Never meant to belong
… … … … … … … … … … … … … …
Orihime Inoue avait disparu le jour où elle avait appris la mort de Tatsuki Arisawa.
Le médicament injecté par Isshin pour la calmer avait endormi sa conscience déjà très affaiblie pour laisser place à quelque chose qui vivait en elle, qu'elle ne maîtrisait pas et qu'elle n'avait fait qu'entrevoir lors de sa visite dans son monde intérieur. Quand la drogue avait commencé à se dissiper, et que toutes ses douleurs étaient peu à peu revenues grignoter sa raison, Isshin avait été contraint de lui refaire une piqûre. Comme elle n'avait pas pu se rendre à la veillée organisée pour les Arisawa mère et fille, beaucoup de ses camarades de classes, qui n'avaient pas compris sa réaction et l'avaient jugée comme un manquement inacceptable à l'amitié qu'elle disait vouer à la karatéka, s'étaient éloignés d'elle. La douce Michiru Ogawa s'était risquée à lui envoyer quelques messages mais sans le crier sur les toits. Seule Chizuru Honsho était allée la voir, mais Matsumoto avait fait barrage : la jeune fille n'était plus en état de recevoir de visites.
Chez Urahara, elle ne manquait de toute façon pas de compagnie, même si Renji et Shinji avait été rappelés en même temps que les membres de la Onzième, des Shinigamis gradés ne pouvant pas rester si longtemps éloignés de leurs obligations. Cependant, le Commandant-Capitaine Yamamoto les avait remplacés par d'autres recrues afin de gérer l'afflux toujours aléatoires de Hollows, et avait donné une permission spéciale aux lieutenants des Neuvième et Dixième Divisions qui collaboraient avec Urahara sur l'affaire concernant le « mouvement » et c'était au lieutenant de la Treizième, toujours très logiquement en charge de la surveillance du monde réel, qu'il était incombé de gérer la défense de Karakura. Ainsi, quand ce n'était pas Matsumoto qui était à son chevet, Rukia et Tessai se disputaient leur tour d'y être. Hisagi ne manquait pas de seconder la pulpeuse vice-capitaine de la Juubantai la nuit, quand tout le monde dormait. Isshin et les jumelles venaient tous les jours lui rendre visite. Yuzu s'occupait de ses cheveux et Karin s'efforçait de continuer à lui parler comme lorsqu'elle vivait chez eux. Le médecin s'assurait que son état ne se détériore pas, et suivait l'évolution de sa grossesse. Tous les jours, la petite voix d'Orihime-chan qui demandait toujours si poliment sa dose d'inconscience qu'il lui administrait, tous les jours avec de plus en plus de réticence.
Quand Ishida venait prendre de ses nouvelles, il essayait de lui changer les idées mais tout ce qu'il pouvait dire pour le faire était toujours plus ou moins lié au souvenir de Tatsuki et même si sa belle camarade ne semblait pas réagir, il craignait beaucoup d'aviver sa peine. Il l'aurait écoutée attentivement, il aurait été compréhensif, amical et soutenant, si seulement elle avait parlé ! Mais elle n'était qu'une ombre, qui respirait, qu'on nourrissait, dont les larmes parfois coulaient sans bruit mais qui n'avait plus d'âme. Il se sentait terriblement coupable d'avoir été celui qui lui avait annoncé la nouvelle qui l'avait anéantie. Certes, il n'était pas responsable de l'accident mais il se blâmait de ne pas avoir dit les choses autrement, de ne pas l'avoir préparée davantage au choc, de ne pas avoir attendu la présence de Kurosaki pour lui dire, ce qui aurait peut-être pu aider.
C'était un crève-cœur pour Sado de la voir ainsi. La fille si mignonne, adorable, ingénue et douce dont il était peu à peu tombé amoureux s'effaçait chaque jour davantage. Son visage se creusait et sa peau ternissait, comme si son corps avait déjà commencer un lent processus d'embaumement. Quand Ishida et lui étaient arrivée à la boutique d'Urahara, deux semaines auparavant, et avaient demandé à lui parler, il avait été plus que surpris de la trouver en train de s'entraîner au sabre avec Yoruichi-san. Elle s'était joyeusement avancée vers eux l'air un peu gênée, s'excusant de les avoir probablement inquiétés. C'était la première chose qu'elle avait dite. Pardon. Son visage était lumineux, mais ses yeux déjà voilés par une tristesse qu'il n'avait que rarement perçue chez elle et le plus souvent liée à Ichigo. La pensée tout à fait triviale qu'il avait eue à ce moment-là était qu'elle avait manifestement perdu ou cassé son portable, et qu'il leur faudrait lui apprendre la nouvelle. Sans trop de préambule, Ishida, qui cachait sa peine derrière son apparence glaciale et impeccable, avait dégluti et lui avait dit qu'un malheur était arrivé à Tatsuki. Pendant quelques secondes, elle n'avait pas eu l'air de comprendre que cela était grave et elle avait demandé où était son amie pour pouvoir la rejoindre au plus vite. Sado avait senti un frisson désagréable parcourir tout son corps quand il l'avait entendue prononcer ces mots à la formulation si prémonitoirement lugubre. Ishida lui avait alors annoncé qu'Arisawa avait trouvé la mort dans un accident de la route à quelques kilomètres de Karakura, alors qu'elle rentrait de son séjour à Sapporo. Inoue avait alors hurlé que ce n'était pas vrai, que cela ne pouvait pas être vrai, et puis elle avait invoqué un pouvoir qu'il n'avait jamais vu, et n'avait cessé de crier « je rejette ». Avait-elle rejeté l'idée de cette perte intolérable ? Ou avait-elle essayé, à distance, de réparer les dégâts de l'adversité ? Sado ne le savait pas, mais la vue de son corps qui s'était mis à trembler lui avait paru insupportable alors il l'avait prise dans ses bras et l'avait serrée contre lui, plus dans l'objectif illusoire d'empêcher son être de se disloquer de chagrin que pour l'aspect romantique que cela aurait pu représenter si le contexte avait été différent. Il l'avait maintenue contre lui et avait peu à peu senti son corps devenir froid comme une pierre tombale. Quand Ichigo était arrivé, il avait eu l'espoir que sa présence parvienne à la ranimer, mais quand celui qu'elle aimait l'avait touchée et lui avait parlé, le géant avait senti qu'elle fuyait plus loin encore et il avait du resserrer ses bras autour de ce corps vide qui chutait. Le regard du suppléant avait été atroce à soutenir : ses yeux débordaient des sentiments d'impuissance et de culpabilité qui l'habitaient. Pourtant Sado savait qu'Ichigo ne serait jamais venu pour faire de la figuration. Il avait aussi lu de la détermination dans ce regard. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé entre ses deux amis. La situation avait été tendue, et Ichigo n'avait pas voulu en parler. Mais qu'ils soient en couple, en passe de l'être, ou bien qu'ils ne le soient jamais, Sado savait que jamais Ichigo ne laisserait tomber un de ses amis. Jamais Ichigo ne laisserait tomber... Orihime.
