Edit du 12/04/2020 : Première chose à dire : cette histoire est TERMINEE. Finished. Complète ! J'y croyais pas mais je l'ai fait !
Il se trouve que, étant enfermée, j'ai eu beaucoup de temps récemment. Et comment mieux l'utiliser, qu'en terminant cette histoire, à laquelle je pense depuis des années (nan mais vraiment des années quoi...). Les 11 chapitres sont donc déjà écrits, mais je ne voulais pas tout poster d'un coup, ça serait trop facile quand même ! Du coup, je posterai un chapitre tous les deux jours. Aujourd'hui, je mets seulement à jour les 2 premiers chapitres que j'ai modifié (bah ouais, ils dataient de 2013 quoi...)
Honnêtement, ça fait très longtemps que je ne lis plus de fanfics en français et encore plus longtemps que je ne suis pas venue sur ce site. De plus, cette fanfic est franchement différente de ce que j'ai pu poster par le passé. J'avoue, j'ai un peu le trac de poster ! Donc n'hésitez pas à laisser des commentaires (je vous répondrai, j'ai comme qui dirait un peu de temps libre...)
Allez ça suffit, place à l'histoire...
CHAPITRE 1
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Jour 1, 10H36
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-Dépêches toi Ron, tout le monde t'attend !
Ron grogna et termina rapidement sa valise. Il était certain d'avoir encore oublié quelques d'affaires mais il comptait sur sa mère pour les lui envoyer par hibou plus tard dans l'année.
-J'arrive, répondit-il en fermant la porte de sa chambre.
Jamais il n'aurait pensé retourner à Poudlard.
Pas après avoir quitté le château à la fin de la sixième année, pour se lancer avec Harry et Hermione dans une chasse aux Horcruxes désespérée.
Mais ils avaient gagné la guerre. Il avait mis une année de sa vie entre parenthèses.
Et maintenant, on lui demandait, ainsi qu'aux autres élèves, de revenir passer leur septième année à Poudlard.
McGonagall avait fait comme si l'année précédente n'avait pas existée. Elle avait envoyé à chaque famille un hibou expliquant que les élèves recommenceraient intégralement leur dernière année de cours. Les septièmes années devaient revenir pour la huitième fois et les premières années reprendraient tout du début, en compagnie des derniers enfants sorciers à avoir eu onze ans.
Comme si rien ne s'était passé.
Et comme si rien ne s'était effectivement passé, Ron Weasley fut pour la septième fois le dernier à arriver dans le salon, sa valise à la main.
-Ginny est déjà partie avec ton père, lui dit rapidement Molly. Harry et moi t'attendons depuis dix minutes.
-Il est là depuis hier soir et sa valise était déjà faite ! se défendit Ron.
Molly prit le pot de Poudre de Cheminette et le tendit aux deux garçons.
-Ou c'est juste que je suis beaucoup plus organisé que toi, sourit Harry en prenant une poignée de poudre.
Ron lui donna un coup de coude et prit à son tour de la poudre.
-Harry passe devant, commanda sa mère, on sera là dans quelques secondes.
Ron vit son meilleur ami disparaître dans un éclair de flammes vertes. Il savait que Harry était heureux de retourner à Poudlard une dernière année. Lui aussi avait cru devoir quitter le château définitivement et la lettre de McGonagall leur avait donné l'occasion d'y retourner.
Il avait hâte de retrouver Hermione. Elle avait passé tout son été avec ses parents et ils n'avaient pas eu le temps de beaucoup de voir depuis qu'ils s'étaient embrassés pendant la Bataille de Poudlard. Mais ils avaient passé leur temps à s'écrire des lettres et il n'attendait que de pouvoir la serrer dans ses bras.
Il traversa le système de cheminée avec un grand sourire.
Arrivés dans la salle cachée aux moldus de la gare de King's Cross, Molly les poussa rapidement vers la voix 9 ¾ .
Depuis sa deuxième année, Ron avait toujours un peu peur que le mur magique ne s'ouvre pas.
