Requiem for the lost ones

… … … … … … … … … … … … …

Comme c'était à prévoir, le désordre sans nom qui régnait chez Urahara n'avait fait qu'aggraver sa confusion. La menace avait été un temps écartée au cours de cette bataille terrible dont le souvenir lui faisait immanquablement venir la bile aux lèvres, mais les Hollows, ces âmes dégénérées avaient bien compris le bénéfice de ce « mouvement » et souhaitaient visiblement le retrouver. Cependant, déchirés par des luttes intestines, sans chef charismatique pour les mener, il serait difficile pour ces aberrations venues de l'Autre Monde de s'organiser pour attaquer en masse et la fine équipe réunie chez Urahara devait plutôt s'attendre à de harassants assauts, intempestifs mais brutaux, qui saperaient leur ressource s'ils ne s'y préparaient pas. La méthode employée par leurs ennemis allait les épuiser mais aurait au moins le mérite de pouvoir être régulée sans faire appel aux grands moyens, Omnitsukido et compagnie.

Ichigo n'avait rien compris à tout ce dont parlait le bruyant groupe de Shinigamis. Il lui était difficile de rester attentif alors qu'il était encore si bouleversé et rempli de colère. Rukia lui filait régulièrement des coups dans les côtes dès qu'il commençait à se dissiper, mais il avait fini par lui rendre une grosse claque derrière la tête, qu'elle lui avait aussitôt retournée. Comme ça menaçait de partir en sucette, il se leva pour changer d'air. En passant devant une porte entrouverte, il fut interpellé par une luminescence lunaire qui attira immédiatement son regard. Il entra dans la pièce. La chambre où Rukia avait été en convalescence. Là, il y avait la machine dont avait parlé Urahara, le pulsatruc à machin modifié, qui pouvait... avoir un effet sur le bidule bizarre qui venait du Hueco Mundo et que tous les Hollows recherchaient pour ne plus se faire zigouiller. Il n'avait jamais vu l'engin en question, mais il lui fit immédiatement penser à Inoue. Peut-être parce qu'elle s'en était en quelque sorte servie ? Mais c'était autre chose. Il approcha de la machine et posa sa main sur la surface lisse, froide et douce.

- Kurosaki-san... Notre plan de bataille ne vous intéresse pas ? L'interrompit Urahara, arrivé derrière lui.

- Vous me direz juste où je tranche...

- Oh, vous êtes si froid ! Pleura le vendeur louche.

- Pourquoi Inoue n'est pas là ? Demanda à brûle-pourpoint le suppléant.

- Mon petit doigt m'a dit que vous préfériez qu'elle soit ailleurs... Répondit un Kisuke cryptique.

Est-ce que ce type était au courant pour eux ? Et puis il se rappela que l'hurluberlu avait la capacité de toujours tout savoir, par l'analyse, l'observation, l'expérience ou l'intuition. Il priait pour ne pas avoir trahi ce qui ne regardait qu'eux quand soudain, il se souvint qu'il avait déjà touché une matière de ce genre et qui luisait de la même façon. C'était quand ils avaient... été ensemble... il avait attrapé ses poignets mais il avait remarqué qu'elle portait cette horreur depuis... Depuis son réveil. C'était difficile de passer à côté tant ce truc sur son poignet fin et délicat lui avait paru disproportionné et d'une laideur sans nom. Mais bien habitué à la susceptibilité féminine grâce à Yuzu, il s'était abstenu de tout commentaire du style « c'est un bijou trop gros pour ton poignet ».

- C'est quoi ce truc Urahara ? Dit-il en désignant la machine.

- Ceci, cher Kurosaki qui n'écoute rien-san, c'est le pulsateur à particules.

- Pourquoi Inoue en a un au poignet ? Je vais me faire un plaisir d'écouter ta réponse, Urahara.

- Ah ça... Vous êtes surprenant, Kurosaki-san. Vous ne voyez pas ce que vous pourriez mais vous voyez ce que vous ne devriez pas. Énonça philosophiquement Kisuke.

- Arrête de tourner autour du pot, vendeur de camelote ! C'est à cause de ça que j'arrive plus à... ressentir son reiatsu ?

- Non, ça c'est parce que vous êtes nul à la détection des reiatsu. Mais vous avez pris la bonne décision. Inoue-san n'est pas une femme pour vous.

- C'est pas ce que je te demande, enfoiré ! Avait hurlé le suppléant. Pourquoi elle est pas là ?

- Sa présence... n'est pas requise.

Ichigo n'aimait pas beaucoup ce qu'il entendait, mais n'avait-il pas souhaité qu'elle ne soit plus jamais mêlée aux dangereuses affaires de la Soul Society ? Ne l'avait-il pas quittée pour ne pas risquer une nouvelle fois de la blesser, voire pire ? Encore qu'elle semblait avoir déjà compris ce qu'il allait dire avant même qu'il n'ait ouvert la bouche... Alors que la situation était exactement ce qu'il souhaitait qu'elle soit, Inoue en sécurité loin de tous dangers, loin des risques qu'il lui faisait courir, il en éprouvait cependant une grande amertume. Elle avait toujours été à ses côtés, depuis qu'il était devenu Shinigami remplaçant. Mais ce n'était pas tant l'habitude de la voir près de lui qui se manifestait; c'était la sensation qu'il lui manquait une moitié de lui, celle qu'il avait choisi d'arracher.

Quand tout fut dit à la boutique d'Urahara, et qu'il n'y avait rien d'autre à faire que d'attendre de voir comment se positionnerait l'ennemi, un tour de garde fut instauré pour permettre de toujours avoir un œil sur la situation en temps réel dans le ciel de Karakura, et aussi pour intervenir le plus rapidement possible en cas d'invasion. Les gardes commençaient le soir même et Renji ouvrait le bal à son grand désarroi : il n'avait pas eu le temps de manger.

Ichigo s'était vu attribuer la nuit de dimanche à lundi, et il pensa encore une fois qu'il irait au lycée avec une sale tête de déterré, mais qu'au moins, ça tiendrait Keigo éloigné. Keigo, qui aurait certainement des motifs de plaintes à n'en plus finir, puisque contraint et forcé, il hébergerait Ikkaku et Yumichika chez lui le temps de leur séjour. Renji, Hisagi et Shinji restaient tous les trois chez Urahara. Rukia viendrait probablement crécher dans son placard. Et Matsumoto-san...

Orihime terminait une journée entière de travail qu'elle avait acceptée avec reconnaissance, tant par la distraction apportée qu'au gain financier que cela représentait. Surjouer la joie et la bonne humeur avait été éreintant. Se forcer à le saluer comme à son habitude avait été une épreuve qui lui avait demandé tellement plus de contrôle et de maîtrise qu'aucune autre action qu'elle avait menée dans sa vie qu'elle en ressentait des contractures dans tout le corps. Et il faudrait qu'elle continue ainsi jusqu'à ce que le temps lui permette d'oublier qu'il n'avait pas voulu d'elle. Elle s'effondra en pleurs à la seconde où elle entra dans son appartement. Dès qu'elle quittait le masque entraînant de la joie de vivre, et qu'elle se laissait enfin aller à relâcher la pression, ses jambes ne la soutenaient plus. Le premier soir après que Kurosaki lui eût assez maladroitement exprimé sa volonté de rompre, elle était restée toute la nuit sur le carrelage froid de sa cuisine, incapable de se traîner jusqu'à son lit et s'était endormie de fatigue au milieu de ses larmes. Pourtant chaque jour, elle prenait sur elle, pour ceux à qui elle le devait, pour n'inquiéter personne. Pour ne pas faire culpabiliser Kurosaki. Pour ne pas faire de peine à Tatsuki. Mais respirer lui faisait mal, une brûlure au niveau du cœur à chaque expiration. Sa meilleure amie lui avait demandé pardon pour être allée lui parler, mais elle ignorait encore que cela ne s'était pas bien fini. Cependant, Orihime ne la tenait pas pour responsable : Kurosaki était toujours Kurosaki, et il avait rectifié, certes douloureusement, l'erreur qu'ils avaient commise. Il avait dit qu'elle était son amie, et il devait s'en vouloir d'avoir... avec une amie. Peut-être éprouvait-il du remord vis-à-vis de Kuchiki-san ? Se sentait-il coupable d'avoir trahi des sentiments qu'il éprouvait certainement pour la belle Shinigami ? Avait-il déplacé sur elle les pulsions qu'il ressentait envers Rukia ? Elle ne voulait pas réfléchir aux raisons qui l'avait amené à aller si loin avec elle. Parce que quand elle y songeait, elle ne voyait qu'une seule réponse, que la rupture trois jours après leur rapprochement ne pouvait malheureusement que contredire. Les faits étaient plutôt la preuve d'une forme assez distordue de compassion et déplacée d'affection mais de toute évidence, étaient caractéristiques de l'impulsivité de Kurosaki. Pourtant, si cela avait été à refaire, elle n'aurait pas agi différemment. Quelle égoïste elle faisait, sachant qu'il l'avait regretté, de ne pas regretter cette erreur avec lui ! Prostrée sur son futon, la télévision qu'elle ne regardait pas en bruit de fond, elle se rappelait de ses yeux brûlants sur elle, de son visage souriant quand il l'avait caressée et de son expression sublime quand il avait joui. Elle était consciente que cela ne faisait qu'entretenir sa douleur, mais cela faisait aussi partie des plus beaux moments de sa vie et elle n'aurait plus jamais l'occasion de les revivre, alors elle avait décidé de les garder pour ce qu'ils étaient. Elle ne se marierait pas, elle n'aurait pas de famille, mais elle aurait le souvenir du seul homme qu'elle aimerait jamais lui faisant l'amour avec passion.

