Yo bande de gens !
Je vous présente mon Calendrier de l'Avent de cette année, qui est un peu spécial parce que c'est plus un genre de mini-fic. Vous verrez.
En tout cas c'était chouette à écrire, et y a tout plein de personnages même si surtout Vanitas, et j'espère que ce sera chouette à lire aussi !
Décembre est là !
Bonne lecture !
La maison de Baba
1er décembre
Quand on arrive on voit d'abord le chemin de pierres plates, qui remonte dans les herbes hautes mal entretenues, on le suit, pas à pas, et on arrive devant le portail, grand portail de fer forgé accroché à un mur d'enceinte qui semble plus vieux que les arbres de la forêt d'à côté. Vanitas pousse la porte : elle grince. Une fois le portail dépassé, on arrive dans le jardin de devant. C'est un lieux abominable et défraîchi. Les balançoires, à droite, n'inspireraient confiance à personne, leur plastique jaune recouvert de plaques noirâtres, leurs cordes effilées, leurs jointures rouillées.
À gauche, un arbre triste sous lequel les nains de jardin centenaires tiennent leur réunion éternelle. Ils ne doivent pas réussir à trouver de compromis, depuis le temps qu'ils sont là à bavarder. Au moins ils ne se font pas la guerre.
On traverse le jardin, on jette un regard torve aux ronces qui ne donnent plus de mûres depuis longtemps, on manque de se prendre les pieds dans une branche que le vent a posée là, on arrive, enfin, à la porte. Il fait froid dehors et il va falloir se réchauffer si on ne veut pas attraper un rhume. Vanitas fait tourner la poignée, la poignée glisse dans ses mains, humide et froide comme une vieille flaque, il ouvre la porte, s'engouffre dans la maison : il y ferait presque plus froid encore qu'au-dehors. Les murs en pierre isolent mal, les courants d'air passent et peut-être, en fait, que quelqu'un a laissé une fenêtre ouverte la dernière fois. Ce n'est pas impossible.
Il fait sombre, Vanitas appuie par réflexe sur l'interrupteur avant de se rappeler qu'il n'a pas encore mis l'électricité. Il se met en besogne, il travaille vite. Même la lumière allumée, tout est sombre, grisâtre, poussiéreux et humide. Il ne faut pas être asthmatique, pour vivre ici. Mais personne ne vit plus ici depuis des années. Ils y ont bien pensé, à revendre. Ça pourrait se faire. Il faudrait vider, retirer les dessins sur le frigo et retirer le frigo aussi, faire des cartons. Mais qui voudrait acheter cette bicoque ? Les canalisations sont un labyrinthe sans nom, les cloisons de l'étage sont bouffées d'humidité, le toit fuit, le grenier est mal isolé, le parquet est mité et dans la cuisine des dalles de carrelages ont foutu le camp sans qu'on prenne jamais la peine de les remplacer.
C'est glauque, ici, personne n'en veut. Vanitas s'assied à la table de bois massif qui, dans le temps, faisait office de bureau à sa grand-mère. Il y a des toiles d'araignées plein les fenêtres et les volets ferment mal. C'est triste. C'est gris. Vanitas s'allume une cigarette au bureau de sa grand-mère, pense que quand il l'aura finie il faudra encore qu'il change la bouteille de gaz, qu'il appelle pour qu'on lui livre du fuel, et en attendant, qu'il cherche s'il n'y a pas dans l'entrepôt quelque chose qui ressemblerait à une bûche presque sèche pour faire un feu. C'est glauque, c'est glauque, qu'est-ce que c'est glauque. Mais Vanitas n'a jamais voulu vendre. C'est chez lui, quand même.
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Et voilà pour ce premier jour ! C'est tout court et tous les « chapitres » feront à peu près cette taille, en gros c'est une moyenne de six-cent cinquante mots par jour.
J'espère que ça vous a plu, que vous avez mangé un bon chocolat et je vous dis à demain !
