Au début, il n'y avait Rien.

Puis est la Vie est apparue.

Avec la Vie, il y a eu la Mort.

La Mort possédait plusieurs visages. La Solitude. La Vieillesse. Le Sacrifice. Le Désespoir. La Destruction. L'Ivresse. La Folie. La Cupidité. La Rage. Et puis le Néant.

Le Néant se mit à dire « Je ».

Rien n'existait en dehors de ce que le Néant pouvait percevoir. En vérité, il ne percevait que bien peu de choses mais comme l'homme prisonnier de la caverne, pour qui l'ombre est la réalité, comment aurait-il pu le savoir ? Mais il était ainsi fait, et ce n'était ni bien ni mal. Ses mains n'avaient jamais senti de chaleur, aussi la chaleur n'existait pas. Ses yeux n'avaient jamais vu l'amour, aussi l'amour n'existait pas. Pour ressentir l'Amour, il aurait fallu avoir un cœur, mais il n'avait qu'un trou là où devait se trouver l'organe. Ainsi, il ignorait ce qu'était « avoir un cœur ».

« S'il y existe au monde une chose nommée bonheur, elle doit être infiniment proche du néant.

Le néant c'est ne rien avoir et donc ne rien avoir à perdre. Si ce n'est pas ça le bonheur, qu'est-il donc ? »

Mais un jour, le Néant rencontra un bout de Vie. Et le Néant se mit à désirer autre chose que rien.

Le Néant souhaita savoir ce qu'était avoir un cœur.

« Qu'est-ce qu'un cœur ? Le verrai-je, si je déchirais ta poitrine ? Le verrai-je, si je fracassais ton crâne ?

Onna... As-tu peur de moi ? »

Puis le Néant reprit sa forme primitive, mais ne disparut pas : rien sera toujours. Et la volonté du Néant demeura : connaître son cœur. Le « cœur » était-il dans les larmes qu'elle versait ? Le « cœur » était-il dans la main qu'elle tendait ? Le « cœur » se trouvait-il sur sa bouche, sur sa peau ? Pour la première fois, le Néant s'attacha à autre chose qu'à rien et ce bout de Vie devint son tout. Onna devint son tout.

Onna... S'il existe au monde une chose nommée bonheur, elle doit être infiniment proche de ton cœur.

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An endless guilt