Son téléphone sonna, et quand elle lut le nom de sa meilleure amie sur l'écran, elle essuya ses larmes, et essaya de calmer ses sanglots. N'y parvenant pas, elle choisit de ne pas répondre. C'était sans compter l'entêtement de Tatsuki, qui réitéra cinq fois son appel. Un peu calmée, elle soupira et décrocha.

- Ben t'en as mis un temps à répondre, ça va ? Commença tout de suite la ceinture noire.

- Je... désolée Tatsuki-chan... Tu... savais que... Wolvery-Man avait dû déclarer forfait à cause d'un rhume. La malédiction des trois ceintures d'or a encore frappé, c'est terrible quand on pense qu'il ne lui manquait qu'une victoire... Je suis très... très émue par cette... déconvenue...

- Tu t'intéresses pas au catch au point de pleurer... Qu'est-ce qu'il y a ?

- Dis-moi d'abord comment ça s'est passé avec le doyen de la fac. Tu as eu le sponsor ? Se recomposa la belle.

- Ouais... On a signé le contrat, j'ai un sponsor et je serai inscrite à la fac dès la rentrée prochaine. Maintenant, dis-moi pourquoi tu pleures... C'est à cause de... C'est Ichigo ?

- Tatsuki-chan, ça y est ! Tu vas être rémunérée pour pratiquer le karaté ! Essaya de s'animer la rousse.

- Orihime, je suis peut-être à plus de 1200 km mais je sais quand tu vas pas bien, et quand tu esquives une discussion... Dis-moi ce qui ne va pas. C'est... c'est de ma faute, hein ? Insista la sportive.

- Non, Tatsuki-chan... Je t'ai déjà dit que ce n'était pas de ta faute... Je... suis souvent triste, ces derniers temps, pas vrai ? Je ne fais que t'inquiéter... S'excusa-t-elle.

- Je croyais que... le fait de te rapprocher d'Ichigo... Te redonnerai le sourire...

- Je... le croyais aussi. Mais... La belle se remit à sangloter.

- Allez Hime, ne sois plus triste... Si cet imbécile ne sait pas te rendre heureuse, tu peux au moins compter sur moi pour tout faire pour sécher tes larmes... Je serai toujours là pour toi, tu le sais ? Tu... tu as plein de belles choses à vivre, je te le promets... D'ailleurs... Si tu veux venir étudier avec moi à Sapporo, maintenant, j'ai le droit d'avoir des exigences de diva!

- Toi et moi... A Hokkaido ? Renifla la princesse.

- Allez, ce serait le top pas vrai ?

A la fin de la communication, la belle guérisseuse avait repris un peu d'entrain. Elle n'était pas la première à avoir un chagrin d'amour, et à 17 ans, sa vie ne devait pas se réduire à cela. Mais il lui semblait que le Néant qui logeait au fond de son âme ne faisait que rendre les choses plus compliquées, sa douleur plus vive, ses larmes plus nombreuses, son désespoir plus abyssal. Sa tristesse était insondable, incomparable avec ce qu'elle avait ressenti quand, alors qu'elle n'était pas encore âgée de 15 ans, son frère était décédé dans un accident, la laissant livrée à elle-même, à l'angoisse de la solitude mais aussi à celle des factures à payer, du quotidien à organiser, en plus des obligations habituelles d'une jeune lycéenne. Heureusement l'amitié indéfectible de sa meilleure amie avait véritablement agi comme un baume cicatrisant sur les plaies de son cœur, et même si elle ne lui avait pas encore parlé de ce qu'il adviendrait de son âme à sa mort, perspective qui ne manquerait pas d'affliger Tatsuki, elle avait été apaisée par les marques de son affection. Orihime devait continuer à vivre pour cette affection, pour entretenir le seul amour qui lui était pour toujours acquis, puisqu'elle tirait un trait sur presque tout le reste. Alors qu'elle repensait avec tendresse à tous les moments qu'elles avaient partagés, quelqu'un frappa à la porte. Elle eut la chair de poule : la semaine dernière, environ à la même heure, c'était lui qui s'était présenté. Elle se leva pour ouvrir, tout en faisant des conjectures sur l'identité de ce visiteur tardif du samedi soir. Quand elle écarta le panneau de bois, elle fut happée à l'intérieur par une tornade blonde à forte poigne, chargée de sacs de shopping.

- Orihime-chan ! Ça fait tellement longtemps !

- Hein ? Matsumoto-san ?Je suis tellement heureuse de vous voir ! Qu'est-ce que...

- Je suis ici pour quelques jours, j'ai pensé que tu pourrais m'héberger ! Mais... ça n'a pas l'air d'aller... Ton reiatsu est... étrange. Tu vas bien, Orihime-chan ?

- Mon reiatsu ? S'étonna la jeune fille.

- Ton reiatsu... on dirait que tu... Il ne rayonne plus comme avant. A vrai dire, je l'ai à peine senti quand je l'ai cherché tout à l'heure en arrivant. Que t'arrive-t-il ?

Les digues cédèrent en Orihime. Elle n'avait parlé à personne de la menace que le Néant faisait peser sur elle et de l'angoisse que cela lui provoquait. Personne ne pouvait vraiment comprendre de toute façon. La plantureuse Shinigami lui prêta une oreille attentive et son épaule pour pleurer. Et puis, au fur et à mesure des confidences, la jeune fille raconta dans le détail sa mésaventure sentimentale à cette bienveillante grande sœur qui la laissa parler sans l'interrompre en caressant doucement ses cheveux pour la consoler. L'expérience lui avait appris que parfois, les gestes valaient mieux que mille mots, surtout quand on avait le cœur en morceaux. Orihime n'avait de toute façon pas besoin d'entendre que c'était allé trop vite, qu'Ichigo était certes un gentil garçon, de ceux qu'on classait parmi les braves gars, mais qu'il était aussi très immature affectivement parlant, qu'il exprimait son affection soit en se disputant et en se battant avec ses amis, soit par de petites tapes sur la tête de ses sœurs et que par voie de conséquence, démarrer une relation amoureuse avec lui risquait vite de se transformer en piège... La pauvre petite le savait malheureusement déjà. Après avoir parlé pendant plusieurs heures et pleuré tout autant, la douce Orihime s'était endormie.

Le très sexy lieutenant de la Dixième Division avait donc fini par comprendre pourquoi la jeune fille avait été absente à leur réunion de l'après-midi : Urahara n'avait probablement pas voulu trahir son secret et surtout, il l'avait empêchée de prendre part à des activités dangereuses maintenant que son énergie spirituelle était à ce point amoindrie. Il avait cependant chargé Matsumoto de lui demander de passer à la boutique le lendemain, puisqu'il y avait du nouveau. En effet, vu les dernières informations dont ils disposaient et dont ils avaient débattu dans l'après-midi, elle trouvait normale que la jeune humaine soit prévenue de ce qu'elle risquait si des Hollows lui tombaient dessus. Matsumoto-san avait en outre proposé de garder un œil sur elle le temps de son séjour, ce que le scientifique avait salué. Cependant, elle ne comprenait toujours pas l'étrange reiatsu d'Orihime qui semblait s'effilocher et se promit de l'accompagner chez Urahara le lendemain, pour ne pas l'abandonner seule aux mains du malaisant ex-capitaine de la Douzième Division.

Ainsi le dimanche matin, les deux femmes prirent le chemin de la boutique. Orihime avait passé une nuit exécrable, aux prises avec des crampes terribles, comme une tendinite généralisée à tout son corps et qui semblait même lui tordre l'estomac. Elle avait attribué ces symptômes aux efforts fournis toute la semaine pour ne pas laisser paraître ce qu'elle ressentait vraiment, et peut-être aussi à l'appréhension de croiser Kurosaki chez Urahara, alors qu'elle venait y recevoir de nouvelles recommandations pour gérer « son état ». C'était typiquement le genre de situation à éviter, car même s'il ne se souciait pas d'elle comme de sa petite-amie, elle se doutait qu'il lui conserverait suffisamment d'affection pour poser des questions embarrassantes. Et lui dire maintenant ce qu'elle lui avait caché plus tôt serait probablement passé pour une tentative désespérée de le retenir, en utilisant un des plus vieux ressorts du monde mais aussi un des plus vils : la pitié. Elle choisirait de mourir sur l'instant plutôt que de s'abaisser à cela. Aussi, elle avala des anti-douleurs, un nashi et serra les dents. Pour l'heure, elle souhaitait se rendre disponible pour ce qu'Urahara allait lui dire.

Elle avait vécu tant de choses depuis plus de 2 ans... Elle s'était un beau matin éveillée sur le plan spirituel au contact de Kurosaki et avait eu la désagréable surprise de retrouver son frère, mort depuis plusieurs mois, venue la tourmenter sous forme de Hollow. Puis elle avait développé des aptitudes proprement incroyables : un bouclier qui pouvait tout soigner, un autre qui la protégeait, et Tsubaki... la seule des ses fées normalement capable de faire un peu de dégât... Ensemble, ils avaient infiltré la Soul Society pour éviter à Rukia une exécution injuste. Après ça, elle avait été enlevée par Ulquiorra pour le compte du mégalomane Aizen Sôsuke, un capitaine Shinigami renégat. Elle songea qu'il ne manquait plus qu'Urahara lui annonce que les petits hommes jaunes avaient débarqué à Karakura... Cela faisait longtemps d'ailleurs qu'elle n'avait pas été victime de leurs facéties. Peut-être était-ce parce qu'ils avaient jugé qu'elle était trop vieille pour ces enfantillages... La fin d'une époque... La fin de son innocence...