Il laissa Harry passer devant lui.
-On se retrouve de l'autre côté ! cria celui-ci en courant droit vers le mur.
Harry ressortit du côté sorcier, un sourire aux lèvres.
Le train sifflait, les enfants se retrouvaient en poussant des cris de joie et les parents regardaient d'un air inquiet leur enfants s'éloigner d'eux.
Le chaos qui régnait sur le quai de la gare était le même que les autres années, mais pour Harry, trop de détails montraient également ce qui avait changé.
Certains parents n'étaient plus là. Certains élèves non plus. De nombreuses familles avaient fui le pays lorsque Voldemort avait gagné en pouvoir et certaines n'étaient jamais revenues.
Ceux qui restaient avaient pour la plupart réussis à se cacher afin de ne pas s'impliquer dans la guerre. Plus rares étaient ceux qui avaient aidé l'Ordre du Phœnix. Harry fit un signe de tête à ceux-là car ils avaient tous vécus de longs mois au Square Grimmauld.
Certains élèves étaient accompagnés par des Aurors. Orphelins des deux camps, ils avaient été pris en charge par le Ministère dès la fin de la guerre. Ceux qui en avaient l'âge venaient maintenant à Poudlard. Harry avait vu à quoi ressemblaient les orphelinats du Ministère, il savait que maintenant, le château deviendrait une maison pour ces enfants, comme il l'avait été pour lui.
Il sentit Ron poser une main sur son épaule.
-Ma mère veut t'étouffer de câlins. Moi je montre, je suis prêt pour une nouvelle année d'aventures.
-Merlin non, sourit Harry, plus jamais d'aventures.
Cette année, il voulait faire les choses bien. Il ne visiterait plus les parties interdites du château, il resterait à distance des objets suspects et il comptait bien passer le moins de temps possible dans le bureau de McGonagall.
Il voulait vivre son année comme tous les autres étudiants.
Harry dit au revoir à la famille Weasley, serra Molly dans ses bras et monta dans le train à la suite de Ron. Ils trouvèrent rapidement Neville et commencèrent à se diriger vers le wagon où se trouvait le reste de leurs amis.
Harry s'arrêta en voyant Draco Malfoy dans le couloir.
Il s'était demandé si le Serpentard souhaiterait revenir à Poudlard cette année, après l'emprisonnement de son père à Azkaban. McGonagall avait révélé à Harry que Malfoy avait aidé leur camp durant la guerre. En échange de certains renseignements qu'elle avait qualifié ''d'essentiels à l'issue de la guerre'', une protection avait été offerte à Draco et à sa mère.
Hermione lui avait même dit que mère et fils avaient passé beaucoup de temps à l'étranger à soigner les blessés.
Harry s'était dit que Malfoy aurait préféré rester avec sa mère afin de remettre de l'ordre dans sa vie, plutôt que de revenir à Poudlard.
Mais le Serpentard était apparemment revenu de son exil puisqu'il était là, fixant Harry sans avoir l'intention de faire le moindre mouvement. Harry s'avança vers lui et lui tendit la main.
-Malfoy, salua-t-il.
Le geste ne sembla pas offenser le Serpentard et Harry attendit. Il ne voulait pas gâcher sa dernière année à Poudlard par une rivalité qui n'avait plus lieu d'être.
-Potter, lui répondit Malfoy en lui serrant la main.
Le Gryffondor lui fit un signe de tête entendu, avant de s'éloigner en direction de ses amis.
Draco se tourna vers Blaise.
-Bah mince alors, fit celui-ci, Potter a changé depuis la dernière fois qu'on l'a vu.
-Moi je trouve que Draco a encore plus changé, avança Gregory. Si Harry avait voulu lui serrer la main l'année dernière, Draco lui aurait plutôt jeté un sort…
Draco ne pouvait que donner raison à son ami. Mais l'année passée avait changé les choses et si Potter ne voulait plus se battre, tant mieux.
-C'est bien le seul apport positif de la Guerre, fit Théodore en ouvrant la porte d'un wagon vide, Potter et Draco se sont fait pousser un cerveau.
