DISCLAIMER : Attention, ce chapitre contient une scène violente, impliquant sang et blessures graves. L'histoire reste une fiction accessible à tous et rien n'est vraiment détaillé mais si vous êtes un lecteur sensible, certains passages peuvent choquer.
Une fois transformée, Ladybug avait fait le tour des couloirs pour s'assurer de ne croiser personne, que tout le monde ait bien quitté les lieux. Elle était à l'affût du moindre bruit, du plus petit grincement ou frottement qui aurait pu lui indiquer la présence de Jackady non loin de là.
Mais pour le moment, tout ce qu'elle entendait, étaient les alarmes qui résonnaient au dehors, déclenchées par les forces de l'ordre après avoir été prévenues de l'apparition d'un nouvel akumatisé.
Après un énième tour, la jeune fille décida de faire le tour du bâtiment par l'extérieur, afin de prendre conscience de la situation depuis un nouveau point de vue : elle voulait se rendre compte de la gravité de ce qui était en train d'arriver et surtout, elle voulait savoir si ses amis avaient réussi à s'extirper de là sans se faire toucher par les cartes de Jackady.
Avec mille prudences, elle poussa une des portes renforcées qui menait vers l'extérieur et couru jusqu'au parvis des studios sur lequel étaient rassemblées des dizaines et des dizaines de personnes.
Dès qu'ils l'aperçurent, tous ces gens se précipitèrent vers lui pour lui demander des explications ou des conseils sur ce qu'ils pouvaient faire.
Tout en essayant de paraître rassurante, la jeune héroïne jetait également des coups d'œil à droite et à gauche, espérant apercevoir la silhouette foncée de Chat Noir. Mais son coéquipier ne semblait pas être encore arrivé et elle se retrouvait pour le moment seule avec un akumatisé qui semblait particulièrement remonté. Après avoir pris une profonde inspiration, elle se dirigea vers le centre du parvis pour prendre la parole, rassemblant toutes les personnes présentes autour d'elle.
-« Écoutez, vous ne pouvez pas rester ici ! Vous devez absolument aller vous réfugier quelque part, il n'est pas exclu que le vilain ressorte du bâtiment et s'en prenne à vous d'ici quelques instants. Alors je vous en prie, aller vous cacher et attendez que tout soit terminé pour ressortir ! »
-« Ouais ! Ladybug a raison ! clama un homme chargé de la sécurité. Si cet enfoiré ressort, ce qu'on a fait jusqu'ici n'aura servi à rien ! Alors partons vite nous cacher ! »
Ces derniers mots eurent l'effet d'un électrochoc sur les autres personnes qui acquiescèrent de concert avant de commencer à se disperser rapidement, rejoignant les magasins ou autres commerces alentours.
Ladybug les observa un instant avec un petit sourire rassuré mais alors qu'elle allait faire volte-face pour rerentrer dans le bâtiment par la porte principale, une voix qu'elle connaissait l'appela par la droite.
-« Ladybug ! Ladybug, attendez, s'il vous plaît ! »
La jeune héroïne se tourna et son stress augmenta d'un seul coup en se rendant compte que Priam était en train de courir vers elle, suivie de loin par Andréa et Marlena qui marchaient côte à côte. Seulement suivi par Andréa et Marlena, car elle avait beau regarder à droite et à gauche, Jehan, David et Félix n'étaient nulle part.
-« Ladybug ! reprit Priam en arrivant à sa hauteur. Écoutez, j-je sais que vous avez beaucoup à faire mais je... Vous devez retrouver mon copain, d'accord ? »
-« Priam, il doit être caché avec Félix, je suis sûre qu'il ne risque rien. » coupa Marlena en posant sa main sur l'épaule de son ami pour tenter de le dissuader de retenir davantage l'héroïne.
-« Non ! Je... Je suis parti sans lui, ok ? E-Et j'aurais pas dû mais il était de l'autre côté de la scène et y'avait ce gars qui était là et ça aurait servi à rien de me faire toucher, vous comprenez ? » insista Priam en faisant un nouveau pas en avant.
En l'écoutant parler, le cœur de Ladybug se serra. Elle ne l'avait jamais vu dans cet état-là, si inquiet et désespéré. Priam était en général quelqu'un de très serein et le voir paniquer n'était pas un spectacle très agréable à regarder.
-« Il peut pas lui arriver quelque chose, je... Je peux pas, reprit le jeune homme en posant sa main sur sa poitrine. Vous devez le retrouver, d'accord ? I-Il s'appelle David, il est grand comme ça, commença à décrire Priam avec un mouvement de main, il est brun, les yeux noisette. Et euh... Il portait un gros pull bleu vert et un jean... »
-« Ça va aller Priam, coupa de nouveau Marlena en essayant de le prendre dans ses bras. Excusez-le, il est très inquiet. Filez faire votre devoir, il n'y a que comme ça que nos amis pourront être sauvés. » déclara-t-elle en regardant Andréa, aussi inquiète que Priam au sujet de Jehan et de leurs autres camarades.
