Le Docteur marchait dans le désert seul avec une caisse sous la lumière intense des deux étoiles. Il arrêta au lieu de rendez-vous, déposa la caisse, s'installa sur une grosse pierre et attendit. Au bout d'un moment, il aperçut la traînée de poussière annonçant le retour des motos.
Il attendit patiemment l'arrivé du Maître et de ses hommes de mains. Il se releva quand il entendit les motos.
Le maître arriva à la tête du groupe, il fut le premier à descendre de sa moto et à aller vers le docteur. Très vite, il fut entouré de ses hommes. L'un d'eux s'empara de la caisse.
-Attention, s'écria le docteur! C'est un être vivant.
Sans répondre au docteur, il marcha vers le maître et lui tendit la caisse. Le maître ouvrit le couvercle, le referma et il se tourna vers le docteur.
-C'est une plaisanterie! Où est-il?
-En sécurité, tout comme Clara qui devrait être sortie de cellule à l'instant où on se parle.
-Ça j'en doute. J'ai tout de suite compris ton stratagème quand tu as envoyé cette femme se faire capturer, sûrement une de tes nouvelles compagnes humaines. Tu ne crois tout de même pas que j'allais l'enfermer avec un tournevis sonique dans les poches.
-Bon, admit le onzième, ça c'était le plan A, mais il y a toujours le plan B.
-Quel plan B?
-Un transpondeur implanté dans sa main pour que le Tardis puisse se matérialiser à l'intérieur de la cellule.
-J'ai aussi pensé à ça, railla le maître, j'ai mis un piège trans-temporel dans la cellule si le Tardis se matérialise, il ne pourra pas redécoller. Mais comment peux-tu être ici, si tu es coincé là-bas avec le Tardis.
-Ça, c'est le plan C, reprit le onzième docteur.
Le maître soupira.
-Quoi encore!
À ce moment précis le Tardis se matérialisa au milieu du groupe.
-Il me fallait juste un deuxième Tardis pour traquer le Tardis hors de là en élargissant son champ métaphasique.
-Comment as-tu fait ça, s'inquiéta le maître?
La porte du Tardis s'ouvrit devant le treizième Docteur, accompagnée de Léopold et de Camille. Camille portait le casque de concentration. Le Maître s'approcha et fixa le treizième docteur, étonné.
-Tu ne peux pas avoir fait ça! De nous deux, c'est toi qui as des règles. Et même moi, je n'oserais pas!
-Salut, dit la treizième Docteur en agitant la main, ça faisait un bail... du moins sous cette apparence.
Le Maître se ressaisit.
-Tuez-les!
Les hommes de mains du Maître levèrent leurs armes, mais les deux docteurs firent surchauffer les armes avec leur tournevis sonique. Le maître chercha à sortir son tournevis Laser. Mais le onzième Docteur le sortit de sa poche en souriant.
-Comment?
Sazar se matérialisa au-dessus du docteur.
-Grâce au plan D. Tu oublies que quand on est fait de lumière et qu'on peut passer de l'état solide à l'état vaporeux, il est possible aussi de devenir transparent. Tu te choquais de ne pas voir Sazar dans la boîte. Pourtant, il était bien là!
Le Maître se tourna vers ses hommes de mains.
-Emparez-vous d'eux, ordonna-t-il!
-Maintenant le spectacle peut commencer, dit la treizième Docteur en pointant son tournevis sonique vers le casque de Camille.
Sous l'effet de l'attaque télépathique, les hommes de mains du maître figèrent, tout-à-coup incapable du moindre acte de violence. Ce qui donna le temps au docteur et à Sazar de rejoindre le Tardis et d'y entrer. La treizième Docteur se tourna vers le Maître.
-À la prochaine, dit-elle en souriant. Et en passant, pendant que tes motos fonçaient ici, nous avons trouvé l'appareil qui te permettait de contrôler les statues et nous l'avons détruit. Et ça, c'était le plan E!
Et elle entra dans le Tardis avec Camille. Le Tardis se dématérialisa sous le regard choqué du Maître.
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Dans le Tardis, le treizième Docteur opérait les commandes pendant que le onzième Docteur les étudiait. De temps à autre, il tentait de toucher un levier, mais le treizième Docteur le ramenait rapidement à l'ordre d'une tape amicale sur la main.
-Qui a eu l'idée de mettre le thermorégulateur au côté du démesureur de temps, s'indigna-t-il?
-Je sais, c'est incongru. Le Tardis est dans sa période rebelle. Prends un biscuit, ajouta la treizième en pointant le distributeur, moi ça m'a aidé à l'accepter.
