adversaires allaient se confronter à une menace certes plus discrète mais bien plus dangereuse que n'importe laquelle jusqu'alors. Le piège était dressé, et dans un avenir proche, il allait se refermer sur eux, et enfin, il pourrait récupérer leurs miraculous.

Bientôt, il mettrait la main sur ces bijoux magiques qui lui permettraient d'exaucer son vœu le plus cher.

Et bientôt, il allait pouvoir serrer dans ses bras celle qu'il avait perdu il y avait de ça si longtemps.

Tout n'était plus qu'une question de temps.


Et hop, fin de cet arc ! J'espère que ça vous a plu ! Je sens que j'ai fait plaisir aux Marichat shippers là x) (Quoi que ça doit plutôt être les Brichat dans ce cas là xD) Et qu'avez-vous pensé de cette fin, du Papillon et de son nouvel allié ? L'étau se resserre n'est-ce pas ? Je suis contente d'enfin lancer ce vilain secondaire, si vous saviez depuis combien de temps il trotte dans mon esprit ! Surtout dites-moi vos ressentis (et vos théories, sait-on jamais ?) !

J'espère vraiment que ça vous a plu, dites-moi tout ça en commentaire ! Mais avant de vous lâcher, une petite information et une petite question !

Je suis fière de vous annoncer qu'avec la fin de cet arc, nous avons officiellement atteint la moitié de cette histoire ! Oui, la moitié (seulement ou enfin, je vous laisse juger xD). Quoi qu'il en soit, c'est un gros évènement pour moi car c'est vraiment un gros projet personnel et je suis vraiment heureuse qu'il se poursuive aussi bien à vos côtés.

Pour "fêter" cela, je voulais vous demander si vous seriez intéressés par une FAQ, dans laquelle je répondrais à vos questions que vous pouvez éventuellement avoir sur cette histoire, sur le scénario ou même sur moi. J'y répondrais peut-être en fin d'un prochain chapitre si cela vous intéresse ! Ma politique vis-à-vis des spoilers étant très stricte, il sera inutile de me demander des infos sur la suite des évènements, comme l'identité du Corbeau ou d'autres points de scénario qui n'ont pas encore été dévoilés. Mais rien ne vous empêche de me soumettre vos théories, ça me fait très plaisir de les lire.

Vous pouvez poser vos questions en commentaire ou en mp, je rassemblerai toutes les questions que l'on m'a posé sur toutes les plateformes où je poste habituellement pour y répondre globalement (comme ça tout le monde aura les mêmes réponses aux mêmes questions).

Dites moi si cela pour vous plaire ! En tout cas, moi je vous laisse ici, en vous remerciant de votre lecture, votre soutien et votre attention !

On se retrouve donc dans deux semaines (dimanche 07/11) pour la suite de cette histoire ! Restez connectés...