-« Oui, ne vous en faites pas, répondit Ladybug en prenant gentiment les mains de Priam. Chat Noir et moi allons faire le maximum et je vous promets que vous retrouverez rapidement votre compagnon. Pour le moment, allez vous mettre à l'abri s'il vous plaît et laissez nous nous en charger. »
Il y eut un petit silence avant que Priam ne se dégage de l'emprise de Marlena, les sourcils froncés et poings serrés.
-« Bien, si personne ne veut m'aider, c'est moi qui vais aller le chercher ! Je vais pas laisser quelque chose lui arriver pendant que moi je vais me cacher comme un trouillard, c'est hors de question ! » cria-t-il en partant en courant vers le côté droit du bâtiment.
-« Non, Priam, reviens ! cria Marlena en tentant de le retenir. Espèce d'imbécile, tu crois que c'est en faisant grossir l'armée de ce type que tu vas pouvoir aider David ?! »
-« Allez vous mettre à l'abri, je m'en occupe. » déclara Ladybug en posant brièvement sa main sur son épaule pour tenter de la rassurer.
Marlena sembla hésiter quelques instants mais quand Andréa posa sa main sur son bras avec un air inquiet, il n'était plus question de faire demi-tour. Les deux jeunes filles s'éloignèrent main dans la main et Ladybug décida de passer par la porte principale. Avec un peu de chance, elle parviendrait à devancer Priam et le convaincre d'abandonner sa folle idée d'aller chercher David.
Et bien que la jeune héroïne trouvait cette manœuvre stupidement dangereuse, elle ne parvenait pourtant pas à en vouloir à son ami : le jeune homme agissait toujours en fonction de ce qui lui dictaient ses sentiments plutôt que sa tête, et ici, clairement, c'était son cœur qui avait pris le pas sur sa raison. Mais pouvait-elle lui en tenir rigueur ? Si la situation avait été inversée, n'aurait-elle pas réagi de l'exacte même façon ?
Lorsque cette pensée traversa son esprit, le visage de Félix passa soudainement dans ses pensées : si David n'avait pas pu s'échapper du bâtiment à cause de Jackady, il était peu probable que Félix ait réussi à s'en sortir. Son cœur se serra brusquement : malgré le différend qui les éloignait en ce moment, Bridgette ne pouvait s'empêcher de se faire du souci pour Félix. Même s'il ne partageait pas ses sentiments, il restait une personne très chère à son cœur et elle devait tenter, par tous les moyens, de le sortir de ce mauvais pas, au même titre que tous les autres parisiens.
Figés, David et Félix regardèrent le chauffeur de ce dernier sauter devant eux, leur permettant d'esquiver la salve de cartes que Jackady venait de lancer devant lui. Les yeux écarquillés, ils le virent se figer à son tour avant que son regard ne devienne vide alors que Jackady éclatait de rire.
-« Je sens que celui-ci sera un atout de taille ! Merci beaucoup ! » ricana le vilain en regardant le grand homme qu'il venait de toucher.
Obnubilé par sa fierté de faire grossir son armée de minutes en minutes, Jackady ne remarqua pas qu'il n'était pas parvenu à toucher David et Félix qui en profita pour pousser son ami en le faisant s'accroupir pour se cacher sous une table, recouverte d'un grand morceau de rideau décroché, qui soutenait une console qui servait pour la diffusion du son en salle.
Le jeune homme posa son index sur ses lèvres pour lui intimer le silence alors que David posait ses mains sur sa bouche tandis que l'akumatisé s'avançait vers leur position. Ils l'entendirent faire quelques tours, cherchant sûrement les derniers rescapés avant de s'éloigner avec ses soldats, le pas lourd du garde du corps s'éloignant également. Les deux garçons s'autorisèrent à soupirer de soulagement avant que Félix ne pose sa main sur l'épaule de son ami.
-« Je vais m'assurer qu'il ne revienne pas par ici. Si je ne reviens pas dans dix minutes, pars sans moi, d'accord ? »
-« Q-Quoi ?! s'étrangla David à voix basse. Non ! Pourquoi ? Reste ! On ne risque rien ici ! Si on ne fait pas de bruit, on peut rester là jusqu'à la fin de l'attaque ! »
-« Je veux aller voir si d'autres personnes ont besoin d'aide, menti à moitié Félix. Je reviendrai tout à l'heure. »
-« A-Alors dans ce cas, je viens avec toi ! » contra David en amorçant un geste pour suivre son ami.
-« Non, reste. S'il te plait. Je serai plus discret seul et de toute façon, j'en connais un qui me fera passer un sale quart d'heure s'il apprend que je t'ai trainé là-dedans, railla Félix avec un petit sourire. Il doit être dehors, va le retrouver. Moi je fais un dernier tour et je vous rejoins, c'est promis. » termina-t-il en croisant discrètement les doigts de sa main gauche.
Et sans laisser le temps à David de répondre ou même de protester, Félix se leva pour faire volte-face, traversant les coulisses en courant en passant la lourde double porte qu'il s'assura bien de refermer derrière lui. Il regarda à droite puis à gauche, espérant ne croiser personne. Il pensa à se transformer immédiatement mais il se rendit compte qu'il était encore trop près de David pour le moment. S'il se décidait à le suivre malgré tout et qu'il trouvait Chat Noir à sa place, le lien serait fait immédiatement. Il devait s'assurer qu'il ne pourrait pas le retrouver.