Le fils d'Isshin venait la voir tous les jours et exigeait de rester seule avec elle. Comme tous savaient ou soupçonnaient les sentiments qu'elle entretenait pour lui, il n'y avait pas eu de raison de s'y opposer. Cela aurait d'ailleurs été indécent de l'empêcher d'essayer de la sortir de l'abîme où la douleur l'avait faite se retirer. Ni d'Urahara, ni son père ne lui avait donné d'explication satisfaisante concernant ce bracelet bizarre et la question était passée au second plan, puisque la plupart du temps, elle était endormie ou tellement abrutie de calmants qu'il n'y avait aucun moyen d'avoir avec elle la plus simple des conversations. Ses yeux autrefois si pétillants, ces regards embrasés par son désir et l'amour qu'elle avait pour lui n'existaient plus que dans ses souvenirs et ils s'éloignaient chaque jour davantage. Maintes fois, il avait essayé de lui demander pardon, de lui expliquer que même s'ils n'étaient plus ce que leur nuit d'amour avait promis, il tenait trop à elle pour la regarder dépérir. Mais il n'y avait plus que l'enveloppe de la femme qui l'avait aimé devant lui. Un matin, excédé à la vue de son père, qui préparait la seringue, il se saisit du flacon qu'il fracassa contre le mur.
- Je te tue si tu t'avises encore de lui injecter cette merde ! Dit-il d'une voix rauque.
- Fils, on ne peut pas la laisser souffrir de la sorte, c'est cruel mais...
- C'est pas elle, ça ! Elle s'est relevée après la mort de son frère ! Elle a pleins d'amis qui tiennent à elle... Elle ne peut pas... hurla-t-il, entre chagrin et colère.
- Tu as raison. Le deuil nous transforme en des gens que nous ne sommes pas. Souffla Isshin qui parlait d'expérience. Mais on ne peux pas non plus la forcer à sortir de son lit et à sourire.
- La fille que je connais... Elle serait sortie de son lit... et elle aurait souri... et ça m'aurait fait chier qu'elle fasse semblant... Mais chez Urahara, c'est pas la fille que je connais ! Si personne me dit ce qu'elle a, je vais vraiment péter un câble, putain !
- Ichigo... toi mieux que quiconque peut comprendre qu'elle veuille protéger ses amis de... d'une peine qu'elle pourrait leur causer ? Tatsuki, Sado, Ishida et... toi.
- Je vois pas le rapport ! Inoue est incapable de causer de la peine !
- Je vais commencer par alléger son traitement, pour la sevrer. Dans quelques jours, elle sera plus... en état de parler.
- Mais ça aussi, ça me fait chier ! T'arrête pas de me dire ça ! Mais elle me dit rien... Elle m'a jamais rien dit...
Les regards brûlant qu'elle lui avait lancé, sa voix qui lui avait murmuré « je t'aime », leur premier baiser qu'elle avait entrepris, et puis ce moment où elle lui avait manifesté sa volonté de s'unir à lui... Elle n'avait pas forcément utilisé que des mots mais il savait qu'il était injuste de prétendre qu'elle n'avait rien dit. Même après qu'il l'eût quittée, elle avait fait son possible pour continuer à se montrer égale à elle-même. Pour ne pas causer de peine à ses amis... Et le comble ! Peut-être même pour l'épargner. Il n'avait fait que rendre les choses plus compliquées, en s'éloignant d'elle pour la protéger, alors que c'était illusoire : il y avait des choses contre lesquelles il ne pourrait jamais la protéger. Il y aurait toujours des choses qui la ferait pleurer et il ne voulait plus la voir pleurer. Mais tout comme il ne pouvait pas arrêter la pluie, il n'était pas assez fort pour arrêter ses larmes.
Jour après jour, Isshin réduisait donc les doses de calmant qu'il lui injectait pour la ramener le plus doucement possible face à la réalité qu'elle devait finir par accepter. Quand la douleur de son cœur et les contractures de son corps s'étaient peu à peu de nouveau manifestés, elle avait regardé le médecin avec des yeux suppliants. Il n'avait pas fléchi.
Orihime sentait qu'elle avait perdu. Les chocs successifs qu'elle avait reçus avaient été semblables à de dévastatrices coulées de boue collante et visqueuse où elle s'était débattue mais qui avait fini par la piéger dans un endroit qu'elle ne connaissait pas où régnait le froid, la solitude et l'obscurité. La présence du fils Kurosaki lui provoquait plus de douleurs que de réconfort. Il s'inquiétait pour elle mais après avoir goûté au bonheur d'être à lui, c'était comme s'il piétinait les lambeaux de son cœur en s'obstinant à être son ami. Souvent, trop souvent, il lui demandait pardon. Dans sa bouche, ça sonnait comme des remords et c'était pour elle insoutenable. Il était vain de répondre; elle était trop fatiguée de pleurer.
Sans les drogues pour l'abrutir, avec le bracelet qui bloquait très majoritairement les effets du Néant, les douleurs de son âme meurtrie étaient devenues des douleurs physiques. Tout son corps était contracté et le moindre contact lui était insupportable. Une partie d'elle avait repris conscience et se rendant compte de ce qu'il se passait, voulait continuer de se battre et ne pas se laisser aller. Le reste n'était que souffrance et criait plus fort que sa raison. Elle cherchait parfois du soulagement en méditant, comme lui avait appris Matumoto-san et dans son monde intérieur, elle espérait toujours trouver un peu de la paix qu'elle n'avait plus. Elle n'y avait jamais revu cet homme qui l'avait réclamée avec une telle possessivité qu'elle s'en était épouvantée. Elle pouvait marcher des heures dans son monde intérieur sans noter la moindre variation dans la lumière de l'énigmatique astre qui l'éclairait. Quand parfois, elle entendait sans la voir les pleurs de la petite fille qui faisaient échos aux siens, des crampes suraiguës la ramenaient dans son corps faible et brisé. Et puis un jour, elle n'entendit plus rien qu'un vent qui hurlait dans cette lande déserte où les bruyères avaient fané.
Ce matin-là, Isshin était venu comme d'habitude et avait immédiatement noté son changement d'attitude. Contrairement aux autres jours, la jeune fille était sortie de son lit, s'était apprêtée et avait coiffé avec soin ses cheveux en tresse basse et surtout, il n'y avait plus de trace de larmes sur son visage. Il nota également une infime modification dans son reiatsu qui avait repris un peu de consistance bien que toujours étiolé comme le bout d'une vieille corde, et il était difficile de savoir maintenant ce qui appartenait à Orihime, au Néant ou à l'enfant qu'elle portait. Il y avait du bon et du moins bon dans cette soudaine volte-face. Mais l'optimisme d'Isshin le poussait à croire que cela ne pouvait être qu'une excellente chose qu'elle formulât le vœux de sortir prendre l'air, et il voulait que ces signes présageassent le désir de la jeune fille de remonter la pente. Il fit traîner l'examen médical, ralentissant exagérément le moindre de ses gestes pour qu'elle lui confiât ce qui l'avait motivée. Sa patience fut enfin récompensée mais il le regretta aussitôt.
- Je l'aurais appelée Hikari... Dit-elle comme si elle avait constaté qu'il commençait à pleuvoir.
Son ton lui glaça le sang, et le médecin se figea. Parmi toutes les fluctuations dans le reiatsu d'Orihime, il avait souhaité avoir mal interprété la sensation de cette petite braise qui s'éteignait loin du foyer. Il termina de l'ausculter sans ajouter un mot. La fausse-couche était précoce mais n'en restait pas moins traumatisante, une nouvelle plaie dans le cœur déjà en miettes de la douce amie de son fils.
- Je suis désolé, Orihime-chan... J'aurais voulu que … les choses soient différentes.
- Moi aussi. Murmura-t-elle.
Il n'avait plus rien à ajouter. Savoir quand elle l'avait su était inutile. Mais alors qu'il rangeait ses instruments dans sa sacoche, elle posa sa main sur la sienne.
- S'il vous plaît, dites-lui... qu'il n'y a plus rien à protéger.
