Voila un OS déjà écrit il y a plus d'un an, j'espère qu'il vous plaira. Naomi étant mon OC qui apparaît dans ma fic La Force de Nos Choix (prochainement publié).

Au Mess, 19h. Base de Cheyenne Moutain...

Jack jouait avec sa nourriture. Un petit pois par ci, de la viande par là... Et un bonhomme apparut dans l'assiette du Colonel alors qu'il soupirait, la tête appuyé sur sa main gauche.

-Vous n'en voulez plus O'Neill ? Demanda Teal'c en avalant la dernière bouchée de sa propre assiette.

-Teal'c... Comment faites vous pour manger autant ? Questionna O'Neill en levant les yeux.

Le Jaffa haussa un sourcil en reposant ses couverts.

-Quelque chose vous tracasse, O'Neill.

O'Neill lui jeta un regard noir.

-Cela se voit tant que ça ? Marmonna-t-il, non content d'être mis à nu.

-En effet. Vous semblez songeur. Y aurait-il un problème ? Fit-il en ignorant le marmonnement.

O'Neill lâcha ses couverts et prit sa tête entre ses mains. Il frotta ses yeux.

-Oui ! Enfin non ! Et puis je n'en sais rien !

Le Colonel enleva ses mains et la fatigue déjà apparente depuis plusieurs semaines à cause de leurs missions répétées, se peignait sur son visage. Cette fatigue était accentuée par les rides et les cheveux grisonnants en plus d'une touche de blanc à certains endroits.

La réponse de son ami ne persuada pas Teal'c. Celui ci était convaincu que quelque chose tourmentait O'Neill.

Depuis le début du repas, O'Neil jouait avec le contenu de son assiette et ne prononçait aucun mot. Pourtant, d'habitude il était extrêmement bavard et difficile à arrêter lorsqu'il commençait ses blagues. Aujourd'hui, l'humeur du Colonel était au plus noir. Certes, ils n'étaient que deux à table et presque seuls au mess mais rien ne valait ce silence absolu. Surtout venant de la part d'un grand bavard tel que lui.

Teal'c examina attentivement l'homme en lequel il avait le plus confiance.

O'Neill jetait des coups d'oeil fébriles à la chaise gauche, vide en ce jour. Une personne manquait à cette table. Il ne s'agissait pas de Daniel Jackson, l'archéologue était absent pour cause de "recherches très importantes sur un nouveau site de fouille, découvert un peu plus tôt par SG-3". Daniel retenu là-bas, refusait de revenir tant qu'il n'aurait pas percer le mystère entourant les ruines de P3X-450. Connaissant leur grand ami, Daniel reviendrait à la fin de la semaine pour reprendre le matériel qu'il n'avait pû emporter.

L'autre personne quand à elle était le Major Carter. Cette dernière bien que passionnée de ses "joujoux" scientifiques comme aimé les appeler O'Neill, n'était pas au SGC.

Alors pourquoi Samantha Carter n'était pas avec ses deux amis ?

-O'Neill vous pensez au Major Carter ? Tenta de savoir Teal'c.

Le Colonel tourna sa tête et réprimanda le Jaffa amusé, lui, par la réaction qu'il avait deviné depuis le début. À présent sûr de lui, il reprit:

-Est-ce à elle que vous pensez O'Neill ?

O'Neill soupira, fatigué de cette journée et de cette maudite fête de Saint-Valentin ! Et en plus, il devait être avec quelqu'un qui ne comprenait pas les coutumes terriennes ! Teal'c s'intéressait du mieux qu'il pouvait à la culture des habitants de la Terre tel que ce qu'ils aimaient regarder ou manger (surtout manger). Mais le Jaffa avait dû mal à comprendre certaines fêtes comme Noël ou Halloween. Il y a 2 ans, celui-ci avait confondu le jour de Noël avec la Saint-Nicolas, une petite journée que les terriens célèbrent en offrant du chocolat à leurs proches. D'ailleurs, le Jaffa s'était trompé car la Saint Nicolas n'est fêté que dans certains pays d'Europes et pas aux États-Unis.

Jack O'Neill garda ses piques cinglantes pour lui et réfléchit à une manière de contourner la question.

-Dîte moi,Teal'c. Savez-vous ce qu'est la Saint-Valentin ?

-Il s'agit d'une fête que les Tau'ris pratiquent, répondit calmement le Jaffa, sans perdre de vue le regard déconfit d'O'Neill. Mais vous n'avez pas répondu à ma question.

"Merde. Il n'est pas prêt à lâcher l'affaire..." pensa O'Neill, déçu de son insistance.

-Peut-être bien que je pense au Major Carter.

-En ce jour de Saint-Valentin, cela est fort probable O'Neill.

Jack rapprocha son visage.

-Vous insinuez que j'ai des sentiments pour le Major Carter ?

Teal'c se détendit sur sa chaise et répondit gravement:

-En effet.

O'Neill ricana.

-Et pourquoi en ce jour particulier ?

-Car cette journée est importante pour vous les Tau'ris. C'est une fête où vous déclarez une fois de plus vos sentiments à celle ou celui que vous aimez. Elle consiste à offrir quelque chose à son partenaire pour lui témoigner son attachement, son appartenance et son amour pour lui ou elle, énonça le Jaffa devant un Colonel complètement surpris de cette petite explication. Surtout venant d'un Jaffa, réputé pour son mutisme. Son ami parlait rarement et ceci surpris Jack.