Les deux déesses arrivèrent à la boutique sur les coups de 11 heures, pile au moment où Urahara l'avait proposé : avec un Renji parti se coucher après sa garde, qui n'avait pas été de tout repos, les Hollows arrivant sans cesse très régulièrement depuis le Hueco Mundo et un Shinji en patrouille qui subissait probablement le même sort, ne restait plus que les locataires habituels de la boutique, et un Hisagi qui avait la réputation de savoir tenir sa langue. Ils seraient donc à leur aise pour échanger sans être dérangés. Urahara s'assura cependant qu'Orihime se s'opposât pas à la présence de Matsumoto, puis ayant recueilli son assentiment, les firent descendre au sous-sol. Le choix du lieu lui semblait étrange, s'il voulait simplement discuter mais il ne tarda pas à lui expliquer les raisons de sa demande.

- Inoue-san... Je pense qu'il serait utile de faire le point sur vos pouvoirs. Énonça le scientifique.

- Mais je croyais que je ne pouvais pas les utiliser, à cause du... bracelet. Demanda-t-elle un peu perdue.

- Il y a eu méprise... Je vous ai expliqué qu'ils seraient probablement moins efficients, voire que vous rencontreriez des difficultés à les utiliser, pas que vous ne devriez plus le faire. Au vu de la situation actuelle, il serait même... bénéfique que vous puissiez apprendre à les utiliser malgré vos restrictions. Ce serait une mesure de protection supplémentaire.

- Je ne comprends pas. Quel danger est-ce que je cours ? Quelle est la situation actuelle ?

- Ma pauvre Orihime-chan ! On aurait du commencer par là... Les Hollows recherchent le « mouvement » ! Ils ont pris goût à cette invulnérabilité et veulent l'utiliser pour envahir le monde réel. Commença à expliquer Rangiku Matsumoto.

- Le bracelet ne bloque pas les effets du Néant ? Et puis vous aviez dit être incapable de le retrouver s'il n'était pas... implanté dans mon âme... Comment pourraient-ils le trouver dans ces conditions ?

- Le bracelet bloque ces effets, mais vous êtes en train de vous épuiser à maintenir la source d'énergie qui l'alimente, ce qui tôt ou tard provoquera des défaillances du dispositif. L'éclaira Kisuke. Dans le même temps... le pulsateur et vos pouvoirs combinés créent en réaction une énergie inattendue mais assez reconnaissable. Il faut renforcer vos pouvoirs... Parce dans ces conditions, vous êtes une cible de choix.

Le corps d'Orihime devint lourd comme une pierre, et les douleurs qu'elle ressentait depuis la veille se firent encore plus aiguës. La situation semblait toujours aller de mal en pis.

- Est-ce que... Je vais mourir ? Demanda-t-elle soudain avec un détachement qui effraya Matsumoto et qui surprit Urahara.

- Non, vous n'allez pas mourir Inoue-san, du moins, pas si vous vous battez.

La voix d'Urahara s'était étonnamment durcie et Matsumoto n'en comprit pas la raison.

- Nous voudrions... Que vous muscliez vos pouvoirs, afin qu'ils continuent d'alimenter le pulsateur. C'est encore l'option la moins dangereuse, le temps que la réaction pouvoir/pulsateur ne s'équilibre.

- Qu'est-ce qui se passera ensuite ? Demanda-t-elle encore, la voix toujours éteinte et détachée.

- Eh ben tu vas devenir encore plus forte dès qu'il faudra soigner les gens, Orihime-chan. S'était écriée joyeusement Rangiku, espérant ranimer la jeune fille qui semblait lointaine.

Urahara avait bien compris que ce n'était pas de cela dont elle parlait. D'ailleurs, il avait saisi qu'il ne parlait plus vraiment avec Inoue Orihime.

- Je ne sais pas, Inoue-san, cela dépendra en grande partie de vous. En attendant, je voudrais que vous puissiez nous montrer tous vos pouvoirs à l'œuvre, dit-il en abattant Benihime brusquement sur la jeune fille.

Ses pupilles se dilatèrent. Elle n'avait pas esquissé un geste. Un bouclier de protection s'était élevé entre elle et la lame. Elle ne l'avait même pas invoqué. Matsumoto était restée interdite.

- Le temps de réaction est un peu lent... La solidité du bouclier semble de bonne facture, mais par contre, pas de renvoi d'énergie... Intéressant... Analysa-t-il.

- Urahara, vous ne m'aviez pas parlé de ça ! Hurla Matsumoto. Ça va pas de nous faire des frayeurs pareilles ! Imaginez qu'elle ait réagi trop tard ! Vous auriez pu la blesser !

- Inoue-san, pourriez-vous essayer d'invoquer votre pouvoir offensif, s'il vous plaît ? L'ignora le scientifique.

- Tsubaki ? Euh... Je ne suis pas sûre de... d'arriver à... le maîtriser... Avait-elle bafouillé.

Malgré l'affection qu'elle portait à toutes ses fées, quelque chose lui disait de ne pas faire appel à la plus colérique des six, Peut-être parce qu'elle ne l'avait plus appelé depuis qu'il avait été pulvérisé par Yami. Ou bien était-ce pour une toute autre raison qu'elle n'arrivait pas à s'expliquer.

- Essayez, je vous prie. Nous sommes dans le sous-sol, il n'y a rien à casser ici... insista Urahara.

La jeune humaine respira plusieurs fois, inspirant et expirant lentement comme si elle savourait l'air pour la dernière fois. Elle ferma les yeux puis elle murmura :

- Koten Zanshun. Tranche.

Si elle eut la surprise de sentir la garde d'une épée dans sa main, l'objet ne pesait rien. Quand elle ouvrit les yeux, un cri d'animal à l'agonie sortit de sa gorge. Suite à son invocation, c'était Murciélago qu'elle brandissait. Elle fit instinctivement le mouvement de la jeter loin d'elle et aussitôt l'épée se dispersa en cendre.

Orihime tremblait de tous ses membres. Elle savait bien que le Néant était les restes d'Ulquiorra, elle avait intégré qu'il avait trouvé refuge dans son âme, mais c'était une toute autre chose que de voir l'arme mortifère de l'Espada numéro 4 se matérialiser à sa demande. La situation cessait très brutalement d'être théorique. Urahara de son côté semblait songeur. Il lui faudrait probablement des trésors de persuasion pour convaincre la jeune fille de se servir de la nouvelle arme qu'elle avait à sa disposition, mais il était convaincu que pour son salut, il le fallait.

- Eh bien, eh bien Inoue-san ! Vous nous cachiez un tel pouvoir ! Cela nous aurait été bien utile lors de la dernière attaque sur Karakura !

- En fait... Je l'ignorais, Urahara-san. Souffla-t-elle, encore sous le choc.

- Un pouvoir pareil doit être maîtriser pour ne pas représenter de menace, n'est-ce pas ? Demanda-t-il.

C'était terriblement sournois, même pour Urahara Kisuke. La question était purement rhétorique, il savait parfaitement comme y réagirait la jeune humaine.

- Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez vous, Urahara ? C'est quoi le plan ? Orihime-chan, se battre avec un zanpakuto, et puis quoi encore ? Ce n'est pas du tout elle ! Pourquoi il faudrait tout à coup qu'elle apprenne à manier un sabre ? S'étonna avec colère la pulpeuse Shinigami.

- Pour la même raison que Kurosaki-san a appris à maîtriser son Hollow, enfin, du moins, qu'il essaie... Répondit-il posément. Si Inoue-san n'utilise pas tous ses pouvoirs, ils vont s'atrophier. Le pulsateur à particules modifié cessera de fonctionner. Et alors, avant qu'elle ne disparaisse pour toujours dans le Néant, il la possédera complètement. Qui sait ce qu'il veut faire d'elle... Apprendre à réutiliser ses pouvoirs lui donnera davantage de... résistance, quand le pire adviendra et ne rendra que plus efficient le pulsateur.

Évidemment, expliqué avec ordre et logique, cela semblait être la meilleure chose à faire. Orihime avait noté qu'Urahara n'avait pas dit « si » mais « quand ». Quand le pire adviendra. La liste de ses déceptions et des rêves qui s'écroulaient s'allongeait. Elle ne partirait pas à Hokkaido étudier avec Tatsuki. Le bon sens et la prudence lui imposait de rester à Karakura... Il n'y aurait pas de vie d'étudiante avec sa meilleure amie. Elle ne serait par conséquent jamais ni médecin, ni astronaute, ni architecte. Il n'y aurait pas de voyages à l'autre bout du monde, dans des contrées exotiques et inconnues. Il n'y aurait pas de beau mariage ni flopée d'enfants roux. Le choc commençait à être difficile à encaisser et elle aurait vraiment eu besoin du soutien de Tatsuki en cet instant. Matsumoto avait senti que la jeune fille était au bord de l'effondrement et en effet, ses larmes s'étaient mises à couler. Mais elles coulaient tellement ces derniers temps, que c'est à peine si Orihime les avait remarquées. La pulpeuse Shinigami l'avait entourée de ses bras et avait continué de lui caresser les cheveux. La jeune fille sentit sa pression artérielle se stabiliser à la baisse. Elle renifla puis énonça courageusement :

- D'accord... Urahara-san. Je... je vais le faire. Je vais essayer d'apprendre.

- Dans ce cas, Inoue-san... Nous allons établir un programme. Je vous propose de venir ici, tous les jours, afin de progresser au maximum et le plus rapidement possible.