C'est ainsi que le médecin comprit que la gentille Orihime avait rejeté l'espoir, l'amour, la vie. Il y avait encore tant à protéger, quoi qu'elle en pense et Isshin quitta la pièce dans l'idée qu'Ichigo était le seul qui pourrait la consoler. Encore fallait-il qu'il cesse d'être têtu et pour cela, il priait pour que Rukia parvint à lui faire entendre raison.
Quand elle fut seule, elle laissa les dernières larmes couler, celles qui disaient au revoir à cette lumière qui s'était éteinte dans son âme et abandonna sur la table, la manchette qui n'émettait plus de clarté. Elle appela ensuite Murciélago et trancha le dernier symbole de sa confiance comme le dernier amarre avant la dérive.
Ce même jour, Ichigo et Rukia avaient été réveillés très tôt par l'alarme du badge du remplaçant et le téléphone du lieutenant qui s'étaient mis à sonner, révélant la présence de Hollows. Toute la matinée, il avait fallu combattre ses aberrations qui arrivaient tant et si bien qu'ils durent faire appel à tous les renforts disponibles à Karakura. La bataille avait été abominable, et durant plusieurs heures, les gargantas qui avaient déchirés le ciel avaient vomi tout ce que le Hueco Mundo contenait de Hollows plus agressifs et vindicatifs les uns que les autres. Là encore, Ichigo choisit de rester se battre avec Rukia, évitant soigneusement Chad et Ishida, leur proximité n'ayant pas manqué de le distraire. Et puis, peu à peu, les âmes dégénérées avaient arrêté de les harceler et ils purent souffler.
Cette distraction loin de gommer son humeur morose laissa Ichigo à bout de souffle et de nerf et Rukia qui était à présent le premier officier en charge de la défense de Karakura, sur qui retombait toutes les responsabilités et toute la pression finit par se fâcher sévèrement contre lui. C'était déjà suffisamment difficile de devoir gérer la mélancolie mortifère d'Inoue, les attaques intempestives de Hollows, les messages désobligeants de la Soul Society exigeant des rapports sur l'avancée de la situation du monde réel pour en plus devoir se coltiner son compagnon de chambre et meilleur ami toujours déprimé et aphasique.
- Tu vas continuer longtemps comme ça ? Ichigo, j'en ai assez ! Combien de fois il faut que je te répète que... tu es mon ami ! Ça me tue de te voir comme ça, éclata-t-elle.
- Moi ce qui me tue, c'est cette situation !
- Laisse-lui du temps ! Inoue est sous le choc, c'est normal !
- Tu comprends rien, Rukia ! Tu sais rien du tout ! S'énerva-t-il.
- Eh ben explique-moi alors, imbécile ! Répondit-elle sur le même ton.
- Inoue... et moi...
Mais sa voix mourut dans un soupir de dépit. La petite brune écarquilla les yeux, comprenant tout à coup la réserve qu'il avait eu depuis tout ce temps. Bien sûr, elle savait ce qu'il s'était passé lors de la bataille de l'Hôtel de Ville et sa réaction confirmait ce qu'il n'avait que confusément laissé entendre : Ichigo avait enfin compris les sentiments d'Inoue, et y avaient même répondu. La petite Shinigami tombait des nues.
- Alors vous êtes... vraiment ensemble... Constata-t-elle doucement.
- C'est... plus compliqué que ça... Je l'ai blessée. Je ne fais que la blesser. Tout le temps. J'essaie de la protéger mais je continue de lui faire du mal... Mais maintenant, elle a besoin d'aide. Et moi, je veux être là mais... Et en même temps, y'a ce truc bizarre qu'Urahara lui a mis au poignet... Et puis... je la reconnais pas... Répondit-il, toujours confus.
- Sois un peu patient ! Elle va se remettre, et puis je suis sûre qu'elle apprécie ta présence près d'elle et que...
- Si tu me dis de lui laisser le temps de m'expliquer, je te jure que je t'en colle une. Coupa-t-il sombrement.
- A qui tu vas en coller une, crétin fini ? Lui dit-elle en l'attrapant vivement pour lui faire une douloureuse clé de bras. Tu l'aimes ?
- Mais je t'en pose des questions, moi ? Réagit-il vivement en tentant de se dégager.
- Ça t'arracherait la bouche de le dire, alors ? Si tu l'as blessée, commence déjà par t'excuser...
- Raah ! Mais lâche-moi temae ! Et puis m'excuser, je fais que ça ! Tous les jours, je lui demande pardon, mais... Elle réagit même pas ...
- Ah ? J'aimerais bien savoir pourquoi tu t'excuses exactement. Demanda-t-elle en resserrant sa prise.
- Mais de tout ! S'exclama-t-il. Je m'excuse de... d'avoir ... d'être si... de ne pas avoir...
- Ben déjà, fais des phrases, abruti ! Espère pas qu'elle devine ! Si ça se trouve, tu te rends malheureux juste parce que t'es incapable de communiquer ! Arf, Ichigo... Ta bêtise est un gouffre.
- Sale naine, je me confie à toi et c'est le seul truc que tu trouves à dire ?
- Tais-toi ! Tu m'énerves autant que Renji quand il a pas été foutu de m'avouer qu'il... enfin... que... Bref ! T'as intérêt à tout me dire. Et de reconnaître que toi aussi, tu as besoin d'aide !
- Mouais... Ben commence par me lâcher !
Ichigo ne savait pas par où commencer. Y avait-il un véritable intérêt à avouer à Rukia qu'il avait entendu des pensées plutôt salaces de son Hollow au sujet d'Inoue et qu'il l'avait volée à Chad, son meilleur ami, à qui il ne parlait presque plus? Une chose était sûre, il passerait sous silence leur rapprochement intime. Il lui suffisait de savoir qu'ils... avaient été ensemble... sur une très courte période, certes, mais que cela avait été bien assez pour qu'il comprenne qu'elle l'aimait, mais également qu'il était dangereux pour elle et que sa volonté de la protéger ne décuple. Il mentionna encore que Tatsuki avait été très opposée à l'idée qu'ils forment un couple, et que les faits lui avaient donné raison. Mais il voulait surtout être clair concernant les motifs invoqués pour justifier leur séparation. Il lui semblait que s'il parvenait à les expliquer à Rukia, Inoue elle aussi les comprendrait. Il exprima enfin son inquiétude au sujet du bracelet à son poignet qui semblait être fabriqué avec la même matière que le pulsateur à particule. Kuchiki avait posé quelques questions pour éclaircir certains points ça et là, mais dans l'ensemble, elle avait écouté calmement et quand il eut terminé, elle lui demanda d'un ton incrédule :
- Ichigo... Tu crois vraiment que tu serais capable de lui faire du mal ?
- La question se pose pas : je lui ai fait du mal. Rétorqua-t-il.
- Peut-être. Mais aimer c'est pardonner. Et tu auras beau lui demander pardon, si tu ne lui donnes pas la vraie motivation pour le faire, tes mots sont perdus. Tu verras la différence quand tu cesseras de dire que tu tiens à elle, que tu veux la protéger, que tu es amoureux et quand tu commenceras à dire que tu l'aimes.
- T'as appris ça dans les shojos, minus ? Répondit-il avec gêne, le regard fuyant.
- J'ai vécu plus longtemps que toi, je te rappelle ! En tout cas, il n'y a pas que tes excuses qui soient bancales... Urahara et ton père ne nous disent pas tout, dit-elle en croisant les bras d'un air préoccupé.
- Ces enfoirés ne veulent pas parler ! Raaahh putain de merde ! Ils font que répondre que c'est à Inoue de me le dire.
- Alors, parle-lui dès que tu en auras l'occasion. Avec des phrases, hein, baka ! Le bracelet... s'il a vraiment la même utilité que le pulsateur... Ça signifie qu'Inoue a un lien avec le mouvement.