Félix traversa le couloir sans s'arrêter, étant toujours attentif aux sons qui l'entouraient : ce n'était pas le moment de se faire surprendre. Mais alors qu'il prenait un angle droit dans un couloir, il tomba sur d'autres personnes, des civils que le jeune homme avait déjà aperçu dans les coulisses. Cependant, ces gens-là ne s'étonnèrent pas de sa présence ni même ne lui adressèrent la parole. Ils semblaient perdus, le regard hagard, arpentant le couloir sans but, errant comme des âmes en peine.
Avec un frisson qui lui remonta le long du dos, le garçon compris que ces civils étaient contrôlés par Jackady et qu'il était potentiellement dangereux de rester avec eux, bien que l'akumatisé ne semblait pas être dans les parages.
Félix songea à faire demi-tour mais alors qu'il commençait à tourner les talons, des pas rapides au bout du couloir dans lequel déambulait les envoûtés le fit sursauter. Quelqu'un était en train de venir par ici. Il s'agissait peut-être de Jackady ou bien de quelqu'un d'autre. Quoi qu'il en soit, il savait que si on se rendait compte qu'il n'était pas une victime du vilain, cela risquait de mal se terminer pour lui.
Aussitôt décida-t-il rapidement d'imiter le comportement des personnes autour de lui afin de ne pas se faire remarquer. Il adopta leur posture, essayant de reproduire leur regard perdu dans le vide de l'espace en se glissant dans la foule pour passer inaperçu.
Le jeune homme retint son souffle quand les pas se rapprochèrent encore mais ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux en se rendant compte que c'était Ladybug qui venait d'arriver. Il la vit se figer et blêmir, la bouche légèrement entrouverte quand ses yeux se posèrent sur lui.
Elle fit un pas dans sa direction, tandis la main mais se ravisa en serrant le poing. Il la regarda discrètement se mordre la lèvre avant de reculer en soupirant. Il fut légèrement surpris de cette réaction. Pourquoi s'en faisait-elle plus pour lui que pour les autres ? Cette question tourna dans sa tête jusqu'à ce que d'autres pas n'arrivent jusqu'à eux dans le couloir.
Ils reconnurent tout de suite la voix de Jackady et le pas lourd qui l'accompagnait ne fit aucun doute dans la tête de Félix : il était suivi de son chauffeur qui lui faisait sûrement office de garde du corps de l'akumatisé à présent.
Ladybug resta encore quelques instants avant de faire volte-face avec un dernier regard en arrière en s'éloignant dans le couloir. Félix resta en place quelques secondes de plus avant de s'engouffrer dans le placard à balais, non loin de lui, au moment où Jackady arrivait près de ses soldats.
La main crispée sur la poignée de la porte, il l'entendit leur parler puis s'éloigner à son tour, suivit de ses envoûtés. Le jeune homme garda le silence encore quelques instants pour être certain que personne ne vienne le surprendre avant de laisser Plagg sortir de sa veste.
-« C'était très limite, murmura le garçon en inspirant profondément. J'espère sincèrement que les autres ont réussi à s'en sortir. »
-« Dépêche-toi de te transformer pour leur porter secours si ce n'est pas le cas ! » déclara Plagg dont les yeux verts brillaient dans l'obscurité.
L'adolescent se contenta d'acquiescer avant de prendre une nouvelle profonde inspiration.
« Plagg, transforme-moi ! »
Une fois transformé, le héros ressortit discrètement du placard en refermant doucement la porte puis s'élança dans le couloir où avaient disparu Jackady et Ladybug : il devait retrouver sa partenaire avant qu'une catastrophe n'arrive car peut-être ignorait-elle que leur ennemi n'était plus très loin. Il traversa le corridor, passa devant la salle de restauration du personnel qu'il avait déjà croisé en venant ici la première fois.
Lorsqu'il passa devant l'espace de sortie de scène où il avait laissé David quelques temps plus tôt, il ne put résister à vérifier si son ami était encore là. Il s'approcha doucement puis se pencha pour regarder sous la table où ils s'étaient cachés ensemble mais rien. Il n'y avait plus personne. Plus de candidats, plus de David. Le héros, tendu, s'avança vers la scène pour remarquer que la salle était à présent totalement vide. Mais où étaient-ils tous ? Il n'ignorait pas le fait que Jackady devait posséder une large armée désormais et le fait de ne croiser personne stressait énormément le héros.
Avaient-ils quitté les lieux ou se cachaient-ils sous les ordres de l'akumatisé pour mieux les surprendre, sa coéquipière et lui ?
Il ressorti de la salle et continua sa route en s'enfonçant dans le bâtiment. Mais au détour d'un couloir, Chat Noir entendit de nouveau la voix de Jackady qui semblait se trouver à quelques mètres de là. Il parlait tout seul, se félicitant d'avoir rassemblé autant de monde en si peu de temps. Et alors que le héros allait se pencher pour l'observer, il se sentit tirer en arrière par la ceinture qui entourait ses hanches puis plaqué contre un mur, une main bien plus petite que la sienne sur la bouche pour l'empêcher de faire du bruit.