Trois mois après la fin de la Guerre, les élèves commençaient déjà à relativiser l'horreur que ça avait été, mais Draco se rembrunit légèrement.
Les six mois qu'il avait passé en France avec sa mère avaient été éprouvants. Sous condition d'être mis à l'abri de Voldemort et de Lucius, McGonagall leur avait demandé de travailler dans un camp de sorciers réfugiés. Sans rien connaître à la médicomagie, Draco et Narcissa avait aidé à l'infirmerie, apprenant à soigner les blessés toujours plus nombreux car les Mangemorts français se faisaient plus insistants au fur et à mesure que le Seigneur des Ténèbres paraissait gagner la Guerre.
Alors que ses amis entraient dans un wagon, Draco s'arrêta un instant et dit quelques mots à un élève de première année.
-C'est quelqu'un que tu connais Draco ? demanda Gregory derrière lui.
-Je l'ai rencontré l'année dernière, répondit-il simplement en entrant dans le wagon. Tu peux monter ma valise ?
Gregory sourit légèrement en prenant la valise de son ami. Draco avait toujours été plus petit que lui et dès la première année, il l'avait aidé à porter ses affaires. Gregory savait que les autres le voyait comme le domestique de Draco mais il préférait cela au fait de laisser son ami crouler sous une valise deux fois plus lourde que lui.
Gregory rangea par la suite sa propre valise, avant de sortir de sa poche quelques mornilles. Il se tourna vers Vincent, déjà près à sortir.
-On revient dans quelques minutes, prévint-il.
-Prend moi une Plume en Sucre, s'il te plait ! cria Pansy avant que la porte ne se referme.
Dans le couloir, Gregory croisa le premier année que Draco connaissait.
-Tu sais qui c'est ? demanda-t-il à Vincent.
-Je devrais ?
-Draco l'a rencontré pendant la Guerre.
Son ami ne répondit pas. Tous les deux savaient qu'ils y avaient échappé de justesse. Leurs pères étant Mangemorts, ils avaient craint que Voldemort ne veuille les enrôler, comme Il avait voulu amener Draco à sa cause. Mais Goyle et Crabbe pères n'étaient pas aussi importants que Lucius Malfoy et leurs fils furent jugés trop jeunes pour avoir l'honneur de recevoir la Marque.
-Tu as eu des nouvelles ? demanda Vincent.
Sachant de quoi il parlait, Gregory répondit :
-La juge ne sait toujours pas si on nous laissera entrer à Azkaban. Paraît que c'est un problème d'âge ; on aurait du mal à résister aux Détraqueurs.
-J'ai plus peur de revoir mon père que des Détraqueurs, rétorqua Vincent à voix basse afin de ne pas être entendu des autres élèves.
Ils arrivèrent près du chariot à confiserie et commandèrent ce qu'ils désiraient. Pendant que la vieille dame préparait leur paquet, Gregory tenta de rassurer son ami.
-Ton père a survécu à la Guerre, il survivra aussi à Azkaban.
-Mais dans quel état ? Et ce n'est pas comme s'il avait une chance de sortir un jour...
Ils payèrent et repartirent vers leur compartiment. Gregory tendit à Vincent une Chocogrenouille et son ami sourit.
-T'es vraiment pas doué pour réconforter.
-C'est tes préférées, se défendit Gregory. Me dis pas que tu préfères que je te fasse un câlin ?
Vincent riait encore lorsqu'ils entrèrent dans le wagon.
-Tu me dois trois Noises, fit Gregory en tendant à Pansy sa Plume au Sucre.
-Tu m'arnaques, ça ne coûte que deux noises !
-C'est pour la livraison, répondit Gregory.
Pansy sourit et commença sa friandise. Elle avait été surprise en voyant Vincent rire.
Elle, au moins, avait été assez chanceuse pour avoir un père qui s'était enfui dès la mort de Voldemort. Pansy hésitait encore, mais elle savait qu'une fois l'année terminée, elle pourrait partir avec sa mère le rejoindre. Mais cela signifiait qu'elle devait s'exiler.