- Mais, et les cours ? Je... je ne peux pas laisser tomber le lycée !

- Essayons de voir votre progression au jour le jour, nous pourrons ensuite déterminer l'intérêt de décrocher votre diplôme.

Ce fût un nouveau coup dur pour la pauvre Orihime. La jeune fille s'effondra, trahie par ses jambes sans force. Pourtant, elle répondit :

- Je vois...

- Nous pourrons profiter de l'expérience en combat de Matsumoto-san, de Yoruichi-san... et je suis sûr qu'Hisagi-san ne s'opposera pas prêter son concours. Quant à moi, je me tiendrai en retrait pour l'observation et les mesures scientifiques.

Il avait l'air tout à fait réjoui par ce nouveau sujet d'étude, et Matsumoto constata une nouvelle fois que sa réputation de tête à claques n'était pas usurpée. Alors que la jeune fille s'apprêtait à rentrer chez elle, encore sonnée par tout ce qu'elle venait d'entendre, par tous les changements et les adaptations qu'elle allait devoir faire dans sa vie, Urahara lui porta le coup de grâce.

- Inoue-san, il nous faudrait également un médecin pour surveiller vos constantes vitales et votre état de santé général... Kurosaki Isshin-san semble tout à fait indiqué.

… … … … … …

Ainsi, le lundi matin, Inoue avait pris la direction opposée à celle de son lycée et avait rejoint la boutique de bonbons d'Urahara Kisuke, qui n'avait pas négligé de l'organisation de sa formation. Elle découvrit donc l'emploi du temps de ses prochains jours, noté avec le plus grand soin sur une fiche bristol avec les matières prévues toutes les demi-journées et le nom des « professeurs » : « base de maniement de zanpakuto » avec Yoruichi-san, « Bouclier » avec Ururu-chan (devrait-elle bloquer les tirs lancés à la roquette par la petite fille ?), « Soins » avec Tessai-san, « Méditation » avec Matumoto-san. Mais elle s'étonna quand elle découvrit toute la journée de mercredi, prévue avec le lieutenant de la Neuvième Division sous l'appellation « Reiatsu et Kido ». Est-ce qu'ils s'attendaient vraiment à ce qu'elle utilise sa force spirituelle agonisante pour... lancer un sort ? Elle se demanda si elle n'était pas en plein délire, causé par on ne savait quelle nourriture pas fraîche et consommée dans le plus grand excès la veille devant la télévision. Et puis chaque jour, un créneau était réservé à Kurosaki Isshin... Étonnamment, c'était ce qui la mortifiait le plus. Le médecin était doux, patient et faisait montre d'un professionnalisme irréprochable. Mais il n'en était pas moins le père de l'homme qu'elle aimait et le voir tous les jours ne la laisserait pas oublier ce qu'il aurait fallu mettre de côté pour pouvoir être l'élève attentive et appliquée qu'on attendait qu'elle soit. Yoruichi-san, qui semblait avoir compris d'où pouvait venir le problème lui avait tout de suite confisqué son portable. Elle avait argumenté que la jeune fille ne devait pas être distraite par quoi que ce soit au moins jusqu'à la fin de la semaine. Orihime eut juste le temps de prévenir Tatsuki de ne pas s'inquiéter de son absence en cours et les leçons commencèrent.

Au début, la femme-chat avait voulu entrer dans le vif du sujet, mais devant l'évidente répugnance de l'humaine à utiliser son pouvoir offensif, elle mit dans ses mains un bokuto (*sabre en bois japonais) et commença l'initiation. Mais malgré toute sa bonne volonté, Orihime usa la patience de l'ancienne capitaine de la Nibantai, ne réussissant ni à attaquer, ni à parer. Elle s'en sortit mieux avec l'entraînement concocté par Ururu, qui avait été très simple : des attaques à une puissance qui allait crescendo lancées contre son bouclier. Là encore, l'attentif Urahara n'avait pas noté de renvoi proportionnel d'énergie.

Puis la journée s'était terminée, et elle avait été auscultée par Isshin, qui avait pratiqué un examen clinique tout à fait classique, écoute du cœur avec son stéthoscope, prise de tension, test des réflexes en plus d'un questionnaire très détaillé sur ses habitudes alimentaires et autres. C'était des informations dont il avait déjà connaissance puisqu'elle avait séjourné chez lui trois semaines, mais il avait cherché à la mettre à l'aise en parlant de nourriture, parce qu'il savait que les questions suivantes risquaient d'être plus délicates. Elle lui avait confié avoir beaucoup de crampes musculaires, ses derniers temps, et un appétit relativement stable, mais elle aurait voulu être enterrée vivante et qu'on ne retrouve plus jamais son corps quand il lui avait demandé si elle était sexuellement active et si elle prenait une contraception. Tout médecin qu'il était, pourquoi fallait-il que ce soit le père de celui avec qui elle avait perdu sa virginité qui lui pose justement ces questions ? Elle avait secoué la tête négativement, mais elle pensa ne plus jamais être capable de le regarder sans que son visage ne vire tomate et ne se mette à brûler.

De son côté, Ichigo avait fait l'effort de se préparer pour le lycée malgré sa nuit blanche parce que Rukia avait très envie de retrouver ses camarades de classe. Elle avait aussi tenté de savoir pourquoi Inoue n'était pas venue à la réunion de samedi, mais il l'avait purement et simplement remballée. D'une, il ne voulait pas lui avouer qu'il n'en savait rien. De deux, connaissant Rukia, elle cherchait à comprendre pourquoi il n'en savait rien et il avait suffisamment été traumatisé d'avoir été cramé par son père pour avoir envie d'en parler avec quelqu'un d'autre. Quand ils arrivèrent, Keigo les avait accaparés en geignant très lourdement sur les sévices qu'il avait subis de la part de Madarame et de l'effroi que lui causait l'éventualité qu'il devienne un jour son beau-frère, tant sa sœur avait été aux petits soins pour lui. Ichigo n'avait pas essayé d'arrêter les imprécations d'Asano. D'une, cela lui servait d'excuse pour ne pas avoir à adresser la parole à Ishida et éviter Sado, et puis en faisant mine de l'écouter, il pouvait se concentrer à ressentir l'arrivée d'Inoue et Tatsuki, toujours ensemble le matin. Mais les cours commencèrent et à la pause de 10h00, il était clairement apparu que ce n'était pas une panne de réveil qui tenait les deux jeunes filles éloignées des bancs du lycée. Ichigo rongeait son frein, mais personne à part lui ne paraissait s'en inquiéter. Leur groupe d'amies semblaient dire que Tatsuki était en voyage. Probablement qu'Inoue l'avait accompagnée ? C'était bizarre mais vraisemblable. Et puisque ni Sado, ni Ishida, ni Rukia ne voulaient s'en alarmer outre mesure, il se retint de courir chez elle. Il avait perdu le droit de se mêler de ses oignons quand il avait pris la décision de la quitter et puis sa résolution à la maintenir à l'écart de son potentiel destructeur ne pouvait être que renforcée en constatant qu'elle continuait sa vie et qu'elle ne s'en portait pas plus mal. La douleur d'être séparée d'elle ne commençait pas à cicatriser pour autant. Il voulait la protéger de lui, et l'écarter du danger, pas ne plus jamais la revoir. La semaine dernière, elle l'avait saluée avec ses habituels « ohayo, Kurosaki-kun » et bien qu'elle semblât plus fatiguée, moins joyeuse, elle était là, près de lui en cours. Assis un rang derrière elle mais au centre de la classe, il lui avait été facile de la regarder, même s'il s'était interdit de le faire... Car si seulement il avait continué de refuser de poser son regard sur elle, jamais il ne lui aurait fait autant de mal ! Alors peut-être que la jeune fille lui en voulait tellement qu'elle souhaitait mettre le maximum de distance entre eux. Partir Dieu savait où avec Tatsuki, sans rien en faire savoir à personne, comme une punition bien méritée pour n'avoir pas su maîtriser ses pulsions, pour l'avoir blessée au-delà des mots.

Le lendemain, Orihime fut mise aux travaux pratiques par Tessai d'une façon qui la bouleversa tellement qu'elle sentit les crampes faire tressauter tous les muscles de son corps. Il avait été chercher des animaux dans plusieurs cliniques vétérinaires de la ville, et lui avait demandé de les soigner. Certains étaient malades, d'autres âgés en fin de vie, d'autres encore victimes d'accidents domestiques ou de la route. Tous, elle les avait soignés en un temps record. Les plus âgés semblaient avoir une nouvelle jeunesse, elle avait nié l'existence de leur maladie, avait réparé leur fracture, et leur avait rendus leurs petits membres amputés. Tessai avait dit qu'il n'avait rien à lui apprendre de plus à ce sujet. Urahara avait confirmé que le Néant amplifiait ses capacités déjà hors du commun. Mais il se questionnait pour savoir si son action avait eu lieu avant qu'elle ne porte le pulsateur ou si le Néant avait déjà commencé à fusionner avec elle, sans lui faire part de cette hypothèse. Cela signifiait que le pulsateur miniaturisé avait déjà souffert de quelques avaries et n'avait fait que freiner les effets du Néant, sans les bloquer complètement. Cela expliquait aussi pourquoi elle pouvait se servir de ses pouvoirs avec une efficacité à laquelle ne s'était pas attendu le scientifique. Il était donc impératif de poursuivre l'entraînement.