Ladybug était là, son index sur sa bouche pour lui intimer le silence. Malgré lui, le héros de Paris se sentit rougir : sa coéquipière était bien plus petite que lui mais cachait une force insoupçonnée. Bien sûr, il l'avait déjà vu en action lors de leur combat mais c'était quand elle le prenait par surprise qu'il la trouvait la plus impressionnante.
-« Ne fais pas de bruit, ou on va se faire repérer. » chuchota Ladybug avant de le relâcher.
-« Pardon pour le retard, j'ai fait le tour du bâtiment pour tenter de te retrouver. »
-« Il va falloir être prudents, répondit la jeune fille en hochant la tête. J'ai l'impression que ça ne va pas être facile aujourd'hui. »
-« Une idée d'où se trouve l'akuma ? »
-« Dans son paquet de cartes, je pense, je ne vois rien d'autre. Mais ça va être compliqué de l'atteindre maintenant, avec toute cette armée… Et puis l'un d'eux semble lui servir de garde du corps. »
-« Oui, je l'ai vu, je vais me charger de le neutraliser, sinon il nous sera impossible d'approcher Jackady. »
-« Tu es vraiment sûr de toi ? Même s'il reste un civil, tu ne sais pas de quoi il sera capable sous les ordres de cet akumatisé. »
-« Ne t'inquiètes pas pour moi, répondit Chat Noir avec un petit sourire. Si tu peux éloigner le reste de la foule, je m'occupe de Jackady et son gorille. »
-« … D'accord, on fait comme ça, souffla Ladybug après un court instant de réflexion. Sois prudent surtout, on se retrouve tout à l'heure. »
Le jeune homme acquiesça et regarda Ladybug avancer dans le couloir, son yoyo à la main. Elle se retourna une seconde pour lui adresser un petit sourire avant de s'avancer dans le corridor où se tenait encore l'armée de Jackady.
-« Youhou les affreux ! C'est moi que vous cherchez ? nargua-t-elle, les mains sur les hanches. Je suis là maintenant ! »
-« Ah… Te voilà enfin, tu as fait attendre ton audience tu sais, Papillon était impatient de te voir ! Mais maintenant que tu es là, nous allons enfin pouvoir passer aux réjouissances ! ricana-t-il en déployant ses cartes. Jackady a dit « donne-moi tes boucles d'oreilles » ! » cria-t-il en lançant ses cartes dans sa direction.
Le corps tendu, Ladybug fit tournoyer son arme devant elle pour repousser la salve avant de se mettre à rire.
-« Tu ne pourras jamais rien contre moi comme ça ! »
-« Peut-être, mais vois-tu, je ne suis pas seul, reprit Jackady avec un sourire carnassier. Jackady a dit « capturez la coccinelle » ! » déclara-t-il en lançant de nouvelles cartes vers ses envoûtés.
Dès qu'ils furent touchés, ses soldats firent volte-face pour se précipiter vers Ladybug qui ne put s'empêcher de sourire discrètement : Jackady était tombé dans le piège. Elle n'avait plus qu'à emmener ces gens suffisamment loin pour laisser le champ libre à Chat Noir.
Avec une pirouette arrière, elle s'empressa de s'éloigner, courant dans la direction opposée à son partenaire, des dizaines et des dizaines de personnes hurlant derrière elle en tentant de la rattraper.
Le cœur serré, Chat Noir entendit sa partenaire et ses poursuivants s'éloigner avant d'entrer en jeu à son tour. Tout comme sa coéquipière, il remonta le couloir pour se trouver à son tour face à Jackady. Mais contrairement à Ladybug, ce dernier couru directement vers son ennemi, armant son arme, le corps tendu. Jackady le vit arriver mais trop tard, car il n'eut pas le temps de dégainer ses cartes. Chat Noir lui décocha un coup dans la mâchoire qui le fit chuter en arrière, lui faisant échapper son paquet de cartes.
Cependant, avant que Chat Noir n'ait pu le récupérer, Jackady ramassa une de ses cartes pour l'envoyer vers son garde du corps provisoire qui se tenait non loin de lui.
-« Jackady a dit « arrête-le » ! » cria le vilain à son envoûté.
Aussitôt l'homme fit volte-face pour tenter d'attraper Chat Noir qui fit un bond sur le côté pour lui échapper. Jackady en profita pour se redresser et ramasser son paquet de cartes tandis que le gorille continuait de tenter d'attraper le héros de Paris de ses grosses mains.
Plusieurs fois, il manqua de peu de lui attraper le bras ou la cheville et le jeune homme savait que s'il parvenait à se saisir de lui, les conséquences ne seraient pas agréables, voire même très dangereuses. Alors il esquivait, sautait, bondissait en dehors de son champ d'attaque en essayant désespérément de la contourner pour atteindre Jackady qui continuait de ramasser ses cartes.
Mais bientôt, toutes furent de retour dans le paquet que Jackady remit en forme avec un sourire satisfait avant de se tourner vers les deux combattants avec un sourire malsain.