Mais elle ne pensait pas vraiment à son avenir car Pansy était surtout inquiète pour ses amis.
Théo était dans la même situation qu'elle, son père ayant réussi à échapper aux Aurors. Mais il ne souhaitait pas quitter l'Angleterre après Poudlard. Lui et Blaise n'avaient pas été trop touchés par la Guerre et ils espéraient continuer leurs études. Gregory et Vincent n'avaient plus de familles et ils n'avaient encore aucune idée de ce qu'ils souhaitaient faire après cette année.
Draco l'inquiétait plus encore. Il possédait encore de l'argent grâce à l'héritage de Narcissa, mais depuis l'enfermement de Lucius, la vie de Draco semblait s'être arrêtée. Merlin, il avait même fait la paix avec Potter !
Quand elle lui avait demandé ce qu'il comptait faire après Poudlard, Draco avait haussé les épaules en lui répondant qu'il y réfléchirait pendant l'année. Mais Pansy savait que Draco n'avait tout simplement plus d'objectif et qu'il était désœuvré depuis la fin de la Guerre.
Elle laissa ses pensées de côté et écouta Blaise, qui racontait une histoire de troll qui avait l'air de beaucoup amuser Vincent. Ils passèrent des heures à parler, de sujets légers mais également de la Guerre. Draco ne dit que quelques mots de toute l'après-midi.
En fin d'après-midi, Pansy se leva.
-C'est l'heure de la réunion des préfets, fit-elle. On devrait y aller, Théo.
-On est vraiment obligé d'y aller tous les deux ?
Pansy lui lança un regard noir à et il se leva en soupirant.
Une fois dans le couloir, Théo dit à voix basse :
-Il est assez effrayant ce nouveau Draco.
-Il ne veut pas parler pour l'instant, c'est tout.
-Jusqu'ici, il a été plus amical envers Potter qu'envers nous.
-C'est parce qu'il n'a pas eu notre chance, rétorqua Pansy.
Théo savait que son amie avait raison. Tous les deux, ainsi que Blaise, avait été tellement tenu à l'écart de la Guerre par leurs parents qu'ils n'en avaient pas vraiment ressenti les effets.
En réalité, c'est seulement au moment où il avait vu Draco, Gregory et Vincent que Théo s'était rendu compte des dégâts.
Il voulait aider Draco mais il avait l'impression que rien ne touchait plus son ami et il ne savait pas comment l'aborder. Ça ne marchait pas comme avec Blaise, à qui une étreinte maladroite redonnait le sourire ; Draco était naturellement plus distant et les choses s'étaient empirées avec la Guerre. Blaise étant plus proche de Draco, il espérait que lui sache comment l'aider. Théo se promit d'en parler d'urgence avec son meilleur ami.
Ils arrivèrent rapidement au wagon destinée à accueillir la réunion des préfets. Théo ne savait pas pourquoi la Directrice lui avait donné ce rôle. Il aurait préféré que Draco soit le Préfet de Serpentard. Au moins, les responsabilités l'auraient peut-être sorties de son apathie.
-Entrez, leur fit le professeur McGonagall avant de fermer la porte derrière eux.
Théo s'assit entre Pansy et Granger et la réunion commença.
-Vous l'avez remarqué, commença McGonagall, il y a moins d'étudiants que les années précédentes, même si pour la première fois, nous accueillons huit générations d'élèves. Vous serez donc confronté à des situations inédites, notamment à cause de la ''cohabitation'' des premières années. Nous craignons que les premières années ''redoublants'' ne mènent la vie dure à ceux qui arrivent à Poudlard pour la première fois. Ça sera à vous de faire en sorte que les élèves de onze ans ne soient pas mis à l'écart par ceux qui en ont douze.
Hermione fronça les sourcils.