Cette conversation avec Rukia brisa ses dernières réticences. Il aimait Orihime. Il s'était beaucoup caché derrière des paraphrases et de chevaleresques sentiments sans s'avouer la plus basique des vérités : s'il était si apaisé avec elle, si serein en sa compagnie, c'était parce qu'il l'aimait. Il aimait Orihime comme jamais il n'avait imaginé pouvoir le faire et pourtant, il ne lui avait jamais dit. Jamais il ne l'avait appelée par son prénom. Même s'il avait cédé à une peur larvée et ancienne au point de rompre, il avait atteint une plénitude incomparable quand il s'était souvenu qu'elle lui avait avoué ses sentiments, et il se rendait compte qu'il avait été incapable de lui offrir la même chose. Et cette peur qu'il avait cru combattre, il y avait succombé parce qu'une partie de lui n'avait pas voulu reconnaître qu'il avait été conquis par Orihime Inoue. Il était sûr que son Hollow était cette part de lui qui refusait toute notion de défaite et il se jura d'aller lui mettre une raclée, histoire de bien réaffirmer la hiérarchie dans sa psyché.
La confusion dans ce qu'il ressentait l'avait aussi empêché de voir l'évidence, et il fut atterré de ne pas avoir fait plus tôt le lien qui pourtant sautait aux yeux : Orihime ne portait pas ce machin hideux au poignet par coquetterie, mais plus sûrement parce qu'il se passait un truc pas net en rapport avec la source de leurs emmerdements depuis la première bataille à la Soul Society. Même si certains détails restaient à éclaircir, les réponses lui arrivaient à présent claires comme de l'eau de roche. Ses absences, un certain manque d'entrain, et puis surtout, le désespoir qui la terrassait et qui ne lui ressemblait tellement pas ! C'était des symptômes étranges, mais finalement pas plus que la perte de mémoire « inexpliquée » de Rukia quand elle avait été en contact avec ce... « mouvement ». Décidément, cette saloperie « bénigne » leur pourrissait vraiment l'existence. Orihime avait-elle attrapé cette maladie en soignant la sœur de Byakuya ? Subissait-elle d'autres effets indésirables qu'elle prenait bien soin de taire, avec la complicité d'Urahara et de son père ? Peut-être bien aussi celle de Matsumoto, quand il y regardait d'un peu plus près. Yoruichi, Hisagi et Tessai, n'ignoraient probablement pas ce que lui cherchait ardemment à savoir. Il rongeait son frein depuis bien trop longtemps, à cause des barrières qu'il s'était mises pour ne pas l'approcher, et puis ensuite pour respecter son deuil. Mais ce n'était plus possible de se contenir. Quand il rentra à la maison, il rejoignit son père au salon et explosa.
- Quand trop de personnes sont au courant, c'est plus un secret ! Alors parle, et me prend pas pour un con parce que sinon, on va réglé ça dehors !
La colère et l'incompréhension le laissèrent hors d'haleine. Mais face à lui, il n'y avait que son père qui le regardait avec un air si désolé qu'il prit vraiment peur. Ce devait forcément être grave. Au delà de la peine qu'il lui avait infligé. Au delà de la douleur que lui avait causé le décès de Tatsuki. C'était certainement dangereux, si Urahara était impliqué.
- Parle putain ! Hurla-t-il en le saisissant par le col.
- Elle quitte Karakura, fils.
La première réaction d'Ichigo fût d'éclater le nez de son père. Puis de demander où elle partait.
- Gé za tante... Elle a dit à Gisuge qu'elle bartait gé za tante. Lui répondit Isshin. Il vient de m'abbeler bour me le dire. Elle abait engore une chose à faire abant de bartir, je n'ai bas bu lui dire au reboire...
- Je sais où elle est allée !
… … … … … …
Urahara avait essayé de la convaincre de remettre son bracelet. Il avait joué tous ses atouts : il lui avait de nouveau exposé la balance bénéfice/risque, mais l'argument d'une espérance de vie très réduite avait plutôt eu l'air de discréditer sa démonstration. Il avait voulu négocier, mais rien de ce qu'il lui proposait ne pouvait avoir suffisamment de valeur pour remplacer ce qu'elle avait perdu. Enfin, il avait carrément tenté de la corrompre, mais l'entité et Orihime partageaient un point commun : ils étaient tous deux d'une irréprochable probité. Matsumoto l'avait suppliée d'être raisonnable. La carte de l'affectif s'était heurté à un mur aussi haut et solide que l'abîme creusé par le Néant était profond et les larmes de Rangiku ne l'avaient pas émue au point d'enfiler la manchette. Son visage était celui d'une poupée de porcelaine, magnifique, froid et figé. Enfin, Shuuhei lui avait soufflé de ne pas laisser s'éteindre la lumière dans son âme. La séduction du ténébreux lieutenant fit aussi chou blanc et la détermination d'Inoue resta inchangée. Même quand Tessai avait proposé d'aller chercher Ichigo pour la faire changer d'avis, elle avait répondu que cette décision était la sienne, pas celle du suppléant.
Shuuhei éprouvait beaucoup de compassion au sujet de la jeune humaine et du choix qu'elle avait du faire entre mourir jeune, engloutie par le Néant qui dévorait tout ce qu'elle voulait bien lui donner, ou se battre pour une vie de souffrance et de solitude jusqu'à devenir une vieille dame puis mourir, consumée par cet être qui ne cessait de la désirer. Mais puisqu'elle avait fait ce choix-là, il lui était impossible de rester dans le monde des vivants. Son âme remplie de vide, qui semblait être devenu le met le plus alléchant jamais senti par les Hollows, la désignait comme la cible d'attaques incessantes susceptibles de provoquer une série de catastrophes. Sa décision avait été motivée par le fait que de toute façon, même avec la manchette, sa présence dans le monde réel représentait une menace pour sa vie et pour celles des autres humains sur le long terme. Certes, les Hollows ne pouvaient pas repérer le Néant dans son âme tant qu'elle la portait mais la signature énergétique de la manchette aurait fini par les les attirer. Ainsi, concluant qu'elle ne pouvait plus rester ni à Karakura, ni ailleurs, elle avait cédé à l'argument légitime de les suivre à la Soul Society, le seul endroit où elle pouvait aller sans risquer de mettre en danger des vies innocentes.
Le retour de Matsumoto et Hisagi au Seireitei avait donc été programmé dans l'après-midi, maintenant que l'affaire du « mouvement » semblait définitivement réglée mais la jeune humaine avait demandé une heure pour se rendre à un endroit connu d'elle seule avant leur départ, et n'avait pas souhaité qu'on l'accompagnât. Le temps était semblable à ce qu'il avait été ces derniers jours, un froid sec et glacial, un ciel limpide couleur perle et l'astre du jour qui brillait comme la lune. Le miroir inversé de son astre intérieur. C'était l'hiver le plus rude jamais enregistré depuis 60 ans. Orihime Inoue quitta Karakura le lendemain de la cérémonie des 49 jours, où les cendres des Arisawa mère et fille avaient été placées dans le caveau familial. Tatsuki avait été pour elle sa dernière famille, sa sœur et l'avait bien des fois empêchée de sombrer. Son amitié avait été le plus efficace des bloqueurs de Néant, et sans cette amie, sans son enfant, sans l'amour de Kurosaki, sans avenir possible, la vie semblait bien trop longue à vivre. Devant la pierre de commémoration où était gravé son nom, elle jura que leurs souvenirs seraient la dernière chose qui mourrait en elle et pour sceller cette promesse, elle déposa parmi les cadeaux aux mortes l'offrande de sa longue tresse rousse.