-« Je n'ai pas de temps à perdre avec toi. Une petite coccinelle vient de s'échapper avec mon armée et j'ai absolument besoin de ses boucles d'oreille avant de la réduire en charpie. Mais je vais m'assurer de ton sort avant de partir. » ricana l'akumatisé en pinçant une carte entre son index et son majeur droit.
En entendant cela, le sang de Chat Noir ne fit qu'un tour. S'il voulait s'en prendre à Ladybug, il allait être surpris. Les épreuves qu'ils venaient de traverser les avaient rendus plus forts et jamais encore leur équipe n'avait été aussi soudée. Il était là pour elle comme elle était là pour lui.
Et jamais il ne permettrait à qui que ce soit de lui faire du mal. En arquant davantage son corps, il regarda Jackady lancer sa carte vers l'homme qui avait été chargé de sa sécurité sous sa forme civile avant qu'il ne reprenne la parole.
-« Jackady a dit « débarrasse-moi de lui et ramène moi sa bague » ! »
Aussitôt, l'homme se rua une nouvelle fois sur Chat Noir, mais beaucoup plus férocement. Il ne cherchait plus simplement à l'attraper pour le neutraliser mais à le briser. Il pouvait le voir dans ses yeux : il lisait de la violence, l'envie de le voir disparaître, de l'écraser de sa grande puissance. Et malgré le fait que Chat Noir était protégé par la puissance magique de Plagg, il ne put s'empêcher de déglutir difficilement à cause de la frayeur.
Il n'avait encore jamais eu peur d'un simple civil dans sa forme héroïque, mais il se doutait qu'il fallait un début à tout. Alors que me gorille tentait de lui donner un coup, son poing termina dans le mur en contreplaqué qu'il traversa sans broncher. Chat Noir écarquilla les yeux en le voyant retirer son bras du trou qu'il venait de faire sans aucune expression. Du coin de l'œil, il vit Jackady s'éloigner en lui faisant un petit signe de main.
-« À plus tard ! ricana l'akumatisé. Et surtout veille bien à me ramener sa bague ! Pour le reste, tu peux bien faire ce que tu veux de lui. Moi je vais m'occuper de la petite coccinelle. »
Chat Noir enragea de nouveau et voulu passer outre son ex-garde du corps mais celui-ci fut plus vif et manqua de peu de l'attraper par la nuque, prise que le héros évita à une seconde près. La respiration lourde, le jeune homme fut contraint de faire volte-face : ce couloir était trop étroit pour tenter de passer outre. Il devait ramener le gorille dans un endroit plus large où il pourrait lui tourner autour.
Sourcils froncés, Chat Noir se mit à courir dans l'autre sens pour tenter d'emmener son adversaire vers la sortie de scène en décrochant son bâton pour le porter à côté de sa bouche. Il attendit quelques instants avant que la voix de sa coéquipière ne lui parvienne enfin.
-« Chat Noir ? répondit-elle, aussi essoufflée que lui. Est-ce que ça va ? Il faut qu- »
-« Ma lady, écoute, Jackady a lancé son gros bourrin à ma suite et il revient vers toi ! Il a l'air déterminé à nous faire faire un mauvais pas, alors sois prudente. »
-« Toi aussi chaton, s'il te plait fait attention à toi. »
-« Ne t'inquiète pas, on se retrouve tout à l'he- »
Mais le jeune homme ne finit pas sa phrase, chutant en avant, arrêté net dans sa course par quelque chose qui venait de lui entraver les jambes. Il heurta le sol violemment, le choc lui coupant le souffle, son bâton partant rouler un peu plus loin dans le couloir. Le jeune homme tourna les yeux pour se rendre compte que le gorille lui avait lancé ce qu'il semblait être un amas de fils électriques, entremêlés les uns avec les autres dans lequel étaient désormais pris ses pieds. Privé de son arme, le garçon tenta de se défaire de ces attaches qui l'empêchaient de reprendre sa course. Mais alors que le héros avait réussi à dégager ses chevilles, il se sentit soulever par une main qui venait de l'attraper par le col de son costume. La respiration coupée, Chat Noir regarda le gorille qui avait un air meurtrier dans les yeux, visiblement décidé à frapper.
Le héros regarda à droite et à gauche, tentant de trouver un moyen d'y échapper mais il dût rapidement se rendre à l'évidence : il était seul face au colosse et sans aucun moyen d'éviter ses coups pour le moment. Il tenta de se dégager une nouvelle fois avant de pousser un soupir. Il regarda l'homme droit dans les yeux avant de froncer les sourcils.
-« Bon, allez vas-y, on va pas y passer la journée ! protesta le héros. Qu'est-ce que tu attends ? À moins que tu aies pe- »
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Le géant venait de lui administrer un coup de poing directement dans les côtes qui l'avait propulsé à l'autre bout du couloir, marquant le mur de son dos avant de retomber au sol. Tremblant, se soutenant sur ses avant-bras, Chat Noir regarda son ancien garde du corps approcher, les poings serrés.
Avec un petit rire, le héros se releva, récupérant au passage son bâton qui n'était qu'à un pas de lui en le faisant tourner entre ses doigts.