-Où avez-vous appris cela ? S'étonna Jack.

-Dans les films mais pas seulement. La plupart des membres de cette base en parle depuis plusieurs jours.

-Je vois. Mais je n'ai pas de sentiments pour le Major Carter.

-Je n'ai jamais insinué cela, O'Neill. Mais vous avez les mêmes symptômes qu'une autre personne.

-Vous voulez parler de Naomi ?

-Elle-même.

O'Neill ricana une nouvelle fois.

-Elle ? Amoureuse ? C'est impossible ! Elle est beaucoup trop dans son monde ! À toujours rêvasser ! Cette fille est incapable d'éprouver le moindre sentiment, mon pauvre Teal'c. Je suis sur qu'elle ne sait même pas s'y prendre avec les hommes !

Le visage du Jaffa se durcit en entendant les paroles blessantes et venimeuses adressées à la jeune recrue.

-Elle n'est peut-être pas attentive à tout, O'Neill mais elle a un grand potentiel. Et je peux vous assurez qu'elle ressent des sentiments et des émotions diverses au même titre que vous pour le Major Carter. C'est un être humain comme vous O'Neill, sensible et fragile.

-Ne me comparez pas à elle, Teal'c. Et ce qu'elle ressent, à supposer que cela soit réel, n'a rien à voir avec ce que j'éprouve pour Car-... avoua plus ou moins O'Neill avant de s'arrêter. Dîte moi, vous avez détourner la conversation pour avouer ce que je ressens ?

Le Jaffa se leva et cacha son triomphe.

-C'est vous O'Neill qui avez détourner la conversation. Je n'ai fais que poursuivre et répondre à vos questions. Vous avez avoué tout seul votre problème.

Il s'inclina.

-Je vous souhaite une agréable soirée, Colonel O'Neill.

O'Neill jeta ses petits pois sur le dos de Teal'c en criant:

-Vous m'avez contraint à répondre à votre question ! C'est vous qui m'avez titillé, Teal'c et ça je ne l'accepte pas !

Sourire aux lèvres, le Jaffa ne répondit pas et sortit, laissant le Colonel au mess, vide a présent hormis la femme de ménage, qui le regarder d'un oeil mauvais.

-Qu'est ce que vous avez à me regarder vous ? Faîtes votre ménage ! Lança sur le même ton O'Neill en sortant à son tour.

-Tssss...Enfantillages, marmonna la vieille en mouillant sa serpillère pour nettoyer les cochonneries qu'O'Neill avait jeté. Pas étonnant que personne ne veuille de lui...

Quartiers du Colonel O'Neill...

Assis sur son lit, O'Neill observa son reflet dans le petit miroir au dessus de son lit. Ses traits se creusaient de plus en plus avec le temps, le rendant plus vieux qu'il n'y paraissait malgré son excellente forme physique. Il appuya ses coudes sur le lit et s'allongea pour fixer le plafond de sa chambre.

"Vous avez avoué tout seul votre problème" avait dit Teal'c.

O'Neill ne cessait de repenser à ces paroles. Elles tournaient en boucles dans sa tête et l'image du Major Carter, qui ne le quitter jamais, s'imposait de plus en plus devant ses yeux. Il sourit en coin pendant que ses yeux se mettaient à briller. Il revoyait son doux sourire. Ses cheveux courts comme il aurait voulu y passer ses mains à cet instant précis ! Ses yeux bleus, transperçants mais remplit d'un éclat de determination qu'elle seule avait. Sa voix douce malgré ces paroles incompréhensibles quand elle expliquait ses théories scientifiques, lui manquait. Son parfum lui manquait cruellement. Tout lui manquait à commencer par sa présence. Dieu que les jours, les heures, les minutes et les secondes ralentissaient lorsqu'elle n'était pas là ! Comme si le temps était presque figé, incapable de fonctionner normalement quand elle était absente. Son coeur lui même se tordait de douleur à l'idée de la distance qui les séparait. Et pire, lorsqu'elle était là, devant ou à côté de lui entrain de parler ou de rire. Dans tout les cas, il detestait sa situation ou plutôt leur situation. Carter partageait réciproquement ses sentiments avec lui. Pourtant, aucuns ne devaient transparaître sous peine d'être conduit à la Cour Martial si quelqu'un apprenait leur amour. Un bien grand mot pour un "couple" qui n'en formait pas un sauf dans leur propre coin. Un mot cruel qui fait souffrir chaque parcelle de votre corps, de la pointe de vos cheveux jusqu'au ongles de vos orteils. Rien n'est épargné. Coeur et esprit ne forment plus que deux entités différentes, incapable de fusionner en l'absence de la moitié aimée. Et cette souffrance est toujours présente. Même lorsqu'elle est endormie. Elle s'accroche à vous comme les solides toiles d'araignée tissées dans les recoins obscurs d'une maison.

Et si par malheur on repense à l'être aimé comme en ce jour de Saint-Valentin, la souffrance ressurgit sous la forme d'une intense douleur qui vous vrille le coeur et pour certains, la tristesse s'invite à la fête.

O'Neill soupira et quelques larmes perlèrent au coin de ses yeux. Encore un jour de Saint-Valentin a passé sans avouer son amour pour Samantha Carter...

Note de l'auteure: Alors qu'avez-vous pensé de cet OS ?