L'après-midi avec Matsumoto-san lui fut très agréable, en comparaison de cette matinée très éprouvante et Orihime apprit beaucoup de choses intéressantes : comment dissimuler son reiatsu ce qui pouvait être utile si elle voulait se cacher d'un ennemi, comment méditer pour l'introspection, ainsi que les méthodes des Shinigamis pour aller au fond de leur âme et rencontrer leur zanpakuto. La superbe vice-capitaine de la Dixième lui avait aussi expliqué que chacun avait son propre univers intérieur et que le faire visiter à quelqu'un était en théorie possible, mais très compliqué et encore plus intime que faire l'amour. Le cœur de la jeune fille se serra et une boule se forma dans sa gorge. Les explications de Rangiku lui avaient fait comprendre toute l'horreur de sa situation et son caractère particulièrement obscène. Elles avaient ensuite testé plusieurs méthode de relaxation et par des exercices de respiration, Orihime avait commencé à entr'apercevoir son monde intérieur à travers un voile brumeux. Cependant, elle rebroussa chemin au milieu de la pratique, mal à l'aise devant l'éventualité d'y croiser Ulquiorra. Comme ni Urahara, ni Matsumoto ne pouvaient être vraiment certains de ce qu'elle trouverait en elle, puisqu'ils ne pouvaient pas savoir si le Néant se matérialiserait, ni sous quelle forme il le ferait, il fut décidé de ne pas retenter l'expérience tant que la jeune fille n'aurait pas l'accompagnement adéquat. Urahara s'était toujours arrangé pour qu'Orihime ne croise pas le trop bavard Renji, ni l'extraverti Shinji, mais fondait beaucoup d'espoir sur l'excellent enseignement d'Hisagi, reconnu comme un grand maître de Kido depuis qu'il avait obtenu les meilleures notes jamais décrochées dans cette matière à l'académie Shinigami. Il avait donc une grosse pression sur les épaules.

Et puis de nouveau, la journée se termina par l'examen médical quotidien. Cette fois-ci, Isshin s'intéressa à la cause de ses crampes. Il exigea une nouvelle fois qu'Urahara s'en aille puisque la condition pour qu'il accepte de s'occuper de la jeune fille était un respect strict de la confidentialité praticien/patient et de son intimité. Puis il la questionna sur le début de ces crampes, leur localisation précise, le type de douleurs qu'elles provoquaient. Orihime lui fournit les réponses les plus détaillées possibles mais il soupira, visiblement désappointé. Puis, il lui sourit d'une aussi rassurante façon que possible et elle regagna son appartement, toujours accompagnée de Matsumoto. Mais lorsqu'Isshin fit son rapport à Urahara, il ne mentionna que ses constantes.

Pour la leçon du mercredi, Matsumoto, à qui ça avait été le tour de patrouiller durant la nuit, était restée se reposer et n'avait pas accompagné la jeune humaine. Hisagi avait subtilement insisté sur la nécessité d'être seul et au calme pour apprendre le Kido. L'unique œil visible d'Urahara avait brillé, et il avait répondu qu'il saurait se faire oublier. Soupir contrarié du lieutenant de la Kyuubantai.

Au début, Orihime s'était sentie très intimidée de se retrouver presque en tête à tête avec cet homme. Elle appréciait ses manières et sa délicatesse. Elle se souvint que lors de la fête de départ de Rukia, il avait été très attentionné, veillant à ce qu'elle ne manque de rien, à ce qu'elle ait toujours à boire et à lui faire passer les plats de nourriture avant de se servir. Quand elle l'avait soigné après la bataille de la fausse Karakura contre Aizen, elle s'était déjà fait la réflexion qu'il avait probablement été un samouraï tout dévoué à son shogun dans une autre vie mais ne se doutait pas qu'il l'avait en effet été dans cette existence-ci, et que la trahison dudit « shogun » avait laissé des traces indélébiles sur sa personnalité déjà profondément mélancolique.

Hisagi l'invita à s'asseoir sur un plaid, en tailleur, et lui demanda de mettre en pratique les exercices de respiration et de méditation que lui avait appris Matsumoto. Et puis, il prit sa main et traça des symboles dans sa paume. La sensation la déconcentra et elle retira vivement sa main. Il lui demanda de recommencer, toujours avec le même résultat. Voyant qu'il ne parvenait à rien, il devint pensif et la regarda droit dans les yeux. Elle lui trouva un air triste sans comprendre pourquoi elle le jugeait ainsi. Elle ne connaissait de lui que ce que Matsumoto-san en avait dit, et elle n'avait étonnamment pas dit grand-chose. Il soupira de nouveau.

- Vous savez Inoue-san, je n'aime pas mon zanpakuto.

Sa voix basse et chaude l'avait faite sursauter mais le chemin de sa pensée lui apparaissait nébuleux.

- Il est violent et cruel. Jamais un Dieu de la Mort n'a aussi bien porté son nom que moi. La forme qu'a prise cette partie de mon âme est celle d'une faux. Pour faucher la vie aveuglément, arbitrairement. Plus que le détester, j'en suis même venu à le craindre. Mais un jour, un homme bon m'a dit que l'essentiel pour se battre, face à un ennemi ou face à l'adversité, ce n'était pas la force. Il suffisait d'avoir un cœur rempli de la volonté de gagner. Vous comprenez ?

Elle ne l'avait jamais entendu parler autant... Mais elle fut émue aux larmes par ce qu'il lui disait, même si elle avait l'impression qu'un sens plus profond à ses paroles lui échappait encore.

- C'est une excellente chose d'avoir peur de votre sabre, ça signifie que vous êtes digne de l'utiliser. Quant à votre cœur, Inoue-san... Je... ne connais pas votre cœur. Dit-il en détournant les yeux. Mais votre âme est... elle est lumière.

Orihime resta interdite à ses paroles. Des larmes s'échappèrent encore de ses yeux, elle ne savait même pas pourquoi. Quand il proposa de reprendre l'exercice, elle accepta avec la volonté renouvelée de bien faire. Elle se remit à méditer, et de nouveau, elle aperçut ce voile de brume qui la séparait toujours de son monde intérieur. Elle devina quelques couleurs et quelques formes, comme le paysage d'un peintre impressionniste. Et puis Hisagi-san recommença à dessiner dans le creux de sa paume. Les larmes se firent plus abondantes mais c'était des larmes qu'elle aurait souhaitées retenir. Celles de la réminiscence du plaisir qu'elle avait ressenti quand un autre l'avait caressée aussi agréablement. Puis la honte s'immisça en elle, et elle retira encore une fois sa main comme si elle s'était brûlée. Hisagi soupira une nouvelle fois. Elle se mordit très fort la lèvre, se méprisant de lui faire perdre son temps. Il se leva, et lui tendit la main pour qu'elle fasse de même, puis il posa un genou à terre et la pria de recommencer l'exercice une toute dernière fois. Il espérait que la position lui ferait comprendre qu'il n'était qu'accessoire mais elle ne fit qu'augmenter le trouble de la jeune fille. Alors il lui murmura, si bas qu'elle pensa avoir mal compris, de ne pas se retenir. Une nouvelle fois, elle se concentra sur sa respiration, essayant de faire abstraction de l'homme agenouillé devant elle. Elle perdit le compte de ses respirations et son corps qui n'était jusqu'alors que tension s'abandonna à une douce chaleur qui la délassa. Elle se sentit flotter comme dans un rêve, et le lieutenant qui l'avait empêchée de heurter le sol, la porta, satisfait, jusqu'à la petite chambre douillette où elle pourrait commencer son voyage. L'esprit de la jeune fille passa le voile de flou qui marquait l'entrée de son monde intérieur sans difficulté et elle discernait mieux de seconde en seconde ce qu'il y avait derrière.

… … … … … …

C'était un paysage de landes infinies où s'épanouissaient des bruyères jaunes, roses et mauves. Elle reconnut également dans les fleurs qui poussaient, du muguet, des fleurs de pruniers et de cerisiers, des camélias, des chrysanthèmes et des iris la présence discrète mais rassurante des fées de son shun shun rikka. Et dans le ciel d'un bleu limpide, un astre hybride brillait, un soleil ayant la forme d'un croissant de lune. Partout, des milliers de petites lucioles colorées diffusaient leur luminescence pastel et rehaussaient la beauté du décor, lui donnant l'étrangeté et l'irréalité d'un rêve. Même lointaine, sa main ferme et rassurante qui la touchait. Mais elle comprit enfin que les symboles qu'Hisagi avait délicieusement tracé, c'était l'invocation d'un sort qui lui révélait les secrets de son âme. Elle ne pouvait pas imaginer le Néant habiter dans cette nature si luxuriante et si insolemment abondante. Mais elle ne douta pourtant pas que cet homme qui ne portait ni masque ni trou ni numéro, et qui s'avançait vers elle était l'entité qui voulait la dévorer. Si ce n'étaient ces grands yeux verts, et les larmes qui coulaient éternellement sur son visage, ce n'était pas Ulquiorra. C'était l'homme qu'aurait pu être le Cuatro. Elle entendit sa voix bien qu'il ne remuât pas les lèvres. Il disait qu'il aimait la lumière, les couleurs et la chaleur de son âme. Il disait qu'elle était à lui, qu'il voulait pour toujours toucher son soleil, parce que c'était comme être touché par la grâce. Il tendait la main, dans ce même geste qu'avait eu Ulquiorra la dernière fois qu'elle l'avait vu, en direction d'une petite fille rousse âgée de 3 ou 4 ans, mais là où dans les yeux du Cuatro, il n'y aurait eu que le vide, ceux de cet homme suppliaient douloureusement. Il ne le formula pas, mais ses yeux hurlaient qu'il ne voulait plus être seul. La souffrance visiblement ressentie par cet homme la dévasta, et, ne contenant plus son émotion, elle se perdit dans cette lande où soufflait un vent gémissant qui rassemblait des nuages annonciateurs de pluie.