-« Tu sais quoi ? Finalement c'est bien qu'on se retrouve tous les deux face à face, déclara-t-il alors que le colosse s'arrêtait non loin de lui. J'ai un petit compte à régler avec toi. On va s'expliquer d'homme à homme. »
Pour toute réponse, l'ex garde du corps sur contenta de montrer les dents en grognant avant de foncer une nouvelle fois vers le jeune homme qui avait arqué son corps, prêt à esquiver.
En entendant la communication avec son coéquipier se couper brutalement, Ladybug sentit la pression monter d'un coup.
« Je n'aurais jamais dû le laisser seul face à ce type ! S'il est en difficulté, je dois aller l'aider ! » pensa-t-elle en essayant de trouver un moyen de faire demi-tour. Mais le son des pas de la foule d'envoûtés derrière elle se rapprochait dangereusement. Et très vite, l'héroïne se retrouva à nouveau dehors. Elle regarda autour d'elle. Le parvis s'était vidé et toutes les personnes présentes quelques temps auparavant s'étaient heureusement dispersées, comme elle leur avait demandé. Mais un mouvement sur sa droite la fit sursauter en écarquillant les yeux.
-« David ! cria-t-elle. Qu'est-ce que t- »
Mais l'héroïne s'arrêta net en posant sa main sur sa bouche en se rendant compte de ce qu'elle venait de faire. Ce n'était pas la première fois que Ladybug laissait échapper le nom de l'un de ses proches mais elle ne l'avait jamais fait aussi clairement, car si toutes les autres fois, elle aurait pu se reprendre, il était ici impossible que David ne l'ait pas entendue crier.
-« Ladybug… ? murmura le jeune homme en la regardant d'un air surpris. C-Comment vous… ? »
-« C-C'est ton compagnon qui m'a demandé de te rechercher, répondit aussitôt l'héroïne en essayant de paraître naturelle. Il était très inquiet et sa description était si précise que… Eh bien j'ai tout de suite su que c'était toi ! » déclara-t-elle avec un sourire serré.
Le cœur de l'adolescente battait fort dans sa poitrine. Elle était proche de la catastrophe, elle le savait. Si David venait à faire le rapprochement entre son enthousiasme et son faux pas, tout était perdu.
Mais à son grand soulagement, Elle vit David esquisser un sourire, le rouge aux joues.
-« Priam… Il doit être très inquiet pour moi… Vous savez où il est ? »
-« Euh… Il est parti se cacher avec les autres, mentit Ladybug en posant sa main sur son épaule. Tu devrais faire pareil et vite, avant qu- »
Soudain, un craquement dans leur dos les fit sursauter. La foule d'envoûtés contrôlée par Jackady venait de faire tomber les portes en verre de l'entrée du studio qui avaient volées en éclat en rencontrant le sol. Hommes et femmes progressaient ainsi rapidement vers eux en faisant craquer les débris sous leurs pieds.
-« Ne reste pas là, tu risques de te faire toucher à ton tour. Va te cacher, je m'en occupe. » déclara l'héroïne en faisant tournoyer son yoyo à côté d'elle après l'avoir décroché de sa hanche.
Sans demander son reste, le jeune homme s'éloigna en courant tandis que l'adolescente s'avançait pour faire face à la foule. Elle en repoussa plusieurs qui s'approchait trop proche d'elle à son goût avant de se propulser sur le porche de l'entrée des studios. La jeune fille regarda vers là où David avait pris la fuite. Elle s'en voulait de lui avoir menti mais elle n'aurait pas supporté de le voir rentrer une nouvelle fois dans le bâtiment comme l'avait fait Priam avant lui. La jeune fille se mordit la lèvre de culpabilité en se rendant compte qu'elle n'avait d'ailleurs pas tenu sa promesse de retrouver son ami avant qu'il ne se fasse piéger par Jackady.
Des cris au-dessous d'elle la ramenèrent à la réalité. Les envoutés avaient commencé d'escalader la façade pour l'atteindre. Ladybug prit une profonde inspiration en continuant de faire tournoyer son yoyo : elle ne pouvait pas prendre le risque de se faire attraper tant que Chat Noir n'était pas revenu. Elle était d'ailleurs inquiète de ne pas encore l'avoir vu revenir. Était-il lui aussi en danger ? L'ex garde du corps de Félix était-il finalement parvenu à bout de lui ?
Son cœur se serra à cette pensée, autant en imaginant Chat Noir vaincu par ce colosse qu'en repensant à Félix, qui devait se trouver dans la foule qui s'agitait à ses pieds. Elle n'avait rien pu faire pour les protéger et elle s'en voulait énormément pour cela, elle se sentait encore plus coupable qu'avant.
-« Voilà notre petit insecte préféré ! ricana Jackady qui venait à son tour d'arriver sur le parvis. On pourra dire que tu nous auras fait courir hein ? Mais c'est terminé maintenant. Pendant que mon gorille finit de massacrer ton chat de gouttière, nous allons tranquillement récupérer tes boucles d'oreilles et alors le projet de Papillon sera complet et je po- »
Le coup de yoyo qui venait de le cueillir à la mâchoire l'arrêta aussitôt. Interdit, le vilain se massa quelques secondes le bas du visage avant de lancer à l'héroïne un regard noir.