Elle avait pensé à ce problème dès qu'elle avait reçu la lettre de McGonagall expliquant le nouveau fonctionnement de l'école. Les anciens premières années avaient vécu un enfer sous les Carrow et ils n'accepteraient pas facilement de se retrouver au même niveau que des ''enfants'' qui n'avaient pas connu la Guerre.
Tandis que McGonagall leur expliquait en détails le rôle de Préfet, Hermione observa chacun de ses ''collègues''. Elle n'était pas du tout surprise par les préfets de Poufsouffle et de Serdaigle. Anthony Goldstein, Zacharias Smith et Susan Bones avaient fait partie de l'Armée de Dumbledore, et elle savait que Morag Mcdougall était une élève responsable qui avait deux sœurs plus jeunes à l'école, dont au moins une à Serdaigle.
Parkinson non plus n'était pas un choix étonnant mais elle avait eu la même surprise en voyant que Nott était préfet que lorsqu'elle avait appris pour Neville. Mais en y réfléchissant, Hermione voyait un parallèle entre les deux garçons. Malfoy et Harry n'étaient pas en état d'assumer le rôle de préfet et elle avait pensé au départ que Ron et Zabini seraient choisis puisqu'ils avaient eux aussi une certaine influence dans leurs maisons.
Mais après réflexion, Hermione s'était demandé si les deux garçons feraient vraiment de bons préfets. Elle savait que Ron ferait tout pour ses amis et qu'il aimait sa maison, mais elle ne le pensait pas assez responsable pour s'occuper de plus de cinquante élèves qu'il ne connaissait pas personnellement. Neville et Théodore étaient dans l'ombre de leurs amis mais ils n'étaient pas pour autant à négliger. Hermione savait que McGonagall n'avait pas choisi ses préfets à la légère et peut-être avait-elle d'autres raisons pour choisir ces garçons, mais Hermione était plutôt satisfaite de ces choix.
La réunion dura plus d'une heure et McGonagall finit en leur demandant de prévenir les élèves qu'ils allaient bientôt arriver et qu'ils devaient commencer à se préparer. Les préfets se levèrent et quittèrent la salle.
Morag fut la dernière à partir. Elle ferma la porte derrière elle.
-Je prends les wagons de droite et tu prends ceux de gauche ? proposa Anthony.
Morag acquiesça et partit avec son camarade à la recherche des wagons contenant des Serdaigles.
-Heureusement que c'était pas Potter le préfet des Gryffondors, remarqua Anthony.
-Il n'était peut-être pas là l'année dernière mais c'est grâce à lui qu'on est tous de retour dans une école normale, fit Morag.
-Potter a tué Voldemort mais il n'a rien fait pour nous protéger quand Rogue était le Directeur.
-C'est bon Anthony, on en a déjà parlé, soupira Morag. Il avait surement d'autres choses à faire. Et puis, rappelle-toi que tu as été dans l'Armée de Dumbledore avec lui et tu as toujours dit qu'il faisait un bon professeur.
-Un bon professeur peut-être, accorda Anthony, mais je suis bien content que Longdubat soit préfet. Lui au moins est resté à Poudlard l'année dernière et a protégé les élèves comme il l'a pu.
-Je sais Anthony… Je te laisse, dit-elle en s'arrêtant devant un wagon de première année.
Morag sourit en voyant que sa petite sœur se trouvait à l'intérieur. Katherine faisait partie de ces ''nouveaux'' premières années et Morag espérait qu'elle ne serait pas victime des plus anciens.
-On va bientôt arriver à Poudlard, dit-elle à tous les élèves présents. Vous allez devoir mettre vos robes de sorcier et quand on sortira du train, vous suivrez Hagrid.
-C'est le géant ? demanda une petite fille.
-C'est lui, acquiesça la préfète, il vous emmènera au château.
-On ne va pas avec vous ? fit sa petite sœur.
-Je te l'ai déjà dit Katherine, c'est une surprise, répondit-elle avec un sourire mystérieux.
