Clara était enfermée dans une grande pièce sombre mais sans meubles ni fenêtres, dans un bâtiment au cœur de la ville. Le maître l'y avait enfermée après le départ du docteur. Elle y était restée de longues heures avant qu'enfin la porte s'ouvre.

Le Maître entra dans la pièce et regarda Clara d'un air dédaigneux.

-Je n'ai jamais compris pourquoi le docteur s'entoure d'humains de votre genre. Comment vous a-t-il sélectionné cette fois?

-Une histoire bizarre qui a commencé avec une femme dans un magasin qui m'a donné son numéro...

-Sans intérêt, coupa le Maître. Ce n'était qu'une question rhétorique.

-Qu'est-ce que vous me voulez, demanda Clara?

-Je suis curieux au sujet des jouets de mon vieux pote.

-Vous parlez du docteur? Je croyais que vous étiez ennemis.

-Nous ne l'avons pas toujours été. J'imagine que vous croyez qu'il est votre ami.

-Je le considère comme mon meilleur ami.

-Et lui, il vous considère comme quoi?

-Nous sommes amis, insista-t-elle.

-Et vous le connaissez bien?

-Très bien!

-Alors quel est son nom?

Clara hésita un moment, mais devant le regard triomphant du Maître, elle se reprit très vite et répondit sur un ton de défie.

-Bien sûr qu'il a un autre nom, un nom qu'il ne dit à personne, un nom qui appartient à son passé. Mais aujourd'hui, son nom, son seul nom, son vrai nom, c'est le docteur.

Le Maître se mit à rire, puis reprit très vite son sérieux.

-Bien dit, reprit-il. Après tout, vous ne me semblez pas trop idiote. Le docteur s'améliore dans ses choix de compagnes, à moins que ça soit la femme dans le magasin qui aie fait le choix à sa place, ajouta-t-il, songeur.

Un homme, habillé en noir, le visage zébré d'un étrange tatouage bleu, entra précipitamment dans la cellule.

-Monsieur, il y a de l'évolution.

-Très bien, j'arrive, reprit le maître. De toute façon, j'en avais terminé.

Sans un aurevoir, il quitta la pièce et referma la lourde porte sur Clara. Elle se demanda si cette "évolution" n'était pas en fait, le docteur qui venait la chercher.

Elle alla s'assoir sur le plancher, puisqu'il n'y avait aucun meuble et réfléchit à sa situation. Le docteur avait quelques heures pour trouver Sazar et la tirer de là. Bien sûr, avec son Tardis, il avait tout le temps qu'il lui fallait. C'est surement pour ça que le Maître n'avait pas donné un délai plus important. Le délai n'avait pas d'importance, ce qui veut dire que tout pouvait arriver dans les prochaines heures. Elle n'allait pas mourir. Mais la question était : comment allait-il la sortir de là?

Après un moment, la porte s'ouvrit devant deux gardes qui tenaient une troisième personne qu'elle ne pouvait pas voir dans la pénombre. Ils la jetèrent dans la cellule sans ménagement et refermèrent la porte.

Clara s'approcha lentement de la personne qui était toujours sur le sol.

-Ça va, demanda-t-elle?

La nouvelle venue se redressa rapidement et Clara la reconnut.

-Yaz! Le doc...

-Chut! Ne dites pas son nom, il ne doit pas savoir qu'elle est là.

Elle comprit que la version future du docteur se trouvait aussi dans les environs. Elles étaient venues pour la libérer.

-Alors, reprit l'enseignante. Quel est le plan?