-« Arrête de raconter ta vie et bats-toi ! » clama Ladybug avec un sourire satisfait.
-« Ah tu veux la jouer comme ça… Jackady a dit « grimpez et attrapez-la moi » ! cria l'akumatisé en lançant une nouvelle salve de cartes vers la foule. Montez les uns sur les autres, tombez, brisez-vous les os, ça m'est bien égal après tout, mais capturez-moi cette petite peste ! » ordonna le vilain en pointant son index vers l'héroïne.
Aussitôt, les envoûtés commencèrent à former des échelles humaines, se montant les uns sur les autres à une vitesse assez impressionnante. En les voyant faire, Ladybug eut un frisson. Ses adversaires n'allaient pas tarder à arriver et si elle ne voulait pas avoir à fuir le studio pour ne pas risquer de laisser Chat Noir seul au cas où il aurait besoin d'elle, elle allait devoir trouver une solution.
Et vite.
En reculant toujours plus dans le couloir, Chat Noir esquivait de plus en plus difficilement les coups de son assaillant. L'homme ne semblait pas fatiguer mais plus le temps passait et plus le jeune héros se sentait épuisé. Sans pouvoir expliquer pourquoi, il se sentait plus faible que d'habitude, il lui semblait reprendre son souffle moins vite, d'être moins vif, d'avoir moins de réflexes, ce qui était évidemment re-q dangereux dans une situation comme celle-ci.
Bientôt, les deux adversaires revinrent au niveau des ascenseurs, ces mêmes ascenseurs qu'eux, David, Andréa et Bridgette avaient empruntés quelques temps plus tôt pour rejoindre les loges et leurs amis. Le jeune homme connaissait cet endroit et une ébauche de plan commençait à lui venir en tête. Si jusque-là le terrain avait été à son désavantage, l'empêchant d'échapper à son ex garde du corps, de lui tourner autour ou même d'essayer de le feinter pour le surprendre, maintenant il avait une chance de le mettre hors d'état de nuire : s'il parvenait à le projeter dans l'une des cages d'ascenseur, son Cataclysme parviendrait à l'endommager suffisamment pour empêcher le colosse de revenir à la charge.
Les poings serrés sur son bâton, Chat Noir se précipita vers les panneaux de contrôle pour faire ouvrir toutes les portes des ascenseurs en même temps. Le voyant faire, l'homme fronça les sourcils avant de montrer à nouveau les dents.
-« Un petit tour en ascenseur ça te dit ? nargua Chat Noir avec un sourire. Comme ça tu pourras te reposer et moi je pourrais aller arrêter l'affreux avec Ladybug. »
Le colosse ne répondit pas, se contenta de foncer une nouvelle fois vers lui pour tenter de l'attraper. Mais le héros esquiva souplement le coup avant de frapper son adversaire dans le dos avec son bâton. Ce dernier se retrouva déséquilibré mais était encore trop loin des cages d'ascenseur pour permettre au héros de le faire tomber dedans. L'homme essaya plusieurs fois de lui arracher son arme et, après un saut en arrière, Chat Noir lui adressa un petit sourire satisfait.
-« Oh là, doucement ! Je sais que tu voudrais avoir le même, mais essaye quand même de jouer gentiment ! Tu ne pourras jamais me le prendre de toute façon. » déclara le jeune homme en faisant tournoyer son arme entre ses doigts.
Pour toute réponse, l'homme se contenta d'attraper sur le mur un tuyau qui servait aux raccords de chauffage et l'arracha d'un coup sec, faisant se répandre au sol une flaque d'eau bouillante qui ne cessait de grandir de secondes en secondes. Le gorille fit tourner le tuyau entre ses doigts, pointant dans la direction du héros le bout le plus écharpé, formant une véritable pointe de lance très saillante.
-« Ah… Ça tu peux par contre. » soupira Chat Noir avec une mine agacée.
Sans attendre une autre réaction, le colosse fit une fente en avant, pointant le morceau de tuyau vers Chat Noir qui parvint à esquiver juste à temps. Le héros repoussa l'arme de son adversaire de son bâton avant de faire un saut en arrière.
Son ennemi était particulièrement puissant et il savait que, même avec la protection magique que lui offrait son costume, un coup de cette arme de fortune pourrait faire très mal. Il était d'ailleurs très étonné que son ex garde du corps ait pu attraper ce tuyau sans se brûler la main tant l'eau qui s'en était échappé était chaude, mais il mettait cela sur le compte de son envoûtement.
L'homme continuait de donner de grands coups devant lui faisant reculer Chat Noir et s'éloignant du même coup de la cage d'ascenseur dans laquelle ce dernier voulait initialement l'enfermer. Et plus il s'en éloignait, plus le héros voyait ses chances de lui échapper s'envoler.
« Je ne peux pas le laisser faire. Si on s'éloigne trop de l'ascenseur, je ne pourrais plus m'en débarrasser, et Ladybug va se retrouver seule. Je ne peux pas laisser faire ça. » pensa-t-il en fléchissant son corps.