Elle quitta le wagon et passa au suivant. Les élèves plus âgés savaient déjà comment se déroulait l'arrivée à Poudlard et Morag arriva rapidement à un wagon plein de Serdaigles de sixième année dont sa deuxième sœur, Isabel, faisait partie.
Contrairement à Katherine, Isabel avait toujours été plus indépendante. Morag l'aimait tout autant, mais elles se disputaient assez souvent pour faire soupirer leurs parents de désespoir. Morag salua les deux meilleurs amis de sa sœur, Jason et Jeremy. Puis elle délivra à nouveau son message et partit.
-Elle devrait pas être là…
-C'est de ma sœur dont tu parles Jason, rétorqua Isabel.
-Peut-être, mais elle a passé ses ASPIC l'année dernière. Les septièmes années ne devraient juste pas être là ! Je sais même pas pourquoi McGonagall nous fait recommencer à zéro.
Face à lui, Jeremy tempéra :
-On n'a pas appris grand-chose l'année dernière. Tu te rappelles des cours de potions ? Et puis tous les élèves n'étaient pas là.
-Ils ont choisi de ne pas être là, souligna Jason. La majorité d'entre nous est restée. On devrait être en septième année au lieu de rester coincé en tant que sixième année.
Jeremy se retient de répondre. Son meilleur ami n'acceptait toujours pas de devoir faire du sur-place et personne ne réussirait à lui faire changer d'avis.
-C'est surement à cause de Potter et des autres, fit Isabel, eux ils n'ont fait que six années.
-C'est ce que je disais, sourit Jason, tout ça c'est de la faute des septièmes années.
Jeremy était d'accord avec son ami, même s'il n'était pas autant en colère. Les septièmes années n'avaient rien à faire à Poudlard car ils avaient tous fait leur septième année, Potter, Granger et Weasley mis à part.
-L'année dernière aurait pu être plus agréable si les septièmes années n'avaient pas tout le temps défié les professeurs, continua Jason. C'est tous ceux de l'Armée de Dumbledore qui se sont cachés dans l'école qui ont rendus les Carrow vraiment méchants.
-Et une fois qu'ils étaient bien à l'abri, continua Isabel, aucun d'entre eux n'est revenu pour nous aider alors que les Carrow nous punissaient à leur place.
Bien qu'il fût d'accord avec ses deux amis, Jeremy arrêta de les écouter et commença à se préparer.
Il avait entendu cette conversation des dizaines de fois depuis l'année dernière. Et même s'ils étaient tous les trois d'accord pour dire que les septièmes années auraient dû partir, lui ne voyait pas l'intérêt de cultiver sa rancœur envers les plus âgés. Mais il était apparemment le seul de la bande à le penser puisque tous les sixièmes et cinquièmes années de Serdaigle n'avaient fait que parler de ça durant le trajet.
Finalement, tout le monde s'habilla et fut prêt à sortir du wagon. Le train venait juste de s'arrêter et les couloirs étaient bondés. Jason était grand et, profitant de sa taille, il créa un passage pour ses amis dans la foule, bousculant un élève de première année au passage.
-Désolé, fit-il avant de continuer son chemin.
Jordan se massa le bras avec une grimace de douleur et retint ses larmes difficilement.
Draco lui avait pourtant dit que son premier voyage dans le Poudlard Express serait amusant et qu'il pourrait s'y faire plein d'amis. Mais le nouveau première année avait passé son voyage avec des garçons qui se connaissaient déjà et qui avaient échangé des messes basses durant tout le trajet.
Jordan aurait aimé aller dans le même wagon que Draco, mais celui-ci était trop âgé et il avait déjà plein d'amis.
Il se sentit tellement seul qu'un instant, il se dit qu'il aurait voulu revenir plusieurs mois en arrière, alors qu'il aidait sa mère et Draco à l'infirmerie. Mais rapidement, il se sentit honteux.
Il n'avait toujours pas bien compris pourquoi la Guerre avait eu lieu, mais il avait vu les souffrances qu'elle avait causée, surtout pour ceux qui venaient voir sa mère pour se faire soigner. Lui ne s'était occupé que des gens légèrement blessés, mais il avait déjà vu du sang et des blessures qu'il savait que les autres enfants de son âge ne verraient jamais.