Puis, les secousses cessèrent. Le Tardis avait atterrit.
-Ton Tardis est juste là dehors, ajouta-t-elle.
-Je vais recommencer ma tournée des divinités, se décida le docteur. Maintenant qu'elles ne sont plus sous l'emprise du Maître, je devrais pouvoir les libérer.
-Je vais ramener Camille et Léopold sur Koltomak, poursuivit la treizième. Ils ont un peuple à sauver.
-Maintenant je sais pourquoi nos Tardis nous ont réunis, reprit le onzième. Le Maître devait être arrêté maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Avec une horde de statues télépathes sous son contrôle, qui sait jusqu'où il serait allé avant que je ne le remarque?
-Le Maître est toujours aussi dangereux, il peut toujours reconstruire la machine.
-C'est pour ça que je dois aller libérer les statues. Sans elles, son plan tombe à l'eau et sans Sazar, il ne peut pas en recréer d'autre.
-Il pourrait retrouver la planète de Sazar et le capturer à nouveau.
-Il pourrait le faire, mais il risque de se heurter à Karaz.
-Qui?
-Disons donc que sur son monde, Sazar est bien protégé. Ça m'amène à me demander si Kourok a fait l'erreur de se rendre sur sa planète. Karaz m'avait promis un châtiment exemplaire.
Il se dirigea vers la sortie, puis il hésita.
-Tu peux bien me le dire, dit-il, puisque je vais tout oublier. Ai-je sauvé Gallifrey pour rien?
-Pourquoi cette question?
-Je l'ai senti quand tu as parlé de Gallifrey à Kourok. Il y a quelque chose. Alors?
-Peut-être bien, dit-elle sombrement. C'est une situation différente de la guerre du temps. Peut-être qu'il y a des survivants cachés quelque part.
-Ou peut-être pas, rajouta le onzième en quittant le Tardis.
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Sur le monde glacial de Sazar, dans une plaine gelée, entourée d'une montagne dentelée, une nouvelle décoration était apparue. Il s'agissait d'un homme bleu, figé, tel une statue gelée, seul dans l'immensité. Tout près de lui, son vaisseau l'attendait, mais il ne pouvait l'atteindre. Il ne pouvait plus bouger, il ne pouvait qu'observer un monde qui se moquait de lui. Son esprit était toujours dirigé vers la montagne qu'il savait vivante. S'il pouvait en prendre un morceau et repartir. Cette idée tournait telle une obsession malsaine dans sa tête alors qu'il semblait ne pas réaliser que sa situation était intenable.
Un jour, il vit une cabine bleue se matérialiser tout près de son vaisseau. L'homme et la femme qui en sortirent lui semblèrent vaguement familiers. Il était certain de les avoir déjà rencontrés, par contre, il reconnut la forme sinueuse de leur compagnon : Sazar.
Un élan de haine l'amena à se détourner de sa première obsession. Il voulait aller vers eux, mais il en était incapable. Plus, il le voulait et plus il était en colère. Puis, une idée inusitée frappa son esprit. Ces gens étaient responsables de sa situation. Il les détesta encore plus.
Sazar s'éleva dans les airs et se volatilisa subitement dans un éclat de lumière. Ensuite, le nouveau venu se dirigea vers lui et l'examina pendant un bon moment. Puis, il se tourna vers la montagne.
-Karaz, dit-il, j'apprécie que tu ne l'aies pas tué, mais je ne peux pas dire que j'approuve. As-tu l'intention de le garder longtemps comme ça?
-Non, répondit une voix très grave venue de loin. Sa vue blesse mon regard. Mais, il faut que je le garde assez longtemps. Je veux être sûr qu'il ne vienne plus importuner mon monde.
-C'est plus sage, dit le docteur. Selon mon expérience avec ce genre d'individu, je dirais que maintenant n'est pas le bon moment. Il doit être en colère et il cherchera à se venger.
-Combien de temps, alors, reprit la voix?
-Pour qu'il décolère et désespère, aux moins deux siècles, trois pour être sûr, mais son vaisseau va se délabrer et il ne pourra plus repartir. Par contre, sa radio sera encore bonne après 200 ans. Il pourra appeler de l'aide pour quitter ce monde.
-Alors deux siècles, reprit la voix. Merci docteur.
Kourok s'insurgea. Il ne pouvait pas rester deux siècles ainsi. L'idée même lui était insupportable. Son obsession changea de direction et toute sa colère se dirigea vers l'individu que la voix appelait docteur.
Quand il sortirait de là, il trouverait le docteur et il se vengerait.