En inspirant à fond, il déplia son bâton pour repousser son ennemi de loin, l'empêchant de l'atteindre avec le tuyau. Il réussit à le faire reculer sur plusieurs mètres mais l'homme se ressaisit assez rapidement, l'empêchant de continuer sa progression. Mais la réussite de ce dernier mouvement et le fait qu'ils étaient de retour près des ascenseurs revigora le héros.
Avec un ultime effort, il plaça son bâton derrière les chevilles de l'homme avant de le pousser au niveau du thorax pour tenter de le faire tomber en arrière. Mais le gorille, dans un mouvement en miroir du sien, fit une nouvelle fente en avant que Chat Noir ne pût cette fois pas éviter.
Le bout du tuyau lui transperça le flanc du côté droit, déchirant son costume et écorchant profondément sa peau dans une giclée rouge qui tâcha le sol, avant de tomber à son tour quand l'ex garde du corps le lâcha malgré lui. La douleur ne l'arrêta pas et Chat Noir parvint enfin à faire tomber l'homme dans la cage d'ascenseur. Sans perdre un instant, le héros leva sa main droite, non sans douleur.
« Cataclysme ! »
Son gant s'écrasa sur le panneau de contrôle et aussitôt, il put voir la cage d'ascenseur chuter dans le puit d'ascension, entraînant le gorille dans sa descente forcée dans un crissement métallique sourd. Essoufflé, le garçon garda la position quelques instants, sentant la douleur de sa blessure irradier son corps. Il osa, au bout de quelques secondes, baisser les yeux pour se rendre compte lui-même des dégâts : une large déchirure sanguinolente ornait son ventre jusqu'au côté droit de ses hanches, son sang dégoulinant sur le reste de son costume.
Les larmes aux yeux, Chat Noir prit une profonde inspiration avant de commencer à remonter le couloir, les « bip » de sa bague commençant à se faire entendre de plus en plus fréquemment. Plagg allait devoir reprendre des forces et sa meilleure solution était de rejoindre la salle de restauration des employés devant laquelle il était passé quelques temps plus tôt.
En boîtant, soutenu par le mur sur lequel il laissait de grandes traces pourpres, le garçon avançait péniblement, retenant des larmes de douleur qui menaçaient de couler à chaque instant. Dans son mal, le jeune homme peinait à rassembler ses idées.
Comment une chose pareille avait-elle pu se produire ? Plagg lui avait assuré que son costume lui offrait force et protection, alors comment une arme aussi ridicule avait-elle pu le blesser de la sorte ? Y'avait-il un rapport avec la faiblesse que le jeune homme ressentait depuis le débur combat ? Y'avait-il un problème avec Plagg ? Son kwami s'était plusieurs fois plein de sa fatigue ses derniers temps, devait-il y trouver un rapport ?
Toujours était-il que s'il avait réussi à se débarrasser de son adversaire, il n'en ressortait pas indemne et grandement handicapé pour la suite du combat qui les opposait, Ladybug et lui, à Jackady.
Enfin, après plusieurs minutes de marche, s'arrêtant parfois pour souffler ou pour essuyer ses yeux embués de larmes, il arriva à la salle de restauration des employés. Le héros était soulagé de n'avoir croisé personne dans les couloirs qui aurait pu l'empêcher de se détransformer tranquillement sans risquer d'être remarqué. Il vérifia que la salle était bien vide avant de se diriger dans un recoin de la pièce, près d'un buffet qui avait été arrangé là, se laissant glisser contre le mur, la main appuyée sur sa blessure.
Il n'ignorait pas que la douleur qu'il ressentait à cet instant allait être démultipliée en perdant son costume mais il n'avait pas le choix : Il avait utilisé son Cataclysme, Plagg allait devoir reprendre des forces s'il voulait poursuivre sa mission.
Chat Noir resta quelques secondes immobile, respirant chaotiquement avant de prendre une nouvelle inspiration.
-« Détransformation ». demanda-t-il à contre cœur, les dents serrées.
La douleur qui traversa alors son corps fut si aigüe que Félix dût se mordre la lèvre pour ne pas crier, laissant ses larmes inonder son visage tandis que Plagg venait virevolter devant lui. Le sol tangua dangereusement et le jeune homme crut pendant un instant perdre connaissance, la nausée le saisissant au ventre. Il pouvait voir sa chemise et sa veste, intactes, se gorger peu à peu de son sang par la blessure qui se cachait en-dessous.
-« Ça va aller petit, respire, murmura Plagg d'une voix faible en venant se lover contre sa joue. Il n'y a que nous ici, laisse venir. » continua-t-il en voyant que son porteur se contenait du mieux qu'il le pouvait.
Incapable de prononcer le moindre mot tant le mal qui irradiait son corps le faisait souffrir, Félix laissa finalement échapper un long gémissement plaintif en éclatant en sanglots, les mains plaquées sur son flanc.
... Oups ? Et non je ne vais pas m'excuser pour ce nouveau cliffhanger :P J'espère que ce chapitre vous a plu, c'était assez drôle d'imaginer des scènes croisées comme celles-ci (Félix croise Ladybug, puis les héros se retrouvent, se séparent et combattent chacun de leurs côtés, etc...). Dites-moi ce que vous en pensez en tout cas !
Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite de cet arc, restez connectés...