… … … … … … … … … … … … … … …
Ichigo hurla de douleur, de rage et de frustration, quand, arrivé devant la tombe de Tatsuki, il avait compris qu'il avait manqué Orihime. Il eut un pincement au cœur aussi en voyant qu'elle avait sacrifié sa magnifique chevelure, mais n'avait sur l'instant pas le temps de s'en émouvoir. Sans reprendre son souffle, il repartit en shunpo chez Urahara. Cette fois-ci, il ne s'en sortirait pas avec une pirouette, quitte à provoquer un duel Zangetsu/Benihime, il le forcerait par tous les moyens à lui dire ce qui arrivait à Inoue. La fourberie du mariole le pousserait probablement à bout mais il prendrait aussi beaucoup de plaisir à lui péter les deux bras.
- Elle est où ! Tonna-t-il en entrant dans le laboratoire.
- Ah, Kurosaki-san, bienvenue ! Que me vaut le plaisir de votre visite ? Répondit Urahara innocemment en sortant la tête de ses éprouvettes.
- Mon père a peut-être cru à tes craques, mais pas moi ! Elle est plus là pour le faire, alors, dis-moi la vérité !
- Il n'empêche que présente ou pas, c'est à elle que le secret appartient...
- Te fous pas de moi, putain ! La moitié de la Soul Society est au courant ! C'est quoi son lien avec ce truc du Hueco Mundo ?
- Arff Kurosaki-san... Savez-vous pourquoi Inoue-san n'est pas une femme pour vous ?
- Qu'est-ce que ça vient foutre là ? Je te demande pas de faire le courrier du cœur, je veux la vérité !
- Ceci est pourtant le cœur de la vérité... Permettez-moi d'illustrer mes propos en vous racontant une histoire...
- J'ai pas le temps pour tes conneries !
- Rassurez-vous, vous allez très vite comprendre : il était une fois, une très belle jeune fille, dotée d'un pouvoir extraordinaire, convoité par un très vilain seigneur d'un royaume très lointain. Le vilain seigneur envoie un de ses vassal pour kidnapper la jeune fille et l'emprisonner dans son château. Un preux chevalier arrive pour la sauver, il commet l'erreur de croire qu'on peut tuer quelque chose qui ne peut mourir... Le chevalier est courageux mais pas très intelligent, si vous voulez mon avis... Bref, le loyal vassal n'est pas vaincu, et la dernière chose qu'il fait avant de disparaître, c'est jurer de retrouver sa belle captive... Je vous laisse imaginer ses motivations, mais l'histoire, vous vous en doutez, ne terminera pas par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Le vassal est doté d'une... jalousie très zélée. Il n'aime pas qu'on cherche à prendre ce qu'il estime être à lui.
Ichigo le regarda médusé. Il savait qu'Urahara serait déstabilisant, mais... Est-ce que ce type était sérieux ou était-il en train de se payer gravement sa tête ?
- Urahara... Tu... T'es en train de me dire qu'Ulquiorra est pas mort ? Et qu'il en a après Inoue ? C'est... c'est pour ça qu'elle a dû fuir ?
- Ah mais non ! Ulquiorra n'est pas après elle ! Il est en elle... Oui je sais dit comme ça, c'est indécent... D'ailleurs, ça l'est un peu probablement...
- C'est... Tout ça c'est parce que... J'ai pas réussi à le tuer ?
- Inoue-san s'était attendue à pareille réaction ! Décidément, elle vous connaît très bien...
- Elle est partie où ? Qu'est-ce que je dois faire pour la sauver ? Je vais le déboîter... Comment on le fait sortir ?
- Ça, mon cher impétueux jeune ami, ce sont des réponses que je n'ai pas. Mais à ce jour, je ne crois pas qu'il existe un moyen d'extraire le Néant de l'âme d'Inoue-san sans lui nuire...
- Ce « mouvement »... venu du Hueco Mundo...
- Oui, c'est Ulquiorra.
- Le bracelet c'est pour quoi ?
- Ah... Comment vous expliquez sans vous énerver... Pour vous simplifier les choses, le Néant la dévore. Le bracelet... Lui donne autre chose à manger.
À ces mots, Ichigo fut secoué par une écœurante nausée. Il savait bien ce qu'était qu'avoir faim d'elle, et combien il était impossible de résister à la douceur de sa peau et à sa chaleur, à ses soupirs et à sa moiteur. Il n'avait pas pu y résister, même en sachant qu'elle était l'amour de Chad, il ne pouvait pas y résister, même au risque de la tuer. Et ce n'était que physique ! Il savait que son âme était plus belle encore. L'idée que ce salopard la possédait plus intimement qu'il ne l'avait fait le fit éclater d'une rage, d'une colère et d'une tristesse inouïes, inédites, qui firent trembler les fioles et les murs de la pièce.
- Elle est où ? Répéta-t-il encore.
- Chez sa tata ! Chantonna avec facétie le vendeur de bonbons.
C'était la blague de trop. Urahara avait dépassé les bornes. Ichigo dégaina Zangetsu et ses yeux virèrent instantanément au jaune. L'énergie spirituelle qu'il libéra fit voler en éclat la verrerie du laboratoire et s'envoler le bob pourtant vissé sur la tête du scientifique.
- Kurosaki-san... Elle ne veut pas que vous la retrouviez. N'allez-vous pas respecter sa volonté ? Reprit plus doucement et avec calme Kisuke.
- Aucune chance ! Expira l'impétueux roux.
- Elle est devenue très douée pour dissimuler son reiatsu, et vous êtes nul pour les détecter. Je vous souhaite bon courage, mais dans ces conditions, vous n'aurez pas mon concours.
- Je vais la retrouver ! Avec ou sans ton aide !
- Quand ce sera fait... Que lui direz-vous ? Est-ce que vous êtes prêt à vivre avec une femme qui ne sera jamais complètement à vous, que vous disputerez toujours au Néant et avec qui... vous ne pourrez pas avoir d'enfant ?
- Qu... C'est... Je... je m'en fous ! Orihime est à moi ! elle est... à moi...
- Eh bien eh bien... Quel enfant capricieux vous êtes, Kurosaki-san...
La lame de Benihime para celle, rageuse, que tenait Ichigo. L'exiguïté de la pièce ne permettait heureusement pas un vrai combat, qu'Ichigo n'aurait pas manqué d'engager.
- Je vais te le demander une dernière fois, Urahara : Où est-elle ? Dit-il d'une voix étranglée par la colère.
- Vous ne pouvez pas la forcer à revenir... Mais vous pouvez faire le choix de respecter les siens. Comme nous tous, nous l'avons fait... Matsumoto-san, votre père, Tessai, Hisagi-san, et moi.
L'énumération fut douloureuse. Comme il l'avait suspecté, tous connaissait le secret d'Orihime, depuis le début alors qu'il venait à peine de l'apprendre et même pas par elle. Ichigo tenta une nouvelle estocade et la manche gauche du jinbei d'Urahara déchiré par Zangetsu se teinta de rouge. Le suppléant sentit un liquide chaud couler sur son œil droit. Urahara avait été si rapide, et le jeune homme si déconcentré par la rage qu'il n'avait pas vu la lame de Benihime lui entailler profondément le front.
- Restons-en là, Kurosaki-san... Je ne suis pas sûr de gagner mais je sais que nous allons nous faire très mal. Laissez Tessai vous soignez et quittons-nous bons amis...
- Tu as raison sur deux choses : j'ai très envie de te faire du mal et c'est la dernière fois qu'on se voit.
Puis Ichigo quitta la boutique, non sans que son écrasant et monstrueux reiatsu, devenu dense, n'eût tout dévaster sur son passage.