Il sortit du train et se dirigea vers les autres premiers années ralliés autour d'un géant qui leur criait de venir.
-Bon, les enfants, commença le géant, moi c'est Hagrid. Vous allez tous me suivre, on va aller au château de notre côté.
Les élèves chuchotaient entre eux, excités d'être enfin arrivé au Poudlard dont on leur avait tant parlé. Jordan aurait aimé être déjà arrivé dans le château, prêt à s'endormir sous sa couverture. Il savait qu'il irait à Serpentard, la meilleure des quatre maisons. Du moins c'est ce qu'on lui avait dit. Sa mère était allée Beauxbâtons et son père était un moldu, alors il était le premier de la famille à aller à Poudlard.
Hagrid les mena à l'écart des autres années et ils arrivèrent près d'une berge où se situaient cinq petites barques, ainsi qu'une sixième, bien plus grosse. Le géant prit place dans cette dernière et demanda aux autres élèves de monter dans les autres. La plupart des élèves demeurèrent inquiets, sur la berge, tandis que Jordan s'installa dans la barque la plus proche de lui, rapidement suivi par une fille aux cheveux blond et bouclés qui s'assit en face de lui.
-Salut, lui dit-elle avec un sourire, moi c'est Lilith.
-Jordan, dit le garçon un peu hésitant.
-T'es monté vite, remarqua la jeune fille. Si t'es courageux alors tu iras surement à Gryffondor !
Lilith était la première élève qui se montrait amicale envers lui, alors Jordan tenta de ne pas paraître trop méchant en répondant :
-Non, moi j'irais à Serpentard. Mais ça doit être bien Gryffondor aussi.
-Bien sûr, ma maman était à Gryffondor et c'était une sorcière très puissante.
-Et ton père ?
-Serdaigle, sourit la fille.
-On peut être ami avec des gens des autres maisons ? questionna Jordan.
Il ne se rappelait pas que Draco lui ait parlé d'amis en dehors de Serpentard.
-Bien sûr. Même si moi je vais à Gryffondor et toi à Serpentard, on peut quand même être amis.
Jordan répondit à son sourire. À ce moment, tous les élèves étaient entrés dans les barques. Hagrid fit tourner un grand parapluie rose et ils se mirent à traverser le lac.
Lilith tourna la tête afin de mieux observer le château. De loin, il était sombre et menaçant, mais plus ils avançaient, plus les lumières lui donnait un air accueillant.
Elle parla durant tout le trajet avec Jordan. Son père lui avait dit de rester à l'écart des ''anciens'' premières années mais elle n'en avait fait qu'à sa tête et elle avait passé son trajet à s'en mordre les doigts car ses compagnons de wagons n'avaient fait que la rabaisser. Elle était sortie du Poudlard Express avec une boule au ventre, jusqu'à ce qu'elle remarque Jordan, qui paraissait encore plus seul qu'elle.
-T'as vu ? On voit que cette partie du château est neuve, lui montra le garçon.
-C'est à cause de la Bataille de Poudlard. Ma mère est partie à cause de la Guerre aussi…
Elle vit que Jordan avait compris.
-Moi, j'ai aidé ma mère à soigner des gens blessés, dit-il.
-Tu les remettais à neuf, comme le château, sourit Lilith.
-On essayait, acquiesça Jordan.
Lilith pointa le château du doigt.
-T'imagines, dit-elle, qu'on va habiter là pendant sept ans.
-Ça veut dire qu'on en ressortira à dix-sept ans... C'est vieux quand même, confirma Jordan en écarquillant les yeux.
Ils pouffèrent tous les deux et bientôt, ils étaient arrivés sur la rive opposée.
Hagrid les fit descendre des barques et ils rejoignirent une vieille dame qui se présenta comme le Professeur Bibine. Jordan lui souffla qu'elle ressemblait à une vieille chouette et Lilith pouffa à nouveau.