… … … … … …

Quand elle ouvrit les yeux, elle était installée dans un lit. Elle reconnut la boutique d'Urahara. Kurosaki-san était penché au-dessus d'elle, soucieux. Urahara lui souriait.

- Bien dormi princesse ? Je savais qu'Hisagi-san était l'homme de la situation ! Qu'avez-vous vu, Inoue-san ?

- Oi, Kisuke ! Ces choses-là ne se demandent pas ! Gronda le médecin. Sors de là maintenant, que je m'entretienne avec ma patiente.

- Hai hai ! Obtempéra trop joyeusement le vendeur louche.

Orihime était encore sous le choc de cette expérience à l'intérieur d'elle-même. Mais plus encore de ce qu'elle avait vu. Isshin l'ausculta comme d'habitude, et lui posa quelques questions de routine. Il lui apprit qu'elle était restée plusieurs heures dans son monde intérieur, bien que ça lui avait semblé quelques minutes. Alors qu'il s'apprêtait à lui donner la permission de quitter son lit pour rentrer chez elle, elle paraissait troublée et il s'inquiéta.

- Tout va bien, Orihime-chan ?

- J'ai vu... un homme et aussi...

- Tu n'es pas obligée de m'en parler si cela te met mal à l'aise, tu sais.

- Non, c'est juste que... Il y avait aussi... un enfant... Une petite fille... Murmura-t-elle, troublée.

- Arff... Tu sais, notre psyché est compliquée et on peut y voir tout et n'importe quoi... Tranquillise-toi... C'est peut-être qu'il y a une partie de toi qu'il faut protéger comme un enfant. La rassura-t-il.

- Oui... Vous avez sûrement raison... C'est la première fois alors, j'ai été surprise, c'est tout...

Orihime le salua et rentra chez elle avec Hisagi qui avait tenu à la raccompagner en l'absence de Matsumoto, Le médecin soupira... Il était bien trop tôt pour le dire. D'un point de vue humain. S'il n'avait pas su que son fils, être hybride entre un Shinigami et une Quincy, hollowifié et à la pression spirituelle tout bonnement monstrueuse avait partagé une relation charnelle avec la jeune fille, il serait probablement passé à côté de cet infime changement dans son reiatsu, déjà mis à mal par un parasite. Mais la belle avait confirmé, sans le comprendre encore, ce qu'il n'avait jusque là que soupçonner, à sa plus grande joie. Il réfléchissait à comment le dire à Ichigo, un sourire béat sur les lèvres. Puis il pensa qu'il faudrait d'abord qu'elle s'en rende compte et probablement que quand ce serait fait, la future maman voudrait l'annoncer elle-même. Isshin s'apprêtait aussi à partir quand Urahara le rattrapa pour avoir son compte-rendu. Le médecin avait des scrupules à lui apprendre quelque chose avant la principale concernée, et puis il se dit qu'il n'aurait pas à le faire : Kisuke était très certainement déjà au courant et mais ça finirait en duel Engetsu/Benihime s'il s'avisait d'essayer de le cuisiner à ce sujet, la perversion du type ayant par le passé maintes fois été prouvée. L'information était couverte par le secret médical après tout et Orihime-chan l'avait autorisé à communiquer ses constantes, pas le résultat de sa vie intime.

… … … … … …

Ichigo, à cran, n'était bien nulle part. Les Hollows apparaissaient aléatoirement en ville, l'obligeant ainsi que Rukia, Sado et Ishida à esquiver les cours et ce n'était pas plus mal puisque quand il était assis en classe, la chaise vide d'Inoue sonnait comme le rappel douloureux qu'il avait puissamment merdé. D'ailleurs, au lycée, le scénario de l'absence de Tatsuki et Inoue qui s'était répété les jours suivants était devenu carrément inquiétant. Le groupe d'amies des deux jeunes filles se plaignaient de n'avoir pas de réponse à leurs messages et s'amusaient à dire qu'elles les snobaient, maintenant que Tatsuki était passée professionnelle, mais c'était l'explication optimiste à leur silence.

Même si toute la clique de Shinigamis venue en renfort depuis la Soul Society les secondait plus qu'efficacement, les combats incessants étaient épuisants. A ce rythme, on pouvait croire que le Hueco Mundo se serait vidé en quelques semaines. Les deux seuls qui ne se plaignaient pas de la situation étaient le troisième et cinquième siège de la Onzième Division, bien connu pour n'en avoir jamais assez de la castagne. Aussi bizarres que fussent leurs manières, leur présence était une bénédiction et les plaintes sans fin de Keigo représentaient un bien maigre tribut à payer pour avoir le luxe de dormir. En plus de la situation harassante qu'ils vivaient, Ichigo, déjà bien entamé par la décision qu'il avait prise mais qui lui avait laissé sa plus cuisante cicatrice, s'était violemment accroché avec Ishida. Ce dernier avait plaidé avoir agi dans son intérêt à la demande d'Isshin qu'avait réitérée Inoue quand elle avait été en état de le faire et à cet aveu, le cœur et les poings du suppléant se serrèrent. Comme il l'avait soupçonné, elle avait voulu le protéger, lui épargner les affres d'une mauvaise conscience, tout comme son vieux. Dans ces conditions, il lui semblait évident que Sado non plus n'avait pas pu faire autrement que de se plier à sa requête, sans compter le numéro de père éploré qu'avait probablement dû lui sortir Isshin. Même s'il était encore frileux vis-à-vis de son meilleur ami, il voyait dans son attitude contrite que le géant n'avait pas vraiment eu le choix, son grand cœur tendre ne pesant pas grand-chose face aux beaux yeux de la fille dont il était amoureux et l'autorité (toute relative) du père famille. Mais même sachant cela, une certaine distance s'était amorcée entre lui et ses deux amis, le lien de confiance distendue. Ishida et Chad, ignorant sa relation avec Inoue, ne pouvaient pas comprendre toute la palette des sentiments qui le traversait. Ce fût donc tout naturellement à Rukia qu'il incomba le rôle de lui remonter le moral à grand coup de « remue-toi, espèce de larve » et de frappes bien senties. Néanmoins le soir, depuis son placard, ayant bien compris que son humeur était des plus moroses, elle savait aussi trouver les mots pour lui donner l'énergie de continuer le lendemain. Elle ne voulait pas le voir triste, et il n'y avait selon elle aucune raison de l'être bien qu'elle eût des façons très personnelles de lui faire savoir. Il la sentait plus détendue, un poil plus patiente que la dernière fois qu'il l'avait vu mais quand il lui avait demandé si ça avait un rapport avec Renji, elle lui avait envoyé son coude dans l'estomac et lui avait ordonné de cesser ces bavardages. Ces moments de camaraderie partagés avec la petite Shinigami lui était comme de précieuses bouffées d'air frais en cette période pénible, même s'il se serait passé des coups.

Le 24 Décembre avait été un jour d'effervescence à Daichi : il y avait eu ce jour-là plus de déclarations en une journée qu'en un mois, tellement que le 26 au matin, tout le monde commentait encore cette deuxième saint-Valentin et l'ambiance, légère, était au flirt. Loin du délire, Ichigo, Rukia, Sado et Ishida faisaient le point sur les différentes attaques des derniers jours quand Ochi-sensei entra dans la classe, l'air profondément navré et exigea le silence. Ça n'avait pas encore sonné alors quelques-uns, dont Asano, s'amusèrent à imiter des cris d'animaux, histoire de bien lui faire comprendre qu'avant l'heure, c'était pas l'heure. L'enseignante s'assit à son bureau, et cette fois y mit les formes.

- Les jeunes, s'il vous plaît... C'est important.

Elle réussit à obtenir le calme dans la classe et réunissait à présent tout le sien pour leur annoncer la nouvelle qui était arrivée la veille en fin de journée dans le bureau des professeurs.

- J'ai... le triste, le très triste devoir de vous informer du décès dans un accident de voiture de votre camarade Arisawa Tatsuki, de sa mère ainsi du conducteur et d'un autre passager. Nous en avons été prévenus hier par son oncle. L'accident a eu lieu dimanche soir alors qu'elles rentraient de l'aéroport et serait dû au verglas. Il y aura une cérémonie au temple pour elles dans deux jours.