… … … … … …
Au début, il l'avait cherché sans relâche. Il se rendait partout où il pensait la trouver. Il allait partout où il croyait l'avoir perçue. Mais son reiatsu avait bel et bien disparu. Quand il avait fallu se rendre à l'évidence qu'elle ne reviendrait pas prochainement, on vida son appartement des quelques effets personnels qu'elle avait, des documents administratifs, ses vêtements, ses photos, ses peluches, et l'autel qu'elle avait installé pour Sora. Karin, Yuzu et son père avaient tout rangé dans des cartons, mais Ichigo n'avait pas réussi à participer, et il s'était opposé à ce qu'on donne ses affaires aux bonnes œuvres. Les cartons étaient donc empilés dans un coin du garage à la clinique; le jeune homme n'avait pas eu le cœur d'y faire le tri.
Ichigo était plusieurs fois allé dans son monde intérieur se taper avec son Hollow, qu'il tenait pour en partie responsable de ses choix aux conséquences désastreuses. Celui-ci, ravi de la distraction, ne faisait que le provoquer, lui rappelant très vulgairement le souvenir des courbes vertigineuses d'Orihime, dans le but d'augmenter ses chances de prendre le dessus sur lui, inverser les rôles en faisant du roi la monture. Mais voyant que la ruse ne fonctionnait plus, le monstre fit claquer la vérité déjà révélée par Zangestu, mais qu'il n'avait pas comprise : c'était l'homme qui n'avait pas voulu reconnaître les sentiments qu'il avait pour Orihime et cette épiphanie renversa l'impulsif Kurosaki Ichigo dans ses certitudes. L'homme n'avait pas voulu écouter la voix de son cœur, non par crainte d'être vaincu, mais par celle de perdre Orihime. Il comprit que la peur de perdre celle qu'il aimait comme il avait perdu sa mère, il l'avait irrationnellement combattue en se refusant de l'aimer, en retenant les sentiments qui étaient en lui depuis certainement plus longtemps que ce dont il avait conscience, et il en avait été bon pour une nouvelle tortueuse crise de culpabilité.
Il s'était aussi expliqué avec Ishida. Les deux jeunes hommes en étaient carrément venus aux mains et la rage de Kurosaki lui avait donné l'avantage. Cependant, même après avoir étalé son adversaire, il ne ressentait ni soulagement, ni apaisement. Au contraire, il se sentait encore plus minable d'avoir rejeter la faute sur ses amis.
Quelques temps avant les examens, finaux, alors qu'il vidait le casier d'Orihime, il fut intercepté par Chad. Ils n'avaient jamais pris le temps de se parler et même si le géant aux poings destructeurs avait voulu voir dans son mutisme l'expression de sentiments encore trop frais pour être exposés, il commençait à trouver le temps long. Ichigo était son meilleur ami. Ils avaient juré de se battre l'un pour l'autre. Ce qui était important pour le suppléant l'était pour lui et inversement. Et l'occurrence, pour tous les deux, il s'agissait d'Orihime.
- Ichigo... Pardon.
- Laisse tomber Chad, je sais ce que tu vas dire.
Imaginer les grands yeux mouillés et le regard de chiot implorant d'Orihime était suffisant pour savoir qu'il n'existait pas de contre-argument. Ichigo ne pouvait pas jurer qu'il aurait pu y résister si les rôles avaient été inversés. Mais il sentait que meilleur ami ou pas, même avec les plus valables des raisons, il n'aurait pas pu se retenir de dire ou faire quelque chose qu'il aurait fini par regretter. Il ne voulait expliquer à personne pourquoi il leur en avait tant voulu de lui avoir caché la vérité, car pour cela, il aurait fallu exposer ce qui s'était passé entre lui et Orihime. C'était déjà trop que son père le sache et que Rukia s'en doute. Ce qu'ils avaient partagé n'appartenait qu'à eux, et il voulait que cela reste ainsi, tant qu'elle ne reviendrait pas parce qu'il aurait eu l'impression de la salir s'il avait dit ouvertement "on a couché ensemble". Il ne voulait pas non plus pourrir leurs souvenirs en disant à son meilleur ami : "à cause de vos conneries, je l'ai abandonnée". Parce que rien n'aurait été plus faux. Certes, s'il avait su avant qu'il avait été le responsable de ses blessures, il n'aurait pas fait l'amour avec elle, et il se serait tenu éloigné. Mais il comprenait à présent que tôt ou tard, il aurait irrémédiablement cédé à l'envie de l'embrasser et de la toucher. Il aurait probablement fallu qu'il change de pays pour résister à cet impérieux désir. Alors certes, il n'avait pas du tout apprécié que ses amis ne lui dise pas la vérité concernant le cero, et la situation aurait été différente, mais personne ne pouvait certifier qu'elle aurait été plus favorable.
- Je n'abandonnerai jamais. Je vais la retrouver.
- Hum ! Valida le géant, le pouce en l'air.
Étrangement, ce qui aida aussi Ichigo à pardonner à ses amis furent les lettres qu'ils recevaient de temps en temps de la part d'Orihime, toujours envoyés depuis la même ville, située dans la banlieue de Nagoya. Lui n'en avait jamais reçu une seule, ce qui constituait pour le roux la preuve que la belle n'en voulait ni à Ishida, ni à Sado et qu'il était bien l'unique responsable dans cette déconfiture. Quand il s'était rendu au bureau de poste d'où partaient les courriers, il n'avait pu que constater que c'était une fausse piste. Les mots écrits de sa main étaient toujours rassurants. Elle avait trouvé un travail mais même en recoupant toutes les informations qu'elle donnait, il avait été incapable de définir ce qu'elle faisait, ni où elle était. Il savait seulement que son N+1 était un tyran qui lui refilait toutes les corvées. Tous les membres de son service semblaient être de vrais tir-au-flanc mais elle en parlait avec une certaine bienveillance. Elle fuyait comme la peste le directeur d'un autre département qui selon la description qu'elle en faisait, donnait l'impression de vouloir la disséquer. Un autre, porté sur la bouteille cherchait souvent à l'embarquer dans ses beuveries. Elle décrivait le PDG comme impressionnant, sévère mais juste. Elle allait bien même si le monde dans lequel elle vivait semblait l'enfermer davantage à chaque missive. Et puis au fil du temps, les lettres se firent de plus en plus détachées, impersonnelles, de plus en plus espacées aussi, jusqu'au jour où ils n'en reçurent plus. Il n'y avait de toutes façons aucun moyen de lui répondre, pas d'adresse au dos des enveloppes ni même une boîte postale.
... ... ... ... ... ... ... ... ...
Les mois passèrent et devinrent des années.
Ichigo obtint le permis et décrocha son diplôme en candidat libre, ses absences ne lui ayant pas permis de faire autrement mais contre toute attente, il s'inscrivit en fac d'anglais. Comme Orihime l'avait craint, le petit groupe de lycéens se désagrégea peu à peu, et même s'ils continuaient de s'appeler et de prendre des nouvelles, plus rien n'avait été pareil après la mort de Tatsuki et son départ. Cela avait bel et bien marqué pour tous la fin de leur innocence : la perte violente, injuste et soudaine de leur amie avait eu l'effet insidieux de faire grandir trop vite et dans la douleur ceux qui étaient restés.