Plus ils montaient à travers le château, plus les élèves devenaient excités, riant et parlant plus fort. Mais le vacarme cessa quand ils arrivèrent face à la porte de la Grande Salle.
Mme Bibine leur expliqua alors qu'on allait les répartir dans les quatre maisons et qu'ensuite, viendrait le banquet de bienvenue. On les fit alors entrer et Lilith croisa le regard de Jordan, dans lequel elle pouvait lire la même admiration qu'elle ressentait.
Les premières années entrèrent, sous les regards amusés, moqueurs, ou compréhensifs des autres années. Les visages béats des nouveaux arrivants faisaient rire les plus âgés, qui eux-mêmes se rappelaient de leur ébahissement lorsqu'il avait découvert le plafond étoilé de la Grande Salle.
Mme Bibine plaça les premières années devant l'estrade et monta se positionner près du tabouret où était posé le Choixpeau Magique. Elle expliqua alors aux premières années les vertus des quatre maisons de Poudlard
Elle commença par appeler un Bells Simon, qui fut envoyé à Serpentard, et ainsi de suite, les élèves furent répartis.
Jordan partit lui aussi à Serpentard.
Mcdougall Katherine eut un grand sourire quand elle rejoignit ses deux sœurs à Serdaigle et Moon Lilith fut envoyé à Gryffondor.
La Cérémonie des Répartitions fut courte et étonnement, le Choixpeau ne chanta pas. Il n'avait surement plus besoin de les prévenir de rester soudés puisque la Guerre était terminée.
Assise de l'autre côté de la salle, Lilith fit un signe à Jordan, qui le lui rendit en souriant.
McGonagall se leva.
-Bienvenue à tous, commença-t-elle avec un sourire. Je suis heureux d'accueillir tous nos nouveaux élèves et de revoir les anciens. Le règlement n'a pas changé. Il vous est défendu d'entrer dans la Forêt Interdite et toute entorse aux règles de vie entrainera une retenue avec Mr Rusard, ce que vous ne voulez surement pas avoir.
Rusard poussa un grognement près de la porte d'entrée et quelques premières années pâlirent.
McGonagall reprit :
-Poudlard sera pour les sept années à venir votre seconde maison. Seuls l'entente et le respect peuvent faire cohabiter tant de personnes dans le château, c'est pourquoi je ne tolérerai ni bagarres, ni duels. Poudlard sera l'endroit où vous apprendrez à vivre avec les autres, à les écouter et à vous faire écouter. Vous sortirez d'ici en tant d'adultes et sorciers accomplis et je serais heureuse de vous guider tout au long du chemin. Je vous souhaite un bon appétit.
Elle frappa alors dans ses mains et quelque chose d'étrange arriva.
Les corps des professeurs s'effacèrent.
Les premiers concernés furent ceux en bout de table. Hagrid disparut en quelques secondes, laissant un trou béant à côté de Trelawney qui déjà, devenait transparente.
A ce moment-là, les plats étaient déjà apparus sur la table des Poufsouffles.
Mme Bibine n'eut pas le temps de sortir sa baguette qu'elle s'évaporait à son tour. Les autres professeurs et les élèves commencèrent alors tout juste à comprendre ce qu'il se déroulait.
Ce fut au tour des Serpentards d'être servis par des plats remplis de nourriture.
McGonagall regardait autour d'elle, confuse, alors que le professeur Chourave tenta de jeter un sort, en vain. Celle-ci s'effaça alors qu'au même moment, les plats apparurent sur la table des Serdaigles.
Alors que tous les professeurs avaient disparu, il ne resta plus que McGonagall, qui en voyant qu'elle devenait transparente à son tour, se tourna vers les élèves, et tenta de dire quelque chose. Mais elle s'effaça avant d'avoir pu prononcer un mot.
Finalement, la table des Gryffondors fut servie. Et alors, la salle vide de tout adulte devint silencieuse.
Jusqu'à ce qu'une fillette de deuxième année ne crie.
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Jour 1, 19h20
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