L'annonce avait été suivie de cris de tristesse, d'agitation et de sanglots. Plus personne n'avait la tête à étudier tant les cœurs étaient lourds. Toutes les filles s'étaient mises à pleurer, Michiru avait même fait un malaise et avait été accompagnée à l'infirmerie par Ryo qui n'en menait pas large et par Mizuiro, déconfit. Les garçons avaient gardé le silence, mais certains reniflaient bruyamment, Asano en tête. Ichigo avait inconsciemment retenu son souffle. Tatsuki, sa plus vieille amie, la seule de ses amis qui avaient rencontré sa mère. Celle qui le défendait contre les persécutions des autres enfants quand ils étaient mioches. Les derniers mots qu'il lui avait adressés avaient été durs, remplis de cette rage qui le caractérisait, pleins de cette haine qu'il éprouvait contre lui-même mais qu'il avait déplacée sur elle. Arisawa Tatsuki, une championne de karaté prometteuse et une camarade de classe appréciée. Tatsuki-chan, la meilleure amie d'Inoue...Ces jambes bougèrent avant sa tête, et il s'élança hors de la classe, sans prendre aucune de ses affaires et sans attendre Sado qui l'avait pourtant interpellé. Ochi-sensei n'avait pas dit qu'Orihime était avec elle, mais... Il y avait un autre passager dans la voiture et elle était introuvable. Il était incapable de calmer le flot de ses pensées. Elle était peut-être morte, alors qu'il l'avait éloignée de lui. Si elle était morte, la souffrance qu'il leur avait infligé n'avait servi à rien, pas même à éviter le pire. Si elle était en vie, quelque part, il était en train de vivre sa plus grande crainte depuis qu'il avait compris éprouver pour elle de tendres sentiments : une situation où il ne pouvait pas la protéger. Elle n'était pas dans ses bras, mais quand bien même elle l'eût été, rien ne pouvait lui épargner la douleur de la perte de sa meilleure amie, qu'elle aimait comme une sœur. Il se concentra, tout en courant pour localiser son reiatsu toujours absent et la détresse de son âme atteignit son cœur et ses poumons quand malgré tous ses efforts, il n'arrivait toujours pas à la percevoir. Elle n'était pas chez elle. Elle n'était pas à la boulangerie mais quand sa patronne lui avait indiqué qu'elle avait pris un congé cette semaine, tous ses sentiments se muèrent en désespoir. Il tomba à genoux, des larmes brûlantes et des hurlements qui lui déchirèrent la gorge. Il frappait des poings contre le sol jusqu'à ce que ses mains soient en sang. Où était-elle ?

- Oi boke... Lève-toi.

La voix de Rukia était dure, ses mots pourtant simples, très rudes. Elle avait pu le retrouver en suivant à la trace son reiatsu, mais pas en pistant ses déplacements de bête affolée.

- Tatsuki... est morte... et je n'ai pas pu la protéger... je ne sais même pas où elle est... Je sais même pas si elle est... M'éloigner d'elle... n'a pas suffit... Quoi que je fasse...

- Ce que tu dis n'a pas de sens ! Ichigo, personne ne te blâme de quoi que ce soit ! Arrête de t'apitoyer ! Tu as une amie, qui a besoin de toi, chez Urahara ! Maintenant ! Sado et Ishida y sont déjà... Ils l'ont probablement mise au courant.

- Je... j'ai pas le droit d'être d'agir comme je veux... J'ai... fait n'importe quoi ! Et Tatsuki... Tatsuki, elle a essayé de me prévenir... Elle voulait pas qu'on soit ensemble, mais c'était trop tard... Elle avait raison ! Je fais que la blesser... N'importe qui... sauf moi...

- Remets-toi ! Depuis quand est-ce que tu es devenu si lâche ? Arisawa n'est pas morte par ta faute ! Si t'as dit un truc qu'il fallait pas, excuse-toi ! Si t'as fait une erreur, répare-la ! Mais relève-toi comme tu l'as toujours fait ! Inoue... Elle va avoir besoin de tous ses amis pour surmonter cette épreuve... Elle va avoir besoin de toi. Alors relève-toi et tiens debout ! Pour elle.

Rukia n'avait pas tout compris du charabia du suppléant, probablement très secoué par la mort de son amie d'enfance mais réussir à le convaincre de se mettre en route était déjà une victoire en soi.

Ichigo n'avait plus qu'une envie : être auprès d'Orihime. Même s'il fallait pour cela passer lui expliquer pourquoi il avait pris la décision de la quitter, lui dire ce qu'elle n'avait pas voulu entendre et sceller pour toujours leur séparation. Le remord et la culpabilité finirent de remuer son âme et il eut l'impression de sentir le regard désapprobateur et désolé de Zangetsu. Le vieil homme lui avait dit d'écouter la voix qui arrêterait la pluie mais il n'avait compris que trop tard quelle était cette voix et il lui apparaissait maintenant douloureusement qu'on ne pouvait pas prendre de raccourci quand il s'agissait d'emprunter les chemins du cœur. La force brute était inutile. Gagner ou perdre était futile. Il devait juste être là. Peu importait s'il y avait du public, peu importait Urahara et toute la clique. Elle ne devait plus jamais être seule. Il ne formerait plus jamais un couple avec elle, mais il pouvait réparer ce qu'il avait fait, redevenir l'ami qu'il avait été et être le soutien dont elle aurait besoin, même s'il craignait toujours de la blesser, voire pire. Orihime serait toujours à lui, peu importait que Tatsuki ne lui eût pas donné sa bénédiction. Ce qu'ils avaient partagé était à jamais écrit et rien n'effacerait cet instant infinitésimal où avec elle, il avait touché l'éternité. Peu importait qu'il en fût digne ou pas, il ne lutterait plus. Peu importait qu'elle lui pardonnât ou non, il ne se défilerait plus.

A l'approche de la boutique, l'atmosphère était lestée de plomb. Ichigo se précipita à l'intérieur et entendit des pleurs et des cris. Ceux d'Orihime, à n'en pas douter, qui provenaient du sous-sol. Quand ils descendirent, il fut écrasé à la vue de celle qu'il voulait protégé. Terrassée par le chagrin, inconsolable, Orihime dont le visage était ravagé par les larmes, était dans les bras de Sado, la joue contre son torse. Il savait que ce n'était pas le moment d'éprouver de la jalousie, mais il ne put empêcher les mots de Tatsuki de revenir le frapper violemment. C'était Sado qui avait été l'ami fiable sur qui elle avait toujours pu compter. Celui qui l'avait sauvée quand son cero avait failli la tuer. Celui qui la consolait alors qu'elle vivait une des plus grandes douleurs de sa vie. Le géant l'entourait fermement, et à la voir, il doutait qu'elle puisse tenir debout toute seule. Ses bras pendaient mollement mais tout son corps était agité par des tremblements à la limite de la convulsion. Elle n'articulait aucun mot, étouffée par les sanglots et la tristesse. Ichigo s'approcha d'elle doucement et posa la main sur son épaule.

- Inoue... Je suis désolé... On est là. On est tous là.

Il n'avait rien trouvé d'autre à dire. Sado lui avait fait la muette demande de le remplacer. La jeune fille, entendant la voix du suppléant et sentant sa main sur elle se détendit et ses jambes se dérobèrent sous elle, obligeant le géant à resserrer sa prise. Ensuite elle repartit dans des sanglots qui l'empêchaient de respirer. Si elle avait pu élaborer une pensée, elle aurait souhaité être dans les bras de Kurosaki, sa chaleur et son odeur étaient les seules choses qui auraient pu l'apaiser un peu et l'accompagner vers un sommeil où elle n'aurait pas suffoqué, vers un repos qui n'aurait pas déchiré son cœur, et le réveil dans cette réalité où Tatsuki n'était plus aurait été possible, à défaut d'être acceptable. Il lui semblait que tout ce que contenait son cerveau tournait de plus en plus vite et se mélangeaient pour lui faire vivre ce cauchemar éveillé : Tatsuki avait eu un accident / Consoler cette enfant qui pleurait, ou bien était-ce cet homme ?/ Où était Tatsuki ? / Travailler à la boulangerie pour avoir son diplôme / Tatsuki n'était plus / Kurosaki parasitait son âme et elle s'était offerte à cet homme / Tatsuki l'avait quittée.

Mais Ichigo avait vu dans sa réaction la marque de son rejet, la preuve que même dans son affliction, elle ne voulait pas de lui, qui l'avait tant blessée. Il avait pris la décision de rester près d'elle malgré tout, de ne plus faillir à la mission de la protéger. Au moins pour ne pas donner raison à Tatsuki, mais surtout parce qu'il aurait tout donné pour que plus jamais elle ne pleure. Mais à cet instant, il avait l'impression que sa présence si près d'elle lui faisait plus de mal que de bien alors il s'écarta un peu.

Ishida, le visage fermé qui retenait toute émotion, était en train de parler à l'écart avec Kisuke et Yoruichi. Ichigo s'approcha d'eux, à défaut de pouvoir s'approcher d'Orihime, Rukia sur ses talons. Elle semblait plus s'inquiéter pour lui que pour leur amie endeuillée.

- Cet entraînement l'aide-t-il vraiment à développer ses pouvoirs ? Demanda Ishida.

- C'est ce que nous souhaiterions... mais...

- Elle n'est pas douée, comme on pouvait s'y attendre, coupa sévèrement Yoruichi. Et évidemment, maintenant, son état émotionnel ne va pas aider.

Ichigo, qui prenait la conversation en cours de route, ne comprenait pas l'intérêt de l'échange ce qui embrasa son anxiété. On lui cachait quelque chose et il n'aimait pas ça. L'anxiété se traduirait par de la nervosité et de la colère, et il savait que dans ces cas-là, il avait plus de mal à empêcher son monstre intérieur de se manifester.

- Ne faudrait-il pas l'emmener à l'hôpital ? Je pourrais appeler mon père. Proposa le Quincy.

- Nous avons déjà contacté son médecin personnel, Ishida-san. L'informa Urahara. Inoue-san a... des besoins spécifiques. Précisa encore le scientifique, en regardant Ichigo.

- À cause de son reiatsu ? Demanda Uryu.

- Il a quoi son reiatsu ? Réagit immédiatement Ichigo.

- Tu n'as pas senti qu'il s'amenuisait d'une façon... étrange ? Répondit Rukia surprise, en cherchant ses mots.

- Kuchiki-san, tu sais bien que Kurosaki est loin d'être doué. Retorqua le brun à lunettes.

- Ishida, je vais vraiment te crever ! Toi, par contre, tu le savais ! Et tu m'as encore rien dit ! Commença à s'emporter le Shinigami.