Ishida Uryu étudiait la médecine mais pensait se spécialiser en psychiatrie, probablement pour contrarier son père. Sado Yasutora avait trouvé un emploi dans une usine et travaillait la nuit, ça payait bien, mais la journée, il prenait des cours de cuisine et continuait de collectionner les peluches mignonnes, c'était ainsi qu'il avait choisi d'entretenir le souvenir et le feu de son premier amour. Asano Keigo avait opté pour la filière de comptabilité parce qu'elle était composée en majorité de filles. Mizuiro Kojima avait finalement intégré une prestigieuse école de marketing et gagnait déjà sa vie en tant que coach de vie... Ichigo n'avait aucune idée de ce en quoi cela consistait. Il avait en outre entendu dire que Mahana Natsui sortait avec Daisuke Machinmoto. Honsho Chizuru avait ouvert un Maid Café d'un genre particulier, Kunieda Ryo poursuivait de très brillantes études en droit et Ogawa Michiru réalisait son rêve de devenir infirmière. Il avait retenu ses quelques détails pour éviter les blancs d'une conversation gênée et pour avoir quelque chose à lui dire qui l'intéresserait, dans l'éventualité folle de la revoir au détour d'une rue.
Rukia n'était pas revenue dans le monde réel depuis plusieurs mois déjà, mais il avait régulièrement de ses nouvelles. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, elle lui avait bizarrement demandé d'arrêter de se torturer en courant après Inoue, qui ne souhaitait visiblement pas être retrouvée et lui avait proposé de venir se divertir à la Soul Society. Il lui avait répondu que la Soul Society n'était pas Disneyland, l'Au-delà étant le dernier endroit où il irait pour se « changer les idées ». Elle avait rétorqué que ce n'était peut-être pas Tismeyland mais qu'il y avait beaucoup de chose à faire et à voir mais il avait dit que rien de ce qui s'y trouvait ne le ferait changer d'avis et du coup, ils avaient fini par se disputer assez sévère. L'attitude de son amie l'avait un peu déçu : il avait pensé qu'elle plus que n'importe qui d'autre aurait pu comprendre son envie, son besoin de la retrouver. Après tout, elle l'avait accompagné au Hueco Mundo pour sauver une Inoue déclarée traître à la Soul Society, désobéissant ainsi à un ordre direct du vieux Yamamoto. Le dernier message qu'elle lui avait envoyé lui annonçait que Renji l'avait demandée en mariage mais que la date de la cérémonie n'était pas encore fixée, le fiancé étant recherché mort ou vif par Byakuya. C'était une surprise sans en être une : Ichigo se demandait si quelqu'un aurait vraiment pu trouver grâce aux yeux du noble et fier Kuchiki Byakuya pour épouser sa sœur, mais surtout, comment la relation entre Renji et Rukia avait évolué au point qu'ils en viennent à se mettre la corde au cou.
Chaque matin en se préparant, il passait la main sur la cicatrice que lui avait faite Urahara. Elle l'aidait à se souvenir qu'il lui fallait de la patience pour guérir et que sa guérison, c'était Orihime qui la lui donnerait. Quand il la retrouverait enfin, il trouverait le moyen de la sauver une bonne fois pour toute de ce pervers d'Ulquiorra. Il ne laisserait pas d'autres hommes poser leur regard sur elle et encore moins leurs sales pattes. Cette fois, il la protégerait vraiment de tout ce qui pourrait la blesser. Il deviendrait plus fort pour qu'il arrête de pleuvoir dans son monde intérieur. Il deviendrait plus fort pour que plus jamais des larmes ne coulent sur son visage. Orihime effacerait la marque de son impulsivité, la somme de toutes ses peurs et lui apprendrait à devenir l'homme qu'elle pourrait aimer à nouveau. Celui qu'il était destiné à être, digne de la prendre dans ses bras.
Pour cela, il s'entraînait d'arrache-pied. À la salle de sport, il soulevait de la fonte. Avec son père au sabre. Contre les Hollows, sur qui il passait le plus souvent toute sa rage et sa frustration. Son corps déjà sculpté pour le combat à 17 ans s'était encore plus étoffé avec les années et il était devenu un objet de convoitise, repoussant régulièrement les assauts audacieux des filles de sa fac ou de sombres inconnues dans la rue. Mais dans ces moments-là encore, c'est à elle qu'il pensait : où qu'elle fût, il y avait assurément toujours quelques Kinotruc, Shotamachin, Hisagi Shuuhei ou... Ulquiorra Schiffer dans les parages tout disposés à la lui voler...
La nuit participait à lui rendre ce dont l'absence le privait mais il y avait toujours beaucoup d'amertume au matin, parce que ses rêves étaient les images de la vie qu'ils auraient du avoir ensemble. Dans ses rêves, il l'emmenait chez le glacier, et elle mettait une plombe à choisir le parfum qu'elle voulait. Dans ses rêves, ils visitaient leur premier appartement et elle s'extasiait de la vue depuis le balcon. Et dans ses rêves, ils n'étaient jamais fatigués de faire l'amour et c'était son prénom qu'elle criait. Sa détermination à la retrouver n'avait pas fléchi, la révolte qu'il ressentait face à ce gâchis n'était pas retombée, Ichigo étant connu pour savoir faire preuve d'un entêtement tenace, requalifié de névrose obsessionnelle compulsive par Ishida.
Un soir, il était sorti particulièrement contrarié des cours. Tout le groupe d'amis avait prévu de se retrouver, parler « du bon vieux temps » et aller se recueillir sur la tombe de leur camarade. Mais ce genre de réunion nostalgique le faisait gentiment chier. Déjà, se réunir à la date anniversaire de la mort d'une amie qui n'avait pas atteint la majorité, alors qu'on n'avait pas encore 20 ans était sinistre et puis il avait l'impression que c'était une manière qu'avait l'Univers de lui faire comprendre qu'il fallait lâcher l'affaire : Tatsuki était morte, c'était irréversible. Orihime, était partie, c'était immuable. Dans les deux cas, tout lui criait qu'il n'y avait plus rien à faire pour changer ces états de fait. Il avait suffisamment d'affection pour la karatéka pour ne pas vouloir laisser son souvenir tomber dans l'oubli mais quand Kunieda les avait informés qu'elle était malade, Mizuiro qu'il serait en retard, et Ogawa qu'elle était bloquée à l'hôpital pour son stage, alors il avait vraiment été en colère. Deviendrait-il plus fort en étant insensible à ces détails ? Les détails, c'était aussi ce qu'il n'avait jamais pu lui rendre. Il ne lui rendrait jamais la générosité des sentiments qu'elle lui avait offert, il ne lui rendrait jamais toutes les attentions qu'elle avait toujours eu pour lui, ni ses regards brûlants. Quand il s'en était ouvert à son père, il avait répondu que la vie était une somme de détails, que chacun avec leur importance, et que par conséquent, plus on avait à protéger, plus on était fort. Ça l'avait encore plus énervé : ce propos le mettait devant le fait qu'il avait été turbo con : il n'avait pas protéger l'essentiel et il avait en plus été assez lâche pour faire porter le chapeau à son Hollow, certes pas la partie la plus agréable de lui, mais en l'occurrence pas celle responsable de son célibat.
En rentrant ce soir-là, il comprit que le Capitaine de la Sixième Division s'était finalement fait une raison : l'invitation au grand événement était arrivée. Malheureusement, ça n'avait fait que mettre du sel sur la plaie béante que lui provoquait l'absence d'Orihime alors il avait passé ses nerfs en déchirant l'élégante enveloppe cartonnée en petits morceaux et il avait mis beaucoup de mauvaise volonté à aller retrouver ses anciens camarades de lycée. Il avait fait mine de fermer les yeux 10 minutes sur son lit, pour se redonner un peu de motivation. Une odeur de pancakes l'avait réveillé d'un rêve où encore, il exprimait avec enfièvrement tout le désir qu'il avait pour elle. Il était persuadé qu'il était encore tôt, mais son réveil lui avait indiqué 22 heures. Putain de merde. Son père travaillait tard dans son bureau. Karin était sortie avec ses amis. Yuzu était dans sa chambre et elle n'avait pas fait de pancakes. Le déroulé exact des événements de cette journée l'avait amené à être à 22h45 devant la tombe de Tastuki, soit vingt minutes après que la femme qu'il aimait s'y soit elle-même tenue. Et pour la première fois en deux ans, il avait très nettement senti son reiatsu. Un reiatsu qu'il aurait qualifié d'épicé et sucré... De la cannelle, peut-être et de la pâte de haricot rouge, sans l'ombre d'un doute. Et devant la tombe de Tatsuki Arisawa, il sourit. Il l'avait peut-être encore manquée ce jour-là comme le jour où elle était partie, mais il avait compris que sous ses yeux, il était écrit que deux fois dans l'année, il aurait l'occasion de la voir, de la convaincre de rester, de lui demander pardon pour n'être qu'un con, pour n'avoir toujours été qu'un con, mais un con qui l'aimait et qui ne vivait pas sans elle.
… … … … … …
ARISAWA Tatsuki / ARISAWA Natsume
17 Juillet – 22 Décembre / 29 Mars – 22 Décembre
… … … … … …
Le lendemain, il avait retrouvé le courage de chercher dans ses affaires un indice sur l'endroit où elle avait pu aller. Il se sentait prêt à sentir de nouveau son odeur sans la toucher, à voir les vêtements qu'elle avait portés. Il y avait deux piles de trois cartons, et quand il les étala autour de lui pour lire ce qu'ils contenaient et choisir lequel ouvrir en premier, il remarqua une enveloppe tombée entre les deux piles.
Un courrier, posté deux ans auparavant depuis Sapporo et écrit par Tatsuki Arisawa. Son poing se contracta. Son père ou sa sœur lui avait probablement dit qu'il avait reçu une lettre de la karatéka, mais à l'époque, il avait eu d'autres chats à fouetter que lire ce que son amie d'enfance en colère avait eu à lui dire. Peut-être la missive avait-elle été déposée là dans l'attente qu'il décide quoi faire de tout ça où elle avait finalement été oubliée et perdue. Il y avait quelque chose d'émouvant et d'amer à la fois à la lecture des derniers mots qu'Arisawa lui avait adressés, comme si sa bénédiction depuis l'Au-delà réparait un outrage mais que la réparation arrivait trop tard. Ces mots qui avaient un écho si actuel, même deux ans après leur rédaction, raisonnaient comme ceux d'Urahara. Comme les regards implicites, silencieux et tristes de son vieux. Comme le conseil de Rukia.
Lui laisser la liberté de pleurer, de choisir, d'être. Ou celle de disparaître.
Une chose était sûre : c'était un beau gâchis. Ouais Tatsuki, j'ai compris que je l'aimais quand je l'ai perdue... Mais il promit au nom de la confiance qu'Arisawa lui avait accordée de retrouver Orihime et de lui donner des raisons de ne plus jamais partir.
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Bonjour à tous, et merci d'avoir lu!
Grand merci aux revieweurs, c'est une joie d'avoir un retour des lecteurs. Ne serait-ce qu'un petit mot, c'est vraiment encourageant de savoir qu'on ne s'est pas saigné pour rien. L'élaboration d'une histoire qui tient la route et sa rédaction est vraiment un travail de longue haleine qu'on n'improvise pas. Merci à Tipipkd, anglophone qui fait l'effort de traduire mon texte pour le lire ! Je trouve hallucinant sa motivation, et j'espère que ma prose est à la hauteur. En tout cas, je me déchire pour éliminer les fautes d'orthographe et de syntaxe. Si vous en voyez, n'hésitez pas à me le dire. Et merci à tous ceux qui viennent sur la recommandations de Pluie de pétales Sakura, Tipipkd et Elendrial. Chris a triché (car elle me connait) et m'a posé un défi que je ne relèverai pas dans le prochain chapitre : il est déjà écrit (l'excuse Bidon!) mais surtout parce que je ne vois pas comment des japonais pourraient manger des merguez.
J'avais promis de ne pas raconter ma vie dans le chapitre précédent... Je me suis trop retenue, donc là, je vais me lâcher!
J'avais un super planning : le chapitre 8 devait sortir le 3 Septembre, le jour d'Orihime... J'avais publié le 15 Juillet aussi, j'étais trop fière de la coïncidence. Mais je ne pouvais décemment pas publier le prélude 9 comme cadeau, cela aurait constitué une fraude passible d'être dénoncée au comité des cadeaux douteux tant ce truc a été une vraie purge à écrire (mais oui, les entrées C16, C17 et C18 sont un clin d'œil à DBZ) et le sera probablement aussi à lire. Désolée pour ça.
Aujourd'hui, 3 Septembre, je publie donc le prélude et le chapitre 9, suite à mon gros cafouillage de dimanche dernier... Merci moi, bien joué. Le chapitre 8 aurait été tellement plus émouvant pour son anniversaire! Le chapitre 9, c'est le chapitre du désespoir, quand même... Cette descente aux Enfers et la séparation d'Ichi et Hime a été extrêmement éprouvant à écrire. Au contraire, j'ai adoré le chapitre 8, qui m'a beaucoup surprise au fil de sa rédaction. La partie où Orihime plonge dans son monde intérieur m'a donné des frissons, même si c'était dur de décrire ce qu'elle y voit et de faire apparaître ce qui habite en elle. Ce qui a été compliqué à écrire aussi, c'est l'échange qu'elle a avec Hisagi. J'ai essayé d'écrire quelque chose de sensuel sans que cela ne soit sexuel. En relisant, je pense que je me suis un peu vautrée, non? En même temps, je ne suis pas objective quand il s'agit de Hisagi... Ce perso respire le sex appeal. J'ai une théorie très intéressante sur le tatouage de Kensei, et donc de Hisagi, mais que le lieutenant ait choisi de faire le sien sur la joue reste une énigme ininterprétable... A la fin d'un des épisodes de l'Arc Soul Society, Kon, avant le "petit guide illustré des Shinigamis" présentent les très nombreux personnages et lui aussi se pose la question. Si quelqu'un a la réponse, dans un tome du manga ou par Master Kubo himself, évidemment, ça m'intéresse.
Une interprétation de l'aveuglement d'Ichigo... Vous pensez quoi de ma théorie ? Parce qu'il est pas complètement stupide le gars quand même, la raison pour ne pas voir ce qui saute aux yeux est forcément psychologique, non?
Orihime qui tranche sa chevelure... Voilà la scène qui me hantait depuis 8 ans. A la base, j'avais imaginé qu'elle le ferait devant la tombe de Tatsuki, mais c'était avant que je décide qu'elle ne fête Pâques avant les Rameaux avec Ichigo et les conséquences que vous savez : il me semblait préférable qu'elle coupe ses cheveux à ce moment-là. Par contre, la mort de Tatsuki était déjà dans le scénario initial, voilà pourquoi il était si important que je développe autant au tout début de l'histoire son amitié avec la princesse, pour augmenter la portée dramatique de sa mort. J'ai déconstruit Orihime. Qu'est-ce que je vais faire d'elle, ensuite?
Quelqu'un a une idée du titre du prochain chapitre? On continue sur la même lancée, l'idée était bien trop bonne. Un paquet de dragibus à qui trouve le titre du dernier et onzième chapitre. MDR.
Le prochain prélude est dédié à Pluie de pétales Sakura, sans qui je n'aurais probablement jamais écrit ni publié la suite de cette fic.
Grand merci à tous !