- Je ne suis pas responsable de ton incompétence à lire un reiatsu ! Répliqua encore le Quincy excédé en remontant inutilement ses lunettes.

- Temae, je suis pas incompétent, c'est juste... Et puis merde ! Qu'est ce qu'elle a ! Hurla-t-il.

- Ichigo ! Ishida ! Ce n'est pas le moment ! Vous venez de perdre une camarade et Inoue est bouleversée. Les tempéra avec autorité Yoruichi.

Urahara signifia à Sado d'accompagner Inoue à l'étage dans une chambre. La pauvre petite n'avait pas besoin d'entendre ses amis se disputer à son sujet, même s'il était sûr qu'elle n'était pas en état de se concentrer sur leur conversation. Néanmoins Ichigo ne pouvait pas passer à côté de ce qu'il entendait. Il s'était imaginé le pire depuis plusieurs jours, n'était pas parvenu à sentir sa présence, jusqu'à basculer dans la folie quand il l'avait crue morte, alors que ses amis semblaient savoir depuis le début où elle était et ce qu'elle faisait. Le sentiment de trahison lui tordit les tripes, la colère sourdait en lui et l'envie de taper sur quelqu'un commençait à venir. Aussi il ne se retint plus malgré l'intervention de la femme-chat.

- Vous saviez tous où elle était, depuis tout ce temps, vous êtes tous au courant qu'elle... que son reiatsu... qu'il y a un truc qui cloche et vous me l'avez pas dit ? Mais putain de merde... Est-ce vous croyez vous aussi que je vais lui faire du mal ? Est-ce que m'éloigner d'elle ne suffit pas ? Dit-il la voix basse et éraillée par un mélange de colère, de frustration et de peine qui l'étouffait. Que pouvait-il faire de plus, si ses amis confirmaient ce que lui-même redoutait? Pouvait-il vraiment leur en vouloir de s'inquiéter pour Inoue comme l'avait fait si justement Tatsuki?

- Mais enfin pourquoi j'aurais du te dire un truc que tu étais sensé savoir ? Rétorqua la petite Shinigami. Et puis qu'est-ce que tu racontes ? C'est pas le moment de s'éloigner d'elle, c'est maintenant qu'elle a besoin de ses amis !

- Je voulais juste la protéger ! Son reiatsu... C'est de ma faute ? C'est à cause du cero qu'elle...

- L'état d'Inoue-san n'est pas directement lié à sa rencontre malencontreuse avec votre cero, même si votre... participation semble évidente. Répondit Urahara, sibyllin.

- Attends, quoi ? Parle clairement, j'en ai marre de ton foutu charabia ! S'énerva Ichigo.

- Kisuke ! Si Inoue avait voulu en parler, elle l'aurait fait elle-même ! Affirma Yoruichi pour lui intimer le silence.

- Laissez-le parler, Yoruichi-san, il l'a trop ouvert pour se taire maintenant ! Tonna le suppléant.

- Urahara, Inoue-san est-elle en danger ? Demanda plus posément mais avec anxiété le Quincy.

- Maaa... Elle ne court pas de danger immédiat. Commença-t-il. Nous l'avons invitée à s'entraîner avec nous pour qu'elle renforce ses nouveaux pouvoirs. Elle ne voulait pas vous inquiéter et n'en a parlé à personne.

- C'est à cause de ses pouvoirs que son reiatsu... s'effiloche ? C'est bizarre comme explication... souleva une Rukia suspicieuse.

- Nous travaillons à comprendre les causes du changement dans ses pouvoirs et dans son reiatsu. C'est elle qu'il faudrait questionner, mais je doute qu'elle soit en ce moment disposée à vous répondre... Dit-il un air faussement ennuyé.

- Ouais, ben je lâcherai pas l'affaire. Et j'ai pas oublié qu'elle porte ta putain de camelote au poignet ! N'en démordit pas Ichigo.

A l'étage, Matsumoto était revenue avec le « médecin personnel » d'Orihime et Ichigo fut déçu mais pas surpris en découvrant que c'était son père. Sado avait installée Orihime dans la petite chambre et Isshin l'avait trouvée si agitée et affligée qu'il avait décidé de lui faire une piqûre de calmant avec un léger sédatif. Matsumoto était à son chevet et lui passait un linge frais sur le front, lui murmurant des paroles apaisantes. Elle fut soulagé quand la respiration de la pauvre humaine se calma, et qu'elle réussit à s'endormir, même si son corps était par moment encore secoué de sursauts. Elle avait beaucoup de peine pour cette petite sœur, qui traversait autant d'épreuves douloureuses en si peu de temps. Sado n'avait quitté la chambre que lorsqu'elle s'était endormie et qu'Isshin lui eût assuré qu'elle ne se réveillerait pas avant le lendemain matin. Dès qu'il fut sorti, Ichigo entra dans la pièce, et sans prêter attention à la pulpeuse Shinigami, il s'assit près d'Orihime. Matsumoto avait eu envie de lui dire de garder ses marques d'affections pour quand il serait un grand garçon, mais quand elle vit la tendresse, l'inquiétude et la douleur dans les yeux ambrés du suppléant, son intuition lui intima de le laisser faire. Ce n'était pas à cause du remord qu'il était entré dans la chambre, la honte ne l'avait pas non plus empêché de le faire. Elle comprit qu'en cet instant, elle était de trop et elle prétexta aller chercher de l'eau fraîche pour sortir.

Orihime avait senti la présence de tous ses amis quand elle avait été dans le coma, aussi Ichigo était persuadé qu'elle l'entendrait ce qu'il lui dirait, ou qu'au moins, ses sentiments l'atteindraient. Il prit une de ses mains dans les siennes, la caressa et la porta à sa bouche. Cependant, les mots qu'il voulait lui dire restèrent bloquer dans sa gorge. C'était probablement le genre de choses à dire en pleine lumière, en pleine conscience. Il caressa ses cheveux et se pencha sur elle pour l'embrasser. Mais encore une fois, même s'il voulait ardemment goûter ses lèvres, il dévia vers son front. Il avait déjà trop pris et trop brisé pour ajouter ce crime à la liste de ses fautes.

Isshin et Urahara s'étaient isolés pour échanger entre eux au sujet de la jeune fille. À n'en pas douter, le choc émotionnel aurait des répercussions terribles. Urahara pensait à l'avancée de Néant dans l'âme de la jeune fille, Isshin au conséquence sur la vie qu'elle portait, et tous les deux étaient très soucieux.

- C'est une réelle avancée qu'Inoue-san soit parvenue si vite à rejoindre son monde intérieur, mais le décès de sa meilleure amie va ralentir les progrès. Dit Kisuke, un air sincèrement peiné sur le visage.

- Tu vois Urahara, tes expériences sont pour l'heure le cadet de ses soucis... Souffla le médecin.

- La situation est vraiment très triste, en plus de devoir gérer si jeune ce genre de charges...

- Arff... Elle aura 18 ans quand le bébé naîtra. Il y a pire tout de même, ne parle pas comme si c'était la fin de sa vie ! C'est le début d'autre chose... Et puis je suis sûre que mon imbécile de fils se ravisera, au moins quand il verra la frimousse de son enfant.

Urahara ne répondit pas tout de suite. Il était clairement apparu qu'Isshin et lui ne discutaient pas de la même chose et là encore, il soupira de devoir reprendre le rôle de l'oiseau de mauvais augure. Isshin de son côté était persuadé qu'Urahara avait compris qu'Orihime attendait un heureux événement et que c'était ce qu'il entendait par « ce genre de charges pour un si jeune âge ».

- Je crains, Isshin, qu'il n'y ait pas d'enfant. Soupira Kisuke.

- C'est moi le médecin ici et je sais reconnaître une femme enceinte quand j'en vois une ! Son reiatsu s'affaiblit certes, mais un deuxième commence lentement à croître !

- Inoue-san est assurément enceinte. Cependant, je te rappelle que son âme abrite le Néant, ce qui fait de son corps un environnement particulièrement hostile pour une vie si fragile... D'ailleurs, la conception aurait probablement été impossible avec tout autre que ton fils. Je ne lui ai jamais dit qu'elle ne pourrait pas avoir d'enfant puisque la question ne se posait pas. Je n'avais pas envisagé qu'il puisse... Se réveiller à ses sentiments aussi vite.

- Oui, mais maintenant, le bébé est là ! S'obstina le futur grand-père, hermétique à ce que lui exposait Urahara.

- Pour combien de temps ? Tu vois combien Inoue-san se fatigue à combattre alors qu'elle est adulte. Cet amas de cellules n'a aucune chance face à la vacuité du Néant. Conclut douloureusement le scientifique.


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Bonjour à tous, merci d'avoir lu !

Un paquet de fraise tagada à ceux qui trouvent la référence des titres à partir du chapitre 8 (Mais c'est trop facile! - Je sais! C'est une ruse pour inciter les plus timides à laisser une review - C'est digne d'Urahara! - Oh merci *rougit* - C'était pas un compliment !)

Sérieux, vous ne savez pas combien les reviews sont importantes. Celles de Pluie de pétales Sakura sur le chapitre 7 m'ont permis de corriger un truc que j'avais franchement laissé passer dans celui que vous venez de lire, alors n'hésitez pas à me dire si quelque chose vous chiffonne, une fois que c'est publié, c'est un chouia trop tard. Certes, la fic est terminée de mon côté mais peut encore être sujette à quelques modifications, au moins mineures...

Désolée pour le cafouillage : je voulais poster aujourd'hui le prélude 8 mais je me suis trompée, j'ai posté le chapitre. Donc je ne vais pas vous faire languir, je vous poste les 2, my bad.